Où je ne suis plus dupe – manipulation médiatique

(Cet article ne devrait pas parler des élections régionales, j’ai rien de plus à en dire…je crois. Quoi que j’ai un peu envie de vous faire un plaidoyer sur le vote à la proportionnelle)

L’autre jour, je vous parlais de ma consommation de magazines et de mon arrêt total de la presse féminine parce que “je les vois, vos grosses ficelles, j’aime pas trop trop être prise pour un lapereau”. Même si c’est mignon dans l’absolu, un lapereau.

C'est tellement adorable hiiiiii

C’est tellement adorable hiiiiii

Curieusement, ma conscience féministe accrue ces dernières années m’a permis de détecter toutes les injonctions de la presse féminine (maltraite ton corps, refuse ton âge, mincis, tu ne vaux rien sans homme, achète, achète, achète)  et montrer les dents dès que j’en repère une. Par exemple, je dois l’avouer, je lis Voici quand je redescends chez mes parents. C’est curieux car je ne supporte plus ce magazine de par ses remarques grossophobes et viellophobes systématiques mais je sais pas, j’ai envie de me confronter à ça. Si Closer est un peu plus soft sur la grossophobie (un peu, ils se font plaisir sur Mariah Carey, toujours elle), eux, ils sont plus dans la glorification du couple (et de l’hétérosexualité). Du coup, je m’énerve, j’ai envie d’insulter tout ce petit monde sur Twitter. Oui, devenir féministe m’a rendu la lecture des féminins impossible, à moins de vouloir dénoncer (je veux bien mais je manque de temps pour faire un vrai travail de fond, hélas).

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Sauf que ce petit “talent” à détecter les injonctions s’étend à l’actualité en général et je vois les grossières petites manipulations médiatiques et je deviens folle furieuse lorsque je vois l’ensemble de mes communautés plonger dedans tête la première. En ce moment, forcément, c’est festival : entre les attentats, la COP21 et les régionales, on parle à votre coeur en oubliant volontairement votre tête et toute cette manipulation me donne la nausée.

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Je passerai sur les régionales, je pense que pour le coup, la mascarade est assez mal passée et le vote “barrage” a été mal digéré par pas mal d’entre nous. Mais quand même, je ne peux m’empêcher de faire claquer ma langue d’agacement quand je lis qu’on est en pleine crise politique, que le FN va passer, qu’on va tous mourir… Alors que ce discours est tenu depuis au moins 2002 et que déjà, en 98, le FN avait foutu le bordel dans les élections régionales mais à chaque fois, c’est la même histoire : on crie, on s’inquiète, on supplie… En fait, l’entre deux tours devient de plus en plus l’équivalent des 7 étapes du deuil : le choc “oh mon Dieu, on vit dans un pays de fachos”, le déni “non mais en fait, on croit juste ça parce que les gens se sont abstenus mais ils n’ont pas eu tant de voix que ça”, la colère et le marchandage : “Non mais tout ça, c’est la faute de ces connards d’abstentionnistes ! Bon allez, entre le FN et l’UMPS, le choix est facile, quand même, non ?”, la tristesse “j’ai mal à ma France”, la résignation “je vais devoir voter Wauquiez/Estrosi mais c’est pour la bonne cause”, l’acceptation “ok, on a un conseil régional pas ouf mais le FN a perdu alors c’est pas si mal” puis la reconstruction “allez, on va se battre pour pas que ça se reproduise en 2017!”. Oui alors là dessus, sans vouloir spoiler, je suis à peu près persuadée qu’on aura le même cirque dans 1 an et demi. Bref, en 17 ans, rien de neuf mais on a toujours droit à la même rhétorique : tu votes anti FN ou tu es un mauvais citoyen, comment a-t-on pu en arriver là et tutti quanti. On distribue les responsabilités en faisant bien attention à ne pas prendre sa part. Et c’est ainsi qu’on a facilement accusé les abstentionnistes, oubliant qu’en 2010 (la vague rose), le FN n’a pas tant fait chier alors que l’abstention était supérieure à celle de cette année (53.64% vs 50.09% au 1er tour). Surtout qu’au 2e tour cette année, le FN a fait plus de voix au 2nd tour qu’au premier alors qu’il y avait moins d’abstention. Du coup, ça veut dire qu’il y a des abstentionnistes frontistes, en fait ? Et sinon, taper sur les médias ou les politiques eux-mêmes ? Naaaaaaan, pensez donc.

Par contre, je trouve que Marine Le Pen peut avoir son utilité dans la lutte anti tabac...

Par contre, je trouve que Marine Le Pen peut avoir son utilité dans la lutte anti tabac…

Mais surtout, il y a eu la COP21 et la fameuse manifestation du dimanche 29 novembre, celle où j’ai eu envie de distribuer pas mal de claques. Reprenons : une manifestation interdite suite à l’état d’Urgence (je vais même pas commenter ce point, je deviendrais vraiment très vulgaire) même si la chaîne humaine avait bien été autorisée finalement. Pour être bien claire : je ne suis pas allée à cette manif car Victor ne voulait pas que je me mette en danger (il m’a amenée à une manif antifa juste pour vous situer que c’est pas un trouillard non plus) et que nous avions un rendez-vous en fin d’après-midi. On suit donc un peu les événements sur Twitter, on voit que ça commence à dégénérer dans la plus grande indifférence de ma timeline, à 3 ou 4 exceptions près. On annonce que ça commence à gazer, que des gens essaient de fuir la place mais se retrouvent bloqués par les CRS. Toujours grande indifférence de ma timeline, ça doit pas trop les déranger qu’on bouscule des hippies qui auraient dû rentrer chez eux, je suppose. Sauf qu’à un moment, l’info fuse : des manifestants auraient pris des bougies du Mémorial pour les jeter sur les CRS. Et là, ma timeline bien passive se met à s’énerver, à traiter les manifestants de tous les noms. Mon Dieu, vous êtes vraiment tous en train de tomber dans ce grossier piège ? Les ficelles sont aussi grosses qu’un tronc de séquoia !

