Célibataire en fin d’’année

Les rues fleurissent de guirlandes fantaisistes qui nous renvoient ce persistant message : c’est Noël, réjouissons-nous ! Autour de nous, les couples se promènent main dans la main, partagent quelques marrons chauds… Et nous, nous sommes seules. A Noël comme à la St Valentin, le célibat nous paraît pesant… Et pourtant, il y a de quoi se réjouir.
 quelle-celibataire-etes-vous
Regardez autour de vous et prenez un couple de votre choix. Par exemple, Cécile et Charles, le couple parfait par excellence qui file le parfait amour depuis trois ans. Le couple siamois incapable de se séparer plus de deux heures sans risquer une asphyxie, deux êtres qui ne peuvent plus s’appeler que par de ridicules sobriquets « chéri », « amour », « mamour »… A croire qu’ils ont oublié le prénom de l’autre. Mettez vous à la place de Cécile quelques instants. Décembre, le mois fatidique pour notre porte-monnaie et pour nos nerfs : la course au cadeaux. Alors que vous vous contenterez d’acheter des babioles pour vos parents, votre sœur, vos cousins… Cécile, en plus, doit trouver un cadeau pour Charles. Et un cadeau pour un petit ami, il n’y a vraiment rien de plus pénible à trouver.
 
Course aux cadeaux
Déjà, en temps normal, c’est compliqué de faire un cadeau pour un homme. Mais alors pour son petit ami, c’est limite mission impossible. Il faut que le cadeau soit tout de même à la hauteur de notre amour donc exit les babioles à moins de 10 euros. Au minimum, on doit taper dans les belles chemises et beaux pulls. Or je ne sais pas si vous avez remarqué mais trouver des vêtements masculins à moins de trente euros, c’est mission impossible. Donc pour les petits budgets, avoir un petit ami n’est pas vraiment une bonne opération à cette période de l’année. Par ailleurs, il y a cette pression incroyable : « mon cadeau sera-t-il à la hauteur du sien ? » Car même dans les couples à petit budget, il faut se remuer les méninges pour surprendre l’autre.
 
A l’époque où j’étais avec Guillaume, chaque année, c’était la prise de tête pour son anniversaire et Noël : je voulais un cadeau qui marque. Je ne lui ai jamais offert de fringues, c’était définitivement pas son truc. Il a fallu attendre notre séparation pour qu’il se décide enfin à abandonner ses vieilles frusques pour de belles chemises et des pulls zippés que je trouve so sexy. Dieu merci, c’est un accro à la lecture donc je trouvais généralement mon bonheur dans les librairies. Sauf qu’on n’offre pas un livre de poche à son petit ami pour Noël, ça ne le fait pas trop. Donc on offre un beau livre et c’est un peu cher. Je me souviens, pour notre dernier Noël commun, j’ai eu la bonne idée d’acheter un livre de Terry Goodkin, chaudement recommandé par ma copine Douschka, amatrice de littérature héroïc fantasy, comme mon cher et tendre. Donc je vais à la fnac, je donne des coups de coude, je me dépêche d’aller à la caisse où je retrouve Michalak qu’est trop beau avec sa copine super canon. Je rentre chez moi et au moment d’emballer le cadeau, je me rends compte que, comme une conne, j’ai pris le volume 2… Or mon chéri n’avait pas le volume 1 et il était hors de question de lui offrir le 2 en l’invitant à se payer le 1er. Donc deux livres grand formats, ça vous fait un petit trou dans le budget… Mais quand on aime…
 
Chez toi ou chinois ?
Une fois passé l’épreuve du cadeau et les migraines qui en découlent, voici que se profile un nouveau problème : comment s’organiser pour les fêtes ? Plus le couple dure, plus il devient soudé : hors de question de ne pas passer Noël ensemble. Entre alors en jeu les deux familles. Bon, pour faire simple, on passe le réveillon du 24 dans la première famille, le repas du 25 dans l’autre. Cependant, la famille de Charles tient absolument à aller à la messe de minuit avec son rejeton, celle de Cécile veut que la petite voit sa tante Hortense qui ne vient visiter la famille qu’une fois l’an, pour le repas du réveillon de Noël. Faire des concessions à deux, c’est jouable, mais quand la famille s’en mêle, ça tient du drame cornélien. Imaginez les conversations épicées de notre couple qui essaie de convaincre l’autre que le réveillon dans sa famille sera plus amusant… Ainsi, cette année, ma sœur Alice arrive le vendredi soir, est kidnappée par ses beaux parents pour le réveillon et passe le jour de Noël avec nous. Son chéri en fait autant, il faut d’ailleurs que je lui offre un cadeau mais quoi ? Déjà que c’est pas facile de trouver un cadeau pour son copain alors pour celui des autres…
 
