Où trouver l’homme ? Episode 27 : à dîner chez moi

A la recherche du prince charmant

(O toi, derrière ton écran, je te rappelle que tout ceci n’est qu’une fiction sortie de mon imagination fertile ou débile, à toi de voir. En vrai, là, je vis au milieu des cartons alors les dîners romantiques, ça attendra.)

On dit que la patience est mère de toutes les vertus. Ca tombe bien, j’ai toujours pensé qu’un peu de vice ne faisait de mal à personne. Fabien je désirais, Fabien j’aurais. Pour se faire, j’avais prévu de l’inviter à dîner à la maison histoire d’être sur un terrain favorable : le mien.


Une fois passée faire le plein chez Picard, je rentre vite chez moi me pomponner, m’épiler et faire brûler une bougie qui sent bon. Bon, c’est l’heure, je vais trafiquer un peu sur l’ordi en attendant qu’il arrive. C’est l’heure et un peu plus. C’est l’heure et un peu plus d’un peu plus. C’est l’heure et franchement plus. Au bout de vingt minutes de retard, j’enclenche la bobine du film catastrophe : depuis le début, il se fout de ma gueule ce connard, il n’en a jamais rien eu à faire. Oui mais pourquoi les baisers, les soirées qui n’en finissent pas, la nuit blanche et pourquoi avoir dit oui à mon invitation s’il ne comptait pas venir. Il doit y avoir une explication logique mais je ne remets pas les pièces du puzzle dans le bon sens, je ne comprends pas.

Ding dong ! Ah, ciel, on sonne, ce doit être lui. Bingo. Il me tombe dans les bras, la mine piteuse : « J’ai oublié mon portable et je n’arrivais pas à trouver, je suis désolé

– Ahahah, c’est pas grave, ahah! »

Oui bon, il a une bonne excuse, je vais pas lui faire une scène par principe quand même. On s’installe autour d’un verre, on mange le bon steack et la bonne purée aux truffes cuisinés avec amour car un estomac d’homme se doit d’être toujours satisfait. Je sens que mes lectrices féministes viennent de grincer des dents mais je ne parle pas en général, je parle du cas particulier où je veux faire l’amour avec cet homme toute la nuit et même le matin, faut bien lui donner des forces.

Entre deux phrases, les blancs s’insinuent peu à peu. Non que nous n’ayons plus rien à nous dire mais la tension érotique monte et à chaque blanc, nous établissons le contact visuel : je te veux, tu me veux. Il n’empêche que c’est bien joli tout ça mais j’ai des projets très précis pour la soirée et on n’avance pas alors je me lance. Je m’approche de lui et lui donne un baiser plutôt sage pour commencer. Il me le rend bien, chouette. Ca s’emballe un peu, de la position assise, on se retrouve allongés sur le canapé, un pull s’en va, rapidement suivi de son petit frère, les fringues volent. Une fois tous nus, vous imaginez bien ce qu’il se passe, je vous épargne la description et vous laisse jouer dans votre tête la partie sexuelle de cette histoire. Sachant tout de même que je suis résolument opposée au léchage de pieds et suçotages d’orteils, ça, s’il vous plaît, épargnez le moi.


Le lendemain matin, lorsque le réveil sonne, il est remercié par une lourde main qui lui éclate la figure mais pour une fois, je lui épargne le traditionnel « ta gueule » enroué. Fabien vient se coller contre moi et me prend dans ses bras pour un doux câlin matinal. Tout serait parfait si la mairie de Plumes sur Berges n’avait pas décidé que c’était le jour idéal pour refaire le trottoir juste devant chez moi. Je vous jure que l’odeur de goudron chaud et le bruit du rouleau compresseur, il y a vraiment plus romantique dans la
vie. Alors que je commence à chouiner parce que je n’ai pas envie de me lever, Fabien me propose un baiser pour m’aider à me lever. Evidemment, il eut l’effet contraire.

Une douche, un café et un pain au lait plus tard, nous voici dans la rue et à la bourre pour aller travailler. Pendant qu’on s’embrasse pour se dire au revoir, je lui demande quand on se revoit : « t’as qu’à venir ce soir à la maison ». Et c’est ainsi que je partis toute guillerette au boulot, pressée de raconter cette nuit à mes copines.

NB : Oui bon, ok, cette partie de l’histoire m’est vraiment arrivée. Rien que de repenser à l’odeur du goudron, j’ai mal à la tête.

Et revoilà la sous-préfette!

Par Océane
Semaine du 25 au 31 Juillet 
 
J’en ai marre d’avoir toujours raison !
 
Lundi : j’avais oublié mon portable.
En rentrant, tout en esquivant ma mère qui se tape joyeusement l’incruste depuis le jour sordide où je lui ai filé mes clefs, j’ai l’immense bonheur de découvrir un texto rageur de mon ex-coloc. (qui, entre nous soit dit, était allée se plaindre chez un pote de son comportement stupide). Petit enchaînement vengeur et nous convenons d’un rendez vous coup de vent pour jeudi soir.
Je devais voir une copine du BTS mais comme mes parents ont en ce moment la fâcheuse habitude de s’éterniser pour me faire de très longs discours moralisateurs, version tu es la honte de la famille, on fait tout pour d’aider mais tu ne réussiras jamais rien dans ta vie, tatati tatata…
Bref, j’étais pas trop d’humeur mondaine !
 
