Ma vocation : l’écriture

Un vendredi midi, je suis en sophrologie et nous voici en visualisation à nous imaginer dans une forêt où l’on rencontre un sage (qui est Colin Firth pour moi, je me demande bien pourquoi je l’ai pris lui) à qui on pose une question. Moi : “quelle est ma voie”. Il va nous répondre. Sur le coup, je suis un peu sceptique : c’est moi qui joue la scène, je vais pas avoir ma réponse… “Ecrire”. Ah, si putain. Et en même temps, c’est tellement évident. Des années que je cherche ma vocation alors que je l’ai toujours su.

cahier d'écriture ma vocation

Quand tu écris lors d’un week-end yoga sur les bords de Loire

J’ai 8 ans, peut-être 9. J’ai trouvé une vieille machine à écrire dans le cellier (qui était en fait une sorte de débarras avec quelques bouteilles au fond) et je tape des histoires navrantes sur ma vieille Olivetti qui coince des fois les doigts (oui, je sais plus pourquoi mais il semble que j’ai mis mes doigts là dedans un jour… ou alors je les ai coincés entre deux touches ?). Je suis une enfant, j’écris des phrases sujet-verbe-complément, les gentils sont trop gentils et les méchants vraiment trop méchants mais j’aime déjà ça. J’ai donc 8 ou 9 ans, je suis en centre aéré et la nouvelle monitrice (je faisais mi-juillet, fin août avec gros turn over au milieu) nous demande ce qu’on veut faire plus grand. Crânement, je réponds “écrivain” (oui sans e, j’étais pas très féministe à l’époque). Parce que j’aimais écrire. Parce que j’ai passé mon adolescence à écrire. Parce que j’ai un peu arrêté adulte parce que les études puis le travail. Sauf ce blog.

Machine à écrire Olivetti

Retour à la forêt du sage. “Le sage vous demande ce que vous feriez si vous étiez sûre de ne pas échouer”. J’écrirai. Tellement évident. Qu’est-ce que j’ai foutu ces dix dernières années, qu’est-ce que je suis allée faire dans cette voie qui ne me correspond pas ? Gagner des sous, youpi… Oui parce qu’on va pas se mentir, c’est à peu près ma seule carotte et vu que c’est pas la politique de la maison d’augmenter (j’ai eu 2% en 2 ans et demi, youhou… mais une de mes collègues a eu une fois 3% en 5 ans… pendant ce temps, d’autres se font des plus +10 000 en un an, peinardos), faudrait que je bouge encore et encore mais pffff. La flemme. Surtout que depuis ma révélation, je cogite, je réfléchis à un plan. Etape 1 : lancer des blogs un peu plus rentables que celui-ci (vu que j’ai pas de pub ici, ce sera pas dur de faire plus rentable, ça le sera dès 5 cts gagnés)… Etape 2: continuer et finir le roman de Maja pour l’envoyer à des éditeurs (123 pages à l’heure où j’écris cet article, hihi). Et puis aussi finir de retaper Technopolis si ce n’est fait (je ne me souviens plus) et le balancer en auto édition pour avoir un peu d’argent de poche. En clair : lancer une petite activité autour de l’écriture et voir ce que ça donne. Si ça marche un peu, passer à un ⅘, voire un ⅗… voire en totale indépendante si ça marche TRES très bien, retourner vers le journalisme. Parce que ça paie peut-être moins mais j’aime un peu mieux. Mais sans précipitation ni obligation, le but n’est pas de finir dans la rédaction d’un journal people à pisser des news sur des gens que je ne connais même pas histoire de générer du trafic non plus. Peut-être forcer à mort dans ma boîte pour partir vers la data et les études pour devenir data journaliste… Un truc dont j’ai rêvé l’autre nuit, justement, amusant…

data journalisme

Bref, maintenant que je sais, je comprends ma lassitude au sujet du travail, ma procrastination crasse (qui n’est rien d’autre qu’un manque de motivation et d’envie, quel que soit le nom qu’on lui donne), ma non envie de jouer le jeu de la politique même si je suis blessée dans mon orgueil de voir les petits jeunes aux dents longues me passer devant mais je le sais : le mérite n’est rien, il faut savoir se placer avant tout. Je joue pas le jeu, je devrais en accepter les conséquences. Mais justement, inversons le paradigme : mon taf, là, redonnons lui le sens qu’il a vraiment : c’est de l’alimentaire. Stressant (pour rien), fatigant mais au fond bien payé et un boulot de caissier est tout aussi fatigant (je déteste le bruit) et stressant avec tous les clients qui viennent te prendre la tête… Moi au moins, les clients qui me prenaient la tête quand je faisais du CM, ils étaient derrière un écran, je risquais rien. Alors on va faire ça : du 9h45-18h45, apprécier l’argent gagné pour la liberté de créer qu’il m’offre et s’en foutre. En attendant de, peut-être, réussir dans ma vocation de coeur.

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Birdman d’Alejandro Iñarritu

D’ordinaire, je suis la fille à lever un sourcil voire deux quand on me propose d’aller voir un film primé aux Oscars/Césars. Ces cérémonies étant plus un bal de faux culs occupés à masturber leurs voisins pour tenter de choper une statuette (ou une compression). Bon, ok, les Oscars, c’est pas les pires, j’admets. Mais là, la bande-annonce m’avait enthousiasmée et on m’avait dit que c’était un peu comme Mulholland Drive, l’un de mes films préférés. Donc avec Victor, nous voici pop corn* en main et c’est parti.

 birdman

L’histoire : Riggan Thomson, ancienne gloire hollywoodienne surtout connu pour son rôle dans Birdman, les aventures d’un super Héros à moitié oiseau. Après avoir refusé Birdman 4, Riggan tombe peu à peu dans l’oubli. Pour rebondir et gagner enfin ses galons d’acteur, il décide d’adapter au théâtre un roman de Raymond Carver. Au casting : Lesley, une actrice qui réalise enfin son rêve de jouer à Broadway, la jeune et éthérée Laura, maîtresse de Riggah et Ralph, un acteur poussif qui surjoue en permanence. Autour de Riggan gravite sa fille, Sam, sortie tout juste de sa rehab et nommée assistante de Riggan, son meilleur ami, producteur et avocat Brandon et son ex femme, Sylvia.

