Tu n’es pas d’accord avec moi : tu n’as aucune ouverture d’esprit

Depuis le temps que je zone sur les réseaux sociaux, il s’est passé deux choses : je me suis “radicalisée” sur de nombreux sujets (genre le féminisme où je mords de plus en plus facilement) et par conséquent, je me suis retrouvée à “débattre” avec des gens aux avis radicalement opposés au mien. Ce qui entraîne en général deux réactions :

  • tu n’as vraiment pas d’humour (non, l’humour oppressif ne me fera jamais rire, sorry)
  • tu n’es pas ouverte d’esprit.

Ben tiens…

ouverture d'esprit

M’étant déjà énervée sur le sujet de l’humour, passons donc directement à l’autre sujet : l’ouverture d’esprit. Je peux affirmer sans rougir que je suis ouverte d’esprit : de nature curieuse, j’aime bien découvrir de nouveaux sujets, me passionner pour ceci ou cela, butiner tel un colibri un peu de connaissance à droite, à gauche. Il suffit que je lise un livre ou un article sur quelque chose qui attire mon attention pour que j’entame une boulimie d’infos sur le sujet. Ce qui crée une légère frustration au vu du temps libre dont je dispose actuellement… Parfois, je lis un article ou mate un reportage qui me laisse froide, ça arrive aussi. Bref, j’essaie de m’intéresser et de me cultiver dans la mesure du possible mais au vu de mon temps libre disponible, je vais me consacrer aux sujets qui ont allumé l’étincelle de mon intérêt. C’est ainsi que je ne vais pas lire 50 nuances de Grey juste “par ouverture d’esprit”. Ca va, je me suis déjà tapé 2 volumes de l’infect After, ça me suffit en terme de “tomber amoureuse d’un pervers narcissique qui va te faire chialer tous les 2 matins, c’est ça, l’amour, le vrai !”.

femme-relation-abusive-amour

Non mais à un moment, comment on a réussi à faire croire que l’amour, le vrai, saigne forcément ?

Parfois, je m’indigne sur certains sujets ou propos. J’ai ma sensibilité et certaines choses, je ne veux plus les entendre. Je vomis le sexisme donc quand je vois une remarque gratuite et déplacée sur les femmes, je ne vais pas hésiter à mordre. Idem, en ces temps troublés, je ne supporte plus le racisme ou la xénophobie et je ne vais pas hésiter à rentrer dans la mêlée. Et c’est là que le bât blesse : “han, tu ne tolères pas mon opinion [dégueulasse], t’es pas ouverte d’esprit”. Ou en sous texte : “tu veux pas être d’accord avec moi alors que je t’explique, t’es pas ouverte d’esprit”. Alors non, ceci n’est pas de l’ouverture d’esprit. Par exemple, un mec m’a fait chier dimanche sur une conversation autour de Ivan Rioufol, le mec néo réac qui recycle sans trembler le choc des civilisations d’Huntington et qui crache en toute occasion sur le multiculturalisme (“le cheval de Troie de l’islamisme”. Je cite, oui). Donc je trouve que, déjà, connaître les propos de ce monsieur, c’est déjà beaucoup. Mais quand je m’érige contre de tels propos et qu’on m’explique que les pays musulmans ne sont pas plus ouverts au multiculturalisme (pas du tout le sujet) et que je refuse de cautionner, voilà “je suis pas ouverte d’esprit”.

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A se demander si on ne prend pas les autres pour de sombres idiots. En somme : moi seul-e est le savoir et je te le confie. Tu refuses de me suivre ? Alors tu es borné-é, tu n’es pas ouvert-e. Mais quoi ? L’ouverture d’esprit, ce n’est pas adopter l’avis du dernier qui a parlé. Tu as exposé tes arguments et je ne suis toujours pas convaincue mais c’est moi qui ai un problème d’ouverture ? Pourquoi, toi, tu ne te remets pas en question ? En général, quand je l’ouvre sur un sujet, c’est que je me suis un minimum renseignée dessus, je ne contredis pas juste pour faire chier. Ca ne veut pas dire que je refuse toute conversation sur le sujet, mes opinions ont aussi évolué (heureusement), mais à un moment si tu n’arrives pas à me faire changer d’avis, pose toi la question : soit tu n’as pas su trouver les arguments, soit nous avons des vues totalement opposées sur le sujet et il est difficilement imaginable que nous trouvions un consensus. Et à la limite, ce n’est pas grave. Pour ma part, quand je débats, je sais très bien qu’à un moment, l’orgueil entre en jeu donc même si j’arrivais à convaincre la personne en face, je me doute que 9 fois sur 10, celle-ci ne l’avouera jamais. Et je m’en fous de ça, je veux juste que la personne réfléchisse, se dise qu’effectivement, y a peut-être une autre vision des choses, que oui, les propos tenus sont problématiques… ou peut-être que quelqu’un lisant le débat sera touché par les arguments.

le débat d'entre deux tours

Mais arrêtez de décréter qu’une personne qui n’adopte pas vos opinions manque d’ouverture d’esprit. Surtout quand elles puent bien fort la xénophobie.

