Faut-il draguer en joggant ?

Puisque la femme des années 2010 est over bookee, elle rentabilise et cherche en permanence à joindre l’utile à l’agreable. Comme par exemple trouver un compagnon en pratiquant un sport.

Le jogging a de grands avantages : il ne coûte quasi rien (au pire une paire de baskets pour les sous equipés), il peut se pratiquer partout et par tous les temps pour les plus courageux. Baskets pour le running aux pieds, tenue seyante (oui, le Adidas que vous trainez depuis la 4ème est proscrit !), motivation en bandoulière , musique punchy dans les oreilles, c’est parti.

Petite foulée, inspire, expire, expire, inspire, expire, expire. Sur votre sentier, les joggeurs se croisent, se doublent, tous unis dans un même effort. Devant vous, un joggeur au short moulant court, remuant impudiquement son fessier tonique, tel le fruit de la connaissance tendu par un serpent concupiscent. Quelle délicieuse idée de faire du jogging.

Oui mais. Êtes-vous sûre que vous avez le talent d’une Myriam Soumaré ? Le galbe d’une Christine Arron ? Car vous n’êtes pas la seule à jogger derrière de délicieux fessiers, il y aussi des filles garanties 100% canon, 0% de mauvaises rondeurs qui vous doublent sans même vous regarder et se calent entre vous et le fessier (les garces). Et là, vous vous rendez compte que vous courez avec la grâce de la patate, votre visage est écarlate et ruisselant. Alors que miss Parfaite, même pas elle transpire et son teint reste d’une délicate couleur abricot (connasse). Ainsi, si le joggeur doit être saisi d’un coup de foudre, vous ne semblez pas être en position d’être l’heureuse élue.

Une solution ? Positionnez vous sur un banc en fin de parcours et étirez-vous pour donner une sensation de fille saine et fraîche. Ca peut marcher.

Conclusion : le jogging peut être une bonne solution mais attention, si vous êtes une joggeuse du dimanche, vous n’adorerez peut-être pas que votre homme (tente de) vous tire(r) du lit aux petites heures du dimanche pour aller courir une heure ou deux. Par contre, si vous êtes accro au jogging, c’est la voie royale pour vous.

Rendez-vous au banc pour les étirements !

De la douleur d’être une femme

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une douleur que pas mal de femmes connaissent et dont j’ai été victime pas plus tard que mardi : les menstruations. Rien que le mot, déjà,
il est moche, ça situe bien l’horreur du truc.

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Selon la légende, les règles sont une punition divine à cause de l’autre couille d’Eve qui a mangé le fruit de la connaissance, généralement symbolisé par une pomme. Mais en fait, c’est parce que tout les mois, on construit un petit nid pour un éventuel bébé mais si le bébé n’est pas conçu, le nid s’évacue, ce sont les règles. Vous trouvez pas que j’aurais dû faire prof de bio ? Donc ça fait presque 15 ans (aïe !) que tous les mois, ne tombant pas enceinte et ceci de façon totalement volontaire, j’ai mes règles. Des fois, ça passe comme une lettre à la Poste, si j’ose dire, mais d’autres fois, c’est parti pour des foutues crampes. Ce mois-ci, j’ai eu droit à la migraine et aux nausées (mais je suis pas enceinte puisque j’ai mes règles), je crois même que j’ai eu un peu de fièvre. Le pire fut le fois où j’avais tellement mal que je suis même allée m’allonger sur le sol de la salle de bain pour que le froid du carrelage m’anesthésie un peu. Heureusement, c’était un dimanche et j’étais au chômage. Parce que prendre une journée de congés parce que « j’ai mes règles », ça le fait trop pas.

 

Ado, je ne ressentais rien, c’est en grandissant que ça a commencé, les petites crampes. Bon, en général, j’ai la technique de me tenir légèrement penchée pour plier le ventre et
boire froid pour anesthésier et ça passe tant bien que mal. C’est pas que ce soit handicapant, c’est juste désagréable. Mais y a des mois où ça va pas. Genre mercredi, je me suis levée, j’ai fait mon activité préférée et surtout indispensable dès que je pose un pied par terre et là, j’ai bien senti que mon système reproducteur avait décidé que je déconnais à ne pas me servir de lui. Apparemment, le fait qu’il produise une ovule par mois depuis presque 15 ans (quand j’y pense, ma vie de fille réglée est maintenant plus longue que ma vie de fille qui était peinarde) et que je n’en fasse rien, ça commence à l’énerver et il proteste avec sa seule arme à sa disposition : la douleur. Donc je retourne vite me coucher et me recroqueville en maudissant la nature. Non mais sans déconner, ce serait pas plus simple que je sois fertile juste quand j’ai le désir d’avoir un enfant, non ? Bon, bref, après avoir tourné dans mon lit, j’ai envisagé d’appeler le bureau pour dire que je venais pas mais finalement, l’idée de prendre un RTT règles me paraissait trop incongrue. Non parce que j’ai que 9 RTT par an et 12 menstruations donc il va y avoir comme un souci. Et puis ce sont pas quelques douloureuses crampes qui vont m’empêcher d’aller travailler. Bon, j’ai pas été des plus vaillantes mais j’ai travaillé quand même, na.

Alors quand un mec croit drôle de me demander si j’ai mes règles quand je suis de mauvaise humeur, j’ai comme une envie de lui coller un coup de poing dans le bas ventre (pas trop bas quand même) et lui faire remarquer que moi, je subis ça pendant 24 à 48 heures et qu’encore, je suis chanceuse car des filles souffrent encore plus que moi. Et toi, t’es de bonne humeur, maintenant ? Surtout que ça veut dire quoi ? Qu’une femme n’a pas le droit d’être de mauvaise humeur sans que ça ait un rapport avec son utérus ? Si je suis de mauvaise humeur, c’est forcément que je suis en prise avec mes hormones ? Non mais est-ce que je demande à un mec de mauvais poil si c’est parce qu’il a bandé mou la veille ? Des raisons pour être de mauvaise humeur, il y en a 150 000 sans qu’il y ait le moindre rapport avec mes ovaires. Genre j’ai attendu un train qui n’est jamais venu, je me suis pris la tête avec quelqu’un, j’ai renversé mon café avant même d’avoir pu en boire une goutte, j’ai versé mon café lyophilisé dans mon verre d’eau froide au lieu de le mettre dans ma tasse d’eau chaude (si, ça m’est vraiment arrivé), j’ai pas trouvé de chaussette assortie ou de culotte qui va avec le soutif, je me suis tachée avant même de quitter l’appartement… Oui, le matin, je peux être très facilement de mauvaise humeur.

Alors, homme sans ovaires, la prochaine fois que t’as envie d’asticoter une nana de mauvaise humeur en lui jetant un « ben alors, t’as tes règles ? », réfléchis bien
à deux fois, ça pourrait te faire mal. Surtout si la fille en question, c’est moi.