Etre une femme sur le web : la curée

Semaine dernière, je traînasse mollement sur Twitter entre deux dossiers quand je vois fleurir un article “une Youtubeuse quitte momentanément Twitter après des menaces de meurtre et de viol”. Whaaaaaat ? Alors la Youtubeuse en question, je la connais très bien puisque je suis ses oeuvres vidéo, il s’agit de Ginger, une féministe assumée qui n’hésite pas à monter au créneau. Ici, elle avait expliqué en une demi douzaine de tweets qu’une miniature de vidéos de Squeezie posait problème dans le message qu’il délivrait à son audience (plutôt très jeune) et vlan, des kilotonnes de merdes déversées sur sa gueule. Car oui, être une femme sur le web, c’est souvent s’en prendre plein la gueule pour pas un rond.

ginger_force_adaptation_ être une femme sur le web

Je vis évacuer la dimension “féministe” pour aujourd’hui, j’y reviendrai à l’occase mais là n’est pas mon propos. Je vais juste parler des femmes qui ont l’outrecuidance de s’exprimer publiquement. Commençons par les blogueuses et vlogueuses mode et beauté, exemple ô combien parlant car elle s’en prennent systématiquement plein la gueule. “Idiotes”, “superficielles” et sans parler des attaques sur leur physique, le summum de l’intelligence. Alors je ne dis pas qu’elles sont toujours irréprochables mais sérieusement, arrêtons trente secondes. Une femme qui se maquille peut aussi avoir une culture G bien plus étendue que la vôtre. Quant aux attaques sur le physique… Là, ça touche carrément toutes les femmes. Regardez n’importe quelle vidéo de Youtubeuse et checker les comms, y aura toujours des commentaires sur le physique, soit pour dénigrer, soit des élégantes expression d’un désir brusque de faire des choses sales à la pauvre demoiselle qui n’a rien demandé. Vous avez le droit de ne pas être sensible au charme d’une personne, de là à le lui balancer… Même moi, alors que je n’ai jamais montré ma trombine en ses lieux, je m’en suis pris plein la gueule sur mon physique. Wokééééé…

Voilà, si vous arrivez à juger là dessus, faites-moi signe

Voilà, si vous arrivez à juger là dessus, faites-moi signe

A ce niveau, vous allez me dire que c’est pas grave, qu’il faut pas écouter les cons. Oui mais déjà, à un moment, si tu tapes sur le cuir à répétition, ça finit par l’attaquer. Est-ce que vous imaginez la force de caractère qu’il faut avoir pour réussir à ne pas être blessée par ces attaques incessantes ? Les gros cons limités qui s’attaquent au physique ont-ils seulement conscience du mal qu’ils peuvent faire ? Ont-ils seulement envisagé que la demoiselle qui s’exprime a pu souffrir de complexes physiques graves par le passé, que s’exposer est pour elle une véritable épreuve et que leurs attaques “pour le LOL” peuvent lui faire mal plus que de raison ? Et puis sérieusement, attaquer sur le physique, passé un certain âge, faut passer à autre chose les enfants. Vous n’avez rien d’intelligent à dire sur le fond ? Bah taisez-vous. Et tant qu’on est sur le physique, les remarques sur nos seins, nos formes qui vous mettent en appétit ou sur le fait que ça vous colle la trique et autre joyeusetés, ça ne fait pas plaisir non plus.

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Mais le pire, ce sont les menaces. Parce qu’une femme dit quelque chose qui déplaît, elle se prend des menaces de claques dans la bouche ou pire, de viol. Parce que si on n’est pas d’accord avec l’Homme, c’est souvent qu’on est mal baisées et qu’une bite bien placée nous ferait voir la vérité ou du moins nous dissuaderait de continuer à expliquer en quoi la personne a tort.

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Le problème, in fine, c’est qu’en 2016, on essaie encore et toujours de confisquer la parole aux femmes. Vous allez me dire “oh mais les mecs aussi, ils s’en prennent plein la gueule”. Sincèrement pas autant : ils ne sont pas systématiquement attaqués sur leur physique, sur la profondeur de leurs propos (je suis pas sûre qu’on reproche avec un tel systémisme la superficialité des blogueurs et vlogueurs geeks ou jeux vidéo), sur leur façon de s’exprimer, ils se prennent bien moins de menaces de violence ou de viol dès qu’ils ouvrent un peu leur gueule. La parole de la femme est bien trop souvent dénigrée. Et pourquoi ? Parce qu’une fois de plus, certains refusent à la femme d’occuper une place égale à celle de l’homme sur la place publique (souvent inconsciemment), parce qu’une femme n’aura jamais rien d’intéressant à dire, parce qu’elle sera forcément taxée “d’hystérique”, de “pas pédagogue”, de “mal baisée” et qu’évidemment, elle n’a pas d’humour… C’est fou cette propension d’une classe dominante à toujours vouloir imposer un humour oppressif en refusant de voir ce qu’est le problème.