 

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Aimez-vous les uns les autres… Mais juste les hétéros !

Y a des trucs qui m’énervent et me donnent envie de concevoir une vraie machine à baffes. Et j’en ai marre, vraiment marre, du climat nauséabond dans lequel on évolue actuellement. Passons sur la xénophobie et l’islamophobie devenues une sorte de norme pour nos amis les plus droitistes pour en arriver au sujet que je souhaite évoquer : les droits des gays. Oui, j’ai évoqué le mariage homosexuel y a pas si longtemps mais là, j’ai besoin de comprendre cette quasi haine envers eux, ça me dépasse.

Reprenons les choses de façon raisonnée. Quel est le crime des homosexuels ? Ont-ils volé, tué, violé, torturé ? Non, ils aiment, tout simplement. Ils aiment une personne du même sexe, ce n’est pas là un mal, c’est juste un fait. Pourtant, du fait de cet amour pour une personne du même sexe, les homosexuels sont aujourd’hui des sous-citoyens. Comme les criminels qui perdent leur droit de vote, ils n’ont pas les mêmes droits. Ca, c’est un fait. La question est : qui ça dérange deux homos qui se marient ? Un mariage est un contrat entre deux personnes, ni plus ni moins. Ca ne regarde que ces deux personnes et personne d’autre. Ni vous, ni moi. Donc déjà, sur le mariage, je ne comprends même pas qu’on puisse y être opposé. Non parce que si on doit donner son avis sur tous les mariages, moi, y a des mariages hétéros, j’étais pas trop pour. Les homos qui veulent se marier ne le font pas par caprice (ou du moins pas plus que les hétéros). Pourquoi ne peut-on pas concevoir que leur amour est aussi sincère que celui entre un homme et une femme ? J’aimerais que l’on m’explique.


Quant à l’adoption, il me semble avoir déjà expliqué sur ce blog qu’un enfant n’évolue pas en vase clos entre papa et maman. Il a des grands-parents, oncles, des tantes, des instituteurs et institutrices : des hommes et des femmes. Je ne suis déjà pas convaincu qu’un enfant ne peut se construire que grâce à un référent mâle et un référent femelle. Qui sommes-nous pour l’affirmer ? Je veux dire, en France, on a assez peu de couples homos avec enfants (il y en a, hein) alors qui peut se permettre de dire que c’est mal vu qu’on n’en a juste aucune idée. Ou alors on pousse la logique jusqu’au bout : on prend tous les enfants de parents célibataires, des divorcés, des veufs… Ben oui, y a pas le papa ou la maman à domicile, l’enfant sera forcément déséquilibré. Non, c’est pas ça la logique ? J’ai du mal à comprendre, une nouvelle fois. Un parent seul sera-t-il forcément plus compétent pour élever un enfant parce que hétérosexuel que deux homos ? Expliquez-moi, expliquez-moi !


J’en parlais l’autre jour sur Twitter avec un twittos m’expliquant que le problème pour lui ne venait pas du mariage ou de l’adoption mais que les gens contre avaient avant tout peur du changement (lui-même n’est pas contre, hein, il cherchait juste à expliquer, essayer de comprendre). Peur de perdre les valeurs structurantes de la société. Ah oui mes petits lapins mais la société évolue, c’est comme ça. Reprenons l’évolution des sociétés de façon extrêmement grossière : chez les Grecs, un éphèbe qui ne faisait pas sodomiser par un homme plus mature n’était pas un vrai homme. Oui, la virilité passait par une initiation sexuelle par un homme mûr. Au Moyen Age et à la Renaissance, on décapitait, pendait, écartelait à tour de bras. Il n’était pas rare qu’on prononce des sentences hallucinantes :pendaison puis dépècement puis immolation. Bon, là, le mec était archi mort. Vous trouvez qu’on aurait dû en rester là ? Il y a 30 ans, la peine de mort existait encore. Il y a 30 ans, l’homosexualité était officiellement un délit(même si ce n’était plus sanctionné depuis belle lurette). Lors de la 2nde guerre mondiale, les homos devaient arborer un triangle rose et étaient déportés comme les juifs. Vous trouvez ça bien ? Vraiment ? Ou ça vous gêne un peu quand même ?

Si j’avais été lesbienne, est-ce que ça veut dire que j’aurais été incapable d’aimer quelqu’un ? Incapable d’unir ma destinée à une autre femme ? Forcément une mauvaise mère potentielle ? Je ne comprends pas. Et j’ai mal, sincèrement. De voir toute cette homophobie décomplexée, des manifestations où les participants insultent deux filles qui s’embrassent.

Réveillez vous les gens, l’amour n’est pas dans votre camp. Et posez vous la question, une seule : d’où vous vient cette haine ? Ca ne me paraît pas très sain, moi perso…

Ah et tant qu’on y est, y a un Kiss in contre l’homophobie le 15 novembre. Si on y allait tous ? (j’ai 15 jours pour trouver un kisseur)

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Un jour en France – une modeste analyse politique (2)

Par So Long

[Message de Nina : cet article a été écrit durant l’entre-deux-tours mais comment j’étais en Sicile, ça a créé un petit décalage, pardon]

Le début : Un jour en France – une modeste analyse politique

La fin du centre ?

