Apprendre, c’est tellement cool !

Mon cher moi d’avant

Tu dois te demander pourquoi j’écris alors que j’ai même pas fini mes articles sur le Canada, que j’ai même pas encore lancé officiellement ma série sur les plans cul et que l’actualité est tellement brûlante que j’aurais dû écrire 38 articles dessus ? Alors de 1, je manque de temps (et ça me frustre) et de 2, tu sais rien de la vie, viens pas me donner de leçon. D’ailleurs, c’est aujourd’hui en tant que version de toi pleine de sagesse que je viens te parler de la magie de l’étude et du savoir. Et ne lève pas les yeux au ciel, je te vois! *

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Tu es une chanceuse : ta mémoire d’éléphant et on esprit logique te permettent de récolter de bonnes notes sans bosser. Les devoirs ? On fera ça en 2/2 avant le cours parce que le soir, y a Beverly Hills et Melrose Place, c’est bien plus cool que des exos de maths ou revoir sa leçon d’allemand… Ouais, sans doute mais… Tu es en train de passer à côté du truc le plus cool du monde : apprendre.

apprendre

Je n’ai jamais trop aimé la contrainte. Faire mes devoirs me plongeait dans un ennui abyssal, je ne lisais que peu les livres qu’on nous demandait de lire en français (alors qu’évidemment, 20 ans plus tard, je lis du Stendhal en me disant qu’à 16 ans, j’étais vraiment une dinde) et puis après 8h de cours, mon cerveau criait grâce. Alors sur ce point, je vais avoir du mal à contre-argumenter : récemment, j’ai suivi une formation excel -et je me suis éclatée- mais au bout de 7h de cours, j’étais totalement épuisée. Ce qui donne un bon indice de mon implication intellectuelle dans le travail, tiens… Bref, je m’égare mais apprendre, c’est ultra cool.

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Tu en as déjà un peu l’intuition. Dès qu’un sujet te plaît, tu es capable de lire tout ce qui te tombe sous la main sur le sujet. Genre le théâtre romantique où tu as lu les plus connus au lieu de te contenter de Lorenzaccio que ta prof de français avait choisi, tu avais lu pas mal de profils aussi et de livres qui t’avaient permis de pas mal maîtriser le sujet. Sujet qui tomba d’ailleurs au bac… Mais pour les sections ES et S car les L, nous, nous avions droit à une dissert sur Malraux. Tiens, faudra que je re teste Malraux à l’occase, peut-être que ça passera mieux, qui sait ? Bref, quand un sujet te plaît, tu ne comptes plus les heures passées dessus à te documenter, à écrire. Mais pour le reste….

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Et c’est un tort. Reprenons l’allemand parce que figure-toi que tu vas développer un traumatisme par rapport à ça. Oui un traumatisme, je pèse mes mots. Au bac, ta note relativement basse (11, ce qui me paraît pas mal pour une langue que je n’ai au final jamais comprise et surtout pas maîtrisée) te convaincra de ne plus jamais y toucher. A la fac, ce sera anglais, anglais, anglais… Enfin, QCM en première année, questions sur texte et version avec dictionnaire autorisée en deuxième année puis plus rien. C’est quelque part un peu étonnant que j’ai réussi à garder un certain niveau en anglais juste en lisant quelques livres d’histoire (l’avantage de choisir des sujets de maîtrise sur des pays anglophones) et en matant distraitement des films et séries en VO, sans faire l’effort de comprendre ce qu’il se dit. Ceci étant, sans vouloir me défendre, j’aurais aussi parfois de sous-titres sur des séries/films français car dès que ça n’articule pas, je ne comprends plus rien du tout. Bref allemand remisé au placard et inconscient qui vient me titiller régulièrement avec ce cauchemar “tu passes le bac allemand et tu as tout oublié”.

Portrait of a young German football / soccer fan, with the German Flag on his face.

Portrait of a young German football / soccer fan, with the German Flag on his face.

Et puis en 2015, une pote, Zénobie, te parle d’un site pour réviser son anglais : Duolingo. Tu te lances d’abord sur l’anglais et l’espagnol (langue que tu n’as jamais apprise à part trois mots enseignés par un papa catalan français mais bilingue, pour le coup) puis voilà l’allemand qui apparaît. Alors tu te lances et tu te rends compte qu’en fait, l’allemand est une langue géniale car on dit TOUTES les lettres. Une fois que t’as compris que “ch” s’écrit “sch” et que tu reconnais les sons avec ou sans umlaut, cette langue est facile : il y a des règles, il suffit de les connaître pour les suivre. Excitée, tu te lanceras par la suite à la découverte du russe et du suédois (sur la version anglaise du site, noeud au cerveau)… mais on va en rester au suédois pour l’instant.

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Apprendre est si excitant. Ca ouvre tellement de possibilités. Il n’est pas dit qu’apprendre le suédois me fera partir vivre en Suède ou que ça m’ouvrira un poste quelconque mais c’est juste un savoir, une ouverture sur une culture. Et je parle des langues mais en ce moment, je me prends de réelle passion pour les statistiques et ce que ça peut ouvrir comme perspective. En ligne de mire : l’économétrie. Je coche les MOOCs qui me tentent, j’essaie de voir comment devenir cette économètre en me demandant comment j’ai pas compris plus tôt que j’étais faite pour ça. Déjà, dès que je peux jouer un peu avec les datas au boulot, je suis ravie, j’essaie de croiser les données dans tous les sens pour en tirer une histoire valable. Je sais maintenant comment trier intelligemment mes données grâce à des formules excel apprises à ma formation et la gestion de tableaux croisés dynamiques. Prochaine étape : maîtriser R, le logiciel de statistiques.

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Alors tu vois, mon moi d’avant, tu chies un peu dans la colle. Ta paresse n’a jamais été un réel handicap mais quand j’y repense, notamment à cette mémoire incroyable, en bossant un minimum, ta moyenne de langue aurait dû être 14-15 facile au lieu du paresseux 11… Ce qui n’aurait peut-être pas changé grand chose à part un élément : cette mythologie que tu t’es construite en te disant que tu n’étais pas douée pour les langues. Si, tu l’es… c’est juste que le poil dans la main que tu as longtemps eu t’as empêché de le remarquer. Et je peux te le dire : à 36 ans (enfin quasi), je m’éclate enfin à apprendre l’espagnol, l’allemand et le suédois. Jag är Nina et… oh ben faut un début à tout !