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Etre une femme engagée sur le web, c’est dur. Même quand on n’est pas engagées, d’ailleurs. Parfois, on se dit qu’on va juste remballer et partir sur la pointe des pieds, revenir dans la vraie vie ou personne ne nous insulte ou nous menace juste parce qu’on a eu l’audace de partager son avis, de le défendre, de s’affirmer, de souligner qu’un propos de dominant est problématique. Puis on pense aux autres, à celles qui n’osent rien dire, à celles qui se défendent d’être féministes parce que les féministes, ce sont des misandres hystériques (révélation : non). Alors on va laisser Ginger se reposer, profiter des gens de la vraie vie et on va continuer à faire du bruit en attendant. Parce que si ton seul contre argument, c’est attaquer mon physique ou mon sens de l’humour, c’est bien que mon raisonnement est difficilement démontable.

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Le point Tupperware

Hier, je vous parlais débat et de cette impossibilité de convertir l’autre à partir du moment qu’il a une opinion solide et construite. Tu peux en parler pendant des heures, tu resteras rose, il restera bleu. Sauf qu’il n’est pas toujours facile de l’admettre : puisque j’ai raison, tu as tort, c’est mathématique.

Sauf qu’un avis n’est pas une vérité. On peut débattre des heures de qui de la Terre ou du soleil tourne autour de l’autre, un fait est établi : c’est la Terre qui tourne autour du soleil, point. Par contre, pour une foule de sujets, il n’y a pas qu’une vérité, tout n’est question que de perception. En politique, tu peux considérer que l’éducation est un sujet plus important que l’économie, si celui en face pense l’inverse, aucun n’a tort ou raison (à partir du moment où aucun ne s’appuie sur des arguments fallacieux ou de contre-vérité, j’entends). Mais tu ne lâches rien, tu es persuadé que tu es dans le vrai donc si l’autre ne comprend pas, c’est qu’il est con. Et là, paf, point Tupperware.

Rendons à César ce qui lui appartient, ce nom m’a été proposé par Victor Boissel suite à un appel à contribution twitteresque sur le sujet. J’avais aussi point douche bag proposé par Gugli_ (douche bag : Insulte anglo-saxonne, qui peut se traduire par idiot. À l’égard d’une personne qui ne fait que s’écouter parler.) mais j’ai préféré le 1er qui me paraît plus reconnaissable par tous (et ok, je connaissais pas le douche bag). L’idée est celle d’un hermétisme qui te pousse à énoncer que si l’autre n’épouse pas ton avis, c’est qu’il a certaines tares mentales (débilité, inculture, nombrilisme…). En général, tu sens venir poindre le point Tupperware : celui qui s’apprête à le commettre te répète le même argument en boucle comme si la répétition finirait par lui donner raison (mais, c’est comme le volume sonore, c’est pas parce que tu cries que tu détiens la vérité) puis souligne ton manque d’ouverture d’esprit. Lui n’en n’a pas besoin puisqu’il a raison. Tu refuses de l’admettre. Alors t’es con. Point Tupperware. À partir de là, plus de retour possible, chacun campera sur ses positions et le débat est clos. Et tu te seras pris quelques amabilités dans les dents, c’est gratuit, ça fait plaisir.

Pourtant, tout comme le point Godwin ou le point Alonso (ce moment où ton contradicteur sous-entend ou énonce clairement que tu es mal baisée), l’utilisation du point Tupperware est une défaite. Je lis parfois des débats sur Twitter (enfin, débats, en 140 caractères…) et le premier à dégainer un point Tupperware me paraît perdant, une sorte de pirouette discutable prouvant un manque d’argument ou de répondant. Il y a notamment une twitteuse dont j’apprécie les écrits mais qui agresse très rapidement ses contradicteurs à base de « tu peux pas savoir donc tais-toi ». Oui sauf que ne pas avoir d’enfants ou ne pas être une femme n’empêche pas d’observer. J’ai pas d’enfants mais je sais que certains principes éducatifs ne correspondent pas aux valeurs que je souhaiterais inculquer à mes enfants. Je ne suis pas un homme mais je peux voir quelles sont les traits de caractères devant être les leurs sous peine de passer pour des « tapettes ». Pas besoin d’être une femme pour voir le mot régime imprimé en énorme sur tous les magazines s’adressant aux femmes. Une moindre connaissance sans doute, une inculture totale sur le sujet, pas forcément. Et quand on n’a pas d’avis sur un sujet donné, on ne se mêle pas au débat quoi qu’il en soit.