Il paraîtrait que le vote – à titre personnel – de François Bayrou pour François Hollande était un suicide politique, que Bayrou a tué le centre, vive le centre. Je ne souscris pas totalement à cette analyse, même si effectivement les conséquences de ce choix personnel sont désastreuses pour Bayrou (à titre personnel également).

Pourtant, le geste de Bayrou le 3 mai est historique, inédit et profondément encourageant. Dans toute l’histoire du centre, ce choix là n’a jamais été fait, renvoyant ces formations à n’être que d’éternelles réserves de voix de la droite, et ne pouvant parvenir au pouvoir que sur un malentendu. Ce positionnement m’a toujours surprise dans la mesure où la gauche a toujours dialogué avec le centre, a toujours débattu, et a toujours reconnu des valeurs communes en dépit de différences de méthodes. Le non-choix de 2007, le choix de 2012. Voilà qui a permis d’engager le centre dans une nouvelle définition de son essence politique. Reste désormais à canaliser cette essence pour en faire une véritable force politique.

Dès lors, si le Modem est aujourd’hui en cendre, je pense qu’un magnifique phénix va pouvoir en sortir, même si pour l’instant l’oisillon a l’air bien gentiment au chaud dans son œuf. Il est du devoir de la gauche de tendre la main au Modem pour l’aider dans sa recomposition. Il n’est pas souhaitable pour la France de sombrer définitivement dans le bipartisme, il faut donc un centre qui polarise.

Le renouveau du centre tel que l’a dessiné Bayrou est à la bonne position : ni à droite, ni à gauche. A la différence du Nouveau centre qui s’est dissout dans l’UMP pour ne plus exister qu’à l’état protozoaire. C’est la raison pour laquelle il est temps que Bayrou désigne un successeur, car si lui est carbonisé au niveau politique – encore que je le vois bien revenir par la petite porte gouvernementale

– le mouvement qu’il a lancé mérite de vivre. Cela implique une personnalité qui rassemble, qui fédère, et surtout qui sait nouer les alliances politiques nécessaires. Sans oublier qu’il lui faudrait une force morale inébranlable. Mais avant toute chose, il faut que cet homme / cette femme ne soit aucunement mû(e) par son égo, et ne considère pas que son destin est joué parce qu’il « est »
(suivez mon regard). En somme, les qualités morales de Bayrou, et la pugnacité de Hollande. On peut rêver, et toute de gauche et engagée que je suis, je pourrais même voter pour.

L’opposition.

La situation est assez inédite puisque nous avons à faire à une opposition qui est vraiment double : l’UMP et le FN ; mais surtout que jamais la droite n’a réellement été en situation d’opposition depuis un bon paquet d’années qui nous ramène à Mitterrand. Certains m’objecteront la période Jospin, mais le président lui-même était « d’opposition » si bien qu’à un certain stade du pouvoir il y
avait exercice. Et je ne parle même pas de la toute récente bascule du Sénat.

Cependant, l’UMP est actuellement le cul entre deux chaises : entre un centre auquel elle ne croit plus, et un FN qui n’entend pas perdre la main si chèrement acquise à coup de relooking et de maîtrise de l’agenda. Le drame de l’UMP c’est d’avoir savamment orchestré sa propre perte depuis sa création, et de l’avoir précipitée depuis 5 ans. En somme, il n’y a plus que deux choix possibles, et les deux sont des paris excessivement risqués dans la perspective d’une reconquête du pouvoir.

1. Se fondre avec le FN, préserver un minimum d’apparences, mais se recomposer entièrement au niveau des idées d’extrêmes droite qui ont bien eu le temps d’infuser depuis quelques années. Si même NKM défend le discours de Morano, je ne vois pas ce qu’on peut faire.

2. Redonner du poids et de la valeur à la droite humaniste, retracer le cordon sanitaire autour du FN et travailler à structurer le débat autour de bonnes vieilles recettes républicaines.

L’ennui c’est que dans l’état actuel des choses la stratégie numéro 1 semble largement favorisée :

A. le FN est fort alors que le centre est mort ;

B. la ligne Buisson a permis de limiter la casse pendant la campagne ;

C. le sentiment de déclassement chez les français est tel qu’ils ne comprendraient pas que la droite se droitise encore plus.

