Rencontre dans le réel

A moins d’adorer se tripoter face à une webcam, le site de rencontre a pour finalité la rencontre… Comme son nom l’indique donc. Jusque là, tout va bien. Sauf que la drague en ligne permet d’avancer relativement masqué derrière nos trois plus jolies photos (ou à peu près)et que le saut dans le réel fait toujours un peu peur :
– vais-je vraiment lui plaire en chair, en os, en odeur et en saveur ?
– mais surtout, va-t-il/elle me plaire ?

1er-rencard

Parce que oui, faudrait pas oublier qu’on est deux à sauter le pas et que la réciprocité de l’attirance n’est pas toujours simple. Donc il va falloir se préparer aux scénarii suivants :

On se plaît
Là, tout va bien, c’est facile. Je te veux, tu me veux. Dans ce cas, la seule difficulté est de bien saisir le désir de l’autre parce que oui, avouons-le, on a tous fait nos boulets à pas capter que les tripotages de bras sans aucune raison, effleurements réguliers, rires de gorge, tournicotages de cheveux et regards brûlants, ça se traduit pas « prends-moi là, de suite, sur cette table ». Mais ne le faites pas, commencer une relation par une garde à vue pour attentat à la pudeur n’est jamais une bonne idée.

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Je ne lui plais pas
Votre proie correspond bien à ce que vous aviez imaginé mais, pas de bol, la réciproque n’est pas vraie. Selon la délicatesse de votre proie, la soirée peut s’arrêter là (ce qui peut faire très mal à l’ego) ou alors, il/elle sera poli-e et vous passerez une bonne soirée et peut-être vous gagnerez un-e bon-ne pote. Quoi qu’il en soit, faut dédramatiser. Rappelez-vous qu’un site de rencontre implique une concurrence féroce et vous pouvez être éliminé-e sur un détail. Une voix un peu trop fluette, une question de taille (non, je ne parle pas du contenu du slip), une couleur de cheveux… Ca peut aussi être une question de timing : il-elle a eu un bon rencard peu de temps avant, vous êtes moins à la hauteur de ses espérances. Bref, no more drama, no more pain. Ne jouez pas votre vie sur un rencard.

déprime-skyline

Il-elle me plaît pas
Ca arrive aussi parce que, oui, on veut séduire, donc on met nos plus belles photos et qu’elles peuvent ne pas correspondre tout à fait à la réalité. Souvent parce qu’elles datent d’il y a une bonne dizaine d’années, à l’époque où nous avions plus de cheveux, moins de kilos et surtout le visage plus lisse qu’un cul de bébé. Donc parfois, on croit avoir rendez-vous avec Léo di Caprio époque Roméo+Juliette et on se retrouve avec Léo di Caprio version aujourd’hui. Ou Mariah Carey sans Photoshop. Ca déçoit. Alors, là, il y a plusieurs façon de procéder. La façon pute qui consiste à abréger le rendez-vous soit en prenant ses jambes à son cou avant que l’autre ne vous reconnaisse, soit en annonçant clairement que ça ne va pas être possible, ce qui implique une bonne dose de culot et de méchanceté. Oui, mais attends, l’autre, il nous a menti, merde ! Ouais ok mais quitte à être là, autant prendre un verre : on n’est pas à l’abri d’une personne sympa avec qui bien se marrer. Passer une soirée ensemble n’implique pas roulage de pelles, nuit torride, mariage et enfants.

Leonardo-DiCaprio-en-2001

On ne se plaît pas
Même réaction qu’au dessus : boire un verre et peut-être se trouver un-e bon-ne pote.

amitie-homme-femme

Bref, décrocher un rendez-vous n’est pas la fin du chemin de croix, ce n’est qu’une étape. Donc on y va à la cool, bien sapé mais pas trop, on ne fait pas péter ses plus beaux dessous et on ne parsème pas son lit de pétales de roses option bougies tout autour du lit. Parce que rien n’est gagné et puis, franchement, je sais pas vous mais moi, ça me fait flipper.

psychopath

La semaine prochaine, nous évoquerons cette difficile question : c’est qui qui paie ?

Loyauté vs opportunisme

Fin de la série « hé, j’ai démissionné ! » Mais pour une fois que j’ai quelque chose à dire hein… Aujourd’hui, j’aborde donc le chapitre loyauté contre opportunisme car moi qui me croyais loyale, je me suis découverte plus opportuniste, finalement. Mais je crois que c’est normal.

