Je suis pas féministe mais…

“Moi, je suis pas féministes mais…” donc si, tu l’es. Je sais pas si vous avez remarqué le nombre de phrases commençant par “je suis pas [insérez truc plutôt honteux] mais…” et le reste de la phrase vient précisément démentir cette affirmation. Mais… attendez, en général, on dit ça de quelque chose d’assez honteux genre “je suis pas homophobe” ou “je suis pas raciste” mais alors pourquoi on dit ça du féminisme ? Facile ! Parce que les medias (et les gros machos de merde et leur humour oppressif) nous en donnent une image déplorable.

Ah oui, les Femen, l'exemple adoré de tous ceux qui vomissent les féministes et qui jouent l'amalgame à fond

Ah oui, les Femen, l’exemple adoré de tous ceux qui vomissent les féministes et qui jouent l’amalgame à fond

Alors souvent, ce “rejet” du féminisme n’est pas tant une dépréciation de ce combat mais la volonté de finalement donner plus de poids à son propos. Un peu un “moi, je suis citoyenne neutre et je trouve que ça, ça pose problème”. Je peux comprendre cette posture parce que si tu arrives en tant que féministe sur un débat, le contradicteur va te disqualifier de suite parce que “t’es pas objective” (alors que lui, oui, forcément). Le fait que mon féminisme ait pu m’apporter la réflexion,le recul, les références sur certains sujets (non, je n’entre pas dans une discussion comme un chien dans un jeu de quilles juste pour dire “hé non, je suis pas d’accord parce que je suis féministe, d’abord!”), apparemment, ça ne compte pas parce que je ne suis pas objective. Pourtant, y a-t-il besoin d’être objective pour noter que la situation de la femme en France s’aggrave de jour en jour ? Qu’on peut difficilement sortir dans la rue sans se ramasser le relou dragueur de service et qu’en plus, si on ose s’en plaindre, on est des connasses et on doit essuyer des litres de male tears sur le fait qu’on n’est pas gentilles parce que tu comprends, la drague dans la rue, c’est pas facile (sans doute parce que 9 fois 10, ça nous saoule, on ne vous a rien demandé, foutez-nous la paix). Est-ce mon féminisme qui tue dans une relative indifférence une femme tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Est-ce mon féminisme qui me fait lire ou entendre que les journalistes, dégoulinants de paternalisme, se réfèrent aux femmes par leur prénom, couleur de cheveux voire carrément compagnon… ?  Mais non, je suis pas objective, merci de sortir du ring.

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Mais il reste cette douloureuse impression que le terme “féministe” est mal perçu. Alors regardons un peu mon parcours féministe. Plus jeune, jusqu’à mes débuts par ici, d’ailleurs, je me définissais comme préoccupée par l’égalité homme-femme mais “surtout pas féministe, hein, je suis pas Isabelle Alonso !”. Alors pour les plus jeunes d’entre nous, Isabelle Alonso passait pas mal de temps à l’époque à squatter le plateau de Ruquier, certainement pour l’émission “On a tout essayé” mais j’ai un doute vu que j’ai jamais pu supporter Ruquier (je déteste les gens qui rient de leurs propres blagues et qui débordent de fierté et de suffisance. Même si à ce niveau là, reconnaissons que notre ami Laurent n’arrivera jamais aux chevilles des égotiques suprêmes Ardisson ou Hanouna, dans des styles très différents pour le coup). Et donc je détestais cette brave Isabelle parce que… et bien dix ans plus tard, je suis plus bien sûre. Je me souviens d’une chronique de Guy Carlier qui se moquait de ce féminisme de salon qui se bat pour des clopinettes car les vrais combats sont ailleurs. Oui, je n’avais pas bien notion du mansplaining à l’époque. Et puis y avait ce combat contre une pub Fleurette “oh ça va, c’est bon, c’est de l’humour”, haussais-je les épaules, ignorant le concept même d’humour oppressif. Bref, j’étais au degré zéro du recul et de la réflexion. Les medias me disaient que les féministes étaient des hystériques s’agitant sur des combats “moins importants que le viol ou la violence conjugale”, je les croyais. Féministe, moi ? Ah non, pas du tout !

Déclaration de la demoiselle “Féminisme. Je déteste ce mot parce que ça ne devrait même plus exister. Nous sommes tous égaux, alors pourquoi est qu’il y a un débat sur le sujet ?”  Je me frappe le front...

Déclaration de la demoiselle “Féminisme. Je déteste ce mot parce que ça ne devrait même plus exister. Nous sommes tous égaux, alors pourquoi est qu’il y a un débat sur le sujet ?” Je me frappe le front…

Puis j’ai eu ma période “égalitariste”. Je n’étais pas féministe mais égalitariste parce que je voulais l’égalité entre humains quelque soit leur sexe ou couleur ou origine sociale. Je le suis toujours, hein, sauf que j’ai compris un élément essentiel : pour arriver à une égalité entre les sexes, le rattrapage ne peut se faire que du côté des femmes vu que les hommes sont dominants et que l’égalité ne peut se faire en renonçant à certaines choses mais bien en donnant à tout le monde la même chose. Donc féminisme (pardon pour cette explication horriblement bâclée). Et lutter pour le droit des femmes, c’est aussi bénéfique pour les hommes en les débarrassant du poids du patriarcat qui rend par exemple difficilement envisageable en 2016 qu’un homme puisse prendre un congé parental pour élever son petit. Bref, petit à petit, en lisant la prose de féministes, en comprenant qu’il ne s’agissait pas d’un bloc parlant d’une même voix et que j’avais tout à fait le droit de me dire féministe et de ne pas cautionner tout ce qui sort de la bouche d’une féministe. Alors, oui, ok, je suis féministe. Malgré mon fard sur les yeux, le noir sous mes yeux, ma traque (ok très relative) du poil et ma liste un peu longue de personnes ayant mélangé leur corps nu au mien.

Original Film Title: ANATOMIE DE L'ENFER. English Title: ANATOMY OF HELL. Film Director: CATHERINE BREILLAT. Year: 2004. Stars: AMIRA CASAR; ROCCO SIFFREDI.

Sans doute qu’on ne naît pas féministe mais qu’on le devient (une référence subtile vient de se glisser ici), c’est une démarche, une réflexion. Et le premier pas, c’est de détricoter l’image négative de celles qui lèvent le poing encore aujourd’hui pour défendre le droit des femmes. Parce qu’en 2016, ça va vraiment pas mieux. Allez ma soeur, n’aies plus peur et ouvre les yeux. Ah, par contre, je te préviens, une fois que tu découvres les mécanismes parfaitement huilés du patriarcat, le monde devient un endroit bien laid. Mais à nous de relever le gant pour en faire quelque chose de mieux. 

