J’aime pas mon métier, en fait.

Il y a 10 ans, j’arrivais, fringante et un peu excitée dans une petite SSII dans le XVe arrondissement de Paris pour débuter mon premier CDI. Le 16 avril 2007 (oui, y a un an et 2 jours mais j’allais pas publier un article sur le travail un jour où on en travaille pas, justement). 10 ans plus tard, j’ai progressé, doublé mon salaire et je parle comme une sale marketeuse. 10 ans que j’essaie d’évoluer car j’aime pas mon métier.

démotivation pour aller au travail, j’aime pas mon métier

Absolument tout à fait ça

Pour ceux qui tomberaient ici sans me connaître, je suis marketeuse dans les réseaux sociaux : community manager, social media manager, social paid media manager, stratégiste, consultante et même responsable social intelligence dans les prés’ pour faire genre qu’on est beaucoup et qu’on a tous beaucoup d’importance. Bref, l’intitulé change, les missions aussi : j’ai fait du SAV, j’ai vendu des billets sponsorisés, j’ai animé des forums, blogs, réseaux sociaux, j’ai écrit des articles, des statuts, j’ai raconté que tout ça, c’était important. Je le raconte toujours d’ailleurs car je fais aussi de la formation

Sourire désabusé à la dernière du grand journal

Je l’ai déjà dit sur les trendhacks, j’ai toujours l’impression qu’on s’incruste dans la vie des gens qui n’ont rien demandé, on propose des statuts sans histoire où les gens vont répondre car ils résolvent toujours (mal) les équations, qu’ils sont prêts à vendre père et mère pour un goodie, qu’ils sont là à nous hurler dessus des fois qu’on pourrait résoudre leurs problèmes alors que certains sont de mauvaise foi… 

Paon bleu qui fait la roue

Je n’ai pas choisi cette voie, je n’ai pas fait d’études pour ça. Je m’en sors parce que je suis intelligente, bosseuse. Mais j’échoue parce que je ne suis pas politique. Ma carrière, c’est des tas de gens qui viennent me taper sur l’épaule en me disant que je suis brillante, “une pépite”, mais jamais de promotion à la clé, j’étais trop occupée à travailler, pas assez à me faire voir. Et honnêtement, ça ne m’intéresse pas. J’en ai marre de ces boîtes où le copinage et le brossage dans le sens du poil poussent vers le haut des gens moins compétents mais qui ont fait croire qu’ils étaient fiables et reconnaissants. Je suis fiable mais je suis indifférente. Et surtout, ceux qui jouent ce jeu là, on le sait qu’ils ont un talent inné pour poignarder dans le dos. Ce doit être la génération Macron… Oui, j’en refous une couche mais ça me rend malade que des gens votent pour un projet de société qui représente absolument tout ce que je déteste… Ce qui fait que j’aime pas mon métier.

Démotivation au travail

Je l’aime pas parce que je n’apporte rien à personne, parce que je ne fais que brasser de l’air, parce que je devrais me compromettre pour arriver à un niveau correspondant à mes compétences. C’est vain. Si je m’arrêtais de bosser demain voire même si mon métier disparaissait dans son intégralité, personne ne s’en rendrait compte. Je m’amuse juste quand je fais de l’analyse ou du social listening et que je dois trouver des leviers pour raconter mon histoire et que ça me fait un (tout petit peu) de socio.

Graphiques et statistiques

Alors évidemment, je cherche un échappatoire, vous imaginez bien. Depuis presque trois ans, je cherche une épiphanie car je me rends compte que de voler de boîte en boîte en grattant un peu plus d’argent et un titre de plus en plus ronflant ne me rend pas satisfaite pour autant. J’ai fait un premier stage de yoga pour essayer de déclencher une révélation, j’ai chopé des courbature et une humiliation.J’ai persévéré : yoga (avec d’autres profs beaucoup plus bienveillantes)(surtout, je suis in love du vinyasa), sophrologie, parcours Perspectives de l’APEC (que je conseille même si j’ai pas eu mon épiphanie mais ça fait sacrément du bien quand même). Et puis un jour, c’est venu, ça m’a frappée, la révélation tant attendue…

