Au fond de l’eau de Paula Hawkins, le bon polar de vacances

(Pour ceux qui ne partent que maintenant). Je suis une fille rarement à la page, je ne me précipite pas sur les nouveautés littéraires à quelques exceptions près mais pour une fois, j’ai lu un livre à sa sortie… parce que je l’ai piqué à ma maman lors de mon dernier passage en province. Donc Au fond de l’eau de Paula Hawkins, autrice de La Fille du train

Au fond de l'eau de Paula Hawkins

L’histoire : Jules reçoit un matin la visite de la police l’informant du décès par suicide de sa soeur, Nell, qu’elle ne fréquentait plus depuis des années. Jules va donc devoir partir à Beckford où vivait sa soeur, dans la maison que sa famille louait quand elles étaient enfants, pour s’occuper de sa nièce Lena, ado de 15 ans qu’elle n’a jamais vue. Alors que Jules doit faire face à des souvenirs enfouis très désagréables, les habitants de Beckford cachent tous soigneusement leurs secrets tandis que Nickie, vieille excentrique voyante, va essayer de partager ce qu’elle sait sur la mort de Nell mais aussi sur celles de ces femmes qui se sont suicidées au même endroit… Car Nell était fascinée par ce lieu et ses histoires et les nombreuses questions qu’elle posait lui attirait l’inimitié de certains. Suicide ou assassinat ?

La baie du naufrage, Grèce

Alors que retenir de ce roman ? Comme la fille du train, on est très loin des super héros omnipotents et omniscients, Jules, Lena et l’ensemble des personnages ont des failles et composent plus ou moins avec. L’histoire avance et l’on découvre des éléments au fur et à mesure, ça se lit facilement, je l’ai lu en à peine dix jours (ce qui est plutôt remarquable en temps normal vu que je ne lis guère un livre papier qu’une vingtaine de minutes par jour). Je le conseille pour la plage, un voyage en train car il se dévore l’air de rien, mais…

Lire à la plage

Je ne le trouve pas indispensable non plus. Déjà, un gros souci par rapport à la Fille du train : la multiplication des personnages et points de vue. Dans la Fille du Train, qui doit faire peu ou prou le même nombre de pages, on ne suivait le point de vue que de trois personnages : l’héroïne principale, la fille qu’elle observe du train et la nouvelle compagne de l’ex de la fille du train (dont j’ai oubliée le prénom et j’ai la flemme de chercher, je confesse) et on suit surtout la fameuse fille du train donc on s’attache quand même à elle, on s’inquiète pour elle, on ressent ce qu’elle ressent. Là, pas tellement. Déjà, au fond de l’eau fait référence à Nell, celle morte dès le début du roman mais surtout, la multiplication des points de vue rend le récit très confus surtout au départ où on suit des tas de gens dont on ne sait rien et tout le monde est ravi que Nell soit morte ou à peu près. Du coup, en suivant les pensées de gens qui se détestent tous entre eux ou à peu près, difficile d’avoir de l’empathie pour qui que ce soit.

Nous avons tous des secrets

Autre point qui me dérange un peu : on a tendance à deviner les rebondissements un peu à l’avance ce qui ne me dérange pas, en soi. Ca arrive qu’on devine l’assassin, ça fait chier mais on poursuit la lecture pour valider notre scénario. Mais là, pour nous perdre, Hawkins multiplie les tours de passe-passe qui n’ont in fine pas de réel intérêt dans le récit à auquel on n’apportera aucune explication, c’était juste un panneau “hé regardez là !” pour un peu complexifier le jeu… Et c’est un peu de la triche. Je trouve que l’écriture d’un polar est assez difficile, je ne m’y suis jamais vraiment risqué car je trouve justement difficile de mener l’histoire à bien sans que l’on devine trop tôt qui est le meurtrier. Je m’étais dit que, effectivement, la fausse piste pouvait être une façon facile de ménager le suspense. Sauf qu’à lire, ça peut être légèrement agaçant. On n’est pas des lapereaux !

Lapereau

Dernier point enfin : c’est bien de faire parler différents personnages pour tisser un récit, pourquoi pas, mais qui pense à ses secrets en mode « si jamais quelqu’un découvrait que… non, personne ne doit le savoir ». Quand je pense à mon secret, je le visualise, j’y mets malgré moi des formes et des mots, tu peux pas faire parler des gens qui ont une myriade de secrets et faire en sorte qu’ils n’y pensent pas des fois que… je sais pas, on lise dans leur esprit ? Dans ce cas là, ne les mets pas en scène… Dans La fille du train, sur les potentiels suspects, aucun ne racontait l’histoire, c’était plus simple… et ça faisait moins truc en toc pour perdre le lecteur, j’avoue.

Paranoia

Donc est-ce qu’on lit Au fond de l’eau ? Oui, sur la plage, en train ou en avion, c’est pas désagréable… mais pas immanquable.

Rendez-vous sur Hellocoton !