 

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Je hais la télé

Voilà, c’est dit. Depuis quelques temps, je sens monter en moi cette bile acide dès que je vois le gigantesque écran noir posé dans un salon balançant ses images stroboscopiques et crachant un son agressif. A partir de là, tu sais que les conversations seront hâchées, que ton interlocuteur aura régulièrement le regard attiré par la machine diabolique comme un papillon virevoltant autour de la flamme.
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A priori, je n’ai rien contre la télé. Je considère que chaque média est ce qu’on en fait et que si la télé est potentiellement plus abêtissante que la lecture d’un livre ou d’un magazine ou de l’écoute de la radio, je pense quand même qu’un documentaire bien foutu vous apprendra toujours plus de choses que la lecture de Pif magazine. Je regarde moi-même la télé, surtout quand je suis seule. Je me couche à pas d’heure car je voulais savoir qui était le tueur dans New York police machin (toutes les versions, oui, mais je regarde pas les Experts alors ça va), mes week-ends, je suis ravie de glander devant les téléfilms diffusés par D8 (remercions les). Je suis incollable sur les Mystères de l’amour, j’ai vu tous les épisodes de Game of thrones (en fait non, il me manque la fin de la saison 3), des Tudors, Mayday danger dans le ciel… Beaucoup de séries, quelques téléfilms, peu de reportages et plus du tout d’émissions mettant en scène des abrutis jetés en patûre aux téléspectateurs pour qu’on se moque un bon coup. Oui c’est censé me rassurer sur mon moi profond, me dire qu’il y a pire ailleurs mais franchement, ça réussit juste à me mettre très mal à l’aise…
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Mais si je regarde la télé, je la regarde seule. Dès que j’ai un individu dans mes parages, soit elle est allumée car on regarde quelque chose de précis, soit elle est éteinte et je mets une petite playlist ambiance (très largement repompée sur les compils de Béatrice Ardisson mais j’assume). Mais je ne supporte plus la télé allumée « en ambiance » car elle capte quand même l’attention et ça donne à peu près ça :
« Oui alors, tu vois, elle me dit ça et je lui réponds ça.
– (blanc de quelques secondes, l’autre a le regard fixé sur la télé) Ah oui, ok.
– Quelqu’un reveut du gratin ?
– (blanc) Oui, moi ! »
On ne s’écoute plus, on ne se regarde plus et on se met à crier car le son de la télé nous l’impose. Et le pire, c’est que j’observe ça partout, la télé est quasi toujours allumée, souvent sur des clips pour la musique mais ça pète tout autant l’ambiance.
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Les clips, parlons en. J’ai été torturée cet été par ma soeur qui allume toutes les télés qu’elle croise pour nous imposer des clips de merde parce que, paraît-il, Saturnin aime bien la musique. Alors d’abord, Saturnin aime la musique comme tous les bébés mais dans les faits, la télé allumée, il bloque comme nous mais s’il trouve un jeu, il n’en a plus rien à foutre. Et voici comme cet été, je me suis retrouvée pendant 3 putains de jours avec l’horrible « Sur ma route » de BlackM dans la tête ou une autre fois avec « Bang Bang » de David Guetta. Pardon mais j’ai rien fait pour mériter ça.
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Autre point qui me fait détester la télé : les infos. A la base, j’ai rien contre les infos à la télé sauf qu’entre les chaînes infos qui font des reportages plus vides que mon compte en banque actuellement (c’est à dire qu’on se rapproche des trous de la Sibérie, là) et les reportages très orientés ne faisant même plus l’effort de faire semblant d’être objectifs, je préfère chercher par moi même les informations et tenter de démêler le vrai du faux (un peu utopique, je sais). Le souci majeur, c’est que dans ces reportages, on aime bricoler un ennemi, cet autre sans foi ni loi qui a pour caractéristique de parler avec un drôle d’accent, qui porte casquette et pantalon informe et s’il peut être basané, ce sera plus facile pour bien qu’on comprenne qu’il est méchant. Et là, voilà que j’ai droit aux commentaires racistes de ma mère. Ca me rend folle, je supporte plus. Dès qu’on donne la parole à un Arabe, c’est parti « Ah putain, faut toujours qu’ils donnent la parole aux Bougnes, c’est pas possible ça ! ». Je n’ai jamais étudié la couleur des mecs interrogés en micro-trottoir mais je doute que nous ayons une majorité d’Arabes, hein.
micro-trottoir
Alors, j’ai un rêve : celui qu’on éteigne nos télés dès qu’on est en communauté parce que, bordel, moi, je préfère causer de ma vie, de la vie des autres, plutôt que d’écouter les JT nous dire que la France a peur, voir des débiles s’humilier pour quelques euros, des personnes s’agiter sur des musiques formatées en faisant du playback. Au moins, l’avantage du livre, c’est qu’on peut tous lire dans la même pièce sans nuire à la liberté individuelle de l’autre.

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Sea, salt and sun

Des fois, je me défonce tellement violemment sur mes titres, j’aurais dû postuler à Libé. Ou à Voici, je sais pas…

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La semaine dernière, j’ai pris mon petit sac à dos, destination l’Ile de Ré pour une semaine de thalasso en famille. J’étais vierge niveau thalasso, je vous raconterai ça demain (ou un autre jour). Là, je vais faire un petit point vacances. Non parce que si j’étais pas partie entre septembre et mai (mais qu’a-t-il pu arriver en septembre et mai, lalala), je me rattrape depuis ! Égypte, Lyon, Marseille et là, Île de Ré. C’est foufou ! En famille disais-je, nous avons donc papa, maman, Alice ma sœur, Anthony son mari et surtout le plus beau, le plus gniiiiiiiii, mon neveu adoré. Je vous raconte pas le shoot d’ocytocine que je me suis pris cette semaine, cet enfant est tellement adorable et mignon et beau… Je dis ça en toute objectivité bien sûr. Mais je digresse, revenons à l’Ile de Ré.