Coucher de soleil, derniers rayons

Je vous raconte demain

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Les impliqués de Zygmunt Miłoszewski

Je vous parlais de polars suédois les deux dernières semaines en vous expliquant que c’était sympa, que ça donnait envie d’aller faire un tour du côté de chez Björn mais que le côté “syndrome Julie Lescaut” me saoulait un petit peu. Mais il y a un autre polar qui m’a totalement emballée, fascinée, j’arrivais pas à le lâcher et la conclusion m’a totalement surprise. Laissez-moi vous parler d’un polar… polonais.

les-impliques-zygmunt-miloszewski

J’aime bien la littérature slave, je me promène parfois dans les rayons de la littérature de l’est pour voir si je ne trouve pas quelques pépites. C’est ainsi que j’étais tombé sur Les pingouins n’ont jamais froid d’Andreï Kourkov, un roman ukrainien fort sympathique. Quand j’ai saisi Les impliqués de Miloszewski, je me laisse convaincre par le résumé, à savoir : “Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère de Varsovie, l’un des participants est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’oeil. L’affaire est prise en main par le procureur Teodore Szacki. Las de la routine bureaucratique et de son mariage sans relief, Szacki ne sait même plus si son quotidien l’épuise ou l’ennuie. Il veut du changement, et cette affaire dépassera ses espérances. Cette méthode de la constellation familiale, par exemple, une psychothérapie peu conventionnelle basée sur les mises en scène… Son pouvoir semble effrayant. L’un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de commettre un meurtre ? Ou faut-il chercher plus loin, avant même la chute du communisme ? Zygmunt Miloszewski signe un polar impressionnant, où s’affrontent la Varsovie d’aujourd’hui et les crimes du passé.”. Ouais, rien que ça.

Varsovie_-_Palais_stalinien

Donc on va pas se mentir : autant les polars suédois me donnent envie de faire un tour par là-bas, autant en lisant les impliqués, Varsovie est tombé très bas dans ma liste de mes destinations préférées (bon, surtout qu’en Pologne, je vise plutôt Cracovie). Le héros, désabusé, déambule dans une ville perdue entre son passé communiste et son présent plus tourné vers l’Europe. Ca donne pas très envie… Mais ça pose un décor parfait pour l’intrigue par contre.

Alors que Varsovie vu comme ça, ça donne carrément plus envie

Alors que Varsovie vu comme ça, ça donne carrément plus envie

Celle-ci est complexe. D’un côté, on a le crime en lui-même avec la découverte d’une thérapie psychologique aux rouages complexes, de l’autre, notre procureur se retrouve en prise avec une sorte de mafia polonaise décidée à garder certaines exactions de la période communiste sous silence. Très honnêtement, tous ces ingrédients avaient un potentiel de dingue pour que le rendu soit absolument indigeste. Déjà, la psychologie est toujours un rouage intéressant mais tellement galvaudé, souvent mal joué, qu’il me rend parfois folle. Combien de polars mettent en scène le psy de la victime, un mec qui sort des conneries plus grosses que lui, prétexte à tisser une psychologie torturée mais totalement foirée de la victime ? Non, ici, on flirte avec les limites de la folie mais de façon brillante, finement amenée.

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Et puis la mafia polonaise qui cache des secrets. Ca aussi, ça a rapidement le potentiel de virer au n’importe quoi, la théorie du complot version nerd de 13 ans persuadé de connaître la vérité car il l’a lu sur Internet, voyez… Mais non, tout est subtilement tissé, ça tient la route, ça la tient même très bien.

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Bon, après, Teodore se comporte parfois come un crétin qui te fatigue un peu mais à l’arrivée, ça ne gâche pas la lecture. Du coup, Zygmund Miloszewki semble commencer à avoir une petite notoriété en France, ses romans arrivent petit à petit dans nos rayons… Et il ne faut pas les rater !