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Alors pour être tout à fait honnête, ce Mémorial ne m’évoque pas grand chose. Je suis pas quelqu’un attachée à ce genre de symboles : je comprends que certains le soient mais de là à cracher à la gueule de toute une foule qui se retrouvait prisonnière de la place à ce moment là, faudrait voir à réfléchir avant de condamner comme de dociles moutons. Ok, s’attaquer au Mémorial était une bien mauvaise idée mais je vous ai pas entendus gueuler quand des gens ont piétiné ledit Mémorial dès le dimanche après les attentats quand ils ont cru être attaqués ou quand les flics l’ont ruiné alors qu’ils étaient en train de “maîtriser” des manifestants. Juste pour info : sur les 317 gardes à vues suite à cette manif, seules 2 ont abouti sur une mise en examen… sans rapport aucun avec le Mémorial ou les Blacks Blocs. Mais vous avez marché dans l’histoire parce qu’elle repose sur les mêmes mécanismes que les fables qu’on nous sort depuis janvier : l’émotion. Je suis choquée de voir que vous êtes plus préoccupés par les atteinte à un symbole qu’à celles à la démocratie. Oui parce que gazer et retenir des manifestants pacifistes (les black blocs n’ont pas agi avant les premiers gazages), j’appelle pas ça de la démocratie, perso… 

Photo d'Irina Kalashnikova pour Sputnik que j'aime vraiment beaucoup (la photo, pas Sputnik)

Photo d’Irina Kalashnikova pour Sputnik que j’aime vraiment beaucoup (la photo, pas Sputnik)

Vous me croyez pas ? Alors demain (si j’ai le temps, pas garanti), je vous expliquerai que le dénigrement des manifestants de la COP21 est identique au dénigrement des féministes.

 

Et pour se cultiver un peu plus sur le sujet, une vidéo au poil d’Osons Causer (une chaîne à regarder de près)

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Quoi ? On ment sur les réseaux sociaux ?

La semaine dernière, l’univers des réseaux sociaux a subi un véritable séisme : Essena O’Neill, star d’Instagram, a fait une terrible révélation : tout n’est pas si rose au pays de la photo de smartphone refiltrée. Et oui, on peut être star d’Instagram, chut. Essena a poussé un cri du coeur : “non, les réseaux sociaux, c’est pas la vraie vie”. Mazette, quelle révélation !

Ceci est une pause tout à fait naturelle

Ceci est une pause tout à fait naturelle

Il y a un bon paquet de temps, j’ai eu pour ambition de rédiger quelques articles appelés “mise en scène du soi sur les réseaux sociaux” parce que oui, tout est orchestré pour faire un peu rêver. Je veux dire, qui irait sur les réseaux sociaux si c’était pour voir la gueule des autres au réveil ou pour lire des “aujourd’hui, il ne s’est rien passé” ? Les réseaux sociaux, c’est le plus grand soap opera du monde : du rire, des larmes, des grossesses (beaucoup, d’ailleurs, mon entourage ne semble pas concerné par la baisse des naissances en France, j’ai presque plus vite fait de faire la liste de mes copines pas enceintes que celles qui le sont…), des mariages, des ruptures, de la violence… Un vrai cocktail d’émotion brute… ou presque.

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De temps en temps, je cause avec mon ex, Guillaume 1er, qui m’explique qu’il refuse d’aller sur Facebook parce qu’il veut pas que le géant américain sache tout de sa vie. Je peux comprendre qu’on se soucie de l’utilisation de ses données personnelles et de la protection de sa vie privée mais… on n’est pas obligé d’absolument tout partager non plus. Sur mon Facebook perso, peu de publications : mes voyages, quelques instants heureux, quelques articles plaisants. A la limite, mes likes et mes commentaires doivent en dire bien plus si on les cherche : “Bonjour, je suis féministe et gauchiste, je me sens d’humeur à expliquer aux machistes et xénophobes à quel point leur vision de la société pose problème”. En gros. Brut de pomme de décoffrage* la meuf. Et je me dis que mon vrai moi devrait un peu se calmer sur le sujet car on ne sait jamais qui lit la conversation et qui pourrait retenir mon nom en négatif. Genre le recruteur d’une trop super boîte où je pourrais postuler un jour, on ne sait pas. Mais voilà, sur mon vrai moi, en ce que je poste, y a pas grand chose sur Facebook et sur Twitter et LinkedIn, je suis insupportable de fayotage en mode “HE SALUT JE SUIS L’ACTU DES RESEAUX SOCIAUX, T’AS VU ?”

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Infographie piquée à Jérôme Deiss

Oui, on pose sur les réseaux sociaux, bien sûr qu’on pose sur les réseaux sociaux. Matez le profil de n’importe lequel de vos amis, vous noterez que les photos les moins avantageuses sont postées par les copains qui ont eu le taggage vache. Enfin, si la personne a eu le courage d’assumer… J’avoue sans honte m’être détaggée de photos où j’étais vraiment horrible, surtout celles datant des prémices de mon adolescence… Pour le reste, belles photos avec du sourire en veux-tu, en voilà, des cheveux shiny, un corps environ parfait, un lieu paradisiaque.

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Oui, on met en scène, quelle surprise ! Sur mes réseaux professionnels, je sélectionne les infos que je diffuse en fonction de l’image que je veux donner de moi. Lorsque je cherchais à quitter ma précédente boîte, j’avais envie de tenter l’aventure du côté du paid et du RTB et relayais de nombreux articles sur le sujet sur mes réseaux. Aujourd’hui, j’essaie de construire quelque chose autour de la data et de l’e réputation donc… Et j’évite de publier mes résultats à Candy Crush ou 2048 parce que non, ça ne donne pas une image de fille brillante qui résout des casse-tête mais plus une fille accro à son mobile (qui serait bien foutue de tenter de battre son record en réunion et de nous pourrir le Facebook avec ses invitations à jouer pour gagner des vies). Je ne comprends pas l’aspect révolution de ces révélations. S’il est drôle de voir les photos retouchées en mode “je fais genre que je passe un bon moment alors que j’ai posé pendant 3h dans le froid”, je ne vois pas qui est vraiment naturel sur ces réseaux sociaux. On ne poste pas gratuitement, jamais, il y a toujours un but… et celui-ci est quand même dans 75% du temps de donner une image de soi. Les 25% restants sont partagés entre la râlerie et l’envie d’expliquer à un inconnu qu’il a tort (je plaide complètement coupable).