La fatalité des héros lourds

Dans le cadre de l’opération : lisez pendant les ponts, j’ai quelques titres à vous conseiller comme par exemple Nuit de Bernard Minier ou Un fond de vérité de Zygmunt Miloszewski. Oui, pas un mais deux romans parce que je les trouve assez cools et que j’ai déjà parlé de ces auteurs. Car oui, ce sont des suites. Hé oui, je sais pas pourquoi mais quand on reprend un personnage, il semble victime de la fatalité des héros lourds

Nuit de Bernard Minier et Un fond de vérité de Zygmunt Miloszewski, vos polars de l'été

Mais les romans sont bien, je vous les conseille vraiment, surtout Miloszewski qui est mon petit chouchou même si j’ai du mal à retenir son nom. L’enquête est très prenante, vraiment bien foutue. Minier, on est un peu sur un autre registre, plus sur de la tension. Pas toujours de grandes surprises mais il se dévore tranquillou, comme une délicieuse omelette norvégienne (j’ai un souci avec les glaces). Alors que je viens donc de terminer Nuit et de m’acheter La rage de Milowszewski, je note quand même un fait troublant : ils sont gonflants, là, leurs héros ou c’est moi ? C’est amusant, je ne l’avais pas noté sur le premier roman mais Servaz (Minier) devient de plus en plus un vieux con réac à base d’Internet tue les gens, c’était mieux avant et tutti quanti et Szacki (Miloszewski) devient un espèce de gros connard aigri. Ce qui est un peu agaçant car les romans restent plaisants à lire mais je me suis surprise à lever parfois le regard au plafond en mode “mais resdescends mec, pleaaaaaaaaase”. Oui, comme ça, oui. Mais bon, relativisons, ils ne sont pas agaçants au point d’un Darwin Minor, Miles Lord ou Robert Langdon, quand même (même si à la réflexion, Bobby m’avait moins fatiguée dans Da Vinci Code avec son côté super héros qui sait tout et peut tout faire)

Robert Langdon ou la fatalité des héros lourds

En étendant ma réflexion, je me rends compte que j’ai souvent le même souci avec les sagas genre Fitz dans l’Assassin Royal de Robin Hobb ou Richard et Kahlan dans L’Epée de vérité de Terry Goodkin. Dans les sagas, d’ailleurs, y a toujours un moment où je suis fatiguée de voir que l’intrigue n’avance que parce que les personnages sont fondamentalement cons et réagissent un peu n’importe comment. Non mais je veux bien avoir un personnage principal orgueilleux ou susceptible mais là, faut pas exagérer non plus. Des fois, t’as l’impression que le ou la protagoniste principal.e est un enfant très jeune ou, pire, un chat : dans tout le roman, on leur dit “ne fais pas ça, ne fais pas ça” et devinez quoi ? ILS LE FONT. Canalisez-vous, merde à la fin !

Drink me, pendentif inspiré d'Alice au pays des merveilles

Si cette adorable petite chose vous plaît, clic sur l’image

Mais cette sorte d’antipathie glissante m’interroge : pourquoi les héros deviennent un peu lourds ? C’est moi ou c’est l’auteur ? Est-ce que c’est comme dans la vie où tu croises certaines personnes que tu aimes bien au départ mais plus tu les fréquentes, moins tu les apprécies parce que tu ne vois que leurs défauts et plus leurs qualités… Oui, mais ça, ce n’est pas systématique quand même… Ou alors, cette lassitude, elle ne serait pas entre l’auteur et ses personnages ? Ce qui m’inquiète un peu puisque parmi mes trente projets d’écriture, j’ai quand même une idée de deux sagas (une trilogie et une quadralogie à priori…). Est-ce que l’auteur continue à exploiter la poule aux oeufs d’or tant qu’elle est en vie, alors même qu’il développe une allergie au métal jaune ? D’ailleurs Minier avait écrit un roman entre N’éteins pas la lumière et Nuit qui ne mettait pas en scène Servaz (et que je n’ai pas lu). Finalement, un des seuls héros récurrents qui ne m’a jamais fatiguée, c’est… Hercule Poirot d’Agatha Christie… Et je crois que c’est parce qu”il n’est pas tant un héros qu’un personnage fonction, on sait assez peu de choses de sa vie privée, ce qui évite qu’on s’appesantisse de trop sur sa vision réac, surannée, progressiste ou carrément révolutionnaire de la société… Je ne dis que ça n’a aucun intérêt mais si ça ne fait pas avancer l’intrigue, ton avis sur tel ou tel phénomène de société, je m’en fous un peu, M ou Mme l’auteur.e .

L'auteur observe la société

Mais bon, malgré tout, je vous encourage à prendre Un fond de vérité puis Nuit (dans cet ordre là, oui) pour vos quelques jours de farniente à la plage ou sur la pelouse d’un parc près de chez vous (même si bon courage pour trouver une place) ou même sur votre canap’. Mais mon vrai coup de coeur de ce printemps, je vous en parle la semaine prochaine. Spoiler : c’est dystopique, c’est russe. Et je me suis totalement laissée prendre.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Am Stram Gram, ce thriller que tu ne reposes pas

Saison des ponts oblige, je voulais vous filer quelques joyeux conseils de lecture car j’ai quelques petits titres dans ma besace. Et en premier lieu : Am Stram Gram de M.J. Arlidge. En premier lieu parce que je l’ai vraiment bien aimé, que je ne l’ai pas lâché avant la fin et que j’avais pas trouvé le coupable en milieu d’histoire.