* Je vire complètement schizo

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On s’était dit rendez-vous dans 17 ans

Il y a quasi 17 ans, je me précipitais, la peur au ventre, sur un panneau pour déchiffrer des noms imprimés finement sur du papier merdique. Nom que je connais pas, nom que je connais pas, nom que je connais… AH LA, c’est ma classe, je dois être là, je me vois pas, je vais m’évanouir, aaah : Oh putain, Bartoldi, je suis là ! Je suis reçue ! Et mention bien en plus. Hiiiii !! Deux mois plus tard, je quittais ma moyenne ville de province pour débuter ma vie toulousaine, un des segments les plus heureux de ma vie (est-ce Toulouse, est-ce ma passion pour les études ? On sait pas). 7 ans plus tard, je m’envolais pour Paris, le coeur gros.
paris
Nous voici donc 10 ans après le début de ma vie parisienne et donc quasi 17 ans après les résultats de mon bac (vlan dans la gueule). Un soir, je traîne sur Facebook et je vois que d’anciens camarades de mon lycée s’agitent : et si on faisait un repas de retrouvailles. Le premier tombe un week-end où je suis à Paris donc je passe mon tour mais le 2e opus tombe pile pendant un week-end de trois jours, celui que j’avais choisi pour descendre voir la nouvelle fille d’Anne (oui, elle vient d’avoir un 2e enfant pour ceux qui ont lu sa prose il y a quasi 10 ans). Venir à un repas du lycée 17 ans après ? J’arrive !

Sauras-tu me retrouver sur cette photo ?

Sauras-tu me retrouver sur cette photo ?

Quelques jours avant, je me pensais un OVNI : quasi 35 ans, célibataire sans enfants mais avec un poste qui sonne bien et qui vit dans la capitaaaale (accent snob), je suis un peu Carrie Bradshaw (mais toujours sans les talons de 12).
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Et bien figurez-vous que pas du tout. Si je suis bien celle qui a bien réussi sa vie en partant à Paris et en faisant un boulot qui ramène des sous (une autre venait d’Italie sinon les autres sont toujours dans le département), niveau célibataires, ça pullulait. Il y avait la version célibataire avec enfants (soit mères célibataires qui avaient eu un rejeton assez jeunes soit divorcées), la version célibataire sans enfants et qui commençaient limite à virer désespérée. Et, croyez le ou non, les célibataires, c’étaient les beaux gosses et belles gosses de l’époque. Qui le sont toujours relativement sauf un que j’avais même pas reconnu (mais qui est marié). D’ailleurs, j’ai eu la chance de m’asseoir à côté de l’un des beaux gosses de mon adolescence (qui a perdu le cheveux qu’il avait sur la langue), une sorte de sosie de Marc Lavoine avec un menton plus joli. Un autre ex beau gosse de service qui avait un an de moins que nous et qui était dans le même resto que nous par hasard m’a aussi un peu collée physiquement pour regarder un de nos almanachs scolaires mais le mec, même s’il reste bien joli à regarder, c’est une épave totale, un poivrot au discours incohérent. Comme quoi, le physique, ça fait pas tout, on ne le dira jamais assez.
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Je ne pourrais pas vous raconter sa soirée dans le détail mais voici quelques éléments pour que vous puissiez revivre avec moi cette grande soirée de retrouvailles :
– Il y a des gens qui ne changent pas en 17 ans, dont moi apparemment, malgré mes lunettes et mes cheveux foncés (et mon 38 alors que j’ai oscillé entre le 40 et le 44 durant mon adolescence, je tenais à le souligner). Et il y a donc des gens avec qui tu devises naturellement alors que tu ne les as pas vus depuis au moins 10 ans…
– Il y en a d’autres, par contre, qui ont pris un petit coup et que tu n’aurais pas reconnu de prime abord dans la rue comme cette fille qui était un peu « miss aérobic » dans ma prime jeunesse et qui ressemblent désormais à Véronique Genest qui aurait volé le cul de Nicki Minaj. A l’inverse, d’autres ont perdu du poids comme ce mec un peu bouboule ayant acquis une silhouette normale durant ces 17 ans ou cette fille surexcitée et un peu alcoolique qui est passée d’un petit 38- grand 36 à un 34 à vue de nez.
– Le dealer de service, celui qui vendait son shit au « fumoir » de mon lycée était là. Il bosse dans un collège (agent d’entretien). Le Facepalm fut total.
– Sans que je comprenne bien le pourquoi du comment, beaucoup sont partis dans le sanitaire et social, on avait une palanquée d’infirmiers et infirmières, assistantes sociales, éducatrices… Sachant qu’on était tous en majorité en L et ES, je m’explique pas bien ce virage.
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Et c’est ce point qui m’a un peu étonnée, en fait. Je viens d’un lycée privé où nous étions tous destinés à de grandes études vu que nous étions plus ou moins des fils ou filles d’eux et que ça coûtait quand même du blé de nous mettre là dedans. Sur les 23 présents (!), je crois que nous avons été 3 ou 4 à dépasser le niveau licence. En fait, c’est marrant de voir que le lycée peut amener à des carrières aussi diverses que variées.

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Dernier point, je me suis fait des copines. 2. La première, nous ne nous étions jamais parlé à l’époque car elle avait un an de plus que moi (la magie des amitiés circonstantielles). La seconde, c’était l’une de mes meilleures amies au collège qui m’a offert une de ces revanches de la vie dont je suis friande. En fait, en 6e et 5e, j’avais sympathisé avec cette fille, Annabelle, et sa super copine Anne-Marie. On était souvent toutes les 3 ensemble mais vers la fin 5e, j’ai senti que j’étais un peu de trop dans leur trio et comme je ne suis pas maso, j’avais fini par mettre les bouts pour me faire d’autres copines. J’avais été invitée à ce moment là à passer un mercredi après-midi et une nuit chez Annabelle avec ma soeur et celle-ci, connaissant mes déboires, avait demandé à Annabelle pourquoi elle ne voulait plus être ma copine, ce à quoi, elle avait répondu « c’est pas moi, c’est Anne-Marie ». Notre amitié en restait cependant là puisqu’en 4e, nous n’étions plus dans la même classe.
copine
Or Annabelle me proposant gentiment de me véhiculer, elle me raconta en rentrant qu’elle avait souffert de son amitié durant son adolescence avec Anne-Marie parce que « non mais personne ne l’aimait et elle me collait tout le temps et moi, j’osais rien dire car elle me faisait peur ». Après s’être promis de se revoir à mon prochain passage dans le coin, je souris : finalement, cette petite cicatrice d’adolescence (que j’avais certes oubliée) s’effaçait tranquillement.
pansements
Et finalement, je me rendais compte que je faisais partie des gens dont on se souvient. J’ai plutôt un souvenir agréable du lycée (un peu moins du collège), je ne me souviens pas avoir eu de période ingrate, d’avoir été rejetée. Sans faire partie de la caste des populaires, ceux qui nous refaisaient Beverly Hills tous les jours car bidule a plaqué machin pour sortir avec Chouette mais Machin va aller se consoler avec Truc, je faisais partie de cette espèce de ventre mou de lycéens qu’on apprécie, avec qui on discute parfois mais qui ne sera pas un souffre-douleur. Un jour, pour vous situer, je passais devant un banc où les garçons s’amusaient à noter les filles qui passaient (oui, à 17 ans, on est cons) et j’avais hérité d’un 13. Cette note résume bien l’image que j’avais un lycée, une « assez bien ». Et pourtant, même si je n’étais pas leader, même si je n’en ai pas vus certains depuis 17 ans, beaucoup me remettaient encore.