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La dernière fois que je suis venue, j’avais environ 16 ans, je crois donc mes souvenirs étaient légèrement brumeux et pas super bons vu qu’on avait fait 34 km en vélo donc un petit paquet face au vent et le sport et moi, à l’époque, on se côtoyait pas trop (sport pratiqué par ma personne à ce moment là de l’histoire : tir à l’arc. Ça situe). Là, j’étais sûre qu’on ferait pas de vélo vu qu’on a le pitchou donc j’étais venue confiante. Et j’avoue que j’aime l’océan. Même si je comprends pas bien les marées (enfin, si, je comprends mais je sais jamais dans quel sens elle va, là, de suite) et que des fois, la marée basse, ça pue. On a ainsi fait une virée à St. Martin en Ré en mode « respire par la bouche ». Mais c’est beau, les paysages : la campagne verte, les fleurs sauvages, l’odeur de sel et de mer, la brise, l’iode en permanence. Pour une Méditerranéenne depuis l’enfance, l’océan a le charme de l’inconnu. J’aime les balades en bord de mer avec la brise parfumée qui te fouette, les roses trémières à foison, les coquelicots, les couleurs chatoyantes. Et le gris, le vert, le bleu, le sable. C’est étrange comme la monochromie de la mer et du ciel (merci la météo pas au top) peut contrastée avec les champs envahis de coquelicots, de fleurs mauves et jaunes.

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Niveau météo, ça n’a pas été la fête mais bon, comme disait ma sœur, on a évité la tempête tropicale puis c’était pas si gênant. On ne s’est certes pas baignés (alors que l’an dernier, je m’étais offert un bain à Hendaye à la même époque et en deux pièces s’il vous plaît) mais on a pu se promener. On a fait le classique : Saint Martin en Ré (dont une fois avec une très forte odeur), La flotte (ma préférée), Ars en Ré et le phare de la Baleine. On n’a pas trop fait les marais salants ou les plages mais bon, on était là pur se reposer avant tout. Et manger des fruits de mer. Huîtres, palourdes, crevettes, langoustines, bulots, bigorneaux, crabes… Je suis tellement iodée que je dois briller dans le noir. Mais quel délice ! Un peu de pineau, chardonnay et trousse chemise également, faut bien faire glisser…

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Mais parlons de l’essentiel, le sel de ses vacances : mon neveu. Je vous en parle peu mais je suis tellement tatie Gaga que je suis aussi chiante que si c’était le mien, je montre ses photos à mes copines, j’annule des soirées pour le garder, j’en suis folle. C’est pas ma faute, c’est le plus beau du monde, c’est le petit chouchou de la nounou, il sourit à tout le monde et il est beau, voilà. J’ai appris à m’en occuper et ma mère me trouve incroyablement douée, surtout pour une fille assez indifférente aux enfants. Mais bon, c’est pas un enfant, c’est mon neveu… Grosse semaine pour le pitchou : premier bain en piscine, premier petits pieds dans l’océan, premières grandes vacances. Du coup, cette semaine, il a acquis plein de choses : il marche désormais à 4 pattes, il s’assied tout seul, il maîtrise à la perfection le « prfffff prfffff » (et crache donc sur tout le monde) et les cris suraigus. Ce qui donne quand il rigole « hiiiiiii prfffff prfffff », quand il joue « hiiiiiiii prffffff prfffffff » et quand il pleure « hiiiii prfffff prfffff » (il sait pas pleurer). Bref, grosse semaine pour le bébé le plus merveilleux du monde qui semble souffrir comme sa tante de légers problèmes de sommeil vu qu’il a assez peu dormi pendant ces vacances. L’excitation.

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Bref des vacances parfaites. J’en aurais bien repris une louchette vu que cette semaine, je suis pas en vacances mais en arrêt maladie pour cause de… Opération du genou. Le retour... Mais rassurez-vous : on m’enlève juste les vis. Bon, je serai pas au top de ma séduction avec les points que ça va ma rajouter mais vu que ma jambe gauche est toujours défigurée par la blessure que je me suis faite en janvier dans le métro, je suis plus à ça près. Par contre, j’espère ne pas boiter !

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Obama we will always love you

Faire un titre reprenant une chanson de Withney Houston presque un an après sa mort, j’ai toujours la palme de la réactivité.

Hier, nous nous sommes tous levés en faisant des galipettes de joie : oueeeeeeeee, Obama est réélu, le monde libre respire. Perso, la nouvelle ne m’a pas vraiment fait l’effet d’une bombe, je n’ai jamais douté de l’issue de ces élections. Je reste sur la sensation que le suspense électoral n’était qu’un scénario concocté par nos amis des médias américains histoire d’épicer un peu tout ça.

Et justement, à propos de médias, ce que je trouve merveilleux dans cette élection, c’est la fabrique du méchant de l’histoire de Mitt Romney. Du moins en France, je n’ai malheureusement pas le temps de faire une étude comparée de la couverture journalistique des élections américaines dans les autres pays (et c’est bien dommage, ce doit être super intéressant). Donc en France, on se passe d’objectivité et on y va à fond pour Obama et contre Romney. D’un côté, un homme élégant, poli, raffiné, cool et noir (on ne se lassera jamais de nous le rappeler), prix Nobel de la paix. De l’autre un Mormon complètement crétin qui veut ouvrir la fenêtre d’un avion parce qu’il a chaud. Au passage, je veux bien son avion parce que moi, j’ai toujours froid là-dedans. En plus, c’est un Républicain comme ce fils de Satan qu’est Bush, imagine le dégénéré total, quoi.

L’affiche est posée, ce sera Super Obama vs Evil Mitt. Parler du fond ? Non mais attendez, les gens, ça les intéresse pas le fond surtout qu’on s’en fout bien, on ne connaît pas grand chose en politique américaine, on se base juste sur la présentation. La politique spectacle, on appelle ça et force est de constater que c’est aussi efficace qu’un blockbuster. On a peur pour Super Obama, il se prend des coups, le Méchant lui fait des sales coups, le ratatine un peu au premier débat, histoire de faire un bon scénario. Jusqu’à l’affrontement final, on retient notre souffle, qui triomphera ? Les Français aiment voir en Obama une sorte d’humaniste éclairé qui sauvera le monde du mortel sable mouvant dans lequel il est en train de s’enfoncer. On repart en pleine Obamania. Oui, oui, c’est bien mais qui peut me dire ce qu’Obama a changé en 4 ans ? L’Irak ? L’Afghanistan ? Guantanamo ? L’économie américaine ? Il y a 4 ans, j’avais déjà souligné qu’on s’emballait un peu promptement. Oh mon Dieu, la vie m’a légèrement donné raison… Mais la machine médiatique a fait oublier tout ça et nous a refait avaler cette belle histoire de sauveur de l’humanité. Et ça marche. Un peu comme Matrix 3, en fait : le 2 était une merde mais pas mal de gens sont allés voir le 3 en espérant un finish incroyable… Bah non.

