Tu veux pas débattre avec moi ? Nazi.e !

Le débat, ah, le débat… Sacralisé, c’est, paraît-il, le summum de l’ouverture d’esprit, le “je suis tellement mature pour un échange d’idées”, alors que je déteste le débat, en fait. D’abord parce qu’il ne sert à rien dans l’absolu, les impliqués ne changeront jamais d’avis, par conviction ou par ego. Après, ça peut toucher ceux qui écoutent mais surtout, cette sacralisation du débat fait qu’aujourd’hui, on se sent obligés d’opposer deux camps d’égal à égal alors que non. Mais surtout, refuser de débattre serait une preuve de faiblesse, un reproche légitime à faire. Oh vraiment ?

refuser de débattre

Revenons d’abord sur le problématique débat d’égal à égal évoqué plus haut mais que j’évacue en paragraphe deux pour ne pas perdre tout le monde. Je peux tout à fait comprendre le débat politique où l’on va tenter d’équilibrer les couleurs des intervenants, je n’ai, sur ce point, aucun souci. Même en étant quelqu’un de très fermement positionnée sur l’échiquier, ça peut m’apporter une certaine culture. Le problème du débat politique est surtout le manque de modération de la part des journalistes qui ont l’air de pioncer les ¾ du temps et on va se retrouver avec un débat où A accuse B de mentir sur des chiffres… et personne ne valide (ou pas) cette affirmation. Alors que ce serait justement le travail journalistique. Autant il est difficile de trancher sur les idées, sur les faits, y a peut-être du fact checking à faire et en direct, s’il vous plaît, tout le monde ne se rue pas sur Twitter pour voir ce que disent les comptes de fact checking, voyez… Mais le pire, ce sont les débats “pseudo” scientifiques où on donne la parole d’égal à égal à des personnes qui n’ont pas la même légitimité. Un exemple ? L’homéopathie. Alors oui, je suis fille de médecin donc je ne suis pas rigoureusement objective mais à quel moment des billes de sucre sont censé guérir quoi que ce soit en fait ? Non parce que des études cliniques ont été menées, l’histoire de la mémoire de l’eau complètement démontée et je suis à peu près persuadée que la moitié des gens qui prennent de l’oscillococcinum n’ont aucune idée que c’est censé contenir des cellules de foie et de coeur de canard de Barbarie. Je suis quelqu’un qui évite dans la mesure du possible de prendre des médocs à la moindre occasion mais mettre sur un pied d’égalité un médecin qui prescrit des médicaments qui ont subi des études concluantes et un homéopathe qui défend une médecine qui est scientifiquement reconnue comme inefficace, pardon mais non. A la limite, moi, si les gens sont rassurés par un placebo pour un rhume, ça me pose aucun souci mais quand on commence à se passer de certaines vaccinations parce qu’on prend des billes de sucre ou qu’on croit que ça marchera mieux que la chimio (comme l’ananas fut un temps ou le fruit du jacquier aujourd’hui), s’il vous plaît… Enfin, c’est étrange parce que sur le cancer, on a aussi des articles de merde te disant qu’il disparaîtra si t’arrêtes de manger du sucre… ce qui me paraît un peu antinomique avec l’homéopathie mais passons*.

Homéopathie

C’est rigolo parce que je trouve plein de photos avec des petites fleurs mais aucune avec un canard…

Passons maintenant sur l’obligation de débat. Ben pardon mais non. La semaine dernière, quelques hommes se sont indignés d’avoir été placé sur une liste Twitter référençant les comptes problématiques. Cette liste, on en fait ce que l’on veut, notez. Je peux m’en servir pour bloquer des comptes en préventif parce que j’ai pas forcément envie de m’attirer des mascus malsains dès que j’ouvre la bouche ou recevoir des dick pics non sollicitées. A dire vrai, j’ai déjà bloqué des comptes qui venaient me suivre et qui puaient les embrouilles genre le mec bien macho qui vient me suivre moi, le genre de compte où tu sais que son seul but sera de te faire fermer ta gueule dès que tu diras quelque chose d’un tout petit peu féministe. Donc oui, je me protège un peu et je ne comprends pas le scandale.