Juste pour le plaisir...

Juste pour le plaisir…

Moralité de tout ça : elle est bien, ma vie.

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Douce enfance, dure adolescence

Y a pas à dire, j’ai beau n’avoir que 31 ans, les ados d’aujourd’hui, ils vivent pas la même vie que moi. Ou du moins, ils n’ont pas les mêmes référents et je m’inquiète un peu pour eux, j’ai
peur qu’on en fasse des… des dépressifs. Tadam !

 

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En fait, il y a quelques temps, je me disais que les enfants d’aujourd’hui avaient une enfance plus douce que la nôtre. Je ne parle pas de jouets, de couches anti-fuite avec un talc tout doux (depuis ma rééducation, je développe une sorte de fétichisme du talc, ne faites pas attention), non, non, je parle de dessins-animés. Regardons un peu : moi, petite, j’avais Rémi sans famille, Princesse Sarah, Belle et Sébastien, Niels et les oies sauvages, Candy, Gwendoline, Georgie… Et dans la version de la petite sirène que nous louait ma maman, la petite sirène, à la fin, elle mourait. Et je vous parle pas de Clémentine, la petite fille paraplégique. Bref, dès l’enfance, on ne nous racontait que des histoires d’orphelins et on pleurait beaucoup. Maintenant, les gamins ont pour héros des bonhommes fluos complètement camés tellement ils sont hystériques (Dora, Bob l’éponge, Hootie et les cafards ou je sais pas comment ça s’appelle mais c’est incroyablement laid), des êtres étranges dealers d’exta (les Teletubbies) et j’en passe car en fait, j’y connais rien en terme des dessins animés pour enfants. Du coup, ils ne sont pas préparés à la dureté de la vie et virent dépressifs à l’heure ou pètent les ballons.

 

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Par contre, une fois ado, on passe complètement à l’opposé. Nous avions droit aux aventures acidulées d’ados sans sexe, que ce soit Premiers Baisers ou Sauvés par le Gong. Même Beverly Hills, c’était soft par rapport à la version actuelle où tu te demandes toujours pourquoi les nanas du lycée oublient quotidiennement leur pantalon. Aaaaah, c’est pas un t-shirt qu’elles portent, c’est une jupe ? Ah pardon. Et quand je vois les bande-annonces ou quelques épisodes de Skins, ou Physique ou Chimie (que j’ai découvert sur June aujourd’hui), j’ai envie de pleurer. Même le terrible « Années collège » qui était plutôt hard dans le genre me paraît tout à fait charmant et primesautier par rapport à ce que nos jeunes ont à disposition aujourd’hui. Mais mince, passons leur Hartley cœusr à vif, c’est limite à se taper les cuisses de rire à chaque épisode en comparaison…

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Non mais sérieux, comment voulez-vous que nos jeunes ne deviennent pas fou ? Passer sans transition d’un monde tout sucre tout miel à des histoires de sexe et de drogue concernant des gamins de leur âge ? C’est un peu comme se faire violer par un Petit Poney, c’est juste pas possible. Et je me demande en quoi c’est symptômatique de la douce période dépressive que nous subissons. C’est vrai, nous, à leur âge, on nous abreuvait d’histoires d’amour mignonettes ou X et Y se faisaient des bisous devant le collège/lycée. Même Seconde B qui se voulait plus progressiste restait soft. Oui, oui, les ados ont du sexe mais restons de l’autre côté de la porte, chut. En parallèle, nous avions un gentil Monsieur aux cheveux gris qui nous dédramatisait le sexe, nous permettant de jouir de nos corps en toute décontraction. Bon, je dis ça, moi, à 14 ans, je jouissais de rien du tout, j’étais une godiche puissance 1000. Et je trouvais ça plus joyeux. Aujourd’hui, dans ce que je vois de ces séries, tous les personnages sont profondément perdus, dépressifs, ils utilisent le cul pour se venger, pour faire du mal. Pas de morale, ils souffrent et font souffrir. Où est le plaisir ? Dans ton c… Ah non, justement pas. Le plaisir n’existe pas, ce n’est que de l’autodestruction. Je n’ai pas vraiment d’ados dans mon entourage mais je me demande : sont-ils à ce point malheureux, désabusés ?

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On appelle souvent notre génération, la fameuse génération Mitterrand, la génération sinistrée. Parce que notre niveau de vie est inférieure à celle de nos parents, qu’on vit en insécurité (matérielle je parle), qu’on subit le chômage… Mais finalement, quand je vois les références de ceux qui nous suivent, ce sont plutôt eux que je plains. Plus qu’une génération sinistrée, c’est déjà une génération bousillée. Parce que nous, au moins, à 15 ans, on croyait que rouler des pelles, c’était le comble du bonheur et que tant qu’on avait l’amour, tout irait pour le mieux. Neuneu oui mais ça donnait envie de se lever, au moins.

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I like to move it, move it !

Salut mon moi d’avant,

Je reviens te parler de sport, comme promis. Tu vois, il est important dans la vie de tenir ses
promesses mais à ce niveau là, de mémoire, ado, j’étais déjà une personne d’honneur. Mais je crois surtout que je promettais pas beaucoup. Bref, parlons peu, parlons sport.





A l’heure actuelle de quand tu reçois cette lettre, mettons vers 14-15 ans, tu es un vilain petit saindoux qui navigue entre le 42 « élastique » et le 44. Evidemment, y a pire mais nous le découvrirons plus tard, ça aurait pu être mieux. Le seul sport que tu pratiques est l’EPS au collège/lycée (enfin, quand je dis pratique, c’est quand tu te planques pas pendant le cours d’endurance et quand tu ne refais pas le monde avec tes copines sur le gros matelas de gym ou de saut en hauteur) et le tir à l’arc ou, soit dit en passant, tu ne seras jamais vraiment bonne malgré la bonne vue que tu avais à l’époque. Ah, oui, tiens, je te préviens : dans une dizaine d’année, tu seras myope. Voilà, c’est dit.

Le reste du temps, tu croupis sur le canapé familial à mater Beverly Hills et autres Melrose Place en mangeant ton bol de chocapic ou n’importe quoi d’autre. Tu envoies du rêve, là, t’imagines même pas.  Bon, alors pose ce bol de chocapic et écoute-moi. Tu vas faire du sport. Non, ne grimace pas ! Je sais que dans le sport, ce qui ne te plaît pas, c’est la compétition puisqu’à priori, tu te considères mauvaise. Tu n’as pas forcément tort en soi, tout dépend de quel côté on regarde mais par exemple, souviens-toi, fin 4e, tu avais fait une partie de basket un peu informelle avec deux autres filles et un garçon, Jérôme. Comme vous aviez joué quelques balles avant et il t’a choisie d’office pour faire partie de son duo de basket. Jérôme, l’un des mecs les plus populaires du collège ! Pourtant, au vu de ta petite taille, on aurait pas cru  mais voilà. Le problème, c’est que tu n’as pas d’endurance mais
ça, ça se travaille.

