Où trouver l’homme ? Episode 24-2 : au mariage

A la recherche du prince charmant

(Lecteur, lectrice, je te rappelle que tout ceci n’est qu’une fiction, je suis pas allée à un mariage en vrai, mes amis ne se marient pas)

Dans l’épisode précédent, j’étais à un mariage de type « je connais personne et je m’ennuie ferme » quand je verrouille une cible, un bel homme qui me paraît seul. En tout cas, sur la photo des « on sait pas quoi en faire », catégorie à laquelle j’appartiens, il est seul. Intéressant, très intéressant. Va falloir attaquer.


Ca tombe bien, c’est l’heure du vin d’honneur. Ma timidité (si, si, je suis timide, des fois) et ma pudeur naturelle étant inversement proportionnelle à mon taux d’alcoolémie, j’avale une petite gorgée de punch et je me rapproche l’air de rien. Il semble s’ennuyer ferme lui aussi, ne connaissant vraisemblablement personne. Ok, banzaï, j’y vais.

« Salut, je m’appelle Nina et toi ?

– Fabien.

– Ah ok. Tu es un invité du marié ou de la mariée ?

– De la mariée. »

Génial, ça nous fait déjà un point commun. Et tu la connais d’où ? Ah du boulot ! Moi du collège. Ouais, je sais, j’ai perdu mon accent du sud. Quoi que c’est marrant, dans la phrase « j’ai perdu mon accent », j’ai tendance à dire accing. Comme quoi, il fait de la résistance, le petit, c’est bien. Je suis très fière de mes origines du terroir et ça me déprime d’avoir perdu l’accent. Bon, il est sympa Fabien puis il multiplie les eye contacts, c’est plutôt bon signe. Ah, là, il a rapidement glissé vers mon décolleté. Mais il revient à mes yeux, l’honneur est sauf.


L’avantage quand on discute à l’heure de l’apéro, c’est qu’on boit moins, je suis donc en pleine possession de mes moyens quand il s’agit de s’installer pour le dîner. Dieu, dans son infinie bonté m’a placée juste à côté de Fabien ! Ou alors, c’est la table des rebuts venus seuls et n’appartenant pas aux deux familles, les mêmes que sur la dernière photo où les mariés ont une crampe à la mâchoire à force de sourire. Peu importe. Comme je suis une fille sociable et bien élevée, je discute un peu avec l’ensemble de ma tablée tout en adressant
des regards en coin à Fabien qui les attrape tous. Yes ! Y a moyen de moyenner, là.

On mange. On mange. On mange encore. Mais qu’est-ce qu’on peut manger à un mariage, c’est indécent, j’ai peur pour les coutures de ma robe. Et on boit aussi. Du blanc, du rouge. Voilà, on mange, on boit et on discute et ça n’en finit pas. Le problème c’est que je ne suis pas habituée à manger et boire autant et je commence à glisser dans une douce torpeur, je sens Fabien un peu flottant aussi. Soudain, le DJ décidé qu’il est temps de se bouger le popotin, pile ce qu’il fallait.

« Youhou, je vais danser ! Qui vient ? »

Sous entendu : Fabien, tu me suis, s’il te plaît, sous peine de briser mon petit cœur ?

Il obtempère. Il est top ce mec. Nous voici à nous dandiner sur la piste de danse. Faut avouer que j’adore danser. Non pas que je le fasse forcément bien, j’ai jamais pris de cours mais ça importe peu, le dandinement est mon ami. Ouais, j’adore cette chanson, je chante à plein poumon : « GIMME GIMME GIMME GIMME MORE ! ». Oui, le DJ doit contenter tous les âges et tous les styles de personnes, y compris les fanas de Britney. Et franchement, Britney, pour danser, on fait difficilement mieux.


« Every time they turn the light down, Just wanna go that extra mile for yaaaa ! »Bonne nouvelle, Fabien semble plus amusé par ma version un peu personnelle de la chanson qu’effrayé. Ca tombe bien parce qu’après une journée à m’ennuyer ferme et après quelques verres de vin, je suis très motivée pour faire la fo-folle. Et je le fais drôlement bien.

Mais déjà, la soirée se termine. Je me rends compte une fois assise que j’ai très très mal aux pieds, mes petites folies sur le dancefloor vont se payer cher. Mais tant pis, je me suis bien amusée. Peu avant de partir, Fabien vient vers moi et me demande mon numéro car ça lui ferait plaisir qu’on aille boire un verre un soir. Un peu mon neveu. Je le lui donne, il me susurre un merci dans l’oreille et m’embrasse délicatement sur la joue.

Les enfants, j’ai une touche.

