Je n’aurai pas le temps

Dimanche,  alors que je dégustais mon petit pamplemousse devant la télé (mon estomac va finir par faire la tête avec tous les agrumes que je m’avale), je tombe sur une pub qui me parle, sur les premières images. Un monsieur prépare un truc pour un anniversaire, il est un peu tendu. Quand arrive sa femme qui lui dit “Ah, Marc a appelé, il sera un peu en retard” et un petit orchestre apparaît sur son épaule pour fêter le fait qu’il a du temps. Bon, la pub n’est pas super bien foutue et c’est pour un organisme de crédit que je vomis de toute mon âme mais le concept d’avoir le temps me parle, oui.

Je suis la fille qui veut tout faire. Ecrire, tricoter, coudre, fabriquer des bijoux, faire de la photo, aller à la chorale, faire du sport (plongée, salle de gym, just dance sur wii), voir mes amis… Et encore, en ce moment, je suis sage avec les hommes. Bref, c’est la folie furieuse. Au travail aussi, la to do list s’allonge à n’en plus finir. Mais le travail, ça stresse mais ça gère. Je déroule mes tâches au fur et à mesure et si j’ai besoin d’un coup de main, j’appelle à l’aide. Je me prends de sacrés coups de speed mais les choses doivent être faites et le sont.

Dans la vie privée, c’est différent. D’abord, je cours, tout le temps. La source principale de mon stress reste le timing. Exemple dimanche. J’ai rendez-vous au ciné à 15h55 avec Anna pour voir J. Edgar. J’arrive à la gare et là, bim, le prochain train n’est que dans 8 mn. J’avais calculé pour prendre celui de 15h35 mais il a disparu. La ratp/sncf aime me faire des blagounettes. Stress. Je ne serai jamais à 15h55 au cinéma. Finalement, j’y suis arrivée à 16h, j’avais prévenu de mon retard (alors que j’étais quand même la première) mais ça m’a stressée. Alors que la veille, pour mon tea time avec Loxy et Amy, j’étais pile à l’heure donc détendue du string. Donc point essentiel de ce sentiment lancinant que le temps me presse et m’oppresse : les transports et le retard qui en découle. Sans parler de l’extrême lassitude de toujours envoyer ce texto : “pas de train, j’arrive quand je peux”.

Le temps est un tyran. Envie de faire tant de choses en si peu de temps. Lutter contre le sommeil pour faire quelque chose de ma soirée alors même que je n’arrive pas à m’extirper du lit le lendemain. Se dire que demain, oui, demain, on ira s’acheter de la pâte Fimo pour fabriquer des bijoux. Mais on n’a pas le temps. Ni vraiment l’argent, ma banquière n’apprécierait pas mais ce n’est pas le sujet de l’article. Demain, on rangera le coffre qui contient des objets déposés en son ventre il y a trois ans et dont on pourrait se débarrasser. Demain, je prendrai en photo les livres que je ne veux plus pour les vendre et gagner de la place chez moi. Demain, demain, demain. Sauf que demain ressemble à aujourd’hui, trop de choses à faire, pas le temps de tout accomplir.

Le temps m’étrangle. J’en ai marre. C’est sans doute de ma faute, je veux faire trop de choses. Mais comment font les autres ? Genre mon ex qui mène de front son travail, ses cours de théâtre, ses groupes de musique et qui faisait (ou fait encore) de la photo ? M’éparpille-je ? Mais est-ce de ma faute si les gens veulent me voir et que je le leur rends bien ? Si mes journées de travail font 9 à 10h ? Si je me mets des deadlines qui ne servent à rien. Pour ce week-end, j’aurais aimé terminer une écharpe pour le projet de Larcenette (j’en ai déjà faite une, la nouvelle, elle a des torsades) et une petite robe pour bébé Emma. Forcément, je ne pourrai pas mener les deux à temps puisque ce soir, je nage, demain, je pédale avec Anaïs sur nos vélos de salle de sport, jeudi, je dis bye bye à notre petite stagiaire et mes parents arrivent vendredi.

Et on est repartis pour un épisode d’asthme mental.

Du coup, je me dis que c’est pas demain que je vais commencer à apprendre le russe ou reprendre le violoncelle. Entre autres.

La liste de la fille qui ferait mieux de dormir

En ce moment, je dors pas, c’est mal. Mais le soir, j’ai jamais sommeil aussi ! Le matin par contre… Bon, je reviens sur Noël et mes résolutions, ne soyez pas surpris.