Et puis y a la natation. Tu as toujours été douée en natation. Souviens toi au primaire, alors que tu avais encore un ventre tout rond de bébé, le prof te demandait toujours de montrer aux autres comment faire. Ahah, la petite grosse qui apprend le sport aux autres, c’était bon ! Même qu’il y avait cette fille, la sportive de service, qui t’avait dit que si tu maigrissais un peu, ce serait mieux tant elle était dégoûtée que tu fasses mieux qu’elle. La natation, mon enfant, c’est ton avenir. D’ailleurs, tu vas le découvrir malgré toi l’été 95. Comme ce petit con de Guillaume (encore un, tu vas voir, ce prénom te suivra toute ta vie) dont tu étais folle amoureuse au collège et cette bitchasse de Nathalie ne t’ont pas invitée à leur boom, tu t’es défoulée en… nageant. Tu te faisais 1km par jour de brasse. Résultat, à la rentrée, tu ressemblais enfin à quelque chose mais pendant longtemps, tu as juste attribué ça à la puberté alors que non, c’était ton km de natation.


Et la danse ? Tu adores danser. Pas en pro, entendons nous bien mais combien de fois tu as allumé la chaîne avec ton dance machine pour remuer ton cul dans ta  chambre ? Ben, ça, par exemple, au lieu de bouffer ton chocapic devant Melrose Place (à la fin, Amanda finit avec Jake), tu le fais. C’est pas compliqué, tu montes dans ta chambre, tu dis que tu vas faire tes devoirs et tu remues tes fesses pendant une heure. Ah par contre, rassure-toi, je te ferai pas la morale sur le fait que tu ne fais pas tes devoirs, ça n’a pas eu grand impact à l’arrivée (mais fais-les un peu quand même, ça t’évitera des frayeurs).

Tu vas voir, être bonnasse a du bon et surtout, t’en auras rien à faire de cette bitchasse de Nathalie ou de ce couillon de Guillaume, tu seras aussi populaire qu’eux. Tiens, d’ailleurs, la prochaine fois, je t’en parlerai de ce couillon de Guillaume ou comment être raide amoureuse d’un crétin.

PS : Ah, j’oubliais, faut bien mettre le clip :


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The Heathers


Ce qui est pratique avec Twitter, c’est qu’on peut tout demander dessus. Donc quand je bats le rappel pour avoir un titre de navet, c’est Lil Virgo qui me répond : « mate les Heathers ! ». Ok, un petit coup de baguette magique et le voilà sur le disque dur externe de Vicky (parce qu’on l’a regardé ensemble). Je précise que nous l’avons vu en anglais non sous titré, on n’est pas sûre de toute la compréhension de l’histoire mais je crois qu’on s’en est pas si mal sorties.


Alors au début, je m’attendais à un espèce de Gossip Girls des années 80, un truc qui se passe dans un lycée avec le classique clan des populaires et des autres. Dans ce film, nous avons le groupe des Heathers, trois nanas populaires très BCBG, on a Heather la rouge, la chef un peu, Heather la jaune et Heather la verte (Shannen Doherty pour celle là) et elles intègrent dans leur trio Veronica (Winona Ryder) qui est un peu différente vu que déjà, elle s’appelle Veronica, elle sera la bleue de service. Donc elles s’habillent selon leur couleur et joue au crocket tout en discutant.


Un soir, Veronica sort avec Heather la rouge à une soirée étudiante où Heather est très gentille avec un étudiant alors que Veronica non et elles s’engueulent. De retour chez elle, Veronica est très énervée et là, qui arrive par la fenêtre, façon Dawson ? Jessie, le rebelle de service (Christian Slater) qui a été renvoyé quelques jours de l’école pour avoir tiré à blanc sur deux footballers à la cantine (oui, il est très bien dans sa tête dès le départ). Après une partie de strip crocket, ils décident de tuer Heather la rouge pour venger Veronica. Ils vont chez elle, lui font boire du lait avec du produit bleu genre nettoyant et couic la Heather ! Veronica écrit une fausse lettre de suicide vu qu’elle sait imiter les écritures et c’est le cercle vicieux. Ils commettent un autre double meurtre puis Jessie pète les plombs et veut faire péter l’école en faisant passer ça pour un suicide collectif.

Ce film est juste totalement… surréaliste. Quand j’ai vu le teaser, je m’attendais à un film plutôt drôle, ce qu’il n’est pas du tout puisque ça démarre façon série télé américaine à la Beverly Hills ou autre au lycée (en fait, ça fait furieusement penser à 21 Jumpstreet mais c’est l’effet années 80), il y a toute une scène dans la cafétéria avec les « groupes de pouvoir » : les footballeurs machos et crétins, les geeks, la grosse (oui, elle est toute seule), les fils/filles à papa, les filles à  lunettes impopulaires, les rebelles (dont Jessie) et les Heathers donc. Pour bien qu’on situe tout ce petit monde, on a droit à une scène longuette dans la cafétéria où les Heathers demandent à tout le monde « que ferais-tu avec 5 millions de dollars ».


Puis tout à coup, il y a un premier meurtre et l’enchaînement, avec une prof très baba cool au milieu qui veut parler de suicide à tous les élèves pour pas qu’ils se jettent par la fenêtre, les parents qui sont ridiculement  largués et ne s’occupent pas de leurs gosses… Bref, quelques ressorts comiques émaillent ce film pourtant assez dramatique et on ne sait pas bien s’il faut en rire, en pleurer, à quel degré le regarder si tant est que son auteur en ait prévu plusieurs, de degrés.


Bref, la bande annonce est assez funky, le film beaucoup moins. Mais peut-être n’ai-je pas tout compris… J’ai bien saisi qu’il s’agissait d’une comédie noire mais je crois qu’il manque une pointe de cynisme et d’autodérision pour être un réel monument de comédie noire. Du coup, pof le nanard ! Par contre, je susi impressionnée par la constance du jeu d’acteur de Winona : toujours le regard hagard, toujours la bouche ouvert et l’air perdu. Quoi qu’elle joue… Chapeau.

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Une femme et une femme

(Article sans lesbianisme, je vais parler de ma sœur alors les pervers, vous pouvez repartir. Les autres, vous pouvez rester !)

Samedi après-midi, deux femmes sont dans Paris, l’une châtain clair, l’autre, on sait pas trop parce qu’il faut que je refasse ma couleur et que je vire bizarrement au auburn avec des racines châtain clair. Elles se retrouvent dans une gare et se rendent dans un starbucks car la plus jeune d’entre elles a besoin de parler à l’aînée de ses questionnements professionnels. Je ne vous détaillerai pas parce que c’est sa vie. J’ai essayé de la conseiller comme j’ai pu même si mon domaine n’est pas le sien. C’est marrant la vie : y a moins d’un an, la situation était inverse. Puis on a shoppiné pour Noël. Le Printemps un samedi de Noël, c’est péché.