Alors oui, entre un Démocrate et un Républicain, je respirerai toujours mieux avec le premier mais le monde n’a pas changé… Ni aujourd’hui, ni demain, ni dans un mois ou dans un an. En attendant, si les Français pouvaient autant se passionner dans leur pays que chez les voisins, ce serait teeeeeellement mieux…

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La femme derrière l’homme

Ca fait un petit moment que je voulais écrire cet article, je perds un peu la fraîcheur de l’actualité mais vu qu’il s’agit d’un sujet intemporel, poursuivons. Je voulais parler d’Audrey Pulvar. Oui, la journaliste compagne d’Arnaud Montebourg. Ce point est à retenir car c’est précisément de ça dont je veux parler et plus généralement “la femme est-elle forcément l’alliée politique de son homme ?”. Vous avez 4 heures.

Les connivences sexualo-amoureuses entre journalistes et politiques ne datent pas d’hier, je citerai trois cas célèbres me revenant en mémoire : Anne Sinclair, Béatrice Schönberg et Christine Ockrent. Les deux premières ont dû sacrifier plus ou moins leur carrière par amour, la dernière non. Lorsque Schönberg était présentatrice du JT de France 2, elle a dû céder sa place car on criait au conflit d’intérêt. Quand je dis on, je devrais dire Arnaud Montebourg. Arnaud lui même compagnon d’Audrey Pulvar qui a vu son émission politique radio sauter parce que bon, son mec se présente aux primaires socialistes et qu’il y a conflit d’intérêt. On appelle ça communément un retour de bâton mais peu importe.

Résumons donc un peu la situation telle que je la comprends : toi femme, toi amoureuse, toi avoir abandonné tes propres opinions et libre arbitre. Toi forcément voter pour ton compagnon, toi forcément faire sa promotion. Et de l’autre côté, le spectateur, con comme un balai, va avaler tout ce que tu lui racontes et Montebourg deviendra Président. Ah non… Bon, là, j’ai un peu mal à la tête. Reprenons les choses dans l’ordre :

– avant d’être femme de, une journaliste peut être professionnelle. Et comme tout journaliste, quel que soit son sexe, elle a des opinions préexistentes. Voyez quand j’ai fait des études de journalisme, j’ai pas appris à ne plus avoir d’avis de rien pour être objective. L’objectivité n’existe pas les enfants, c’est un fait. D’ailleurs, on choisit souvent son journal (papier, web ou tv) en fonction de ses affinités. Un pur libéral n’ira pas s’abonner à L’Huma tout comme Philippe Poutou ne s’abonnera sans doute pas au Figaro. Sauf s’ils n’ont que ça à faire de lire la presse mais pour ma part, ce n’est pas mon cas donc j’irai naturellement plus vers des journaux dans ma mouvance politique. Puis j’ai essayé de lire le Figaro Magazine durant ma convalescence l’été dernier, ça a fini par trop m’énerver (j’aime monter sur mes grands chevaux).

– un journal télé est quand même réalisé par une équipe, le présentateur ou la présentatrice n’en est que la représentation visible. Je crois pas qu’Audrey puisse arriver dans une rédaction et dire “bon, on ne parle plus que d’Arnauchounet et de son programme que je trouve forcément parfait parce que je suis sa compagne donc j’ai foutu mes opinions et ma personnalité à la poubelle”.

– si les gens votent pour un homme politique parce qu’ils en apprécient la compagne, la priver d’émissions politiques ne changera rien. Un con reste un con, j’ai envie de dire. Puis je sais pas mais apprécier une personne ne veut pas dire qu’on en apprécie le compagnon ou la compagne.

– Quand est-ce qu’Audrey parle d’Arnaud ? Quand on lui pose des questions dessus. Donc niveau propagande, c’est léger.

Alors revenons sur cette histoire de conflit d’intérêt. Oui même si elle est très professionnelle et qu’elle peut avoir des opinions différentes de celle de son compagnon, c’est dur de faire le distingo entre vie privée et vie professionnelle, non ? Heu bah ça dépend pour qui, Audrey n’avait pas demandé à cesser ses activités de journaliste politique donc je suppose qu’elle arrivait à faire la part des choses. Et puis si le journaliste impliqué dans un couple politico-journalistique était un homme, se poserait-on la même question ? Et quid des journalistes politiquement engagés ? Devrait-on les interdire d’écrire des articles politiques sous prétexte qu’il y a également conflit d’intérêt. Non parce qu’une Audrey qui ne met pas sa vie privée en avant et un journaliste militant, finalement, je me demande lequel est le moins objectif. On s’indigne que mollement qu’un patron d’un grand groupe de presse invite sur son bateau le nouveau président de la République mais une femme qui fréquente un politique n’a plus le droit d’exercer dans ce domaine ? Bah tiens.

Mais c’est bien connu, les femmes épousent forcément la cause de leur homme. Comme Cécilia Sarkozy qui est allée voter pour son mari au 2e tour des présidentielles 2007… Oh wait…

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Je m’en foot plus du tout

Dans la vie, on change, on évolue. Par exemple, depuis que j’ai 30 ans, je prends des couleurs dès que je fais coucou au soleil, révolution. Mais surtout, depuis que j’ai 30 ans… Je regarde le foot. Un peu. Mais quand même, quelle évolution depuis le dernier Mondial.

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Bon, ok, mon soudain intérêt pour le foot est malsain, un besoin glauque de mater l’agonie en direct, celle de pas mal de bouffons surpayés et de leurs compagnons d’infortune. Celle d’un entraîneur qui préfère répondre aux questions sur les mauvaises performances de son équipe par un « ah, vous aimez le sang, vous, les journalistes ! » Ce en quoi il n’a pas tort, Aimé Jacquet est passé de paria à héros national en un Mondial. Domenech restera le sourcilleux qui demande sa fiancée en épousailles pour ne pas parler de la mauvaise performance des Bleus à l’Euro et qui ne serre pas la main de son adversaire parce qu’il a dit du mal de son équipe. Comme tout le monde…

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Alors on s’agite, on titre et surtitre sur les insultes d’Anelka, la taupe, Evra qui s’engueule avec un préparateur physique, la grève des joueurs, le jeu individuel de ce qu’on ne peut plus appeler une équipe. On saupoudre ça de propos limite racistes sur les clans de couleur, on déifie le petit Gourcuff qui est mignon, poli mais esseulé (et blanc). Bref, la France black blanc beur, on a bien zappé. Tout comme la réforme des retraites…