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Parfois, j’ai envie de créer un compte “la vraie vie nulle de *pseudo à trouver*” justement pour illustrer le fait qu’on ne poste jamais rien par hasard sur les réseaux sociaux.

* Expression honteusement volée à Tutotal

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Défendre ses convictions

Connectée, moi ? Oh si peu. Je suis le monde au travers des réseaux sociaux, prenant de face les humeurs et combats des uns et des autres. Ce qui me permet de toujours savoir où on en est de l’actu alors que je n’ai plus télé, radio et pas le temps de lire le journal. Mais du coup, dans les flux et reflux, je vois apparaître quelques pasionarias* de certaines causes.

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Rapide paysage : nous avons Philippe, l’anti nucléaire, Vincent, l’anti OGM, Celia, la féministe et Caroline la végétarienne. Je vais m’arrêter sur ces deux dernières car elles représentent deux aspects d’une indignation.

  • Celia, féministe engagée qui me permet de ne manquer aucun débat sur la question ou presque, vive, mordante, parfois agressive mais passionnée. Etant moi même féministe, je distribue des “j’aime” et quelques commentaires pour défendre, parfois, soutenir.
  • Caroline, végétarienne engagée, qui me permet de ne manquer aucun débat sur la question ou presque, vive,mordante, parfois agressive mais passionnée. Etant “flexitarienne”, je lève les yeux au ciel et me dis que quand même, des fois, faut arrêter d’exagérer.

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Vous avez noté la *subtile* différence ? Pour l’une dont je partage le combat et les idées, j’applaudis son courage et prise de position quand, pour l’autre qui a un combat plus éloigné de moi, je me lasse de son unique prisme de lecture. Alors oui, il me semble que Caroline a moins de nuance que Celia dans son discours (cette dernière ne considère pas que tous les mecs sont des raclûres de bidet quand tu sens que l’autre trouve plus d’humanité dans les animaux que dans les hommes – ce qui n’est pas si faux pour certains – et t’interdit de t’indigner sur le festival Yulin parce que tu comprends, tu manges de la viande donc tu es hypocrite) mais au fond, pourquoi je suis agacée par son comportement que je peux adopter moi-même sur d’autres sujets ?

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Bon, les végétariens sont souvent les victimes préférées de la police des réseaux sociaux qui adore les tacler. Oui, ok, associer le fait de manger de la viande aux heures les plus sombres de notre histoire manque cruellement de recul et de nuance, je me suis moi-même un peu agacée sur le sujet mais en dehors de ça, quel est le problème ? Je veux dire ça vous dérange les gens qui ne mangent pas de viande et qui ont envie de partager leur opinion sur le sujet ? C’est pas comme si, tous autant que nous sommes, passions nos journées à émettre des avis sur tout et n’importe quoi. Pour ma part, je vomis sur les machistes, racistes, homophobes et les débiles incultes d’extrême droite et je retweete et invective en ce sens. Je suppose que pour certains, je suis l’insupportable gauchiste qui casse les couilles alors que bon “ouais, de gauche alors qu’elle gagne sa vie et se paie des beaux voyages hin hin hin!”. Faudrait un jour que je me penche sur la question sur ce blog. Mais ce sont mes convictions et je vous emmerde, j’ai envie de dire. Et bien tout pareil pour les végétariens. Et vous savez quoi ? Mine de rien, je glisse peu à peu vers ce mode de vie, j’ai décidé de ne plus manger de viande que quand je suis invitée chez des gens qui m’en préparent, une sorte de flexitarisme poli. D’abord parce que je mangeais trop de viande et ensuite parce que mine de rien, y a quelque chose de pourri au royaume de l’élevage…

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Au fond, peu importe la cause, y a forcément des gens qui agacent parce qu’ils l’ouvrent. Mais vous savez quoi ? Si on arrêtait un peu de se la fermer par politesse, ça irait peut-être mieux. Car après tout, qui ne dit mot consent, non ? On en reparle demain (si j’ai le temps).

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Ah, si on pouvait passer autant de temps à faire ce genre de vannes sur les racistes/machistes/homophobes etc. Non ?

* J’utilise aussi pasionarias pour les hommes autant que pour les femmes mais je parle pas espagnol donc je ne sais pas masculiniser/neutraliser le nom (pasionarios ?), je m’en excuse.

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T’as ton étiquette ?

Dimanche dernier, lors de mon voyage de 6h en train pour rejoindre Paris (tu doubles le temps de trajet et je te fais un Seoul-Paris… la relativité de la distance parcourue sur un temps donné selon le transport choisi, c’est fascinant), je traînasse sur Twitter quand je vois 2 Twittereuses* discuter d’un article des Inrocks sur les Flexitariens. Tiens, donc…

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Délicieuses gambas au gaspacho de mangue de chez Face B, faut goûter

Pour ceux qui ne connaissent pas, les flexitariens sont ces omnivores qui mangent de tout mais font attention à leur consommation de viande et, éventuellement, de poisson. Je suis, pour ma part, totalement flexitarienne puisque j’ai conscience que notre régime alimentaire est bien trop riche en protéines animales et j’essaie d’en consommer le moins possible, surtout de la viande rouge. En gros : surtout pas de viande ou poisson à tous les repas. Je suis donc flexitarienne… Sauf que non. Je le suis, oui, mais j’ai pas envie de coller une étiquette là dessus. Je ne revendique rien, je ne me singularise pas, c’est juste un choix dont je n’éprouve pas le besoin de parler.