 

Bref, on a passé, de mon point de vue, une bonne après-midi. Et j’avoue que ça me fait super plaisir. Il faut savoir qu’enfant et ado, Alice et moi, on s’entendait pas très bien. On jouait très peu ensemble, j’étais playmobil, elle était Barbie. Ado, on ne fréquentait pas du tout les mêmes personnes. 2 ans et demi de différence, c’est un bon écart, sauf quand on est ado finalement. On était au même collège-lycée, on avait même les mêmes profs chaque année, ce qui fait que j’étais habituée à répondre à son prénom. Seule ma prof d’hist et géo grugeait en nous appelant toutes les deux « Mademoiselle Bartoldi ». Comme dans la phrase « Mademoiselle Bartoldi, vous vous dégradez ». Bon, ok, c’était dit sur le ton de la blague après que j’ai pris un fou rire toute seule à l’idée de la Californie qui se détache et qui coule. Je sais, ado, j’étais très grave. Bref, ado, elle était girlie, j’étais camouflée dans mes T-shirt XL. Elle était Beverly Hills, moi X-files… Enfin, pas grand-chose à voir. C’est marrant comme on a toujours été différentes, comme quoi, le moule et les gênes, ça fait pas tout non
plus.

Puis je suis partie de la maison pour la grand’ ville, pour mes études. Elle m’a suivi quelques années plus tard. Je ne sais pas trop quand le rapprochement s’est fait, en fait. Il y a eu Guillaume et Anthony, elle fut la première de la famille à savoir, j’ai été la première à le rencontrer. Puis des crises. Puis la rupture avec Anthony qui nous a pas mal rapprochées vu que je lui avais dit qu’elle pouvait m’appeler quand elle voulait, jusqu’à minuit. Du coup, elle l’a fait plusieurs fois. Quand j’ai rompu avec Guillaume et que je suis rentrée pleurer chez mes

parents, elle a voulu passer la soirée à la maison pour parler avec moi alors qu’elle avait un exam le lendemain. Evidemment, j’ai refusé, son exam avant tout, surtout que j’étais pas trop en état de parler. Bref, en grandissant, en devenant des femmes, on s’est rapprochées. Certes, on ne s’appelle pas tous les jours et on n’aborde pas toujours certains sujets intimes (parce que ma
sœur est vierge pour moi et elle le sera toujours, même quand elle aura des enfants. Comme mes parents, quoi). Mais au moindre problème, on s’appelle. Par exemple, quand nos parents nous ont appelé pour nous dire que notre grand-mère était à moitié morte, on a passé l’après-midi sur MSN à se parler puis la soirée ensemble. Parce que je ne voulais pas rester seule mais je ne voulais voir personne à part elle parce qu’on se comprenait.

 

Aujourd’hui, je suis plutôt contente de cette relation. Comme vous avez pu le remarquer, je suis assez famille et le temps où je m’entendais pas bien avec ma sœur m’empoisonnait la vie. Parce qu’autant du côté de ma mère, les 4 sœurs se voient souvent, autant du côté paternel, on peut pas dire que mon oncle et mon père se voient régulièrement. En fait, jamais en dehors des moments où ma grand-mère ne va pas bien. Ce qui s’est reproduit plusieurs fois cette année, certes, mais quand même. Et je préfère le modèle familial « on se voit pas tous les jours mais dès qu’on a besoin, on s’appelle » plutôt que le modèle « je t’appelle car y a un gros soucis ». Ma sœur a été un soutien important pour moi quand j’étais au chômage. Et ça, je ne l’oublierai jamais. J’essaie de lui rendre la pareille dès que je peux. Parce qu’une sœur heureuse fait aussi mon bonheur, c’est ma famille.

 

Il y a des jours où je suis nostalgique de l’enfance. Et d’autres où je me dis qu’être adulte, c’est pas si mal. Même si, ma sœur et moi, on jouait à la Nouvelle Star avant l’heure : on faisait chanter nos jouets sur la scène (le lit) sous les spotlight (une lampe de poche). Même si le matin de Noël, elle me rejoignait dans mon lit et on attendait impatiemment que ce soit l’heure de se lever parce qu’à deux, ça va plus vite. Quelques bons souvenirs entre autres.

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Mais Pourquoi sont-ils si méchants?

Par Diane
Aujourd’hui, j’ai à vous soumettre une grande perplexité personnelle. Je me suis pris récemment un PAF dans la gueule, si je puis m’exprimer ainsi, qui me rend de fait assez perplexe sur le fonctionnement de la petite cacahouète gluante qui flotte dans notre boite cranienne.
En effet, en faisant un tour d’horizon du Paysage Audiovisuel Français, je constate qu’il est extrêmement à la mode, chez les animateurs, d’être méchant.
Que ce soit Baffie, carlier/fogiel ou encore cette grosse bouse incommensurable que peut être le maillon faible, il est très tendance de se faire démolir la gueule avec le sourire silvouplait, devant des milliers de téléspectateurs ravis. Tiens encore récemment, j’ai pu voir sur le cable une formidable émission américaine, un petit bijou du genre, où un teenage fait sur mesure genre roi/reine de promo devait choisir sur des critères personnels un partenaire avec qui fricoter derrière un arbre, ce choix devant s’effectuer entre une belle brochette de prototypes
du même genre, qui attendent patiemment leur tours dans un beau camion. Mais c’est formidable, me dites vous, ces jeunes pousses innocentes et naives peuvent s’ouvrir à l’amour! Eh bien le meilleur, c’est que les candidats en question (ceux qui sont dans le camion) ont pour but de rester le plus longtemps possible en présence de roi/reine de promo, car chaque minute passée en plus leur fout un dollar dans la poche… merveilleux non?
Et même une fois les candidats écartés un par un par le jugement juste et réfléchi du roi de promo (« suivant! ah nan, tes dents, elles sont franchement trop moches! ; -elle avait un gros cul celle là! – j’aime pas les rousses, elles puent! »), le petit veinard qui se retrouve dernier en lice, a le choix entre partager un nouveau rendez vous d’amûûûr et voir éclore les
émouvants prémisses d’une timide et gauche idylle naissante…..ou se barrer de là avec 200 dollars en poche. (« elle vaut pas 200 dollars, cette morue! »)
Et bien sûr, en attendant, on a le droit à une petite présentation de chaque candidat en lice qui émet clairement et prosaïquement ses arguments de vente: « j’mappelle Michael, j’ai 21 ans, et jvais tous les éclater avec mes muscles, cette bande de gros mous! » ou, version féminine « jm’appelle Kelly -jennifer, brenda, ou tout autre de la bande à beverly hills- j’ai 19 ans et avec moi, ces pétasses n’ont qu’à bien se tenir! » (démonstration à l’appui de ses qualités individuelles par un trémoussage lascif et interdit au moins de 12 ans > flouté parce qu’elle se tripote à moitié les nichons) Bref cette émission est un beau petit  joyau de connerie et de concupiscence, et je pèse mes mots.