Bref, ne pas être d’accord n’est pas signe de débilité profonde et quitter un débat en criant « de toute façon, t’es trop con pour comprendre » ne fera pas de vous le vainqueur du débat. Bien au contraire.

PS : Par hasard, j’ai découvert que j’avais déjà parlé de l’idée de si t’es pas d’accord, c’est que t’es con, j’avais oublié ! Et je reste sur la même ligne.

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Cette salope de Blanche Neige

 Par Lucas

Tu te rappelles lectrice, tu te rappelles lecteur ?
Petite fille ou petit garçon avant l’ère de la Game Boy,
Quand le soir venu un membre de ta famille te racontait une histoire…
Et qu’il fallait te la répéter 15 fois par an…
Raconte-moi Cendrillooooooon…
Ou Blanche Neige.
Avec un nom pareil, était-elle vraiment aussi pure ?

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Mine de rien, Blanche Neige, c’est un peu l’école de la vie.
Le Prince Charmant c’est un peu le mari idéal qui arrive avec sa Jaguar et sa Breitling.
La Reine Mère c’est un peu la méchante patronne qui veut niquer le prolétariat des mineurs et  des femmes de ménage sans voir leurs qualités cachées (Blanche Neige, le livre de chevet d’Arlette Laguiller)
Mais je vais trop vite. Revenons à Bogossito.

Le Prince Charmant c’est le mec qui a fait l’école du Louvre ou un 3eme cycle de malade ou une école d’ingénieux (classée « X », c’est le top) ou une Business Cool à Joy in Josas et qui a trouvé un taff de winner et une raison, certes oppressante, mais trrrrès bien payée de se lever le matin.

C’est aussi un type qui a signé pour vivre plein d’aventures avec des tas de méchants ou avec les entreprises concurrentes de sa boite. Il va surmonter des taaaaas d’épreuves : doper les ventes d’un produit, zigouiller le vilain pas beau,  auditer une boite, tuer un dragon, lancer un nouveau produit, passer au dessus d’un précipice, améliorer les marges, sauver la gentille des griffes du méchant qui de toute façon comme tout méchant va crever à la fin, etc…

Seulement voila le CPB ou PCJ (charming prince beginner ou Junior) n’a pas le temps de trouver chausson de vair à son pied. Bah oui, il est tellement pris, qu’il risque bien de jamais le trouver le chausson en rentrant du taff, comme à l’accoutumée, après minuit. Du coup, le BPC il est sur Meetic mais ça les frères Grimm ils se sont bien gardés de le dire. Ils ont préféré nous faire croire que pour chopper des meufs, le BPC il faisait des promenades. Bah ouhai c’est la drague des boulevards tchip tchip tchip, tchip tchio deu houa. D’toute façon, même s’il  trouve la nana,  il ne va pas la garder longtemps. Eh ouhai, mon p’tit prince : les nanas faut être présentes pour elles. C’est elles les stars. Si t’es pas assez attentionné, pas assez à l’écoute, elles vont ailleurs chercher  meilleure chaussure à leur pied. Allez retourne donc voir Bianca…

Et tu sais quoi, Raoul (oui, Raoul le Prince Charmant, c’est trop glamour) tu peux chanter la chanson qu’on trouve à la fin du CD Emilie jolie, version de 1979. Attend je te donne le premier vers et je te fais une version New Wave, rien que pour toi,

Je ne suis qu’un prince charmant, un prince débutant,
Avec  ma carte bleue mon épée et mon Aston Martin fidèle canasson
Pour chopper une meuf qui ne pense qu’au pognon
Laquelle va exiger de se marier
Sous le régime de la communauté
Pour divorcer deux ans plus tard
Et me piquer la moitié de mes avoirs…

Quelle salope cette Blanche Neige…
Je comprends mieux pourquoi on a jamais eu de Blanche Neige II, le Retour.

Et justement, Blanche Neige, pendant que le BPC trottine,  elle fait quoi ?
Eh bah elle fait sa pretty woman ! En esperant trouver un mec blindé, c’est à dire en faisant un peu de ménage chez les riches propriétaires de mine de diamants (hé, pas conne Bianca…).
Elle virevolte entre les 7 péchés capitaux pour donner une image glamour de sa personne.  Elle veut être parfaite alors pour cela elle conchie Atchoum, Dormeur, Prof, Simplet, Grincheux, Timide et  Joyeux,

car Bianca Snow, elle renie le fait d’être
Versatile, Paresseux, Suffisant, Bête, Acariâtre, Lâche et trop Optimiste.