Caibllaud à la purée de patate douce et d'autres choses délicieuses chez Roca

Caibllaud à la purée de patate douce et d’autres choses délicieuses chez Roca

Je suis fascinée par ce besoin permanent d’étiquettes. Il y a deux styles d’étiquettes : ceux que l’on se colle et ceux que l’on colle aux « autres ». J’ai souvent vu des étiquettes dans le domaine amoureux, ceux qui rejettent à corps et à cris la « monogamie hétéronormée » face à ceux qui ne leur demandaient rien. Pour avoir un peu fréquenté ce milieu, j’étais tour à tour amusée ou agacée par ce besoin de se nommer pour se dire différent des autres alors que, disons le franchement, ces mêmes autres n’en avaient rien à foutre. D’ailleurs, les réactions les plus hostiles que j’ai pu voir sur le polyamour ou le libertinage concernent l’étiquetage de ceux qui n’en sont pas, ceux qui n’ont rien compris, ceux qui sont enfermés dans leurs valeurs judéo-chrétiennes et tutti quanti. En gros, curieusement, les leviers de bouclier se faisaient non pas face à un témoignage mais face à un dénigrement « vous les monogames fidèles ». Si tu ne veux pas que l’on te juge, viens pas nous cracher ta condescendance à la gueule non plus, hein.

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J’ai réfléchi : ahah, je suis la fille sans étiquettes, hihi. Ah mais attends, non. Ok, d’un point de vue matrimonial, je ne me colle aucune étiquette parce que je m’en fous, je bâtis mon histoire en fonction des briques qui se présentent à moi, sans rien clamer. Je ne suis pas une pasionaria de l’anti mariage ou du no kids. J’ai pas envie de me marier ou de faire un enfant maintenant, je ne sais dans 10 ans et je ne revendique rien par rapport à ça, ce sont juste mes envies. Par contre, dans d’autres sphères, oui, je me clame des étiquettes : je suis une gauchisssse féministe, voilà. Je ne le dis pas par effet de style parce que Beyonce l’a dit, non. Je le dis car cela correspond à mes idéaux d’égalité au delà des sexes et des classes. Bon, dit comme ça, ça sonne plus creux qu’un niais « girl power » des Spice girls mais l’idée est que je ne cache pas mes convictions, quitte parfois à me clasher avec les gens jusque dans mon milieu professionnel (alors que j’ai eu droit à un « non mais je m’en fous, je suis pas féministe » quand j’ai dit « tu sais, il faut éduquer les jeunes filles dans le monde, car… ». Je savais pas que ne pas être féministe empêchait toute ouverture d’esprit). Je ne cherche pas à me singulariser mais bien à revendiquer. Mais ce qui est intéressant dans mes étiquettes, c’est que l’une est positive, l’autre est un détournement d’une étiquette négative (j’aime bien gauchiasse aussi).

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Au fond, la vraie question reste : pourquoi se sent-on obligé de tout ranger par paquet ? Des étiquettes revendiquées à celles inventées par la presse pour se faciliter la vie (bobo, boho, hobo et je ne sais plus) ou détracteurs pour se mettre encore plus en relief, je suppose que ça rassure de mettre les gens dans des lots indifférenciés où chacun aurait le même comportement que son voisin. Mes seuls étiquettes revendiquées le sont car elles portent un combat. Pour le reste, qualifiez moi de bobo, monogame hétéronormée, libertine, carnivore ou flexitarienne, peut me chaut : je n’ai jamais revendiqué le contraire.

* Non, pas Twittas, c’est trop moche

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Le syndrome Prom Queen

Les réseaux sociaux ont ce pouvoir merveilleux de conférer aux gens un sentiment d’importance. Chaque contenu posté déclenche l’attente frénétique du moindre like, commentaire ou retweet, selon où vous vous exprimez. Le but est de devenir le ou la plus populaire de votre petite bande virtuelle, celui ou celle qui décrète et les autres suivent. Ce fameux influenceur qui fait bander les marketeux. Je reviendrai sur la notion d’influenceurs plus tard, ça mérite un bon paquet d’articles je pense.

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Première étape : construire sa communauté, donc, se créer des liens, étendre ses tentacules toujours plus loin, se construire une audience de plus en plus importante pour l’inonder de vos pensées, jugements, derniers achats, photos de vacances… Et une très bonne façon de se faire des copains, c’est l’ennemi commun. L’ennemie commune en l’occurence pour cet article : la fille trop jolie avec un mec canon qui s’en sort bien dans la vie et qui évolue à des dizaines de miles au dessus de vous. Au début, personne n’ose la critiquer tellement la moindre pique envers elle semble puer l’aigreur. Mais à 10, le rapport de force est inverse et là, tout est permis.

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C’est ce que j’appelle le syndrome Prom Queen. Prenez n’importe quel teen movie (ou série) américain, ce phénomène est pregnant : c’est la reine de la fête, la plus jolie, la plus populaire, celle que l’on adore donc détester car elle est trop tout. Les anti Prom Queen se rejoignent peu à peu, galvanisés par leur haine commune de cette pauvre fille qui a surtout le tort de ne pas être comme eux. Oh oui, certaines sont de vraies connasses, je dis pas. Mais de toute façon, sympa ou connasse, la règle reste la même : on déteste la Prom Queen.

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Alors dès qu’elle ouvre la bouche, poste une photo ou respire un peu bruyamment, le torrent de haine démarre. Il débute par une petite remarque, grossie par les commentaires, retweets et autres LOL. On se sent cool de démolir la jolie fille de service qui n’est même pas si jolie que ça, tavu ? Elle doit bien se photoshopper la garce parce qu’en vrai, elle n’a pas la peau aussi lisse ou les cuisses aussi fines. Oui, le syndrome Prom Queen transforme ses victimes en hyènes, ces féministes qui hurlent dès qu’on tacle une femme sur son physique mais n’hésitent pas à se moquer du bourrelet (légèrement imaginaire) de la Prom Queen ou du creux entre ses seins et supplient qu’on lui file un hamburger tellement elle est maigre. Dans cette petite réunion haineuse, les principes sautent.