Revenons à ce matin du mois d’août où j’ai reçu le mail de Simon me proposant un entretien chez TGGP. Sur le coup, je reste estomaquée et indécise. Dois-je accepter ou refuser ? Rappelons un peu les faits tels que je les ai vus au moment M :

– ma boîte actuelle m’a littéralement sauvée du chômage, pour moi, elle m’a donné ma chance et depuis, ma vie est quand même drôlement plus belle.

– c’est quand même TGGP

– oui mais c’est justement grâce à ma boite que j’ai été contacté, ça fait que 6 mois que je suis là, ce n’est pas très honnête de partir si vite

– c’est TGGP. Souviens-toi, Ninouscka, le journalisme tout ça. TGGP situé en face de l’entreprise de DRH choupinou, ces 3 semaines idylliques de 2006. Puis, allez, zou, un entretien, ça n’engage à rien, tu dis oui ! »

 Donc j’allais au premier entretiens « pour voir » mais forcément, quand Simon me parle du poste, de TMF, des possibles avantages sociaux… Là, je ne peux plus arrêter le processus, je veux le job. Je me pare pour l’entretien suivant, je pense l’avoir raté et j’ai le cafard. Tout le monde me dit que c’est pas grave, que j’ai déjà un taf donc quoi qu’il arrive, si j’ai pas celui là, c’est pas grave. Moi, je suis tiraillée : d’un côté, ne pas avoir ce taf, c’est la solution de facilité : pas de démission, de paperasse, quitter ma boîte et mes collègues que j’aime bien. De l’autre, j’ai devant moi une sublime porte et j’ai envie qu’elle s’ouvre. Parce qu’une fois chez TGGP, je me rapproche du journalisme encore plus. Et surtout, je n’aurai plus à subir des bloggeurs crétins. D’ailleurs, heureusement que j’ai démissionné car ces abrutis atteignent des sommets en ce moment, j’en suis impressionnée. Mais je raconterai ça une autre fois… ou pas.

Mais c’est vrai que sur le coup, je me suis pas sentie honnête, honnête. Il y a 6 mois, on m’a dit que je me casserais si vite, jamais je ne l’aurais cru, surtout que j’ai refusé un CDI à peine un mois après avoir commencé (certes en région toulousaine et je ne veux plus redescendre). D’un autre côté, j’imaginais pas d’être débauchée, surtout pas TGGP. Dans mon plan de
vie prévisionnel, je comptais y rester 2 ans là où j’étais. Pas plus mais pas moins quand même. C’est vrai que je dois beaucoup à cette entreprise rapport à mon trajet de vie, mon premier CDI, la fin du chômage. Puis j’ai un peu peur de pas retrouver la même ambiance. Je sais que je ne serai pas la seule fille (j’en ai vu plein, au moins 3 !), je serai plus la petite princesse merdeuse, bouh ! J’avoue que ça me fait un tout petit peu peur mais d’un autre côté, faut savoir saisir les chances qu’on nous donne. Si j’avais dit non aujourd’hui, qui me dit que j’aurais
eu une si belle occasion dans un an et demi quand j’aurais décidé de changer de boîte ? J’ai certes tendance à m’emballer mais là, c’est du concret, sur le papier, je ne pouvais rêver mieux. Je ne pouvais pas dire non, impossible. Alors oui, je me suis engagée quelque part et c’est mal mais en fait non. Dans le professionnel, je crois qu’il n’y a pas de place pour le sentimentalisme.
L’esprit d’entreprise, je l’ai, j’ai préféré faire un aller-retour express dans le sud un week-end pour une fête de famille sans prendre un jour de congé pour pas mettre mes collègues dans la panade. J’ai toujours fait mon travail très consciencieusement, sympathisé avec mes collègues. Ouais, ça, je l’ai fait. Mais mon affection pour cet entourage professionnel ne devait pas devenir un frein pour ma carrière. Je suis jeune, j’ai pas de responsabilités genre un prêt à rembourser ou un gosse à élever, c’est maintenant que je dois grimper les échelons, avant de m’encroûter. Dieu seul sait où je serai dans un an et demi, dans quel état sera ma vie. Peut-être que si j’avais dit non par loyauté, plus tard, je n’aurais pas bougé par encroûtement. La stabilité offre une confort et une sécurité rassurante. Sauf que je suis quelqu’un d’ambitieux et je veux pas me réveiller dans 5 ans rongée par le remord pour n’avoir pas su prendre une porte qui s’ouvrait.