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Alors que l’on assiste aux répétitions, un accident survient, Ralph se prend un projecteur dans la figure et va donc avoir du mal à assurer les générales qui doivent avoir lieu le lendemain. Rebondissement : Lesley propose de contacter son ami Mike Shiner, un acteur génial. Bonds de joie, tout le monde y croit. Mais Shiner va se révéler absolument ingérable et au fur et à mesure de ses fraques, l’aspect noir de Riggan ressort : une voix gutturale (qui n’est pas sans évoquer le Batman de Nolan) l’accable, essaie de le faire péter les plombs, Riggan s’adonne de plus en plus à la télékynésie. Est-il réellement Birdman ?

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Au fur et à mesure des générales de la pièce qui se déroulent toutes mal, la colère grandissante de Riggan rythmée par une batterie de jazz incroyable nous amène petit à petit jusqu’au jour de la première, vrai climax du film.

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Alors que penser de Birdman ? Je ne prétendrai pas à l’objectivité : j’ai vraiment adoré et j’ai envie de vous pousser à aller le voir. La musique est complètement incroyable, prenante. La caméra sur épaule qui suit les personnages dans un décor sombre et un peu étouffant. Le rythme est hyper enlevé, parfaitement souligné par la batterie jazz donc, tu restes collé à ton siège pendant tout le film, tu veux voir la suite, vite. Petit effet intéressant (mais je ne sais pas si c’est volontaire) : la bande annonce raconte une histoire tellement différente que tu attends un rebondissement qui ne viendra jamais, tu le comprends quand soudain, une scène apparaît et que tu réalises que ce n’est pas ce que tu croyais. La surprise est d’autant plus grande. Et agréable. Les acteurs sont impeccables, je suis d’ailleurs un peu déçue que Keaton n’ait pas obtenu l’Oscar. J’espère qu’il est bon Eddie Redmayne et qu’il n’a pas chopé la statuette juste grâce à la “prime du biopic”. J’ai bien aimé la mise en abyme d’ailleurs : Michael Keaton, le génial Batman de Burton (mon côté Burton fan girl m’oblige à dire qu’on n’a jamais fait mieux que les 2 Batman avec Keaton)

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Par contre, je suis perplexe quand on me parle de Mulholland Drive. Alors oui, ok, ça parle d’acteurs et y a Naomi Watts dedans qui roule une pelle à une brune. Scène qui me semble d’ailleurs une sorte de clin d’oeil au film de Lynch. Oui, quelques scènes interrogent notre logique, jouent la carte du surréalisme, oui, on essaie de démêler le vrai du faux. Mais après, rien à voir. J’ai aussi vu des comparaisons avec Black Swan. Alors éventuellement oui sur le questionnement sur la gloire, sur l’orgueil, ce besoin maladif d’être aimé et l’envie de réussir et un personnage antinomique mais après…

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Et puis, gros plus produit, ce film m’a fait réfléchir. Avant d’aller au cinéma, on avait discuté, avec Victor, du monde du travail, de travailler par passion ou pour gagner de l’argent en acceptant d’avaler pas mal de couleuvres pour pouvoir “se payer des vacances”. Quand Riggan cherche un nouvel acteur pour remplacer Ralph et qu’il constate que tous ses collègues sont allés se fourvoyer dans des films “franchise” qui leur permet d’avoir du succès alors que lui, qui essaie de faire une performance qui a un sens pour lui, flirte dangereusement avec l’échec.

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Bref, en résumé : allez-y.

 

* En vrai,non, on ne mange pas de pop corn au ciné parce que vu le prix, faudrait que je crève de faim pour m’offrir des grains de maïs soufflés à prix d’or

 

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Apprendre à attendre

Si je devais lister mes défauts, je crois qu’en tête de liste, j’inscrirais : impatiente. L’attente est mon ennemie, le cancer de mon humeur. Autant je tolère attendre un peu quand j’ai rendez-vous avec quelqu’un (c’est plus facile grâce aux smartphones, j’avoue), autant pour le reste… Ceci se manifeste par exemple par une vilaine capacité à céder à des impulsions d’achats que je peux vite regretter comme une yaourtière, utilisée deux fois, ou cet appareil à abdos utilisée une fois et qui m’a ruinée le dos (je la revends si quelqu’un est intéressé… Oui je sais, je n’ai pas sorti un super argument vente).

Alors plutôt que de vider avec enthousiasme mon compte épargne, j’ai décidé d’économiser sous après sous pour mon prochain achat (non impulsif pour le coup) : un appareil Reflex Canon (j’ai pas encore décidé lequel, ça dépendra essentiellement de l’avancée de la cagnotte). Je dois mettre en place des stratégies pour gagner quelques sous supplémentaires mais aussi pour économiser au maximum. Éviter les dépenses inutiles, même au Monoprix. 2 euros par ci, 5 euros par là… Petit à petit, on va se faire quelques petits sous. Ça peut paraître long comme stratégie, surtout que techniquement, j’ai l’argent mais j’ai envie de le gagner, cet appareil photo. Apprendre à attendre.