Le scandale

D’abord, Twitter, comme n’importe lequel de mes réseaux sociaux, c’est un espace personnel et j’y suis/lis qui j’ai envie de suivre/lire. Je n’ai aucune obligation de RIEN. Non mais déjà que dans la vraie vie, je suis obligée de me coltiner beaucoup de gens dont l’avis me file vite la nausée, les commentaires dignes des meilleurs PMU dans le métro entre deux personnes qui ont décidé de partager leur conversation à tout le monde… Voilà, dans la vie, on n’a pas toujours le choix d’entendre certains avis moisis, c’est pas pour me les récupérer aussi sur mes réseaux sociaux. “Mais tu m’as bloqué alors que je t’avais rien dit, ma liberté d’expression, blablabla”. Alors le fait que je te bloque peut signifier deux choses : je n’ai pas envie de te lire mais aussi je n’ai pas envie que tu me lises, des fois que tu décides de me casser les ovaires, comme déjà expliqué. Mais même en te bloquant, je ne nuis pas à ta liberté d’expression : tous les 12 millions d’utilisateurs actifs mensuels Twitter peuvent te lire sauf une… Je trouve que niveau censure, c’est ultra léger.

L'homme qui pleure

Bref, va falloir un peu désacraliser le débat, surtout pour les quidams qui n’ont aucune obligation à le faire, rien à vendre, pas d’élections à gagner… Par exemple. Je n’ai pas envie de répondre ou même de voir quelqu’un parler, c’est mon droit le plus absolu. “Mais t’es pas ouverte d’esprit”. Si par “pas ouverte d’esprit” tu veux dire que je n’ai pas envie de perdre du temps avec des gens aux idées nauséabondes (j’ai bloqué Boutin) ou ceux qui guettent mes mots juste pour tenter de me rabaisser le caquet… heu ben ok, pas de soucis. Par contre, si tu trouves à ce point intolérable une personne qui ne voit pas l’intérêt de rentrer en connexion avec toi, demande-toi ce qui te motive vraiment : défendre une cause ou consolider ta posture ? D’ailleurs, j’en parle souvent de posture, va falloir que j’écrive dessus, tiens.

* Si des pro homéopathie passent par là : le fait que vous, à un moment donné, ça vous a fait du bien ne démonte pas différentes études prouvant que ça ne sert à rien. Soignez-vous avec des billes de sucre en expliquant à qui vous voulez que les médicaments et les vaccins, c’est juste un truc de labos (sinon, l’oscillococcinum, c’est vendu par les laboratoires Boiron, bisous) mais perso, je m’en fiche donc épargnez moi vos complaintes, merci.

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C’est le point « valeurs judéo chrétiennes »

Le point Boutin ?

L’autre jour, je devisais gaiment avec Zananine à propos de diverses choses, notamment de certains choix de vie que l’on critique d’un péremptoire « tu es victime des valeurs (ou de la norme) judéo chrétienne », ce à quoi, elle me répond « non, mais pfff, c’est limite un point Godwin ». Ah oui… Écrivons donc un article sur le sujet.


Qu’est-ce qu’on met derrière les valeurs, la norme ou la morale judéo-chrétienne ? C’est assez flou comme concept en fin de compte mais globalement, on y retrouve mariage, fidélité, monogamie et reproduction pour l’essentiel. Tu veux te marier ? Tu es victime de ton éducation judeo-chrétienne. Tu restes fidèle à ta moitié ? Pffff, pète un coup et dis merde aux valeurs judeo-chrétiennes ! Tu es monogame… Quelle tristesse, c’est encore un coup de… La morale judeo-chrétienne bien sur ! Dit autrement : »tu es tellement soumis que tu fais ce que la société te dicte sans réfléchir alors que moi, je suis au-dessus de ça. D’ailleurs, hop, je t’arrose de ma condescendance gratos ». En gros, selon la dichotomie « valeurs judeo-chrétiennes », t’as d’un côté les êtres libres et de l’autres ceux qui suivent le chemin que la société leur impose.


Quelle manque incroyable d’ouverture d’esprit ! Surtout de la part de ceux qui se prétendent libres de tous ces carcans. Mais pourquoi ces choix là seraient forcément des normes imposées par la société et pas de réelles envies ? J’ai déjà parlé de Loxy qui m’expliquait vouloir se marier « et pas par convention », comme s’il me paraissait inenvisageable qu’elle puisse juste en avoir envie. Le mariage ne me parle pas de façon personnelle, c’est pas pour autant que ceux qui ont envie de franchir le pas ont tort.