Bref, je me suis découverte plus opportuniste que loyale mais finalement, dans ma boîte, tout le monde a compris mon choix, y compris ma boss qui était contente pour moi. Finalement, cette histoire de démission, elle finit plutôt bien !

Le sexe, c’est moche

Cher lecteur, rassure toi, je ne prends pas le voile pour rentrer au couvent, je ne vais pas dénigrer le sexe. On pourrait donc croire que mon titre est mensonger mais en fait non, que nenni. Aujourd’hui, j’ai envie de te parler d’un sujet qui m’interpelle : pourquoi les mots désignant les organes génitaux sont-ils tous laids ? Déjà, génital, c’est pas top comme mot mais si on va dans les vagins, vulves, pénis, bites, là, ça fait carrément peur.

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Scène fictive : je suis avec mon namoureux que nous appellerons Wenworth (ça faisait longtemps que je m’étais pas inventée un amoureux, hein !). Donc avec Wenworth, on décide de faire l’amour parce que ça fait du bien. Après un effeuillage rapide et efficace, il me glisse dans l’oreille un « suce-moi la bite ». Ben non, là, ça casse tout. Franchement, je n’aime pas ce mot, il m’écorche l’oreille. C’est pas de la pudibonderie mal placée, je le trouve phonétiquement laid. Et ses compagnons synonymes aussi. Pénis et verge, ça fait classe de
biologie, par exemple. Vit, c’est démodé depuis Sade, bâton de berger, je me demande si quelqu’un l’utilise. A la limite, y a zizi qui est rigolo et enfantin mais un mec qui me dit « suce moi le zizi », je rigole trop pour faire quoi que ce soit. Tu veux pas que je te masse le cucul aussi ? Et quand t’auras fait ton rototo, tu feras un gros dodo. Côté fille, c’est pas forcément mieux avec vagin (c’est une déformation de machin ?), vulve, même clitoris, c’est pas hyper joli. Sans parler des mots vulgaires genre chatte ou, pire, con. Bon, déjà qu’on a pas de jolis mots, c’est pas la peine de faire le concours du plus moche. Et je vous passerai mes considérations sur sperme, cyprine, mouille, testicules, couilles, scrotum, rectum, anus, smegma (celui là, rien qu’à prononcer, on n’a plus envie)…

Il est difficile de parler joliment de sexe avec tout ça. Je m’interroge sur le manque de vocabulaire plaisant à l’oreille en matière de sexe : est-ce un sujet qui n’a jamais
inspiré les poètes. Ben non, c’est pas ça, bien au contraire… Alors quoi ? Hé oui, le sexe, pour en parler poétiquement, faut utiliser la métaphore. Ne compara-t-on pas souvent le sexe féminin à un abricot, par exemple. C’est joli, ça, non ? J’espère que vous mangiez pas d’abricot, là. On a le mont de vénus, la lune, aussi, que de poésie ! Bon, là, pour les mecs, par contre, ça m’échappe mais sans doute parce que les femmes ont mis du temps à parler de ça. Mais je suis sûre que mes lecteurs adorés et très très cultivés vont me trouver des jolies métaphores pour le pénis. Et pas des qu’ils ont inventés y a 30 secondes parce que sinon, je peux en imaginer, moi aussi.

 

De fait, je me demande, est-ce typique de notre temps de parler de sexe en utilisant des termes simples, crus ou scientifiques ? Est-ce dû à une certaine démystification du sexe qui devient aujourd’hui un acte banal ? Appelons un chat un chat, une chatte une chatte, ne perdons pas de temps à imaginer des termes fleuris pour désigner nos organes génitaux (génitaux, c’est moche aussi). Aujourd’hui, nous constatons que parler de sexe de façon imagée est souvent vu comme une espèce de pudibonderie mal placée. Si tu dis bâton de plaisir, tu passes pour un coincé du cul. Tu dis bite, t’es wild, t’es libéré dans ta sexualité. Mais bite, c’est vraiment moche, sans déconner !

 

Bref, au risque de passer pour la prude de service, je n’utilise pas ces mots car ils sont bien laids et qu’ils me font plus rire qu’ils ne m’excitent. Ainsi, pour plagier ma chère Anne, je le dis haut et fort : « Ah non, pas ça dans ma bouche ! »