Il faut garder l’espoir

Alors que l’émotion s’éteint un peu et que nos vies ont repris leur cours presque comme si de rien n’était – The show must go on comme disait le grand Philosophe Freddy Mercury- je me sens quand même un peu vide. Beaucoup trop de débats et d’actus me vrillent le coeur et croire encore en l’Humanité devient un véritable combat, un acte de foi. Sans aucun mauvais jeu de mots.

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Il y a 10 jours, je prends un verre avec un pote, plutôt de droite, qui me parle régulièrement de son amour pour Alain Juppé et du fait qu’il n’arrive toujours pas à croire que des gens aient pu voter pour Hollande mais-que-les-gens-sont-cons. Déjà, à un moment, ça commence à piquer un peu. Mais quand la conversation dérive sur les terroristes avec des florilèges “mais faut les renvoyer chez eux ces mecs !” “Heu oui mais c’est à dire qu’ils sont Français…” “Et bien, on les renvoie dans le pays de leurs parents”. Dès le départ, je sentais la solution de génie : tiens, prenons des mecs qui ont bien la haine et donnons leur quelques raisons de plus de les radicaliser, des fois que. Dents qui grincent. Mais là où on atteint le summum, c’est sur le cas de Farid Benyettou, l’ancien mentor des frères Kouachi devenu infirmier. “Non mais attends, c’est un scandale !” “Heu mais tu veux en faire quoi sinon ? Le mec, il a fait sa peine, il reprend sa vie.” “Mais non, c’est intolérable, les mecs, ils s’en foutent de la taule, ils savent qu’ils vont sortir au bout de 3 ans peinards (oui, la taule, c’est rigolo apparemment, note de la Nina) et tout” “Mais attends, le mec, il a fait une connerie, il a le droit à une seconde chance, point.” “Ahahah mais arrête, ça, c’est dans le monde des Bisounours !”

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(gentil dessin réalisé par Prims)

 

 

Pendant qu’il m’arrosait de sa condescendance, j’ai failli l’arroser de mon jus d’orange mais j’ai dit que je devais être pédagogue donc je me suis abstenue et suis restée sur ma ligne. Je ne connais pas Farid Benyettou ni de près ni de loin donc je ne peux pas affirmer qu’il est repenti. Comme mon pote ne peut pas affirmer le contraire. On ne sait pas, ni l’un, ni l’autre. Alors oui, il y a deux options : celle de dire que ces mecs sont irrécupérables et qu’on doit les jeter de la société (démerdez-vous pour le comment), soit de vouloir croire en une possible réinsertion. Moi j’ai choisi.

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Et ce n’est pas si déconnant. Le sujet de la réinsertion après la prison est particulièrement douloureux, surtout pour ceux qui la vivent. Pas de revenus, pas de logement et de réelles difficultés à trouver un emploi au vu du “CV”. Je ne jette ici la pierre à personne, il ne faut pas oublier qu’on n’est pas vraiment en période de plein emploi et je ne pense pas qu’il soit productif de les avantager par rapport à des personnes au profil similaire n’ayant pas fait de prison. Chacun sa chance à égalité. Evidemment qu’on peut craindre une récidive (taux de récidive : 12.1% en 2012)*. Mais pourquoi toujours partir du principe que les gens ne peuvent jamais changer en bien ? Ne jamais s’avouer qu’en ayant soudain accès à une éducation, ils puissent se découvrir quelques horizons jusque là hors de leur portée ? Est-ce qu’on doit laisser tous ces gens en dehors de la société et ignorer ceux qui arrivent, bon an mal an, à s’en sortir malgré les difficiles conditions ? Doit-on considérer que Farid Benyettou (entre autre) ne devrait jamais plus travailler car on ne sait jamais ? Pourtant, il me semble logique de penser que c’est en fermant violemment la porte au nez de ceux qui essaient qu’on finit par les énerver. Et moi, j’ai envie de croire que les gens peuvent changer et en bien, en plus. Ca ne vous est jamais arrivé, à vous, d’arrêter des conneries et vous mettre sur un droit chemin ?

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Alors évidemment, c’est difficile. Mais si on perd cet espoir là, il nous reste quoi ?

Au fond…

 

* Chiffre cité par Christiane Taubira repris dans cet article hyper intéressant sur la réforme pénale

 

A l’autre bout du monde

Par Laurent

Aujourd’hui petit article léger avant de repartir sur des sujets plus controversés.

Depuis quelques jours je suis sur les sites internet des télés australiennes les violentes inondations qui recouvrent le Queensland depuis maintenant une dizaine de jours.

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Je me suis rendu compte que je me sentais beaucoup plus concerné par ce que qui se passait là bas que par ce qui se passait en France. Non que je sois insensible à ce qui se passe devant ma porte, mais pour moi l’Australie a toujours eu une signification particulière. 