Et que dire de la fidélité et de la monogamie ? Pareil, il parait que c’est convenu, que l’être humain n’est pas fait pour ne copuler qu’avec un seul partenaire. Ah oui ? Ça a été prouvé ça ? Là, encore, chacun son histoire et ses inclinaisons naturelles. J’ai testé l’amour libre et bien, moi, je suis pas faite pour ça. Trop compliqué pour moi, trop d’hypocrisie. À la fin, j’avais pas envie de coucher avec des mecs mais avec mon mec, le seul dont j’avais envie. Pourtant, toutes les portes étaient ouvertes mais le problème, c’est que quand je suis bien avec un mec, je n’ai juste pas envie d’aller voir ailleurs. Ce n’est pas une question de norme puisque dans cette relation, la norme était justement de coucher avec d’autres personnes…

On pourrait étendre l’exemple aux enfants, ça marche aussi. Sauf qu’arrive un moment, faudrait intégrer que nul n’a tort ou raison. Ce qui me convient à moi ne convient pas nécessairement à mon voisin mais ça ne signifie pas forcément que j’ai raison, que je suis plus intelligente que lui car moi, je suis pas perclue par les schémas imposés par cette foutue culture judeo-chrétienne. Qui a aussi des préceptes pas mal à base de « tu tueras point, tu ne voleras point », par exemple hein. Quand je vois que ma soeur, mariée et enceinte ou Anne, mariée et jeune maman sont heureuses, comment puis-je même envisager qu’elles ont juste fait ce que la société attendaient d’elles ? Non, elles ont juste choisi la voie qui leur convenait.

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La jouissance est un féminisme

Ouh que je suis en forme en ce moment ! Des truismes en veux-tu en voilà, c’est open bar. Mais ne rigolons pas trop car je veux parler d’un sujet grave ! Oui, mesdames et messieurs, il n’est pas l’heure de rire car dans l’Hémicycle, là où des gens décident de notre législation, la Femme Conservatrice rôde. Et parfois, elle parle. Après « le préservatif ce n’est pas drôle », Christine Boutin présente « on oublie trop souvent la procréation au profit du plaisir dans le sexe ». Oh-mon-Dieu.

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Premier volet : la procréation. Alors tu vois Christine, moi, je trouve que l’État devrait plutôt me remercier de ne pas trop penser à la reproduction. Imaginons que là, je décide de procréer parce qu’en tant que femme, forcément, j’ai envie d’être mère. Déjà, je ne suis pas sûre de trouver plus qu’un géniteur, la paternité est aussi un engagement. Donc me voilà mère célibataire, ça me donne droit à des allocs ça non ? Et encore, Dieu merci, ma fertilité a toujours été sous contrôle car depuis que je suis sexuellement active, j’aurais eu le temps d’en faire une tripotée…

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Autre point important. Imaginons que je sois dans une relation stable et que nous envisagions de faire un mini nous. Hop, je consulte mon petit calendrier de la fertilité que j’ai sur mon Iphone (P tracker pour ceux que ça intéresse). Bon, il me met en fertile quasi tout le temps mais peu importe. Donc chéri et moi baisons pour procréer. Comme c’est mon objectif premier, il se peut que je sois tendue comme un string, que je ne prenne aucun plaisir. Or la psychologie joue énormément dans la conception, c’est un fait, et je ne suis pas sûre que trop penser à cette fameuse conception ne soit pas un frein.

infertilite


Mais enfin et surtout : Christine, tu es la honte du féminisme. Oui, du féminisme. Tu vois, en tant que femme des années 2010, j’ai la chance incroyable de maitriser mon corps tant dans sa fertilité que dans mon plaisir et ça, vois-tu, c’est quand même assez récent. Faisons ensemble un rapide cours sur l’histoire de la sexualité féminine. En 1805, on a découvert le mécanisme de l’ovulation et là, c’est le drame : jusqu’à présent, on estimait qu’une femme devait jouir pour tomber enceinte. Avec l’ovulation, on décrète que l’orgasme, c’est mal car ça disperse le sperme. Or comme dans les sphères bourgeoises, le sexe n’était envisagé que sous l’angle procréatif, ces pauvres femmes n’avaient simplement pas droit au plaisir. Du moins avec leurs maris car beaucoup avaient des relations saphiques avec leurs camarades du couvent.

