J’aime pas mon métier, en fait.

Il y a 10 ans, j’arrivais, fringante et un peu excitée dans une petite SSII dans le XVe arrondissement de Paris pour débuter mon premier CDI. Le 16 avril 2007 (oui, y a un an et 2 jours mais j’allais pas publier un article sur le travail un jour où on en travaille pas, justement). 10 ans plus tard, j’ai progressé, doublé mon salaire et je parle comme une sale marketeuse. 10 ans que j’essaie d’évoluer car j’aime pas mon métier.

démotivation pour aller au travail, j’aime pas mon métier

Absolument tout à fait ça

Pour ceux qui tomberaient ici sans me connaître, je suis marketeuse dans les réseaux sociaux : community manager, social media manager, social paid media manager, stratégiste, consultante et même responsable social intelligence dans les prés’ pour faire genre qu’on est beaucoup et qu’on a tous beaucoup d’importance. Bref, l’intitulé change, les missions aussi : j’ai fait du SAV, j’ai vendu des billets sponsorisés, j’ai animé des forums, blogs, réseaux sociaux, j’ai écrit des articles, des statuts, j’ai raconté que tout ça, c’était important. Je le raconte toujours d’ailleurs car je fais aussi de la formation

Sourire désabusé à la dernière du grand journal

Je l’ai déjà dit sur les trendhacks, j’ai toujours l’impression qu’on s’incruste dans la vie des gens qui n’ont rien demandé, on propose des statuts sans histoire où les gens vont répondre car ils résolvent toujours (mal) les équations, qu’ils sont prêts à vendre père et mère pour un goodie, qu’ils sont là à nous hurler dessus des fois qu’on pourrait résoudre leurs problèmes alors que certains sont de mauvaise foi… 

Paon bleu qui fait la roue

Je n’ai pas choisi cette voie, je n’ai pas fait d’études pour ça. Je m’en sors parce que je suis intelligente, bosseuse. Mais j’échoue parce que je ne suis pas politique. Ma carrière, c’est des tas de gens qui viennent me taper sur l’épaule en me disant que je suis brillante, “une pépite”, mais jamais de promotion à la clé, j’étais trop occupée à travailler, pas assez à me faire voir. Et honnêtement, ça ne m’intéresse pas. J’en ai marre de ces boîtes où le copinage et le brossage dans le sens du poil poussent vers le haut des gens moins compétents mais qui ont fait croire qu’ils étaient fiables et reconnaissants. Je suis fiable mais je suis indifférente. Et surtout, ceux qui jouent ce jeu là, on le sait qu’ils ont un talent inné pour poignarder dans le dos. Ce doit être la génération Macron… Oui, j’en refous une couche mais ça me rend malade que des gens votent pour un projet de société qui représente absolument tout ce que je déteste… Ce qui fait que j’aime pas mon métier.

Démotivation au travail

Je l’aime pas parce que je n’apporte rien à personne, parce que je ne fais que brasser de l’air, parce que je devrais me compromettre pour arriver à un niveau correspondant à mes compétences. C’est vain. Si je m’arrêtais de bosser demain voire même si mon métier disparaissait dans son intégralité, personne ne s’en rendrait compte. Je m’amuse juste quand je fais de l’analyse ou du social listening et que je dois trouver des leviers pour raconter mon histoire et que ça me fait un (tout petit peu) de socio.

Graphiques et statistiques

Alors évidemment, je cherche un échappatoire, vous imaginez bien. Depuis presque trois ans, je cherche une épiphanie car je me rends compte que de voler de boîte en boîte en grattant un peu plus d’argent et un titre de plus en plus ronflant ne me rend pas satisfaite pour autant. J’ai fait un premier stage de yoga pour essayer de déclencher une révélation, j’ai chopé des courbature et une humiliation.J’ai persévéré : yoga (avec d’autres profs beaucoup plus bienveillantes)(surtout, je suis in love du vinyasa), sophrologie, parcours Perspectives de l’APEC (que je conseille même si j’ai pas eu mon épiphanie mais ça fait sacrément du bien quand même). Et puis un jour, c’est venu, ça m’a frappée, la révélation tant attendue…

Coucher de soleil, derniers rayons

Je vous raconte demain

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La femme sur le net : injonction à l’invisibilité

Alors que les élections approchent à grand pas, l’ambiance devient salement toxiques pour tous ceux qui ne font pas partie de la classe dominante, c’est racisme, homophobie et sexisme à tous les étages. D’autant que les fachos désoeuvrés et violents (du moins avec leur clavier) prennent de plus en plus de place sur les réseaux sociaux, forums ou sites d’actu. Et quand tu es une femme sur le net, tu en prends salement plein la gueule quoi que tu dises. Même quand tu fais un innocent article sur les poches de jeans.

La femme sur le net

En 12 ans (!!) de visibilité sur les Internet, je dois avouer que je me suis pris mon lot d’insultes, de menaces, d’essayer de me faire peur pour que j’arrête de parler… alors que je ne dis quand même rien de bien problématique. Ah oui, je vomis la drague de rue, j’aime le sexe mais j’aime aussi choisir mes partenaires… Pendant longtemps, un oppresseur errait dans les commentaires en m’insultant régulièrement car je couchais sans me poser, honteux ! Répréhensible ! Curieusement, depuis que je suis entrée en monogamie, il a disparu. Sans doute parce qu’à ses yeux, je suis “rentrée dans le rang”. Vous allez me dire “non mais c’est qu’un troll, exagère pas non plus”. Non, il n’est juste qu’un maillon d’un système bien plus large.