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Alors, pour conserver sa petite communauté rigolarde, on guette. Tout ce que dit ou fait la Prom Queen sera analysé, critiqué, jeté en patûre à sa petite bande excitée à la vue du sang. Non mais tu as vu son pull ? Non mais elle a fait une faute, ahah ! Ohlala, elle a lu tel livre qui est trop nul, quelle idiote ! Effet pervers : la Prom Queen honnie devient finalement le ciment de la petite bande. Et si demain celle-ci disparaissait ? Ca peut arriver, rappelons que nous parlons de vie virtuelle, de blogueuses, de twitteuses, de forumeuses, de nanas qui ont une vie en dehors de la bulle virtuelle et peuvent en disparaître sur un coup de tête, de ras le bol. La petite bande d’excitée va-t-elle disparaître ? Non, bien sûr : une Prom Queen meurt, vive la Prom Queen. Car peu importe la victime, du moment que l’on peut la descendre pour se sentir mieux qu’elle. Et si un jour vous renoncez à cette mesquinerie, rassurez-vous : vous serez rejeté par la communauté. Vous n’avez plus vos places parmi les rageuses.

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Typiquement féminin ? Rassurez-vous, les hommes ont aussi leur petites guéguerres. Eux, ils sont plus sur la taille de leur bite communauté par contre… On en reparle une prochaine fois.

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Mon doudou divin de Katarina Mazetti

En pleine période de Noël, libérée de mon Ulysse, je décidais donc de lire tout ce que je pouvais, un peu comme une orgie de gras après un gros régime. Dans ma besace, un livre acheté longtemps avant : mon Doudou divin de Katarina Mazetti.
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Quand j’ai acheté ce livre, je n’avais pas encore lu « Le mec de la tombe d’à côté » donc je ne savais pas qui était Mazetti et surtout que je n’aimais pas trop sa prose. Attirée par le 4e de couverture, je fonçais : une nana qui part dans une sorte de quête spirituelle, ça me parle, oui. Donc voici l’histoire de Wera, une journaliste à la pige qui décide de faire un papier en monde immersion sur une retraite spirituelle qu’elle a trouvé dans les petites annonces du supermarché. Ce livre suit deux personnages : Wera et un autre personnage féminin dont j’ai même oublié le prénom. Elles se retrouvent toutes deux dans cette retraite menée tambour battant par un Jésus-hippie, sa dévouée compagne hippie qui passe de soumise à féministe revendicatrice sans qu’on comprenne bien pourquoi, un médecin, une femme étrange et un musulman. Cette retraite ridicule tourne autour d’un temps fort : tous les jours, un des participants doit prendre la parole pour présenter sa spiritualité. Donc voilà, vous l’aurez compris : ce roman est bavard. Bavard et creux.
trop de blabla
Reconnaissons un talent à Mazetti : elle sait nous concocter des héroïnes infectes, imbues d’elles-mêmes, condescendantes… Bref, ça démange, on a envie de les baffer. Evidemment, elles vont rencontrer un nouveau monde, remettre en cause leurs certitudes mais pas tant que ça finalement. Manichéisme et bons sentiments sont au rendez-vous, les personnages sont censés mener une quête, se (re)trouver mais la fin est tellement délirante qu’on se demande bien à quoi ça a bien pu servir, tout ça. Quelques réflexions de ci de là qui pourraient pousser à réfléchir un peu plus, le personnage du gourou, pour le coup, pas mal réussi mais après… La femme dont j’ai oublié le prénom a une histoire intéressante mais pas du tout creusé. Wera est juste une conne alcoolique qui se croit au milieu de la masse et pense qu’un foulard lui confèrera une spiritualité.
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En fait, le problème de ce livre, c’est son axe de départ, franchement improbable : quel pigiste irait faire un reportage suite à un papier posté au supermarché ? Au mieux, ça vaut un entrefilet mais on est loin des cures détox hors de prix qui pourraient effectivement faire un long reportage. A moins que la presse suédoise soit vide et creuse, je ne sais pas. A la limite, l’improbabilité du départ aurait pu être compensée par la suite mais les rebondissements font souvent lever les yeux au ciel tant ça n’a pas de sens.
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Bref, un livre parfait pour un voyage en train (je l’ai tué en deux jours) ou sur la plage mais n’en attendez rien.

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Mademoiselle princesse

Par Pink Lady


Ah,les magazines féminins, ils ne cessent de m’épater. Parfois, j’ai un espoir, un espoir fol, celui de vor un engagement, un réel engagement pour la cause des femmes et pas de belles intentions « ohlala, être une femme, c’est pas facile facile ». Cette semaine, le poing fut relevé par Alix Girod de l’Ain, fameuse Dr Aga pour ceux qui lisent Elle. Aga a décidé de s’exprimer sur le débat sur le « mademoiselle ».