– Cette année, le CE nous a offert des plantes, nous avions le choix entre yucca et des anthuriums, j’ai pris le yucca par sécurité. Maintenant, notre open space ressemble à une forêt tropicale, j’adore ! (et ça fait du bien, c’est tellement déprimant un open space).

– Soirée de Noël de ma boîte, j’hésite à y aller car je suis pas bien à cause d’un rhume qui m’épuise. Mais bon, c’est soirée corporate, quoi. Dans un ancien club échangiste qui plus est. Bon allez, j’y vais et je repars à 22H. Ah, j y vais et je repas en taxi avec ma soeur qui, je cite “doit partir tôt car elle a un rendez-vous le lendemain matin”. Résultat, on est partis à 2h, me suis couchée à 3h. Sachant que je devais me lever à 6h le lendemain pour prendre le train pour les vacances.

– Taxi pour aller à la gare justement. La chauffeuse tombe en amour avec Kenya “c’est bien la première fois que j’entends un chat miauler de bout en bout”.Je suis très à l’aise… Arrivée à la gare, elle me dit “Ca fera 23.60”. Heu ben oui, ok… Elle tape la somme sur le terminal carte bleue et me sort “voyez, c’est pour ça que les chauffeurs de taxi refusent les animaux, parce que les gens ne donnent pas de pourboire”. MALAISE. Surtout que bon, je suis un peu formatée par le resto “tu donnes pas le pourboire sur la carte bleue” et j’avais bien une pièce de 1 € pour elle dans ma poche.

– Le seul avantage d’être malade en vacances, c’est d’être bichonnée. En 1, tu as la meilleure place sur le nouveau canapé qui s’allonge : hop, je m’allonge, je me mets une couverture dessus, face à la cheminée allumée, je lis (Voici), je tricote et j’attends mon vin chaud ou mon grog. Trop dure ma vie. D’ailleurs, mon père est le nouveau préposé au grog (ainsi qu’aux crèpes, omelettes et oeufs brouillés). Le seul hic c’est que le canapé en position allongé avec la couverture, la cheminée devant un film, ça donne “j’ai vu 20 mn de la Princesse de Montpensier. Un peu du début, quelques scènes du milieu et la fin. J’ai rien compris. Mais je me laisserais bien trousser par Gaspard Ulliel et Raphaël Personnaz.

– Sinon pour finir sur mon histoire de cadeaux de Noël en retard, ils sont bel et bien arrivés… le 26. Joyeux Noël. L’an prochain, je les commande en juillet. Ce qui ne serait pas une mauvaise idée en soi au vu de l’état de mon compte en banque suite au mois de décembre. Faudrait aussi que j’apprenne à me calmer quand je fais des cadeaux…

– Des fois, tu trouves un cadeau et tu fais “ouah, quelle bonne idée!”. Tu t’empresses de l’acheter. Puis quand vient l’heure d’emballer, tu te dis qu’en fait, tu as été très con… Du genre : un panier rigide chez Maison du monde pour ma maman (cadeau qui n’avait pour seul intérêt d’y avoir un Union Jack imprimé dessus puisque le vrai cadeau de mes parents était un week-end à Londres, devenu week-end à Amsterdam car ils préfèrent), un bus londonien pour mon papa (cf parenthèse précédente) ou un lot de 40 tubes de peinture acrylique pour ma maman emballé dans son étui d’1m à 1m20 de long. J’ai réussi ou à peu près (le panier, c’était pas trop ça).

– Pendant les vacances, j’ai tricoté de 1/ pour ma petite Emma adorée et de 2/ pour Larcenette, je vous rappelle au passage que vous pouvez tricoter des écharpes pour des sans abris. Evidemment, j’ai montré mon travail à ma maman. J’avais pas été aussi stressée de montrer le fruit de mon travail manuel depuis le collège, les cours d’EMT. Ouais, moi, j’avais pas techno, j’avais EMT, je cousais et je fabriquais des boîtes en carton et j’étais complètement nulle. Et en plus, la prof était méchante, elle m’avait collée mais j’ai séché la colle (avec la bénédiction de ma maman). Bref, résultat : “tu tricotes serré mais c’est très régulier. Dis donc, je suis impressionnée”. Mazette, je suis super fière, je suis adoubée tricoteuse par ma maman qui m’a fait des milliards de fringues quand j’étais petite. Hiiiiiiiiiii ! Prochain défi : la couture.

Je coupe ma liste ici, je la finirai demain, j’ai trop de trucs à raconter en fait. Genre la fin de mes vacances chez mes parents, mon réveillon, mon 1er janvier et ma première semaine de janvier. Quelle bavarde !