Une fois la question de ces repas de famille réglées, les soucis ne sont pas terminés. Où passe-t-on le réveillon ? Chez les amis de monsieur ou ceux de madame ? Dans le meilleur des cas, notre couple fréquente EXACTEMENT les mêmes personnes mais il faut avouer que c’est plutôt rare. Bien sûr, le plus simple est d’alterner : une année avec ses amis, une autre avec les nôtres. Mais passer le réveillon avec une bande de mâles passionnés de tuning ou de foot, ce n’est pas vraiment l’idéal pour débuter l’année, il faut l’avouer. J’ai passé quatre réveillons avec Guillaume, nous avons appliqué ce système d’alternance et pas toujours pour le meilleur, de mon côté en tout cas. Le premier réveillon avec ses amis, pour marquer le passage en 2002, nous étions allés chez des voisins de ses parents, moyenne d’âge : 40 ans. A minuit, je me demandais comment j’allais tenir jusqu’à 4 ou 5 h du mat… De notre âge, nous étions quatre, un couple très proche de Guillaume et nous deux. Sauf que je ne supportais que difficilement le gars en question. Au réveillon 2003-2004, on part chez un couple d’amis à lui que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam et je frémissais : tous les mecs jouaient au jeu de rôle, je sentais LE sujet de conversation : les jeux de rôle. Sauf que je n’y connais rien (hé oui, 4 ans et demi avec un rôliste et je n’y ai joué que deux fois). Mais finalement, personne n’en a parlé et la soirée a été très bonne. Comme quoi, il ne faut jurer de rien.
 
Donc rien de mieux que d’être célibataire en cette fin d’année ! Et puis comment mieux commencer l’année que de se trouver une moitié pile le soir du réveillon ? Après tout, quel meilleur moment qu’une fête pour lier contact…et plus si affinités ?
 

O mon pays, O Toulouse

Mercredi, 13h45. Dans un monde normal, je serais à cinq minutes de Montparnasse mais en fait, on est loin, le train a du retard. Je reviens de mon pays natal où j’ai passé un long week-end, je suis entassée dans un coin de train avec ma valise, mon ordi et la pauvre Kenya qui dort tranquillement dans sa cage, se préparant pour la sérénade qu’elle me jouera tout à l’heure dans le métro. A côté, y a une fille aux dreads roses dans lesquelles sont accrochées des capsules de bière et elle a un rat teint en vert sur l’épaule… Pauvre rat, c’est pas sympa de le teindre, quand même.
 
Il ne fait pas très beau et je suis d’humeur un peu nostalgique depuis hier. Il faut dire que mon retour sur Toulouse fut chargé en émotion. Week-end normal à fêter l’anniversaire de mon père et de ma sœur avec mes parents, la dite-sœur, mon « frère » (il ne l’est pas d’un point de vue biologique mais fait partie de notre famille depuis trois ans, pas la peine de demander comment se fait-ce, je n’en dirai pas plus), ma grand-mère gentille et ma tante. Vendredi, samedi, dimanche, lundi pépères. Mardi, journée marathon.
 
Plan à 4 au resto
Mardi, donc, 11h45, je pose mes délicates fesses dans l’habitacle de la 206 maternelle pour foncer su Toulouse. Ah, le plaisir de la conduite ! J’adore conduire mais je n’ai plus trop l’occasion de le faire puisque je n’ai pas de véhicule sur Paris. Embrayage, première, embrayage, seconde, embrayage, troisième vrouuuuuuuuuuuuum ! Et vas-y que je déboîte à gauche pour doubler tout en hurlant : « what a-are you waindingue for ? » (pour ceux, nombreux, qui n’auraient pas reconnus, c’est du Gwen Stefani). Car, ce que j’aime dans la conduite, c’est visser les écouteurs de mon ipod dans les oreilles et chanter à tue-tête, m’imaginant devant une salle comble en train de m’applaudir. Oui, je sais j’ai pas le droit de conduire avec un baladeur sur les oreilles mais moi, au moins, je n’appelle personne pendant ce temps. Donc tout va bien.
 