Enfin elle en donne surtout l’impression mais si on analyse les sous entendus certains esprits affutés vont nous dire qu’en fait c’était une grosse chaudasse…
Ils étaient forts ces Frères Grimm tout de même…

Et puis n’oubions pas que Bianca, elle va faire preuve d’humanité et d’audace en goutant la pomme empoisonnée c’est à dire aux fruits défendus. Comme quoi il faut toujours oser braver les interdits et se lancer : la chance sourit aux audacieux.

Et pendant ce temps là je ne vous parle pas de la Reine Mère !!
Celle-là même qui cherche à se convaincre qu’elle est biotifoule alors que c’est une vieille peau, moche et acariâtre, une femme  que son mari trompe surement avec les servantes qui passent.
Une vioque qui se fait câliner par son miroir, symbole même du gigolo.

Chuis blasé : on n’a pas assez étudié la Reine Mère dans une logique freudienne…

Et même si elle est self centered, égoïste en son miroir, sclérosée sur elle-même et complètement aigrie, c’est surtout une mal baisée complètement dèg de voir sa belle-fille chopper le premier beau gosse qui passe par là. Jane Austen, sors de cet artiiiiiicle !!
Et on oublie l’absence du père !!
C’est peut-être ça aussi qui a poussé Blanche à s’amouracher du premier beau gosse venu. Pas de père, donc pas d’Œdipe au pays de Bianca.

Voila, c’était plus une ébauche d’étude qu’une réelle philosophie.
Dans le cadre scolaire de ma bizness cool, j’avais un cours de Micro-Economie où le Partiel comptait 50% et l’autre moitié était une note donnée sur un dossier à rendre, sujet au choix.
J’avais choisi la « Microéconomie de la Chope », sport élémentaire à Sup de Co.

« Marie-Raoulette veut optimiser sa fonction de séduction et utilise du maquillage et de la course à pied pour en produire sur un marché saturé en offres concurrentielles… »

C’était une étude très serieuse. Le prof s’était pissé dessus… D’ailleurs, je me demande s’il ne serait pas intéressant de faire une étude sociologique, psychologique et politique des schtroumpfs. Je donne des idées aux étudiant(e)s en psycho qui nous lisent. Ne me remerciez pas, tout le plaisir est évidemment pour moi !

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Loi d’Alonso / Point Alonso

(en hommage à Isabelle, pas Fernando)

« Plus un débat sur un thème sexuel dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver un propos visant à dénigrer la sexualité d’un des membres s’approche de 1. »
Dans un débat, donner un point Alonso revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de discréditer en vérifiant la loi d’Alonso.

Cette loi s’appuie sur l’hypothèse qu’en cas de désaccord sur un thème, une personne à court d’arguments (ou tout simplement débile) peut avoir la faiblesse d’appuyer ses propos par des attaques personnelles. Cette tendance est particulièrement frappante dans les thèmes relatifs à la sexualité.

Plutôt que d’apporter des arguments fondés sur une logique relative, la personne vérifiant la loi d’Alonso peut attaquer son interlocuteur (avec des critères subjectifs) sur :

  • – son orientation sexuelle (ex: « sale hétéro ! »)
  • – sa sexualité (ex: « mal-baisée ! »)
  • – ses capacités sexuelles (ex: « puceau ! »)
  • – son physique (ex: « petite bite ! »)
  • – sa psychologie (ex: « coincée ! »)
  • – ou toute combinaison de ces divers domaines (ex: « grosse pucelle coincée et mal-baisée ! » oui, généralement, la personne
    n’a pas peur des contradictions
    )


Références :

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On a enfin trouvé le point Godwin des Vingtenaires!

Aujourd’hui, on a de la spécial guest avec Naughty !

Aujourd’hui je squatte pour vous faire part d’une nouvelle qui va révolutionner votre vie: les Vingtenaires ont découvert leur point Godwin.

Petit rappel (on dit merci Wikipedia)

La loi de Godwin est un adage, partie du folklore Usenet, énoncé en 1990 par Mike Godwin : « Plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les Nazis ou Hitler s’approche de 1.» Dans un débat, donner un point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin.

Là, tout de suite, vous ne voyez pas bien le rapport entre les nazis et ce blog. Relisez maintenant l’article précédent. Puis les commentaires. Vers la fin, ça déborde de courtoisie (et moi la première.)

Et là, l’argument ultime fuse « de toute façon, si t’es mal baisée, c’est pas la faute de tous les hommes hein ». Enfin Nina est mal baisée, moi je suis psychorigide (mais ce n’est pas une nouveauté.)