Alors, que les téléspectateurs se repaissent hagards et béats de méchanceté, de cruauté et d’humiliation, bon, ça… et encore, (moi même j’avoue être une inconditionnelle du Dr House et que Carlier quand il était à france inter, me faisait bien marrer) il me semble que la méchanceté peut avoir ça d’intéressant qu’elle est pratiquée par des gens intéressants. (un génie froid et méchant, ça fascine, un mec con et méchant, ça bassine), MAIS que les gens se plient à cela, que les invités viennent à ces émissions là, qu’ils se bousculent au portillon
pour venir se faire insulter…..ça me dépasse. 
Alors j’ai tenté de trouver quelques explications qui valent ce qu’elles valent:
1/Ils sont masos (dixit  Kenickie à Rizzo -grease-, «  »rhhaa insultes moi vas y j’adooore çaaa »)
2/ils sont absolument prêts à tout pour une illusoire et éphémère heure de gloire en passant à la télé et pourront soupirer d’aise en entendant leurs boulangers raconter à mme robichet comment ils se sont fait anéantir l’amour propre en direct live.
3/cela permet à eux spectateurs frustrés de vivre par procuration leur propre méchanceté qu’ils sont obligés de contenir au quotidien
4/quelque part, la méchanceté donne un certain contrôle sur l’autre, et est donc jouissive, même si ça parait un peu autodestructeur. (cf JP Sartre: « moi je suis méchant, ça veut dire que j’ai besoin de la souffrance des autres pour exister ») Un monsieur spécialiste de la question nous affirme même que « les méchants ne sont pas heureux. sans cicatriser leurs plaies anciennes, leur méchanceté en ouvre de nouvelles. Leur besoin de tout maîtriser les rend incapables d’avoir des relations humaines simples. Ils rabaissent les autres pour se sentir supérieurs. en vain. Leur ego démesuré n’éponge jamais totalement leur misère sentimentale. » ouf. Les livres et le films avaient donc raison, les méchants sont toujours punis!! (on a eu chaud, quand même)


Bref, cet engouement pour les méchants et la méchanceté en soi a quelque chose d’un peu inquiétant, mais à la fois est aussi révélateur: je me demande: se pourrait-il que nous dans cette société là, on se sentent obligés d’être trop gentils dans un monde bisounours (je caricature, hein) parce que il faut être gentil et pas s’énerver et pas s’engueuler ni rentrer en conflit, et ce contre
nature, ce qui créerait une sorte de frustration que l’on pallie en se gavant de méchanceté audiovisuelle?

Bon, personnellement, j’ai un peu de mal à concevoir qu’on puisse prendre plaisir à se faire démonter la gueule, insulter et mépriser par des inconnus, et le tout devant des milliers de téléspectateurs ahuris, mais il faut avouer que c’est intéressant comme phénomène, et que si vous avez des explications à founir, je suis preneuse.

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Avoir plus de 25 ans aujourd’hui c’’est quoi ?

Par Summer

Je me rappelle d’une réflexion que m’a fait Nina un jour, la tranche d’ages 25-30 ça n’intéresse personne, les gens préfèrent parler de la vingtaine début de vingtaine et des années fac qui vont avec ou du passage à la trentaine, mais entre : rien, que dalle, nada !  

 

Mais alors oui, c’est vrai ça, mais pourquoi ? Abus de Bridget et Sex and the city pour les trentenaires ? Réminiscences de Beverly hills pour la jeune vingtaine ? (oui je sais j’ai des références qui tuent des fois)

 

Avoir plus de 25 ans aujourd’hui c’est quoi ? En général, on vient de finir nos études et on cherche encore tout plein d’illusions le travail qui correspond un tant soit peu à ce qu’on s’est fait chier à étudier, on est donc Rmiste fauché au mieux Smicard, alors forcément ça intéresse pas des masses la société d’ultra consommateurs que nous sommes, parce que pas de blé, pas de consommation. Je parle bien sur des jeunes diplômés parce que ceux qui ont choisi des formations courtes en général ont vécu ça dans leur belle vingtaine, je n’en connais pas personnellement alors je ne peux qu’imaginer.

 

 Avoir plus de 25 ans aujourd’hui c’est aussi compter à peu près tout le temps, alors oui je peux aller là ce soir mais demain désolé je pourrais pas je suis fauchée. Forcément on essaie d’entretenir le répertoire d’amis ce qui implique de sortir souvent sauf les fins de mois quand il n’y a vraiment plus rien dans le porte monnaie juste de quoi acheter des pâtes pour survivre d’ici des jours meilleurs. C’est aussi connaître des soirées autres que les soirées étudiantes et se rendre compte que l’open bar n’existe plus quand on nous demande 12€ pour un malheureux cocktail en général on en boit qu’un et on passe même pas au coca après.

 

Avoir 25 ans et plus, c’est payé plein pot les billets de train et les transports en commun. Et se rendre compte quand on passe un entretien que l’on vit à l’autre bout du monde.

 

Avoir plus de 25 ans, c’est souvent connaître le célibat. Dans le sens on envisage que la personne qui partage notre vie depuis 3 mois puisse être la bonne mais on en mettrait pas la main à couper non plus, tant qu’à cette main y’a pas de bague y’a rien de concret (je sens que je vais me faire conspuer là, tant pis j’assume) ou alors enchaîner les histoires sans lendemain. Bien sur là encore il y a les exceptions, y’a les couples de la fac qui décident de se marier ou d’emménager ensemble, mais y’a aussi tous ceux qui se séparent. C’est donc connaître une période plus ou moins longue de célibat et aussi connaître le problème « je remplis ma poubelle d’emballages » parce que, je sais pas si vous avez remarquer, mais qui dit achat pour une personne dis aussi trois tonnes d’emballages individuels, sympa pour l’environnement.

 

Mais avoir plus de 25 ans c’est aussi avoir plein de projets : trouver un boulot forcément épanouissant avec une équipe de travail forcément hilarante, trouver le bon numéro et le traîner devant les bijouteries puis au rayon layettes et petits pots du supermarché (oui je continue dans le cliché, j’aime !), avoir un PEL qu’on remplit comme on peut tous les mois dans l’espoir un jour pouvoir acheter la maison de nos rêves tout en zyeutant de temps à autre les annonces d’appart qui ne ressemble pas à un 12 m² avec WC sur le palier.

