L’amour et le patrimoine

Depuis que je suis en couple monogame, je suis assez friande des histoires de rencontre des autres vu que moi, je n’en ai plus et que mes récits croustillants nécessiteraient de rentrer beaucoup trop dans mon intimité, ce que mes amis ne goûteraient pas forcément. Non mais c’est vrai, moi, j’ai une imagination très visuelle par exemple donc si tu me racontes par le détails une partie de jambe en l’air et que je connais les protagonistes impliqués… Ben c’est comme si j’avais fait ma scopophile… Donc je suis désormais les aventures d’une copine, que nous appellerons Katel (parce que j’ai envie) sur les sites de rencontres. Et au bout de quelques rendez-vous, Katel en a déjà marre d’un truc : de la drague par le patrimoine.

homme_argent_exhibition_patrimoine

Katel a décidé de passer la 2nde pour trouver un homme, pour une nuit ou pour la vie, c’est selon. ne suivant pas mes conseils, elle squatte Adopte Un Mec, site que je méprise assez car j’ai énormément de mal avec la vision ultra machiste du truc : “homme : balance ton salaire et tes possessions, femme : balance ta culotte et tes pratiques sexuelles”. Et ça veut se faire passer pour “féministe” après, laisse-moi me marrer ! On dirait que ça a été conçu par Hugh Hefner mais passons. Elle cale quelques rencards à des hommes et c’est festival : entre les fachos assumés (!!) et les “salut, je m’appelle Antoine et je viens d’acheter un 70m² dans le Marais et toi ?”, les bonnes soirées sont rares. Oui parce que curieusement, elle s’est tapée un bon paquet de “salut, je viens d’acheter un appart” alors qu’elle ne demandait rien sur le sujet vu qu’elle s’en fout. Du coup, je me pose la question : est-ce que draguer avec son patrimoine, ça marche vraiment ?

pretty woman, l'histoire d'amour entre un mec riche et une prostituée

Oui, bon, des fois, ça a l’air de marcher mais c’est un FILM

Jeudi soir, Katel a donc rencontré Rémi. Elle m’en parle un peu avant en mode “il a l’air intéressant, il va à des conférences d’économie et tout”. Moi, en bonne gauchiste, je comprends “il va à des conférences sur Marx, l’économie collaborative, partagée, les alternatives économiques…”. Je m’imaginais déjà des sorties à 4 avec des “débats” enflammés autour d’un verre de vin sur comment on devrait révolutionner l’économie pour permettre un meilleur partage du gâteau… Sauf que non. Rémi va sans doute à des conférences “quels meilleurs placements pour votre argent en trop” et le mec lui a parlé d’argent toute la soirée, ennui total. Bye bye Rémi et nos soirées à 4… On garde notre vin pour un meilleur candidat.

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En fait, je ne comprends pas. Evidemment, le site en lui-même semble faire SUBTILEMENT comprendre que tu choperas plus facilement une femme avec un écran plat et un lit king size (spoiler : NON) mais franchement, tu crois que ça marche comme ça, Jean-Pognon ? Tu as du fric, tu pourrais offrir de belles choses à l’élue de ton coeur… Heu ok mais du coup, est-ce que tu as vraiment envie de mettre ça dans la balance, limite de ne mettre QUE ça dans la balance, dès le départ ? Non parce que s’il le faut, Rémi est un sportif accompli, un musicien de talent, un dessinateur remarquable ou un poète exceptionnel… Mais ça, on ne le saura jamais, on saura juste qu’il est propriétaire de 3 apparts… Du coup, une vraie question s’impose : la femme qui sortira avec Rémi le fera-t-elle pour ce qu’il est ou pour ce qu’il a ? Rémi semble croire que les femmes sont vénales et paraît s’en accommoder… Sauf que peut-il réellement être heureux si sa moitié s’intéresse plus à son compte en banque qu’à lui ? Sérieusement ?

femme vénale

Alors peut-être que j’évolue trop au milieu des gauchistes mais, messieurs, arrêtez de lire des conneries de sites de drague car je vous le dis de suite : parler de fric, c’est chiant. Penser que c’est votre meilleure carte en matière de séduction vous élimine automatiquement. Parce que, clairement, le message que vous nous envoyez est problématique :

  • je n’ai rien d’autres à t’offrir que de l’argent, je suis le mec le plus intéressant du monde
  • De toute façon, les femmes, c’est bien tout ce qui vous intéresse, non ?
lèvres en diamant

Chercher « bling bling » sur Google images est toujours une expérience… étrange

Rémi, le conseil a voté, vous êtes éliminé.

