J’ai vu pour vous l’Exoconférence d’Alexandre Astier

Il y a un mois ou à peu près, Zeno et moi nous sommes rendues au Théâtre du Rond-Point pour assister à l’Exoconférence d’Alexandre Astier. Petit préambule : Astier ne semble ne pas faire l’unanimité, ce qui est plutôt sain, je ne suis moi-même pas une fan absolue même si j’ai pas mal de bons souvenirs de Kaamelott, j’y suis donc plus allée par curiosité qu’autre chose. Et la curiosité est toujours la meilleure raison pour découvrir quelque chose.

ExoConferenceAffiche

Ca commence : écran géant qui commence à diffuser des images de synthèse avec Astier qui commente : voici le Big Bang, ça explose, l’univers existe… Lumière, l’acteur apparaît, boîte de popcorn en main et nous explique : c’est bien joli et impressionnant cette explosion mais il est fort probable qu’il n’y en ait pas eu, en fait… Et c’est parti pour 1h30 d’une histoire de l’univers vu par les hommes un peu revisitée. De l’Antiquité au Moyen Age avec un passage obligé par Ptolémée, Copernic puis Fermi et son fameux paradoxe sur l’existence ou non des Extraterrestres. Car voici où nous amène Astier : démonter l’histoire d’ET qui viendraient nous rendre visite et la possibilité de papoter avec une quelconque civilisation extraterrestre.

extraterrestre

Point récurrent du show : la critique assez piquante mais très drôle de la plaque de Pioneer qui semble pour lui la pire façon de communiquer avec une éventuelle civilisation extraterrestre qui ne comprendrait sans doute pas trop ce qu’on lui veut. Puis il détricote certains cas connus d’OVNIS passés par la Terre : Roswell (passé un peu vite), le faux crash d’un OVNI à Sverdlovsky en Russie, l’enlèvement du couple Betty et Barney Hill… La démonstration est assez convaincante en soi et drôle.

Exoconference_Astier

Bref, l’Exoconférence est globalement un bon moment, je mettrais cependant deux bémols :

  • je n’ai pas toujours tout compris aux délires d’Astier. On sent un peu le gars qui a tripé tout seul dans son coin pendant l’écriture du spectacle et on se retrouve avec des passages un peu étranges, notamment quand, après avoir philosophé sur l’univers en citant du Saint-Augustin, hop, y a son groupe qui débarque et c’est parti pour un boeuf avant de nous diffuser une scène façon 3D où Astier nous explique qu’il est physiquement impossible de communiquer avec d’autres civilisations extraterrestres au regard des lois de l’univers et de la physique tout en se mettant en scène dans un OVNI. Heu… wokéééé…
  • le côté un peu lapidaire et condescendant d’Astier. Ok, ça fait partie de son personnage mais le côté “c’est comme ça et c’est pas autrement » sur quelques affirmations sur lesquelles il passe sans s’attarder, ça me fait lever un sourcil… Un exemple qui m’a un peu marquée pour mieux expliquer mon propos : Astier évoque quelques fois les adeptes du complot affirmant que l’homme n’est jamais allé sur la Lune. On se fout bien de leur gueule puis il balance “si, on y est allés, voilà !”. Même si je suis pas convaincue de l’existence de ce complot , je pense que 2 ou 3 arguments comme sur d’autres points évoqués. Bref, il affirme tout en sous entendant bien qu’il faut être con pour y croire. Je ne suis pas sûre qu’il faille être “con” pour être séduit par une théorie du complot, celles-ci étant construites en général de façon à être crédibles, justement. Savoir démontrer un fait, c’est éventuellement plus efficace que l’affirmer… Mais je m’égare.

astier-steampunk

Bref, j’ai apprécié l’Exoconférence même si j’ai pas adoré, je suis sortie un peu mitigé au vu des deux bémols cités juste au dessus. Je ne regrette néanmoins pas d’y être allée car j’ai appris deux ou trois petits trucs au passage. Par exemple, saviez-vous que l’univers aurait un goût de framboise ?* En effet, il est composé en grande partie de formiate d’éthyle que l’on retrouve en grande quantité dans les framboises. Voilà, moi, je savais pas et je pourrai faire ma crâneuse dans les dîners en ville.

framboise

* Et une odeur de rhum selon cet article. Il semble donc que le paradis existe et que c’est l’univers. Cohérent.