machinerie rouages

Cette semaine, deux femmes journalistes spécialistes du jeu vidéo ont vécu l’horreur : Kayane d’un côté, harcelée par un fou depuis de longs mois, qui parvient enfin à le faire arrêter… en vain. La fille raconte cette histoire vraiment épouvantable et réaction d’un gros site de merde “ah bé fallait pas poster de photos en ligne, aussi”. En gros : si tu veux pas attirer l’attention d’harceleurs déséquilibrés, disparais. Vous allez me dire que le conseil vaut pour les hommes sauf que les hommes n’ont pas ce souci de harcèlement, voyez-vous. Eux, ils distribuent leurs photos de bite en érection à qui en veut (ou à qui n’en veut pas, d’ailleurs). Une femme paraît un peu coquine, un peu exhib sur les réseaux sociaux : avalanche de dick pics non sollicitées. Donc pardon, mais le discours “han mais ce sont les hommes et les femmes qui doivent se protéger”, c’est juste une immense hypocrisie. Oh hé, rappel : ce n’est JAMAIS la victime qu’il faut blâmer. L’autre journaliste, c’est Carole Quintaine qui a craqué cette semaine et montré ce qu’elle subissait au quotidien, des gentils “ta gueule grosse pute” dès qu’elle émet un avis sur un jeu vidéo, par exemple. Alors oui, vous allez me dire “han mais l’univers jeux vidéos, c’est un peu macho quand même, c’est pour ça”. Oui mais ta gueule en fait.

Silence tais toi

Parce que ce que subit Marie Kirschen, Kayane ou Carole Quintaine, c’est ce qu’on subit tout le temps et à notre petit niveau. Même moi, j’ai dû porter plainte dans le temps alors que j’ai même pas le 100e de la communauté de ces filles là. Dès qu’un tweet un tant soit peu féministe est repris, y a toujours un connard qui vient m’agresser, se contentant d’une insulte stupide dans le meilleur des cas, de menaces de viol, de violence voire carrément de meurtre ou injonction au suicide dans le pire. “Ouais mais roh, tu sais bien que les mecs, ils feront rien en vrai”. Alors déjà, non, je ne sais pas. Relire l’histoire de Kayane. Relire celle de Christina Grimmie, assassinée à 22 ans par un fan… Mais même si la personne qui menace de me défoncer n’en fera rien, faut arrêter de parler de troll à un moment : c’est trop souvent, jamais la même personne, on est au delà de la simple taquinerie. Surtout que vous, vous ne voyez pas trop le souci de recevoir des dizaines et des dizaines de messages violents mais quand vous êtes la destinataire,je vous jure que même si vous êtes solide, y a un moment où vous ne pouvez plus.

Femme épuisée

Les hommes pensent pouvoir distribuer la parole, ils montent des raids pour empêcher les féministes de parler. On cherche à nous remettre à notre place : à la maison, mutiques et à disposition. Et le pire ? C’est la complicité ou le silence d’autres hommes qui viennent nous expliquer alors qu’on vient de se prendre un violence symbolique inimaginable dans la tête qu’on exagère, que ce n’est que du troll et que ça vaut pas la peine de réagir, de laisser faire, que tous les hommes ne sont pas comme ça. Ca ne leur vient jamais à l’idée d’expliquer au “troll” qu’il ne doit pas agir comme ça non, c’est à nous, les victimes, de prendre sur nous et de, une nouvelle fois, fermer nos gueules. Et c’est là toute la magie de l’oppression masculine : assumée ou insidieuse, quand tu es une femme et que tu oses parler d’un sujet qui est soit réservé aux hommes soit qui dérange leur suprématie (des poches de jeans, on en est là), tu t’en prends plein la gueule mais s’il te plaît, fais le en silence pour ne pas heurter les mâles qui ne comprennent pas bien pourquoi tu vis mal des menaces de sodomie…

Femmes manifestent baillonnées

Du coup, la prochaine fois que vous aurez envie de dire à une femme de ne pas relever les attaques des “trolls”, réfléchissez bien. D’ailleurs, la prochaine fois que vous voudrez utiliser le mot “troll”, réfléchissez bien aussi… On est maintenant très loin de la fonction poil à gratter mais dans une réelle oppression.

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Le mariage pour tous ou la grande arnaque narrative du PS

Lundi, j’évoquais rapidement le mariage pour tous en disant que j’étais ravie que tout le monde puisse désormais se marier s’il en a envie. C’est ainsi que, si tout va bien, en 2018, j’irai au mariage de Isa et Joy (mes copines d’Irlande puis Canada). Une belle avancée oui, il était temps que la France franchisse le pas, une belle victoire de François Hollande et de son gouvernement avec en tête, la pasionaria Christiane Taubira.

Christiane Taubira, Minsitre de la justice des gouvernements Ayrault puis Valls

On en a entendu des horreurs pendant les débats sur cette loi… Il ne faisait pas bon être homosexuel-le dans ses moments là. Non parce que t’as beau avoir le cuir épais, entendre à longueur de journée que tu es une anomalie de la nature, un malade, un déviant ou en version soft que tu n’as aucune raison de vouloir te marier et que tu ne seras jamais capable d’élever un enfant, à un moment, ça finit par être *légèrement* agaçant. Personnellement, j’ai été assez choquée que tant de gens aillent manifester contre une loi qui ne leur nuisait en aucun cas et qui, de tout façon, ne les concernait même pas. J’ai eu mal à ma France, j’ai eu honte, j’ai eu envie de clamer à tous ses connards que ce n’était que l’ordre logique des choses et que leur avis, on s’en battait gentiment les steaks.