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Forcément, quand on lit le calvaire de ces femmes, condamnées à ne pas jouir pour tomber enceinte alors qu’en plus, l’orgasme, de par les contractions qu’il provoque, favorise le déplacement du sperme, on se sent toute légitimité à prendre notre part du gâteau en terme de plaisir. Et puis surtout, Christine, des femmes se sont battues pour que je dispose de mon corps comme je veux, si j’ai envie de n’en jouir sans assurer ma descendance, qu’est-ce que ça peut te faire ? Et puis tu sais, faut arrêter de croire que le sexe « sans but », si ce n’est celui de la jouissance, est une dépravation. Je peux te dire que certaines de mes galipettes infertiles furent (et, je l’espère, seront) d’une beauté et d’une intensité incroyables, limite j’en pleurerais tellement c’est beau. Et je ne parle de prouesse physique là mais d’un ressenti. Le sexe, c’est aussi un don et un abandon de soi… Excuse-moi, je vais chercher un mouchoir, je m’auto-émeus.

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Je t’épargnerai un paragraphe entier sur les couples infertiles, homosexuels compris. Pour eux, que préconises-tu puisqu’ils n’ont justement que le sexe sans possibilité de procréation ? Mmmm ? Allez Christine, détends-toi du string car comme je le disais récemment, le sexe, c’est pas sale ! Tu devrais essayer plus souvent, tu verrais.

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En attendant, je vais préparer un article sur ta prochaine déclaration, j’hésite entre « être homosexuel, c’est quand même pas très très normal » (gaypride oblige) et « oui, les viols, c’est moche mais faut pas s’habiller aussi provocant, elle le cherche un peu… ». Quoique tu serais capable de pire…

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Et si l’UMP cherchait à dynamiter le web ?

Hier, Pink et Topper discutaient lip dub à base de « non mais qui fait encore du lipdub après le massacre de l’UMP sur le genre ». Et là, j’ai eu comme une révélation : et si ce lipdub était une stratégie subtile et diabolique pour détruire à jamais le genre Lipdub ? Et si l’UMP fagocitait le web français en détruisant tout ce qui fait le buzz ?

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Bossant dans le web, je suis assez au fait des dernières tendances. Le principe est simple : une agence (en général, ça part des Etats-Unis) propose un truc révolutionnaire et tout le monde suit si ça marche. Genre le lipdub ou le flash mob, par exemple. Mais pour le lip dub, là, c’estr mort de chez mort, faut plus en faire, l’UMP a tout cassé.

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Mais… alors si c’était volontaire ? Prenons Twitter et le sémillant Frédéric Lefebvre qui a eu son compte suspendu le premier jour car il avait, je cite « trop de followers ». Au moins. Imaginons que Lefebvre soit le ver dans le fruit, celui qui ringardise à mort Twitter de par sa seule utilisation. Et ils sont sur Facebook aussi ! Et ils ont des blogs où ils copient-collent les contenus d’autres blogs ! Mon Dieu, ils sont partout, ils ringardisent tout, ils font fuir la horde d’Internautes toujours à la pointe. Mais où allons-nous débattre dans l’espace virtuel ? Sur Meetic ? Je suis sûre que si on cherche bien, on aura quelques jeunes pop’ et peut-être même des membres du gouvernement. Ceci étant, si j’y trouve Laurent Wauquiez, j’en serai ravie.

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Bon, il est vrai que le lipdub fut un merveilleux foirage même si à chaque fois que je pense à Xavier Darcos ou Christine Lagarde, tout plein de grâce et d’élégance dans ce clip, j’ai envie de rire. L’utilisation des médias sociaux laisse à désirer pour la plupart d’entre eux et je suis sûre que si Christine Boutin disait que les rencontres sur Meetic étaient quelque chose de bien, elle nuirait grandement à la vitalité du site. Parce que Christine Boutin, c’est un peu la dame qui a dit que mettre une capote, c’était pas très drôle. D’un
autre côté, coucher sans capote ne m’a jamais fait mourir de rire non plus. Ce serait préoccupant, d’ailleurs… Mais imaginez un peu quels génies de la stratégie on aurait là : « plutôt que de lutter contre le web 2.0 qu’est méchant avec nous, adoptons le en  criant haut et fort que ouais, les médias sociaux, c’est trop bath et regardons les internautes fuir ». Comme ça aucun délit manifeste de censure et ce vilain média qui fait peur se tait de lui-même.

