C’est quoi la réussite ?

Alors que la France est peut-être en train de faire un pas de plus dans l’ultralibéralisme si cher à mon système vomitif (j’écris mes articles le dimanche donc là, de suite, je sais pas qui est qualifié pour le second tour et s’il le faut, les poubelles brûlent dans la rue) et du coup, si on réfléchissait un peu à ce qu’est la réussite … Parce que j’aime pas trop la définition actuelle en fait.

gravir les échelons de la réussite

Suite à mon article sur le fait que j’aimais pas mon taf (en priant à mort pour que personne de ma boîte ne capte qui est l’autrice de cette prose), j’ai remarqué une sorte d’élan, de “ah mais moi aussi, pareil !”. Puis dans la semaine, en discutant avec un groupe d’amis sur Facebook, je balance nonchalamment, à propos du boulot”, “je laisse pisser, je ne gagnerai jamais”. Ce à quoi mon pote ultra positif me répond que je ne dois pas dire ça… Mais rassure-toi mon ami, ce que je disais n’était in fine pas négatif. C’est juste que je n’arrive pas à être politique, à me placer, à faire semblant. Et je n’y arrive pas aussi parce que mon métier me paraît pas utile à la société et qu’il est une dépense d’énergie bien trop importante pour 3 euros de plus et un titre ronflant.

Economies

Le titre ronflant, parlons-en. J’ai souvent l’impression que c’est le graal, la quête ultime, être “head of” pia pia. Quand je me balade sur LinkedIn, c’est de la poésie, tous ces intitulés ronflants sans le moindre sens qui me font de l’oeil juste parce que je trouverais drôle d’être “chef du bonheur au travail” ou autres. Après tout, si je veux, je suis directrice de publication [de mon blog] ou Founder/CEO [de mon autoentreprise que je devrais fermer vu qu’elle génère 0 revenus]. Quand je parlais l’autre jour du fait que j’avais pas de perspectives, une collègue n’arrêtait pas de parler de “briller”. Mais je m’en fous de briller en fait, c’est pas ça, mon moteur. Ma motivation, c’est…

Carottes pour motiver son équipe

Apprendre. Oui, je l’ai déjà dit donc je vais pas refaire l’histoire. Mais en fait, en réfléchissant à ce sujet de réussite, je me rends compte que j’ai tort de courir après la “réussite” telle qu’on la définit dans notre société de la start up de la win (on est mardi, là, je l’ai bien mangé le résultat du 1er tour). Je m’en fous d’être chef, boss, entrepreneuse, manager ou quoi que ce soit. Je veux juste avoir mon aventure et mieux, je veux essayer. Ma réussite, ce n’est pas avoir une promotion qui ne sera pas forcément liée à mes compétences mais à ma capacité à me placer. Ma réussite, c’est tenter des trucs, apprendre et faire honnêtement. Ma réussite, c’est arriver à travailler, à écrire sur ce blog et ailleurs (ah ben oui, j’ai dit que j’allais entrer en résistance, va falloir le faire, quoi), à écrire mon roman, à faire des vidéos, à coudre, cuisiner, faire du yoga, de la plongée, dormir, aussi. Bref, ma réussite, c’est pas social, c’est pas un titre sur une carte de visite. Ma réussite, c’est juste être quelqu’un que j’aime bien. Et j’aime pas trop trop les carriéristes arnaqueurs.

Les carriéristes

Alors on pourra dire de moi que je suis une ratée, que j’aurais dû être plus élevée dans la hiérarchie parce que j’ai du talent mais que j’ai pas montré assez d’ambition pour gratter un titre ronflant. Si vous voulez. Moi, je m’en fous. Si pour vous, la valeur ne se mesure qu’au titre écrit sur votre CV , soit, je ne réussis pas. Moi, je préfère oublier cette dimension là car je sais que ça n’a pas de grande valeur et me concentrer sur mon épanouissement. C’est pas forcément ce qui me fera mieux vivre sur le plan financier mais sur le reste… J’y gagne.

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Le vote conservateur, le choix de la zone de confort

[Article écrit avant le 1er tour, peut-être délicieusement anachronique]
J-3 avant le premier tour (ENFIN) et ça débat sec partout où vous allez : au travail, sur les réseaux sociaux, en famille, dans l’ascenseur, dans le métro. Il y a ceux qui sont convaincus, ceux qui ne savent pas… et ceux qui flippent. Et quand j’entends celà, je me demande : le vote conservateur est-il le choix de la zone de confort ?

Sortir de sa zone de confort

Quand je traînasse sur LinkedIn, entre deux équations “que seuls 10% des gens pourront résoudre (ou n’importe quel élève de CE2)”, demande de likes pour trouver du boulot ou mantras à la con, tu vois plein d’appels à quitter sa zone de confort, tenter l’aventure pour réussir. Si j’y vois souvent du bullshit, j’y vois un parallèle intéressant avec le choix politique : aurions-nous une peur panique du changement ? Je lis des échanges à droite à gauche, notamment sur l’Union Européenne et l’euro en mode “ouais mais si on sort, ce sera l’apocalyyyyyypse, regarde le Brexit !”. Alors de 1/ sur le Brexit, faut pas oublier qu’en dehors de Londres, l’Angleterre est un pays avec une paupérisation catastrophique mais surtout de 2/ à part la mère Le Pen et Asselineau, personne ne parle de sortir de l’Euro. Et non, pas Mélenchon, désolée de vous contredire : ce n’est que son ultime recours si la renégociation des traités européens échouent. Et je suis désolée mais l’UE est un échec. Regardez la Grèce, surveillez l’Espagne et l’Italie. Si vous, ça vous gêne pas de faire crever les voisins (tout en ignorant bien leur crise des migrants au passage), ok, bien, mais ne vous faites pas avoir par les épouvantails alarmistes…

Effrayant épouvantail

Parce que je parle de l’Europe mais c’est pas le seul cas. On va pas sortir du nucléaire parce que ohlala, ça coûte cher… alors que bon, un accident, ça coûtera beaucoup plus mais ce n’est pas trop plausible. Ce n’est pas impossible, juste que la probabilité est en notre faveur. Plus personne ne veut de cette énergie, la plupart des pays glissent petit à petit vers une énergie renouvelable moins polluante mais nous, on est leaders, hého ! Oui, cool, mais être leader de quelque chose que personne ne veut plus, je vois pas super l’intérêt. Et pour rappel, on n’a qu’une seule planète…