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Je te pique un peu de notoriété

Je l’avoue, je délaisse Facebook de plus en plus, sans doute parce que je travaille dessus un peu trop souvent et qu’à chaque changement de règle qu’on nous annonce l’air de rien tous les 4 matins, j’ai envie de passer les doigts de Mark Zuckerberg au mixeur, histoire que ce soit pas le seul à rigoler. Du coup, en cas d’accès de procrastination, je vais jeter un œil sur Twitter et là, mes enfants, il s’en passe des choses.

Concentrons nous aujourd’hui sur la course à la notoriété. Tu as un type de twittos qui ne parle que pour le RT (retweet, partage de ta superbe fulgurance pour les non initiés), se branlent sur leur nombre de follow en rêvant qu’ils ont la plus grosse (communauté) et que nous attendons, transis, qu’il nous délivré sa sainte parole. J’ai hésité à poursuivre l’analogie de la branlette et de la grosse (communauté) mais ça va, assez de vulgarité.

Donc le twittos se rêve influent, te crache son klout (sorte de note d’influence) à la figure à la moindre occasion comme s’il s’agissait d’un gage de vérité divine. Pour info, Nadine Morano a un klout de 80 et Justine de l’Amour est dans le pré, 63 (celle dont j’ai lu what millions de RT par des personnes disant qu’il fallait pas en parler. On n’est pas à une contradiction près je suppose). Le twittos est influent, il aime t’humilier en faisant partager à toute la twittosphère ses saillies à ton égard en plaçant un point devant ton pseudo pour ne pas limiter vos échanges à vos followers communs. Mais surtout, surtout le twittos sait ce qu’il fait le buzz et va s’arranger pour en tirer bénéfice.

Semaine dernière, une blogueuse qui me fait hurler de rire publie un article très drôle sur une journée sur Twitter. Et là, je vois son article diffusé dans tous les sens selon 2 modes :

– le mode je clique sur le bouton RT, le tweet d’origine apparaît dans la timeline de mes followers et je n’en tire rien.


– le mode j’ajoute un commentaire devant le RT de type « mais trop lol ». Le twitt n’est donc plus Klaire : une journée sur Twitter [lien] mais Twittobranlos : Mais lol ! RT @Klaire : une journée sur Twitter [lien] voire Trop vrai ! Une journée sur Twitter [lien] via @Klaire. Du coup, si le blog de Klaire reçoit bien les visites, pour peu que les followers du Twittosbranlos ne suivent pas Klaire, ils vont retweeter twittosbranlos. Et voilà comment on chope du RT et donc du followers en s’abreuvant l’air de rien dans la notoriété (et donc le travail) d’un autre.

Malin, non ?

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Talk shows vs blogs

S’il y a un genre télévisuel que je ne regarde pas, ce sont les talk show à la Delarue, Evelyne Thomas et limite Courbet (siiiiiii, les gens y vont aussi pour raconter leur vie).
Je regarde pas parce que ça m’ennuie et que je trouve ça racoleur. Et alors que je regardais la bande annonce de l’émission de Delarue de 14h sur la 2 (là, j’ai pas le titre et j’ai la flemme de chercher), je soupirais : « mais que les gens sont exhibs quand même ». Sauf que je suis pas un peu en train de faire la même chose ?

Peut-on dire que les talk shows et blogs (de type journaux intimes, je précise), même combat ? Après tout, je suis l’invitée idéale pour des tas d’émissions : « j’aime le sexe et je le cache pas », « je tricote et les nœuds de ma pelote m’énervent » (vous le sentez le vécu, là, vous le sentez ?), « j’ai la lose avec mon proprio et mes anciens employeurs », « je fais des rêves érotiques avec des acteurs et j’ai un peu honte, quand même », « je parle à mon chat »… Bon, bref, voilà. Tous les jours ou presque, je vous raconte ma vie comme d’autres le font à la télé. Bon, évidemment, moi, je donne ni mon nom ni ma tronche mais bon, est-ce que je vaux mieux que les bonnes femmes qui témoignent avec perruque et lunettes, avec la voix trafiquée ? Et bé je crois pas !