Am Stram Gram de M.J. Arlidge

L’histoire : l’inspectrice Helen Grace se retrouve en prise avec une serial killer qui kidnappe deux personnes et les enferme avec une arme entre elles : pour survivre, il faut tuer l’autre. Alors que les morts s’accumulent, Helen commence à comprendre que les victimes ne sont pas choisies au hasard…

Serial killer

Alors pourquoi j’ai aimé. En un, l’héroïne. J’en avais déjà parlé pour Disparue de Lisa Gardner mais je confirme : les héroïnes peuvent être certes bad ass (Helen fait de la moto, est assez dominatrice, adore se faire fouetter et ceci n’est pas une métaphore) mais elles ont des failles. Elles ne sont pas omniscientes, elles peuvent se planter. Quand on connaît mon aversion pour les héros qui savent tout, réussissent tout, même l’impossible, forcément, j’apprécie. Surtout que pour une fois qu’un mec écrit un polar sans se donner le rôle du super héros

Costume de super héros

Autre point appréciable : l’écriture des personnages. Franchement, à froid, c’est une vraie galerie de clichés : la cheffe de police froide et dure, son second tombé dans l’alcoolisme suite à un divorce difficile, l’autre fliquette pimpante qui a un grand coeur sous sa poitrine volumineuse, la journaliste arriviste… Sérieusement, vu comme ça, tu as l’impression que tu vas lire le scénar des fictions de l’après-midi sur TF1 ou M6 (si ça existe toujours…) mais M. J. Alridge s’en sort franchement bien avec ce matériel de base. Oui, parfois, c’est un peu facile mais ce n’est pas agaçant.

La menteuse, téléfilm

Mais surtout, le principe même du roman est cool. Les victimes sont choisies par paire, on commence par un jeune couple par exemple (je vous dis pas les autres). Imaginez que vous ête enfermés avec celui ou celle que vous aimez sans possibilité de vous échapper, sans eau ni nourriture et que la seule façon de survivre, c’est de tuer l’autre. Il n’y a qu’une balle dans le revolver donc un seul mourra. Le génie du truc, justement, c’est qu’Alridge s’offre des scènes de tergiversation, de marchandage avec soi-même : tuer l’autre ou non ? Et je crois que ce sont les meilleurs passages de tout le livre.

Negan Am Stram Gram

Un autre Am Stram Gram bien flippant

Donc pour votre prochaine escapade, vous l’achetez ou vous vous le faites prêter, il est sorti en poche. Par contre, attention, il est un petit peu prenant.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le cinéma est mort et ce sont les blockbusters qui l’ont tué

Bonjour, je suis Nina Bartoldi, je ne suis pas cinéphile du tout mais j’ai décidé de vous asséner mon avis sur la question. Donc avant de vous expliquer pourquoi, selon moi, les blockbusters font beaucoup de mal au cinéma, je dispose ici même une caissette virtuelle de tomates pourries que vous pourrez me jeter allègrement au visage si, à la fin de ma démonstration, vous considérez que je n’ai rien compris.

Certified fresh rotten tomatoes

Je ne sais plus à partir de quand exactement le cinéma et moi, on a commencé à prendre nos distances. Plus jeune, j’y allais assez régulièrement : pour sortir entre copines ou à la fin de ma relation avec Guillaume pour nous occuper et nous éviter d’avoir la conversation qui fâche puis en plus, on connaissait la caissière qui nous laissait passer sans payer. Oui, à l’époque, on ne virait pas les gens pour un déficit de 85 centimes. Et puis j’ai commencé à déserter les salles : parce que c’est cher, parce que je m’endors, parce que j’ai pas envie d’aller mater la plupart des films qui me sont proposés. Du coup, parfois, je télécharge un film qui me tente moyen mais qui va me permettre de m’occuper deux heures et… mais… qu’entends-je ? La voix tonitruante des studios qui me pointent du doigt : “tu télécharges, vilaine ! C’est toi qui nous tues !”. Mmm, vraiment ? Voyons ça.

Studios universal visite

D’abord, il y a l’arnaque de la 3D. Vous savez, ce truc qui vous salope un film sans rien y apporter : ça assombrit l’image, ça fait mal aux nez pour les déjà binoclards qui se retrouvent avec deux paires sur le nez, ça vous rajoute en moyenne 2 € et en plus, ça rend l’action plus confuse 9 fois sur 10 et ça me fait sortir du film. Bref, je déteste la 3D surtout que ça souligne un peu trop avec la subtilité d’une vache américaine dopée aux hormones le fait que l’industrie du cinéma nous prend… ben pour des vaches à lait, justement.

vache-a-lait-2

Mais encore, ça,c ‘est pas le pire. Revenons au dernier film que j’ai vu au cinéma, à savoir Batman vs Superman qui est, de l’avis général, un film assez moyen, voire un peu médiocre. Effectivement, malgré la présence d’Henry Cavill (qui ne sert à rien), d’un Batman convaincant alors qu’on avait très peur aka Ben Affleck et de la woh sexy Wonder Woman… ben rien n’a vraiment de sens. Sans parler du twist moisi basé sur un prénom, rien n’est vraiment prenant, on s’en fout un peu de ce qui arrive aux personnages. Même quand t’en as un qui meurt, t’es un peu en mode “ouais, ok… oh, j’ai plus de pop corn dis donc” (en vrai, je ne mange pas au cinéma parce que 10 fois trop cher). Bref un film complètement oubliable sauf que… “mais en fait, la version longue dispo en DVD est vachement mieux, tu comprends plus de trucs et tout”. Heu hein ? Tu veux dire que j’ai payé 10 € pour voir un film nul mais que si j’en paie 20 € de plus, j’aurai une version cool ? Puis cette semaine est sorti Suicide Squad, un film qui s’est fait descendre dans toutes les critiques que j’ai pu voir ou lire, jamais vu une telle unanimité… Bon, j’avoue que j’avais moyen la hype sur ce film, je sentais moyen la Harley Quinn qui avait l’air d’en faire des caisses (ok, son personnage aussi mais je sais pas, je le sentais pas), Will Smith me fait plutôt fuir et Jared Leto en Joker… Je ne saurais dire pourquoi mais dès le départ, j’ai rangé mon billet de 10 € : je n’irai pas voir ça. Le film sort, déluge de critiques assassines et là, attention “non mais en fait, on voit quasi pas le Joker dans le film parce que toutes ses scènes seront dans le DVD, ahah!” Ah ben dire ça après la sortie du film, c’est bien la preuve qu’on nous prend pour des cons. Surtout que la promo du film était basée essentiellement sur le Joker (quasi absent) et Harley Quinn alors que finalement, on ne voit que Will Smith à l’écran… Tout ça pour ça.