Centrale nucléaire

Et les emplois ? L’économie ? Le tournant de la rigueur, c’était en 83… Vous trouvez qu’on va mieux, vous ? On a beau changer le nom du président et du premier ministre, on a toujours les mêmes discours nauséabonds sur les salauds de pauvres qui tuent la France, se serrer la ceinture, encore et encore, travailler plus et gagner moins parce que regarde le chômage chez les voisins. Oui, les gens vivent mal, coûtent un fric monstre à la société car leur santé est niquée mais les courbes du chômage, elles sont plus cools que les nôtres. 34 ans, 34 ans qu’on nous fait culpabiliser alors que pendant ce temps, un de nos chers candidats a détourné un million sur les deniers publics (ça en fait des mecs au RSA qui fraudent pour arriver à une telle somme) et que dire des salaires de nos députés et sénateurs, des caisses noires, des détournements et petit arrangements… mais ce sont les pauvres le problème, c’est nous qui ne voulons pas nous serrer la ceinture d’un cran de plus, nous qui ne voulons pas accepter de gagner moins tout en bossant plus. Je ne suis pas allergique à l’effort mais à un moment, faut que je sois convaincue que ça paye.

Des efforts pour l'austérité

Je suis une solidaire. Je ne suis pas de gauche, je ne suis pas socialiste, communiste, trotskyste ou ce que vous voulez, je suis juste solidaire. Je sais que par ma naissance, je suis privilégiée : oui, je suis une femme MAIS je suis blanche, issue d’une classe riche donc j’ai pu choisir mes études et si j’ai bossé pendant mes études, c’était de l’argent de poche. Je fais aujourd’hui de la classe aisée parce que j’ai un boulot qui paye pas si mal parce que j’ai un master 2 que j’ai pu avoir car mes parents ont tout payé. Je suis blanche donc je n’ai jamais eu de soucis à l’embauche (je fais jeune, on ne se pose jamais la question de ma reproduction). Donc je trouve normal de repartager ma part du gâteau parce qu’elle est très grosse alors que mon voisin n’a eu que des miettes. Donc en tant que solidaire, je ne suis pas dérangée par les impôts si l’argent va bien dans un système solidaire. Surtout que bon, aujourd’hui, je suis du côté de ceux qui donnent mais peut-être qu’un jour, je serai du côté de ceux qui reçoivent. J’ai eu la jambe cassée, la solidarité m’a payé mes frais médicaux, mon séjour à l’hôpital… Bon, au pire, j’aurais pu payer, mes parents auraient pu m’aider mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Je n’ai pas peur de perdre parce que finalement, je serai toujours dans celles qui s’en sortent parce que j’aurai toujours un emploi et un revenu. Vivre un tout petit peu moins bien (aka faire un peu moins appel au jap’ quand on a la flemme de manger, prendre les transports au lieu d’un Uber et voyager un peu plus à la roots) si ça peut permettre que mon voisin vive juste décemment, comment on peut refuser ce contrat, sérieusement ?

Solidarité

Mais les conservateurs le savent : on a peur. La bête immonde est à nos portes, chaque parti prendra soin de mettre un de ces adversaires à la place de cette bête. Pourtant, a-t-on réellement quelque chose de grave à perdre ? Peut-on se dire que continuer dans ce modèle qui cumule les échecs, c’est plus sécure ? Parce que quand on voit ce qu’on nous proposait comme changement en 2012, finalement, on n’aime pas risquer, on préfère rester dans sa zone de confort et s’indigner devant ses hippies qui manifestent pour un autre monde en se disant que, oui, quand même, si la police les a frappé/gazé, c’est sans doute qu’ils l’avaient bien cherché.

Vote conservateurvote

Pourtant, pardon mais quand on voit ce qu’on a, comment peut-on avoir peur de changer la donne ?

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Travailler dans sa passion, ce n’est jamais vraiment travailler

Proverbe à la con ou à peu près certainement croisé trente fois sur LinkedIn. On a quand même un rapport bizarre au travail si on y réfléchit bien. Parlez autour de vous, tout le monde va trouver à se plaindre de ce quotidien répétitif, peu épanouissant et souvent humiliant. Pourtant, notre métier, pour certains, on l’a choisi, non ? Alors pourquoi travailler dans sa passion, ce n’est pas tant le paradis que ça ?

Endroit parfait pour travailler - travailler dans sa passion

Il y a quelques années, j’avais cotoyé rapidement un mec qui, tout mytho qu’il soit, m’avait posé une question intéressante : “pourquoi tu passerais pas ton rescue diving ? Comme ça après, tu pars vivre en Thaïlande pour devenir prof de plongée là-bas !”. Mmmm, vivre toute l’année au soleil et une bonne partie sous l’eau, j’avoue que ça fait rêver. J’ai d’ailleurs un ancien camarade de mon club de plongée qui vient de tout plaquer à 40 ans et quelques pour devenir encadrant dans le sud… Bon, un peu poussé par une rupture, certes, mais quand même. Alors allons demander son avis à Laurent, notre encadrant pendant notre voyage aux Philippines “Tu vois, j’ai pas le droit de me dire un jour “non, je plonge pas, j’ai pas envie”, je dois y aller tous les jours et là, j’en ai marre !”. Parce que la plongée, c’est en général très sympa mais parfois, ça peut juste être horrible : tu peux plonger avec des boulets qui vont gâcher la sortie de tout le monde, il y a les conditions météo qui ne sont pas toujours au top, le courant, le froid, la fatigue… La première chose que tu apprends en plongée, c’est de ne pas y aller si tu le sens pas. Sauf quand tu encadres.