 

Ces derniers temps, la grande mode, c’est de recruter des blogueurs pour, justement, aller témoigner chez Delarue, ça montre bien que c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Honnêtement, moi, j’irai pas. Parce que j’ai pas envie de passer à la télé pour raconter mes histoires, même avec perruque et lunettes. Parce que mon blog n’a qu’une audience réduite d’un peu plus d’un millier de lecteurs et que même si en ce moment elle augmente, elle n’atteindra jamais les millions d’une émission lambda de talk show. Parce que franchement, avec les lunettes et la perruque, je suis pas sûre que personne ne me reconnaisse. Et j’ai pas envie d’être classée comme « celle qui… » par la boulangère, la pâtissière (et ses délicieux éclairs à la framboise, un vrai pousse au crime), le nouveau caissier plutôt miam miam de la supérette d’à côté (bordel, maintenant, va falloir que je me pomponne pour aller faire les courses et laisser tomber le fromage et les Kinders). Déjà que dans mon immeuble, je suis classée comme la « propriétaire du chat qui pleure » alors qu’elle pleure pas, elle appelle au cas où ce serait moi qui rentre. Ou alors comme la connasse qui brouette bruyamment au milieu de la nuit, ce qui m’a valu une vilaine vengeance, le réveil des voisins à fond pendant une heure le lendemain matin à 8h30 (alors que je ne l’avais JAMAIS entendu et que je ne l’ai plus jamais entendu…). Bref, l’exhibition, ok, mais juste avec des mots tapés sur un blog, c’est plus sûr.

 

Au-delà de ça, je me pose des questions sur les motivations des uns et des autres. Exhibition ? Oui et non. Je serais réellement exhib, ça fait longtemps que j’aurais mis des
photos de ma personne, que j’aurais balancé mon vrai nom, que je sois « adulée » en tant que moi et pas en tant que Nina et tout ça. Là, au moins, j’ai l’impression de garder le
contrôle. Par ailleurs, c’est moi qui mène le jeu, ici, y a pas de montage donc je ne risque pas de me faire avoir par un montage transformant honteusement mon histoire. Ensuite, il y a sans doute une question de notoriété. Bon, là, c’est clair que si je veux devenir « célèbre », j’ai intérêt à passer à la télé parce que si on place mon millier de lecteur en parallèle avec
les je sais pas combien de millions de blogueurs francophones, je suis super ridicule. D’un autre côté, je courrais juste après la notoriété, j’aurais postulé à Loft Story ou la Nouvelle
Star ! Après, c’est vrai que si notre témoignage peut aider, ça nous donne une bonne opinion de nous même. Enfin, ce qui me plaît le plus, moi, c’est que dès que j’ai une théorie (à la con ou pas), je vous la livre et les gens disent s’ils sont d’accord ou pas. J’essaie pas forcément de convaincre que ma façon de vivre ou de voir les choses sont les meilleures quoi qu’il advienne (bon, des fois, si, je le fais), je les explique, juste. Ca m’économise le psy et quand je relirai tout ça dans quelques années, ça me fera rire.

Maintenant, question corollaire : les blogs sont-ils lus par les spectateurs des talk shows ? Bon, là, j’en sais rien. Bon, c’est quand même pas le média, je vous demande quotidiennement de lire ma prose pendant 5 mn alors que la télé, on avale les émissions sans faire d’efforts particuliers. Alors moi qui suis liseuse de blogs et qui n’aime pas les talk shows, comment explique-je cela ? Heuuuuuuuuuu… Ben, ce que j’aime dans les blogs, ce sont des petits instants de vie, des tournures de phrases qui me font sourire, voire franchement rire, l’interaction avec l’auteur de ces quelques lignes. Je crois que peu de blogueurs se prennent réellement au sérieux. Et ceux qui le font m’ennuient généralement vite… Ah ben comme les mecs dans les talk show ! 
 

Bon, fin d’article sans rapport mais je fais un peu de pub. En octobre, je suis allée voir un one man show, « Sainte Nicole » très étrange mais pas mal du tout ! Oui, c’est un one MAN show, c’est un monsieur qui joue, me suis pas plantée.  C’est un peu comme Lady Brind Zingue, ça tourne plus autour de personnages avec une histoire qui se déroule tout du long que des spectacles à « vannes » mais si vous adorez le cynisme et les chroniques sociales acides, surtout le manquez pas ! Même que si vous cliquez , vous aurez une petite vidéo !