Pour comprendre ca, il faut savoir qu’ado j’ai toujours utilisé ce pays comme un exutoire à tous mes malheurs. Dans la montagne perdu ou j’ai grandi il faisait froid, je ne pouvais pratiquer mes passions que 2 mois dans l’année, 80% des filles étaient brunes (pas un défaut en soi mais je fonds sur les blondes), les voisins étaient distants voir désagréables entre eux, et les gens étaient malheureux au boulot. 

Pour moi l’Australie représentait tout ce qui me manquait : le soleil toute l’année, la possibilité de jouer au volley ou de surfer tous les jours, des blondes sveltes aux cheveux longs à tous les coins de plages, des gens sympa avec tout le monde, une ambiance décontract au boulot.

Pour faire simple c’était mon utopie à moi. A tel point que je m’étais dit étant ado que si j’étais pas heureux à 25 ans, je plaquais tout pour aller vivre la bas. Une déception amoureuse aidant, c’est effectivement ce que j’ai fait, j’ai dit au revoir à mes amis, à ma famille, vendu une bonne partie de mes affaires pour m’acheter un billet d’avion, sans
aucune certitude sur le fait de revenir un jour en France.

Au final j’en suis revenu, mais le fait de revoir l’Australie à la télé – même des images plutôt douloureuses – a été comme un revival des choses extraordinaires que j’ai vues là bas. 

Je me permets de les partager avec vous.

Le climat

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On a tous rêvés en voyant les vidéos de maman noël en bikini à bondi beach. Certes le mois de décembre correspond là bas au beau milieu de l’été, mais il y a quand même une part de réalité dans ce mythe de l’été austral sans fin.

Le pays est tellement vaste que vous n’aurez que l’embarras du choix entre l’humidité étouffante des tropiques, l’aridité extrême du désert, la neige des black mountains, mais surtout la côte Est entre Sydney et Rockhampton (où vivent plus de la moitié des locaux) vous garantissant une température annuelle comprise entre 15 et 35°.

Imaginez ne plus avoir froid de votre vie, plus de rhume, une armoire ne contenant que 2/3 pulls par précaution, mais des shorts et des maillots de bain par dizaines, les gens là bas vivent comme ca. 

Le lifestyle

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L’image que nous en avons en Europe est d’un pays où tout le monde va surfer et se taper une petite mousse en bord de plage après le boulot. Bien évidement tout le monde ne surfe pas, mais ce pays a une tradition de sport (4° nation au JO d’Athènes avec seulement 20 millions d’habitants) et on voit des joggers / nageurs / surfeurs un peu partout. Une chose
qui est super, c’est qu’il est admis dans la majorité des entreprises de gérer son emploi du temps comme on le souhaite. Ainsi les gens peuvent travailler les soirs ou les weekends pour se dégager des demi-journées de temps libre en semaine. 

Une statistique étonnante dit que 52% des australiens ne prennent pas l’intégralité de leurs congés. Non que cela soit mal vu comme au Japon, mais plutôt dû au mode de management du personnel qui met en avant l’esprit d’équipe et la confrérie au sein des entreprises. Ainsi les employés d’une même boite organisent entre eux plusieurs sorties dans la semaine (impensable en France !). 

En résulte que les gens sont épanouis, décontractés et sympas, et au final tout le monde parle avec tout le monde dans la rue sans arrière pensée. En arrivant à Sydney quelques heures après mon atterrissage, je me suis fait interpellé 3-4 fois dans la rue par des inconnus me proposant de m’aider à porter ma valise (35 kg quand même, et sans roulette !).
J’aurais été une jolie nana j’aurais compris le but de la manœuvre, mais là c’étais gratuit, sans rien attendre en retour, et j’ai trouvé ca génial par rapport à la France où tout le monde fait la gueule.

Le niveau de vie

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Avant de partir j’avais l’apriori que vivre la bas serais beaucoup plus cher qu’en France (du fait que nos insulaires arrêtent pas de se plaindre), mais une fois sur place je me suis rendu compte que je me faisais de fausses idées.

Une bonne partie des objets manufacturés viennent de Chine et donc sont peu chers. La nourriture est également beaucoup moins chère qu’en France (jusqu’à 3 fois moins pour la viande) même si les légumes (importées) ne sont pas donnés. Les habitations sont en général de pleins-pied et en bois, ce qui fait que leurs constructions (250 000€ pour une maison avec jardin avec vue sur la mer) sont abordables assez rapidement pour les jeunes couples qui en deviennent propriétaire. L’automobile (importée du Japon ou des US) est plutôt accessible et le pétrole est bon marché car ils le produisent eux même. L’Australie a à peine subit la crise, étant le premier producteur mondiale de charbon, sa croissance en 2008 était de 4 .3%. D’ailleurs le pays est en plein emploi (4% de chômage) et a ouvert la porte à 2 millions d’immigrés qualifiés depuis 1994 (essentiellement des indiens, chinois et britanniques).