Poissons clown dans leur anémone

Il y a l’écriture. Mon rêve de chichounette, le truc que je rêvais de faire petite en tapant à deux doigts sur la vieille Olivetti de mes parents. Sauf que… l’écriture est un loisir pour moi, une petite escapade hors de mon quotidien comme le serait une balade en forêt par exemple. Et j’ai peur qu’à partir du moment où ça devient une obligation, mon “petit tour en forêt” devienne une tannée de type “balade avec de la boue jusqu’au genoux, tout ça pour servir de buffet aux moustiques”. Ca fait de suite moins envie. Voyez si je prends en exemple ce blog qui n’est pas du tout mon travail vu qu’il me rapporte pas un cent, il fut un temps où je me forçais à écrire juste pour publier régulièrement… et plus je me force plus j’écris mal. Parce que des fois, j’ai pas envie. Parce que des fois, je suis fatiguée. C’est même pas forcément que j’ai rien à dire, juste que ce que j’ai à dire, ça sort pas. Si vous saviez le nombre d’articles abandonnés que je tente de reprendre parfois en me demandant ce que je cherchais à dire au moment où je l’avais débuté.

forêt sur le versant de la Soufrière Guadeloupe

Alors, oui, vous allez me dire que ce que je vous dis sur mes passions comme travail, c’est finalement comme n’importe quel job : y a des jours avec et des jours sans. Y a des jours où je vais pondre 3 recos avant le déjeuner et d’autres où, sur la même plage horaire, j’aurai juste écrit le titre de la première slide. Sauf que mon travail n’est pas ma passion : je le fais par hasard, y a des jours où j’aime ce que je fais, d’autres où je passe ma journée à chercher quelle formation je pourrais faire pour me tirer de là (ou des recettes de cuisine ou des cours de sport… ou n’importe quoi parce que j’ai pas envie). Peut-être que c’est juste moi qui ai une vision merdique du travail, un truc où tu dois t’y coller tous les jours, peu importe si c’est un jour plus ou un jour moins… En tout cas, depuis que j’ai mon rituel d’écrire dans le métro, j’écris un peu tous les jours, c’est facile, ça coule tout seul. Mais il est vrai qu’avoir ce métier à côté qui me ramène suffisamment de sous pour préparer actuellement mon projet voyage au Japon, peut-être ne suis-je pas prête à lâcher ça pour faire ce travail que j’aimerais tellement que j’aurais pas l’impression de travailler.

Le bonheur au travail

Peut-être ai-je choisi la mauvaise stratégie ?

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Grâce à Facebook, jamais tu n’oublieras

Samedi, je traînasse mollement sur les réseaux sociaux en attendant que mon mec soit prêt pour une petite virée à la cool. Ayant un peu fait le tour des trucs intéressants, je jette un oeil sur les “personnes que je pourrais connaître”, activité que je réserve généralement à LinkedIn vu que je rajoute rarement des gens sur Facebook. Mais la curiosité, hein… Quand je vois paraître un joli mec avec un bébé dans ses bras. Salim. Ce genre de mecs que j’aimerais bien faire disparaître dans les limbes de l’oubli mais Facebook a décidé : non, tu n’oublieras pas.

pile de post it tu n'oublieras pas

Je vous fais la version courte pour que vous compreniez à quel point Salim n’a rien à faire dans ma mémoire : on fréquente la même sphère pendant quelques mois, je le trouve fort appétissant mais j’ai l’impression qu’il me bat froid puis soirée et révélation : il a envie de moi, j’ai envie de lui. Après une nuit ma foi pas terrible et qui ne reste dans les annales que parce qu’il a pété mon lit (vraiment…), je me dis qu’on ne doit pas rester sur une déception mais le mec me ghoste. Ok, fine, pas grave, je suis juste un peu dans l’incompréhension, comment tu passes de “ah ben je viendrais bien m’installer plus proche de chez toi” à “…” (ceci étant, le mec qui veut s’installer limite dans mon appart au bout d’une nuit, j’aurais dû me méfier). Bref, Salim disparaît de ma vie. Je le vois de temps en temps resurgir sur Facebook s’il fait un truc avec une relation commune (ce qui a très vite cessé) ou sur LinkedIn où j’ai découvert qu’il avait été embauché dans une boîte où j’avais passé un entretien (et que je n’avais pas DU TOUT apprécié rien qu’à l’entretien). Et puis la vie va, je déménage et jette donc mon lit, dernier « lien » avec Salim. Jusqu’à samedi donc où son visage souriant légèrement caché par celle d’un bébé me saute à la tronche. Bon, après un rapide calcul, si c’est son enfant, je comprends mieux le ghosting…

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Bref, je vous parle de Salim mais il n’est point le seul à venir hanter épisodiquement mon Facebook, même quand je ne regarde pas. Tu as d’ailleurs les vexantes personnes qui t’ont retiré de leurs amis, Facebook “fout-la-merde” débarque en mode “hey, tu veux pas rajouter ton apparemment ex ami-e ?”. Ah oui, oui, j’adore être la meuf qui tente de forcer la fenêtre quand on lui a fermé la porte. Tu as bien sûr ta petite galerie d’ex ou assimilé, ceux qui t’ont un jour écrit un mail, la tante d’un mec que t’a rajouté et que tu te demandes pourquoi on te la suggère, les gens que tu stalkes, aussi, histoire de remuer le couteau dans la plaie. Non parce qu’on va pas se mentir, on ne stalke pas les gens pour vérifier avec bienveillance qu’ils sont heureux. Au mieux, on est curieux de savoir ce qu’ils deviennent, au pire, on est mesquins et on va se rassurer en constatant que leur vie est vachement moins bien que la vôtre (et on maudit ceux qui verrouillent leurs comptes tellement que tu vois RIEN). Et je parle de Facebook mais c’est pareil sur Twitter ou même LinkedIn ! Les réseaux sociaux passent leur temps à agiter sous ton nez les fantômes du passé.

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Ceci étant dit, admettons le positif (dans ma nouvelle philosophie de vie de Nina feels good (un jour, je le ferai ce blog, promis), je tente de toujours relativiser) : se retrouver nez à nez avec un visage semi oublié permet de faire un petit point sur vos sentiments vis à vis de la personne : indifférence ou fond de rancune ? Parce que si c’est le 2e cas… ben travaillez dessus. Quelle blessure égotique cette apparition a-t-elle réveillée ?

2 femmes boudent

N’empêche que… c’était plus facile d’oublier ses erreurs du passé sans les réseaux sociaux. Se déconnecter ? Mmmm… je vais conserver encore un peu ma mesquinerie, plutôt.

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L’amour sur les réseaux sociaux

Tant qu’on parle d’amour avec la désormais passée St Valentin (et pour ceux qui veulent savoir : mon gâteau magique était absolument délicieux, la recette en cliquant sur le lien, vous devez le tester), j’ai envie de me pencher plus spécifiquement sur la mise en scène de son amour sur la toile : l’ amour sur les réseaux sociaux.

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En 2016, je vais peut-être soigner mes photos culinaires, qui sait ?