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Temple solaire quand tu nous tiens…

Par Gauthier
Une fin d’année 2005 à la hauteur de l’année écoulée. En effet il reste encore 3 jours avant 2006 et je ne sais toujours pas si on va y arriver. Océane vous a expliqué dernièrement que par sa faute, et son entière et exclusive faute, l’année 2005 fut longue, extrêmement longue… Je ne vais pas revenir sur le pourquoi du comment, mais il n’empêche que je ne comprends toujours pas comment en ce 28 décembre 2005 je suis encore en vie. Pour ceux qui ont pris le blog en route vous pouvez toujours vous reporter à mes articles précédents. Rien que cet été ce fut mémorable…
 
Donc que se passe-t-il dans ma vie actuellement pour que je n’en vois pas le bout de c’te putain d’année de mes deux … Je suis actuellement en vacances, et pour fêter ça, je suis redescendu dans ma belle ville rose. Je vis donc chez papa-maman (ouais je sais ça fait bizarre mais mes parents n’ont toujours pas divorcé, je sais je ne suis pas normal), et ce pour 17 long jours. J’ai eu du mal à m’habituer à Paris, mes amis me manquaient, mes parents aussi quelque part, mais là je dois vous dire quelque chose de très sérieux, la prochaine fois que je reviens à Toulouse, je vais à l’hôtel !
 
PUTAIN MAIS QU’ILS ME GONFLENT LES VIEUX !
 
J’en parlais à Océane cette semaine et elle me répond « mais Gauthier, en fait, là, tes parents considèrent que tu as encore 15 ans, ils t’empêchent de sortir, de prendre le voiture, de te coucher tard, de vivre ta vie comme tu veux, et ça te fais chier ? Ben écoute réagis comme si tu avais 15 ans, tu vas voir ça va les calmer.. » Ben je dois avouer que c’est pas con du tout comme idée, donc me voilà lundi soir à faire… le mur ! Si j’ai 24 ans, et je fais le mur une fois que mes parents sont couchés…  Mais où va le monde ?
 
Pourquoi ça se passe mal avec eux ? Bon vous connaissez ma tendance à l’alcoolisme festif, et donc le week-end où je suis revenu ils m’ont prévenu « on te prête les voitures, mais si tu en abîme une, c’est fini tu roules à pied ». Ok message reçu… Déjà le soir même Mister Big vomit sur la voiture que j’utilise (à savoir celle de ma mère). Pas bien ! Mais ils ne disent rien. Le jeudi de la semaine suivante je vais en boite, la boite où Océane travaille, et on se met complètement minable. Je finis à parler à des gens dans une langue qui m’appartient, je suis tellement saoul que je ne sais pas ce que j’ai fait 70% de la soirée (ça fait un gros trou ça quand même). Et en sortant sur le parking un gentil monsieur me parle, on papote de je-ne-sais-plus-trop-quoi, et en même temps je me retrouve à fumer un joint qui sort de je ne sais où ! Là je suis fini. Mais encore faut-il traverser Toulouse, qui conduit ? Personne ? Bon tant pis c’est moi… Et dans une avenue suffisamment large pour passer trois semi remorque de face, j’accroche un rétro… aïe… Là Mister Big qui connaît mes parents, me dit « tu t’es fait arracher le retro sur le parking pendant que tu étais dans la boite, tu t’es fait arracher le retro sur le parking… » Et il me le répète à peu près 20 fois dans l’espoir que je m’en souvienne le lendemain. Quand j’ai raconté ça à mon père bizarrement il ne m’a pas cru, moralité, j’ai plus droit de toucher aux voitures.
 
Voilà pour la petite histoire. Mais s’il y n’y avait que ça… Donc je passe mes journées à me faire grave iech dans ma banlieue lointaine (à 20km de Toulouse ya rien à faire…) et pendant ce temps que se passe t il dans la civilisation ? Océane et Mister Big cumulent les problèmes… Surtout Mister Big le pauvre, il lui en arrive des vertes et des pas mûres en ce moment, d’ailleurs je profite de notre notoriété pour lancer le grand « Mister-Big-o-thon » Donnez, donnez, Dieu vous le rendra… Mais il vous racontera ses malheurs mieux que moi.
 