Donc, pour l’instant c’est cette stratégie qui peut fonctionner, faire de l’UMP un cheval de Troie, pénétrer le FN, et les cadres actuels du parti sont assurés de se garder une place au chaud « une fois que la gauche se sera planté »

Et c’est là que le bas blesse. Cette stratégie part du principe que « Hollande va se planter ». Mais rien n’est moins sûr dans la mesure où son engagement c’est « confiance et justice ». Il est plus audacieux de promettre une croissance à 3% et un chômage à 5%, je vous l’accorde. Mais nettement plus courageux de promettre une société apaisée et une politique de redressement moral, social et
économique. Donc pour l’instant, on ne sait pas. Il n’est dès lors pas évident de prendre position. Et même, ce serait dangereux dans la mesure où l’anti-hollandisme primaire s’appuie sur les théories de l’extrême-droite : plus d’immigration, plus d’impôts, faillite comme la Grèce, blablabla… La caricature est grossière, elle est digne des propos anti-socialos des Maurassiens de la grande époque (oui,
point Godwin ou presque). Mais c’est plus compliqué d’avoir une ligne politique constructive surtout quand on a perdu l’habitude de la critique constructive et qu’on a passé des années à rester dans une admiration béate à réciter bêtement des éléments de langage préparés par l’Elysée.

Pis encore ! La seconde solution est encore pire pour l’UMP : ce serait le signe d’une confiance en Hollande et d’un désaveu de la ligne de Sarkozy. Car oui, la ligne de rapprochement avec le FN est bel et bien la ligne Buisson, si il y a une « certaine porosité » UMP-FN depuis 2007, les digues ont été rompues avec le discours de Grenoble et le débat sur l’identité nationale. A tel point que ces évènements devraient entrer dans l’histoire du Front National, et non dans celle de l’UMP.

Désavouer Sarkozy, certains n’auraient pas trop de mal, mais pour se tourner vers qui ? Revenir à la droite humaniste c’est non seulement faire confiance à la gauche gouvernementale, mais en plus c’est devoir aller récupérer un leader qui a lui-même perdu son âme si jamais il est actuellement à l’UMP. Ca ne laisse pas grand monde… Villepin peut-être. Et encore. Si seulement le centre n’était pas mort, mais l’UMP ne peut même pas faire un embargo sur une formation qu’elle a cherché à anéantir (allo, petit oiseau, il est temps de sortir de sa coquille). En somme, faire le choix de la droite humaniste est aujourd’hui un pari des plus risqués pour l’UMP… d’autant plus que si François Hollande ne remplit pas son objectif, le FN aura un véritable boulevard en 2017.

En finir avec l’Etat postmoderne

Je risque de m’attirer les foudres de mon directeur de master en disant cela, mais conceptualiser l’Etat postmoderne a signé l’arrêt de mort de la politique au sens noble du terme. Si l’on considère que l’Etat postmoderne est fondé sur le mondialisme et l’hyper-individualisme (réécouter l’Homme pressé n’est pas une mauvaise chose par les temps qui courent), alors il est évident que les extrêmes et les populismes de tout poil ont là une magnifique autoroute toute goudronnée qui les conduit au pouvoir.
A cet égard, relire L’Enfance d’un chef de Sartre est édifiant ! (je suis naïve, j’imagine forcément que tout le monde l’a lu) Mais on y retrouve tout : l’individualisme (porté par le surréalisme) qui conduit à la haine de soi, la haine de soi qui conduit au déclassement, le déclassement qui conduit à la xénophobie (et l’antisémitisme), la xénophobie qui conduit à l’extrême-droite ; et le cheminement est le
même avec l’aspect mondialisme.

Merveilleux ! (et pourtant, j’aime pas beaucoup Sartre) (argument massue, ter)

En somme, la notion même d’Etat postmoderne doit être détruite pour retrouver un Etat noble, et non pas un Etat qui traduit un ensemble de fantasmes. Une République saine, salvatrice, qui élève et transcende les individus (oui, j’aime bien Rousseau). Un Etat qui porte de nouveaux enjeux et non pas de nouvelles peurs : remplacer l’individu par le bien commun, la croissance par la durabilité, le
libéralisme par la liberté,… les substitutions sont multiples. C’est le sens du projet EELV, c’est le sens du projet PS, c’est le sens de la majorité présidentielle.

C’est pourquoi, par la présente, je redis encore et toujours mon total soutien à François Hollande et à son équipe. Et après 5 pages de divagations, on ne peut que continuer d’observer les prochains débats… et pour ma part, œuvrer à ma petite échelle à la réussite du pari hollandais.

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Je vote pas pour lui, il n’a pas de charisme

Sous titre : j’ai la flemme de lire les programmes donc je vais voter en fonction du « charisme » des candidats.

Autre sous titre : au secours les gens sont cons.

Je m’intéresse à la scène politique depuis plusieurs années maintenant. Modestement, je veux dire, je ne suis toujours pas militante, je me contente d’écouter les débats et d’exprimer un avis si je l’estime suffisamment étayé. Il y a des sujets que je ne maîtrise pas, j’évite de dire des conneries dessus. Je vote donc en mon âme et conscience, pour un programme, pour une vision de la société qui se rapproche de la mienne. Et je me sens tellement brillante d’agir ainsi quand je lis les tonnes de conneries qui font office d’avis politique…

« Non mais tu vas pas voter pour le Flamby quand même ? » Respire par le nez et évite de frapper cet(te) abruti(e). Donc pour toi, la mollesse supposée d’un homme est une excellente raison de ne pas voter pour lui ? Tu préfères un colérique limite hystérique notoire ou une poissonnière tabagique et xénophobe ? Non, je demande hein… Et dis moi, t’aurais pas un peu voté Bayrou en 2007 ? C’est vrai qu’il est incroyable de dynamisme et d’énergie, je comprends bien qu’Hollande ne te séduise pas du tout en comparaison. Je m’étais déjà énervée en 2007 de ces ridicules débats empreints de sobriquets peu flatteurs, passons. Mais sachez que le « tu vas voter pour le nain ? » me met aussi en colère que le Flamby.