Arrivée 12h30 au centre ville de Toulouse, je me gare sans soucis dans un parking souterrain, j’ai même pas eu à m’énerver après un automobiliste ce qui, à Toulouse, est plutôt rare. Je vais m’acheter un ticket de métro pour me rendre à St Cyprien. Oui, j’ai rendez-vous avec un jeune homme que je ne connais pas, je vous raconte l’histoire. Il y a une semaine ou quinze jours, je trafique sur mon blog quand je suis soudain déconnectée. Je me reconnecte et là, je vois écris en haut de l’écran que mon blog est en « privilège ». Ah ben, merde, alors, je rêve ? Tous les blogs débutent en confiance, on passe en privilège quand notre blog est de qualité mais ce passage était bloqué depuis quelques temps en attendant la sortie de la nouvelle version (sortie mardi). Du coup, maintenant, je sais quels mots clés vous tapez pour arriver sur mon blog, bande de pervers ! Etonnée, je vais hurler ma joie sur le forum d’over-blog (OB) puis je vais faire un tour sur ma boîte mail et voit que j’ai reçu un courrier d’un dénommé Fabien au sujet de mon passage en privilège. Ce monsieur est l’un directeur d’OB (ils sont trois) et comme il aime beaucoup mon blog, il l’a fait passer en privilège. Ah ben merci ! On s’échange nos adresses MSN (non, ce n’est pas nina.bartoldi, mon adresse MSN, arrêtez de m’ajouter). Un soir, on discute, tranquillement, je lui raconte que je suis en vacances chez mes parents, dans une ville assez proche de Toulouse et là, il m’annonce que les bureaux d’OB sont précisément dans la ville rose. En voilà une information, je ne le savais pas du tout ! « Si tu veux passer nous voir, un jour… ». Tu parles que je veux, découvrir les bureaux grâce auxquels je suis une star, je vais pas dire non ! En plus, il a l’air marrant, Fabien : déjà, il n’a « que » 26 ans, donc plus jeune que ce que je croyais. Hé oui, y en a qui ont 25 ans et qui sont chômeuses, d’autres qui en ont 26 et qui sont directeurs, chacun son truc. Donc on discute et on part dans un délire sur le train.
 
Le principe est simple : si la SNCF veut nous faire préférer le train, qu’elle y mette du sien, c’est à dire qu’elle place les gens en fonction de leur âge. Et si nous faisions un wagon spécial 12-25 ! Non parce que systématiquement, on se retrouve à côté d’une personne bien plus âgée que nous. D’ailleurs, ce week-end, ça n’a pas raté : à l’aller un vieux (qui est rapidement descendu, une banquette entière que pour moi), au retour, un vieux (mais y avait toute une banquette de libre à côté donc je m’y suis installée). A une époque, je lisais les nouvelles érotiques publiées sur aufeminin et il y avait toujours des histoires dans le train… Moi, je veux bien faire des galipettes dans le train mais avec qui ?
 
Bref, on a un bon contact et il me propose de passer dans leurs bureaux pour un déjeuner. Jeune homme, 26 ans, célibataire, chef d’entreprise… Bon, et bien, vous commencez à me connaître, je m’empresse d’accepter ! Surtout que ce n’est pas un simple déjeuner : y a peut-être un petit job pour moi à l’arrivée. Me voici donc dans le quartier de St Cyprien, quartier où j’ai vécu mes quatre premières années toulousaines, dans une résidence étudiante où j’ai pu faire partager mes ébats malgré moi. Je trouve très facilement leurs bureaux (ben, oui, ils sont voisins de mon ancienne résidence étudiante que j’ai tant honnie les derniers mois). Je finis ma clope, je sonne et on m’ouvre. Bon, l’immeuble est petit, premier étage, je trouve un charmant blondinet qui me claque la bise : Fabien. C’est marrant, il ressemble un peu à un copain que je fréquentais en maîtrise science politique et qui avait un nom de famille à consonance italienne. Il me montre le loft qui abrite les locaux d’OB et accessoirement sa chambre (un tout petit lit, le pauvre !), il me présente à tout le monde puis on va fumer sur la terrasse. Je dois avouer que dans le Loft, ce qu’il m’a le plus plu, c’est la terrasse. Assez grande, qui donne sur les toits, c’est peinard. On discute un peu, ça fait plaisir de voir qu’il suit bien mon blog, je lui raconte quelques anecdotes sur les « coulisses » du blog.
 