Donc fin d’année pourrie, pas de zizi. Oui hier je devais retrouver un chouchou pour aller faire des galipettes. Enfin quelque chose de positif pendant mes vacances, on doit se retrouver au sauna vu que chez mes parents on ne peut pas, et chez lui non plus. Donc je me pointe dans un sauna glauquissime de ma belle ville rose à l’heure dite. J’attends, j’attends, j’attends, je fini par rentré parce qu’il fait -15°C, je me retrouve à thon-land. Que des vieux à poils en train de s’enculer dans tous les coins, ça sent le vieux sperme, le vieux cul, bref je suis aux anges… j’attends toujours. Là je reçois un texto « j’ai cassé ma voiture je suis rentré chez moi pour pleurer », ben ma fin d’année pourrie est contagieuse en plus ! Super !!! Donc je suis seul, nu, au milieu de vieux qui s’enculent… Je décide de baiser quoiqu’il m’en coute. Et merde après tout j’ai fait 30 km pour arriver là, je mérite ma pipe. Je cherche un mec de moins de 35 ans, et je fini par en trouver un, il a mon âge, il est beau, il me plaît, et à mon avis je lui plais puisqu’il me suit partout (oui un jour je vous ferai un article consacré aux saunas, ce merveilleux monde à part). Je rentre dans le hammam, il me suit, je m’assoie, un mec s’assoit à coté de moi dans le brouillard et commence à me caresser. Je me laisse faire, il m’embrasse, je me laisse faire, il me prend par la main pour m’emmener dehors et se trouver une cabine, je me laisse faire. Retour à la lumière : ARGH C’EST PAS LE BON ! Et me voilà devant un mec de 35 ans mais bien bien sonnés qui m’entraîne dans une cabine, et moi avec mon érection rouge de honte à ne pas savoir quoi dire (il vient quand même de me tripoter pendant 15 min sans que je ne proteste). Je m’esquive prétextant un besoin urgent de me laver ! Et puis je réfléchis « après tout il est bien aussi, un peu âgés, mais bon je le répéterai pas… ». Et je m’enferme dans une cabine, il me fait comprendre qu’il veut se faire sodomiser, je m’exécute, mais ça ne rentre pas, même à grand renfort de poppers ça ne passe toujours pas, il passe sur moi et il s’assoie comme un bourrin sur mon sexe, forcement avec l’élan là ça passe, bon je n’ai pas souvent mal quand je baise, mais cette fois je me suis fait défoncer le pubis, bref il prend son pied, il jouit en deux min et se sauve… Et moi je fais quoi ? Bon ok j’ai compris je me branle et je vais me coucher. SOIREE DE MERDE !!!!
 
Donc programme de la fin de semaine, je prépare le réveillon, je refuse de rencontrer de nouvelles personnes, je refuse de prendre la voiture, je refuse de baiser, je refuse de boire, je refuse de respirer, bref, en fait je vais peut être me coucher et attendre 2006 sous ma couette… Parce que à notre niveau le suicide collectif n’est pas loin, mais alors pas loin du tout, surveillez votre télévision, si vous entendez parler d’un nouveau « Temple solaire » sur Toulouse, c’était nous 😉
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Super Nanny

Il y a des soirs, comme ça, où on a envie de ne rien faire, pas penser, pas bosser donc que faire ? Regarder la télé, évidemment. Donc la semaine dernière ou par là, je glandais devant la télé, la zappette à la main. Bon, il y a Matrioschki sur Paris Première à 22h30, série que j’aime bien. Bon, en attendant, je regarde quoi ?
super-nanny
 