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Je vieillis

(Non, non, je ne suis pas morte)

Je ne sais pas pourquoi mais cette année, mon anniversaire m’a plus marquée qu’à l’ordinaire (alors que je l’ai même pas fêté, tiens). Est-ce parce que le chiffre est symbolique, la dernière année avant la prochaine décennie ? Quand on tient un blog qui s’appelle les vingtenaires, je suppose que ce n’est pas banal.


Depuis, j’ai l’impression que je suis sur la pente descendante et ça commence à me faire peur. Déjà, on m’appelle de plus en plus souvent « madame ». Et je trouve ça totalement intolérable. J’ai pas de bague à mes doigts, je suis profondément blessée au plus profond de ma jeunesse. Encore, quand je suis en galante compagnie, je veux bien mais quand je suis seule, non de non. Et comme ça arrive de plus en plus régulièrement, je le vis de plus en plus mal.


Et puis, je vois la différence physiquement. D’abord, j’ai une ridule en plein milieu du front et j’ai beau l’assaillir de mille et une crèmes, elle est toujours là, à me narguer. Bon, il est vrai que je dois me coller au miroir pour la voir mais je sais qu’elle est là et qu’elle ne partira plus jamais. Elle me regarde tel l’œil de Caïn, elle me nargue… Et que dire de mes joues qui s’affaissent un peu ? Et du fait que je mets trois jours à récupérer d’une nuit de 5h alors qu’avant, c’était mon quotidien ? Non mais imaginez, y a des soirs où je suis couchée à 23h, moi…


Ah et tant qu’on est dans le « on ne peut pas être et avoir été », atomisons ce qu’il me restait de réputation de fêtarde : je ne tiens plus du tout l’alcool. Selon ma forme, il peut suffire d’un verre de vin pour me saouler. C’est dramatique. Surtout quand ce verre est pris à l’heure du déjeuner, entre amis, et que je dois retourner au boulot ensuite alors que ma tête est lourde, lourde.


Bref, je sais pas mais depuis quelques temps, je sens que le temps me rattrape et que mon sentiment d’éternelle jeunesse s’envole. Il est bien loin le temps de l’insouciance et des nuits blanches « même pas mal », cette époque bénie où je bossais la nuit quand la ville dormait. J’adorais vraiment ça, écrire entre 3 et 6h du matin, j’avais l’impression de dominer un peu la ville, être la gardienne. Ce qui est illusoire mais j’aimais cette solitude. Aujourd’hui, même le week-end, je ne tiens pas jusqu’à 6h du matin. A partir de 2h, je ne peux plus écouter ce qu’on me dit, je m’endors en pleine conversation…  Merde, bientôt, je vais avoir des rhumatismes ! Et je n’ose plonger dans ma chevelure à la recherche du premier cheveu blanc. C’est un peu l’avantage de la châtainité claire (ohé, je peux aussi inventer des mots) à base de mèches blondes naturelles, un cheveu blanc n’est pas visible. Il y a 4 ans, je n’avais pas un seul cheveu blanc, dixit ma coiffeuse. Là, je parierais pas… Déjà que j’ai une tension élevée.


Dieu merci, j’ai encore des gens qui s’écrient (sincèrement) : « Quoi, t’as 29 ans ? Ah je t’en donnais moins ! ». Sinon, je ferais une grosse grosse déprime. Bon, puisque je fais moins, je vais en profiter un peu pour faire la fête et essayer de tenir debout jusqu’à des 3h du mat. Youhou !