On part manger avec Gabriel, un des autres fondateurs d’OB puis Jérôme nous rejoint ensuite au resto (notez, les garçons, que j’ai choisi les prénoms en fonction des initiales). Le repas est franchement sympathique, j’ai plus l’impression d’un repas entre potes que celle d’être avec trois inconnus (trois mecs pour moi seule, j’assure, quand même). J’apprends pas mal de choses sur OB, c’est hautement instructif. Et à la fin du repas, me voilà promue intervieweuse officielle du site. En fait, ils projettent de changer la home et les interviews que je ferai seront mis en une. Voilà de quoi enrichir mon press book…
 
Goûter avec l’ex
Suite à ce déjeuner, je quitte mes nouveaux amis après les avoir raccompagné devant leur immeuble. Fabien me propose de monter mais ils vont travailler, je vais pas les regarder béatement. Donc je file en ville pour mon prochain rendez-vous : Guillaume, mon ex. Après quelques courses que je dépose à ma voiture, je rejoins donc le lieu de rendez-vous. Comme d’habitude, il est en retard donc après avoir esquivé un mec qui essayait d’entrer désespérément mon champ de vision, je m’appuie contre un mur et coince une clope entre mes lèvres. Je n’ai même pas eu le temps de chercher mon briquet qu’un mec s’approche de moi : « vous voulez du feu ? » Ah ben ça alors ! Il allume ma cigarette et s’en va sans demander son reste. Que je t’aime province, lieu où j’existe en tant qu’individu et pas en tant que point dans une foule compacte ! Non parce qu’aujourd’hui, j’ai retrouvé ma joyeuse jungle parisienne et là, je n’existe plus. Enfin, si, un peu : je trimballais Kenya mais je ne suis finalement que le prolongement naturel de sa panière. C’est pas moi qui les intéresse, c’est elle, avec sa bouille rigolote et ses longues moustaches et ses cris déchirants.
 
Guillaume arrive enfin, il ne va pas très bien, je le sais. On va faire quelques courses à la librairie, là où j’achetais mes mangas, dans le temps. Il y a toujours Fabien, le beau vendeur brun aux yeux verts que j’ai toujours rêvé de violer dans l’arrière-boutique (oui, je sais, ça fait le deuxième Fabien de l’article mais quand je vous dis que je fréquente des personnes qui ont toutes le même prénom, je ne mens pas). Ça me fait bizarre d’être là. On se rend ensuite dans le café qui a abrité nos amours durant deux ans (oui, on l’a pas découvert de suite), la décoration a changé et je suis déçue : le lieu a perdu son charme, défiguré par un énorme présentoir Haribo. Foutu capitalisme.
 
On discute beaucoup, enfin, surtout lui. Oui, il faut savoir que je suis quelqu’un d’assez bavard mais je suis une petite joueuse à côté de lui. Il me parle de ses amours, il est malheureux : depuis deux ans, il côtoie une fille qui vit très loin sur le net et elle doit venir en janvier mais elle s’éloigne de lui. Elle a peur, elle ne veut plus parler d’amour et je la comprends quelque part : l’amour à distance, surtout quand un océan vous sépare. Il en parle, ses yeux rougissent et sa voix tremble un peu donc je le remonte comme je peux : « Ecoute, je suis une fille et pas trop mal placée pour comprendre ce qu’elle vit. Jamais je ne traverserais un océan juste pour voir un « ami ». Tu le sais et elle le sait aussi, vivez ce que vous avez à vivre, vous aviserez après. » Apparemment, ça va mieux.
 
Et là, c’est l’heure des révélations. Il m’apprend que pendant quatre ans et demi, il était toujours en contact avec son amour de jeunesse, LA fille que je détestais sans la connaître parce qu’il l’aimait toujours beaucoup. Mais ce qu’il prenait de l’amitié n’en était pas, elle a toujours eu des vues sur lui et, apparemment, elle a tenté de le soustraire à mon influence pendant quatre ans. Raté, connasse ! Et elle refait pareil avec son amoureuse actuelle. Sauf que là, il a compris et s’est senti trahi. Il m’a aussi expliqué qu’il connaissait sa correspondante virtuelle bien avant notre rupture et qu’à la fin de notre histoire, il pensait à elle plus qu’à moi. Du coup, je lui ai avoué avoir été très attirée par Bertrand à ce moment-là, je lui ai même raconté ce jour de pluie où le jeune homme était venu me parler avec ses yeux verts-bleux-gris qui avaient fait explosés mon petit cœur. Mai je n’ai pas parlé de Fabien, celui pour qui je crevais de désir à une époque (trois Fabien dans un article, j’atteins des records). Pas la peine d’en rajouter.
 