La zappette magique m’amène sur M6 où ils passent « Super Nanny ». Une émission avec des gosses hystériques et mal élevés ? Bon, ben, allons-y, ça va encore accroître mon instinct maternel. Pour ceux qui n’ont jamais vu ce…ce truc, je résume. C’est une bonne femme en chignon et tailleur noir avec de fines lunettes d’institutrice de film porno. Elle, je suis sûre qu’elle manie la cravache avec doigté, toute gainée de cuir dans les milieux underground de la nuit. Enfin, bref, notre maîtresse SM a fort à faire dans ces émissions : elle doit remettre des sales gosses sur le droit chemin. Oui, ces graines de délinquants, de racailles prêtes à mettre le feu aux cités. Cette émission doit beaucoup plaire à Nicolas Sarkozy (cette phrase sert juste à voir si des gens vont tomber sur mon site en tapant Nicolas Sarkozy). Ces derniers temps, M6 semble avoir une passion pour les émissions disciplinaires, entre leurs pensionnats, leur camp de redressements, leurs mamans échangées et tout ça…
 
Quand je vois cette émission, je n’ai qu’une envie : me ligaturer les trompes. Seigneur, comment des gamins de 3 ou 4 ans peuvent être aussi monstrueux ? Comment peut-on en arriver là ? Quand je vois comment je suis avec mon chat, je suis potentiellement la future mère d’Attila de ce genre et je sais même pas si Super Nanny existera encore pour m’aider à les remettre sur le droit chemin !
 
Je n’ai pas vu beaucoup d’épisodes de cette émission mais j’ai remarqué que les familles avaient souvent un même schéma : un père absent (soit il travaille très beaucoup, soit il se tape de sa famille, soit il vit carrément plus là), une grande sœur décalée des petits monstres qui joue la maman et qui souffre beaucoup de la situation parce qu’on lui vole son adolescence, une mère totalement incapable de faire preuve d’autorité. Les pauvres sont au bord de la dépression, on sent qu’elle commencent à détester cordialement leurs gosses et on les
comprend, parfois. Surtout que les gosses, une fois sur deux, ils ont vraiment une sale gueule. C’est physique, je les vois, j’ai envie de les baffer. Mais bon, c’est tourné de telle façon qu’on a forcément envie de leur faire avaler son doudou pour qu’ils s’étouffent avec.
 
Bon, l’épisode se déroule en général comme ça : petite présentation de la famille : le papa s’il y en a un, la maman dépressive, la grande sœur effacée qui fera une
merveilleuse cliente pour Prozac et les gamins turbulents qui font les cons devant la caméra. Bon, vous noterez que j’ai pas d’enfants mais cette émission a un effet pervers dès le départ : en général, les enfants, dès qu’on les place sous une caméra allumée, ils font les intéressants. Je le faisais, ma sœur aussi. D’ailleurs, ce week-end, on a revu une vieille vidéo d’un petit repas de famille avec mes deux grands mères (je ne savais même pas qu’elles s’étaient retrouvées au même endroit depuis que j’étais née, hors les églises pour les baptêmes et communions), une tante et nous quatre. Bon et bien, on faisait les belles avec ma sœur et, à un moment, on m’a demandé de chanter un truc parce que, petite, j’étais la diva de la famille, je minaudais que j’en pouvais plus. Donc, forcément, ces gamins de la super Nanny, des caméras les suivent en permanence, ils vont trop se la jouer et être encore plus insupportables. Enfin, bref. On voit un peu la vie de famille ave des gamins qui hurlent, tapent du pied, font des colères (oui, ils choisissent pas l’image du gamin mignon qui fait un truc tranquille dans son coin). Une fois sur deux, le gamin dort dans le lit conjugal à la place de la maman, charmant ! Remarquez, on est sûr que ce couple-là ne se reproduira plus. Apparemment, les enfants n’aiment pas dormir seuls.
 
Là, arrive Super Nanny ! On voit notre maîtresse SM marcher dans la rue, un cartable à la main (pourquoi faire ?), elle fonce d’un pas décidé, air pincé, vers la demeure de la famille en détresse tandis que la voix off nous explique sur une musique rétro que « Super Nanny a élevé 52 enfants » et je sais plus quoi. Bon, super Nanny arrive dans la maison et découvre l’ampleur des dégâts. Là, c’est super drôle car elle regarde les parents faire des conneries sous l’œil relativement indifférent des parents et elle commente : « Qu’est-ce que c’est que ça ? Cet enfant ne sait absolument pas ce qu’est l’autorité ! Sa maman crie mais il ne sait même pas pourquoi ! ». Ce qui est amusant, c’est qu’elle dit ça
style : « je te prends téléspectateur, à part, pour dire du mal », comme on le fait des fois, dans un café, on médit à voix basse avec une personne qui passe. Sauf que là, en vrai, la super Nanny est encadrée par les caméras avec un gros micro au dessus de la tête et la famille fait mine de ne pas entendre les commentaires acerbes de notre dominatrice perverse. Ils nous prennent vraiment pour des cons !
 
