Ma vocation : l’écriture

Un vendredi midi, je suis en sophrologie et nous voici en visualisation à nous imaginer dans une forêt où l’on rencontre un sage (qui est Colin Firth pour moi, je me demande bien pourquoi je l’ai pris lui) à qui on pose une question. Moi : “quelle est ma voie”. Il va nous répondre. Sur le coup, je suis un peu sceptique : c’est moi qui joue la scène, je vais pas avoir ma réponse… “Ecrire”. Ah, si putain. Et en même temps, c’est tellement évident. Des années que je cherche ma vocation alors que je l’ai toujours su.

cahier d'écriture ma vocation

Quand tu écris lors d’un week-end yoga sur les bords de Loire

J’ai 8 ans, peut-être 9. J’ai trouvé une vieille machine à écrire dans le cellier (qui était en fait une sorte de débarras avec quelques bouteilles au fond) et je tape des histoires navrantes sur ma vieille Olivetti qui coince des fois les doigts (oui, je sais plus pourquoi mais il semble que j’ai mis mes doigts là dedans un jour… ou alors je les ai coincés entre deux touches ?). Je suis une enfant, j’écris des phrases sujet-verbe-complément, les gentils sont trop gentils et les méchants vraiment trop méchants mais j’aime déjà ça. J’ai donc 8 ou 9 ans, je suis en centre aéré et la nouvelle monitrice (je faisais mi-juillet, fin août avec gros turn over au milieu) nous demande ce qu’on veut faire plus grand. Crânement, je réponds “écrivain” (oui sans e, j’étais pas très féministe à l’époque). Parce que j’aimais écrire. Parce que j’ai passé mon adolescence à écrire. Parce que j’ai un peu arrêté adulte parce que les études puis le travail. Sauf ce blog.

Machine à écrire Olivetti

Retour à la forêt du sage. “Le sage vous demande ce que vous feriez si vous étiez sûre de ne pas échouer”. J’écrirai. Tellement évident. Qu’est-ce que j’ai foutu ces dix dernières années, qu’est-ce que je suis allée faire dans cette voie qui ne me correspond pas ? Gagner des sous, youpi… Oui parce qu’on va pas se mentir, c’est à peu près ma seule carotte et vu que c’est pas la politique de la maison d’augmenter (j’ai eu 2% en 2 ans et demi, youhou… mais une de mes collègues a eu une fois 3% en 5 ans… pendant ce temps, d’autres se font des plus +10 000 en un an, peinardos), faudrait que je bouge encore et encore mais pffff. La flemme. Surtout que depuis ma révélation, je cogite, je réfléchis à un plan. Etape 1 : lancer des blogs un peu plus rentables que celui-ci (vu que j’ai pas de pub ici, ce sera pas dur de faire plus rentable, ça le sera dès 5 cts gagnés)… Etape 2: continuer et finir le roman de Maja pour l’envoyer à des éditeurs (123 pages à l’heure où j’écris cet article, hihi). Et puis aussi finir de retaper Technopolis si ce n’est fait (je ne me souviens plus) et le balancer en auto édition pour avoir un peu d’argent de poche. En clair : lancer une petite activité autour de l’écriture et voir ce que ça donne. Si ça marche un peu, passer à un ⅘, voire un ⅗… voire en totale indépendante si ça marche TRES très bien, retourner vers le journalisme. Parce que ça paie peut-être moins mais j’aime un peu mieux. Mais sans précipitation ni obligation, le but n’est pas de finir dans la rédaction d’un journal people à pisser des news sur des gens que je ne connais même pas histoire de générer du trafic non plus. Peut-être forcer à mort dans ma boîte pour partir vers la data et les études pour devenir data journaliste… Un truc dont j’ai rêvé l’autre nuit, justement, amusant…

data journalisme

Bref, maintenant que je sais, je comprends ma lassitude au sujet du travail, ma procrastination crasse (qui n’est rien d’autre qu’un manque de motivation et d’envie, quel que soit le nom qu’on lui donne), ma non envie de jouer le jeu de la politique même si je suis blessée dans mon orgueil de voir les petits jeunes aux dents longues me passer devant mais je le sais : le mérite n’est rien, il faut savoir se placer avant tout. Je joue pas le jeu, je devrais en accepter les conséquences. Mais justement, inversons le paradigme : mon taf, là, redonnons lui le sens qu’il a vraiment : c’est de l’alimentaire. Stressant (pour rien), fatigant mais au fond bien payé et un boulot de caissier est tout aussi fatigant (je déteste le bruit) et stressant avec tous les clients qui viennent te prendre la tête… Moi au moins, les clients qui me prenaient la tête quand je faisais du CM, ils étaient derrière un écran, je risquais rien. Alors on va faire ça : du 9h45-18h45, apprécier l’argent gagné pour la liberté de créer qu’il m’offre et s’en foutre. En attendant de, peut-être, réussir dans ma vocation de coeur.

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Et si pour le 08 mars, on laissait les femmes parler ?

Ceux qui me suivent sur Twitter (et un peu ici aussi) le savent : je suis certainement ce qu’on appelle péjorativement une Social Justice Warrior, à savoir que j’ai l’air de me mêler de toutes les causes. Alors oui mais non, mes intentions sont toujours les mêmes, la même je dirais même : peu importe quel est ton sexe (de naissance ou non), ton âge, ta couleur, ton orientation sexuelle ou ton histoire, tu dois avoir les mêmes chances que ton voisin. Et rien que ça, ça te donne matière à t’énerver 2 à 3 fois par jour minimum. Et notamment sur le féminisme, la cause ennemie de beaucoup de gens qui ne savent jamais de quoi ils parlent. Et en ce 08 mars, on va vous demandez une chose, une petite chose à vous les hommes : fermez-là.

Le 08 mars : Homme baillonné pour laisser parler la femme

“Et mais attends, dit l’homme, moi aussi, je suis féministe, moi aussi, j’ai des trucs à dire”. Non, tu te tais. Déjà, tu ne peux pas être féministe, tu peux être allié. Parce que tu auras beau nous écouter (déjà, ça n’arrive pas souvent tellement les hommes sont toujours pressés de prendre la parole pour donner LEUR avis), tu ne sauras jamais ce que c’est que d’être une femme, réellement. Tu pourras lire des tumblr qui te mettent sous le nez ce qu’on vit au quotidien (paye ta shnek, paye ta blouse, paye ta robe, paye ta bulle, paye ta fac, paye ton taf, paye ton couple, chaire collaboratrice, conseil aux féministes, je connais un violeur… et d’autres qui ne sont pas arrivés jusqu’à moi), tu ne le vis pas, tu peux au mieux imaginer. Et vu ta propension à nous dire qu’on exagère, j’ai la sensation que tu as l’imagination défaillante, mon cher ami. En tant que femme, j’essaie de ne pas croiser le regard de mecs qui me matent avec insistance en espérant que ça va les décourager. En tant que femme, j’ai toujours le réflexe de regretter ma tenue si je me fais reluquer de trop près alors que *bordel* j’ai encore le droit de m’habiller comme je veux, je dois subir des tentatives de drague bien lourdes dans le milieu professionnel et si tu te rebiffes, c’est toi la conne sans humour. En tant que femme, je scrute toujours les gens derrière moi si dans des lieux de foules, je sens quelque chose contre mes fesses. En tant que femme, je me prends des réflexions si j’ose mettre un orteil sur un domaine soit-disant masculin. En tant que femme, tout ce qui se passe ou non dans mon utérus semble être soumis à libre discussion. En tant que femme, même si je serai naturellement moins bien payée qu’un homme, on hésitera à me faire progresser dans la hiérarchie rapport à mon utérus, toujours. En tant que femme, si je suis battue ou violée, on remettra ma parole en cause, on se dira que je l’ai sans doute bien cherchée, peut-être même que je mens. Je serai traitée de salope dès que j’ouvrirai la bouche, menacée de viol si j’insiste. Mon corps devra correspondre à certains canons sinon je ne vaudrait rien. Et encore, là, c’est juste une petite liste, y en aurait encore tant et plus.