Suicide Squad l'équipe des méchants, blockbusters DC Comic

Et c’est là où je veux en venir : on a depuis quelques années des blockbusters “à univers”. Je trouve ça intéressant en soi surtout dans des exploitations d’univers complexes comme les super héros. Et comme j’adore l’univers Batman, forcément, ça me donne envie, à priori, d’adhérer au projet. Sauf que le projet coûte vite cher. Prenons l’univers Marvel (celui qui me séduit tellement que j’ai pas réussi à voir un seul Avenger en entier sans m’endormir) : 3 Iron Man, un Hulk, 2 Thor, 3 Captain America, 2 Avengers, 1 gardien de la galaxie, un Ant-Man et à venir : un Doctor Strange, 1 autre Gardien de la Galaxie, 2 autres Avengers, un autre Ant-Man, un Black Panther, un Spiderman un autre Thor et un Captain Marvel. Soit de 2008 à 2019, 22 films. Soit 220 € dépensés en 11 ans juste pour aller au cinéma. Et voyons combien me coûterait un DVD d’une série genre Daredevil : 24,99. Donc pour un prix annuel quasi équivalent, je passe soit 4 à 5h au ciné soit je me mate 26 heures de série télé… Niveau rapport qualité/prix, y a un joli fossé…

J'ai pas du tout vu Daredevil

J’ai pas du tout vu Daredevil

Alors oui, le coût d’un film n’est pas forcément comparable à celui d’une série mais là encore, a-t-on autant besoin d’effets spéciaux ? J’ai déjà parlé de la 3D mais même au-delà de ça, est-ce qu’on n’est pas en train d’aller trop loin ? Les films se tournent de plus en plus sur fond vert, on nous en fout plein la vue pour masquer les trous du scénario mais… qui est encore dupe ? Ces blockbusters sont donc censés nous raconter une histoire en 2h mais échouent et il faut acheter en prime le DVD pour réellement comprendre l’histoire. Sauf que si je reprends Batman vs Superman, le film ne m’a pas vraiment passionnée, je l’ai même trouvé long donc je ne suis pas forcément motivée à l’idée d’en reprendre une lichette.

batman-vs-superman-batman-superman-warner

Les blockbusters tuent-ils le cinéma ? Oui et non. Oui parce que j’en viens à me demander pourquoi j’irais dépenser de l’argent pour un film qui ne peut pas me raconter une histoire à lui tout seul et je pense n’être pas la seule. Non parce que les cartes cinéma illimité permettront toujours à ces films d’avoir des spectateurs qui doivent être réguliers dans leur visionnage pour ne pas perdre d’argent… Tiens, faudra que j’en parle de ça, aussi. En attendant, si y en a bien un qui agonise, c’est le bon cinéma, celui qui relève le défi de faire tenir son propos dans le temps imparti sans nous obliger à revenir 3 fois pour avoir l’histoire en entier.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Birdman d’Alejandro Iñarritu

D’ordinaire, je suis la fille à lever un sourcil voire deux quand on me propose d’aller voir un film primé aux Oscars/Césars. Ces cérémonies étant plus un bal de faux culs occupés à masturber leurs voisins pour tenter de choper une statuette (ou une compression). Bon, ok, les Oscars, c’est pas les pires, j’admets. Mais là, la bande-annonce m’avait enthousiasmée et on m’avait dit que c’était un peu comme Mulholland Drive, l’un de mes films préférés. Donc avec Victor, nous voici pop corn* en main et c’est parti.

 birdman

L’histoire : Riggan Thomson, ancienne gloire hollywoodienne surtout connu pour son rôle dans Birdman, les aventures d’un super Héros à moitié oiseau. Après avoir refusé Birdman 4, Riggan tombe peu à peu dans l’oubli. Pour rebondir et gagner enfin ses galons d’acteur, il décide d’adapter au théâtre un roman de Raymond Carver. Au casting : Lesley, une actrice qui réalise enfin son rêve de jouer à Broadway, la jeune et éthérée Laura, maîtresse de Riggah et Ralph, un acteur poussif qui surjoue en permanence. Autour de Riggan gravite sa fille, Sam, sortie tout juste de sa rehab et nommée assistante de Riggan, son meilleur ami, producteur et avocat Brandon et son ex femme, Sylvia.

 michael-keaton-birdman

Alors que l’on assiste aux répétitions, un accident survient, Ralph se prend un projecteur dans la figure et va donc avoir du mal à assurer les générales qui doivent avoir lieu le lendemain. Rebondissement : Lesley propose de contacter son ami Mike Shiner, un acteur génial. Bonds de joie, tout le monde y croit. Mais Shiner va se révéler absolument ingérable et au fur et à mesure de ses fraques, l’aspect noir de Riggan ressort : une voix gutturale (qui n’est pas sans évoquer le Batman de Nolan) l’accable, essaie de le faire péter les plombs, Riggan s’adonne de plus en plus à la télékynésie. Est-il réellement Birdman ?

 Birdman_keaton

Au fur et à mesure des générales de la pièce qui se déroulent toutes mal, la colère grandissante de Riggan rythmée par une batterie de jazz incroyable nous amène petit à petit jusqu’au jour de la première, vrai climax du film.