Arrive « le conseil de guerre », on peut vraiment appeler ça comme ça. Notre super Nanny a observé la famille et fait un super planning pour remettre les choses en place. Donc elle interpelle tout le monde en leur donnant des autres : « Madame ! Vous DEVEZ réintégrer votre lit CONJUGAL. Le petit Hugo doit dormir dans SON lit ! ». Oui, super Nanny, elle détache tous les mots et en accentue certains. Ce qui est amusant, en fait, c’est qu’elle parle aux parents comme aux enfants. Une fois, elle va au parc avec le papa d’enfants qui n’en a franchement rien à foutre de sa progéniture. De toute façon, lui, je suis sûre qu’il avait une maîtresse et que ça le faisait chier de rentrer chez lui. Donc elle l’amène  l’entrée du par cet lui montre un panneau : « Regardez, MONSIEUR. Il est ECRIT : in-ter-dit-aux-chiens (en suivant les mots avec son doigts), pas aux papas ! ». L’autre, il fait un « ouais, ouais », comme un petit garçon qu’on réprimanderait et qui sait qu’il a tort. Parce que, finalement, dans ce truc, ce ne sont jamais les enfants les fautifs mais les parents et ils passent leur temps à se faire engueuler par la nounou sadique.
 
Bon, la Nanny est super forte, elle remet de l’ordre en deux temps, trois mouvements, les gamins filent droit, les mamans pleurent dans les bras de super Nanny pour la remercier, les grandes sœurs peuvent enfin vivre leur vie d’ado et les papas… ben rien. Mais après, super Nanny s’en va, laissant la famille seule face à elle-même et, souvent, ça craque. Le truc vicieux
avec cette émission, c’est que le MOINDRE faux pas est montré, démontré, disséqué sous nos yeux moqueurs et on se dit : « cette bonne femme est incapable d’élever ses gosses, quelle pitié ! ». Je me dis qu’il faut vraiment être désespérée ou en manque maladif de notoriété pour passer dans cette émission. Mais le truc qui m’hallucine le plus, c’est de voir que cette femme à qui il ne manque que les cuissardes en cuir se montre plein de tendresse avec les enfants qu’elle appelle « mon ange », « mon cœur » alors qu’elle est intraitable avec
les parents.
 
Mais cette émission se veut pédagogique : on ne fait pas que se moquer de ses pauvres familles moyennes qui survivent dans des HLM avec un RMI, on apprend des choses, aussi : de temps en temps, des petits conseils apparaissent au bas de l’écran. Bon, j’essaie d’appliquer à Kenya, pour voir. Exemple : « toujours se mettre au niveau de l’enfant pour lui parler ». Donc je prends mon chat et la soulève à mon niveau (oui parce que je vais pas me rouler par terre pour lui parler, non plus), je la regarde droit dans les yeux et dit : « Il ne FAUT PAS faire pipi sur le TAPIS que Clara m’a OFFERT ! ». Bon, elle détourne le regard et se lèche les babines. Rien à faire de ce que je lui dis. Pourtant, je suis une élève assidue. J’ai appris qu’il fallait prévenir avant de sévir : « Kenya, si tu continues, tu finis dans la salle de bain ! » Et bien, curieusement, ça ne la calme
pas… Enfin, de toute façon, d’ici que je me reproduise, j’aurais oublié les conseils précieux de cette émission. Et comme j’ai raté plein d’histoires, j’ai raté pleins de petites notices pour élever parfaitement mes enfants. Bon, il ne me reste plus qu’à trouver un géniteur plus doué pour l’éducation que moi !
 
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