Nicky Minaj, élégante pour la Fashion Week

Si un jour je me lance dans un show type effeuillage, ce sera trop ma tenue

Ca, voilà, c’est un peu notre quotidien. Nos souffrances, sans cesse niées d’ailleurs sous prétexte qu’on exagérerait quand même voire que “hihi, c’est agréable de se faire draguer quand même”. Franchement, non. Et c’est la même pour toute lutte d’une minorité « contre » une majorité. Je ne suis pas militante anti raciste ou pro LGBT, je suis une alliée de ces causes. Je ne prends pas la parole dessus, je la relaie. Parce que j’ai beau avoir l’imagination fertile, je ne sais pas. Parce que je tombe encore des nues quand je découvre qu’un mec s’est fait défoncer la gueule juste parce qu’il avait tenu la main de son petit ami dans la rue, qu’une jeune lesbienne a été violée par son père qui voulait lui prouver que c’était meilleur avec les hommes, que j’apprends que la discrimination à l’embauche des personnes racisées continue encore et toujours, qu’on continue les Blackfaces en 2017 et on envisage d’appeler un bar “le bal nègre” sans bien voir le problème. Que je ne saurai jamais ce que c’est d’entendre des gens commenter ta coupe de cheveux et que si tu les laisses naturels, on va te dire que ça fait négligé… Je ne connais pas les vexations quotidiennes, les petites réflexions tellement routinières qu’on ne prend plus le temps de les dénoncer, on fait avec en se disant qu’il y en a marre. Je sais que tout cela, je ne le saurai jamais, je ne peux que comprendre et faire preuve d’empathie. Donc je n’ai pas à imposer ma vision des choses, de la lutte, des priorités, je n’ai pas à dicter un agenda des actions à mener à ces personnes là.

Affiche black feminism

ET POURTANT ! Les non minoritaires ont, pour la majorité, un besoin viscéral de s’en mêler. Les mecs, on n’a juste pas besoin de vous. On a besoin d’alliés, pas de guides ou de prophètes. C’est hallucinant comme les majorités veulent toujours se mêler des combats en prenant la parole, surtout quand on leur demande de ne pas le faire. Si vous saviez comment les féministes ont été alpaguées sur le sujet depuis une semaine… Regardez : dès qu’une réunion non mixte ou sans blancs est organisée, c’est l”indignation… Alors que les mecs, tu ne leur aurais pas dit de ne pas venir, ils ne l’auraient juste pas fait d’eux-mêmes. Et je sais que certains sont animés des meilleures intentions mais quand on est élevé dans une société où on vous apprend que seul l’Homme blanc peut diriger, que seule sa voix porte et est légitime, ça donne des manterruptions toutes les deux minutes et des mecs qui se posent en leaders de mouvements qui ne les regardent même pas.

Féminisme : ne me libère pas, je m'en charge

Alors s’il vous plaît, demain, pendant juste une journée, taisez-vous et laissez-nous parler.

Merci

 

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La femme sur le net : injonction à l’invisibilité

Alors que les élections approchent à grand pas, l’ambiance devient salement toxiques pour tous ceux qui ne font pas partie de la classe dominante, c’est racisme, homophobie et sexisme à tous les étages. D’autant que les fachos désoeuvrés et violents (du moins avec leur clavier) prennent de plus en plus de place sur les réseaux sociaux, forums ou sites d’actu. Et quand tu es une femme sur le net, tu en prends salement plein la gueule quoi que tu dises. Même quand tu fais un innocent article sur les poches de jeans.

La femme sur le net

En 12 ans (!!) de visibilité sur les Internet, je dois avouer que je me suis pris mon lot d’insultes, de menaces, d’essayer de me faire peur pour que j’arrête de parler… alors que je ne dis quand même rien de bien problématique. Ah oui, je vomis la drague de rue, j’aime le sexe mais j’aime aussi choisir mes partenaires… Pendant longtemps, un oppresseur errait dans les commentaires en m’insultant régulièrement car je couchais sans me poser, honteux ! Répréhensible ! Curieusement, depuis que je suis entrée en monogamie, il a disparu. Sans doute parce qu’à ses yeux, je suis “rentrée dans le rang”. Vous allez me dire “non mais c’est qu’un troll, exagère pas non plus”. Non, il n’est juste qu’un maillon d’un système bien plus large.

machinerie rouages

Cette semaine, deux femmes journalistes spécialistes du jeu vidéo ont vécu l’horreur : Kayane d’un côté, harcelée par un fou depuis de longs mois, qui parvient enfin à le faire arrêter… en vain. La fille raconte cette histoire vraiment épouvantable et réaction d’un gros site de merde “ah bé fallait pas poster de photos en ligne, aussi”. En gros : si tu veux pas attirer l’attention d’harceleurs déséquilibrés, disparais. Vous allez me dire que le conseil vaut pour les hommes sauf que les hommes n’ont pas ce souci de harcèlement, voyez-vous. Eux, ils distribuent leurs photos de bite en érection à qui en veut (ou à qui n’en veut pas, d’ailleurs). Une femme paraît un peu coquine, un peu exhib sur les réseaux sociaux : avalanche de dick pics non sollicitées. Donc pardon, mais le discours “han mais ce sont les hommes et les femmes qui doivent se protéger”, c’est juste une immense hypocrisie. Oh hé, rappel : ce n’est JAMAIS la victime qu’il faut blâmer. L’autre journaliste, c’est Carole Quintaine qui a craqué cette semaine et montré ce qu’elle subissait au quotidien, des gentils “ta gueule grosse pute” dès qu’elle émet un avis sur un jeu vidéo, par exemple. Alors oui, vous allez me dire “han mais l’univers jeux vidéos, c’est un peu macho quand même, c’est pour ça”. Oui mais ta gueule en fait.

Silence tais toi

Parce que ce que subit Marie Kirschen, Kayane ou Carole Quintaine, c’est ce qu’on subit tout le temps et à notre petit niveau. Même moi, j’ai dû porter plainte dans le temps alors que j’ai même pas le 100e de la communauté de ces filles là. Dès qu’un tweet un tant soit peu féministe est repris, y a toujours un connard qui vient m’agresser, se contentant d’une insulte stupide dans le meilleur des cas, de menaces de viol, de violence voire carrément de meurtre ou injonction au suicide dans le pire. “Ouais mais roh, tu sais bien que les mecs, ils feront rien en vrai”. Alors déjà, non, je ne sais pas. Relire l’histoire de Kayane. Relire celle de Christina Grimmie, assassinée à 22 ans par un fan… Mais même si la personne qui menace de me défoncer n’en fera rien, faut arrêter de parler de troll à un moment : c’est trop souvent, jamais la même personne, on est au delà de la simple taquinerie. Surtout que vous, vous ne voyez pas trop le souci de recevoir des dizaines et des dizaines de messages violents mais quand vous êtes la destinataire,je vous jure que même si vous êtes solide, y a un moment où vous ne pouvez plus.