Construire centimes par centimes son projet. Ça va être long. Je me connais, je vais être tentée de renoncer, cliquer sur achat en choisissant l’option « payer en 3 fois ». Mais non, je dois être forte. Cet appareil, je serai heureuse de le payer grâce à mes petites économies, mes serrages de ceinture divers. Faut aussi que je me lance dans les loisirs créatifs, j’ai plein d’idées, y a plus qu’à. Une de mes stagiaires m’a expliquée qu’elle pouvait se faire jusqu’à 400 € par mois avec ses bijoux. À ce rythme là, en 6 mois je me paie mon appareil tranquille ! Bon, après, je sais pas si je vais pouvoir cartonner autant qu’elle et consacrer suffisamment de temps pour créer suffisamment d’objets pour atteindre les 400 par mois. Faudra aussi que je me penche sur la monétisation des blogs. Pas forcément celui-ci mais peut-être Week-end sac à dos et les versions étrangères des Vingtenaires (quand je les aurai écrites, quoi). Enfin, multiplier les entrées et diviser les sorties.

Apprendre à attendre, économiser mes deniers plutôt que de les flamber. Un petit chemin de croix dont l’arrivée aura le goût merveilleux de l’appareil photo de mes rêves. Courage, plus que 1500 €…

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Je veux pas grandir !

Dimanche soir, j’erre mollement sur les ondes même plus hertziennes, attendant que le sommeil, qui m’avait déjà cueillie de 16 à 22h, daigne repasser me prendre pour me plaquer, impitoyable, dans mon lit. Mais comme il traînassait dans d’autres draps que les miens, je zappais et tombais sur Ally McBeal. Tiens, ça fait une éternité et demi que j’ai pas vu
cette série et pourtant, faudrait vraiment que je m’y penche dessus. Non mais c’est vrai, ça m’échappe un peu le succès de cette série avec la bande de dépressifs qui la compose, dépressifs qui manquent cruellement de cynisme et de second degré. Mais là n’est pas le sujet, je veux vous parler d’une des névroses d’Ally parce que je me rends compte que grosso modo, j’ai la même : je ne veux pas grandir.

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Aujourd’hui, j’ai 30 ans et une vie relativement adulte, si on considère que je me lève le matin pour aller travailler, gagner des sous et que j’en redonne à l’état. Certains me diront que côté vie privée, j’en suis restée à l’adolescence, pas faux mais n’est-ce pas aussi une preuve de maturité de savoir qu’on n’est pas prête à construire une famille parce qu’on a déjà du mal à se gérer soit alors un être de même pas un mètre pas capable de manger ou de se changer la couche seul, j’imagine même pas. Je suis déjà responsable d’un chat, je trouve ça pas si mal. Mais si sur le papier, j’ai l’air relativement adulte, dans les faits, ce n’est pas si simple. Pourquoi ? Parce qu’être adulte, c’est chiant.


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Il y a peu, j’avais ce qu’on appelle « toute la vie devant moi ». A 30 ans, j’ai encore les 2/3 de ma vie devant moi, c’est certes beaucoup mais le tiers passé, il est passé, justement. A chaque mètre que je fais sur mon chemin de vie, je m’éloigne d’une bifurcation possible. Pour me rapprocher d’une autre, certes. Mais renoncer à un champ des possibles est toujours un acte angoissant. Si je prends ma carrière, par exemple, mon chemin se trace. Community manager, je suis. Est-il possible de tout plaquer un jour et partir vers un ailleurs ? Certains chemins sont à ma portée, tout ce qui est marketing ou l’éditorial, pourquoi pas. Le journalisme ? Mon salaire actuel n’est plus vraiment en adéquation avec celui d’un journaliste. Quelques piges, à la limite. L’écriture ? Il va falloir que je m’y remette, sérieusement. Déjà, j’ai des petites envies, reprendre quelques uns de mes écrits ici, les développer pour les publier en auto-édition (parce que je suis pas sûre que ça vaille la peine de les balancer dans une maison d’édition). Enfin, je dis ça mais je ne prends pas le temps d’écrire. Mais si certains chemins restent à portée, d’autres sont définitivement trop loin. Par exemple, il me paraît aujourd’hui difficile de reprendre des études. Dieu sait que j’en ai envie et que ça me titillera toujours mais la réalité de ma vie me fait comprendre que je n’en aurai pas forcément le temps. Alors même que je fantasme très fort sur l’anthropologie ou la sociologie 2.0 et que j’ai même rencontré une fille qui connaît une nana qui a fait une thèse sur les réseaux sociaux. Je DOIS rencontrer cette fille. Mais le temps, les enfants, le temps me manque.

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C’est ça aussi que je n’aime pas dans le fait de devenir adulte, ce que je déteste par dessus tout même et Ally, elle est comme moi : on devient raisonnable. Mais quel mot épouvantable, terne ! Je ne veux pas être raisonnable. Je veux continuer à imaginer que je peux travailler, suivre des cours de plein de chose, faire du sport, écrire, lire… Mon moi
enfantin y croit à mort, il se dit qu’en s’organisant bien, tout est encore possible. Oui, je peux apprendre le russe, le violoncelle, faire de la plongée et du yoga, tenir mon blog et écrire des romans, lire des fictions et des essais, le tout en étant l’employée de l’année. Mon moi adulte rappelle que tout ceci a un coût et un coût très élevé (non mais on peut pas faire du yoga à moins de 600 € par an sans rire ?) et surtout qu’en terme de temps, je suis bien gentille mais non, je ne l’ai pas. Prenons par exemple la semaine dernière :

lundi : L’Amoureux

mardi : plongée puis l’Amoureux

mercredi : rien

jeudi : réunion plongée

vendredi : anniversaire puis l’Amoureux

samedi : plongée en fosse et AG de la plongée

dimanche : brunch-balade avec une copine

 