Vous êtes dépités : en 2012, aucun candidat ne vous file la chair de poule (dans le bon sens du terme), vous avez la sensation de choisir entre la peste et le choléra. Comme en 2007. Comme en 2002. Comme en 1995 (je m’arrête là, j’etais trop petite en 88). Je vais vous faire une révélation : l’homme ou la femme providentiel n’existe pas. C’est une belle légende politique mais en vrai, nul membre de la scène politique n’a les épaules de supporter vos attentes délirantes. Les personnes montées en épingle de la sorte finissent généralement en pétard mouillé. Je vous avais prévenu en 2008 quand vous voyiez en Obama une sorte de nouveau messie. 4 ans plus tard, Guantanamo est toujours ouvert et il y a toujours des soldats américains en Irak et en Afghanistan. Bouleversifiant le changement…

Le charisme est une saloperie. Prenez le cas de votre entreprise et cherchez le mec qui a monté les échelons par la force de son charisme et qui est payé salement cher… Pour ne rien foutre. Oh, il sait masquer les apparences et c’est là sa principale force, seuls ses collaborateurs directs savent qu’à part remuer les bras et distribuer les sourires, il ne fait rien du tout. Vous voyez ?

L’argument du charisme, c’est ce qui permet à un mec bourré de tics et accro au bling bling de nous représenter sur la scène internationale. C’est ça l’image de la France ? Un gars à Rolex qui balade partout une ancienne mannequin botoxee ? Tu préfères ça à un gars qui garde ses nerfs et maîtrise ses dossiers ? Ce sont les lunettes qui te gênent ? Le fait qu’il ait perdu du poids ? Le fait qu’il fasse son boulot sans se sentir obligé de faire un communiqué de presse dès qu’il termine un dossier ? Tu préfères le fou furieux et sa clique d’idiots incapables d’une once de réflexion. Tu veux une bonne raison de pas voter Sarkozy : va lire la timeline de la Morano et regarde la connerie en face. Inculte, grossière et au gouvernement…

Aucun candidat n’est parfait mais je vais vous faire une révélation : ce ne sont que des hommes et des femmes comme nous. T’es parfait, toi ? Ben eux non plus ! Alors pitié, plutôt que de nous expliquer que le charisme est l’unique raison qui vous fait mettre un bulletin dans une urne, ayez l’honnêteté d’admettre que vous ne connaissez juste rien en politique et que vous avez la flemme de vous pencher sur la question. Vous aurez l’air moins con que de juger les gens sur leur physique.

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Moi, je veux me marier et pas par convention

Allez, cette semaine, je fais dans le familialo-matrimonial, youhou ! Alors quel est ce titre énigmatique ? Toi, Nina, tu veux te marier maintenant ? C’est à cause des robes de mariée de ta soeur que ta mère a laissé pendre dans ta chambre ? Que nenni. Cette phrase a été prononcée par Loxy quand nous étions à Venise. Ce à quoi j’ai répondu “c’est dramatique, tu es obligée de préciser pourquoi tu veux te marier, je trouve ça triste.”


Loxy n’est pas en cause dans cette histoire, j’ai juste été choquée de voir que désormais, faut se justifier d’avoir envie d’un mariage, d’une famille conventionnelle ou je ne sais quoi. Mais si les gens ont envie du tryptique maison-gosses-labrador, où est le problème ? Personne n’en meurt, il n’y a rien de mal à ça. Oui, ce n’est pas précisément ce que je souhaite pour ma petite personne mais qui suis-je pour juger ceux qui auraient envie d’autre chose ? Qui êtes-vous pour dire que ceux qui veulent se marier sont forcément influencés par les normes judéo-chrétiennes alors que vous, vous n’êtes influencés par rien. Ah mais laissez-moi rire. Comme j’aime à le dire, l’anticonformisme n’est qu’un autre conformisme.