Femme épuisée

Les hommes pensent pouvoir distribuer la parole, ils montent des raids pour empêcher les féministes de parler. On cherche à nous remettre à notre place : à la maison, mutiques et à disposition. Et le pire ? C’est la complicité ou le silence d’autres hommes qui viennent nous expliquer alors qu’on vient de se prendre un violence symbolique inimaginable dans la tête qu’on exagère, que ce n’est que du troll et que ça vaut pas la peine de réagir, de laisser faire, que tous les hommes ne sont pas comme ça. Ca ne leur vient jamais à l’idée d’expliquer au “troll” qu’il ne doit pas agir comme ça non, c’est à nous, les victimes, de prendre sur nous et de, une nouvelle fois, fermer nos gueules. Et c’est là toute la magie de l’oppression masculine : assumée ou insidieuse, quand tu es une femme et que tu oses parler d’un sujet qui est soit réservé aux hommes soit qui dérange leur suprématie (des poches de jeans, on en est là), tu t’en prends plein la gueule mais s’il te plaît, fais le en silence pour ne pas heurter les mâles qui ne comprennent pas bien pourquoi tu vis mal des menaces de sodomie…

Femmes manifestent baillonnées

Du coup, la prochaine fois que vous aurez envie de dire à une femme de ne pas relever les attaques des “trolls”, réfléchissez bien. D’ailleurs, la prochaine fois que vous voudrez utiliser le mot “troll”, réfléchissez bien aussi… On est maintenant très loin de la fonction poil à gratter mais dans une réelle oppression.

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La liberté sexuelle pour les femmes : le grand leurre

Elle s’appelle Isabelle. 44 ans, divorcée, “pas mal pour son âge”; comme on dit. Pourtant le matin, quand elle se regarde dans la glace, ce n’est pas ce qu’elle voit. Elle ne voit que la peau qui perd un peu de sa tonicité, quelques taches discrètes qui commencent à apparaître, du gras sur le ventre qui refuse de partir. Ce matin, encore un nouveau cheveu blanc. Une sensation que ses belles années sont désormais derrière elle et qu’elle ne les retrouvera plus. Ainsi, elle n’a pas cru sa chance quand ce jeune homme croisé quelques fois à la machine à café est rentré dans son jeu de séduction. Après quelques verres et beaucoup de rires, il l’a ramené chez lui, ils ont fait l’amour, une fois, deux fois . Quelle fougue, ces jeunes hommes, elle avait oublié. Elle repart le lendemain, la confiance en elle remontée, le sourire aux lèvres.

Femme quadragénaire sourit à la vie, confiance en elle, New York

Elle s’appelle Axelle et c’est une femme libre. Elle aime les hommes, beaucoup, elle en rencontre souvent, elle se donne sans calcul et avec délectation. Ce soir, elle prend un verre avec Tiago, un beau garçon croisé sur Tinder. Ils se cherchent, ils se séduisent. Le contrat est clair : juste du cul, pas d’attaches. C’est donc sans surprise qu’ils finissent ensemble au lit pour une nuit torride. Axelle jouit, Axelle est heureuse : elle prend son plaisir avec un beau garçon après une bonne soirée.

une femme nue dans la forêt adossée à un loup, femme sauvage et libre, liberté sexuelle

Elle s’appelle Daria. Depuis quelques temps, elle flirte avec ce garçon, Charles, qui est en cours d’éco avec elle. Il est drôle et prévenant. Un soir, il l’invite à prendre un verre ailleurs qu’à la fac. Soirée délicieuse mais elle ne cède pas, elle veut être sûre. Ce ne sera qu’au bout du 3e rendez-vous qu’elle se donnera à ce garçon qui a conquis son coeur.

Un jeune couple flirte en buvant un verre en terrasse

Le point commun entre Isabelle, Axelle et Daria ? C’est qu’elles sont tombées sur des connards… Mais des connards puissance 10 000 qui les ont photographiées et balancé des photos d’elles nues ou presque prises à leur insu avec des commentaires pas forcément sympa sur leur âge, leur plastique ou leurs performances. Oui, en 2017, ça existe et pour une page Facebook trouvée, celle de Babylone 2.0, il en existe encore beaucoup pas encore débusquées parce que vous vous doutez bien que, nous, les femmes, ne sommes pas les bienvenus dans ce type de groupe fermé.

Un jeune homme prend une photo avec son smartphone

Quels torts ont eu nos trois demoiselles ? D’avoir une activité sexuelle. Point. Et d’avoir mal jugé une personne, pensant être dans un environnement safe avec lui. Et franchement, l’addition est très salée pour juste une erreur d’appréciation. Alors, oui, il est possible qu’elles ne sachent jamais qu’elles ont été exhibées là mais la situation reste dramatique. Des centaines ou milliers d’individus ont pu voir leur corps, allez savoir ce qu’ils ont pu faire sur ces photos. Et rappelez-vous qu’on ne parle que d’un seul cas, là… 

Un homme regarde des photos de jeunes femmes sur un ordinateur

Parce que la femme sexuée est systématiquement brimée. Quand j’écrivais mes aventures sexuelles ici (sans photos, sans vrai prénom ni détails permettant de reconnaître le mec impliqué, des fois qu’un mec ait envie de m’expliquer que je faisais pareil), qu’est-ce que j’ai pu me prendre comme seau d’insultes et de messages de type “va te faire gang banger* connasse” et autres joyeusetés. Dès que j’ouvrais la bouche, j’étais rabaissée par un “ta gueule, restes-en à tes histoires de cul”. Oui parce que le fait que je vive une sexualité épanouie semble me disqualifier pour parler de tout autre sujet… On me renvoyait systématiquement à ça, tout le temps. Mais quel est le rapport entre mon activité sexuelle et ma culture gé ou mes opinions ? Je cherche encore.

Une artiste de burlesque lit le journal avant de monter sur scène

Pourtant, on nous l’a vendue cette liberté sexuelle féminine. On regardait Samantha dans Sex and the city mener de front une carrière réussie (enfin, sa carrière, on la voyait que rarement dans la série) et une vie sexuelle débridée, se tapant les plus beaux mecs de Manhattan, dans la joie et la bonne humeur. Idem pour Miranda qui trouva l’amour en se tapant un barman random dans un bar, Charlotte qui finit avec un avocat qui avait pour seul intérêt au départ de la faire grimper aux rideaux et Carrie… Je sais plus. Sauf que non, dans la vraie vie, une femme qui couche est indigne selon les hommes (pourtant ravis de coucher), on peut l’insulter, la dégrader, l’humilier, elle l’a bien cherché. En 2017, on en est encore là et le pire, c’est que je suis moi-même un petit rouage de ce système. Je veux dire pourquoi j’ai arrêté de parler de sexe sur ce blog ? De peur qu’un employeur tombe dessus et ne m’embauche pas alors que… ben ce que je fais de mon cul n’a aucun rapport avec mon professionnalisme (vu que j’ai jamais eu de coït sur la photocopieuse en plein open space donc je ne perturbe personne). Alors je dirais bien que je vais vous reparler de mes histoires de fesses mais vu que je suis désormais monogame, le suspense est un peu limité. Mais on mesure une nouvelle fois à quel point le féminisme est nécessaire aujourd’hui, plus que jamais, car nous sommes de plus en plus opprimées, jusque dans nos libertés de jouir.

scène de sexe sur le piano dans Pretty Woman avec Richard Gere et Julia Roberts

J’ai publié un tweet sur le sujet vendredi et j’ai reçu des réactions assez diverses. J’ai passé beaucoup trop de temps à expliquer des concepts féministes de base comme le “not all men” et mansplaining donc je prévois pas mal d’articles à caractère féministe dans les prochaines semaines donc si ça vous ennuie… Ben arrêtez de lire mon blog car je passe en mode poing levé.