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La semaine dernière, j’ai donc eu une soirée de libre, youhou ! Et mes soirées se remplissent vite car j’ai toujours des tas de gens à voir, des gens que j’aime voir, j’entends. Ben oui, ma vie étant folle, je rajoute des niveaux d’amitié : il y a mes anciens collègues (3 anciennes boîtes, ça fait beaucoup d’anciens collègues), les amis des blogs devenus amis tout court, mes copines de la plongée aussi, le fameux club des 5 devenu 7 . Ca en fait du monde. Et encore j’ai arrêté les sites de rencontres, ça fait pas mal de soirées libérées du coup. Donc avec ma vie sociale de folie, en quel temps pourrais-je étudier ? Ben le week-end, les soirées de libre… Y aurait sans doute moyen. Sauf que mon moi adulte décrète que non, que ce n’est pas raisonnable, que je dois enfin prendre conscience de mes limites. Mon corps n’a plus 20 ans, il ne tolère plus la succession des nuits de 5h. Dormir, dormir ! Mon moi enfantin se dit parfois qu’il faudrait tout plaquer pour avoir le temps de se nourrir spirituellement sans attendre une retraite que je n’aurai sans doute pas, découvrir la vie de ma maman ou de ma tante, hyperactives depuis qu’elles ne travaillent plus. Cours de dessin et d’anglais, piscine pour ma maman, rédaction d’un livre sur l’histoire des religieuses de mon ancien bahut pour ma tante. Je les envie. Sauf qu’elles, elles peuvent se le permettre. Elles ont travaillé, cumulé de quoi couler des jours heureux à présent que l’heure de leur retraite a sonné. Moi j’en suis loin, ça ne fait que 3 ans et demi que je bosse à plein temps. Faudrait que je joue au loto plus souvent, des fois que…

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Etre adulte, c’est en fait arrêter de rêver une vie mais de la vivre. Et la vraie vie n’est jamais vraiment idyllique. L’administratif l’empoisonne, la sclérose. On peut rêver à des tas de choses, il faut garder les pieds sur terre car la pelle de courrier quotidien est là pour nous clouer au sol : paye tes factures, arrête de dépenser ton argent, cet appartement n’est pas le tien, paie ton loyer. Travaille pour te donner l’illusion de la liberté, celle où tu peux te payer de l’évasion avec ta CB même pas gold car cet argent, il est à toi, tu l’as gagné à la sueur de ton front. Indépendance illusoire, on quitte un esclavagisme pour un autre, en fin de compte.

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Pourtant, même si mon corps et mon visage m’enlèvent quelques années, je dois m’assumer. Ce serait facile de se retrancher derrière un syndrome de Peter Pan pour ne rien faire de ma vie. J’avance. J’aime avancer même si chaque pas en avant ferme des portes. Il en ouvre d’autres aussi. La seule différence, c’est que je n’évolue plus dans l’univers douillet de l’enfance où Maman viendra faire un bisou sur nos petits bobos pour les guérir. Parce que l’enfance, ce ne sont que des petits drames, on pleure pour notre genou écorché, notre crayon rose perdu (c’est mon voisin de classe qui me l’avait piqué, j’en reste traumatisée), notre mauvaise note en écriture. Adulte, les bobos sont plus graves, plus profonds. C’est la vie.

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Un bac+5 pour faire des ménages ? Mais vous êtes surqualifiée

(Retour de la chômagie. Courage, il doit rester une dizaine d’articles et on passera à des choses plus gaies, promis)

Quand on cherche un boulot de type CDI pour la vie (enfin, pour la vie, c’est comme le mariage, y a beaucoup de divorces), arrive un moment où on se dit qu’on va être obligé de passer par la case boulot alimentaire, ne serait-ce que pour avoir une vie sociale avec des horaires. Perso, peu de temps avant de trouver mon CDI pas pour la vie (seulement 6 mois d’idylle, finalement), je commençais à sérieusement envisager de travailler au Starbucks. Moins odorant que le McDo, pas mal de clients étrangers pour parler un peu anglais, y a pire dans la vie. Dans les faits, je n’ai jamais postulé vu que j’ai trouvé un CDI peu de temps après avoir eu cette brillante idée. Mais arrive un moment où trop de diplômes ferment les portes.

Cas concret : Guillaume 1er , mon ex. Guillaume a un bac+4 (maîtrise d’histoire) et est actuellement au chômage. Ayant renoncé à devenir prof car il ratait systématiquement le capes (qu’il ne révisait pas, hum…), il cherche du boulot, n’importe quoi. Un jour, il contacte une boîte qui fait des ménages dans les hôtels, ce genre de chose et le recruteur lui dit clairement : « je vais pas embaucher un bac+4 pour ce genre de poste sinon ceux qui ont un niveau inférieur au vôtre, il vont faire quoi ? ». Là est tout le problème. Sur le fond, je comprends parfaitement le recruteur. On propose des filières pro qui ne passent pas forcément par le bac et on ne propose plus de poste à ces gens là parce que des bac+ les prennent. Mais comment s’en sortir ? On a tous le droit de travailler, indépendamment de notre diplôme. Evidemment, il n’y a pas de poste pour tout le monde, même les boulots les plus mal payés et mal considérés sont pris car arrive un moment où il faut bien gagner de l’argent. Pas mal de boulots sont précaires, « en attendant mieux ». Toujours
est-il que quand on est jeune et inconscient des réalités, on nous dit d’avoir plein de diplômes pour s’assurer un avenir en or. Sauf que certains diplômes n’ouvrent aucune porte. Concrètement, une maîtrise d’histoire, j’en ai une, elle ne m’a jamais servi à rien, si ce n’est étudier un sujet qui m’a beaucoup plu. Mais la crise constitutionnelle canadienne, ce n’est pas très vendeur, ça;sert au mieux à briller en soirée mais si je me présentais dans une rédaction en me prétendant spécialiste de la question canadienne et québécoise, on me rirait au nez. De un, un mémoire de 200 pages sur une période de 9 ans ne fait pas de moi une spécialiste et de deux, le Canada, à part les élections, on n’en parle pas beaucoup. Voire même pas du tout. Par exemple, le premier ministre fédéral vient de convoquer des élections, Le Monde en a fait une brève, le Figaro a carrément zappé le sujet alors que quand même, le premier ministre fédéral ne respecte pas la loi qui impose les élections à date fixe (ce qui n’était pas le cas jusque là). C’est très intéressant mais bon, on s’en fout un peu, y a les élections américaines, c’est plus passionnant et grâce à Sarah Palin, ça sent le sang et le scandale. Donc je me serais arrêtée à ce niveau d’étude, aucun poste à bac+4 ne m’aurait convenu. Ou plutôt je n’aurai convenu à aucun poste.