Curieusement, de le savoir, ça ne m’a pas blessé, il n’a pas eu l’air d’être fâché que je lui parle de Bertrand… On a dépassé le stade des passions mais il reste que je l’aime énormément et je ne supporte pas de le voir dans cet état, ça me crève le cœur. Je lui ai rappelé que j’étais là pour lui quand ça allait mais aussi quand ça n’allait pas. Je suis sortie avec lui suffisamment longtemps pour le connaître par cœur même si, mardi, je l’ai découvert jaloux, jaloux d’un gars qui tourne autour de sa donzelle. Il n’a jamais été jaloux de mes amis, il n’a pas vu mes attirances pour Fabien puis Bertrand, sans doute l’ai-je bien caché, aussi.
 
Ma pauvre stagiaire adorée !
On part ensuite chez Lucie où Anne nous rejoint, on discute tous joyeusement puis il part, rapidement suivi par Anne qui avait un cours de rock (quelle dragueuse, celle-là ! J’espère qu’elle va se trouver un beau danseur, ça fera des choses à raconter pour le blog). Je reste donc à discuter avec Lucie, elle me raconte sa vie de stagiaire à l’IUFM et je ne sais si je dois rire ou pleurer. A un moment, elle me parle d’une nana qui vient de l’académie de Versailles et qui lui sort un jour, de but en blanc : « ben, tu vois, moi, l’an dernier, je suis allée au salon de l’agriculture et j’ai découvert que les poulets, ça avait des ailes ». Et je rappelle que cette demoiselle a son CAPES et sévit dans un collège où elle enseigne l’histoire et géographie. Mais elle croyait que c’était quoi comme bête, un poulet ? Et l’adjectif « aviaire » accolé à la grippe, ça l’a pas fait réfléchir un peu ? Bien, je demanderai à Lucie de me filer le nom de cette demoiselle pour ne JAMAIS inscrire ma progéniture dans l’établissement où elle travaille. Sinon, il y a une demoiselle que Lucie et ses amis adorent, celle qui intervient toutes les deux minutes en cours en débutant toutes ses phrase : « Alors moi personnellement, je pense que… ». Du coup, un collègue de Lucie est un jour intervenu en cours en multipliant les « alors moi personnellement, je pense que… alors nous personnellement, nous pensons qu’il faut appeler l’infirmière, personnellement, c’est ce que nous pensons. » Et forcément, Lucie se cache pour rire. Maintenant, je sais pourquoi je n’ai jamais voulu être prof.
 
Fatiguée, je repars de chez elle à 22h30, une migraine commence à se former sur mon œil gauche, j’ai trop fumé. Je rentre chez moi, mes parents ne dorment pas donc je vais discuter avec eux, je leur parle de mon partenariat avec over-blog rapidement (en omettant de dire que j’avais mon propre blog) et ma mère est plus que circonspecte : « les blogs, je sais ce que c’est, c’est là où des jeunes appellent à la haine ! ». Non, maman, ce n’est pas que ça. Mais j’ai beau lui expliquer, elle fait la gueule. Heureusement que mon père me défend. « Tu sais, m’explique-t-elle, je sais pas comment tu vis à Paris, j’ai l’impression que tu deviens une étrangère. » Oups, touchée. Mais je peux pas lui dire que je vole de bras en bras, de brouettes en brouettes, que je pars ce week-end en Bretagne retrouver Guillaume pour un week-end hautement indécent. Elle avait entendu parler d’Arnaud mais c’est tout. Ça me fout un peu le cafard.
 