La vie est si simple quand on raisonne en binaire... je suppose

La vie est si simple quand on raisonne en binaire… je suppose

Et puis, il y a eu la digne Christiane, ennemie numéro 1 de la droite et extrême droite parce que le mariage pour tous,  parce qu’elle vidait les prisons, parce qu’en plus, elle était Noire. On s’est tous unis derrière Christiane, on a crié dès que quelqu’un lui manquait de respect, on s’est émerveillés de sa culture, de son intelligence, les journaux dressaient d’elle un portrait séduisant. Ouais, elle était grave hypée Christiane et son aplomb face à ses contradicteurs, surtout les plus cons (et y avait du level) rajoutait encore à l’admiration que nous avions pour elle et son noble combat pour l’égalité.

Christiane Taubira à l'assemblée nationale

Sauf que y a arnaque. Déjà, malgré toute ma réelle sympathie pour Christiane, elle ne s’était pas opposée à l’incarcération de huit syndicalistes de Goodyear ni à l’amende que dut payer un professeur à Avignon pour avoir fait une vanne sur Valls. Certes, la justice est indépendant mais les plaintes dans le cas de Goodyear avaient été retirées… On reste à se poser des questions. On veut bien donner quelques droits aux gays mais on va pas trop aller sur la gauche non plus, hein…

affiche du frond de gauche, statut de la bastille et usine

Mais le foutage de gueule n’est pas que là, reprenons une autre loi qui a suscité (et suscite encore) colère, rage, manifestations massives : la loi travail. Alors que les débats à l’assemblée s’annonçaient compliqués, Valls n’a pas tortillé : 49.3.  Trois putain de fois. Alors que pour le mariage pour tous, on a bien laissé le débat traîner en longueur, les amendements les plus farfelues être débattus au coeur de la nuit, Christiane exhibée à toutes les sauces pour bien nous montrer que notre gouvernement est bien de gauche et qu’il se bât pour les minorités opprimées. Ils ont laissé la situation se tendre pour prendre la place de héraut (et non Ayrault) de la cause, tant pis si les fachos décidaient que les “LGBT” étaient désormais la nouvelle cible, tant pis si quelques gays se faisaient péter la gueule gratos au passage. Regardez comme elle est courageuse Christiane, regardez comme on tient nos promesses malgré l’adversité.

mariage pour tous, manifestation à la Bastille, rainbow flag

Alors vous allez me dire que la différence entre le mariage pour tous et la loi travail, c’est qu’on n’avait pas le même Premier Ministre et que Valls, ce n’est pas Ayrault et donc qu’on ne peut pas comparer la situation. Certes mais vous ne m’enlèverez pas de l’idée que la lutte présentée comme courageuse de Christiane sur une loi qui devait arriver car ce n’est qu’une évolution logique de la société, c’était juste un argument marketing du gouvernement pour faire croire qu’il avait quelques valeurs de gauche. Ce même gouvernement qui emprisonne les syndicalistes et enlève toujours plus de droits aux salariés… On a volontiers sur-médiatisé les opposants au mariage pour tous, on leur a donné une visibilité hors norme (bien plus qu’aux manifestants à la loi travail qu’on présentait surtout comme des sauvageons violents qui ont blessé un flic, une fois, brûlé une Porsche et cassé trois vitrines), on nous a fait croire que le Moyen Âge était de retour… Et on a réussi à donner vigueur et légitimité aux fachos qui ont trouvé une victime toute désignée (Taubira) et une cause un peu fantoche derrière laquelle se réunir.

Couples gays et lesbiens sur les gâteaux de mariage

Et je sais déjà que quand la campagne va débuter (faut vraiment que je m’expatrie avant, ça me saoule déjà), ce sera brandi comme une victoire, ce mariage pour tous, un label “gauche et socialiste” alors que non. Je ne tomberai pas dans le piège. Jamais de la vie je vote PS en 2017, quel que soit le casting du second tour, c’est bon, j’ai déjà donné. Votre narration d’un gouvernement courageux face aux obscurantismes, je n’achète pas. Parce que j’ai compris que vous aviez allongé la sauce à l’infini pour constituer une belle histoire mais j’espère que les citoyens ne mordrons pas à cet hameçon. Ni à celui du sursaut républicain face à la menace bleue marine (qui sera très certainement au 2nd tour), car si elle est là aujourd’hui, c’est bien grâce à vous (droite comme gauche)

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Manifeste pour tweeter autrement

Si je devais faire un graphique de ma journée type comme Marissa, je pense que je devrais mettre un segment conséquent intitulé “ tweeter ”. Je tweete et retweete à mort, c’est ma radio, ma télé, mon regard sur le monde. J’ai beau ne plus avoir la télé depuis 2 ans, je ne rate absolument rien de l’actu alors que des fois, ça me ferait des vacances. Pire, je suis parfois un des premiers relais d’une new tombée. Et ça, je dois arrêter, essentiellement parce que c’est anxiogène.

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Avez-vous entendu parler du vol AH1020 ? Ce vol d’Air Algérie a décollé d’Alger pour Marseille le 06 août dernier. Suite à un problème à bord, il fait demi-tour et… disparaît des écrans radar. Alerte et branle-bas de combat, Twitter s’agite, reniflant déjà l’odeur du sang et du crash… sauf que l’avion se repose à Alger quelques instants plus tard, tout le monde va bien, merci.

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Avez-vous entendu parler de la prise d’otage dans une église à Châtelet le samedi 17 septembre ? Je me connecte sur Twitter et gros coup de pression : une prise d’otage à Châtelet, police et armée débarque, les infos fusent, on parle de coups de feu… sauf qu’en fait non, ce n’est qu’une fausse alerte. J’ai donc assisté en direct à un drama imaginaire collectif.