Et le voilà le point Godwin des Vingtenaires. Quand un commentateur arrive à court d’arguments, il sort l’arme ultime: le rédacteur (ou la rédactrice) de l’article est mal baisé, aigri et frustré. Comme si proposer un point de vue différent, qui peut déranger certains, était le signe d’une sexualité peu épanouïe. Comme si réclamer que les hommes s’attardent un peu sur les caresses bucco-génitales était le signe d’une insatisfaction chronique rendant tout l’argumentaire nul, car écrit sous l’emprise de la frustration.

Accessoirement, les plus téméraires iront jusqu’à dire que vu comme il/elle est moche, c’est normal. Parce que derrière un clavier, tout est permis. Et surtout de taper là où ça peut éventuellement faire mal (ou pas.)

Les plus assidus (ou tout simplement les personnes lisant les commentaires) auront remarqué que ce point est souvent atteint sur les articles connotés « sexo » de ce blog. Un peu sa marque de fabrique. Et quelque part, c’est un peu la classe! Même s’il est assez triste de se rendre compte qu’en terme de sexualité, finalement pas facile de faire comprendre qu’il n’y a pas de normalité, mais juste un accord entre deux partenaires sur leurs limites respectives. Ces limites ne signifiant aucunement que ces personnes sont frustrées ou coincées.

Revenons à nos moutons: le problème, c’est que le terme de point Godwin est déjà pris. Et qu’on ne parle pas de la seconde guerre mondiale, mais d’un terrible « si tu dis ça c’est que t’es mal baisé. »

Alors toi, lecteur, lectrice des Vingtenaires, aide-les à trouver un petit nom à ce nouveau point en laissant ta suggestion en commentaire!

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Où trouver l’homme : explication de texte

Petite pause dans mes aventures imaginaires de la recherche de l’homme car apparemment, certains n’ont toujours pas compris le principe. Avant de poursuivre, quelques définitions du petit Larousse illustré :

Fiction : n.f. Création, invention de choses imaginaires, irréelles ; œuvres ainsi créées

Humour : n.m. Forme d’esprit qui cherche à mettre en valeur avec drôlerie le caractère ridicule, insolite ou absurde de certains aspects de la réalité, qui dissimule sous un air sérieux une raillerie caustique.

Après quelques mois de cette saga, alors que je précise toutes les semaines que ceci n’est qu’une fiction, certains trouvent logiques de régler leurs comptes avec la gent féminine par le biais de ces textes là et j’avoue que ça me fatigue mais à un point… Que vous ayez des problèmes relationnels avec des femmes, soit, mais quel est le rapport avec moi ? Comment osez-vous sérieusement me juger, me balancer à la figure que je suis frustrée et aigrie à partir d’un épisode imaginaire ? Je sais que la logique humaine n’est pas la même pour tout le monde mais tout de même, je me demande ce que je dois faire désormais pour que le disclaimer soit suffisamment clair.

Alors pour info, j’aime les hommes, je n’ai même rien contre eux, actuellement. Il m’arrive même de les défendre. Et j’ai même une vie sexuelle très satisfaisante donc, non, je ne suis ni aigrie ni frustrée ni mal baisée. Peut-être ai-je tendance à surestimer l’intelligence de l’internaute moyen qui n’arrive pas à lire tous les mots avant de s’énerver, sans doute en proie à une grande haine contre les femmes car récemment, il leur est arrivé une déconvenue avec l’une d’elles. Mais en quoi suis-je fautive ? C’est quand même dramatique de me
prendre des volées d’insultes régulièrement pour un texte qui ne se veut qu’humoristique et qui me fait quand même passer pour une loseuse les trois quarts du temps. Pour une fille qui pète plus haut que son cul, soit disant, je trouve quand même que je me la joue pas très glorieuse.

Alors concernant l’épisode de la semaine dernière qui a beaucoup échauffé les esprits sans que je comprenne même pourquoi, je vais expliquer le but du truc, histoire que même ceux qui ont du mal avec la notion d’humour et de second degré puissent comprendre (si tant est que ce soit possible) : cette série d’article est une saga, il y a moult épisodes et j’en ai encore pas mal en stock (désolée pour ceux qui se sentent visés dès que j’utilise un personnage masculin). Or, tant que la saga n’est pas terminée, je peux pas trouver un homme car je suis un peu monogame de naissance et si je trouve un homme, je vais pas en chercher un autre. Donc il était impossible
que la balade romantique se passe bien. Je sais, l’immense majorité d’entre vous avait compris car nous sommes ici entre gens de bonne compagnie pour la plupart.