Dans mes timelines diverses, je vois passer moults contenus, chacun affichant ce qu’il souhaite donner comme image de lui : performances sportives, plats cuisinés (coucou ! Ben, je cuisine peu alors quand je le fais, faut que ça se voit), voyage (re coucou), opinions politiques (ça dépend), culture avec le programme précis des sorties culturelles de la personne et son avis sur ce qu’il a vu/lu en 3 mots… mais nous avons aussi les couples qui roucoulent d’amour sur nos timelines. Certains trouveront ça mignons, d’autres lourds… Moi,selon le degré, je vais finir par trouver ça suspect.

L'amour sur les réseaux sociaux

Alors je ne suis pas une partisane d’afficher toute ma vie de couple sur les réseaux sociaux parce que… ben parce que la vie de couple, c’est pas non plus l’aventure H24 et un dimanche à glander sur le canapé, ça n’intéresse personne à part les deux concernés, il me semble. Cependant je ne cache pas non plus ma situation amoureuse, Victor et moi échangeant de très nombreux messages sur les différents réseaux sans faire style qu’on n’est pas ensemble. Ceux qui me suivent sur Twitter et sont un peu attentifs n’auront aucun mal à trouver le compte de Victor (c’est pas un défi que je vous lance). Sur Facebook, on est au même endroit au même moment, on se like et on se commente mais pas de photo de nous ensemble… Essentiellement parce qu’il en existe peu vu qu’on n’est pas super fans des photos (c’est pas pour rien que je suis toujours derrière l’appareil) mais surtout qu’une nouvelle fois, je vois pas super l’intérêt. Mais c’est une fille qui ne comprend pas le besoin de faire un selfie devant chaque truc que l’on croise qui vous dis ça, je dois prendre 10 selfies par an, essentiellement pour changer ma photo de profil Facebook, celle que j’ai ne me plaisant plus. D’ailleurs, ça passe les selfies sur LinkedIn ? Non parce que j’ai la même photo depuis 3 ans, elle commence à me saouler. Bref. Donc mes photos de vacances, c’est en général “regarde ce que j’ai vu, c’est trop génial” et pas “regarde, c’est MOI devant un truc génial !”. D’ailleurs, on le voit moins le truc génial. Ressentant peu le besoin de mettre mon image en scène, il est donc naturel que je ne le fasse pas pour mon couple non plus.

Quand je me selfise

Quand je me selfise

La plupart de mes contacts agissent ainsi : il est assez facile de comprendre qui est leur moitié puisqu’ils ne se cachent pas, sans pour autant s’exhiber. Mais il y a d’autres styles qui m’interpellent un petit peu. En premier lieu le :

Je ne veux aucune trace de mon couple sur les réseaux sociaux : alors ok mais à un moment, ça finir par devenir suspect. Qu’on n’utilise pas le “en couple” de Facebook, soit, ok, je ne le fais pas non plus. Mais qu’on s’attache à faire disparaître toute trace d’un éventuel autre, qu’on parle de son only one sans jamais le citer alors qu’il est bien dans le réseau mais tu comprends, c’est pour “préserver notre intimité”… Non, c’est que je pense qu’il/elle t’a fait croire ça juste pour pouvoir chasser tranquillement sur les réseaux sociaux. Surtout qu’à un moment, le couple caché est cramé donc si aucun des deux n’est déjà en couple, pourquoi faire genre que non ? C’est pas parce que tu admets être en couple avec un pseudo ou un profil Facebook qu’on va tous s’inviter à votre mariage, hein… Enfin, de mon expérience, les mecs qui cachent farouchement leur meuf sont rarement irréprochables niveau fidélité (et du coup, c’est très drôle quand quelqu’un les tague sur la photo de leur propre mariage… tu tombes un peu des nues mais ça reste drôle).

Salut, je suis la meuf du mec qui te chauffe sur les réseaux sociaux en t'assurant qu'il est célib !

Salut, je suis la meuf du mec qui te chauffe sur les réseaux sociaux en t’assurant qu’il est célib !

– Les “regarde, t’as vu, je suis en couple, t’as vu, t’as vu ?”. Ceux là, tu peux pas avoir une photo de l’un sans l’autre et des commentaires mielleux à longueur de page. Ceux à qui tu as envie de hurler : “Ca va, c’est bon, on a compris que vous étiez en couple !”. Ici, j’ai tendance à voir un comportement sous-jacent à base de “woh je suis ENFIN en couple, regardez les amis, quelqu’un a voulu de moi !”. Je ne sais pas si c’est mignon ou flippant, à dire vrai… Parce qu’à travers les réseaux sociaux, à travers nos statuts et nos tweets transparaissent nos angoisses les plus profondes. Pourquoi mettre à ce point son couple en avant ? Pourquoi “pisser” sur l’autre pour bien marquer qu’il est nôtre… Surtout si l’autre est du genre “non, je n’affiche en aucun cas mon couple sur les réseaux sociaux”. Les likes et les retweets de toute manifestation de notre adoré-e se multiplient… Et s’étale sous ton nez l’évident déséquilibre de ce couple que, parfois, tu ne connais même pas.

"Poste un truc que je le like/retweet"

« Poste un truc que je le like/retweet »

Je suis toujours un peu interrogative sur les motivations d’exposer son couple à ce point. Ou de le cacher farouchement (alors qu’on vous crame très facilement, arrêtez). Parce que finalement, dans votre romance très affichée ou votre célibat artificiel, je n’y vois toujours que le sous texte : ce que j’aime dans mon couple ? L’image que ça donne de moi.

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Quoi ? On ment sur les réseaux sociaux ?

La semaine dernière, l’univers des réseaux sociaux a subi un véritable séisme : Essena O’Neill, star d’Instagram, a fait une terrible révélation : tout n’est pas si rose au pays de la photo de smartphone refiltrée. Et oui, on peut être star d’Instagram, chut. Essena a poussé un cri du coeur : “non, les réseaux sociaux, c’est pas la vraie vie”. Mazette, quelle révélation !