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J’aurais dû faire dictateur.

PS au cas où : bien entendu, cet article est un délire de ma part, interdit de le lire au 1er degré

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PS story

Un jour, Dieu seul sait pourquoi, mon cœur politique se posa à gauche. Plutôt comique pour une fille dont toute la famille est à droite et qui n’est pas dans une logique de rébellion. Mais voilà, ce choix politique n’est pas une sinécure, pas du tout. Surtout en France. Parce que des fois, le PS, c’est quand même la lose.



J’ai beaucoup ri de Ségolène. Le faisait-elle exprès, je n’en sais rien. Le truc des excuses à un moment, c’était bon comme du chocolat noir au sésame (je vous le conseille, c’est excellent), sa mission super importante confiée à elle seule par l’ONU alors que c’est pas vrai, c’est meilleur qu’un Kinder Pingui. Je passe sur tous ses déplacements partout, tout le temps, telle une secrétaire du principal parti de l’opposition qu’elle n’est pas. Et puis voilà, nouveau rebondissement dans l’univers impitoyable du PS : Martine Aubry n’aurait pas gagné les élections et en fait, la vraie secrétaire du parti, ce serait Ségolène. Oh ben dis donc ! Alors, là, si un militant PS royaliste passe dans le coin, est-ce qu’il peut m’expliquer pourquoi cette bonne femme arrive encore à remporter possiblement une élection dans son parti après ses multiples pétages de plomb ? Non parce que ça m’intéresse, hein.


Y a des jours, je suis ravie de ne jamais avoir pris ma carte de militante, je crois que j’aurais fait une petite dépression quand même. Parce qu’autant je déteste Ségolène, je ne porte pas particulièrement Martine dans mon cœur non plus. Quant à Benoît Hamon, ce que j’aime le plus chez lui, ce sont ses yeux et ses couilles quand il va faire un doigt à Yann Barthès sur le plateau du petit journal. J’aime bien Bruno Julliard aussi mais pour les mêmes raisons triviales. Bref, j’en ris, parfois jaune, mais je n’attends plus d’homme ou de femme providentielle pour sortir ce parti de cet espèce de grand guignolisme. Oh, je me rends bien compte que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, je pense que je détesterais aussi être de droite à l’heure actuelle entre sa Sainteté (qui, paraît-il, aurait engrossé la Sainte Nitouche Carla, on n’a pas fini d’en baver si c’est vrai) et ses bouffons parfois assez effrayants avec les Frédéric Lefebvre, le Bernard Koutchner à la veste explosée tant il l’a retournée, Roselyne Bachelot et ses crocs, ses déclarations… Sans parler de Christine Boutin, la Muriel Robin pas drôle de la bande. Le Modem, c’est pas mieux, hein, entre un leader sous-charismatique qui refuse de partager sa lumière et… et personne, ils se sont tous barrés.


Alors on me dira que ce qui compte, ce sont les idées et pas les personnalités. Oui mais alors non. Parce que l’idée d’une Ségolène présidente de la République me file des sueurs froides même si après 2 ans de sarkozysme, plus rien ne devrait m’effrayer tant tout est hallucinant avec lui. Mais voilà, quand l’ego dépasse la conviction politique (ce qui est le cas de l’immense majorité des politiques), je suis désolée mais je ne suis plus. Le politique se doit être au service de la nation et des citoyens, pas de ses propres ambitions. La PS story me fait marrer, jaune certes, mais je ne peux tout de même pas en pleurer. Mais c’est assez révélateur des ambitions personnelles de toute une classe politique. Le problème du PS, finalement, c’est que Mitterrand avait choisi comme dauphin un mec qui ne voulait surtout pas une trop lourde responsabilité pour problèmes de santé (en 94, Jospin se rêvait ambassadeur pour soigner ses problèmes de thyroïde), dauphin qui a quitté le navire en plein naufrage sans penser à laisser les commandes à un homme de poigne. J’ai beaucoup de sympathie pour François Hollande mais ce n’est pas un leader, juste un bon gestionnaire. Du coup, ça se déchire pour prendre les rênes avec les conséquences que l’on sait. Ca me blase. Au moins, à droite, Nicolas, il n’a pas laissé de place aux autres… Mais après lui, le déluge ?