Et puis soyons claires : je sais pas vous mais moi, il n’y a pas que le physique qui compte, c’est une question d’alchimie. Si je m’ennuie au bout d’une heure avec un mec, je ne passerai pas ma vie avec et non, je ne ferai pas l’effort parce que je ne pense pas que ces messieurs qui me reprochent de pas avoir de pitié (oui, j’appelle ça de la pitié) pour un mec avec qui ça ne passe pas se taperait n’importe quelle fille par charité chrétienne. Maintenant, mon gars, si tu t’es pris un râteau avec une fille qui n’a pas compris que tu étais du style taiseux, va t’expliquer avec elle et fous moi la paix. Parce qu’il est illusoire de penser que n’importe quel homme convient à n’importe quelle femme, nous avons chacun nos critères. Et j’ai beau être sympa comme fille, je ne passerai pas ma vie avec un mec qui m’ennuie.

Bref, je sais que ce genre d’article fait chier tout le monde mais là, j’en ai un peu assez des abrutis incapables de lire entre les lignes et de prendre ces articles pour ce qu’ils sont : une fiction gentillette qui n’a pour seul but que de faire rire. Et là, franchement, ça me gâche mon plaisir. Me faire traiter de pouffiasse mal baisée par un mec qui n’a rien compris à l’affaire (enfin, vu qu’il ne sait pas écrire en français, j’ai pas bien compris son commentaire), désolée, ça ne me fait pas super marrer. Bien que les insultes soit l’arme des faibles, j’en conviens. On a le droit de trouver que l’épisode est raté et même de me le dire, je suis même preneuse de tout conseil, suggestion et critique. Mais me faire un procès pour un fait qui n’a jamais eu lieu, là, c’est vraiment ridicule.

Au passage, si tu veux m’insulter, aies au moins les couilles de mettre une adresse mail valide, c’est un peu trop facile de se planquer derrière un écran pour jouer les justiciers. Oui, je sais, là, ça devient beaucoup moins drôle. Mais sache que les comms des personnes non clairement identifiées visant à m’agresser sont systématiquement effacés. Tu n’as pas la politesse de te présenter, je n’ai pas celle de te laisser parler.

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La liste de la fille qui fête Noël

Et en plus, je me casse dans le sud. Liste dédicacée à mon collègue Louis (mais c’est pas ton vrai prénom, collègue, je sais), vous allez voir pourquoi dans la liste.

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– Cette semaine, je fus malade, comme à peu près tout le temps. Mais ce qui est bien, c’est que je n’étais pas la seule : Ioulia à ma gauche : dans les mouchoirs. Lena derrière moi : dans les mouchoirs. A partir de mercredi, plus de Ioulia, Scarlette n’est pas venue jeudi non plus. Bref, rien ne va plus dans l’open space. Du coup, lundi, je me rends à la pharmacie faire le plein : vitamines, actifed et humex. Parce qu’évidemment, je suis prise tous les soirs du lundi au jeudi inclus puis la soirée de mercredi est reportée à vendredi avant d’être annulé. C’était bien la semaine, tiens.

 

– Lundi, soirée poker chez Vicky. 22h, je suis en train de mourir, je plane donc je suicide mon pactole et je rentre chez moi. Enfin, j’essaie parce que la RATP est pas super
motivée donc me voici sur le quai du RER. Prochain train : 22h42. Il est 22h18. Bon, je pourrais retourner chez Vicky, mais à peine arrivée, je devrais repartir. Et ce qui est bien avec la gare de Vicky, c’est que ce sont des quais et un couloir. Bon, finalement, le train est arrivé à 35, youhou. Mais j’aimerais que la RATP arrête de m’en vouloir un peu, surtout quand je suismalade.

 

– Mardi, soirée de la boîte,je rappelle à mon lectorat attentif que j’étais malade et sous actifed. Donc, au départ, je me suis dit « bon, c’est la soirée de ta boîte, juste un peu de champagne et après, tu arrêtes ». Après 4 verres, je paradais, une guirlande autour du cou. Bon, ce qui est bien, c’est que Ioulia (également sous médicaments) n’était pas mieux que moi. « Iouliiiiiiiiia, viens, je vais te présenter le beau mec, là. – Tu le connais ? – Naaaaaaan ! ». Arrive le moment des cadeaux. En effet, on avait pour consigne d’amener un petit cadeau à moins de 5 euros, on a tout mis dans des sacs (poubelle) et on a eu droit chacun à un truc. Moi, j’ai eu un beau stylo jaune avec des plumes et un petit chat qui
s’allume quand j’écris. Très classe, hein ? Je retourne au buffet vérifier que toutes les bouteilles sont bien finies (j’en ai quand même fini trois dans la soirée) et je me retrouve à côté de deux choupis dont un que j’avais repéré en début de soirée. Moi saoule, moi entreprenante. Donc j’entame la conversation avec les deux jusqu’au terrible « moi, j’ai 23 ans… – Moi aussi ! ». Y en a même un qui me rappelle qu’il est né en 84, des fois que je me serais pas encore sentie assez vieille. Bon, puisque c’est ça, j’en embarque un pour aller fumer et
dehors, je parle à tout le monde, je demande aux gens ce qu’ils font et tout. A un moment, Louis, le collègue du début de l’article arrive donc je lui adresse la parole « ouais, toi, t’es Louis ! (oui, je suis une mine d’information quand même) – Ouais et toi, t’es la nana des vingtenaires ! ». Oh sa mèèèèèère ! Ca fait peur quand même. Bon, je repars à mon bureau, je croise mon boss au passage (toujours avec ma guirlande autour du cou) et je retrouve Ioulia qui allait partir aussi. Les soirées entre collègues, c’est trop sympa !