NB : Par exemple, si cet article n’a pas été écrit hier soir, c’est que je me suis écroulée à 21h.

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Je te quitte

Rassure-toi, lecteur, je ne quitte personne, ni toi, ni Brad, ni ce monde cruel. Il y a quelques jours, je discutais avec une blogueuse hautement intéressante qui m’a demandé si j’avais déjà écrit un article sur la rupture. Non, lui répondis-je, mais j’y pense. Donc acte.

L’amour est vraiment quelque chose de très compliqué. D’abord, on se pose 100 000 questions : comment séduire Brad ? Comment puis-je devenir sa Bradounette ? Et, ô miracle, un jour, cela se fait, vos lèvres s’effleurent sous un lampadaire un soir de printemps, c’est l’extase. Sauf que voilà, Brad n’est pas précisément le prince que vous imaginiez, il a un rire agaçant, il ne lit que football magazine, il se gratte les couilles en se levant (et en plus, il se renifle les doigts, après, comme tous les mecs) et en plus, il a les mêmes baskets
depuis 10 ans et l’odeur qui va avec. Bref, je caricature mais vous comprenez qu’avec Brad, ce sera jamais soirée philo autour d’un verre de vin et qu’il n’apprendra pas à Junior à jouer aux échecs. Donc, plutôt que de continuer cette mascarade ridicule, autant y mettre fin.

Mais comment ? Oui, comment. Parce que, quelque part, la rupture, c’est comme la séduction, je crois qu’on n’est pas vraiment nés pour. Enfin, pas moi, en tout cas. N’étant pas de nature sadique, je n’aime pas faire souffrir les gens et une rupture en général, ça fait mal. Comment dire à l’autre, qui a certes ses défauts mais qui reste un être humain, qu’il ne nous convient pas ? Comment lui dire que demain, il n’y aura plus de nous ? Y a bien que dans les films où les nanas arrivent à dire sans complexe : « bon, tu te casses, c’est fini, j’ai même jamais eu d’orgasmes avec toi. » Quand bien même ce serait vrai, je pourrais jamais dire ça. Limite, je trouve ça plus gentil d’arracher les ailes d’un papillon, c’est
pour dire. Pourtant, certain(e)s arrivent à se la jouer salauds ou salopes, arrivent à vous cracher les pires trucs à la tête. Un de mes « exs » m’expliquait une fois que son ex avait tout fait pour pourrir la relation pour que ce soit lui qui la quitte. Que c’est courageux, bravo, j’applaudis des deux mains. Ah oui, je peux me la jouer lâche, genre je prends un amant et je fais bien exprès de laisser traîner une capote dans la poubelle de la salle de bain… Oui parce que salope ne rime pas avec cracra, je laisserai pas une capote usagée sous mon lit, faut pas
déconner non plus. Hop, double coup de poignard : « non seulement je te trompe mais en plus, je te quitte. » Non, non, non.

Après, y a le coup du silence radio. Bon, ça, j’en suis incapable aussi. Déjà que je culpabilise de bloquer sur MSN un plan cul, imaginez ce que c’est pour un chéri… En plus, j’en ai été victime du silence radio avec Arnaud et y a rien de plus agaçant. Ok, tu veux pas continuer mais dis-moi au moins pourquoi, enfoiré ! Remarque, des fois, vaut mieux pas savoir. Dans le rayon « rupture ignoble », j’ai eu la palme avec Pierre le pervers. En gros, monsieur m’a reproché d’avoir passé une journée à essayer de le joindre chez lui et de pas laisser de
messages sur le répondeur. Oui, les répondeurs et moi, on n’est pas copains, je sais jamais quoi dire. Donc quand je lui ai dit que j’avais essayé de le joindre parce que j’avais envie de parler,
j’ai eu droit à un merveilleux : « si t’as envie de parler, va voir un psy ». Oh, mes jolies dents toutes éparpillées autour de moi ! Après avoir jeûné, pleuré, fait la gueule pendant 24h, soudain, je m’énerve : « mais…mais… cet enfoiré de fils de biiiip biiiiip m’a dit d’aller voir un psy, mais quel biiiiip de biiiip de biiiiip ! ». Et Gauthier, placide : « c’est bien, t’as mis que 24 heures pour t’en rendre compte. »