Bon, j’attends avec impatience le prochain épisode, je sens qu’on va encore rire.

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Les gaytérosexuel(le)s

Par GauthierOui j’invente des mots, et alors ?

 

Aujourd’hui lecteur, je vais te parler d’une nouvelle espèce, le gaytérosexuel. N’ai pas peur lecteur, il ne te veut aucun mal 😉

 

On parle depuis quelques années des « métro », ou métrosexuels, qui en fait est la contraction de « métropolitain » et « homosexuel ». Je ne vais pas vous expliquer exactement ce que c’est, puisque vous le savez probablement déjà. Personnellement je ne suis pas pour ce néologisme. Tout simplement parce que comme les homos ne se définissent que par leur sexualité (et ben voyons, allons y gaYment dans les clichés !), on s’est senti obligé de mettre « sexuel » dans ce mot ! Alors moi je propose une autre contraction : « homopolitain » ! Ouaip c’est ridicule, mais ça a le mérite de montrer à quel point le mot précédent l’est aussi… Enfin bref, je ne suis toujours pas à l’académie française, donc on s’en fout.

Le métro est donc une nouvelle espèce d’homme (un mâle, un vrai, qui encule de la femelle libérée), qui adopte les habitudes des pédés. Il va chez le coiffeur, l’esthéticienne, la salle de gym, la salle d’UV, il fait de la thalasso, et file se faire injecter du botox le matin de ses trente ans. Mais il reste hétéro, profondément hétéro. Sauf que comme il accepte son côté féminin, il est devenu aussi chiant qu’une femme, il se pose toujours des questions, il ne veut plus coucher le premier soir « parce que je te respecte trop », il fantasme sur la sodomie « parce que les femmes libérées font ça, mais elle me font peur », il propose un pacs plutôt qu’un mariage, et offre une semaine de vacances sur l’île de la tentation à sa fiancée en guise de voyage pré-nuptial.

Bref, l’homme a changé, et tant mieux quelque part ! Surtout que maintenant quand on lui demande gentiment (et pour peu qu’il ait deux trois verres derrière la cravate D&G) il accepte avec plaisir de se faire sucer et/ou enculer par le pédé de service (c’est souvent moi d’ailleurs !).

Les pédés ont été à la mode à la fin des années 1990, il fallait obligatoirement en avoir un dans son groupe d’amis pour pouvoir sortir « Non mais moi le pacs je suis pour. Je connais un gay, il vient manger des fois à la maison, et c’est des gens comme nous… sauf qu’ils finissent par porter des couches à force de se faire enculer ! Mais bon on peut pas tout avoir (rires) ».

Le plus souvent se sont les filles qui se sentent bien avec deux trois pédés dans leur entourage « Non mais avec toi je peux parler, c’est tous des connards, et tu es le seul homme à pénis que j’aime ». Oui parce que des hommes sans pénis, c’est sûr, ça court les rues…

Alors voilà au début le pédé s’installe dans ce monde hétéro, il prend ces marques, il fait son trou, il se rend vite indispensable. Et même si les premières intentions ne sont pas pures, l’amitié finit par s’installer durablement et sainement. Alors que se passe t il pour ces hétéros qui fréquentent des tafioles depuis x années ? Virent ils tous pédés/lesbos ? Non, ils deviennent des gaytérosexuels.

Néologisme de mon invention (enfin je crois, mais bon j’ai pas vérifié faut dire…), issue de la contraction de « gay » et de « hétérosexuel », sous la même forme donc que « métrosexuel » (c’est pas parce que je l’aime pas que je vais pas reprendre l’idée !)