Je monte sur l’ordi pour mettre mon blog à jour, j’y retrouve Bouc et Moustache (Guillaume est déjà parti se coucher) qui me fait lire son article en avant-première, celui où il raconte qu’il a enfin effacé le numéro de Catherine de son téléphone portable (lire ici). Je lui réponds que je n’en ai pas fait autant concernant Arnaud.
« Tu veux le rappeler ?
– Non, mais j’espère qu’il le fasse. Tu sais, j’arrive toujours pas à croire que c’est le garçon avec qui je sortais est celui qui m’a plantée comme ça.
– Si c’est lui.
– Je sais… Mais je n’arrive pas à lui en vouloir, je suis con hein ?
– Oui.
– Je me rends compte que j’ai pas tout réglé de ce côté-là… »
Il faut dire qu’une photo du jeune homme traîne à côté du PC familial et de l’avoir sous le nez, ça n’aide pas. Des fois, ça me manque de ne pas être dans ses bras, je m’y sentais si bien… Je crois aussi que mes retrouvailles avec Guillaume ont fait remonter pas mal de choses, le bonheur d’être à deux, mais pour l’heure, je crois qu’il n’est pas encore temps de me caser, j’ai encore des histoires à vivre. Je me couche avec un sacré mal de tête et en me glissant dans mon sac de couchage (oui, je dors dans un sac de couchage chez mes parents, ma chambre est en jachère), je me rends compte que Kenya a fait pipi dessus… Délicieuse fin de soirée.
 
Aujourd’hui, en rentrant chez moi, je me suis allongée, j’ai commencé à m’endormir puis, tout à coup, j’ai saisi mon portable. Au revoir le numéro de Benoît, au revoir le numéro d’un copain de Raphaël que j’avais rencontré au mois d’août… Au revoir le numéro d’Arnaud. Comme une conne, je me trompe de touche et j’appelle mais je raccroche aussi tôt, je ne pense pas que son portable ait sonné. Quand je l’efface, j’ai un petit pincement au cœur mais c’est mieux comme ça : il ne me rappellera jamais, de toute façon. Je me suis assez tournée vers le passé ce week-end, regardons désormais en avant.
 
 

Soirée arrosée

Par Boulou
Le cadre : une salle de bal hyper chique, entourée de toute la fac (ainsi que de la moitié des profs), petite musique d’ambiance discrète et serveurs sapés comme des pingouins qui passent avec petits fours et… champagne !!
 
Le mec : Christophe, un charmant jeune homme mignon, sympa, souriant. Je le connais depuis 2 ans mais on n’a fait que se croiser à quelques soirées, on a sympathisé… Je craque pour lui depuis quelques temps déjà , on parle souvent sur msn de tout et de rien… Le seul problème : il est timide et moi aussi !!!
 
Bref, me voilà entrant dans la salle telle une princesses vêtue de ma robe de soirée parfaite (en d’autres termes sexy mais classe). Je prends nonchalamment une coupe de champagne qui traîne, je fais un tour de salle pour repérer une «proie» et là je tombe nez à nez avec Christophe, que je n’ai plus vu depuis 6 mois ! On se salue, il est avec Chloé une amie commune (mais y’a rien entre eux, ils sont juste potes, je me suis renseignée avant) et on commence à discuter… Au bout d’un petit temp je finis par m’éloigner et je retrouve ma meilleure amie (Marie) qui est aussi mon coach en matière de mec. Elle m’incite à foncer parce qu’elle est sûre que je lui plais (c’est vrai que c’était un peu ambigü entre Christophe et moi) mais qu’il ose pas faire le 1er pas (non non on est pas au lycée, je vous le jure)… Evidemment, vu ma timidité (presque) maladive et mon manque de confiance en moi, j’ose pas non plus y aller franco.
 
 Au fil de la soirée, je le recroise, il m’offre quelques verres et après quelques coupes de champagne, Chloé me confie qu’elle pense aussi que je plais à Stéphane mais que lui-même ne lui en a pas parlé donc en fait, rien n’est moins sûr. Il faut dire que je me méfie des gens qui veulent à tout prix caser leurs potes et qui inventent n’importe quoi pour y parvenir… Mais au fur et à mesure que la soirée avance, je le trouve de plus en plus miam miam et j’ai vraiment envie de me retrouver dans ses bras cette nuit. Je mets alors une stratégie en place sans l’aide de ma coach (qui était à ce moment-là en train d’embrasser un beau blond dans un coin de la salle) et qui ma foi, au vu des événements ultérieurs, n’a pas été la meilleure idée que j’aie eue… Je décide de boire pour me « donner du courage » et oser l’embrasser la 1ère. Pour le lecteur qui ne m’a jamais vue saoule, il est vrai que je suis nettement moins timide avec un taux d’alcoolémie de 3 g dans le sang et que je me mets à parler à tout le monde, je suis hyper affectueuse et donc je finis souvent par trouver un compagnon de comptoir. Le seul problème c’est que, le lendemain, avec une migraine d’enfer et la bouche pâteuse, je me rends compte de qui j’ai embrassé (voire qui j’ai ramené) la veille et à la lumière du jour, le compagnon de comptoir me semble franchement moins beau et surtout intelligent que dans mes souvenirs embrumés d’alcool . J’avais donc décidé d’arrêter les « plans alcool » afin d’éviter de faire n’importe quoi avec n’importe qui… Mais dans la situation présente, je me disais que ce n’était pas grave puisque le garçon en question me plaisait alors que j’étais sobre et que ma seule envie était de faire des galipettes avec lui…
 