La politique

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Le modèle de politique australien est un mixe entre le modèle anglais (Elisabeth est également reine d’Australie) et le modèle américain. Sans vouloir porter le débat sur le champ politique, je trouve qu’ils ont trouvés un bon équilibre : les études sont payantes mais largement subventionnées pour les diplômés voir remboursées pour les mentions, l’Australie s’est doté depuis environ 5 ans d’une couverture de santé publique, beaucoup d’administrations sont gérées par des sociétés privées et ça fluidifie drôlement le quotidien (j’ai pu passer mon permis moto en à peine 2 jours !). Les armes sont prohibées en Australie mais il existe beaucoup d’associations de surveillance du voisinage qui font rentrer les choses dans l’ordre au moindre bordel et la petite criminalité n’existe pas ou peu. Cela peu paraitre très libéral comme système, mais il réside néanmoins une grande solidarité, la majorité des australiens donnent chaque année à des œuvres caritatives, les français ne peuvent pas en dire autant.

Si c’est le paradis sur terre, pourquoi je n’y suis pas resté me direz-vous.

La décision de revenir n’a pas été simple, comme casser délibérément mon propre rêve, mais il me manquait une chose indispensable : j’aime les gens et j’étais pas capable de communiquer avec eux comme je l’aurais voulu. 

Bien sur je parlais anglais tous les jours au boulot et j’étais parfaitement capable de m’exprimer au quotidien, mais il y a une finesse de langage que seuls les natifs peuvent avoir. Comprendre des blagues, en dire, avoir des discussions de fonds, faire preuve d’esprit, tout ça m’était des choses impossibles à faire en anglais, mes rapports avec les gens
demeurant donc forcement superficiels. Je me suis dit que ça allait forcement venir avec le temps, jusqu’au jour ou j’ai rencontré une traductrice française installée depuis 20 ans et qui n’était toujours pas capable de le faire, j’ai donc compris qu’il y avait guère d’espoirs à avoir. Ne me voyant pas avoir des rapports artificiels avec les gens durant les 50 prochaines années, j’ai décidé de rentrer en me disant qu’il serait toujours possible d’y revenir plus tard.

Avec quasiment 2 ans de recul, je me rends compte que ce pays me manque énormément et je pense effectivement retourner m’y installer plus tard, mais dans un contexte complètement différent. Plutôt dans une dizaine d’années avec femme et enfants. J’aimerais offrir à mes futurs gosses l’enfance que j’ai pas eue : les pieds dans l’eau avec des plages de
sable blanc à perte de vue. Bien sur, j’en profiterais aussi, maison avec vue sur la mer, grande cuisine américaine, terrain de beach-volley dans le jardin, le coin barbecue à l’ombre des palmiers, la décapotable des 80’s dans le garage, l’aile de kite prête à partir. J’ai appris à être en accord avec mes envies, et celle qui est la plus forte de toutes, c’est de lézarder le reste de mes jours pénard au soleil.

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Génération loser?

Il y a quelques temps, j’ai été interviewée par une journaliste de Technikart sur la génération vingtenaire. M’étant fendu de longues réponses, je me dis que ça a sa place ici, surtout que mes réponses allaient à l’encontre du ton défaitiste de l’article. Bon, je suis journaliste, je sais carrément comment ça marche donc je ne critique pas du tout la demoiselle. Je vous ai surligné le passage qui a été gardé pour l’interview.

 

Avez-vous le sentiment de faire partie d’une génération à part ?  Différente des trentenaires ?

Je pense que nous sommes effectivement différents des trentenaires mais je ne suis pas sûre que la génération « 20 ans en l’an 2000 » soit particulièrement différente des précédentes. Il faut savoir que la décennie vingtenaire n’intéresse personne en tant que telle : si vous regardez les instituts de sondages, statistiques ou autres, vous n’avez jamais la tranche 20-30. C’est plus 15-25 ou 18-25 puis 25-35… Pourtant, à 25 ans, je ne me sentais plus très proche des gens de 18 ans. Par ailleurs, les vingtenaires ne semblent pas être passionnants
comme thème. Si on regarde les films au cinéma ou les séries télés, on se passionne surtout pour les amours des trentenaires (Sex and the city, Clara Sheller, Ally McBeal, Bridget Jones…) ou alors pour les ados pour des histoires se passant au lycée. Pourtant, il paraît que la vingtaine est la plus belle décennie !