 Birdman-5

Alors que penser de Birdman ? Je ne prétendrai pas à l’objectivité : j’ai vraiment adoré et j’ai envie de vous pousser à aller le voir. La musique est complètement incroyable, prenante. La caméra sur épaule qui suit les personnages dans un décor sombre et un peu étouffant. Le rythme est hyper enlevé, parfaitement souligné par la batterie jazz donc, tu restes collé à ton siège pendant tout le film, tu veux voir la suite, vite. Petit effet intéressant (mais je ne sais pas si c’est volontaire) : la bande annonce raconte une histoire tellement différente que tu attends un rebondissement qui ne viendra jamais, tu le comprends quand soudain, une scène apparaît et que tu réalises que ce n’est pas ce que tu croyais. La surprise est d’autant plus grande. Et agréable. Les acteurs sont impeccables, je suis d’ailleurs un peu déçue que Keaton n’ait pas obtenu l’Oscar. J’espère qu’il est bon Eddie Redmayne et qu’il n’a pas chopé la statuette juste grâce à la “prime du biopic”. J’ai bien aimé la mise en abyme d’ailleurs : Michael Keaton, le génial Batman de Burton (mon côté Burton fan girl m’oblige à dire qu’on n’a jamais fait mieux que les 2 Batman avec Keaton)

 batman-birdman

Par contre, je suis perplexe quand on me parle de Mulholland Drive. Alors oui, ok, ça parle d’acteurs et y a Naomi Watts dedans qui roule une pelle à une brune. Scène qui me semble d’ailleurs une sorte de clin d’oeil au film de Lynch. Oui, quelques scènes interrogent notre logique, jouent la carte du surréalisme, oui, on essaie de démêler le vrai du faux. Mais après, rien à voir. J’ai aussi vu des comparaisons avec Black Swan. Alors éventuellement oui sur le questionnement sur la gloire, sur l’orgueil, ce besoin maladif d’être aimé et l’envie de réussir et un personnage antinomique mais après…

 black-swan-birdman

Et puis, gros plus produit, ce film m’a fait réfléchir. Avant d’aller au cinéma, on avait discuté, avec Victor, du monde du travail, de travailler par passion ou pour gagner de l’argent en acceptant d’avaler pas mal de couleuvres pour pouvoir “se payer des vacances”. Quand Riggan cherche un nouvel acteur pour remplacer Ralph et qu’il constate que tous ses collègues sont allés se fourvoyer dans des films “franchise” qui leur permet d’avoir du succès alors que lui, qui essaie de faire une performance qui a un sens pour lui, flirte dangereusement avec l’échec.

 birdman_inarritu

Bref, en résumé : allez-y.

 

* En vrai,non, on ne mange pas de pop corn au ciné parce que vu le prix, faudrait que je crève de faim pour m’offrir des grains de maïs soufflés à prix d’or

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

L’Encyclopédie Batman de Daniel Wallace

Vous avez peut-être remarqué que je suis légèrement obsessionnelle comme fille (légèrement). En début d’année, je décide donc d’une nouvelle marotte : Batman. En fait, je me questionnais : comment avait-on pu passer à un super héros assez rigolo qui se balade fièrement en collant et slip mauve en tabassant des méchants rigolards à coup de zebaaaaaaaaaaang wizzzzzzzz, baaaaaaaaam à un super héros tellement dark que quand tu le vois débarquer, tu sais pas trop si tu dois être soulagé ou te pisser dessus alors que tu es juste une pauvre victime. Je questionnais donc Amazon pour savoir ce qu’il avait à me conseiller sur le sujet et il me répondit : L’encyclopédie Batman de Daniel Wallace. Après avoir ramé à trouver un exemplaire disponible, je recevais la sainte Bible de l’homme chauve-souris à domicile. Youpi !

batman-l-encyclopedie-comics

Alors pour éviter quelques malentendus, cette encyclopédie ne traite que de la partie Comics, il n’y a pas les films. Ni les séries télés au demeurant. Mais j’ai quand même pu répondre à ma question : les productions télévisuelles suivent finalement l’ambiance des comics. Mais reprenons.

batman-et-robin-courent

Au fur et à mesure de ma lecture, je pris donc conscience que j’y connaissais à peu près rien à Batman. Oh, évidemment, je n’étais pas sans connaître l’existence du Joker, Catwoman, le Pingouin, Poison Ivy, Mr Freeze, Double Face, et pas que grâce aux films. Je peux vous dire que j’en ai passé des après-midi à regarder le dessin animé sur Canal + (au passage, grâce à l’encyclopédie et la rediff du dessin animé sur OCS, je me suis rendue compte qu’il était très fidèle au Comics) ! Donc Poison Ivy, je connaissais avant Batman & Robin, Dieu merci. Non parce que vu le nanard total que c’était… Mais quand même, il me manquait Bane (découvert dans Batman the Dark Knight Rises très récemment mais l’Encyclopédie m’a confirmé que oui, oui, il a bien pété la colonne de Batman aussi dans le comics)(non parce que j’avais trouvé ça un peu nase dans le film), l’épouvantail, Ra’s Al Ghul (Batman begins) et Talia al Ghul. Oui parce que ça aussi, j’avais trouvé ça un peu pourri comme rebondissement dans Batman TDKR mais si, si, elle existe dans le comics. J’en ai découvert plein d’autres. Mais aussi des copains de Batman, les différents Robin (ben ouais, y a pas eu qu Dick Grayson, figurez-vous), Batgirl et Batwoman…

Batman_(TNBA)

Donc une encyclopédie très complète mais qui réussit le beau challenge de mêler portraits des personnages, études de certains éléments incontournables (Bat Cave, Batmobile, les techniques de combat…) mais aussi chronologie. En fonction des évolutions de DC Comics, Batman a été plus ou moins joyeux ou plus ou moins sombre, ce qui répond donc à ma question de “mais pourquoi on est passé de Batman rigolo à Batman fout les jetons”. De temps en temps, un tome en particulier est analysé, planches à l’appui. On découvre également son rapport avec les autres super héros, l’explication des crisis et mondes parallèles. Bref, en tant que fille qui n’y connaissait rien, j’ai appris énormément en lisant cette encyclopédie extrêmement complète et bien foutue. Donc si vous la trouvez et que vous aimez Batman, achetez là (après, je garantis pas pour ceux qui sont super bons en Batman).