Petit point avant de continuer sur cette histoire d’Aga. Osez le féminisme et les chiennes de garde ont décidé de lancer un débat sur la suppression de la case « mademoiselle » dans les formulaires puisqu’il paraît étonnant qu’une femme doivent, dès l’énoncé de son nom, préciser si elle est mariée ou célibataire, contrairement aux hommes qui sont monsieur de la naissance à la mort. Il ne s’agit pas de supprimer le mademoiselle de notre vocabulaire, je ne crois pas que la disparition d’une case sur un formulaire empêchent qu’on vous adresse un mademoiselle censé être flatteur. On parle d’une case, une foutue case en moins à cocher. Une case qui ne nous rendra pas nos années passées et qui n’émoustillera pas le mec qui traite les données en face car, grande révélation, une demoiselle peut être indésirable ou frigide et une dame absolument pas monogame. Cocher la case madame ne fera pas pousser les pattes d’oie. J’en veux pour preuve que, parfois, j’omets d’utiliser la liste déroulante des sites pour indiquer que je suis une mademoiselle et je me retrouve en monsieur. Et bien incroyable, aucune paire de couilles n’est apparue entre mes cuisses…


Bref, le débat est lancé et notre amie Alix décide de donner son avis. Avis méchamment à côté de la plaque. Alix, elle veut le garder le mademoiselle parce que si elle se laisse appeler comme ça par son maraîcher de la rue Cadet, elle a droit à un bouquet de basilic gratuit, hihi. Alors que celui des grands boulevard est un bâtard qui l’appelle madame et lui rend sa monnaie en pièce de 1 ct, manifestement. Pour Aga, lutter contre le mademoiselle, c’est lutter contre un ressort essentiel de la séduction. Ben oui, nous, frêles femmes, nous gloussons de plaisir dès qu’un homme nous appelle mademoiselle car ça veut dire que nous sommes jeunes. D’ailleurs, Aga-ga nous cite des exemples particulièrement percutants pour prouver que le mademoiselle, c’est djeunz : Isabelle Adjani, Catherine Deneuve…et Jeanne Moreau. Oui, là, je suis crucifiée par la pertinence des arguments.


Mais comme si ce long plaidoyer pour la drague de supermarché ne suffisait pas (bien que je comprenne que notre amie Aga puisse être sensible au doux chuchotement d’un « hé mad’moizel’, zetes trop bonnes! », chacun son truc), la fin de l’article vire au pur delirium tremens, je ne vois pas d’autres explications. A moins que ce ne soit une crise de la pré ménopause, Wikipedia me dit que la dame.. .heu la demoiselle, pardon, a 46 ans. On peut réagir de deux façons face à cet événement. Soit on réagit comme l’autre plume du Elle, Sophie Fontanel dite Fonelle et on abandonne le côté lol de son personnage pour gagner en profondeur… Soit on fait une crise d’adolescence. Et Aga-ga, elle, elle est en plein dedans, genre, j’ai 15 ans et demi. Elle a voulu alléger le débat, c’est gagné, elle l’a rendu anorexique. Voyez plutôt : non seulement, Aga-ga s’accroche à son mademoiselle comme une vieille dame à son anti-rides en espérant perdre 10 ans à chaque application mais en plus, elle suggère de rajouter une case « pcsse ». Pas comme pacsée, non, comme princesse… Oui, Alix, 46 ans au compteur, veut qu’on l’appelle princesse parce que toutes les filles sont des princesses. Hihihi, huhuhu, lol.

Le saviez-vous ? Elle (le magazine pas elle, Aga) se prétend féministe. Dans les années 60,peut-être. Désormais, Elle n’est plus le magazine des femmes mais des princesses… Wesh wesh couzine ! Sinon, j’avais évoqué un débat mais face à un tel vide argumentatif, je reste sans voix.

Allez la bise !

Mademoiselle princesse Pink Lady (duchesse à ses heures aussi)

PS : L’article est là

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Joue ton pouvoir de séduction

Je vous l’avais dit lors de mes résolutions, je me suis abonnée à différents magazines en fin d’année pour être plus cultivée. Bon, les trois quarts du temps, je comprends pas tout à Tout pour la science mais je lis consciencieusement, je finirai bien par capter. Autre
magazine qui, là, me parle plus : Management. J’ai enfin reçu mon premier numéro et j’ai pas mal de choses à en dire. Commençons par une phrase lue dans le courrier des lecteurs, rubrique que je ne lis jamais. Photo :

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En tant que femme, première réaction : argh, je m’étrangle ! Je vais enfiler ma tenue de super féministe et je reviens.

Reprenons la base. Abandonnons l’idée qu’un employé réalise sa mission indépendamment de son sexe, manifestement, c’est impossible. On va nous expliquer pour la 100e fois que les hommes sont dans la compétition et les relations franches et viriles, testostérone oblige, et les femmes dans la diplomatie, la douceur et l’écoute. A ce sujet, je vous laisse lire l’excellentissime article de Slate sur les études sexuées, ça permettra de remettre les choses un peu à leur place. Mais ici, restons dans les stéréotypes. Femme je suis, en attestent mes ovaires (entre autres). Donc si je comprends bien, je ne suis guère compétente et je dois jouer de mes charmes pour grimper l’échelle l’air de rien, papillonner pour qu’on me fasse la courte échelle. Oui, Patrice, je sais, tu convoitais la promotion que j’ai eu mais mate un peu mon décolleté et regarde mes battements de cils et tu deviendras mon dévoué, mon esclave. La vie est simple comme un clip de Michel Sardou dis donc. L’hystérie en moins.

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Alors là, je me pose quand même une sacrée question : suis-je totalement stupide ? Au bout de quasi 4 ans d’expérience, je n’ai jamais eu la présence d’esprit de jouer de mes atouts physiques pour progresser, je me suis bêtement contentée de faire de mon mieux, d’acquérir des compétences, de proposer des idées, bonnes ou mauvaises… Bref, plutôt que d’être bonne physiquement, j’ai essayé d’être bonne professionnellement. Non parce que mine de rien, quand je fais des régimes ou que je fais du sport, ce n’est pas tellement dans une visée professionnelle même si, je le concède, se sentir bien dans sa peau est utile pour tous les domaines de la vie, pas simplement celui de la séduction. Non parce que dans ce cas là, je vais aller voir mon chef et lui demander que tous mes cours de sports soient pris en charge par l’agence. Ben ouais, attends, si être canon me permet de grimper l’échelle de la société, c’est de l’investissement professionnel et non personnel, je mérite donc que tout ces efforts soient pris en charge et je ne parle même pas de ma garde-robe ! Pourtant, je ne fais pas un travail de représentation. J’ai quelques rendez-vous clients mais je n’avais pas compris à quel point mon corps était, lui aussi, un outil de travail. Non mais faut être un peu stupide pour lire des ouvrages sur le marketing, travailler jusque tard, réaliser de beaux powerpoints alors qu’il me suffirait d’aller à la salle de sport tous les soirs…