Du coup, il ne reste plus qu’à trouver des postes exigeant des niveaux moindres. Sauf que pour ces postes là, il y a déjà des gens qui ont le bon niveau et qui n’apprécieraient sans doute pas de ne pas trouver de boulot parce que ceux qui ont un diplôme supérieur leur pique leur boulot. Alors, c’est quoi la solution ? En dehors d’un bac+5 (voire +8 si ça continue), point de salut ? Sans doute qu’il faudrait limiter les filières qui n’aboutissent à rien mais à la base, après la maîtrise, Guillaume voulait passer le capes, la maîtrise
est une étape vers la thèse… C’est une étape, pas un terminus, normalement, difficile donc de supprimer ce genre de diplômes, quoi qu’on en dise. Peut-être faudrait-il proposer plus de formations pour des métiers spécifiques dans les agences pour l’emploi (ANPE, agences interim) histoire de ne  pas retourner à la fac pour ceux qui en ont assez des études et veulent maîtriser un métier rapidement ? Car nombre de formations pour adultes se font dans le cadre des entreprises avec les DIF. Et pour y accéder, encore faut-il déjà être en entreprise.

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Où trouver l’homme ? Episode 14-2 : au café après le musée

(je rappelle à mes chers lecteurs que tout ceci n’est qu’une fiction parce qu’en vrai, j’ai pas le droit d’aller au café en journée alors que ça fait 3 bons mois que je suggère l’idée à Ioulia et Simon. Mais Simon étant un chef « sympa-mais-faut-pas-pousser », il me rappelle qu’il faut bosser. Des fois, la fac me manque)

A la recherche du prince charmant
Recommandé par des Influenceurs

La semaine dernière, je vous avais laissé en pleine joute verbale avec le dandy séduisant du musée mais qui commence à grave m’énerver. Du coup, je n’ai plus envie de me marier avec et de lui faire des enfants (au pluriel, ouais) donc je me la joue chieuse. Puisqu’il m’attaque sur Scoop, journal people que je ne lis pas mais dont j’anime le site, je vais le défendre bec et ongles (courts).


« T’as un discours réac typique du mec qui n’a jamais ouvert ce genre de magazine. Tu décides que c’est de la merde parce que ça ne correspond pas à tes stéréotypes d’intello prétentieux qui se considère au dessus de la masse mais qui ne sait absolument pas de quoi il parle. De la même façon, j’imagine que tu craches sur des émissions populaires parce que forcément, ce qui plaît au petit peuple, à la France d’en bas, comme on dit, ne peut être que mauvais. Mais je suis sûre que tu es du genre à consommer ce genre d’émission ou de
magazine en cachette pour mieux cracher dessus.

– J’ai même pas la télé !

– Mais ça importe peu, ça. Tu as déjà lu Scoop ne serait-ce qu’une fois ?

– Certainement pas, je vais pas leur filer de la tune.

– Donc c’est ce que je dis, tu condamnes sans savoir.

– Je l’ai déjà vu chez le dentiste.

– Donc tu l’as déjà lu. Tu vois, tu n’assumes pas.

– Donc si je l’ai lu, j’ai tort, si je ne l’ai pas lu, j’ai tort aussi. C’est assez limité comme argumentation !

– Pourquoi, moi, j’argumenterais alors que toi, tu te contentes de condamner ? Tu veux que je te dise ? Oui, la vie des people, je m’en fiche, il y en a toujours que je ne connais pas alors savoir s’ils sortent avec Jim ou Joe, ça ne changera pas ma vie. Il n’en reste pas moins que ça m’arrive de le lire en vacances parce que ça me prend pas la tête, que le côté gossip m’amuse.

– Et ça t’amuse de savoir qu’à partir du moment où un artiste est connu, il n’a plus aucune intimité ? Ça ne te ferait pas chier, toi, d’être traquée en permanence ?

– Mais enfin, tout dépend comment tu joues le jeu. Des tas d’artistes qui cartonnent ne passent jamais dans ce genre de journaux, ne serait-ce que parce qu’ils ne vont pas dans toutes les soirées people où ils se font arroser de cadeaux, ils ne partent pas en vacances à St Tropez et compagnie. Ophélie Winter tire l’essentiel de ses revenus des procès qu’elle intente à ces journaux alors qu’en partant en vacances à St Trop ou St Barth, elle sait très bien qu’elle sera paparazzée.

– Et ça te dérange pas d’alimenter tout ce système.