Mardi : je me débrouille pour faire comprendre très diplomatiquement à ma mère que je me passerais de ces très salutaires dons d’elle-même pardon, de son aide, et je reçois en presque cachette chez moi une autre copine recalée celle-ci du BTS. Elle aussi est maman donc on a papoté jusqu’à minuit. Et ce fut très bénéfique pour les deux…
Principaux sujets de discussion : les soldes qu’on ne fera pas et les vieilles histoires de cul qu’on ressasse toutes les deux depuis des années…
 
Mercredi : mon papa vient me chercher au boulot et on va faire les magasins pour enfin pouvoir me doter d’un canapé et deux trois placards. Il est vrai que cette impression de squat forcé était pesante à la fin…
Et puis comme ça « Moumour » pourra dormir à la maison plutôt que de rentrer bourrer chez lui tous les week-ends… Que dis-je, bourrer ? Non ivre morte oui !!!!
Ma copine de lundi vient finalement me voir, avant de partir dans son club salsa… (Oui, je sais, il faudra que je vous raconte ma partie de jambe en l’air salsa quand j’aurais le temps !)
Sujets de discussion : son mec et son égocentrisme…
Ha oui mon DJ m’apprend également par texto qu’il y a une soirée spéciale son dans sa boîte le lendemain.
Heureusement que j’avais prévu le coup et que ma nounou à 45 FR est de la partie.
Quoi ? J’avais dit que même si petit Jésus me faisait une boucle temporelle je résisterais ? Ben vous l’avez compris maintenant : je n’ai aucune volonté !!! Et puis samedi j’ai raté the teuf alors…
Point jouissif de la journée : 23h30, au lit avec une crème à la lavande pour une meilleur circulation sanguine !!!
 
Jeudi : Bon à la base je devais aller dans un resto bien spécifique avec mon ancienne coloc et son mec mais suite à une petite enquête de voisinage ( j’ai appelé le resto d’en face qui été plein en plus) il faut se rendre à l’évidence : ils sont partis en vacances…
On se « rabat » donc sur le resto d’un pote qu’on a connu quand il était portier d’une boîte gay. Et on peut enfin savourer ces spécialités à 23 H. Mes potes étant complètement vanés, j’hésite à me déplacer toute seule sur le lieu de travail de mon ex fil rouge mais bon, c’est mon dernier jour ou plutôt soir avant ermitage alors… J’aide mes potes à fermer le resto et je prends un taxi direction le grand inconnu.
J’arrive, je reste discrète, j’m’prends un verre et je constate avec effrois que j’ai oublié mon porte monnaie. Heureusement qu’il traînait un billet au fond de mon sac !!!
De toute manière apparemment tout le monde s’était donné le mot pour me faire le coup du verre Magique !!!
Bref Mr DJ vient me saluer et me dit « tu as bien reçu mon message… Ca fait plaisir »
Soupçonnant une info line je lui rétorque « je l’ai bien reçu, comme beaucoup de monde non ? »
La réponse fut une mimique traductible en « c’est pas si sûr »
Bref, je me tiens à distance et je discute à droite à gauche ( tout en gérant mes trois verres différents en permanence). En vrac, j’ai fait la connaissance d’un autre DJ d’une soirée qui essaye de monter sur notre belle ville, et j’ai eu deux propositions d’embauche en tout bien tout honneur bien sur !!!
Mais bon, je parle, je bois, je parle et au bout d’un moment, la salle commençant à se vider sérieusement, je décide d’aller voir le convoité afin de lui signaler qu’à la fin du dernière verre qui me reste, je m’en vais…
Il négocie ma présence pour un morceau de plus qui se trouvait être, comme de par hasard le dernier…
Vient alors le moment inéluctable de l’adieu : je m’approche, il m’attrape les ficelles de ma polaire, les enroule autour de sa main, je me rapproche, il enroule un peu plus, je me laisse faire, un dernier tour et plus d’ambiguïté possible : il me dépose un tendre baiser qui se prolonge en un indécent moment d’exploration corporelle…
Mais bon, comme je n’ai plus 18 ans et que je m’étais faite avoir par les arrières cuisines le mois dernier, j’essaye de mettre un petit ola avec la conviction du chacal vert des steppes…
Une bonne grosse demi heure plus tard nous décollons enfin en partance pour mon appartement. Mais comme je sais que le monsieur est malade, qu’on est complètement défoncé et que la première expérience fut avortée pour cause de coma éthylique, après une longue hésitation d’environ une demi seconde je tente quand même un vieux «  tu veux monter ? » de derrière les fagots…
Et la réponse fut positive…
On croise ma nounou qui amène mon fils chez sa nounou du jour.
Et nous voilà parti pour une petite séance de trois heures et trente minutes de sport en chambre. Si si dans un vrai lit ( et en plus c’est le mien !).
Bon, comme physiquement, on était quand même sacrément amoindris, on s’en est contenté, à charge de revanche…
Evidement, il a fallu qu’on délire sur le fait de garder ou non les chaussettes, mais je vous rassure mesdames, ce monsieur m’a fait le grand honneur de les enlever !
Sinon, c’était pile poil ce qu’il me fallait : un bon vieux tirage de cheveux tout en tendresse…
Voilà, j’ai encore cédé aux facéties de petit Jésus mais maintenant, le nouveau moi peut prendre son envol sans être alourdi par d’éventuels regrets !
 
Vendredi : c’est-à-dire que pour moi c’est le même jour mais bon !
Nous avons donc dormi ensemble d’un sommeil paisiblement entrecoupé par les harcèlements téléphoniques de Gauthier et de ma mère !
Puis il s’en est allé mon DJ, reparti vers d’autres contrées encore inexplorées…
Et moi, je fais le grand ménage en vue du grand départ en vacance prévu pour le lendemain matin.
 
Samedi : grande migration vers ma sainte patrie la Dordogne, percluse de courbatures…
Mes parents qui ne devaient rester que la journée sont pris en otages par ma tante. Mes petits cousins suivent mon fils façon la pub pour Europe 1 et je me dis que ça va être très long !
 
Dimanche : la journée se passe…