Logo féministe poing levé

* Je l’ai vraiment eu, celui là…

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L’amour et le patrimoine

Depuis que je suis en couple monogame, je suis assez friande des histoires de rencontre des autres vu que moi, je n’en ai plus et que mes récits croustillants nécessiteraient de rentrer beaucoup trop dans mon intimité, ce que mes amis ne goûteraient pas forcément. Non mais c’est vrai, moi, j’ai une imagination très visuelle par exemple donc si tu me racontes par le détails une partie de jambe en l’air et que je connais les protagonistes impliqués… Ben c’est comme si j’avais fait ma scopophile… Donc je suis désormais les aventures d’une copine, que nous appellerons Katel (parce que j’ai envie) sur les sites de rencontres. Et au bout de quelques rendez-vous, Katel en a déjà marre d’un truc : de la drague par le patrimoine.

homme_argent_exhibition_patrimoine

Katel a décidé de passer la 2nde pour trouver un homme, pour une nuit ou pour la vie, c’est selon. ne suivant pas mes conseils, elle squatte Adopte Un Mec, site que je méprise assez car j’ai énormément de mal avec la vision ultra machiste du truc : “homme : balance ton salaire et tes possessions, femme : balance ta culotte et tes pratiques sexuelles”. Et ça veut se faire passer pour “féministe” après, laisse-moi me marrer ! On dirait que ça a été conçu par Hugh Hefner mais passons. Elle cale quelques rencards à des hommes et c’est festival : entre les fachos assumés (!!) et les “salut, je m’appelle Antoine et je viens d’acheter un 70m² dans le Marais et toi ?”, les bonnes soirées sont rares. Oui parce que curieusement, elle s’est tapée un bon paquet de “salut, je viens d’acheter un appart” alors qu’elle ne demandait rien sur le sujet vu qu’elle s’en fout. Du coup, je me pose la question : est-ce que draguer avec son patrimoine, ça marche vraiment ?

pretty woman, l'histoire d'amour entre un mec riche et une prostituée

Oui, bon, des fois, ça a l’air de marcher mais c’est un FILM

Jeudi soir, Katel a donc rencontré Rémi. Elle m’en parle un peu avant en mode “il a l’air intéressant, il va à des conférences d’économie et tout”. Moi, en bonne gauchiste, je comprends “il va à des conférences sur Marx, l’économie collaborative, partagée, les alternatives économiques…”. Je m’imaginais déjà des sorties à 4 avec des “débats” enflammés autour d’un verre de vin sur comment on devrait révolutionner l’économie pour permettre un meilleur partage du gâteau… Sauf que non. Rémi va sans doute à des conférences “quels meilleurs placements pour votre argent en trop” et le mec lui a parlé d’argent toute la soirée, ennui total. Bye bye Rémi et nos soirées à 4… On garde notre vin pour un meilleur candidat.

verres_de_vin_apero

En fait, je ne comprends pas. Evidemment, le site en lui-même semble faire SUBTILEMENT comprendre que tu choperas plus facilement une femme avec un écran plat et un lit king size (spoiler : NON) mais franchement, tu crois que ça marche comme ça, Jean-Pognon ? Tu as du fric, tu pourrais offrir de belles choses à l’élue de ton coeur… Heu ok mais du coup, est-ce que tu as vraiment envie de mettre ça dans la balance, limite de ne mettre QUE ça dans la balance, dès le départ ? Non parce que s’il le faut, Rémi est un sportif accompli, un musicien de talent, un dessinateur remarquable ou un poète exceptionnel… Mais ça, on ne le saura jamais, on saura juste qu’il est propriétaire de 3 apparts… Du coup, une vraie question s’impose : la femme qui sortira avec Rémi le fera-t-elle pour ce qu’il est ou pour ce qu’il a ? Rémi semble croire que les femmes sont vénales et paraît s’en accommoder… Sauf que peut-il réellement être heureux si sa moitié s’intéresse plus à son compte en banque qu’à lui ? Sérieusement ?

femme vénale

Alors peut-être que j’évolue trop au milieu des gauchistes mais, messieurs, arrêtez de lire des conneries de sites de drague car je vous le dis de suite : parler de fric, c’est chiant. Penser que c’est votre meilleure carte en matière de séduction vous élimine automatiquement. Parce que, clairement, le message que vous nous envoyez est problématique :

  • je n’ai rien d’autres à t’offrir que de l’argent, je suis le mec le plus intéressant du monde
  • De toute façon, les femmes, c’est bien tout ce qui vous intéresse, non ?
lèvres en diamant

Chercher « bling bling » sur Google images est toujours une expérience… étrange

Rémi, le conseil a voté, vous êtes éliminé.

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Je suis pas féministe mais…

“Moi, je suis pas féministes mais…” donc si, tu l’es. Je sais pas si vous avez remarqué le nombre de phrases commençant par “je suis pas [insérez truc plutôt honteux] mais…” et le reste de la phrase vient précisément démentir cette affirmation. Mais… attendez, en général, on dit ça de quelque chose d’assez honteux genre “je suis pas homophobe” ou “je suis pas raciste” mais alors pourquoi on dit ça du féminisme ? Facile ! Parce que les medias (et les gros machos de merde et leur humour oppressif) nous en donnent une image déplorable.

Ah oui, les Femen, l'exemple adoré de tous ceux qui vomissent les féministes et qui jouent l'amalgame à fond

Ah oui, les Femen, l’exemple adoré de tous ceux qui vomissent les féministes et qui jouent l’amalgame à fond

Alors souvent, ce “rejet” du féminisme n’est pas tant une dépréciation de ce combat mais la volonté de finalement donner plus de poids à son propos. Un peu un “moi, je suis citoyenne neutre et je trouve que ça, ça pose problème”. Je peux comprendre cette posture parce que si tu arrives en tant que féministe sur un débat, le contradicteur va te disqualifier de suite parce que “t’es pas objective” (alors que lui, oui, forcément). Le fait que mon féminisme ait pu m’apporter la réflexion,le recul, les références sur certains sujets (non, je n’entre pas dans une discussion comme un chien dans un jeu de quilles juste pour dire “hé non, je suis pas d’accord parce que je suis féministe, d’abord!”), apparemment, ça ne compte pas parce que je ne suis pas objective. Pourtant, y a-t-il besoin d’être objective pour noter que la situation de la femme en France s’aggrave de jour en jour ? Qu’on peut difficilement sortir dans la rue sans se ramasser le relou dragueur de service et qu’en plus, si on ose s’en plaindre, on est des connasses et on doit essuyer des litres de male tears sur le fait qu’on n’est pas gentilles parce que tu comprends, la drague dans la rue, c’est pas facile (sans doute parce que 9 fois 10, ça nous saoule, on ne vous a rien demandé, foutez-nous la paix). Est-ce mon féminisme qui tue dans une relative indifférence une femme tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Est-ce mon féminisme qui me fait lire ou entendre que les journalistes, dégoulinants de paternalisme, se réfèrent aux femmes par leur prénom, couleur de cheveux voire carrément compagnon… ?  Mais non, je suis pas objective, merci de sortir du ring.