Oui, une rupture, c’est la faute à qui ? « Ca ne vient pas de toi, c’est moi » ou « ça ne vient pas de moi, c’est toi ? ». Mauvais raisonnement, à mon avis. Le problème n’est pas le toi ou le moi mais le nous. Hé oui, le Brad n’est pas universel, y en avec qui ça colle et d’autres non. Il n’y a personne à remettre en cause (sauf certains cas, quand même), c’est juste une question d’incompatibilité. Mais pour le faire comprendre, ça, faut se lever tôt. Parce que mine de rien, une rupture, on le vit souvent comme un rejet de soi. Moi,
en tout cas. S’il ne veut pas de moi, c’est que je ne mérite pas son amour… Mais qu’est-ce qui cloche en moi, bouhouhou ! Heureusement, dans ces cas-là, Gauthier m’engueule : faut que j’arrête de croire que c’est tout le temps ma faute. Ok mon capitaine. Mais pour ne pas douter, le meilleure façon, c’est d’avoir une explication et on en revient au point de départ : comment rompre ? Par texto ? Non mais ça va pas ! Et pourquoi pas envoyer un télégramme tant qu’on y est. Par téléphone, ça le fait pas trop non plus, sauf si la distance y oblige. Par lettre… mouais, ça permet d’expliquer les choses sans être interrompu mais le temps que la lettre arrive… Par blog ? Non, je déconne ! Le mieux reste le face à face mais comme c’est difficile ! Voir le visage de l’autre se décomposer, risquer la crise de larmes… Dans un lieu privé ou un lieu public ? Je crois que le dernier est à bannir, justement à cause de la possible dispute ou crise de larme. Seulement, en privé, on ne sait jamais comment ça peut finir, genre « une dernière brouette pour la route » ? C’est à chacun de voir mais
attention, si la personne ne veut pas rompre, la dernière brouette peut être une façon de nier la rupture, je crois. « Tu m’as dit que tu me quittais mais on a fait l’amour juste après donc ça veut dire que tu as toujours envie de moi, non ? ».

Une rupture, c’est vraiment compliqué à gérer puisque outre le comment, y a le quand. Y a toujours des événements qui font que ce n’est pas le bon moment : son anniversaire, le mien, les exams, la St Valentin, Noël, le repas de famille, l’annif de sa mère, la mort de son chien… Bref. La rupture, y a jamais de moments idéal. Quelque part, c’est comme un sparadrap : oui, ça va être douloureux mais vaut mieux ne pas traîner sinon, après, on a des traces noires sur la peau qui ont du mal à partir même si on frotte fort. Cette métaphore
totalement nulle et infâme souligne bien le côté pourrissement de la situation. Avec Guillaume 1, à la réflexion, on est vraiment passés très près de la catastrophe pendant nos vacances, la rupture a eu lieu deux mois trop tard parce que personne n’osait rompre. Puis il y eut le mot de trop et j’ai explosé : on arrête là. Après des explications et des larmes au téléphone, il
est venu chez moi pour consommer la rupture, si j’ose dire, histoire de ne pas dire qu’on a rompu par téléphone. Assis sur le canapé, sans oser se regarder ni se parler, il n’y avait plus de nous. Dieu Merci, nous n’étions pas ce genre de couple à avoir oublié le mot « je », on avait pas mal d’activités solo, ça a donc été plus facile de s’en remettre. Mais bon, c’est la première fois de ma vie que j’ai pris des médicaments pour dormir. Comme en plus je prenais des médicaments pour mes allergies, j’ai dormi pendant deux jours quasi non stop.

Si la séduction est un art difficile, la rupture l’est encore plus car on se retrouve sans rien à l’arrivée. Ceci étant, si on tombait dès le départ sur la bonne personne, ça se saurait.