 

Et puis quelques fois être une femme de plus de 25 ans c’est acheter un test de grossesse, se rendre compte qu’il est positif alors qu’on n’est plus avec le père et partir s’exiler en Sicile parce qu’on a une super opportunité de job en se demandant si oui ou non on le garde et si oui ou non il faut le dire au mec en question. Cette fille là m’a choquée en m’expliquant son choix d’élever le gamin seule sans jamais le dire au père. Il y a des choix comme ça que je ne comprends pas, mais plus loin que ça je me suis dit que peut être avoir plus de 25 ans aujourd’hui c’est commencer à faire des choix qui nous engageront pour le reste de notre vie ou du moins une sacrée bonne partie. Alors voilà avoir plus de 25 ans, ça n’intéresse personne parce que peut être le trajet de chacun ne peut être stéréotypé, on commence à entrer dans une catégorie prédéfinie à partir du moment où l’on fait nos choix. Peut être, allez savoir, ça fout les chocottes quand même !

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Hé, c’’est bientôt la St Valentin !

Voici un thème que je n’avais jusque là jamais traité vu qu’Emma s’en était occupé l’an dernier et que je m’en foutais un peu mais on ne peut pas ne pas aborder ce sujet sur un blog qui parle de relations amoureuses (et/ou sexuelles). Du moins, je suppose. Alors parlons de cette fête.

Concernant les origines, on s’en fout, on donne jamais les mêmes. En gros, c’est la fête des fleuristes, des chocolatiers et des bijoutiers. Face à la St Valentin, on trouve toute sorte de comportements : les « youpi, je vois mon namoureux et je mets des cœurs partout ! », les « c’est une fête de merde, je suis célibataire et aigri(e) », les « je suis en couple et je suis trop wild pour fêter ça », les « c’est pourri, j’organise une contre-soirée » et les « ah, putain, on est déjà le 14 ! ». Moi, je me situerais plus dans le dernier groupe. J’avoue que c’est pas une fête qui me marque, je ne suis ni pour, ni contre. En plus, cette année, je dois voir mon boss ce jour-là, à priori alors pour la soirée romantique, c’est pas ça.

Aujourd’hui, la St Valentin, je m’en tamponne le cocotier mais ado, ce n’était pas du tout le cas. Oui, j’étais nourrie à la sauce Berverly Hills, Sous le Soleil et même Sauvé par le Gong. Donc pour moi, le jour de la St Valentin était le jour où un homme pouvait me dire qu’il m’aimait. Jamais l’inverse car moi, j’étais trop timide et puis merde, j’ai le droit de me prendre pour la princesse romantique que le prince vient courtiser. Donc le jour du 14 février, je guettais le moindre signe, la moindre lettre, la moindre rose, tout le scénario était écrit dans
ma tête et… rien. Jamais. J’ai donc passé 19 ans sans avoir de mec le jour de la St Valentin (l’hiver ne m’a jamais réussi en amour, faut croire). L’année de mes 20 ans, alors que je ne les avais pas encore parce que je suis née en avril, je me file des défis à la con genre : « j’arrête de fumer à la fin des exams… non, quand j’aurai un mec. Et il m’en faut un pour la St Valentin parce que fais chier ! ». Donc après avoir joué au ping pong avec les amygdales d’un mec en boîte (j’ai jamais su si le mec que je croisais régulièrement à la fac, qui lui ressemblait énormément et qui avait une petite amie était la même personne ou pas), je finis par sortir avec Guillaume the first le 02 février, 12 jours avant le jour fatidique et pile à la fin des exams. Donc panique : cool, j’ai un mec pour la St Valentin… Mais faut que je lui fasse un cadeau ? Finalement, je lui ai acheté deux nounours avec un cœur et j’ai appris au passage qu’il était allergique à la poussière. Seul cadeau que je lui ai fait pour cette fête là et j’avoue que j’avais carrément effacé ce souvenir jusqu’au jour où j’ai vu ledit cadeau dans sa chambre chez ses parents. Après chaque année, quand il me disait « bonne fête » ce jour là, je répondais : « pfffffff ! ». De toute façon, notre anniversaire étant le 02, on
n’allait pas refaire un truc le 14. Et puis, moi, je voulais un mec pour dire que si je ne fêtais pas la St Valentin, c’est juste parce que je m’en foutais, pas parce que j’étais célibataire ET frustrée.

Mais voilà, ado, ça restait institutionnel. Une année, avec ma sœur, on avait organisé un repas aux chandelles pour mes parents, pâtes au basilic et je sais plus quoi, assez basique. On a mis deux heures à trouver des bougies car mes parents n’aiment pas ça mais bon, on était toutes contentes de nous. Ce n’est que quelques années plus tard que j’ai appris que mon père honnissait la St Valentin. Faut dire que mon père est très anniversaire, il offre un bouquet à ma mère pour l’anniversaire de leur première sortie et de leur mariage.

Alors tout ça pour dire : faut-il fêter ou cracher sur la St Valentin. Moi, je pense que chacun fait ce qu’il veut. Je ne suis pas fan de ce genre de fêtes institutionnalisées mais c’est vrai que ça peut être une bonne occasion pour déclarer sa flamme, après tout. Un jour où on ose tout comme acheter une pleine page dans Libé pour dire je t’aime. Après tout, pourquoi pas ? Si le 1er janvier est le jour des bonnes résolutions, le 14 février pourrait être vu comme le jour où l’on ose dire « tu me plais bien »… Si les gens aiment cette fête, laissons-les. Je ne ferai pas d’anti-St Valentin en allant dans les restos me moquer des couples ou faire une soirée entre célibs pour maudire l’amour. Pour moi, c’est une juste une journée comme les autres.

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Hommage à Aaron Spelling

Aaron est un vieux monsieur et il est mort cette semaine à je ne sais quel âge. De toute façon, ce type, il a toujours eu l’air vieux. Un peu comme Rainier. On dit qu’il a bien vieilli, erreur. C’est que jeune, il faisait déjà vieux. Bref, notre pauvre Aaron a passé l’arme à gauche et c’est un peu l’occasion de revenir sur sa merveilleuse production télévisuelle.

aaron_spelling

Bon, si vous fouillez sur le net, vous constaterez que le monsieur a produit beaucoup de séries donc certaines que je ne connais pas, je me concentrerai donc sur celles que j’ai eu l’occasion de voir (et de suivre, même des fois). Dans sa prime jeunesse, Aaron a produit Starsky et Hutch, série dont je me souviens peu. Me souviens en fait du générique, de la voiture puis du générique « Starsky et Hutch, tananananan ». Puis Starsky et Hutch, ils se tapaient une nana chacun par épisode. Après, dans le rayon vieilles séries, y a aussi « Drôles de
dames » et « la croisière s’amuse ». Là, de suite, ça me parle plus, merci les re-re-re-re-re-rediffusions. « Drôles de dames », d’abord, ou comment créer une série dont le concept est de montrer des nanas bien roulées en petit bustiers et mini short. Quoi que je dis, je suis mauvaise langue : y en avait une des trois qui était toujours habillée en mémère, elle était chiante d’ailleurs. C’était un peu la maman du groupe, celle qui sermonnait les autres, la chef. Donc la gonflante pas trop jolie toujours en pantalon.