Je vide donc résolument quelques verres supplémentaires (ce qui, je dois bien l’avouer, ne m’a pas posé trop de problèmes) et me retrouve donc complètement bourrée au milieu de la salle… Juste à ce moment-là, je retrouve Christophe et comme par un coup de chance, un slow commence. N’écoutant que mon courage, je l’invite à danser (ben oui, je sais, normalement c’est au mec d’inviter mais pour rappel, le monsieur en question est hyper timide!!) et il accepte bien volontiers. Bon, ça marche bien, on essaie d’abord d’échanger quelques mots, puis on se regarde dans les yeux en souriant, je me serre un peu plus fort contre lui, je pose ma tête contre son épaule en respirant son parfum… Je gère, je gère, je relève la tête, oups je me rattrape de justesse à lui parce que j’ai failli me planter à cause de mon état d’ébriété avancée, je relève la tête, il me regarde en souriant et je choisi le moment parfait pour l’embrasser !! Wouh, il embrasse bien, j’ai atteint mon but, je suis vachement fière… On se ballade main dans la main, il m’offre encore un verre puis il rencontre des amis et j’en profite pour aller discuter avec mes potes. Le problème est le suivant : j’ai avalé plein de verres à la va-vite pour être saoule mais l’effet ne se fait vraiment sentir que maintenant, j’arrive presque plus à marcher, j’ai envie de vomir, je raconte pleins de trucs hyper gênants à voix haute (pour rappel lecteur, la moitié du corps enseignant est présent et je passe des examens oraux devant ces enseignants quelques mois plus tard). J’invite même un de mes profs à danser un slow langoureux (mais heureusement,  avec celui-là j’ai déjà passé l’examen donc on ne pourra pas m’accuser de réussir en couchant avec les profs). Bon le type a évidemment remarqué que j’étais plus que bourrée puisqu’il a dû me rattraper plusieurs fois et je pense qu’il a eu un peu peur que je lui vomisse sur le smoking quand il a senti que j’avais un haut le cœur… Bref, après avoir évité l’incident diplomatique de justesse, je retrouve ma coach qui me demande toute excitée qui est le beau brun que j’ai embrassé sur la piste. Je me retourne alors toute excitée parce que je viens d’apercevoir Christophe approcher et je lui réponds que je vais lui présenter… J’approche donc de Christophe, je le prends par la main, je l’embrasse et je lui présente Marie… Et là, je me rends compte qu’en fait ce n’est pas Christophe que je viens d’embrasser mais un type qui lui ressemble vaguement… Le type a un air ahuri parce qu’il ne comprend pas ce qui lui arrive et tout le monde est mort de rire autour de moi…
 
Après ça, je n’ai plus retrouvé Christophe de la soirée, je suis retournée avec des amis et j’ai dû faire arrêter la voiture pour pouvoir vomir par la fenêtre, je me suis retrouvée seule dans mon lit sans pouvoir fermer un œil parce que dès que j’essayais, ça tournait dans ma tête et je devais courir aux toilettes et je vous parle même pas du mal de crâne qui m’a plus lâché pendant 3 jours !!! En plus j’ai revécu l’horreur de la soirée puisque je me souvenais pas de grand chose et que c’est Marie qui a dû me faire un compte rendu détaillé de mes exploits…J’ai revu Christophe sur msn et apparemment il n’avait pas vu la pelle monumentale que j’avais roulée à cet inconnu mais il était un peu fâché que je sois partie sans lui dire un mot et l’histoire a tourné court…
 
Tout cela pour dire qu’après ça, je me suis promis de ne plus jamais draguer en ayant bu… Malheureusement, je n’ai pas vraiment tenu cette promesse 😉