Libre adaptation

Je suis une zappeuse, je dois l’admettre. Devant ma télé, je fais défiler les chaînes pour trouver un programme pas prise de tête. Week-end dernier, je tombe sur une série nommée Merlin et là, mon sang ne fait qu’un tour. Êtes-vous sérieux ?

Je résume un peu la série : le jeune Arthur et le jeune Merlin vivent dans le château d’Uther Pendragon avec tout un tas de personnages dont Morgane, demi-sœur d’Arthur par leur mère, Ygerne. Bon, je tique déjà sur la cohabitation entre Arthur et Pendragon, sur le jeune âge de Merlin mais bon… Et là, coup de grâce, on apprend que Morgane est la fille cachée d’Uther (donc la sœur d’Arthur et non sa demi-sœur). Hein ? Bon, ok, ça m’a saoulée, je zappe.

Il existe bien des versions où Morgane est la sœur d’Arthur mais elle devient une aide pour lui. Là, dans Merlin, elle est mauvaise et essaie de tuer Uther. Enfin bref, cette version là ne rime à rien, c’est juste une série de merde pseudo historique. Un peu comme dans Les Tudors où Anne Boleyn a les yeux bleus (elle fut réputée pour la noirceur de ces derniers) et Henri VIII reste un jeune homme svelte alors que lorsqu’il épouse Catherine Parr, il est censé être obèse… Mmmm…

Revenons à nos légendes arthuriennes et parlons d’un exemple que nous connaissons tous ou à peu près : Kaamelott. Programme court particulièrement réussi, il nous propose une autre libre interprétation des légendes arthuriennes. Cependant, on sent un travail de documentation titanesque derrière car si Alexandre Astier dessine des personnages un peu à la bourre intellectuellement parlant, le reste est très fidèle aux légendes arthuriennes. Morgane reprend sa place de demi-soeur haineuse mais, du moins dans les épisodes que j’ai vus, elle ne ressent rien pour Lancelot, contrairement à pas mal de récits de la légende arthurienne. Astier choisit l’interprétation romaine des légendes arthuriennes (Arthur est un préfet romain détaché en Bretagne de par ses origines bretonnes) et enrichit son univers de détails de civilisations celto-romaine. Jusqu’au livre VI qui se passe pour la quasi totalité à Rome. Seule liberté : les personnages de Karadoc et son épouse Melanwi, celle par qui la déchéance de Camelot. Astier semble se débarrasser de Mordred, fils incestueux d’Arthur et Morgane qui tue son père. Le vrai méchant, c’est Lancelot sous l’influence de Meleagant souvent présenté comme son double maléfique dans les légendes arthuriennes.

Bref, peu importe, je fais pas une analyse de texte de Kaamelot. La question sous-jacente, c’est « pourquoi Merlin m’a énervée » alors qu’on parle d’une légende et non d’un fait historique avéré comme Les Tudors, par exemple ? Peut-être parce qu’en un demi-épisode vu, je n’ai tellement pas reconnu la légende arthurienne que ça m’a gonflée. Après tout, des histoires de Rois, de magiciens et de femmes manipulatrices et malsaines, on peut en écrire sans les appeler Arthur, Merlin et Morgane… Parce qu’au fond, c’est là le plus agaçant : cette utilisation d’une « franchise » qui marche. Un peu comme Batman, Superman et autres super héros, Sherlock Holmes… Mais un nom connu ne fait pas toujours une bonne série…

Enfin, tout ça m’a donné envie de me repencher sur la question… Quand j’aurai lu la douzaine de livres que j’ai en réserve, quoi.