Explication du comment du pourquoi de ma théorie toute vaseuse :

A force de fréquenter des gays, de sortir avec eux, de vivre comme eux « non mais vous c’est plus facile pour baiser, et puis en plus ils sont tous beaux, merde ! Regarde les thons que je me tape moi ! ! ! ! », ça finit par laisser des traces. Au début le changement se fait en douceur, vous ne remarquez pas que le copain hétéro passe de plus en plus de temps dans la salle de bain avant de sortir, qu’il lit vos magazines de pédés, qu’il vous appelle pour vous proposer de voir un film complètement queer, qu’il pleure pour que vous lui prêtiez votre collection de AB FAB et de Samantha Oops, qu’il s’insurge à chaque passage de Bitch Christine Boutin à la télé, qu’il répond « homophobe » à chaque fois qu’une racaille lance un « pédé »… Et puis ça devient flagrant, votre ami(e) hétéro est plus au fait que vous de ce qu’est un gay aujourd’hui.

Nous parlons ici de culture gay, de way of life (fringues, films, tv, icônes…), les hétéros, sans pour autant renoncer à l’envie de fricoter avec l’autre sexe (beurk), s’accaparent la culture gay.

Pour vous donner un exemple, je vous parlerai de Nina (ben ouais, on est pas cul et chemise pour rien nous deux !). quand elle vient chez moi elle lit Têtu (alors qu’il y a aussi Le Monde Diplo, Courrier International, le Nouvel Obs…), elle me menace de représailles si j’ose regarder le DVD 3 de Samantha Oops, elle m’informe sur les films qui parlent des pédés, ou les émissions tv en rapport. Bref par moment je la sens plus connectée que moi au monde des pédés.

Ça ne me dérange pas, loin de là, ça nous fait encore plus de sujets de conversations. Mais c’est un fait moumour, si tu étais un mec, tu serais encore plus pédé que moi 😉

Alors je dis bienvenue à tous ces hétéros qui s’intéressent de plus en plus à nous les pédés, à notre façon de nous amuser et de vivre ! L’interculturel c’est l’avenir, comme dirait l’autre.

Pr Gauthier, conférencier à Paris LXIX.

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Appelez-moi madame la Présidente !

Cette semaine, je suis en villégiature chez mes parents. A tous les repas, on regarde les infos, ce qui peut parfois être particulièrement pénible. En effet, chaque info est commentée par mes parents et surtout ma mère et nous n’avons absolument pas les mêmes idées politiques. Donc pendant une demi-heure, je m’abîme dans le respect d’un silence absolu : tu ne donneras point ton opinion sous peine de grosse engueulade.
 
L’autre jour, nous dînions donc devant la grande messe télévisuelle, comme on dit, et là, petit reportage sur la déclaration de Ségolène Royal : « oui, j’envisage la possibilité de me présenter à la Présidentielle. » Intérieurement, je barre son nom de la liste des « personnes non-candidates à la Présidentielle » sur laquelle il ne reste plus grand monde. En 2002, avec 16 ou 17 candidats, on avait atteint un record. Si ça continue comme ça, en 2007, on en aura 43. Et là, le journaliste explique que certaines personnes, y compris dans le camp de Mme Royal, s’était amusé de cette candidature : « il vaudrait mieux qu’elle s’occupe de ses enfants ! ».
 
« Occupe-toi de tes enfants d’abord ! »
Mon sang n’a fait qu’un tour : on est au XXIe siècle et on en est encore là ! Bon, je ne suis pas particulièrement fan de Ségolène mais je pense qu’elle a plus de chance que tous les vieux dinosaures mitterrandiens du PS car je suis sûre que l’attaque vient de par là, j’ai même des noms qui me viennent spontanément mais je les tairai. Un peu de sang neuf ne fera pas de mal. De plus, les vieux dinosaures, plus ça va, plus on les croirait sortis de l’UMP. Je ne sais plus qui m’a dit l’autre jour (Gauthier, il me semble) : « On m’a demandé pour
qui je voterais si je devais choisir entre Fabius et Borloo. Je t’avoue que c’est un choix super difficile ! ».
 