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Depuis quelques temps, je suis prudente dans mes RT : plus rien tant que je ne suis pas sûre de la réalité des faits. Histoire de ne pas planter un avion qui s’est posé sans soucis sur un aéroport ou annoncer un attentat qui n’a jamais eu lieu, entre autres. Et puis, j’ai réfléchi et je me suis dit que je devais aller plus loin. Qui suis-je ? Pas l’AFP. Pourquoi donc retweeter une info sur un attentat en Turquie ou au Pakistan (pays dont on suit globalement moins l’actualité) ? Quel message je veux faire passer ? “Regardez ce qu’il se passe ailleurs, c’est terrible” ou ne suis-je pas finalement en plein snobisme géopolitique dont je parlais y a quelques temps ? Oui, mesdames, messieurs, je suis trop au courant de ce qu’il se passe dans le monde, tu as vu ? Mais c’est quoi ma valeur ajoutée là-dedans ? A part faire crouler mes followers sous une avalanche de news angoissantes (parce que non, j’ai pas l’exclusivité des RT d’infos sur le monde) ?

angoisse, anxiété, paranoia

Je suis certainement ce qu’on peut appeler une retweeteuse compulsive, je dois avoir en moyenne 3 RT pour 1 tweet de ma personne mais finalement, quel est le but ? Soit diffuser un avis que je partage. Quelqu’un a dit quelque chose à laquelle j’adhère donc plutôt que de réécrire la même chose. Voire dans certains cas donner de la visibilité à la parole d’une personne que je trouve plus légitime que moi sur un sujet donné. Par exemple si une personne a fait des études sur un sujet et fait référence, son avis vaudra forcément plus que le mien (quoi qu’on pourrait débattre de l’argument de l’autorité mais pas aujourd’hui). Parfois aussi, je lis des trucs que j’ai envie de partager parce que je trouve ça intéressant. Et encore, je me bride car souvent, quand je lis des trucs dans Courrier International, je suis en mode “mais troooooop, je vais le prendre en photo et le poster sur Twitter !” Là aussi, hier, je lisais un court reportage sur Kotor dans Society et j’avais envie de le partager parce que 1/ j’y suis allée et 2/ je n’avais pas du tout idée de ce qu’il s’y passait, niveau mafia locale. Dans ce cas, le message n’est pas “zavez vu comme je me préoccupe trop du sort du monde, bande d’incultes nourris au Hanouna ?” mais plus “oh ben dis donc, je viens d’apprendre ça que je ne savais pas, c’est intéressant”. Bon, j’avoue que parfois, j’ai des “débats” sur Twitter et si des articles qui vont dans mon sens sortent à ce moment là, je les balance joyeusement à la gueule de mon contradicteur (qui, curieusement, m’unfollow juste après ou me bloque, c’est selon). Je RT parfois comme je faisais des citations dans mes copies de philo “moi je pense ça et d’ailleurs j’ai raison, Descartes et Hegel, ils disent pareil !”.

carton citation chewbacca

J’ai raison, la preuve : Chewbacca pense pareil

Si l’apport de la connaissance est effectivement une bonne façon de RT, il faudrait qu’on arrête tous de se prendre pour BFM et consort, à s’entretenir les uns les autres dans une bulle terriblement anxiogène. Non parce que quand je me connecte à mon Twitter et que je vois en boucle des tweets et retweets sur le dernier attentat ou le dernier bombardement en Syrie qui a encore tué des enfants (parmi une bonne centaine de civils), ça me donne juste envie de renoncer définitivement à ma foi en l’humanité. Je ne dis pas qu’il faille ignorer les mauvaises nouvelles : ne pas vouloir savoir qu’il y a encore eu une centaine de civils massacrés sur l’autel d’intérêts qui ne le concernent même pas in fine, ça ne leur rendra pas la vie. Mais si je veux suivre l’actualité, je n’ai qu’à m’abonner au Monde, à l’AFP ou qui vous voulez. Si je veux l’information, je vais la chercher et je pense que ça marche pour tout le monde pareil. Du coup, cessons de répéter 100 000 fois la nouvelle du  même drame ad nauseum : personne n’a besoin de lire 100 fois la même news déprimante pour en mesurer l’impact… et personne ne nous discernera le badge du bon petit suiveur d’actualité. Partager des analyses, oui, partager des dépêches AFP déguisées en articles de news, est-ce que vous pensez vraiment que vous êtes le seul ou la seule à être au courant que le monde s’écroule ?

the fight club, scène finale

A partir de maintenant, je ne retweeterai donc plus que des analyses pertinentes et un peu plus à froid… et évidemment les meilleures vannes et des animaux mignons parce qu’un peu de pommade sur tous nos maux ne fera jamais de mal. Sur ce, je vous quitte avec cette petite loutre… rapport à la pommade, donc.

Maman loutre et son petit

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Le deuil sur les réseaux sociaux

2016 débute sur les chapeaux de roue avec non pas un mais deux décès de people. A ma gauche, Michel Delpech, chanteur gravement malade depuis des années et à ma droite, Michel Galabru, 93 ans. Deux disparitions qui sont donc loin d’être surprenantes ou choquantes contrairement à celle de Jules Bianchi, par exemple, décédé à 25 ans en pleien course. Et pourtant, tout le monde s’est mise à pleurer sur ses réseaux sociaux “oh non, il est mort !”. Heu, oui ?

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En général, quand un people meurt, il y a une course à celui qui postera le RIP en premier, celui qui sera le plus rediffusé, qui gagnera trois followers parce qu’il a dit en premier que Jean People est mort. Du coup, se multiplient les “oh non Jean People !”, en espérant que personne dans votre entourage n’aura la primeur de l’annonce du décès.