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Ce qui m’énerve, c’est que le péché de séduction est toujours associé aux femmes. Lisez un portrait d’une PDG, d’une femme qui a réussi, son physique sera systématiquement évoqué via un détail (ses yeux, sa silhouette), une tenue vestimentaire… Et je ne vais même pas évoquer le fait qu’on se sent toujours obligé de donner la composition de sa famille genre « PDG et mère en plus, quelle femme! », ce qu’on ne dit jamais d’un homme. Mais ça mériterait un article entier, ça. Donc les femmes, même celles qui ont fait leurs preuves et qui sont arrivées au sommet, sont toujours appréhendées sous le prisme de leur apparence physique. Si l’une est belle, on ne cessera d’en parler, elle sera « tout en séduction », même si elle ne cherche pas du tout à séduire. Mais surtout, on conseille les femmes sur leur pouvoir de séduction, on leur conseille d’en jouer ou, au contraire, de s’en méfier. Mais bordel ! Parce que je suis une femme, il est impossible de me dissocier d’une notion de séduction ? 

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Très bien donc à partir de demain, je ne porterai plus que des robes bustiers courtes et avantageuses et je laisserai tomber mes powerpoints, excels et autres PDF. Je sais pas pourquoi mais j’ai un léger doute quant à la réussite de cette nouvelle stratégie.

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Les blondes mieux payées, les rousses plus chaudes

Aaaaaaah, les sondages, les statistiques, on aime ça ! On peut en trouver un peu sur tout et n’importe quoi, du moment que quelqu’un paie. Je suis sûre qu’en cherchant, on trouvera sans soucis des stats sur les amateurs de courgettes. Certes, pourquoi pas. Mais voilà, je découvre certaines statistiques et sondages sur les femmes et là, je suis un peu plus énervée. Hop, je passe en mode féministe.

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Alors voilà, récemment, j’ai lu que les hommes considéraient que les rousses étaient les femmes les plus torrides (cette info n’a rien à voir avec ma nouvelle couleur de cheveux), cette même info expliquait que les brunes faisaient de plutôt bonnes épouses et les blondes de charmantes maîtresses. Paie ton cliché. Bon soit, on a dit de classer les femmes par couleur de cheveux, à question con, réponse con. Et là, j’apprends qu’une stat prouve que les blondes sont mieux payées que les autres femmes. Ah. Je me serais donc trompée de couleur de cheveux, manifestement. Mais la question est surtout : pourquoi on ne pose pas la même question pour les hommes ?

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C’est vrai, moi, je veux savoir qui des blonds, des bruns ou des roux sont les meilleurs au lit (bien que je doute d’une réalité scientifique…), lesquels ont la capillarité la plus rentable… Pourquoi personne ne pense à poser ces questions pour les hommes ? Tu le sens où je veux en venir. Ouais, voilà, je trouve ça sexiste. Et en même temps assez révélateur de cette éternelle volonté de toujours coller la femme à sa superficialité, en l’occurrence sa couleur de cheveux (mais on n’a même pas précisé si c’était des vraies blondes ou vraies rousses en plus).

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Je n’ai pas trop entendu de réactions sur ce genre de stats, sans doute y a-t-il plus grave, à moins que personne ne voie le mal sauf moi… Pourtant me réduire à une couleur de cheveux, ça m’agace surtout que j’en change souvent et que j’ai pas noté de variation de salaire (enfin, si mais c’est pas lié à ma nouvelle rousseur mais à l’augmentation annuelle).
Bon, j’ai effectivement plus de regards allumeurs depuis que je suis rousse mais je crois que c’est juste parce que ça me va mieux que ma vraie couleur (enfin moi je trouve mais je m’aime toujours plus en cheveux foncés. Mais ce n’est point le sujet). Je suis sûre qu’en cherchant bien, je vais trouver des stats sur salaire et longueur de jambe et tour de poitrine. Donc si je résume bien, finalement, peu importe mes compétences en tant qu’individu du moment qu’en temps que femme, j’ai la bonne couleur de cheveux ? Pardon, je vais vomir, je reviens.


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Je sais que y a pas de quoi s’énerver plus que ça, c’est bien moins grave que la lutte pour protéger les femmes battues, par exemple, mais je trouve que c’est quand même assez symptomatique d’une société qui a du mal à sortir du modèle patriarcal et qui continue à placer la femme dans une dimension esthétique. Moi, ça me ferait limite plaisir que ma seule fonction professionnelle soit de faire joli mais ce n’est pas le cas. Je crois (j’espère) que mon salaire est plus fonction de mon travail que de ma couleur de cheveux (j’étais de quelle couleur quand j’ai signé ?)… Mais bon, apparemment, cette légère donnée a échappé aux commanditaires de cette étude. Peut-être était-ce une marque de colorant pour cheveux.

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La guerre des sexes

Par Gauthier

Nina nous a pondu hier un très bel article sur les méandres de la psychologie masculine. C’est de bonne guerre. Elle conclut par ceci « parce que, finalement, ce que l’on prend pour une incompatibilité entre les sexes n’est ni plus ni moins que deux personnalités différentes qui se rencontrent ». Et bien moi je dis non ! Pourquoi ? Mais je m’en vais vous l’expliquer. Avant de commencer, je rappelle que je n’ai aucun diplôme de psychologie et que tout ceci est uniquement la conséquence de mon vécu et de mon ressenti.


Passons outre le fait que naturellement deux personnes qui se rencontrent ont du mal à se comprendre. Il faut passer par un long travail d’apprentissage de l’autre, je suis entièrement d’accord avec cette affirmation. Bien entendu ça ne vient pas uniquement de la différence de sexe, j’ai du mal à comprendre les hommes, alors que je suis pénissalement équipé (oh il me plait ce néologisme !!!!). Mais revenons à nos moutons.