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Mais il reste cette douloureuse impression que le terme “féministe” est mal perçu. Alors regardons un peu mon parcours féministe. Plus jeune, jusqu’à mes débuts par ici, d’ailleurs, je me définissais comme préoccupée par l’égalité homme-femme mais “surtout pas féministe, hein, je suis pas Isabelle Alonso !”. Alors pour les plus jeunes d’entre nous, Isabelle Alonso passait pas mal de temps à l’époque à squatter le plateau de Ruquier, certainement pour l’émission “On a tout essayé” mais j’ai un doute vu que j’ai jamais pu supporter Ruquier (je déteste les gens qui rient de leurs propres blagues et qui débordent de fierté et de suffisance. Même si à ce niveau là, reconnaissons que notre ami Laurent n’arrivera jamais aux chevilles des égotiques suprêmes Ardisson ou Hanouna, dans des styles très différents pour le coup). Et donc je détestais cette brave Isabelle parce que… et bien dix ans plus tard, je suis plus bien sûre. Je me souviens d’une chronique de Guy Carlier qui se moquait de ce féminisme de salon qui se bat pour des clopinettes car les vrais combats sont ailleurs. Oui, je n’avais pas bien notion du mansplaining à l’époque. Et puis y avait ce combat contre une pub Fleurette “oh ça va, c’est bon, c’est de l’humour”, haussais-je les épaules, ignorant le concept même d’humour oppressif. Bref, j’étais au degré zéro du recul et de la réflexion. Les medias me disaient que les féministes étaient des hystériques s’agitant sur des combats “moins importants que le viol ou la violence conjugale”, je les croyais. Féministe, moi ? Ah non, pas du tout !

Déclaration de la demoiselle “Féminisme. Je déteste ce mot parce que ça ne devrait même plus exister. Nous sommes tous égaux, alors pourquoi est qu’il y a un débat sur le sujet ?”  Je me frappe le front...

Déclaration de la demoiselle “Féminisme. Je déteste ce mot parce que ça ne devrait même plus exister. Nous sommes tous égaux, alors pourquoi est qu’il y a un débat sur le sujet ?” Je me frappe le front…

Puis j’ai eu ma période “égalitariste”. Je n’étais pas féministe mais égalitariste parce que je voulais l’égalité entre humains quelque soit leur sexe ou couleur ou origine sociale. Je le suis toujours, hein, sauf que j’ai compris un élément essentiel : pour arriver à une égalité entre les sexes, le rattrapage ne peut se faire que du côté des femmes vu que les hommes sont dominants et que l’égalité ne peut se faire en renonçant à certaines choses mais bien en donnant à tout le monde la même chose. Donc féminisme (pardon pour cette explication horriblement bâclée). Et lutter pour le droit des femmes, c’est aussi bénéfique pour les hommes en les débarrassant du poids du patriarcat qui rend par exemple difficilement envisageable en 2016 qu’un homme puisse prendre un congé parental pour élever son petit. Bref, petit à petit, en lisant la prose de féministes, en comprenant qu’il ne s’agissait pas d’un bloc parlant d’une même voix et que j’avais tout à fait le droit de me dire féministe et de ne pas cautionner tout ce qui sort de la bouche d’une féministe. Alors, oui, ok, je suis féministe. Malgré mon fard sur les yeux, le noir sous mes yeux, ma traque (ok très relative) du poil et ma liste un peu longue de personnes ayant mélangé leur corps nu au mien.

Original Film Title: ANATOMIE DE L'ENFER. English Title: ANATOMY OF HELL. Film Director: CATHERINE BREILLAT. Year: 2004. Stars: AMIRA CASAR; ROCCO SIFFREDI.

Sans doute qu’on ne naît pas féministe mais qu’on le devient (une référence subtile vient de se glisser ici), c’est une démarche, une réflexion. Et le premier pas, c’est de détricoter l’image négative de celles qui lèvent le poing encore aujourd’hui pour défendre le droit des femmes. Parce qu’en 2016, ça va vraiment pas mieux. Allez ma soeur, n’aies plus peur et ouvre les yeux. Ah, par contre, je te préviens, une fois que tu découvres les mécanismes parfaitement huilés du patriarcat, le monde devient un endroit bien laid. Mais à nous de relever le gant pour en faire quelque chose de mieux. 

 

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Le débat a-t-il pour réel objectif de faire changer d’avis l’autre ?

De temps en temps, je me lance dans un débat sur Twitter : des échanges d’arguments ponctués d’attaques sur mon ouverture d’esprit et quelques noms d’oiseaux en prime. J’en ressors parfois lessivée et certains me disent “non mais tu ne le feras pas changer d’avis, laisse tomber”. Non. Parce que c’est pas forcément elle ou lui que je vise mais ceux qui lisent l’échange en silence et pourraient être touchés par certains arguments.

chatrier-loges-vides-tennis

Un soir de 2012, deux hommes engoncés dans un costume débattent sous l’oeil torve d’un homme et d’une femme qui balancent aléatoirement des timings. A droite, Nicolas Sarkozy, à “gauche”, François Hollande. Les deux se balancent chiffres, promesses et punchlines sur des sujets lancés par les deux arbitres qui ne servent pas qu’à donner l’heure. Nous voici au coeur du débat d’idées de la Ve République, le fameux débat présidentiel d’entre deux tours qu’on regarde pour… se laisser convaincre ? J’aimerais avoir une étude précise sur la réelle influence du débat d’entre deux tours sur le résultat final… J’en étais restée à environ 10% de l’électorat qui est indécis et qui peut être conquis lors de cette grande cérémonie mais est-ce toujours le cas ? Bref, ça échange, ça débat, ça s’indigne et à la fin, chacun reste campé sur ses positions… Ca vous étonne ? Bien sûr que non, imaginez la scène “Mais… mais vous avez raison en fait. Mais oui, vous venez de m’ouvrir les yeux ! Bah écoutez, vu que vous êtes dans le vrai, j’invite tout le monde à voter pour vous.” Non, non, soyons sérieux deux minutes. Mais alors du coup, pourquoi débattre vu que personne ne lâchera le morceau ?