Ce qui me dérange dans l’histoire, c’est que ce n’est pas tant la personnalité de Mme Royal qui dérange que son sexe. Est-ce si aberrant de penser qu’une femme politique de premier plan puisse se présenter aux Présidentielles ? En 2002, nous avons eu quatre candidates : l’inoxydable Arlette Laguiller, Corinne Lepage, Christine Boutin et Christiane Taubira. Je n’ai voté pour aucune d’entre elles même si Taubira avait un programme intéressant. Force est de constater qu’aucun grand parti n’a présenté de candidates. On me répondra : « Et Boutin, elle vient de l’UDF, quand même ! » Certes, mais ce n’était pas la candidate officielle du parti donc ça ne compte pas.
 
Il y a 61 ans, les femmes avaient pour la première fois le droit de glisser un bulletin dans l’urne. Révolutionnaire ? Si on regarde l’histoire des femmes en Europe, absolument pas, c’est même proprement catastrophique. La plupart des pays européens ont accordé le droit de vote avant la Première Guerre Mondiale ou à la sortie de celle-ci. Evidemment, chaque cas est unique. En France, nous avions peur que le vote des femmes soit le vote de l’Eglise. En suivant un cours de « sociologie des femmes », j’ai pu me rendre compte qu’on n’était pas
super bien loties en France, encore aujourd’hui.
 
Que des hommes politiques osent balancer ça à la figure d’une des leurs, franchement, ça me met hors de moi ! Que font les chiennes de garde ? Au lieu de lutter contre un bout de sein dans une pub quelconque, elle ne pourraient pas réagir sur ce sujet ? Sans doute que notre condition de femme n’est pas brillante en France car nos féministes préfèrent partir en croisade sur des sujets futiles plutôt que sur de vrais problèmes. Je ne me définis par particulièrement comme féministe : je m’en fiche de voir des femmes à poil dans des pubs, tant que c’est justifié, certaines pubs pseudo-sexistes me font rire. Là où je m’énerve, c’est quand on sous-entend que les femmes ne sont pas capables de faire la même chose que les hommes.
 
« Un femme présidente ? Mais qui ? »
Pourquoi une femme ne pourrait pas être Présidente ? Je me souviens, en 95, un journal avait demandé à des voyants ce qu’ils voyaient pour la Présidentielle imminente et les suivantes : ils nous avaient donc sortis Balladur en 95, Martine Aubry en 2000 (oui, ils avaient vu le quinquennat, quand même) et Bernard Tapie en 2005. Bon, ils se sont royalement trompés ! Mais ils avaient entrevu la possibilité d’une femme présidente. Quand je faisais de la radio, nous avions fait un micro-trottoir sur le sujet des femmes, précisément, et nous
avions posé la question : « quelle femme voyez-vous présidente de la République ? »  Bzzzzzzzz ! On entendait les mouches voler. Avec ma collègue, on s’attendait à ce que tout le monde réponde Martine Aubry, quelle erreur ! En réponse nous avons eu : « Edith Cresson », « Bernadette Chirac », « je ne sais pas ». A la question : « quelle femme a marqué le XXe siècle ? », nous avons eu : « ma mère », « ma grand-mère », « Madonna ». J’ai failli embrasser la
personne qui a répondu : « Marie Curie ».
 
En France, nous sommes en retard dans le domaine de la condition féminine et on cherche parfois même à régresser : de temps en temps, des Ministres inspirés décident qu’on dit un Ministre, même quand ça a des seins. Il faudrait donc dire : « Madame LE ministre ». Mais bien sûr ! Au Québec, lieu merveilleux s’il en est, on ne dit pas auteur mais auteure, on ne dit pas écrivain mais écrivaine… Là-bas, tous les noms sont féminisées car on peut très bien avoir un vagin et être Ministre, voire même Premier Ministre, fonction suprême chez eux
(bon, d’accord, leur Première Ministre, elle a duré trois mois, mais bon…). En France, vous dites : « Je suis une femme, je veux être Présidente », on vous répond : « et tes gosses, connasse ! ».
 
Une femme Présidente, pourquoi pas ? Bien sûr, je ne voterai jamais pour une candidate uniquement parce que c’est une femme. Avec une connerie pareille, je pourrais me retrouver à voter pour Marine Le Pen, hors de question. Je ne vote pas tant pour un individu que pour un programme. Je ne milite pas pour qu’une femme puisse être Présidente. Juste pour qu’une femme issue d’un grand parti puisse se présenter sans essuyer le moindre quolibet. Et là, ce n’est pas gagné.
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