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Et pourtant, j’ai zieuté France Afrique du sud et de mon plein gré en plus. Et là, je me suis éclatée. Non à cause de la débâcle française mais grâce aux commentateurs. J’avais mon amour inconditionnel de ces professionnels de l’emphase, de la dramatisation, du parisianisme mais surtout, surtout, du retournage de veste. Parce que mardi, Larqué aurait mérité la médaille d’or olympique de la discipline. Quand il a vu les performances de son équipe, il a commencé à saluer les performances du goal Joseph et des joueurs dont Tshabalala (oui, j’ai retenu son nom parce que je le trouve magique), Pinard (pourquoi il joue pas en France, lui ?), Kiabi et je sais plus qui. A la fin, son léchage de cul pro-Bafana Bafana en devient limite gênant surtout qu’il fayote auprès d’Arsène Wenger qui aurait acheté un joueur Sud-Africain genre « mais quel bel achat Arsène, huhuhu ». En même temps, il tire à boulets rouges sur l’équipe de France qui est indigne de nous représenter et je ne sais plus quoi. Des fois, je me dis que je devrais enregistrer les commentateurs sportifs pour en faire une analyse de texte. Car Larqué a réagi en la matière comme le Français lambda, déçu de son équipe. Ce qui est à la limite légitime, on a vraiment été ridicule (mais faudrait pas oublier qu’il y a bien plus dramatique dans la vie…) mais quand même, il me semble qu’en temps que professionnel, le commentateur sportif se doit d’être objectif. Je sais, ahahah.

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Bref, je pourrais me désoler de la débâcle, mais en fait, je m’en fous. Il y a des défaites qui font du bien, je pense que si on pouvait dégonfler quelques chevilles (pas pratique pour courir) et quelques salaires, on ne s’en porterait que mieux mais au fond, peu importe. Je ne commenterai pas le racisme latent de toute cette histoire et le plaisir manifeste qu’ont certains à souligner que l’équipe est trop noire et que Gourcuff, il est mis de côté car il est blanc. Notons au passage que le principal anti-Gourcuff serait Ribéry, un mec très noir, donc. Bref, je préfère ne pas aborder ce chapitre là, hautement casse-gueule même si ça ne me laisse pas indifférente. Non moi, je ne garde que ce qui m’intéresse : les commentateurs sportifs. Rien que pour ça, j’ai envie de continuer à regarder, à noter toutes les preuves manifestes de subjectivité, les retournements de veste en triple lutz piqué, la mauvaise foi, tout
ça…

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(c) Guillaume de Trimtab, un gars qu’il est bien

Dans une prochaine vie, faudra que je sois commentateur sportif

Pour rigoler, une vidéo qui m’a bien fait rire.

Football Story (Parodie) – Les Missionnaires TV
envoyé par ltvprod. – Regardez plus de vidéos comiques.

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LA JALOUSIE… « tout le malheur de ce qu’on aime »

Par Diane

Lequel d’entre nous, devant un de ses proches en pleine crise de jalousie (petit coup d’oeil discret dans les mails/teléphone de l’autre, inspection des poches, de relevé de carte de crédit, énorme engueulade parce que l’autre a souri à une personne de l’autre sexe etc…), n’a pas regardé ladite personne d’un oeil circonspect tout en se disant que, franchement, c’est un peu n’importe quoi et totalement déraisonnable, tout ça. Et puis un jour, alors que l’on est dans ce genre de situation où nos sentiments ont tendance à prendre le pas sur notre raison (=amoureux), une menace potentielle s’approche de celui qui fait palir le jour et notre coeur avec, notre bien aimé personnel rien qu’à nous, celui qu’on est avec celui qui est notre mec (wo ou ooo), et l’on sent avec étonnement naitre au fond de notre palpitant une légère torsion désagréable. Notre béat sourire s’efface, des petits plis se forment au dessus de nos yeux, le doute survient: nous sommes jaloux.

Il faut convenir il me semble qu’il y a des « natures » jalouses. Et même que, en toute objectivité et empirisme, ce genre de « nature » est quand même vachement féminine.

Et puis il y a ceux que l’expérience a rendu méfiant. Ceux qui à la base n’étaient pas jaloux, et puis, un jour, quelconque connard/pétasse a implanté cette petite gangrène dans leur esprit, qui une fois qu’elle s’y est logée, est très difficile à éliminer…

Il peut y avoir différentes causes à la jalousie, mais si vous le voulez bien,  nous nous intéresserons ici davantage à ses manifestations. Et même qu’on va le faire avec un des plus bels exemples que la littérature nous ait donné: Phèdre.

Pour ceux qui ne connaissent pas, je résume: Phèdre est mariée à Thésée, qui a déja eu d’un premier mariage un fils, Hippolyte. (Fond sonore: musique des feux de l’amour) Et il se trouve que Phèdre est croque love d’Hippolyte, qui lui a une réputation de gros guerrier impavide qui ne s’intéresse pas aux femmes. (ce qui ne signifie pas qu’il soit homosexuel ,hein, on est dans une tragédie du XVIIème les gens, pas dans les chroniques de san francisco) Phèdre lui ayant fait l’aveu de son amour, celui ci l’envoie bouler.

Phèdre pourrait lui pardonner cela, si elle pouvait continuer à croire qu’il n’aime aucune femme MAIS elle apprend qu’Hippolyte aime Aricie, une ptite princesse voisine et là…c’est le drame. Elle apprend le fait à sa suivante Oenone (oui, je sais, ils ont de ces noms, les gonzes des tragédies antiques….):

1/ Première étape: surprise et douleur:

« Ah ! douleur non encore éprouvée !

A quel nouveau tourment je me suis réservée !

Tout ce que j’ai souffert, mes craintes, mes transports,

La fureur de mes feux, l’horreur de mes remords,

Et d’un cruel refus l’insupportable injure,

N’était qu’un faible essai du tourment que j’endure.

Ils s’aiment ! Par quel charme ont-ils trompé mes yeux ?

Comment se sont-ils vus ? depuis quand ? dans quels lieux ? »

La première manifestation de la jalousie est donc la prise de conscience de la tromperie: on se rend compte qu’on a été dupe, on en est autant surpris que blessé. D’autant plus que dans ces cas là, on est souvent très lucides sur ce qui nous arrive, même si n’arrive pas pour autant à le contrôler…

2/deuxième étape: rancoeur et mauvaise foi

« Tu le savais. Pourquoi me laissais-tu séduire ?