Batman_Lee

Le seul truc chiant, c’est que j’ai envie d’acheter les comics maintenant et ils risquent de coûter très cher pour certains. A moins qu’ils nous les ressortent avec une traduction fantaisiste (lisez l’article lié, j’étais morte de rire sur les traductions de Spiderman).

Rendez-vous sur Hellocoton !

Marotte culturelle

T’ai-je déjà parlé, cher lecteur, de mes obsessions culturelles ? Je crois pas non… Donc si tu es un peu attentif, tu dois te douter que je te parlerai de mes obsessions culturelles. Si tu n’avais pas capté, je t’invite cordialement à te prendre un petit café.

cafe

Je me considère souvent comme une pique-assiette de la culture, je sais des tas de petites choses mais y a des sujets où j’ai de grosses, d’énormes lacunes. Voire une connaissance du sujet qui se mesure limite en négatif. Je picore, je picore et un jour, sans raison particulière, un met culturel excite mes papilles intellectuelles plus que de raison et je décide de me plonger à fond dans le sujet. Une nouvelle obsession culturelle est née.

bifteck-de-martin-provost-et-autre-nourriture-de-l-esprit

Ça peut être tout et n’importe quoi. J’ai eu ma période légendes arthuriennes (bien avant la sortie de Kaamelott), ma période Moravia, Barjavel, Extebarria, mes récurrentes envies de culture russes ou italiennes… Des fois ça passe vite, des fois ça reste assez solidement. Ce qui me permet au passage de m’adonner à l’un de mes pires vices : l’achat compulsif. Ben oui, des que je rentre dans une librairie, la carte bleue me démange, c’pas ma faute… Et encore, je ne fais plus de tour au rayon CD ou DVD, ouf !

Toulouse_-_Librairie_Ombres_Blanches

Mais j’aime bien me passionner pour un truc, fureter les rayons réels ou virtuels à la découverte d’un nouveau livre sur mon sujet du moment, regarder un film ou une série sur le sujet s’il y a… Par exemple, en 2013, j’ai deux marottes qui se dessinent :
– le surnaturel : alors origine de cette nouvelle marotte : Supernatural, justement. Ils le diffusent sur CanalPlay infinity et comme Jensen Ackles figure en bonne place sur ma liste des crushes people, je me suis fait plaisir. Force est de constater que je ne connaissais en fait pas du tout la série et je découvre alors que c’est pas juste l’histoire de deux frères bonnasses qui tuent des esprits et démons mais qu’il y a une trame un peu plus riche avec la guerre des anges, démons, tout ça. Or au tout début des années 2000, voire même un peu avant, j’étais une accro de ce genre de trucs. Je lisais des mangas avec plein d’anges dedans, j’avais lu plein de trucs sur les anges et les démons, une semi pro d’angéologie et de démonologie. Même que j’avais écrit pas moins de 3 romans avec des anges et des démons dedans. Aucun de ré exploitable en l’état je pense mais bon… Et même quand j’était plus petite, jeune ado, j’étais accro au mystique, je regardais avec passion toutes les émissions sur le surnaturel (on n’a jamais fait mieux que Mystères), lisais beaucoup sur le sujet. Là, j’ai envie de m’y remettre. Parce que finalement, étudier le surnaturel, ce n’est finalement rien de plus que de se pencher sur la mythologie puisque nos religions ont finalement repris dans l’ensemble nombres de mythes païens réadaptés à leur sauce.

Persee_Tours

– Batman. Oui voilà. Il y a quelque chose qui me fascine chez Batman : comment est-on passé d’un sympathique super héros en tenue mauve qui castagne en ziwiiiiii kaboomm plaf ! Au super héros super dark que t’as pas super envié de croiser la nuit dans la rue, même quand t’as rien à te reprocher. Et accessoirement pourquoi Bruce Wayne est un mec aussi chiant (bien que je dois avouer que j’aime assez le parti pris de Nolan de Wayne qui joue le milliardaire alcoolo connard flambeur pour mieux dissimuler son double jeu) et transparent. Du coup, j’ai commandé l’encyclopédie Batman pour en savoir plus. Et si je la trouve bien, je passerai sur Superman, d’autant que je compte bien aller voir The man of the steel, le nouveau Superman. J’ai jamais trop aimé ce Super Héros, beaucoup trop lisse à mon goût mais y a Henry Cavill dedans, un autre de mes top crushes people.

henry-cavill-superman

Ça va déjà bien m’occuper quoi. Mais vous commencez à me connaître : j’ai dans mes marottes une incroyable inconstance. Alors peut-être que demain, je vais me passionner pour autre chose, je vais peut-être me piquer d’architecture, d’histoire de la mode, de philosophie ou de développement personnel… L’avantage des marottes, c’est qu’on peut picorer à l’infini sans risque d’indigestion. Enfin pour moi parce que je sens que ma marotte telenovelas en 2012 à plus saoulé que passionné mon public. Quoi que faudra que je vous en reparle tiens. Et vous plaignez pas, ça fait longtemps que j’ai pas parlé Ab production et soap opéras !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Libre adaptation

Je suis une zappeuse, je dois l’admettre. Devant ma télé, je fais défiler les chaînes pour trouver un programme pas prise de tête. Week-end dernier, je tombe sur une série nommée Merlin et là, mon sang ne fait qu’un tour. Êtes-vous sérieux ?