– Je n’alimente rien du tout ! Je n’achète pas cette presse mais par contre, c’est une toute petite partie de mon job et c’est aussi ça qui me fait manger. Je vivrais bien aux frais de l’Etat mais tu vois, j’aime gagner mon argent. Surtout que j’y travaille ou pas, ça ne changerait strictement rien. Maintenant, le gossip a toujours existé, les potins, ça circule, qu’on parle de stars, de collègues, de relations… On fait même du potin avec les politiques et finalement, c’est juste parce que les gens adorent partager les scoops, c’est comme ça. On a tous nos petits travers et je trouve celui là moins nocif que d’autres. »

Il gratifie mon joli discours d’une moue dédaigneuse. Apparemment non seulement je ne l’ai pas convaincu mais en plus, le peu d’estime qu’il avait pour moi, il l’a oubliée au musée. Mais, là, je suis remontée, je suis partie. La semaine prochaine, je l’atomise. Juste pour le fun.

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DESPROGES MON AMOUR

Par DianeFrançaises, français, belges, belges, vingtenaires, vingtenettes,Pierre, pierrot, lecteurs chéris mon amour,

 
Voilà aujourd’hui 20 ans que Pierre Desproges est mort. Oui, je sais, il est mort en avril et on est en janvier, donc techniquement ça fait pas encore 20 ans, mais je vous ferais
remarquer que s’arrêter à de tels détails tatillons et puérils n’est pas franchement intelligent, et puis ne commencez pas à m’interrompre comme ça dès le début ça va m’énerver.
20 ans, disais-je, que ce fabuleux trublion politiquement incorrect a cessé de trublioner et de titiller nos zygomatiques pour aller s’enterrer au père Lachaise, entre Petrucciani
et Chopin.
Une dernière résidence dont l »épitaphe originelle a malheureusement été jugée un peu trop trublionement incorrecte (« Pierre Desproges est mort d’un cancer sans l’assistance du professeur Schwartzenberg») par les biens pensants qu’il assaisonnait copieusement et régulièrement de sa haine ordinaire. 
Mais qu’est ce que tu dirais, Pierrot (tu permets que je t’appelle Pierrot), si tu pouvais voir ce qu’on est devenus, sans toi?
On tient sa langue, on est mous, on lit closer, voici et la biographie de cécilia sarkozy, on a élu un mec gréffé à ses ray-ban et à ses faires valoirs (hommes, femmes enfants,
faux amis et rolex) qui se shoote à l’ego, au pouvoir et aux photos pipole comme représentant de tous les français aux piteux yeux du monde, on dégomme mère Nature, on fait la gueguerre, on piste les délinquants à la maternelle, on écoute nos MP3 à fond dans le métro sans écouteurs, on s’excite plus à la publication de photos de manaudou à poil sur le net qu’à la mort de Nougaro, on veut travailler, travailler, travailler, pour avoir du fric, du fric, du fric, pour pouvoir consommer, consommer, consommer, nous ruer dans les magasins, encore, courir avec une délectation vibrante d’extase consumériste nous coller à d’autres chercheurs d’or suintants d’excitation fébrile et se prendre une ou deux vieilles emperlouzées à chihuahua et vison véritable en pleine face, et leur planter notre talon dans les tibias, parce qu’on l’avait vu en premier, le sac vuitton à -50%, on va pas se laisser marcher dessus par une vieille mamie-la-tremblotte non plus merde!!
Tu avais raison, Pierre, on peut rire, de tout, mais pas avec tout le monde. On peut même pas  s’moquer de Mahomet sans se retrouver avec une bombe sous le paillasson ou se
faire attaquer en justice (heureusement charlie hebdo est revenu…)
 
COUVERTURE MAHOMET 
 
Les aveugles ont bon dos d’être les bénéficiaires d’une puante bienséance qui les fait hypocritement appeler « non voyants » tandis qu’entourés de centaines de
personnes à st lazare le matin ils se prennent les murs avec bienséance, aussi.
 
Mais où est-elle, Pierronounet (tu permets que je t’appelles pierronounet), où est-elle, cette fièvre, cet enthousiasme vibrant, cette passion fébrile, cette intarissable soif de
savoir, de justice et de raison qui embrasait naguère avec ardeur et éloquence nos plus brillants cerveaux d’une inextinguible flamme humaniste? Nous sommes mous, taris, vidés,lympathiques, décérébrés, légumineux, exsangues,atrophiés du bulbe,diminués,hypo-courroucés,neurasthéniques,flegmatiques et gélatineux. Gracq est mort, tout le monde s’en fout. Pour un peu que Mme de Fontenay aille casser sa pipe, on lui ferait des funérailles nationales. 
Mais je m’égare, et pas seulement au gorille.
J’ai peur, Pierrot, l’ombre misanthropique plane sur ma foi en l’humanité. Je lis Axel Kahn, Picouly et Philippe Val, et mon petit coeur se gonfle d’un léger espoir qui croit entrevoir en l’homme l’émergence, ou plutot la survivance d’une foi, d’une croyance, voire d’une certitude qui fait penser à l’homme qu’il peut vivre son éphémère vie en regardant plus loin que le bout de son pouvoir d’achat, qu’il peut être utile, qu’il peut découvrir, apprendre, et vivre sa vie sans corruption, en étant, tout simplement, raisonnable et humain.
Ca me rappelle ce que tu me racontais jadis:
« On a envie d’aimer mais on ne peut pas. Tu es là, homme mon frère, mon semblable, mon presque-moi. Tu es là, près de moi, je te tends les bras, je cherche la chaleur de ton
amitié. Mais au moment même où j’espère que je vais t’aimer, tu me regardes et tu dis :
— Vous avez vu Serge Lama samedi sur la Une, c’était chouette. »
 
Pourtant je persiste. Il y a 20 ans que tu es mort, et je ne m’en fous pas! Je suis triste! J’ai les badigoinces à l’envers et la rate en berne, et ce soir, ma choucroute a un arrière-goût d’atrabile. Je t’ai écouté, j’ai lu Vialatte et Aragon, et délaissé un peu ( un peu) Pif gadget. Aragon justement, rappelle toi:
 
« votre enfer est pourtant le mien
nous vivons sous le même rêgne
et lorsque vous saignez je saigne
et je meurs de vos mêmes liens.
 