Premier jour (encore)

Hier, premier jour de taf dans ma nouvelle boîte. C’est pas que je me blase mais je n’ai plus l’excitation d’un premier jour de CDI, ayant vécu ça y a à peine 6 mois. Je me lève, me toilette, m’habille, me maquille. Dehors, c’est le déluge, la pluie tombe serrée sur Paris. Arrivée sur le quai de la gare, évidemment, le train est retardé. Ca commence bien.

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Arrivée sur place, trempe, je suis accueillie par Simon qui m’avait fait passer mon entretien fin août. On arrive dans ce qui sera mon bureau, une pièce claire et aérée (et encore, là, il pleut), peuplée quasi exclusivement de filles. Ah ben, ça va me changer ! Bon, je suis bombardée de prénoms « Alice, Lucie, Philippe (ah, un mec), Louise… ». Ok, j’en ai pas retenu la moitié, au secours. Bon, on est une petite dizaine, sympas. Ah non, on repasse dans un long couloir au sol plastiqué en attendant la fin des travaux et là, je découvre le royaume des hommes. Ouf, j’ai eu peur. « Là, ce sont les développeurs ! ». Je me demande si ça existe les développeurs femmes. On descend ensuite au sous-sol des graphistes… Elle est immense cette boîte ! Tiens, ils ont un espace détente sympa, j’espère que c’est le même pour nous. Tiens, il ont un graphiste aux yeux bleus qui fait très très mal à mes hormones censées être en sommeil… Mais d’un autre côté, il a un bonnet, j’espère que c’est pas pour dissimuler des cheveux cracra parce que y a pas pire tue l’amour que des cheveux sentant le sebum et me graissant les
doigts.

 

Bon, me voici revenue à mon bureau, Simon m’explique rapidement ce que je dois faire. Pour le moment, pas grand-chose mais il manque pas mal de trucs à voir et apparemment, y a une présentation à préparer pour la fin de semaine. Ok ! Je m’y mets, c’est pas compliqué, je gèèèèèère. Midi, je suis morte de faim, j’ai pas déjeuné puisqu’avant, j’avais l’habitude de petit déjeuner au taf, je crois que je vais la perdre, cette habitude, et déjeuner à la maison. Midi trente, une grande blonde qui ressemble à Claire Danes propose d’aller manger, je crois qu’elle
s’appelle Marine. En tout cas, y a deux Marine dans le bureau donc c’est possiblement l’une d’entre elles, j’ai juste retenue l’Asiatique puisque, comme elle l’a dit elle-même « moi, tu peux pas me confondre, je suis la seule dans mon genre ». Donc nous voici partis à 5 pour déjeuner : Simon, la grande blonde, ma collègue de communauté qui doit être slave car elle a un
accent (elle a aussi intérêt d’avoir un frère célibataire de mon âge avec le même accent) qu’on appellera Ioulia, la brune du référencement et moi. Donc oui, je déjeune avec des personnes dont je connais pas le prénom, j’assume.

Le repas est plutôt sympa et détendu, la grande blonde est assez marrante, Ioulia aussi. Je glane quelques potins genre « elle, elle est trop conne » mais Simon me rassure « tu bosseras pas avec elle, rassure-toi ! ». Sinon, j’apprends que tous les vendredi, c’est petit déjeuner, chacun amène un truc selon le groupe où on se trouve (mais je sais pas dans quel groupe je suis), je trouve que c’est une très bonne idée. Peut-être que j’arriverai à retenir quelques prénoms… En attendant, j’ai la sensation qu’il y a un clan dans le bureau. Je suis rassurée, quelque part, je suis automatiquement placée dans celui qui a l’air le plus sympa mais ne jurons de rien. En général, je découvre les gens au fur et à mesure et parfois ceux que je trouve froid au premier abord se révèlent de joyeux camarades de jeux !

 

Bref, après cette première journée, ça va, je suis pas stressée à l’idée de retourner là durant les prochaines années de ma vie. Oui parce que j’ai pas envie de changer de taf tous les 6 mois non plus. Niveau ambiance, il est trop tôt pour se prononcer de façon globale. Mais par contre, je peux le dire : à part l’entrée et un couloir pleins de travaux, le lieu est vachement plus agréable que là où j’étais avant. Je suis totalement fan des toilettes, en vieilles briques roses comme à Toulouse ! Oui, j’aime mes nouvelles toilettes de bureau, je suis un
peu bizarre mais on m’aime bien quand mêêêêême ! Mais il y a des rumeurs de déménagement, soit pour rejoindre le siège de TGGP, soit partir ailleurs… Décidément, ça, ça me change pas.