Déjà, j’en ai un peu marre de cet argument des normes judéo-chrétiennes. Arrive un moment où il faut aussi reconnaître que nous avons chacun un caractère et que certaines choses nous attirent avec ou sans ces foutues normes. Est-il à ce point incompréhensible que deux êtres qui s’aiment aient envie de s’unir de façon on ne peut plus officielle au cours d’une cérémonie, religieuse ou non, qui n’est pas bâclée dans un coin d’un tribunal et ont envie de fêter leur amour avec leur entourage ? Franchement, qui est dans le vrai ou dans le faux ? Personne car l’envie de se marier ou non n’est pas une question de valeur morale (parfois si) mais d’envie avant tout. C’est pour ça que je suis à fond pour le mariage gay : parce que chacun a le droit de faire ce qu’il veut. Je ne suis pas attirée par le mariage de façon personnelle mais soyons honnêtes, ce n’est pas parce que je ne suis pas influencée par les normes judéo-chrétiennes de mes fesses. Non, c’est juste que je préfère investir l’argent du mariage dans d’autres choses et que ça me paraît une galère sans nom à organiser. Mais ce n’est que MON avis. Un peu comme les avis politiques : on croit toujours que celui qui n’est pas d’accord avec nous est influencé par les médias. Comme si on ne pouvait pas être en accord de façon intime avec des théories de droite ou de gauche. Même d’extrême-droite, la xénophobie n’est pas le fruit des médias, faut arrêter de se rassurer avec ça. Le rejet voire la haine de l’autre, ça reste un sentiment humain.


Au fond, cette bien pensance athée m’amuse car elle est finalement identique à la bien pensance à laquelle elle est censée s’opposer. Expliquez-moi en toute sincérité pourquoi la morale judéo-chrétienne n’a pas le droit de nous imposer une norme alors que la bien pensance athée (je dis athée mais c’est pas vraiment le bon mot, je n’en trouve pas d’autre) tente de nous en imposer une autre. Est-il à ce point impossible de concevoir que chacun fait ce qu’il veut ? Si je prends ma soeur, en terme de normes judéo-chrétiennes, elle a quand même vécu 6 ans avec son mec avant de l’épouser et je sais bien que parfois dans l’intimité de leur chambre, ils ont commis le péché de chair. Mais voilà, le mec de ma soeur est pompier professionnel, un métier où il risque malgré tout sa vie et si un jour ma soeur doit se retrouver veuve, mieux vaut qu’elle soit mariée avec lui que pacsé. Mais j’espère de tout mon coeur que ça n’arrivera pas, bien entendu. Puis le mariage reste toujours plus intéressant que le pacs quoi qu’il en soit. D’ailleurs, je suis un peu étonnée que les anti mariage se ruent sur le pacs. Finalement, c’est moins lourd comme chaîne mais c’est une chaîne quand même, non ? Du coup, c’est quoi qu’on dénigre dans le mariage ? La robe blanche et le prêtre ? Hmmmm… Hello, ça n’a rien d’obligatoire. Si un jour je devais dire oui (parce que je ne dis plus “jamais” par superstition), j’ai envie d’une cérémonie païenne dans une vieille forêt avec des arbres tous tordus, de la mousse et un quatuor à cordes.


Bref, la question n’est pas là. La question est qu’aujourd’hui, t’es obligée de spontanément justifier tes choix y compris à une personne qui n’a rien dit. En l’occurence moi pour revenir à l’essence de cet article. Oui, le mariage, ça ne me parle pas, ça n’empêche pas que je suis heureuse pour ceux des autres, que j’ai presque pleuré quand ma soeur a annoncé le sien, que je suis ravie d’aller à celui de ma copine Lena au printemps et à celui de Yohann mon presque frère à l’automne. Et que pour moi, le seul truc intolérable dans les mariages… Ce sont les powerpoints de plus de 2 mn.

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C’est historique

Depuis quelques temps, mes rares plages lecture (je vais au boulot à pied) sont consacrés au Nouvel Obs. Tout ce bain d’actualités, ça me fait réfléchir : les guerres, les catastrophes, la crise, les maladies… On a comme la sensation d’une charnière, d’une histoire qui change, d’un avant et d’un après. Mais mesure-t-on réellement la portée de ce que l’on vit ?

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Ce qui m’a toujours fascinée en histoire, c’est le phénomène de feu au poudre ou encore l’effet domino. En découvrant l’assassinat d’un archiduc à Sarajevo en 1914, a-t-on pressenti que le premier domino s’écroulait et allait déterminer toute l’histoire du XXe siècle ? A contrario, certains événements n’ont-ils pas été surinterprété ? Considérés comme une date que personne n’oubliera alors que dans 50 ans, ça restera du domaine de l’anecdote ? Quelles dates restent inscrites finalement dans l’histoire ? A brûle pourpoint, je dirais 476, la fin de l’Empire Romain d’Occident, 1492, 1789, 14-18, 40-45 et 1989. Bien sûr, ma réponse est pas mal conditionnée par ma nationalité et je choisis un peu les dates fixées par les historiens pour marquer la fin des grands périodes historiques (Antiquité (476)/Moyen Age (1492 ou 1515, ça se chamaille)/Epoque moderne (1789 ou 1815, là aussi, c’est pas clair)/Contemporaine). Et le reste ? Tout est historique, rien ne l’est ?