Quelle heure est-il, quel temps fait t-il,
j’aurais tant aimé cependant
gagner pour vous pour moi perdant
avoir été peut-être utile.
 
C’est un rêve modeste et fou,
il aurait mieux valu le taire
vous me mettrez avec en terre,
comme une étoile au fond d’un trou. » 
 
Rhhaa je souffre, ver de terre amoureuse d’une étoile; mais du fond de ton trou tu m’éclaires toujours Pierrot, alors vivons heureux en attendant la mort, et d’ici là, n’oublions
pas qu’il faut rire de tout. c’est extrêmement important.C’est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans.
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La beauté contre l’intelligence ?

Lundi soir, je comate devant la télé quand apparaît sur mon écran « the beauty and the geek ». Tiens, tiens, matons un peu. Bon, je vous résume le concept : 8
pouffes, 8 geeks, ils font équipe et le meilleur couple remporte de l’argent… Donc postulat de départ : les nanas sont bonnes donc connes. Oui, je préfère bonne à belles parce qu’elles sont pas forcément très jolies de visage. Y en a une, elle ressemble vachement à l’héroïne de Dead like me, avec une tête toute carrée, bof. Elle est conne en plus mais d’une force ! Donc d’un côté, 8 bonnasses bonnes, de l’autre, 8 intellos moches. Ca voudrait dire qu’on ne peut pas être beau et intelligent à la fois ? Ben merde alors !

Je brocarde (gentiment) cette émission mais c’est assez révélateur de notre société, je trouve. Les nanas sont toutes bonnasses et blondes, sauf une black qui nous fait la minorité visible. Et même double minorité visible : noire et brune, ouch ! Mais c’est là qu’on voit que les brunes sont pas forcément les plus intelligentes vu qu’elle a été éliminée. Donc d’un côté, les bombasses blondasses siliconées, mannequins ou assimilées de profession répondant au doux nom de Jennylee, Cecille, Megan, Tori… C’est marrant, autant Cécile en français, je trouve ça classe, autant en américain, ça fait nom de playmate. De l’autre, Scooter, Mario, Nathan, des binoclards moches. Et pourtant, j’aime les binoclards, moi. Ici, le mot geek est à prendre dans le sens de « super intello qui cartonne dans ses études », bizarrement. Maintenant, j’éteins ma télé et je regarde ma vie. A quoi ressemblaient les premiers de mes classes ?
Tiens, ils n’étaient pas tous lunetteux-boutonneux-moches. Prenons par exemple Julien, un gars avec qui je faisais de la radio. Physiquement : mignon, regard de braise, grand, petit cul à mourir. Intelligence : très au dessus de la moyenne, hypra cultivé, super intéressant sans jamais être pédant. Et cerise sur le gâteau, une voix grave méga sex. Dans ma vie actuelle, si je prends les vingtenaires, mes amis, je les trouve super brillants (y a qu’à lire nos articles), on a tous faits des études supérieures, y en a même une qui a un parcours universitaire bluffant. Ben physiquement, ils sont tous séduisants. Oui, je sais, vous n’en savez rien mais vous n’avez qu’à me croire sur parole.

Pourquoi est-on obligé d’être une ravissante idiote ? Ne peut-on pas être une ravissante intelligente ? C’est quoi le problème, en fait ? La perfection n’est
pas de ce monde, certes, mais diviser le monde entre beaux et cons et moches et intelligents, c’est vraiment trop binaire. On peut avoir des tas d’autres défauts. Serait-ce de la jalousie de penser qu’une belle fille est forcément bête ? Idem pour un mec d’ailleurs. Une personne qui gagne son pain grâce à sa plastique, on la classera automatiquement dans la catégorie « rien
dans le ciboulot ». Mais qu’en sait-on ? Qui a déjà parlé à Cindy Crawford, Monica Bellucci, Angelina Jolie, Brad Pitt, Jean-Baptiste Elissade (hiiiiiii !) ou le mec tout nu de la pub Lacoste (hiiiiiiiii !) ? Bah pas moi. Donc difficile de juger de leur intelligence, de leur culture. C’est sans doute pour se rassurer, se dire qu’on a quelque chose que eux n’ont pas, na ! Ca leur apprendra à être si beaux, non mais.

C’est vrai que la beauté est souvent coupable, comme si on payait le fait d’être beau par autre chose. Une fille qui se soigne est forcément superficielle donc forcément conne. Des fois, je m’amuse en pensant à l’image que je peux donner dans le métro par rapport à mes lectures. En schématisant un peu : Cosmo : conne, Le Monde : intelligente, un roman girlie : conne, un essai sur l’assassinat d’Alexandre Litvinenko : intelligente (alors qu’il est écrit comme un vrai polar ce bouquin). Du coup, je me demande si mes lectures me rendent également plus jolies ou plus moches, de la même façon. Cosmo : conne mais jolie, Le Monde : intelligente mais fade, un roman girlie : conne mais jolie, un essai sur l’assassinat d’Alexandre Litvinenko : intelligente mais fade. On vire au n’importe quoi, là, je sais, c’est justement ce que j’essaie de démontrer. Je regarde « the geek and the beauty » (je sais pas dans quel ordre c’est, les mots, on s’en fout), je me sens moite-moite. Je sais répondre à toutes les questions des filles et des mecs, je peux vouloir faire du sport pour m’entretenir et m’intéresser à l’informatique, c’est pas antinomique. Superficielle et légère d’un côté, grave et profonde de l’autre, c’est moi. Et je ne pense en aucun cas être une
exception.