Ceci est une pause tout à fait naturelle

Ceci est une pause tout à fait naturelle

Il y a un bon paquet de temps, j’ai eu pour ambition de rédiger quelques articles appelés “mise en scène du soi sur les réseaux sociaux” parce que oui, tout est orchestré pour faire un peu rêver. Je veux dire, qui irait sur les réseaux sociaux si c’était pour voir la gueule des autres au réveil ou pour lire des “aujourd’hui, il ne s’est rien passé” ? Les réseaux sociaux, c’est le plus grand soap opera du monde : du rire, des larmes, des grossesses (beaucoup, d’ailleurs, mon entourage ne semble pas concerné par la baisse des naissances en France, j’ai presque plus vite fait de faire la liste de mes copines pas enceintes que celles qui le sont…), des mariages, des ruptures, de la violence… Un vrai cocktail d’émotion brute… ou presque.

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De temps en temps, je cause avec mon ex, Guillaume 1er, qui m’explique qu’il refuse d’aller sur Facebook parce qu’il veut pas que le géant américain sache tout de sa vie. Je peux comprendre qu’on se soucie de l’utilisation de ses données personnelles et de la protection de sa vie privée mais… on n’est pas obligé d’absolument tout partager non plus. Sur mon Facebook perso, peu de publications : mes voyages, quelques instants heureux, quelques articles plaisants. A la limite, mes likes et mes commentaires doivent en dire bien plus si on les cherche : “Bonjour, je suis féministe et gauchiste, je me sens d’humeur à expliquer aux machistes et xénophobes à quel point leur vision de la société pose problème”. En gros. Brut de pomme de décoffrage* la meuf. Et je me dis que mon vrai moi devrait un peu se calmer sur le sujet car on ne sait jamais qui lit la conversation et qui pourrait retenir mon nom en négatif. Genre le recruteur d’une trop super boîte où je pourrais postuler un jour, on ne sait pas. Mais voilà, sur mon vrai moi, en ce que je poste, y a pas grand chose sur Facebook et sur Twitter et LinkedIn, je suis insupportable de fayotage en mode “HE SALUT JE SUIS L’ACTU DES RESEAUX SOCIAUX, T’AS VU ?”

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Infographie piquée à Jérôme Deiss

Oui, on pose sur les réseaux sociaux, bien sûr qu’on pose sur les réseaux sociaux. Matez le profil de n’importe lequel de vos amis, vous noterez que les photos les moins avantageuses sont postées par les copains qui ont eu le taggage vache. Enfin, si la personne a eu le courage d’assumer… J’avoue sans honte m’être détaggée de photos où j’étais vraiment horrible, surtout celles datant des prémices de mon adolescence… Pour le reste, belles photos avec du sourire en veux-tu, en voilà, des cheveux shiny, un corps environ parfait, un lieu paradisiaque.

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Oui, on met en scène, quelle surprise ! Sur mes réseaux professionnels, je sélectionne les infos que je diffuse en fonction de l’image que je veux donner de moi. Lorsque je cherchais à quitter ma précédente boîte, j’avais envie de tenter l’aventure du côté du paid et du RTB et relayais de nombreux articles sur le sujet sur mes réseaux. Aujourd’hui, j’essaie de construire quelque chose autour de la data et de l’e réputation donc… Et j’évite de publier mes résultats à Candy Crush ou 2048 parce que non, ça ne donne pas une image de fille brillante qui résout des casse-tête mais plus une fille accro à son mobile (qui serait bien foutue de tenter de battre son record en réunion et de nous pourrir le Facebook avec ses invitations à jouer pour gagner des vies). Je ne comprends pas l’aspect révolution de ces révélations. S’il est drôle de voir les photos retouchées en mode “je fais genre que je passe un bon moment alors que j’ai posé pendant 3h dans le froid”, je ne vois pas qui est vraiment naturel sur ces réseaux sociaux. On ne poste pas gratuitement, jamais, il y a toujours un but… et celui-ci est quand même dans 75% du temps de donner une image de soi. Les 25% restants sont partagés entre la râlerie et l’envie d’expliquer à un inconnu qu’il a tort (je plaide complètement coupable).

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Parfois, j’ai envie de créer un compte “la vraie vie nulle de *pseudo à trouver*” justement pour illustrer le fait qu’on ne poste jamais rien par hasard sur les réseaux sociaux.

* Expression honteusement volée à Tutotal

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Affiche ton mantra !

En tant que bonne consultante social media, je passe pas mal de temps sur les réseaux sociaux à la recherche d’infos puisque comme je l’ai déjà dit, le social media, en 10 jours, t’as 30 nouveautés (à peu près). Et sur LinkedIn (et relativement sur Facebook), je vois passer ces cartons avec une phrase de motivation dessus, un mantra censé te faire atteindre les étoiles. Et ça m’agace prodigieusement.

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Il y avait une sentence que j’aimais bien “Ce n’est pas parce que c’est difficile qu’on n’ose pas mais parce qu’on n’ose pas que c’est difficile” (Sénèque), petite phrase que je me répète quand j’abandonne avant d’avoir commencé pour de mauvaises raisons, l’universelle étant le manque de temps. Parce que je reste convaincue que le temps, je l’ai mais je perds trop de temps en glande et ce même si je m’accorde un droit à la paresse. Non parce que passer des soirées à résoudre des escape rooms, ça détend certes mais ça ne me rend pas meilleure et ça nuit en plus à mon sommeil. J’aimAIS bien ce mantra, oui, mais à force de le voir étalé en long, large et travers sur mon LinkedIn avec un photo random derrière, je finis par ne plus la supporter. Idem pour “Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait” (Mark Twain… Toi aussi, révise les auteurs des citations célèbres avec le blog des Vingtenaires, le blog qui te nourrit le cerveau).

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En l’occurence, ces mantras sont balancés par des pro entrepreneuriat en mode “prend ta vie en main, ouais !”. Alors je n’ai rien contre l’entrepreneuriat, je n’ai même aucun avis sur le sujet de façon générale, mais faut arrêter de nous vendre ça comme le truc des gens audacieux. Je vais parler de mon environnement professionnel en particulier, certains me diront que dans le leur, ce n’est pas ça du tout, mais des (auto) entrepreneurs, j’en ai une très belle collection dans mes contacts LinkedIn, Facebook et Twitter, des gens qui se lancent, audacieux ou conquérants (bon, quand tu ne les connais pas personnellement, tu ne sais jamais s’ils se mettent à leur compte après avoir préparé leur projet ou juste parce qu’ils ont perdu leur boulot mais je ne critique pas en soi la démarche), qui te balancent du mantra à tour de bras… Pour afficher fièrement leur CDI retrouvé à la première occasion. Parce que entrepreneuriat, ce n’est pas facile, il ne suffit pas de créer son petit statut d’auto entrepreneur et de se montrer volontaire sur les réseaux sociaux pour choper du client. Faudra que je fasse un article sur entrepreneuriat et pourquoi ça peut me poser un problème. Bref, les mecs nous expliquent que, eux, ils sont audacieux, “regarde, je l’ai fait alors que personne n’y croyait, qu’ils pensaient tous que c’était impossible, ahah !”, à coup d’image neuneu.