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Mais il n’y a pas que ça… Passées les 15 premières minutes (ça va très vite sur les réseaux sociaux), abandonnez l’idée d’avoir la primeur du RIP, à moins de pleurer sur un candidat éliminé au premier tour de The Voice Italie donc totalement inconnu par chez nous (déjà que je suis pas sûre que le nom des candidats des premiers éliminés de The Voice vous restent bien en tête…). Et pourtant, les RIP et autres “oh non” continuent de déferler dans votre timeline, accompagnés d’émoticônes qui pleurent. Pourquoi tant de rage et de désesoir ? Réponse : pour faire partie d’une communauté qui partage un sentiment à un moment donné, tout simplement.

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J’ai toujours eu du mal avec l’expression de ce genre de sentiments sur les réseaux sociaux… et dans la vie de manière générale, d’ailleurs. Je n’ai jamais pleuré un people sur les réseaux sociaux et même lors des attentats, je n’ai pas donné mon sentiment parce que… dans le cas des attentats, je n’ai pas senti le besoin d’exprimer ma peine ni de la mettre en scène et pour les peoples… Ben ça me touche pas vraiment, en fait. Autant j’ai de l’empathie pour leur famille et je n’irai pas faire de jeux de mots dégueulasses pour gagner 3 RT et je me retiendrai de cracher à la gueule des cadavres des pires ordures (essentiellement parce que je vois pas trop l’intérêt de poster des “ah, il est mort Marc Dutroux, bon débarras”… oui, merci, c’est très intéressant), autant ces gens ne font pas partie de mon quotidien. Oui, ça pique parfois quand le décédé était jeune, oui il peut représenter une partie de mon enfance ou une partie de ma vie, ça peut me chagriner mais me rendre triste au point que je me sens obligée d’exprimer cet état sur les réseaux sociaux et communiquer avec les autres attristés, non.

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Mais le point qui me fascine le plus, ce sont les fans de la dernière heure qui, soudain, se sentent triste de la mort d’un people dont ils n’avaient strictement rien à faire 2 jours plus tôt. Je veux dire, je suis tout à fait certaine que beaucoup estimaient que Michel Delpech était un monsieur très sympathique mais si je vous demande de citer un de ses titres, vous allez me dire “Pour un flirt” puis… ? C’était un peu pareil pour Michaël Jackson, j’avais légèrement été fatiguée par les “han non, trop triste, je vais réécouter ses chansons” de la part de personnes n’ayant pas écouté du Jackson depuis des années. J’ai tellement été saoulée que j’ai plus écouté de titres du monsieur pendant au moins deux ans. A se demander s’il n’y a pas une sorte de hype de la mort : pour relancer la vente de tes disques… ben meurs.

Michael-jackson

Bref, pourquoi exprimer sa tristesse suite à un deuil sur les réseaux sociaux ? Pour gagner un peu de visibilité ? Pour intégrer une communauté (certe éphémère) ou parce qu’on n’ose pas dire qu’on s’en fout car faut pas dire du mal des morts ?

 

Choisissez votre camp

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“Je” est une marque… ?

En tant que consultante social media, je réalise souvent des veilles sur mes réseaux sur le sujet afin de ne pas trop être larguée. C’est un peu l’inconvénient de ce métier : tu pars en vacances 15 jours et quand tu reviens, tout ce que tu croyais connaître sur les réseaux sociaux n’existe plus. Un jour, on se lèvera et Twitter ne fonctionnera plus en 140 caractères. Parmi les quelques articles parvenus naturellement jusqu’à moi, un article qui m’a passablement énervée : pourquoi il faut supprimer de votre liste les amis passifs.

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Dans les faits, j’ai une gestion assez inexistante de ma liste d’amis : je supprime rarement les gens et je ne sais jamais combien j’ai d’amis dans ma liste, notant parfois que je n’ai pas vu passer une personne depuis un bail. Ah tiens, pourtant, nous sommes toujours amis. J’ai supprimé quelques exs ou assimilé récemment vu qu’on ne se parlait plus et qu’à part faire ma voyeuse et cancaner, ces amitiés ne me servaient à rien. Et les cancans ne font pas de moi une personne meilleure. Bref, je ne sais pas qui sont mes amis et mon Facebook est paramétré pour que seules certaines personnes voient mes rares mises à jour. En gros, à part quelques photos de vacances sur lesquelles j’apparais très rarement, y a rien à voir, passez votre chemin.

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Et pourtant, l’article précédemment cité m’explique que je dois supprimer mes amis inactifs car… ils nuisent à mon reach (nombre de personnes atteintes par une publication pour les non initiés). Ouais, à cause de ces fantômes, tous mes amis ne verront pas mes belles photos de vacances, c’est intolérable. Mais… pardon mais ça vous importe, vous, que tous vos amis voient vos statuts ou bien ? Je veux dire : si je dois partager une news importante genre, je sais pas, “hé salut, je suis en cours de reproduction avec mon chéri, livraison du colis dans 3 ou 6 mois” ? ou éventuellement un “hé salut, je m’expatrie car j’ai trouvé un super boulot à l’étranger”, mes amis, les vrais, seront au courant bien avant que je le balance sur Facebook et heureusement ! Je serais pour ma part bien vexée que mes amis proches m’annoncent une grosse news via Facebook et ne me l’aient pas dit avant. C’est même à ça que je mesure ma proximité avec mes “amis” Facebook. Si j’apprends leur mariage, leur grossesse ou expatriation par le réseau, c’est que je ne suis pas leur amie, au mieux une pote ou une camarade, voire une lointaine connaissance. Je mets un like, poste un “waouh félicitations” et la vie va. Et si je rate la news ? Et bien, vu que ce n’est pas une personne que je vois suffisamment régulièrement pour me rendre compte que sa circonférence abdominale a cru de façon exponentielle ou que leur adresse principale ne se situe plus en France, ce n’est pas si dramatique. Bien sûr, il y a cette fois où je suis allée boire un verre avec Simon et Philippe, anciens collègues de TGGP et où j’ai appris que le premier avait eu des jumeaux et que le second était marié mais n’ai-je rien vu sur le sujet parce que Facebook ne m’avait pas distribué la news ou parce que je n’étais pas connectée au moment où c’est passé ? Nul ne le saura jamais.