De leur furtive ardeur ne pouvais-tu m’instruire ?

Les a-t-on vus souvent se parler, se chercher ?

Dans le fond des forêts allaient-ils se cacher ? »

Devant la frustration qu’apporte sa situation (quoi qu’il fasse, il ne changera rien dans les sentiments de l’autre), le jaloux s’en prend à un tiers, (c’est ta faute tu le savais tu me l’as pas dit) cherche par le reproche à revenir dans le passé, pour chercher comment il aurait pu empêcher cela.

Qui sait, Phèdre aurait peut-être pu brûler les forêts pour les empêcher d’aller se bécoter dedans.

3/Troisième étape:l’affabulation

« Hélas ! ils se voyaient avec pleine licence

Le ciel de leurs soupirs approuvait l’innocence ;

Ils suivaient sans remords leur penchant amoureux ;

Tous les jours se levaient clairs et sereins pour eux. »

C’est là la manifestation la plus étrange et un poil masochiste de la jalousie: le jaloux affabule. Phèdre ici n’a pas la moindre idée de comment/quand/où ont pu se voir Hippolyte et Aricie, elle se représente la tromperie en images,elle se l’imagine avec moultes détails, elle évoque plus que concrètement le bonheur dont elle est exclue, et qui lui est volé.

4/ Quatrième étape: la fureur

« Non, je ne puis souffrir un bonheur qui m’outrage,

Oenone ; prends pitié de ma jalouse rage ;

Il faut perdre Aricie »

Vient donc après la soif de destruction: si le jaloux ne peut avoir l’amour de l’être aimé, alors personne ne doit l’avoir. (« perdre » Aricie= la tuer) Le jaloux en vient à vouloir que tout le monde soit aussi misérable que lui (y’a pas d »‘raison, merde!), d’autant plus que peut s’ajouter comme autre manifestations l’orgueil: Phèdre est reine, et Aricie n’est qu’une ptite princesse toute pourrite, donc dans le cadre des valeurs de l’époque, elle lui est supérieure, et c’est donc d’autant plus humiliant d’être délaissée pour une inférieure…. c’est le fameux « mais qu’est ce qu’il/elle  lui trouve? » que nous avons tous un jour ou l’autre prononcé devant la stupéfaction que nous provoquait la vue de l’objet de nos désirs préférant à notre belle et spirituelle petite personne une créature aussi laide/mal foutue/grosse »/maigre/ vulgaire/quelconque que conne/cruche/stupide/méchante/égoiste/qu »a pas inventé le fil à couper le beurre. (rappelons nous ce que disait ce gai luron de la rochefoucauld: « il y a dans la jalousie plus d’amour propre que d’amour »)

Bref, la fureur du jaloux le rend aussi impitoyable pour son/sa rival(e) que pour l’être aimé: il veut faire souffrir autant qu’il souffre. Et je vous le donne Emile, Hippolyte va mourir à cause de Phèdre….qui du coup va se suicider… car la vengeance n’apporte pas le réconfort attendu.

Le premier constat qu’on peut tirer de tout cela, c’est donc que je crois pouvoir affirmer sans trop me mouiller que la jalousie fout une merde noire…Et surtout, que ça apparait comme quelque chose de difficilement contrôlable (attention j’ai dit difficilement, et pas incontrôlable…). Il me semble que la pire de ses répercussions est cette sorte de lucidité sur sa souffrance qui ne l’empêche pourtant pas de se répandre: la jalousie est irrationnelle, je le  sais, ma raison réalise qu’elle l’est….et pourtant je ne peux m’empêcher de la ressentir… C’est étrange tout de même.

Après, j’ai déja entendu plus d’une foi qu’il « n’y avait pas d’amour sans jalousie », qu’il était agréable de voir l’autre jaloux, que c’était une preuve d’amour… A ceux là, je répondrai ce très bon mot d’Alexandre Dumas:

« les hommes croient qu’ils sont jaloux de certaines femmes parce qu’ils en sont amoureux; ce n’est pas vrai; il en sont amoureux parce qu’ils en sont jaloux, ce qui est bien différent. »

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A quoi servent les critiques ?

La semaine dernière, je suis contrainte de regarder on n’est pas couchés de Ruquier, vu que je suis pas chez moi et que je gère pas la zappette (parce que sinon…). D’ailleurs, y a plus Polac, c’est un autre mec qui le remplace, Eric Naulleau. En invité, on a du lourd : Azouz Begag et Cali. Je précise que je n’ai jamais vraiment apprécié ni l’un ni l’autre. Et là, les deux se drapent dans une agressivité assez hallucinante, Cali a un comportement vraiment honteux. Pour ceux qui n’ont pas vu et ne veulent pas voir, dès que Zemmour a commencé à critiquer l’album (en ayant quand même commencé par « j’ai beaucoup aimé telle et telle chanson mais celle où vous parlez de politique… »), Cali est devenu furieux, a fait son cinéma, faisant de même avec Naulleau qui lui a posé la question suivante : « mais franchement, vous préférez aller dans des émissions où les gens ne diront que du bien de votre album qu’ils n’ont même pas écouté ? ».
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Et c’est là que je veux en venir. A quoi servent aujourd’hui les critiques, qu’ils soient littéraires, ciné… Déjà, à la télé, les critiques sont très, mais alors très rares, la plupart des émissions faisant l’éloge des artistes invités. Finalement, la seule émission où on ose dire que leur album est pas top, c’est chez Ruquier car chez Fogiel, c’est la personne qu’on attaque, pas son travail. Dans les magazines, tout est relatif. Déjà, dans la presse féminine, on ne critique rien, mais alors rien : tout est bien. Ca tombe bien, c’est ce que dit le dossier de presse alors… Faut dire que c’est un milieu très susceptible : ose dire du mal de la marque A, tu perds tous leurs budgets pub. Quant aux pages cultures, je crois n’avoir lu qu’une poignée de critiques légèrement négatives. Moi, j’aimerais vivre dans un monde où toutes les œuvres sont bien mais faut pas rêver. Bien sûr, d’autres revues sont plus cassantes mais voilà, dès qu’on dit du mal, c’est parti pour un « la critique est facile, l’art est difficile. » ou encore « les critiques sont des artistes ratés ». Peut-être mais faut se rendre compte que c’est un vrai métier, pas l’expression d’une frustration. Par exemple, moi, je ne serais pas vraiment capable d’être critique, je me sais trop subjective. J’ai des goûts pas mal arrêtés en matière de musique, littérature, cinéma… Par exemple, Amy Winehouse, perso, je supporte mal. Ca croasse, elle chante mollement, j’aime pas. Mais si je devais rédiger une chronique
musique, je ne pourrais pas juste dire « moi, j’aime pas ». Il faudrait que je parle de l’instrumentation, du travail de production, des influences… Bref, être critique, c’est pas un
truc qu’on fait sans une solide culture générale de l’art en question. Quand je vais voir un film, j’aime ou pas, selon si je suis prise par l’histoire ou pas. Le reste ne m’intéresse pas forcément, je peux voir les belles images, les effets de mise en scène, oui, mais je ne suis pas tout à fait au point.