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Prenons un exemple concret : le 11 septembre. En Histoire, les siècles ne commencent pas un 1er janvier XX00 pour se terminer un 31 décembre XX99 (je me souviens plus très bien si les siècles commencent les années 00 ou les années01). Non, on choisit un événement clé. Exemple : le XXe siècle est débutant en 1914. Donc le XXIe siècle débute le 11 septembre 2001 ? Pas si sûr. En 2002, l’historien René Rémond était venu faire une conférence au Mirail et estimait que le 11 septembre n’était pas une date charnière de notre histoire et je suis pas loin de le suivre. Il me semble, sans recul aucun, que les révolutions arabes pourraient être bien plus importantes en fin de compte. Evidemment, faut attendre la suite, je sais pas encore si on a assisté à l’étincelle de la mèche de la dynamite ou à un pétard mouillé. 

Et pourtant, ça bouge, ça craque, ça s’agite. L’Europe est submergée par le mécontentement de ses classes les moins aisées (y compris la classe moyenne) qui en ont marre de payer quand les plus hautes sphères paradent accrochées à leurs parachutes dorés. Que l’insécurité est partout et je ne parle pas de violence mais de vie en général : le monde s’effrite visiblement, notre nourriture nous empoisonne, nous sommes tous menacés par un capitalisme qui a perdu la tête. Où va-t-on ? C’est là que je suis intriguée car on sent un ras-le-bol, une envie d’autre chose mais une envie de quoi ? L’heure des révolutions va-t-elle ouvrir la porte à des fronts de gauche basés sur une égalité, un rééquilibre ou, au contraire, à des partis populistes qui cachent leurs élans xénophobes en expliquant qu’au fond, si on est dans la merde, c’est bien la faute des étrangers qui nous prennent tous nos sous. Et surtout les étrangers colorés, c’est qu’ils sont plus faciles à reconnaître et donc à montrer du doigt. Le dossier du Nouvel Obs sur la montée de l’extrême droite en Europe fait peur. La nouvelle image assez glamour du FN grâce à sa blonde Marine (entre nous soit dit, son relooking est effectivement une réussite, c’est pas pour autant que je voterai pour elle) me fait froid dans le dos vu qu’elle capte pas mal de déçus du sarkozysme, trop ancrés à droite pour choisir une alternative de gauche. 

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Où va-t-on ? Peut-être nulle part, l’année 2011 ne restera peut-être pas dans les mémoires en fin de compte. Si on prend 1956, par exemple, avec l’insurrection de Budapest et les émeutes de Poznan, on aurait pu croire au début de la fin du communisme. Cette année là aussi, il y avait eu la guerre de Suez. In fine, qui se souvient vraiment de 1956 ? Le monde s’emballe mais peut-être va-t-il se calmer, que nous continuerons notre train train et que rien n’aura vraiment changé. Ou nous sommes à l’aube d’un grand bouleversement. Comment savoir ? Le mieux est de garder les yeux ouverts. Dans 10 ans, on saura (ou pas).

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C’est bonne ambiance en ce moment

« Mais qu’est-ce qui se passe ? » comme dirait Zidane. Ces derniers temps, lire les infos devient particulièrement pénible et mauvais pour mes dents : à force de les grincer, je vais finir par les casser. J’ai la sensation d’assister à une corrida malsaine où les toréadors, aka le gouvernement et ses amis, secouent violemment les muletas du nationalisme et de l’identitaire. Sauf qu’à la corrida, c’est pas toujours le taureau qui perd.
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En vrac, on a eu la burqa, les Roms, les joueurs noirs de l’Equipe de France (leur couleur est moins dérangeante quand ils gagnent), les faits divers où à la fin, y a quelqu’un qui meurt ou qui termine mal en point. Côté positif, on a Christophe Lemaître, le Blanc qui court plus vite que les Noirs. Et comme on trouvait qu’on n’avait pas encore assez mis le feu, on rajoute sur ça une histoire de déchéance de la nationalité en cas de crime. Mais au vu de la longueur de la liste (et tous les jours, on en rajoute), je pense que bientôt, on va perdre la nationalité pour fraude dans le métro. Je suis mal, moi, je suis Française depuis tellement de générations qu’on ne sait plus (déjà au XIIIe siècle, côté grand-mère paternelle, on était là), je vais me retrouver apatride ! Ah mais suis-je bête, dans le métro, la bonne aryenne que je suis ne se fait pas contrôler. Et ça, ce n’est pas une mesquinerie. Vous regarderez, dans le métro, quand les contrôleurs sont dans les couloirs, ils n’arrêtent que les passagers les plus sombres, c’est un fait. Triste mais un fait.

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Bref, on nous monte joyeusement les uns contre les autres. Sur20 mn, tous les articles sur les faits divers ont les commentaires fermés à cause de trop nombreux débordements. Par exemple, tiens, dimanche, je me fais mes petites 5 heures de train, je lis l’appli 20 mn pour m’occuper, il y a un article sur un fait divers, le viol d’une jeune fille de 17 ans sur une plage marseillaise. Triste histoire mais voilà, commentaires fermés pour éviter tout débordement. Parce que Marseille, parce que forcément, bien qu’on n’ait aucun élément sur les agresseurs, on va partir du principe qu’ils étaient basanés. Et pas juste parce qu’ils ont passé la journée. Après tout, si Sarko veut déchoir les criminels de la nationalité française, c’est bien parce que ce sont tous des immigrés, c’est bien connu. Hum.