La seule raison d'annoncer sa grossesse sur Facebook : faire une photo rigolote

La seule raison d’annoncer sa grossesse sur Facebook : faire une photo rigolote

Mais ce qui m’interroge là dedans, c’est ce besoin presque maladif de visibilité. Oui, sur Facebook, on publie des news pour se la raconter (on va pas se mentir). “Héhé, regardez ce que je suis en train de vivre, ma vie est tellement plus belle que la vôtre, ahah !”. Certains font un peu de promo pro “coucou, je cherche des freelances”, “coucou, j’ai publié des articles”, “coucou, j’ai eu une promotion” mais si tu ne te sers que de Facebook pour ce genre de publication, c’est que tu ne maîtrises pas très bien les réseaux sociaux. Pour le pro, LinkedIn fait bien le job et Twitter te dnne une visibilité publique, sans parler du partenariat avec Google qui prend désormais en compte les tweets dans les résultats de la recherche (oui, pour le moment, juste ceux des big big comptes mais ça va finir par arriver pour tout le monde).

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Et puis, “je” est-il appelé à devenir une marque ? Doit-on gérer nos réseaux sociaux en fonction d’objectifs, en fonction d’un reach ? A ce niveau là, ne postez pas vos mises à jour à certaines heures de la journée pour être sûrs d’être vus, hein ! Poste-t-on pour le plaisir de partager un moment, un bonheur, une bonne nouvelle ou juste pour se la raconter sévère auprès du plus grand monde, y compris Caroline, la fille avec qui on a partagé un goûter en maternelle et Salim, le stagiaire d’une ancienne boîte ajouté pour le mettre admin d’une page Facebook ? Je trouve ça assez déprimant, assez parlant d’une période où les réseaux sociaux ne sont qu’un outil pour nous vendre comme un vulgaire yaourt. Vas-y, like ma grossesse, mon mariage, mon expatriation, mes vacances, donne-moi l’illusion d’être une Rihanna et que mes faits et gestes t’intéressent et font réagir le plus grand nombre… Car j’aurai optimisé mon reach en supprimant ces vilains amis qui ont l’audace de ne pas se connecter régulièrement.

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J’ai testé pour vous les soirées célibataires

J’ai longtemps fui les soirées « drague entre célibs » car j’avais peur. Peur d’entrer dans un univers de désespérés traquant l’amour comme des fous. Peur de devoir refuser les avances d’un inconnu sans sortir la carte du « ah désolée, j’ai quelqu’un ! » Beaucoup moins vexante qu’un « tu me plais pas du tout, salut ! ». Mais bon, vu que j’avais rien de prévu dimanche, j’acceptais l’invitation d’Anaïs pour une soirée dédiée à la rencontre entre célibataires.

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Au début, j’ai rien compris. Je donne mon nom et on me dit « tu passes l’apéritif avec Arnaud! » Je…heu…hein ? J’avais pas compris que c’était du speed dating, moi… Je me retrouve face à une belle baraque atteignant facilement les 1m90, le mec m’accueille chaleureusement, me présente le gars à côté de lui (son pote ?) et m’annonce « je vais vous chercher des verres ». Ouh la il me vouvoie, je suis où là ? En fait, le vous s’adressait à l’autre garçon et à moi et Arnaud n’était pas mon date mais le référent du groupe. Aaaaaah !

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Pour explication : comme on sait que les gens se parlent pas trop si on ne les encourage pas, on est dispatché dans différents groupes avec un référent qui crée le lien. Les gens de mon groupe arrive. Que des filles. Heu… « Normalement, les groupes sont paritaires, 5 filles et 5 garçons ! ». Oui ok donc j’ai choisi la soirée anormale car nous voilà 7 filles pour 2 garçons… Un 3ème gars arrivera un peu plus tard mais je n’ai pas pu lui dire bonjour car… J’ai été verrouillée.

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Ça m’arrive assez souvent en soirée et c’est chiant. En gros moi fille gentille, polie donc les gens commencent à le parler et petit à petit, je me retrouve isolée avec cette seule autre personne et plus moyen de m’échapper. Là, c’est le garçon non référent qui m’attrape. Il est gentil, je dis pas mais je me sens pas du tout attirée par lui, je me sens à des années lumière de sa vie. Non mais il me dit que d’ordinaire, il se couche à 22h30… Moi quand j’éteins à 1h, je m’envoie des confettis pour le féliciter de me coucher si tôt… Le groupe apéro se referme, on n’en fait plus partie. Dommage, y avait une fille qui avait l’air cool, j’aurais aimé discuter avec elle.

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2nd round : le dîner en placement libre. Je pars chercher à manger, je papote vite fait avec la fille cool et quand je retourne dans la salle : alléluia ! Anaïs avait repéré mon manteau et prend la place à côté. Nous sommes 5 à table : Anaïs  donc, une fille nommée Rose, un garçon nommé Gabriel, mon geôlier et moi. Première partie du repas, je suis tiraillée entre Gabriel, Rose et Anaïs d’un côté et le geôlier qui continue d’essayer de m’enfermer dans un dialogue au sens premier du terme. Je lutte, je suis limite couchée sur Anaïs tellement je tourne mon corps vers le centre de la table pour tenter de lancer des conversations générales. Anaïs et moi accrochons bien avec Rose, Gabriel finit par nous quitter pour aller à la table derrière rejoindre sa target.