 

– Mercredi, je deviens la femme incontournable du site TMF. Je passe une bonne heure à discuter avec la grande journaliste au téléphone, à la base pour lui expliquer comment mettre une vidéo sur youtube, mais on a discuté un peu de tout et rien, de son blog, des lecteurs, des vacances… Et pour achever mon image de fille trop indispensable, vendredi, je vais à la rédaction
du magazine, version papier, pour former les nanas au blog, à nouveau. Je retrouve Sylvie qui me présente, je sens que mes chevilles vont exploser tant c’est élogieux, houuuuuuu. J’aime bien le côté « pro du blog ». En repartant, je passe par son bureau, elle est enrhumée suite à une allergie donc je lui dis que je compatis « oh, t’es vraiment mignonne, toi ! T’es vraiment quelqu’un de doux ». Ohlala, mais n’en jetez plus, mes chevilles, mes chevilles !

 

– Cette semaine, j’ai fêté mon premier troll sur le site, un truc assez hallucinant. Bon, la personne est arrivée la semaine dernière, soit disant avec son mari mais dès le départ, j’ai eu des doutes sur la sincérité de ces personnes. Parce que la personne faisait beaucoup de fautes mais jamais les mêmes et des fois, il/elle les oubliait. Officiellement une femme donc on va dire elle. Donc j’ai banni son premier pseudo, le 2e, le 3e. Donc, j’ai eu droit à des sujets dédiés genre « la modératrice est mal baisée ». Non, madame, je suis pas mal baisée, moi, je suis pas baisée du tout, en ce moment ! Elle en voulait surtout aux infidèles qu’elle insultait copieusement. Je raconte ça à un pote qui me répond qu’elle
aussi, elle pourrait être infidèle un jour et je lui lâche « infidèle, je sais pas mais vu comme elle est acharnée, cocue, ça, c’est sûr ! ». Mais bon, elle est partie, m’a-t-elle dit. Mais vu qu’elle harcèle les gens par mail, je sens qu’on n’en a pas fini avec cette histoire.

 

– Jeudi, conversation de déjeuner au boulot : « ouais alors tu vois, le mec, il violait les mortes à la morgue et une fois, il a violé la nana et elle s’est réveillée,
elle était pas vraiment morte ! ». Bref, on a parlé cul, sado masochisme, pédophilie et nécrophilie. Bon appétit bien sûr.

 

– Dans la série, je suis un boulet, jeudi, réunion avec le big boss de notre boîte. Celui là même qui m’a vue (un peu) pétée avec une guirlande autour du cou. Il nous explique donc des trucs sur l’avenir de la boîte (enfin, une histoire de déménagement), sur les entretiens d’évaluation, tout ça, tout ça. Alors que j’écoute attentivement, qui c’est qui reçoit un texto ? Il faut savoir que mes collègues détestent mes sonneries de portable (surtout qu’il est à fond sinon, je l’entends pas dans la rue ou le métro et j’ai jamais de poche donc en vibreur, c’est pire) et veulent même créer un groupe facebook « pour que Nina change ses sonneries de portables ». On m’a dit pareil à mon ancien taf… Bref, alors que big boss nous explique un truc, je commence à entendre la sonnerie m’indiquant un texto. Bon sang, mais elle dure si longtemps ? Pour info, c’est un bruit genre cartoon qui freine… Là, tout le monde me regarde, je suis
cramoisie, big boss rigole. Après la réunion, je regarde : SFR. Ils me font grave chier avec leurs textos de pub. Je m’en fous, je téléphone pas, du con !

 

Et voilà, là, c’est bientôt Noël, je repars quelques jours dans mon pays, je suis trop conteennnnnnnnte !  Je voulais vous mettre le dernier clip de Britney Spears (piece of me) mais il est pas exportable, vous pouvez néanmoins le lire là. Alors je mets autre chose à la place.