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Et ça me gonfle. Je trouve le principe de mantra pas si con en soi, je me dis que je devais en imprimer quelques uns chez moi pour me booster un peu et utiliser mon temps à bon escient pour atteindre mes objectifs MAIS je considère que c’est quelque chose de personnel. Les choses que je souhaite accomplir, je veux le faire pour moi. Si j’ai envie de partager mon aventure avec d’autres pour montrer que ce que j’ai mis en place marche ou non, je peux le faire à travers un blog ou éventuellement un livre si mon histoire est folle. Mais poster comme ça des phrases dont on a vidé tout le sens parce qu’on l’a trouvé sur Internet et que ça fait entreprenant et volontaire, non. Non.

Dans le genre citation sur photo random, celle ci tient le haut du panier

Dans le genre citation sur photo random, celle ci tient le haut du panier

Je comprends la nécessité de travailler son image sur le web, je le fais moi-même. Parce que je sais qu’aujourd’hui, on a tendance à googliser quelqu’un qui postule dans notre boîte ou qui nous propose ses services. C’est rassurant de voir que cette personne est associée à des articles sur son domaine d’expertise, que son fil Twitter est gavé d’articles sur le sujet, indiquant qu’il suit les actus, qu’il participe à des conférences. De la même façon, se rappeler au bon souvenir de ses contacts LinkedIn en postant des contenus percutants, oui. Je dis 4 fois oui. Si je suis gênée qu’on veuille faire de « je », une marque, mon discours change sur le côté professionnel. Je me fiche de l’avis des gens sur ma vie privée narrée ci ou là mais par contre, côté pro, j’essaie d’être irréprochable et de dessiner les contours des sujets qui m’intéressent pour qu’un jour, quelqu’un se dise : quelqu’un spécialiste des réseaux sociaux et qui a son nom associé au tourisme, au big data ou que sais-je encore… mais oui, Nina Bartoldi !

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Mais ce côté « mantra » chopé sur le net, ça pue le flan. A la limite, gardez ça pour votre Facebook, ce haut lieu de la mise en scène du soi mais sur un réseau professionnel, ça pue le kikoolol. Vous voulez démontrer votre esprit d’entreprise ? Mettez par écrit vos expériences et conseils (sans refaire 30 fois un article déjà vu du type « pourquoi avoir une page Facebook? », c’est bon, ça va, on est en 2015 les gars, ce point là est acquis, offrez autre chose que vos platitudes) (et ne réécrivez pas en français les articles de The verge and co, ça ne fera que prouver votre niveau, parfois relatif, en anglais). Mais ce côté « mantra pour ado », non, pitié. Parce que ça me rappelle ces phrases philosophiques qu’on écrivait au stylo bic de couleur dans nos cahiers de texte pour faire genre qu’on était des torturés philosophes alors qu’on ne comprenait même pas de quoi il s’agissait. J’ai toujours trouvé que coller des citations un peu partout pour faire cultivé, ça crée précisément l’effet inverse : tu vas sur Evene et tu trouves des citations sur tout et n’importe quoi donc niveau culture, on va se calmer. Et si tu as A TOUT PRIX besoin d’étaler ton mantra à la gueule du monde, essaie d’en trouver un un tant soit peu original parce que Sénèque ou Mark Twain, ça pue le manque total de personnalité ou d’inventivité. Et ce n’est jamais très bon pour son image pro.

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Sur ce, je vous laisse avec cette citation de Shia Laboeuf « Let the dream come true, just do it! »

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Ca, c’est du mantra qui pète sa classe.

PS : J’ai toujours pas d’avis arrêté sur Shia Laboeuf, j’arrive pas à décider si ce mec est un putain d’artiste génial ou un mec totalement border.

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“Je” est une marque… ?

En tant que consultante social media, je réalise souvent des veilles sur mes réseaux sur le sujet afin de ne pas trop être larguée. C’est un peu l’inconvénient de ce métier : tu pars en vacances 15 jours et quand tu reviens, tout ce que tu croyais connaître sur les réseaux sociaux n’existe plus. Un jour, on se lèvera et Twitter ne fonctionnera plus en 140 caractères. Parmi les quelques articles parvenus naturellement jusqu’à moi, un article qui m’a passablement énervée : pourquoi il faut supprimer de votre liste les amis passifs.

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Dans les faits, j’ai une gestion assez inexistante de ma liste d’amis : je supprime rarement les gens et je ne sais jamais combien j’ai d’amis dans ma liste, notant parfois que je n’ai pas vu passer une personne depuis un bail. Ah tiens, pourtant, nous sommes toujours amis. J’ai supprimé quelques exs ou assimilé récemment vu qu’on ne se parlait plus et qu’à part faire ma voyeuse et cancaner, ces amitiés ne me servaient à rien. Et les cancans ne font pas de moi une personne meilleure. Bref, je ne sais pas qui sont mes amis et mon Facebook est paramétré pour que seules certaines personnes voient mes rares mises à jour. En gros, à part quelques photos de vacances sur lesquelles j’apparais très rarement, y a rien à voir, passez votre chemin.