Alors, aujourd’hui, disons le haut et fort : « on peut être beau ET intelligent. Et sympa en plus ! »

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Ah si j’étais riche

 Un bonheur ne vient jamais seul ! Comme si trouver un boulot ne suffisait pas, je viens de gagner une grosse somme d’argent ! Je suis même passée dans un journal, regardez !
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Bon, évidemment, ceux qui ont lu ont vu le fake, je suis pas Suisse ! C’est une campagne amusante mise en place par le journal Suisse 24h. En voyant ça, ça m’a fait penser au jeu classique que j’ai avec ma sœur ou des copains : et si tu gagnais une grosse somme d’argent, tu en ferais quoi ? En juillet 2005, Alice (ma sœur) et Nina font les soldes aux Halles. Au déjeuner, Alice me rappelle qu’il y a une super cagnotte à Euromillions et elle veut savoir ce que j’en ferais.

« Alors, je m’achète une maison puis je donne des sous à papa et maman, à mamie, aux tantes puis à toi aussi.

– C’est tout ?
– Heu… »

Il est vrai que je ne joue pas ou très peu à ce genre de jeu donc je ne m’amuse pas à imaginer ce que je ferais avec un tel magot. Et comme je réponds jamais aux mails de tous ces Africains qui veulent me filer un peu de leur fortune pour service rendu, je vais pas avoir un gros gain de sous comme ça, tout à coup, sans raison.

N’étant cependant pas dénuée d’imagination (n’est-ce pas !), je peux imaginer que je joue ET que je gagne. Là, tout est permis. Commençons par le commencement : un bien immobilier. Non parce que être vraiment chez soi, c’est cool aussi. Et comme je suis pétée de tune, j’aurai un appart à Paris dans un quartier hypra chic genre St Germain les Prés pour faire ma bobo et une maison à la campagne pour le week-end histoire de changer d’air quand j’en ai envie. Ensuite, j’aurai une super garde robe et je prendrai des séances powerplate. Quitte à avoir plein de tunes, autant en profiter.

Niveau boulot ? Non, je ne deviendrais pas jet setteuse sans emploi. J’ai suffisamment souffert de mon inactivité professionnelle pour pas y retourner aussi sec. Donc je pense garder mon emploi actuel, histoire d’accumuler de l’expérience et peut-être qu’après, je créerai mon propre journal. En attendant, je mets des sous dans un compte épargne à cet effet, histoire de pas tout dépenser en attendant. Puis j’irai voir Lucie en Guadeloupe, avec tous les sous que j’ai, je peux prendre l’avion en business class !

Bon maintenant que j’ai dépensé des sous pour moi, forcément, j’en ferai profiter mes proches. Bon, mes parents sont pas dans le besoin mais ils m’ont élevée et entretenue pendant 27 ans, normal que je leur en rende, ils pourront se payer un sublime voyage, par exemple, ou ce qu’ils veulent. Après tout, une fois l’argent donné, je n’ai plus mon mot à dire dessus. Ma sœur aussi aura un tribut substantiel. Son mec et elle gagnent pas trop mal leur vie mais normal de partager (encore). Ils pourraient s’acheter un appart, par exemple. Evidemment, j’en donnerais aussi à ma mamie maternelle qui survit avec une retrait de 300 euros à peu près et aux sœurs de ma maman (mes tantes, donc), qui ne roulent pas sur l’or. Côté paternel, ma grand-mère a plus d’argent qu’elle ne peut en dépenser et je n’ai pas vu mon oncle (frère de mon père) depuis au moins 5 ans donc bon… Après, j’organiserais une énorme fête sur péniche avec mes amis, je ferais des cadeaux à ceux que j’aime le plus (ou je leur donnerais des sous selon leurs besoins). Evidemment, mes amis apparus juste après mon gain ne font pas partie de ma liste des gens qui bénéficieront de mes sous. Je n’aime pas du tout qu’on me prenne pour une conne.

Enfin, tout cet argent me tombant du ciel, il est totalement naturel que j’investisse dans l’humanitaire. Idéalement, j’aimerais parrainer un enfant du tiers monde pour lui assurer une éducation et une vie correctes. C’est un projet qui me tient à cœur et dans lequel je compte me lancer quand je pourrai (pas de suite de suite, mon salaire n’étant pas non plus mirobolant) donc là j’aurais des sous, j’hésiterai pas une seule seconde. Après, il faut voir quelles associations me parlent le plus, il y a beaucoup de gens à aider en France, aussi. Mais j’avoue que je ne sais pas laquelle, il y en a tant. Je crois que grâce au métier de mes parents, je donnerais plus facilement aux associations qui embellissent la vie des enfants hospitalisés pour des maladies graves.

Quoi qu’il en soit, tout cet argent qui me tomberait dessus, comme ça, j’avoue que quelque part, je ne trouverais pas ça très juste, mon seul mérite étant de trouver une bonne combinaison de chiffres complètement au pif. Et puis l’argent m’angoisse un peu, je crois que mon compte en banque qui se retrouve crédité de millions d’euros, je fais une syncope (ma banquière
aussi, je pense). J’aurais peur de trop dépenser et mal. Non parce que je connais la valeur de l’argent et fête et paillettes, c’est cool mais vu que cet argent ne vient pas de la sueur de mon front mais de l’encre de mon stylo, je crois que je serais incapable d’en jouir de façon totalement égoïste et superficielle sans culpabiliser. Et oui, passer 15 ans dans un bahut catho, ça laisse des traces.

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