 

Bien sûr, l’objectivité n’existe pas et je ne prétends même pas le contraire. Mais si je regarde ma culture cinématographique (ouais,ok, c’est un peu mon complexe) et qu’on me met devant un chef d’œuvre du 7e art, je fais quoi ? Je le compare aux daubes que j’ai pu voir ? Parce que non seulement je ne vois pas beaucoup de films mais en plus, j’ai un talent certain pour choisir les mauvais. En gros donnez moi à manger du caviar, je vais comparer ça à des œufs de lump. Mais pour en revenir au point de départ de cet article, je me pose quand même de sacrées questions. N’est-il plus aujourd’hui permis de dire d’une œuvre qu’on la trouve médiocre sans se retrouver victime de l’artiste en question ? Ne peut-on pas dire que tout son album n’est pas un bijou (ce qui est le cas de tous les albums, il n’y en a pas un où j’aime tous les titres sans exception et je dirais que c’est normal) ? Les artistes doivent-ils être des individus totalement épargnés par la critique alors que n’importe quel travailleur doit en essuyer ? Et au nom de quoi, je vous prie ? Très honnêtement, quand j’aime un artiste, je vais acheter son œuvre, même si j’en entends de mauvaises critiques. Les mauvaises critiques, ça me sert surtout à décliner l’invite pour aller voir un film qui me tentait pas au départ « nan mais dans Voici, ils ont dit que c’était nul alors hein… ». Alors bien sûr, il y a le problème du « détesté par la critique, applaudi par le public ». Mais
ça, j’en parlerai une prochaine fois.

PS : Je sors d’un repas de famille : 2 coupes de champagne + 1 verre de rouge + 1 verre de blanc, je vais faire la sieste.

La vidéo Cali vs Zemmour et Nalleau, au passage :

 

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Mais non, ce n’est pas parce que t’es célibataire que t’es moche !

Comme toute personne normalement constituée, j’ai été célibataire et pas qu’une fois dans ma vie. Même après Guillaume I, j’ai été célibataire
longtemps, quasi un an. Un an sans bisous, caresse et brouette, rien du tout. Et je ne suis pas la seule à connaître ce genre de traversée du désert. Sauf que s’il a des raisons objectives, 
niveau confiance en soi, c’est dur à vivre.
 

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Dans mon entourage, j’ai toute sorte de personnes, comme tout le monde, mais j’ai un prototype de célibataires assez répandu : la « j’ai-pas-le-temps-d’avoir-une-vie-là-j’ai-mes-études-à-faire ».
Genre je passe le CAPES ou l’agreg. Moi même, après ma rupture avec Guillaume, ça a été un peu ça : j’ai fini ma maîtrise science-po, j’ai fait un stage et fait mon master de journalisme, j’avais pas super le temps de me trouver un mec. Surtout quand j’ai su que je partais à Paris, je voyais pas bien l’intérêt de me trouver un Toulousain. Parce qu’il était aussi un temps où je ne voyais pas bien l’intérêt des coups d’une nuit… Ouais, on change, je sais. Bon, je vais prendre mon exemple pour développer mais je sais que ça marche pour mes coupines parce que quand je leur expose ma théorie, elles font « ouais, c’est carrément ça ». Mais bon, c’est normal, j’ai toujours raison.

 

Donc il y a des périodes dans notre vie où on ne peut pas se préoccuper de notre vie amoureuse. Bon, moi, j’ai pas passé le CAPES ou l’agreg mais
c’est le genre d’exams qu’on passe pas par dessus la jambe. Enfin, on peut y aller les mains dans les poches mais bon, si on veut l’avoir… Bref, il y a des moments dans la vie où il faut savoir 
où sont ses priorités. Au début, notre célibat, on n’y pense pas trop. On recourra après les mecs quand on sera diplômées. Puis la Seconde Guerre Mondiale, c’est pas si mal. Mais voilà, une fois le diplôme obtenu (ou, dans mon cas, les cours terminés), on est tous contents tout ça mais un beau matin, on se dit : « tiens, je suis seule dans ce grand lit depuis pfiouuuuuuuu ! ». Et là, on se rend compte dans quel cercle vicieux on a foutu les pieds. Quand on est une femme, j’ai l’impression qu’on a souvent tendance à douter de son pouvoir de séduction. Même si on ne le montre pas. J’ai beau me regarder dans la glace tous les matins, moins y a d’hommes dans ma vie, moins je me sens jolie. Ce qui est idiot en soi. Est-ce parce que je ne dis pas « nous » que je suis un boudin ?

 

Surtout que dans la rue, certaines plus moches et plus boudins que moi ont des mecs. Parce que voilà la suite du processus : « j’ai pas de mecs, je suis moche… Et elle trop vilaine elle en a un, mais qu’a-t-elle que je n’ai pas (hors un petit copain, of course) ?? ». Moi, en général, quand je commence à regarder les filles en leur taillant toutes des costards, c’est qu’il est temps que je me trouve un mec. Pourtant, les histoires d’amour, ça se trouve pas sur le paillasson sauf si le facteur est le sosie de Smith (si vous croyez encore au Père Noël, les filles, c’est pas ma faute !). Si je regarde mes copines, j’ai des filles en couple depuis longtemps, depuis moins longtemps, depuis pas longtemps et des célibataires
depuis pas longtemps, un peu plus longtemps, longtemps… Or mes copines célibataires ne sont ni moches ni boudins. Donc ceci n’explique pas cela. Mais quand on rencontre pas une personne qui emballe notre petit cœur, ben voilà, on va pas se forcer non plus. Bien sûr, en cas de forte déprime, on peut pousser le destin en multipliant les sorties en boîte (mais je suis pas convaincue
que ce soit un bon endroit pour trouver un only one, si vous voulez mon avis), traîner sur des sites de rencontre ou autres. Si on laisse faire le destin, des fois, ça prend du temps.