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Et pourtant, l’article précédemment cité m’explique que je dois supprimer mes amis inactifs car… ils nuisent à mon reach (nombre de personnes atteintes par une publication pour les non initiés). Ouais, à cause de ces fantômes, tous mes amis ne verront pas mes belles photos de vacances, c’est intolérable. Mais… pardon mais ça vous importe, vous, que tous vos amis voient vos statuts ou bien ? Je veux dire : si je dois partager une news importante genre, je sais pas, “hé salut, je suis en cours de reproduction avec mon chéri, livraison du colis dans 3 ou 6 mois” ? ou éventuellement un “hé salut, je m’expatrie car j’ai trouvé un super boulot à l’étranger”, mes amis, les vrais, seront au courant bien avant que je le balance sur Facebook et heureusement ! Je serais pour ma part bien vexée que mes amis proches m’annoncent une grosse news via Facebook et ne me l’aient pas dit avant. C’est même à ça que je mesure ma proximité avec mes “amis” Facebook. Si j’apprends leur mariage, leur grossesse ou expatriation par le réseau, c’est que je ne suis pas leur amie, au mieux une pote ou une camarade, voire une lointaine connaissance. Je mets un like, poste un “waouh félicitations” et la vie va. Et si je rate la news ? Et bien, vu que ce n’est pas une personne que je vois suffisamment régulièrement pour me rendre compte que sa circonférence abdominale a cru de façon exponentielle ou que leur adresse principale ne se situe plus en France, ce n’est pas si dramatique. Bien sûr, il y a cette fois où je suis allée boire un verre avec Simon et Philippe, anciens collègues de TGGP et où j’ai appris que le premier avait eu des jumeaux et que le second était marié mais n’ai-je rien vu sur le sujet parce que Facebook ne m’avait pas distribué la news ou parce que je n’étais pas connectée au moment où c’est passé ? Nul ne le saura jamais.

La seule raison d'annoncer sa grossesse sur Facebook : faire une photo rigolote

La seule raison d’annoncer sa grossesse sur Facebook : faire une photo rigolote

Mais ce qui m’interroge là dedans, c’est ce besoin presque maladif de visibilité. Oui, sur Facebook, on publie des news pour se la raconter (on va pas se mentir). “Héhé, regardez ce que je suis en train de vivre, ma vie est tellement plus belle que la vôtre, ahah !”. Certains font un peu de promo pro “coucou, je cherche des freelances”, “coucou, j’ai publié des articles”, “coucou, j’ai eu une promotion” mais si tu ne te sers que de Facebook pour ce genre de publication, c’est que tu ne maîtrises pas très bien les réseaux sociaux. Pour le pro, LinkedIn fait bien le job et Twitter te dnne une visibilité publique, sans parler du partenariat avec Google qui prend désormais en compte les tweets dans les résultats de la recherche (oui, pour le moment, juste ceux des big big comptes mais ça va finir par arriver pour tout le monde).

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Et puis, “je” est-il appelé à devenir une marque ? Doit-on gérer nos réseaux sociaux en fonction d’objectifs, en fonction d’un reach ? A ce niveau là, ne postez pas vos mises à jour à certaines heures de la journée pour être sûrs d’être vus, hein ! Poste-t-on pour le plaisir de partager un moment, un bonheur, une bonne nouvelle ou juste pour se la raconter sévère auprès du plus grand monde, y compris Caroline, la fille avec qui on a partagé un goûter en maternelle et Salim, le stagiaire d’une ancienne boîte ajouté pour le mettre admin d’une page Facebook ? Je trouve ça assez déprimant, assez parlant d’une période où les réseaux sociaux ne sont qu’un outil pour nous vendre comme un vulgaire yaourt. Vas-y, like ma grossesse, mon mariage, mon expatriation, mes vacances, donne-moi l’illusion d’être une Rihanna et que mes faits et gestes t’intéressent et font réagir le plus grand nombre… Car j’aurai optimisé mon reach en supprimant ces vilains amis qui ont l’audace de ne pas se connecter régulièrement.

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2014, année où tu oses

Un an pour la trouver celle-là, je suis une merde.

Voici, comme chaque année, mon petit exercice teinté d’autoflagellation préféré : le bilan de l’année. Aaaaaah, alors, 2014, assieds-toi, prends un verre d’eau, voyons un peu ce que tu as donné. De prime abord, autant te le dire de suite : tu as cartonné.

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2014 a été une année assez intense, je dois l’avouer, mon corps a pas mal morflé entre coups de stress et nuits grises (semi nuits blanches), vie privée un peu régulièrement mise entre parenthèse, abandon de toute activité extraprofessionnelle régulière. Heureusement, sur le côté sport, j’ai été pas mal régulière jusque vers octobre, idem pour la nourriture, j’ai eu de grandes phases de bien manger (mais aussi des phases malbouffe terribles, avouons le). Ma santé physique a été légèrement sacrifiée sur le temple de ma vie professionnelle j’avoue. Mais ça paye, pour le moment.

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Car 2014 sera l’année de la réussite professionnelle. Surtout sur la fin. En fait, pour vous raconter un peu, dans mon dernier taf, y a eu une partie “Nina se défonce et tout le monde applaudit” puis la phase “Nina se défonce mais elle est l’enfant mal aimée enfermée dans son placard et seuls les clients et commerciaux applaudissent mais c’est pas eux qui la managent”. Donc comme toute enfant mal aimée, j’ai planifié ma fugue (métaphore bien boîteuse mais laissez-moi vivre ma vie). D’abord, j’ai agi sous couvert, préparant méticuleusement mon baluchon. Rajout de contacts sur LinkedIn, lancement de réseaux sociaux pro où je montrais que j’étais informée, préparation d’un blog marketing (mort né… enfin, à ce niveau, c’est même mort foetus)… Entretiens. D’abord discrètement puis au fur et à mesure de ma placardisation, de plus en plus assumé. Jusqu’à ce que je prenne des pauses déj de 3h sans rien justifier. Et sans que ça ne semble déranger qui que ce soit, d’ailleurs. De toute façon, la boîte allait mal, un licenciement économique se dessinait, je voulais en être, fallait prouver ma motivation… à me barrer. Puis j’ai rencontré cet homme. Au début, je lui ai dit non mais il a insisté alors on s’est vus, on s’est parlés, on s’est compris. Il m’a présenté son chef qui m’a vue, qui m’a parlée, qui m’a comprise. Hélas, j’étais trop chère. Sauf que son meilleur ami était mon DG qui venait lui-même de démissionner (ma boîte, c’était le Titanic mais le moment précis de la scène de panique où tout le monde veut monter dans le bateau de sauvetage, voyez ?). Et celui-ci me fit un joli cadeau “Nina ? Tu la prends sans négocier ce qu’elle a demandé, elle les vaut.”. A l’arrivée, j’ai réussi à partir avec un joli chèque, sans période de préavis tout en ayant déja signé ailleurs pour le salaire que je voulais. 2014, l’année où j’ai réussi à la jouer très fine.