Je résume un peu la série : le jeune Arthur et le jeune Merlin vivent dans le château d’Uther Pendragon avec tout un tas de personnages dont Morgane, demi-sœur d’Arthur par leur mère, Ygerne. Bon, je tique déjà sur la cohabitation entre Arthur et Pendragon, sur le jeune âge de Merlin mais bon… Et là, coup de grâce, on apprend que Morgane est la fille cachée d’Uther (donc la sœur d’Arthur et non sa demi-sœur). Hein ? Bon, ok, ça m’a saoulée, je zappe.

Il existe bien des versions où Morgane est la sœur d’Arthur mais elle devient une aide pour lui. Là, dans Merlin, elle est mauvaise et essaie de tuer Uther. Enfin bref, cette version là ne rime à rien, c’est juste une série de merde pseudo historique. Un peu comme dans Les Tudors où Anne Boleyn a les yeux bleus (elle fut réputée pour la noirceur de ces derniers) et Henri VIII reste un jeune homme svelte alors que lorsqu’il épouse Catherine Parr, il est censé être obèse… Mmmm…

Revenons à nos légendes arthuriennes et parlons d’un exemple que nous connaissons tous ou à peu près : Kaamelott. Programme court particulièrement réussi, il nous propose une autre libre interprétation des légendes arthuriennes. Cependant, on sent un travail de documentation titanesque derrière car si Alexandre Astier dessine des personnages un peu à la bourre intellectuellement parlant, le reste est très fidèle aux légendes arthuriennes. Morgane reprend sa place de demi-soeur haineuse mais, du moins dans les épisodes que j’ai vus, elle ne ressent rien pour Lancelot, contrairement à pas mal de récits de la légende arthurienne. Astier choisit l’interprétation romaine des légendes arthuriennes (Arthur est un préfet romain détaché en Bretagne de par ses origines bretonnes) et enrichit son univers de détails de civilisations celto-romaine. Jusqu’au livre VI qui se passe pour la quasi totalité à Rome. Seule liberté : les personnages de Karadoc et son épouse Melanwi, celle par qui la déchéance de Camelot. Astier semble se débarrasser de Mordred, fils incestueux d’Arthur et Morgane qui tue son père. Le vrai méchant, c’est Lancelot sous l’influence de Meleagant souvent présenté comme son double maléfique dans les légendes arthuriennes.

Bref, peu importe, je fais pas une analyse de texte de Kaamelot. La question sous-jacente, c’est « pourquoi Merlin m’a énervée » alors qu’on parle d’une légende et non d’un fait historique avéré comme Les Tudors, par exemple ? Peut-être parce qu’en un demi-épisode vu, je n’ai tellement pas reconnu la légende arthurienne que ça m’a gonflée. Après tout, des histoires de Rois, de magiciens et de femmes manipulatrices et malsaines, on peut en écrire sans les appeler Arthur, Merlin et Morgane… Parce qu’au fond, c’est là le plus agaçant : cette utilisation d’une « franchise » qui marche. Un peu comme Batman, Superman et autres super héros, Sherlock Holmes… Mais un nom connu ne fait pas toujours une bonne série…

Enfin, tout ça m’a donné envie de me repencher sur la question… Quand j’aurai lu la douzaine de livres que j’ai en réserve, quoi.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le vendredi 13 porte-t-il bonheur ou malheur ?

(version audio en fin d’article)

Le vendredi 13, c’est un jour béni pour la Française des jeux, on vous dit que c’est un jour de chance et que tout ira bien, youpi. Alors j’ai décidé de vous présenter mon vendredi 13 pour voir si c’est vrai ou pas. Mais avant, je dois poser plein de trucs.

 

Vendredi dernier, 6 avril, c’était mon anniversaire, donc. Me voilà âgée de 27 ans. C’est con comme un simple changement de chiffres modifie la perception que vous avez de vous et de votre vie, je vous jure. A 26 ans, j’étais une loseuse, à 27, une battante. J’attendais une réponse pour un boulot qui me plaisait énormément mais je pense qu’il y avait un souci dès le départ : où je me sous-estime ou les messieurs qui m’ont convoquée me surestiment. Disons que le boulot était peut-être un peu trop élevé pour une débutante. On me l’aurait donné, j’aurais assumé sans trembler mais c’est vrai que c’est trop beau pour commencer avec des responsabilités, des gens à gérer, tout ça. En gros, je commençais direct vers le haut de l’échelle. Vendredi, donc, le téléphone sonne, sonne, sonne puisque tout le monde me souhaite mon anniversaire, je vais mourir d’angoisse ! 12h : « bonjour, Mme d’une mairie loinloin, vous voulez venir jeudi pour un entretien ? » ben oui madame ! 14h, mail : « Bonjour, monsieur d’une agence de comm, vous voulez venir jeudi pour un entretien ? » Ben oui monsieur ! Donc voilà, jeudi, grosse journée en perspective.