L’homme a changé, pour plusieurs raisons, mais surtout parce que la femme a changé avant lui. Je suis un féministe convaincu, par moment je suis plus féministe que les femmes. Certaines de mes amies me hérissent le poil quand elles me disent « c’est une salope, elle couche avec tout le monde », moi aussi je couche avec tout le monde, « mais toi c’est pas pareil t’es un mec ! ». ET ALORS ???? Oui bon je me bats à mon niveau pour faire avancer les choses, même si je suis d’accord avec vous, ça semble plutôt futile…

Aujourd’hui les femmes travaillent, sans l’accord de leur mari (et seulement depuis 1967 ou 1969, là j’ai un trou, j’avoue), elles peuvent avorter, elles élèvent seules des enfants, elle sont carriéristes, elles peuvent même se présenter à l’élection présidentielle en étant crédible (n’est ce pas Madame Royal ?). Bref que de chemin parcouru en un demi-siècle d’émancipation du « sexe faible » ! Oui « sexe faible », c’est bien là que réside le problème. Parce que si tout le monde se réjouit de l’évolution de nos sociétés occidentales, les préjugés et les stéréotypes sont coriaces. Je ne vous referais pas ici le cours de communication sur les préjugés et les stéréotypes que j’ai eu le bonheur de suivre cette année. Tout ce que je vais vous dire c’est que l’image que nous avons des femmes (tout sexe confondu) dans la société actuelle ne représente plus la réalité. Pourquoi doit-on s’extasier devant une cadre sup’ qui allie parfaitement une vie de famille (trois enfants) et un salaire annuel supérieur à 50 K€ ? « Quelle femme « ! ». Je ne vois pas où il est impossible pour une femme de réussir ça ! Je ne vois pas pourquoi je devrais être admiratif, elle a travaillé, elle a réussi. Point barre ! Ah mais oui bien sûr c’est une femme, le « sexe faible »…

Alors que se passe-t-il concrètement chez les mâles ? Et bien ils changent aussi. Combien de magazines de société ont consacré des unes à ces « hommes nouveaux », à « l’homme beau », ou au « métrosexuel » ? L’homme assume son corps, assume ses faiblesses, et surtout il assume sa « féminité ». Aujourd’hui quoi de plus naturel qu’un homme de 30 ans qui passe deux fois par semaine dans un club de gym, qui met des crèmes de jour, et qui assume pleinement d’avoir un jour recours à la chirurgie esthétique. Et je ne parle pas que des stars de cinéma ou des hommes politiques, non, toutes les csp sont concernées. Mais surtout ce qui change c’est son rapport à la femme, à l’autre sexe, à cet ex « sexe faible » que l’on ne comprend plus.

Mes parents sont nés dans les années 50, bien qu’ils soient de la génération post-soixante-huitarde, ils sont relativement conventionnels. Par exemple ma mère s’est mariée, elle a eu deux enfants, elle a arrêté de travailler, et elle a consacré sa jeunesse à nous élever, mon frère et moi. Par la suite elle a repris un travail « quand nous sommes devenus assez grand », comme elle nous dit. Et il y a 4 ans lors d’un déjeuner, elle m’avoue ceci :
– Tu sais je ne suis pas heureuse avec ton père !
– Tu veux divorcer ?
– Non… (gros blanc) Je me suis mariée jeune, je vous ai eu jeune, je suis très heureuse de vous avoir tous les deux, mais avec ton père ça ne se passe pas bien.
– Je ne comprends pas pourquoi tu restes alors !
– Je ne suis pas heureuse, mais je ne suis pas malheureuse, ton père est gentil, il subvient à nos besoins, si j’étais malheureuse je partirais, si je tombe amoureuse de quelqu’un d’autre je partirais.
– Tu n’es plus amoureuse ?
– Je ne le suis plus depuis que j’ai 17 ans…
Pour l’histoire ma mère a rencontré mon père à 16 ans, elle s’est mariée à 18, et à l’heure actuelle ils sont toujours ensemble.

J’ai mis longtemps à comprendre pourquoi elle restait, à présent je suis assez grand pour supporter le divorce de mes parents, mon frère aussi, alors pourquoi ? Parce que ma mère estime que sa place est auprès de mon père, de même que mon père ne pourrait pas vivre sans sa femme. C’est un compromis, une sorte d’accord qu’ils ont passé tacitement, tant que ça tient, ça tient. Qui à l’heure actuelle se verrait dans ce genre de situation ? Quelle fille de mon entourage verrais-je faire ça ? Franchement personne !

Les femmes ont changé, et les hommes aussi. Maintenant le fond du problème est le suivant : messieurs, ces dames n’ont plus besoin de vous. Une femme aujourd’hui a envie d’un mari, elle a envie d’avoir des enfants, elle a envie de réussir sa vie professionnelle. Mais elle n’a plus besoin d’un mari pour exister, elle n’a plus besoin d’être mère pour être reconnue. Là réside le fond du problème, les relations ne peuvent plus être les mêmes quand on remplace le besoin par l’envie. Alors on cherche des solutions pour se comprendre, pour pouvoir s’aimer comme se sont aimées des générations avant nous. Mais l’amour n’est qu’une illusion, on ne peut plus reproduire ce que faisaient nos aïeux, pourtant on s’y accroche.

Outre les changements dans les mentalités des deux sexes, ce sont les changements dans leurs rapports qui vont encore faire couler beaucoup d’encre. Surtout en France où nous sommes si cartésiens, et où tout semble décorticable et compréhensible pour peu qu’on veuille vraiment comprendre. À mon sens, le vrai défi de ce siècle naissant n’est pas de percer les mystères de la psychologie, mais de savoir comment nous allons interagir. De là découle une nouvelle conception du couple, de l’amour, et, bien entendu, de la famille.
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