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Depuis, je suis une Autre. Après un mois à m’ennuyer un peu, je suis devenue la Reine de la “social intelligence”, poste gentiment inventé par mon chef, un peu, dont je n’avais pas forcément bien pigé le contenu car je croyais être boss des études sur le social (mon rêve), je suis surtout boss de la stratégie sociale (un peu mon rêve finalement). Alors parfois, j’en chie, oui, mais pour le moment, tout le monde me trouve super, j’en ai définitivement terminé avec mon syndrome de l’Imposteur. Level professionnel : I won.

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Ensuite, 2014 a été l’année des voyages et ça, c’était un gros point positif aussi : Maldives, Barcelone, Oman, Lacanau, Tunisie, Belfast, Lisbonne. De super voyages qui m’ont quand même coûté un peu chers en conneries diverses et variées : appareil photo Canon volé à Barcelone, combinaison de plongée cassée à Oman (pas très grave, suffit que je remplace la fermeture, ça me coûtera une cinquantaine d’euros), ordinateur de plongée cassé en Tunisie, écharpe semée à Lisbonne (mais j’en ai rachetée une autre depuis). 2014, année de la découverte mais un peu année du boulet aussi. Pour 2015, j’ai déjà de nombreux projets de voyage, va juste falloir que je règle ce côté casse-tout et poissarde, ça commence à me fatiguer.

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Côté relations personnelles, il faut que je m’investisse plus dans mes relations amicales, que je sois plus disponible (et donc moins au boulot) et que je sois plus à l’origine des pots entre potes, je laisse trop l’initiative aux autres. Côté amour, j’ai quand même eu une jolie histoire cette année même si c’était plus celle de 2 potes qui jouent au couple mais on a bien rigolé et notre petit périple en Tunisie (UCPA, on a certes fait plus romantique) reste un excellent souvenir pour moi. D’autres petites histoires, aussi, celles qui me font me rendre compte que je plais plus que je ne crois. Par contre, je plais de plus en plus aux mecs maqués, ça devient légèrement redondant cette histoire…

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Bref, si je résume, l’année 2014 fut quand même bien sympa. Quelques déconvenues et déconfitures, certes, mais quand on fait le bilan, je m’en sors très haut la main. Je m’en suis presque sortie sans une égratignure (me suis bien vautrée dans l’escalator l’autre jour mais à part un pied bleu, pas de  mal). En 2015, on remet ça (la recherche d’un nouveau job en moins, bien sûr) en une chouille moins intense ?

 

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Mets-toi en danger

Depuis quelques temps, je passe beaucoup de temps sur LinkedIn car c’est la meilleure source d’infos sur mon métier, devant Twitter (où les infos sont noyées au milieu de tranches de vie qui n’intéressent que leur auteurs et jérémiades sur à peu près tout ou n’importe quoi). Mais comme tout réseau social, il y a ses récurences, du test d’intelligence avec un calcul (à priori) simple ou le fameux « trouvez l’errreur » pour un peu se faire mousser en mode « je suis trop intelligent, tavu ? ». Mais surtout, sur LinkedIn, ce qui marche à mort, ce sont les mantras sous forme de carton dont celui qui me turlupine depuis quelques temps :
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Puis en mai, je suis partie à Oman, donc. Et dans le magazine « Néon« , que je recommande au passage, que vois-je ? Un article sur la nécessité de l’échec. Et là, ça fait tilt dans ma tête. Je dois me mettre en danger. Au pire, je me plante et j’apprends. Au mieux, je réussis et je me surprends.
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Alors se mettre en danger, c’est bien mais je fais quoi ? Pas de tentative de funambulisme au dessus du Grand Canyon, non. Rien qui compromette ma carrière non plus, faut pas déconner. Donc je vais tenter des trucs qui me parlent pas… dans mes loisirs. Il faut dire que j’ai toujours choisi des activités dans lesquelles je sais avoir des facilités : la natation (hyperlaxie mon amour), la plongée (aquaphilie bonjour), le chant. J’ai vite laissé tomber le violoncelle car je me pensais nulle ce que, objectivement, je ne pouvais mesurer, étant en cours individuel. Je bave d’admiration devant les tableaux de ma mère qui devient vraiment excellente en peinture mais je pars du principe que je ne saurai pas le faire. Peut-être ai-je raison. Peut-être ai-je tort ? Qui sait ?
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Tout ceci est la conséquence de trois défauts :
– le manque de confiance en soi : inutile de détailler, je n’ai pas toujours (c’est même assez rare) confiance en mes qualités même si j’ai déjà réussi à me guérir de mon syndrome de l’imposteur. Enorme pas en avant.
– ma patience : je veux réussir tout, tout de suite, sinon ça me saoule. Je décrète que je suis nulle et point.
– ma paresse : j’ai des facilités, je me repose dessus.
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Ainsi, lorsque je suis allée voir un médecin généraliste-médecin du sport-osthéopathe et peintre en bâtiment à ses heures perdues, il me regarde 30 secondes et me fait « ah, une hyperlaxe ». Ah oui, en effet. Au bout de quelques manipulations, il soupire « quel gâchis : avec votre hyperlaxie, vous auriez dû être une athlète de haut niveau. Saviez-vous qu’Usain Bolt, Federer, Nadal… tous des hyperlaxes ». Rah putain ! J’aurais pas été aussi feignasse plus jeune, je serais peut-être millionnaire en ce moment, à me dorer la pilule sur un yacht au large de la Sardaigne… Bon, pour être tout à fait honnête, j’ai fait 3 ans de tennis et j’étais complètement nulle, j’ai réussi à aller jusqu’à la balle orange mais sans doute par pitié. Mais tout ça me travaille : j’ai tellement été pas sportive pendant 27 ans de ma vie que j’ai jamais envisagé que j’aurais pu réussir là -dedans étant jeune. Et je n’ai pas vraiment essayé puisque après le tennis, je suis passée au tir à l’arc. Où je n’étais pas très douée à cause de l’item « impatience » qui me rendait incapable de viser longtemps. Et le manque de muscle qui me faisait trembler si j’essayais de toute façon. Peut-être que si j’avais cherché à sortir de ma zone de confort, je serais une athlète aujourd’hui. Ou autre chose, qui sait.
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Alors une décision s’impose : si je couple ça à mon besoin de m’affirmer, je l’annonce, à la rentrée, je ferai des arts martiaux. Je sais pas encore lequel mais je vais me renseigner. Et si j’y arrive, je tenterai autre chose. Et puis j’écrirai enfin un truc que je balancerai à des éditeurs. Je finirai bien par provoquer un échec, apprendre… Et finir par réussir. Joli projet.

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