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Entre alors en scène Bertrand, référent qui booste les conversations et nous donnent deux ou trois astuces que je vous réserve pour un « faut-il draguer« , ma fameuse série que j’écris pas (on atteint presque le naufrage de « une histoire d’amour » pour dire)(oui, je fais du link, j’essaie de reprendre mes séries abandonnées en leur conférant de la visibilité)(j’ai énormément progressé en pipeau marketing, un truc de dingue). C’est assez intéressant d’avoir soudain un mec bien dans ses baskets qui a la tchatche facile, on se marre bien, on joue un peu à s’arroser quand on se croise aux toilettes (enfin, au lavabo des toilettes, n’allez pas imaginer une golden shower), on se fait 30 secondes de frottis frotta en dansant et basta.

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Ah oui la danse, parlons en. La soirée se termine sur une partie dansante à la playlist assez éclectique mais assez mariage finalement. Sta dire qu’à un moment, ils nous passent un grand classique du genre, je joue les Cassandre « dans 2 mn, on a du Cloclo ! ». Ben gagné ! Bon j’avais ensuite parié sur Émile et Images, c’était YMCA. Mes origines toulousaines sans doute… Mais ça, j’ai bien aimé de shaker un peu mon booty. Bon puis j’avais bien aimé le vin avant alors bon…

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Conclusion ? J’ai commis quelques erreurs de débutante, me suis sentie un peu larguée mais j’ai fini par retrouver mes marques et mon bagout. Du coup, ça mérite de retenter l’expérience. Et j’ai pas tout perdu, j’ai filé mon numéro à Rose. Non que je vire lesbienne bien que Rose, elle ressemble à elle :

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De la bombasse quoi. Mais non, on s’emballe pas mais avec sa pote Oceane qui nous a rejoint en fin de soirée, Anais, elle et moi, on va se faire un afterwork. Mmmm, 4 filles qui vont siroter un cocktail en guettant les mâles, ça me rappelle quelque chose…

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La minceur des people, tout est relatif

Régulièrement, je lis la presse féminine et depuis quelques temps, je constate un truc étrange… Les commentaires sur la sveltesse (ou non) des célébrités féminines. Bon, masculines aussi mais moins puisque qui dit magazine féminin dit lectRICE dit on se compare aux stars. Enfin, normalement.

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Or, la majorité des stars sont belles et athlétiques. Forcément, moi, j’aurais 3h de sport par jour, je serais ultra goalée aussi. Mais voilà, ma profession ne m’impose pas d’être d’une sveltesse exemplaire et si je veux faire du sport, je suis priée de le faire hors heures de bureau. Je peux même pas négocier, je ne rencontre quasi jamais de clients et
mon poids de base ne menace pas les chaises du bureau. Alors du coup, dès qu’une star a un gramme de cellulite et je dis bien un gramme, on la montre du doigt en ricanant. Des fois même quand on suppose que la star a pris 3.5 g pendant le réveillon (cf cet article hallucinant). Haaaaaaaaaaan Britney, elle est grasse et Demi Moore aussi (enfin, plus maintenant) et Rihanna, et Lady Gaga et je ne sais plus qui…

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Vous allez me dire, quand son corps est un outil de travail (enfin, façon de parler), c’est légitime qu’on se permette de critiquer, même si ce n’est pas très fin. Surtout quand la différence entre la version naturelle et la version photoshopée s’élève à 10 kg à minima. Ok, admettons. C’est vrai qu’on pourrait y voir une volonté de montrer la réalité, que les chanteuses n’ont pas 3 mètres de jambes, blablabla. Mouais mais je suis pas sûre de saisir l’intérêt de fustiger le moindre gramme de graisse quand même, ce n’est pas un bon exemple pour la jeunesse.

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Ah mais si, justement, je suis mauvaise langue ! Les magazines ont décidé d’aller dans la décomplexion et de nous mettre des femmes avec des formes. Ouiiiiiiii ? Là, je pouffe un peu. Dans le même numéro, on nous colle une nana taille 42 nous expliquant qu’elle est mannequin grande taille mais trop belle, elle s’assume, yahoo ! Mais à côté, on a droit à tout un tas de mannequins tellement photoshopées qu’on se demande encore comment leurs immenses jambes si fines peuvent tenir leur cage thoracique. Mais surtout, j’ai l’impression qu’on applaudit toutes les excentricités des + de 36 (la taille, pas l’âge) car elles s’assument.

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Cas concret : Beth Dilo des Gossip. Alors là, tout le monde crie au génie, à la meuf trop cool parce qu’elle est obèse (oui, je suis désolée mais là, oui)mais se fringue hypra moulant, elle s’assume. Non mais pardon mais c’est atroce, c’est vulgaire, c’est moche, rien de ce qu’elle porte (fringue ou maquillage)ne la met en valeur. Prenez Marianne James, par exemple, elle, elle sait se mettre en valeur. Je l’ai croisée une fois dans la rue, elle est juste sculpturale, il n’y a pas d’autres mots. Beth, on dirait un rôti. Mais le pire dans l’histoire, c’est que quand Britney Spears porte une tenue similaire, ça rit grassement sur sa cellulite. Politiquement correct, vous avez dit ?