 

Ma journée de jeudi. Partie à 10h de chez moi, je prends le train puis le métro jusqu’à Vaugirard, dans le 15e. L’entretien se déroule comme dans un rêve, le genre d’entretiens que j’adore où on devient super potes avec le recruteur, je suis à l’aise, lui aussi, tout va bien. Du coup, mon sourire est spontané et j’oublie mes cheveux oranges. Puis j’ai mis le joli sautoir de ma mamie. Il me demande de lui rendre un rédactionnel, je lui précise que je dois aller à un autre entretien donc j’ai jusqu’au lendemain matin. Ok ! Réponse ? Le lendemain, le vendredi 13, donc. De là, je pars jusqu’à Montparnasse où je mange en lisant le Nouvel Obs, histoire de me la jouer intello à deux balles. 13h, je repars prendre le RER à Châtelet. Arrivée à Nanterre, je me rends compte que j’ai pas un billet pour aller jusqu’à Cergy donc je descends vite acheter un nouveau billet. 8 euros l’expédition en zone 5, youpi. Arrivée à Cergy, terminus, le bus part sous mon nez donc 20 mn d’attente, je vais boire un coca. C’est bon, j’ai encore le temps. Je prends finalement le bus (hop, encore quelques sous de moins) et 6 minutes plus tard, me voilà devant une mairie toute neuve qui sent encore la peinture du Val d’Oise. C’est mignon ce coin du Val d’Oise, ça fait très campagne. Je serais pétée de tune, j’achèterais bien une petite maison dans le coin pour des week-end semi campagnards (mais je suis pas du tout pétée de tune). Bon, l’entretien commence avec 45 mn de retard, je poireaute dans un bureau avec mon Nouvel Obs. Là, un couple de djeuns arrivent dans le bureau pour voir l’employée qui y était, la maman de la fille, et ils viennent me taper la bise. Je suis un peu étonnée mais bien amusée par cette scène. Bon entretien on ne peut plus classique avec deux femmes à base de « vos qualités, vos défauts ». J’ai un rédactionnel à faire pour mardi, réponse le 23.

Donc revenons au vendredi 13. Je devais donc avoir une réponse pour l’entretien de la veille, celui du matin. Je me lève pour envoyer mon rédactionnel et on croise les doigts. Ce jour-là, j’avais trois rendez-vous de programmés : 14h, Summer, 16h30 Lola et en début de soirée, l’asso pour être payée (enfiiiiiiiiiiin). 10h, texto de Summer « j’ai un dégât des eaux chez moi, on se voit pas ». Bon, le vendredi 13, c’est la lose. Je finis mon rédactionnel et je l’envoie. Je devais écrire un article expliquant les flux RSS (mais simplement, hein) et imaginer une animation pour un site pour ado. Au début, je voulais faire un truc sur les présidentielles genre « si tu étais président, tu ferais quoi ? » mais trop casse gueule. Ado, on a souvent les idées politiques de ses parents et ça aurait pu vite partir aux disputes en comm et autres donc à éviter. Ma sœur me fait parvenir la newsletter des 0-25 ans qui identifient les tendances. J’aperçois un truc sur Levi’s. Levi’s -> fringues. Crée tes propres fringues ? Fringues -> déguisement. Déguises-toi et montre nous ça ? Plus trop d’actu… Déguisement -> super héros. Evidemment, bingo ! Entre la sortie de Spiderman 3 et l’arrivée imminente d’Heroes sur TF1, c’est dans l’air du temps. Ok, je fais mes trucs et j’envoie. Maintenant, j’attends.

Ma sœur passe sa journée à me mailer/appeler/MSNer car elle a oublié son portable. D’habitude, elle est plus zen. 15h et des brouettes, téléphone, c’est le président de l’asso : « ouais ben désolée, pfff, pfff, on peut pas se voir ce soir, pfff, pfff, j’ai un dégât des eaux, pfff, pfff, je te laisse, pfff, je te rappelle ! ». Alors on résume : 2 des 3 personnes que je dois voir ont une fuite d’eau donc :

– je porte la poisse
– c’est le vendredi 13 qu’est pourri

– c’est une excuse à la mode (enfin, je dis pas ça pour Summer car elle n’avait pas de raison de pas me voir, heing !).

16h30, je retrouve Lola qui n’a pas eu de fuite d’eau. On discute, ma sœur appelle (encore), on discute, téléphone sonne, un numéro bizarre genre 3577.

« Allo ?

Oui, Nina, c’est Claude (le recruteur du jeudi matin). Bon, j’ai une bonne nouvelle pour vous. C’est bon, vous êtes prise. Tu commences lundi ? »

Là, je me sens toute bizarre, je le raconterai plus tard car cet article est déjà long, ce qu’est la sensation de passer de chômeuse à travailleuse.

Alors voilà, lundi à 9h, je commence ma vie « d’animatrice de communauté » et en CDI, s’il vous plaît ! C’est un boulot très intéressant où il faut des qualités rédactionnelles puisqu’il y a de l’écrit mais faut aussi avoir des idées pour animer des communautés, mettre en place des concours, animations, organiser des chats et communiquer autour de tout ça. Bref, beaucoup de choses. Je bosserai pour une agence de comm qui travaille pour un opérateur qui a la même couleur que mes cheveux. Du coup, forcément, la vie de ce blog risque d’en pâtir, je sais pas encore à quel niveau. Je pense que l’article quotidien sera encore gérable mais bon, je répondrai plus aux comms aussi souvent. Mais je continuerai d’y répondre, promis.

Donc réponse : le vendredi 13, il porte chance qu’à moi mais de façon complètement égoïste, je suis ravie, ravie, ravie.


(article dédié à E. puisque c’est elle qui m’avait fait parvenir l’annonce pour cet emploi)

Rendez-vous sur Hellocoton !