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Alors forcément, comme je connais un peu mon histoire, vous savez, la discipline que pas mal d’entre vous trouve totalement inutile, ça ne me rappelle pas de bonnes choses. Oui, je sais je commence à flirter avec le point Godwin, peu importe. Mais reprenons cette histoire de sport : trop de Noirs sportifs, un Blanc qui les surclasse et qui est porté aux nues… Bon, il a gagné, c’est bien, hein, je ne diminue pas du tout sa victoire mais bon, j’ai vu plus de photos de lui que de Myriam Soumaré pour illustrer cet championnat d’Europe. Bref, trop de commentaires sur la couleur des athlètes, pardon, mais ça m’évoque vaguement 1936… Puis tout ce populisme, la peur, le repli identitaire face à « l’envahisseur », ce n’est jamais bon signe. Et à trop secouer les chiffons rouges, ça finit par un drame. Laissez-moi vous conter une histoire, une Histoire, devrais-je dire. Cela se passe en avril 1987, en Yougoslavie, pays déchiré par les différents nationalismes puisque le seul ingrédient permettant à toutes ces ethnies de vivre ensemble avait été Tito. Mais il est mort et c’est tendu. Slobodan Milosevic se rend au Kosovo s’adresser aux nationalistes serbes qui se prétendent (à tort ou à raison) victimes de discriminations et de violences de la part des Albanais, majoritaires dans la région. Lors de sa visite, les Serbes sont victimes de jets de pierres de la part de policiers albanais. Milosevic s’est alors engagé auprès des Serbes à ce qu’ils ne soient plus jamais frappés. Sauf que l’histoire démontrera par la suite que ses pierres avaient été « négligemment » posées là par le staff de Milosevic. Ce dernier a ensuite été élu président de la Serbie et j’ose supposer que vous connaissez la suite.

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Alors certains me rétorqueront, à raison, qu’on ne peut pas comparer la Yougoslavie de l’époque à la France d’aujourd’hui, l’Histoire (tiens, encore elle…) n’est pas la même. C’est vrai. Certains me feront encore remarquer que la xénophobie ne date pas d’hier et que les Arabes et Noirs stigmatisés d’aujourd’hui, ce sont les Espagnols, Italiens et Portugais d’hier. C’est vrai aussi. Cependant, même si l’Histoire a pu nous prouver que la pression très forte sur une minorité ethnique ne provoque pas forcément une guerre civile, il n’en reste pas moins que je trouve le climat super malsain et ça ne me met pas à l’aise. De mémoire, Sarkozy se voulait le Président du rassemblement, il disait qu’ensemble, tout devenait possible. Ensemble, ça veut juste dire les gentils Français pure souche (au passage, petit quiz impromptu : le papa de Sarkozy est de nationalité… ? Oui, voilà…) ? Les gentils travailleurs victimes des vilains délinquants. Attention, je ne nie pas qu’il existe des problèmes et que dans certains quartiers, on en crève de ne plus oser sortir de chez soi. Un twitterer (je refuse de dire twittos) lançait un débat assez intéressant d’ailleurs, je le cite : « Je me demande si les gens qui vivent dans des quartiers où les flics ne peuvent plus aller, contrôlé par les dealers et où il y a une vraie insécurité font des blagues sur Sarkozy. J’aimerais savoir si les gens qui se moquent là sont concernés par ces problèmes ou s’ils regardent ça de leur tour d’ivoire bien pensante. Ceci n’est pas de provocation, j’aimerais savoir ». (posté en plusieurs fois). Bonne question. Pour ma part, je vis en banlieue familiale où les petits rebelles te disent pardon s’ils prennent trop de place sur le trottoir donc forcément… Après, je ne connais pas la vie en « vraie » banlieue, celle qui fait peur au JT. Justement, celle qui fait peur Au JT, je n’ai aucune idée de sa réalité. Mais si je m’en réfère à l’Histoire (lalala), l’insécurité dans les quartiers les moins huppés a toujours existée, depuis que l’homme est homme, j’ai envie de dire. La différence, c’est l’éclairage qu’on lui donne. En ce moment, j’ai l’impression que chaque fait tragique est exhibé sous une masse de projecteurs aveuglants. Non mais t’as vu dans quel monde on vit ? On ne peut plus avoir un accrochage en voiture sans se faire battre à mort, se baigner sans se faire doigter, prendre le rer sans se faire agresser… Evidemment que toutes ces histoires sont dramatiques mais à ne parler que de ça, ça donne des gens totalement effrayés. Et la dernière fois, ça nous a donné un Le Pen au 2e tour. Si on doit retenir une chose de l’Histoire, c’est qu’exacerber les haines pour arriver à ses fins n’a jamais donné quelque chose de bon.

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En attendant, j’aimerais bien savoir comment va Eric Woerth…

Pour le plaisir, je vous mets Corrida de Francis Cabrel, parce que l’écriture de cet article m’a donné envie de l’écouter et que comme il dirait « Est-ce que ce monde est sérieux? »
 


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