le débat télévisé de la présidentielle

Parce qu’on ne cherche pas à convaincre son contradicteur direct mais bien l’audience passive. Déjà, admettons assez facilement qu’il est difficile de faire admettre à quelqu’un ses torts en public. Je pense pouvoir plaider coupable, ce moment où tu sais que l’autre a raison mais ça t’arrache la gueule de l’admettre. Mais il y a aussi les autres, ceux qui te répètent en boucle les trois mêmes arguments foireux que tu entreprends de démonter à grand coup d’articles (écrits par d’autres) ou de vidéos qui expliquent en long, large et travers les quelques notions que tu balances de ci de là genre, au hasard, l’humour oppressif (humour oppressif, humour oppressif, humour oppressif, voici mes références habituelles, n’hésitez pas à m’en balancer d’autres au besoin). T’as beau expliquer, gentiment ou plus “énergiquement” le pourquoi de ta colère, tu butes systématiquement sur un mur de “mais je dis ce que je veux”, “j’ai encore le droit d’avoir mon opinion”, “mais moi, je connais quelqu’un qui prouve le contraire de ce que tu dis” (selon la grande loi qui dit qu’une seule exception dans ton entourage nique l’ensemble du travail des statisticiens et sociologues, t’séééé), “moi ça me fait rire, donc c’est drôle”, “ah Coluche et Desproges seraient bien malheureux aujourd’hui”, “on ne peut plus rire de rien” “oh, ça va les minorités, hein !”, “t’es qui pour me juger d’abord ?”, « c’est la liberté d’expression ! » « t’es pas Charlie, toi ! ». Bref, vous avez beau tenter différentes techniques, c’est le bide.

Hé oui, des fois, ça démange un peu de choper l'adresse du crétin qui s'entête pour aller lui en donner une

Hé oui, des fois, ça démange un peu de choper l’adresse du crétin qui s’entête pour aller lui en donner une

Et ce n’est pas grave. Parce que pendant que vous croisez fermement le fer avec Jean Connard (ou Jeanne Connasse), il y a Jean Naïf (Jeanne Naïve) ou Jean-ne “je n’avais pas d’opinion sur le sujet mais à présent que je te lis, j’ouvre les yeux” qui suit l’échange en silence. Et si vous avez bien argumenté, c’est celui là que vous allez convaincre. Si j’en reviens à mon cas personnel, j’ai appris énormément de choses en suivant des débats dans lesquels je n’étais pas impliquée, parfois par manque d’opinion, parfois parce que j’arrivais deux heures après la bataille. Prenons, au hasard, le débat sur le “mademoiselle” que les féministes ont souhaité supprimer des formulaires. Ma première réaction fut à peu près : “mouiiiiiiii ?”. Soit “heu ben appelez moi madame ou mademoiselle, peut me chaut”. Puis j’ai lu des échanges, parfois acerbes, entre celleux qui défendaient cette proposition et ceux qui s’indignaient parce que… ben, c’était soit par coquetterie (“hihi, j’aime qu’on m’appelle mademoiselle, c’est une façon subtile de me draguer, hihi”) et les “mais y a plus important comme combat, putain !” J’ai donc aussi réalisé à quel point les gens qui se foutaient des combats féministes étaient par contre très préoccupé par leur liste des priorités… Parce que c’est bien connu que les féministes sont un bloc monolithe qui ne peut prendre les problèmes que les uns à la suite des autres. Bref, d’un sujet sur lequel je n’avais pas grand avis, je me suis mise à défendre la suppression du “mademoiselle” dans les formulaires car j’ai compris en lisant des argumentaires qui ne m’étaient pas adressés en quoi, effectivement, c’était problématique. Je prends cet exemple mais je pense que ma conscience féministo-gauchiste (et surtout le fait que j’assume l’être, nous en reparlerons) s’est construite grâce à ses débats qui fleurissaient sur ma timeline, sur Twitter ou Facebook.

jeune fille lit sur un écran portable

Alors échange avec Jean-Connard, balance des arguments et tes liens et une fois que tu as bien tout étayé, pars la tête haute, un petit coup pour balancer tes cheveux avec classe par dessus l’épaule (comme c’est virtuel, tu peux le faire même si tu n’as pas de cheveux) et adresse un clin d’oeil complice à celui ou celle qui te lit sans savoir et qui sera convaincu. Limite, sois un troll et quitte Jean-Connard en le remerciant de t’avoir permis d’argumenter et de gagner de nouvelles personnes à ta cause.

Rihanna double doigt d'honneur clip we found love

PO PO PO !!!

Ah oui, je vais faire ça la prochaine fois. Délicieux !

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Etre une femme sur le web : la curée

Semaine dernière, je traînasse mollement sur Twitter entre deux dossiers quand je vois fleurir un article “une Youtubeuse quitte momentanément Twitter après des menaces de meurtre et de viol”. Whaaaaaat ? Alors la Youtubeuse en question, je la connais très bien puisque je suis ses oeuvres vidéo, il s’agit de Ginger, une féministe assumée qui n’hésite pas à monter au créneau. Ici, elle avait expliqué en une demi douzaine de tweets qu’une miniature de vidéos de Squeezie posait problème dans le message qu’il délivrait à son audience (plutôt très jeune) et vlan, des kilotonnes de merdes déversées sur sa gueule. Car oui, être une femme sur le web, c’est souvent s’en prendre plein la gueule pour pas un rond.

ginger_force_adaptation_ être une femme sur le web

Je vis évacuer la dimension “féministe” pour aujourd’hui, j’y reviendrai à l’occase mais là n’est pas mon propos. Je vais juste parler des femmes qui ont l’outrecuidance de s’exprimer publiquement. Commençons par les blogueuses et vlogueuses mode et beauté, exemple ô combien parlant car elle s’en prennent systématiquement plein la gueule. “Idiotes”, “superficielles” et sans parler des attaques sur leur physique, le summum de l’intelligence. Alors je ne dis pas qu’elles sont toujours irréprochables mais sérieusement, arrêtons trente secondes. Une femme qui se maquille peut aussi avoir une culture G bien plus étendue que la vôtre. Quant aux attaques sur le physique… Là, ça touche carrément toutes les femmes. Regardez n’importe quelle vidéo de Youtubeuse et checker les comms, y aura toujours des commentaires sur le physique, soit pour dénigrer, soit des élégantes expression d’un désir brusque de faire des choses sales à la pauvre demoiselle qui n’a rien demandé. Vous avez le droit de ne pas être sensible au charme d’une personne, de là à le lui balancer… Même moi, alors que je n’ai jamais montré ma trombine en ses lieux, je m’en suis pris plein la gueule sur mon physique. Wokééééé…

Voilà, si vous arrivez à juger là dessus, faites-moi signe

Voilà, si vous arrivez à juger là dessus, faites-moi signe

A ce niveau, vous allez me dire que c’est pas grave, qu’il faut pas écouter les cons. Oui mais déjà, à un moment, si tu tapes sur le cuir à répétition, ça finit par l’attaquer. Est-ce que vous imaginez la force de caractère qu’il faut avoir pour réussir à ne pas être blessée par ces attaques incessantes ? Les gros cons limités qui s’attaquent au physique ont-ils seulement conscience du mal qu’ils peuvent faire ? Ont-ils seulement envisagé que la demoiselle qui s’exprime a pu souffrir de complexes physiques graves par le passé, que s’exposer est pour elle une véritable épreuve et que leurs attaques “pour le LOL” peuvent lui faire mal plus que de raison ? Et puis sérieusement, attaquer sur le physique, passé un certain âge, faut passer à autre chose les enfants. Vous n’avez rien d’intelligent à dire sur le fond ? Bah taisez-vous. Et tant qu’on est sur le physique, les remarques sur nos seins, nos formes qui vous mettent en appétit ou sur le fait que ça vous colle la trique et autre joyeusetés, ça ne fait pas plaisir non plus.