Ensuite, la croisière s’amuse, on quitte le domaine policier, avec son inoubliable générique. Ou comment une bande de moches profitent d’être sur un bateau pour se taper leur lot de bonnasse. Je veux pas être méchante mais sur leur love boat, moi, je m’en serais tapée aucun ! Y avait que la blondinette qui était mignonne mais elle puait la cruche à 3 km à la ronde. Déjà, on découvrait la passion d’Aaron pour les histoires d’amour compliquées, les cocufiages, les « mais quand je reviens au Mexique, je te fais un coucou ». Des tas de bonnasses

s’ébattent au bord de la piscine tandis que le soir, à la pleine lune (oui, c’est toujours la pleine lune sur le love boat), des couples s’embrassent sur le pont et se jurent de s’aimer pour toujours. Le schéma est souvent le même : soit des couples en mal d’amour qui se retrouvent, soit des célibataires qui se conquièrent. Des fois, ce sont des anciens amants qui se retrouvent.
Puis évidemment, les membres de l’équipage ont leur petite histoire aussi : une fiancée dans chaque port, quoi. Moi, j’avoue que ce que j’adorais dans cette série, quand j’étais petite, c’était le départ, avec les confettis, les cotillons et tout le tralala.

Bon ensuite, y a eu Dynastie et Hooker mais ça, je connais pas donc passons direct à la série culte, celle qui a fait d’Aaron Spelling un pépé pété de tunes, celle qui nous a fait rêver durant notre adolescence, celle qui fait que des tas de gamins s’appellent Brandon, Brenda et Dylan. Hé oui, je veux bien sûr parler de Bervely Hills. Tout commence avec l’arrivée des jumeaux Brandon et Brenda qui viennent tout droit du Minnesota, Etat bouseux et enneigé, apparemment, pour l’ensoleillée Californie. Les parents sont parfaits, la maison est parfaite et les

gamins font de gentilles conneries. Mais bon, on commence à glisser peu à peu dans la perversion. Les couples se mélangent, Kelly, la blondasse chiante, sort avec Steve, Dylan, Brandon, Dylan, re-Brandon puis je sais plus qui, j’ai arrêté de regarder. Brenda, la super héroïne qui dégage très vite, elle vit une grande histoire d’amour destructrice avec Dylan. Brandon est tellement parfait qu’on jubile dès qu’il lui arrive une merde. Non, mais il agaçant le premier de la classe président des élèves qui ne se tape que des bonnes notes et qui en plus travaille au café du coin pour se gagner de l’argent. Il a une tête à claque. Après, il y a aussi le merveilleux personnage de Donna, jouée par la fille de Spelling himself. Vu sa gueule, elle, soit elle couchait, soit elle avait un père producteur pour arriver à faire quelque chose. La maigre Donna aux gros yeux est donc super amoureuse de David mais elle veut pas coucher le mariage, elle est super prude et va à l’église tous les dimanche. Quand on sait que la fille qui la joue a dû déjà divorcer quatre ou cinq fois et s’est tapé la moitié des mecs de la série en coulisses, ça laisse rêveur. Bref, Beverly Hills, c’est un peu de l’érotique pour ado : ils baisent tous les uns avec les autres sur des riffs de guitare, ils se roulent des pelles dans les piscines et roulent dans des belles voitures. La pauvreté, ça n’existe pas à Beverly Hills, ça fait tâche.

Pour un public plus adulte, Spelling nous ressort Bervely Hills version trentenaire : Melrose Place, le lupanar made in California. Alors là, si vous cherchez à retrouver qui a couché avec qui, prévoyez une bonne réserve de diantalvic, c’est assez violent. Bon, en fait, non, c’est pas compliqué : tout le monde a couché avec tout le monde. Déjà, y a Amanda, la super blonde transfuge de Hooker. Ouais, dans le petit univers d’Aaron, les acteurs naviguent d’une série à l’autre. Donc, elle, c’est un peu la Victor Newman de service, elle s’est tapée tout le monde, sauf l’homo de service (qui finit par dégager, d’ailleurs). Après, y a plein de gens qui vont et viennent dans même pas une dizaine d’apparts, ils s’installent ensemble, se séparent, se réinstallent avec quelqu’un d’autre ailleurs, échangent les apparts… Limite, je me demande si les acteurs rentraient pas dans un appart au pif en disant que c’était le leur. Bref, chaque épisode commençait par une scène de baise, chaque épisode se terminait avec une scène de baise (toujours les riffs de guitare). Entre temps, ils s’engueulaient, ils complotaient, ils s’aimaient, se détestaient, ils faisaient des plans machiavéliques… Non parce que dans Melrose Place, y a les méchants et les moins méchants. Bon, de temps en temps, on file une petite explication sur leur enfance et tout ça, le « mais pourquoi sont-ils aussi méchants ? ». Ils se marient comme nous, on prend le métro, tout ça pour divorcer deux épisodes plus tard parce que monsieur a fauté avec la voisine. N’empêche qu’un immeuble où il n’y a que des gens beaux, ça me fait rêver !

Ensuite, il y a eu des ratés genre Sunset Beach (moi, j’adorais mais j’étais à peu près la seule) et un truc qui s’appelait « Pacific Palissade » ou un truc comme ça que j’ai découvert récemment sur le câble ou comment refaire un nouveau Beverly Hills avec des jeunes beaux et des jeunes riches (mais y a des pauvres, aussi). Dans ces deux séries, on découvre le petit frère de Tori. Lui, pareil : soit il couchait, soit il avait un papa producteur parce que dans le genre pas

terrible, hein… Enfin, citons la dernière série en date de M. Spelling : trois bonnasses habillées d’un rien qui luttent contre le mal. Enfin, non, y en a une qui n’est pas habillée en pouff mais elle est toujours enceinte, aussi…Non, c’est pas Drôle de dames, c’est Charmed. Ou comment réutiliser un concept éculé pour se faire de la tune.

 

Bref, chez Aaron, on retrouvait un peu toujours les mêmes trucs : des riches très riches qui côtoyaient parfois des pauvres très pauvres qui venaient au lycée en bus scolaire (oh les nazes !), des ethnies qui se mélangent pas, des nanas habillées d’un rien et des mecs qui passent leurs journées à se doucher pour qu’on voit leurs pectoraux. Des gens qui copulent, tout le temps, de préférence sur des riffs de guitare. Des histoires de couples glauquissimes censées être passionnées et romantiques. Ben quoi, c’est pas parce que j’ai baisé avec le voisin dans la piscine que je t’aime pas mon amour… Et si on se mariait, tiens ? De l’amour au rabais entre riches et très riches, entre beaux et très beaux. Chez Aaron, on est soit médecins, publicistes ou serveurs, pour les ratés. Mais c’est pas grave, les ratés, ils finissent toujours pas intégrer la super agence de pub où tout l’immeuble bosse. Ce qui est fantastique c’est que, chez Aaron, en trente ans de carrière, y a que la coiffure et les tenues des personnages qui ont changé.

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