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Dis, on est ensemble ?

Par Jane

Once upon a time, les choses étaient simples. Très simples. Un garçon séduisait une fille (ou l’inverse), réussissait un rapprochement allant jusqu’à l’horizontale, et hop, on considérait qu’ils étaient ensemble. C’était clair et limpide, personne ne se posait de questions. C’était il y a longtemps, du côté de mes 18 ans. Bon, ok, à 18 ans, les moments les plus torrides de ma vie se bornaient à mélanger ma salive avec un jeune homme. Mais n’empêche. Aujourd’hui, c’est l’article « théorie foireuse ».

Dans un grand moment de nostalgie de Sex and the City, je regarde la saison 1. La rencontre de Carrie avec Big, le début de leur histoire… Et le jour où elle se rend compte qu’un business dinner n’a pas le même sens pour elle que pour lui. En gros, le jour où elle découvre que tant que tu n’as pas parlé d’exclusivité, tu es libre. Enfin il est libre de chercher ailleurs.

Comment est-on passé du stade « on se voit, ça veut dire qu’on est ensemble » au stade « tant qu’on n’a pas mis les choses clairement au point, ça veut dire qu’on est libres comme l’air »?

Il y a quelques temps, cette dernière affirmation m’aurait fait hurler. Et maintenant, beaucoup moins. La preuve, je suis une fervente militante du « t’es célibataire » quand Nina se pose des questions sur le type de relation qu’elle entretient avec Gabriel (là, je pourrais vous exposer mes arguments, mais après on va dire que je cherche à rallier les lecteurs à mon point de vue, ce qui est évidemment faux, étant donné que j’ai raison, je n’ai même pas besoin de tenter de convaincre qui que ce soit) Disons que je m’adapte à la situation.

Petit exemple concret: période de célibat, gentil papillonnage pour passer le temps, et pas forcément envie de se relancer dans quelque chose de sérieux tout de suite (parce que même si pas tous des connards, on peut quand même très bien vivre sans se prendre la tête, si si)

Ca vous rappelle quelqu’un? Moi, j’vois vraiment pas qui…

Le papillonnage permet donc de passer d’agréable moments en charmante compagnie avec un jeune homme qui vous empêchera de devenir l’archétype de la nana mal baisée. Sans pour autant s’enfermer dans une relation « officielle ». Tant que ce n’est qu’un seul, tout se passe bien. Mais quand, éventuellement, sur un malentendu, il y a possibilité de… Que faut-il faire? Comment ne pas commettre un
impair? Comment gérer la crise (si crise il y a)?

S’il existait une solution miracle, ça se saurait. Chaque cas est différent etc etc, oui, on sait, mais ça ne nous aide pas. Faut-il être honnête? Euh, vous vous imaginez, vous, dire à Robert que tiens, au fait, pendant que j’y pense, je vois Marcel de temps en temps, on s’envoie en l’air, rien de bien grave, voilà, c’était juste histoire d’avoir quelque chose à dire, sinon, ça a été ton week-end? D’un autre côté, nier en bloc n’est pas très classe. La femme des années 00 est classe et glamour, assume sa sexualité, donc voilà, on ne ment pas. On change de sujet. Avec classe et
glamour.
Mais parfois, c’est pas mal de savoir ce qu’il se passe de l’autre côté. Juste pour être au courant. Histoire de savoir si tout le monde est sur la même longueur d’onde. Oui, ça aide. Parce que quand on considère que Maurice est un charmant jeune homme avec qui on aime bien passer du temps, point barre, ça serait bête que lui pense de son côté qu’on est la femme de sa vie (même si concrètement, effectivement, on est parfaite, comment pourrait-il ne pas succomber?)
Mais aborder le sujet est périlleux, parce que le flou artistique est parfois préférable. Après, y a plus le choix, faut assumer. Soit tout le monde est d’accord, on se voit sans se poser trop de questions et sans se promettre quoique ce soit, et advienne que pourra. On peut même avoir envie finalement d’officialiser la chose (je rappelle à titre purement informatif qu’un plan cul avec exclusivité ne peut plus être appelé un plan cul, c’est une façon soft de dire « Chéri tu es à moi ») Soit il y a désaccord, et là, c’est plus difficile à négocier pour la suite. Parce qu’Hubert, pour qui nous incarnions la perfection faite femme, il pourrait mal le prendre qu’on lui avoue qu’on voit parfois René et Auguste (oui, Louis, c’est fini, ça demandait trop d’organisation au final tu comprends…)

Finalement, c’était plus simple avant…

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