Quand je lis la prose des trentenaires, je suis assez agacée par leurs plaintes incessantes, leur rancœur envers les soixante-huitards, les « c’est votre faute si on en est là ». Je pense qu’être vingtenaire, c’est un mélange de réalisme et d’espoir. Depuis un an, je galère, j’ai eu droit à un CDD de trois semaines et un stage de 5 mois, ce n’est pas très glorifiant. Pourtant, je relativise et j’ai toujours espoir : oui, j’ai choisi une branche difficile, oui, je galère. Je ne reçois qu’une réponse sur 10 envoyées et encore, c’est pour me remercier de l’intérêt que je porte à l’entreprise mais ils n’ont rien pour moi. Pourtant, je ne m’angoisse pas plus que de raison, je sais que je finirai par trouver. J’ai confiance en moi et mes capacités. C’est pareil en amour. Je ne vis pas mal mon célibat, ça viendra quand ça viendra. Mon horloge interne ne panique pas encore… Je me donne jusqu’à trente ans pour trouver une stabilité et si elle survient avant, tant mieux.

Je pense que si les trentenaires passionnent tant les médias, c’est qu’ils ont une grosse pression sociale : à trente ans, on se doit d’avoir un emploi ET une famille (ou du moins, être en couple). Si ce n’est pas le cas, on est dans une anormalité qui crée une angoisse, c’est toute la trame des productions que j’ai citées plus haut. Vingtenaire, je cherche pas forcément le père de mes futurs enfants. Trentenaire, ça risque de me chatouiller un peu plus.

Je pense que les vingtenaires ont encore une fraîcheur et une insouciance appréciable. Ca ne veut pas dire qu’on ne galère pas et qu’on n’a aucune conscience des réalités, c’est juste qu’on a foi en l’avenir. On est sans doute aussi plus exigeants envers les gens qui nous entourent, notamment les politiques. On n’est pas encore dans le reproche mais plus dans l’attente
d’une vraie reconnaissance. Depuis quand être jeune est devenu un défaut ?

Certains nomment votre génération celle des Baby-losers ? Vous vous reconnaissez dans ce terme ?

Je trouve ce terme très négatif et défaitiste. Vingtenaire, on a encore la vie devant nous, comment peut-on se définir déjà ainsi ? Je pense qu’on a clairement pas assez de recul pour juger ainsi notre génération. Bien sûr, les temps ont changé, on n’est plus du tout dans une logique de plein emploi. On galère plus que nos parents, c’est certain. Mais le système a changé aussi : avant, la sélection se faisait au niveau du brevet puis du bac. Maintenant, il faut avoir des bac + pour se démarquer et encore, le taux de chômage des jeunes diplômés est assez effrayant. Quand j’ai commencé mes études, du haut de mes 18 ans, je pensais que le monde m’appartenait, qu’un bon diplôme était la garantie d’un emploi. Aujourd’hui, j’ai 26 ans, un bac+5 en journalisme obtenu dans un IEP et on me propose… des stages. Que j’accepte car faute de grives, on mange des merles. Les employeurs réclament des diplômes ET de l’expérience mais il faut bien qu’on débute, nous aussi. La sélection est drastique, on met des candidats en concurrence pour de simples stages, on nous demande un à deux ans d’expérience sur certains stages, c’est proprement hallucinant. Sans mes parents, je serais rentrée dans ma province depuis longtemps. Ceci étant, tous les vingtenaires ne sont pas au chômage, certains tirent très bien leur
épingle du jeu. Je n’aime pas trop les portraits noirs que l’on fait de ma génération. Nous sommes certes moins expérimentés que les trentenaires mais nous avons pour nous notre volonté, notre motivation et on déborde d’idées. Je crois que les entreprises ont tout à gagner à embaucher des jeunes. De toute façon, les formations diplômantes permettent de faire des stages. J’ai pas besoin de 10 ans d’expérience pour connaître mon métier, il ne faut pas exagérer ! Si on me lâche demain dans une rédaction, je serai à la hauteur de ce qu’on attend de moi.

Ceci étant, je réfute quand même le terme de baby-loser car ça donne l’impression qu’on baisse déjà les bras. Alors, oui, on galère, mais on finira bien par tirer notre épingle du jeu. Moi, en tout cas, je ne renonce pas.

C’est vrai qu’on accole souvent des noms négatifs à notre génération : perdue, sacrifiée, génération SIDA… Rien de très joyeux.

Après, en France, il y a toujours eu une méfiance envers la jeunesse, c’est pas nouveau. Les vingtenaires ont toujours été considérés comme remuant et revendicatifs. Si on relit la presse au moment de 68, on se rend compte que les jeunes de l’époque avaient, eux aussi, des revendications, des désirs, des espoirs. Bref, la situation n’est plus la même mais les difficultés
des jeunes ne sont pas une nouveauté non plus.

Il faudra voir où nous en serons dans 20 ou 30 ans pour vraiment voir si nous sommes une génération « baby loser » ou pas.