 Alors oui, forcément, on finit par douter, par se dire que nos vilains bourrelets disgracieux n’aident pas, qu’il faudrait aller chez le coiffeur, acheter un masque pour la figure, tout ça, tout ça. On doute du seul élément qu’on dispose pour expliquer notre célibat : nous. Même qu’on ne nous drague plus dans la rue. Même que la liste des prétendants frôle le néant absolu. Bouh, je suis moche, personne ne m’aime, je finirai vieille et desséchée et aigrie avec mon chat et je filerai des coups de cannes aux gamins et aux pigeons !
 
Alors oui, le célibat longue durée, ça peut déprimer. Et pourtant. Si on regarde en arrière, on a plu, on a été en couple, des fois longtemps. On n’a pas vraiment changées depuis. Alors pourquoi on ne plairait plus ? Et tiens, le mec dans le métro, là, c’est pas moi qu’il regarde ? Hihi ! Parce qu’il ne faut pas tomber dans le sale processus : je suis moche- je plais pas- je fais plus d’effort pour être jolie et séduisante. Si on ne le fait pas pour un homme, autant le faire pour soi. J’aime mieux avoir dans ma glace une jolie jeune femme qu’un boudin blanc qui fait la gueule.
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Y a quelqu’’un qui m’’a dit… que… tu m’’aimais zencorezzzzzzzz…

Dimanche de Pâques, à l’heure où les enfants cherchent du chocolat dans le jardin, de quoi vous parler ? J’aurais pu vous raconter les Pâques de mon enfance, photo à l’appui mais en fait, ça, je le ferai soit demain, soit jamais. Non, aujourd’hui, je vais vous parler musique… Si on peut appeler ça comme ça.

 

Imaginez que vous êtes un artiste musical, que vous galérez comme un malade pour approcher les maisons de disque parce que, bon, c’est un peu un univers impitoyable, tout ça. Vous avez fait 30 maquettes, courrez les festivals, les cafés concerts et tout ça. A côté de vous passe une pouffe qui ne sait pas chanter, a appris trois accords à la guitare vite fait et hop, elle vend je sais pas combien de millions de disque. La différence ? Quand vous, vous vous appelez Jean(ne) Dupont, elle, elle s’appelle Carla Bruni. Bon, je préviens de suite, je honnis Carla Bruni. Le fait qu’elle ne sache pas chanter (mais alors vraiment pas), déjà, c’est discutable mais les textes sont à la hauteur de sa voix : nullissimes. Oui, je suis pas objective mais moi, Carla, j’entends une de ses chansons, je me sens profondément dépressive. N’allez pas croire que je vénère les chanteuses à voix, je suis fan de Camille, Emilie Simon ou Adrienne Pauly (elle est top, elle, elle me fout trop la patate). Mais Carla, non, c’est au-dessus de mes forces.

 

Je stigmatise Carla mais combien de célébrités se sont payés le luxe de sortir un album, capitalisant plus sur leur nom que sur un hypothétique talent ? Allons visiter les bacs virtuels de la FNAC (oui, j’ai pas de FNAC à moins de 50 km de chez mes parents). Emmanuelle Seigner, Carla Bruni, Yvan Le Bolloch (je sais pas l’écrire), Gérard Darmon, Charlotte Gainsbourg, Elie Semoun, Victoria Abril… Et ça, c’est juste ceux qui me passent par la tête. Sans parler des fils de… Bon, là, je vois déjà les comms « non mais vas-y, tu critiques mais moi, j’aime bien l’album de machin et t’en ferais pas autant, toi ! ». Ok mais déjà, j’aurais pas l’idée de faire un disque alors que c’est pas mon métier. Et puis « Nina
Bartoldi », c’est pas (encore) bankable comme nom. Et mon vrai nom, encore pire. Donc y a pas un Benjamin Biolay, un Pascal Obispo ou une Zazie qui vont m’écrire un album. Quoi que je serais bien emmerdée s’ils le faisaient… Bref, personne ne miserait un kopeck sur ma personne, ni artistes, ni maisons de disque.

 

Là, j’entends la foule huer : « non mais tu sais chanter au moins ? ». Heu… Parce que tous les gens sus-cités savent eux ? Imaginons que je sois célèbre
mais pas chanteuse, genre je deviens la comique à la mode avec mon one woman show qui tue. Je suis un peu la people incontournable, on prend des photos de George et moi en train de se rouler des pelles, un peu le cauchemar, quoi. Un jour, mon agent m’appelle (oui, une célébrité, ça a un agent, c’est comme ça). « Bon Nina, t’es au top, on va faire un disque.

Mais je suis pas chanteuse, moi…

C’est pas grave ! Tu crois qu’il sait chanter Elie Semoun ?

Ahahah !

Bon, alors, y a Benjamin Biolay et Carla Bruni qui sont ok pour t’écrire des chansons.

Ouais mais je les aime pas. On pourrait pas demander à Jorane plutôt ?

Qui ?
Une violoncelliste québécoise.
– Elle est connue ?
Pas particulièrement.
Alors non. »

Oui, je sais, j’exagère mais ça m’agace comme des gens qui sont aussi doués pour le gens que moi pour l’athlétisme sortent des CD parce que leur nom est connu. Si ça les amuse de chanter, qu’ils s’achètent du matériel karaoké et qu’ils laissent la place à de vrais artistes.

Et je parle de la musique pour pas parler des livres parce que là, ça rime à n’importe quoi. Mimi Mathy sort un bouquin pour raconter sa love story avec son mari, Loana et sa vie, Pamela Anderson et sa vie, Charlotte Valandrey et son combat contre le SIDA… Non mais sans déconner, qu’est-ce qu’on en a à foutre ? D’abord, c’est même pas eux qui les écrivent et ensuite, on passe à côté de mecs méga talentueux avec des idées géniales mais dont le script prend la poussière chez les éditeurs.
 

Alors, évidemment, vous allez me dire « ben oui, c’est dégueulasse, c’est le système ». Une Mélissa Theriau a plus de chances de présenter Capital que Mireille Meunier, brillante journaliste mais pas forcément très jolie, une Mimi Mathy aura un rendez-vous chez l’éditeur et un producteur de disque prêtera une oreille attentive à Carla Bruni. Mais moi, Carla, je lui prêterai pas mes oreilles, pour ce qu’elle en fait !

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