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Mais le pire, ce sont les menaces. Parce qu’une femme dit quelque chose qui déplaît, elle se prend des menaces de claques dans la bouche ou pire, de viol. Parce que si on n’est pas d’accord avec l’Homme, c’est souvent qu’on est mal baisées et qu’une bite bien placée nous ferait voir la vérité ou du moins nous dissuaderait de continuer à expliquer en quoi la personne a tort.

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Le problème, in fine, c’est qu’en 2016, on essaie encore et toujours de confisquer la parole aux femmes. Vous allez me dire “oh mais les mecs aussi, ils s’en prennent plein la gueule”. Sincèrement pas autant : ils ne sont pas systématiquement attaqués sur leur physique, sur la profondeur de leurs propos (je suis pas sûre qu’on reproche avec un tel systémisme la superficialité des blogueurs et vlogueurs geeks ou jeux vidéo), sur leur façon de s’exprimer, ils se prennent bien moins de menaces de violence ou de viol dès qu’ils ouvrent un peu leur gueule. La parole de la femme est bien trop souvent dénigrée. Et pourquoi ? Parce qu’une fois de plus, certains refusent à la femme d’occuper une place égale à celle de l’homme sur la place publique (souvent inconsciemment), parce qu’une femme n’aura jamais rien d’intéressant à dire, parce qu’elle sera forcément taxée “d’hystérique”, de “pas pédagogue”, de “mal baisée” et qu’évidemment, elle n’a pas d’humour… C’est fou cette propension d’une classe dominante à toujours vouloir imposer un humour oppressif en refusant de voir ce qu’est le problème.

humiliation

Etre une femme engagée sur le web, c’est dur. Même quand on n’est pas engagées, d’ailleurs. Parfois, on se dit qu’on va juste remballer et partir sur la pointe des pieds, revenir dans la vraie vie ou personne ne nous insulte ou nous menace juste parce qu’on a eu l’audace de partager son avis, de le défendre, de s’affirmer, de souligner qu’un propos de dominant est problématique. Puis on pense aux autres, à celles qui n’osent rien dire, à celles qui se défendent d’être féministes parce que les féministes, ce sont des misandres hystériques (révélation : non). Alors on va laisser Ginger se reposer, profiter des gens de la vraie vie et on va continuer à faire du bruit en attendant. Parce que si ton seul contre argument, c’est attaquer mon physique ou mon sens de l’humour, c’est bien que mon raisonnement est difficilement démontable.

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Laissez les femmes vieillir

Lundi soir, j’ai fait comme tout le monde et suis allée voir Star Wars épisode VII*, à peu près vierge de spoils** mais j’avais noté que les internautes s’étaient moqués de la vieille Carrie Fisher. Ok, voyons… Ah, bravo, vous avez réveillé mon indignation féministe.

Carrie Fisher

Reprenons. Alors dans ce Star Wars, nous retrouvons Harrison Ford, Carrie Fischer et Mark Hamill. Ford arrive à l’écran, je me dis que le temps est un petit salopard. Même si, ok, il garde son charme et, à la limite, il a mieux vieilli que George Clooney dans la Bande annonce d’Ave Cesar des Frères Coen. Quand soudain, voici, Carrie Fisher et… Oh bah franchement, ça va. Oui, y a de la pâte d’oie (comme sur Ford), une peau relâchée (comme Ford) et une taille un peu épaissie mais franchement, elle le fait toujours. Surtout la scène où elle porte une robe, pardon mais elle pète la classe. Contrairement à Mark Hamill qui a très méchamment pris, comme on dit

Spoiler:
{(même si c’est un peu lié à son personnage, je suppose)}

Donc, que conclure à part : encore un coup de la société patriarcale qui nous impose un idéal féminin toujours plus inatteignable.

Princesse Leïa dans l'épisode 7 de Star Wars

Car voyez-vous, le problème, c’est que la femme n’a pas le droit de vieillir, particulièrement à Hollywood. Quand on refuse à Maggie Gyllenhaal un rôle car on la juge trop vieille (37 ans, sachant qu’elle était castée pour jouer la maîtresse d’un homme de 55 ans…), on commence à bien mesurer à quel point être une femme reste compliqué dans un métier d’image. Alors, il reste des solutions, hein, bien sûr, genre… la chirurgie esthétique. Après tout, regardez Nicole Kidman… Bon, ok, elle fait peur mais on lui donne pas son âge, hein….

Nicole Kidman botox et chirurgie

Car là est le drame de Carrie Fischer : elle est restée telle quelle. Oh mon Dieu des rides ! Oh mon Dieu une taille épaisse. MAIS QUELLE HORREUR DES CHEVEUX BLANCS ! Les commentaires n’avaient pas été plus charmants sur Diana Rigg, ex James Bond girl et surtout éternelle Emma Peel soit l’une des femmes les plus sexy du monde, lorsqu’on la découverte âgée et fripée dans Game of Thrones. Et que dire sur Brigitte Bardot ? Alors oui, elle dit beaucoup de trucs discutables, je dis pas mais non, elle n’a pas pris cher, elle a juste vieilli et ça nous arrivera tous. Ca fait mal le résultat sans botox et lifting ? Et bah commencez à économiser parce qu’on y passera tous. Et c’est une fille qui fait visiblement 10 ans de moins que son âge réel qui vous le dit.

Diana-Rigg-de-Chapeau-Melon-et-bottes-de-cuir-a-Game-of-Thrones

Mais voilà, la vieillesse féminine reste intolérable, bien plus que celle des hommes, c’est un fait indiscutable. Le style poivre et sel ? Super sur les hommes mais les femmes, eurk, elles se laissent aller dis donc… Idem sur les pâtes d’oies : sexy chez les hommes, inacceptable chez une femme. Même le bidon, c’est trop mignon chez les hommes alors que chez les femmes, ce sera sanctionné par un jet de pierres en plein dans le gras ! Et pourquoi ? Parce que dans notre société patriarcale, la femme reste avant tout associée à son rôle d’apparat : elle doit rester jeune, fine, lisse, belle. La maturité ? Non, on s’en branle, on va plutôt t’expliquer que les vieux décrépis préfèrent se taper des petites jeunes : ta beauté vaudra toujours plus que tout le reste, désolé.

Hugh Heffner et sa fiancée

Et c’est, en plus, un contresens total par rapport au personnage de Leïa. Elle n’est jamais présentée comme une belle et faible femme à secourir, non : c’est une femme forte, engagée politiquement, combattante. Le seul passage sexy la concernant (le fameux bikini) se termine quand même par Leïa terrassant un personnage immonde qui doit dépasser le quintal tranquille. Et c’est une constante dans l’univers Star Wars d’ailleurs : Padmé n’est vue comme une belle femme que dans sa romance avec Anakin : pour le reste, elle est avant tout une femme politique forte (encore) et elle ne brille pas de sexyness dans sa tenue officielle on va dire. Du coup, comment peut-on se dire fan de Star Wars, de son univers et se foutre de la gueule d’une actrice à cause de son physique… Le physique de son âge.