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Parce que oui, j’ai la sensation que derrière tout ça se cache une immense hypocrisie qui finir par me crisper légèrement. Se moquer des filles sveltes, c’est trop cool, allons y gaiement. Mais les autres, oh bah non, alors, louons leur féminité, leurs rondeurs en des termes tellement édulcorés et métaphoriques qu’on sent que le sujet met vaguement mal à
l’aise…


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J’ai lu quelque part que le magazine idéal serait celui où toutes les femmes seraient traitées de la même façon (et avec la même visiblité). C’est pas gagné. En attendant, j’ai pas compris si je devais être très mince ou très grosse…

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En tout bien, tout honneur, je sombre




(On peut aussi écouter Emilie Simon à qui j’ai piqué le titre)

Chez TGGP, on peut dire que j’ai souvent bu la coupe jusqu’à la lie et plusieurs fois, au cas où j’aurais cru à mon salut. Et j’y ai cru en plus.




Alors que la situation devenait critique chez TMF, je décide de me préoccuper plus de Joséphine et Gossip, deux sites où la communauté est moribonde. En fait, ces deux sites ont eu de beaux jours communautaires par le passé, des forums hyperactifs mais Joséphine a été tué par un changement brutal du forum, passant d’un forum complet à un forum sous développé made in TGGP. Faut dire qu’un chef de projet forum avec quasi aucun développeur sous ses ordres, on ne peut pas lui reprocher grand chose. Mais en gros, quand je suis arrivée à mon poste, sur les forums, nous n’avions ni avatars, ni signature, ni messagerie privée. Donc les internautes de Joséphine, perdant tous les outils de base d’un forum, s’en sont tous allés chez Doctissimo. Quant à Gossip, le site a été tué le jour où le nouveau prestataire de modération a
suspendu tous les messages évoquant des rumeurs sur des personnalités françaises, sous prétexte qu’on risquait un procès en diffamation. Ils se sont donc tous barrés Dieu seul sait où.


Donc moi j’arrive sur ces sites dévastés et pendant longtemps, je m’en occupe quand il me tombe un oeil, en gros, me concentrant sur TMF. Mais quand le vent a commencé à tourner, j’ai compris qu’il était temps de changer de fusil d’épaule. Mais que la tâche est rude.

Commençons par Gossip, le pire des cas je crois. Pendant tout l’été, la stagiaire et moi essayons de faire prendre vie à ce forum, on est un peu les scouts qui soufflons désespérément sur les braises pour faire partir le feu. Je poste des messages à tout va, commente les éliminations de Secret Story (que je ne regardais pas), Koh Lanta, Paris Hilton, Jennifer Aniston, Amy Winehouse, tout y passe. Des réactions de ci de là, rien de transcendant. Mais là, le nouvel éditeur entertainement a une grande idée : on va prendre Cinemart, MagTV (notre site sur un journal télé, je pense que même les plus inattentifs avaient suivi) et Gossip et on va tout mettre sur un seul et même site. Ouaiiiiiiiiis ! Résultat : Gossip perd toute visibilité et la moitié de mes pseudos ne marchent même plus.  Et oui, ils ont été perdus, comme ceux de pas mal d’internautes. Là, c’est le seau d’eau sur les braises, c’est fini.  Je poste quelques conneries de temps en temps mais je ne peux strictement rien faire d’un forum qui n’a aucune visibilité sur son propre site.


Ma planche de salut : Joséphine. J’ai un bon feeling avec la rédac chef Patricia et je trouve le site plus riche en contenu que TMF. Joséphine, je t’aime. Je fais donc un peu vivre le forum, fais mes mises en avant, tout va bien. Je suis conviée à une réunion puis plus rien, soit. Un jour, Simon reçoit un coup de fil de l’éditrice qui gère le site, Vanessa : « mais qui s’occupe de la partie communautaire ? Ah, c’est Nina… Et pourquoi elle vient jamais en réunion ? » Et Simon de lui répondre : « Ben sans doute parce qu’elle n’est jamais conviée ». Moi, je veux bien venir aux réunions, faudrait juste me dire qu’elles existent (vu qu’il n’y en a jamais eu pour Gossip et plus sur TMF). Donc je vais à toutes les réunions, je bosse sur le site mais apparemment Vanessa a du mal avec moi. Par exemple, elle est assez mécontente du fait que je mets en avant des sujets cul sur la home du site parce que ça ne correspond pas au lectorat. Sauf que sur le forum, il n’y a que ça. J’ai beau lancer des sujets éducation, beauté, santé, mode, y a que le sexe qui les intéresse. Un jour, je rentre de réunion Joséphine, je m’installe à mon poste. 15 mn après, coup de fil de Vanessa à Simon : « Non mais les sujets mis en avant sur Joséphine, ça va toujours pas! ». En l’occurrence, ça allait très bien mais là, je me suis franchement énervée : elle m’a eue en face pendant une heure et demie et n’a pas été capable de simplement me le dire ?



Ultime coup de grâce. Philippe me demande s’il y a des blogs partenaires sur Joséphine, je lui réponds que non mais que c’est une idée que j’ai en tête. Il me parle d’une marque qui serait intéressée. Ok, Nina, c’est le moment de prouver que tu n’es pas la pauvre idiote incompétente que l’on semble croire que tu es. Je passe donc deux bonnes heures de mon
week-end à préparer un power point de base sur ce qu’on pourrait faire pour les blogs partenaires, je fabrique même un joli design aux couleurs de la marque intéressée pour donner une idée de ce qu’il est possible de faire. Optimiste, j’envoie mon doc le lundi matin à la première heure. Réponse à peine dix minutes plus tard de Vanessa : « Non, on a déjà un pack chat+forum sur les parentaux, on ne va rien proposer de neuf ».

Heureusement que j’avais un entretien le lendemain, je crois que j’en aurais pleuré sinon. Là, au moins, c’était clair : en temps que community manager, je suis priée d’exécuter et de fermer ma gueule.

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