* Ah et pour mon avis sur le film car j’écrirai pas d’article dessus (parce que tout le monde en a parlé) : bon divertissement mais

Spoiler:
{ y a quelques soucis notamment le Dark Vador new gen’ qui est quand même pas mal en mousse.}

** Ma mère m’a quand même balancé

Spoiler:
{qu’un personnage mourrait et j’ai de suite compris qui c’était…}

Ma mère qui n’a jamais vu un Star Wars de sa vie m’a spoilée…

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Comment décrédibiliser un camp : comparatif manifestation Cop21 vs féminisme

Le 29 novembre dernier, peu de temps avant de décoller pour aller voir des amis, Victor et moi traînons un peu sur Twitter, suivant la manifestation écologiste à l’occasion de la Cop21. Il avait prévu d’y aller, me convainquant de ne pas le suivre car ça pouvait être dangereux. Pas à cause d’un éventuel attentat mais bien à cause des lacrymos et autres coup de matraque distribués dans le tas. Oh mais non, tu exagères, petit coeur. Ah mais non… Et sur ma timeline, je vois l’impensable : un silence de la plupart de mes contacts sur la manif jusqu’au moment fatidique où 3 connards ont jeté des bougies du Mémorial. Enfer et damnation, ces écolos sont des connards, ils méritent bien un peu de lacrymo et des coups, ils détruisent nos témoignages de compassion. Mais… Comment vous pouvez tomber dans un piège aussi grossier ? Alors oui, les connards (Black blocs apparemment mais d’après ce que j’ai pu voir/lire, aucun des cagoulés n’a été arrêté… Mais bon, vu que les black blocs ne sont pas une entité fixe mais qu’on peut tous l’être, j’imagine que c’est compliqué de savoir qui est qui), il y en a eu comme il y en a dans chaque manif mais bordel, vous voyez pas qu’ils se servent de ça pour brouiller le message ? Non.

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Ok alors pour vous prouver que si, c’est bien ça l’astuce, je vais prendre un sujet qui fait bien plus réagir ma timeline que l’écologie : le féminisme.

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Les black blocs = les Femen

Classic shit de n’importe lequel des mouvements : les membres dont on se passerait bien parce qu’on va vous les balancer systématiquement à la tronche pour décrédibiliser votre combat. Côté COP21, on l’a bien vu, ce sont les Black Blocs. Côté féministe, on a les Femen et tou-te-s celles et ceux qui ont essayé d’avoir un propos pro féministe vont confirmer : on a toujours droit aux Femen “ah ouais mais t’es féministe et t’es d’accord avec les Femen, alors !”. Non pas forcément parce que tu vois, quelles que soient tes opinions, tu ne trouveras jamais un mouvement où tout le monde est absolument d’accord sur les fins et moyens. Les Femen, je trouvais le discours de base sur la réappropriation du corps intéressante, quelques happenings qui ont du sens, je les ai trouvées couillues d’aller se frotter à Civitas mais… je comprends jamais bien ce qu’elles veulent, en fait. Des opérations coup de poing, on en a eues mais on n’entend jamais bien leurs revendications. Mais quoi qu’on pense des Femen, elles semblent constituer à elles seules un amalgame pénible à porter pour toute féministe alors qu’elles ne représentent qu’un mouvement minoritaire mais visible. Comme les Black Blocs. Et cette assimilation systématique devient un argument en lui-même pour ne pas écouter les féministes ou militants écologistes.

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“Il fallait pas faire comme ça” = le mansplaining

Toute féministe qui débat a un jour entendu un homme lui expliquer que c’est pas comme ça qu’il faut s’y prendre. En légèrement caricatural, ça donne “non mais vous êtes toutes hystériques, comment voulez-vous qu’on adhère à votre combat, aussi ?” et ces gentilles personnes (souvent des hommes) viennent nous expliquer comment qu’on milite pour gagner l’adhésion de la populace tout en nous imposant un calendrier de priorités qu’on doit suivre à la lettre parce que pardon, y a plus important que le combat que vous êtes en train de mener. Vous luttez contre la place des femmes en entreprise ? Idiotes, la priorité, c’est le viol ou la violence conjugale. Apparemment, la légende voulant qu’un homme ne puisse exécuter qu’une seule tâche à la fois semble vraie. car, voyez-vous, on peut mener plusieurs luttes de front, sans hiérarchiser la priorité en délaissant les autres dossiers. Sur la fameuse manif, on retrouve la même rhétorique : fallait pas manifester. Il est vrai que les grands changements dans le monde ont toujours été faits à partir d’un canapé. Rappelons que la chaîne humaine était autorisée et que les choses ont dégénéré lorsque les manifestants ont commencé à être enfermés sur la Place de la République et gazés avant même les premières échauffourées. Ah et pour celles et ceux qui me diraient que, quand même, y a des façons plus douces ou subtiles de lutter, relisez l’histoire du MLF, elles ont pas toujours fait dans la dentelle, loin de là.

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“Fallait pas manifester” = “elle l’a cherché, t’as vu comme elle est habillée ?”

Suite du précédent : ok, ils se sont faits gazer/frapper/interpeller mais on leur avait dit de pas aller manifester alors, hein… On remplace par “oui, elle s’est faite agresser mais t’as vu comme elle était habillée aussi”. Je n’aurai pas l’audace de comparer ça à un viol mais ici, la victime n’est jamais innocente. Non parce que pardon, remettons un peu en contexte : des centaines de personnes ayant participé à une marche autorisée avec leur drapeau peace qui se prennent des coups par des flics alors qu’ils sont assis par terre les mains en l’air, je ne vois pas dans quel univers, c’est chercher la merde… Ah si, dans celui de ceux qui veulent démonter cette manif, bien sûr.

Ces activistes sont tellement dangereux qu'un flic laisse traîner sa matraque au sol et lui tourne le dos... manifestation COP21

Ces activistes sont tellement dangereux qu’un flic laisse traîner sa matraque au sol et lui tourne le dos…

“Ouais mais les flics du Bataclan” = “no all men”

Oui les flics du Bataclan ont des couilles XXL et je n’aurais pas été capable de faire la même chose qu’eux. Mais ça n’empêche pas que les CRS qui ont “encadré” la manifestation se sont adonné à des violences injustifiées et le reconnaître n’enlève pas le mérite de ceux du Bataclan vu que ça n’a strictement rien à voir. Cette volonté de soudain déifier les flics comme l’entité salvatrice, empêchant ainsi toute critique me gêne, c’est un peu “non mais y a des mecs bien aussi”. Je suis la première saoulée par la systématisation du flic= gros con débile mais en l’occurence, sur cette manif, ils ont grave chié et abusé de leurs prérogatives. De la même façon que des mecs courageux vous sauvant d’une agression ne transforment pas tous les mecs en personne bien attentionnées à votre égard.

batman

Bref, une rhétorique simple qui s’applique à tout ce qu’on veut dénigrer. Toujours pas indignés, toujours indifférents ? Peut-être souffrez-vous de… snobisme géopolitique !

Je vous explique ça demain (enfin, j’essaie, je suis tellement charrette cette semaine… Enfin, ça fait un mois mais là encore plus)(mais c’est pas pour autant que je vais pas m’indigner, ça s’agite violemment en moi tout ça)

 

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