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Rentrée amoureuse (Arnaud)

J’ai une théorie sur la vie : elle est bien faite. En janvier, je parlais avec mes amis de promo dont Clara et j’expliquais que je ne comprenais pas l’intérêt de sites comme meetic. En effet, l’amour vient quand on s’y attend le moins, pourquoi provoquer les choses ? Je reste sur cette ligne de conduite. Je me suis inscrite sur meetic, dans le temps, mais pas dans l’optique de trouver l’amour. Et la vie m’a prouvé que j’avais entièrement raison.
 
Je te présente ma copine, tu me présentes ton copain
Mi-juillet, Clara arrive chez moi. Louis vient nous faire un coucou, officiellement pour me rendre le double des clés de mon appartement (que je lui avais donné pour qu’il nourrisse mon chat pendant un week-end en province), officieusement pour rencontrer ma colocataire provisoire. Le lendemain, il me parle sur MSN, me disant tout le bien qu’il pense de la miss. Il m’explique aussi qu’un de ses amis, Arnaud, est chez lui. Dans le délire (je te présente ma copine, tu me présentes ton copain), je lui demande une photo d’Arnaud, il me l’envoie et là, gros coup de cœur : il est très mignon, ce jeune homme ! Louis me donne aussitôt son numéro de téléphone mais je ne le prends pas : je me vois mal appeler un inconnu, comme ça ! Il me fil alors son MSN, avec l’autorisation d’Arnaud et me voilà partie à discuter avec un inconnu.
 
Dès le départ, il me fait bonne impression, je lui envoie quelques photos de ma personne pour le moins flatteuse. Je le trouve drôle et Louis m’avoue qu’Arnaud me trouve sympa. Chouette ! Quelques jours plus tard, Louis organise une soirée crêpe chez moi, j’y traîne Clara qui n’a aucun atome crochu avec son pauvre prétendant. On se rend chez lui (nous sommes presque voisins) et devant son immeuble, j’aperçois un motard qui enlève son casque. Je le reconnais de suite, c’est Arnaud ! Il m’adresse un sourire : il m’a aussi reconnue, et moi, je fonds.
 
La soirée se passe bien, Clara, fatiguée, somnole dans son coin tandis que je discute à bâtons rompus avec Arnaud et Louis, je suis totalement sous le charme des ses yeux verts et de son sourire, il me plaît mais je ne sais pas ce qu’il ressent pour moi. En repartant, je saute partout dans la rue en poussant des : « Seigneur, qu’il est beau, il me plaît, je le veux ! ».
 
Un peu de drague…
Le lendemain, on se retrouve à nouveau sur MSN, il m’explique qu’il a faim et je lui rétorque que j’ai de la pizza chez moi (elle m’a rendue malade, d’ailleurs), on joue à : « je-viens-non-Clara-dort ». Dans le jeu, je lui propose de passer faire un saut le week-end, je lui donne mon adresse. Le lundi, Clara étant partie, je retrouve mon cher Arnaud sur le net et je me mets à le taquiner :
« Ben alors, t’es pas passé ce week-end ! 
– Non car je n’ai pas de moyen de te joindre.
– Serait-ce une façon détournée de me demander mon numéro ?
– Peut-être. »
Comme je suis polie, je lui donne mon numéro et il me donne le sien. Suite de la conversation :
« Ça te dit qu’on mange ensemble, ce soir ?
– Sérieux ?
– Ben oui, pourquoi ? »
Parce qu’Arnaud est joueur et je ne sais jamais s’il fait de l’humour ou non. Une heure plus tard, il sonne à ma porte et nous voilà partis sur Paris en moto, j’adore la balade même si les pavés maltraitent mon pauvre fessier. Il faut savoir que j’ai un fantasme déjà assouvi avec les motards mais un mec qui arrive avec son cuir de motard, ça me rend toujours dingue. On dîne dans un petit resto, on discute beaucoup, son sourire me ravage à chaque fois et quel profil ! Il a un nez sublime, quelle bonheur. A minuit et demi, on se décide à partir, comprenant que le restaurant n’attendait que notre départ pour fermer. Retour en moto, je me colle un peu contre lui, j’adore ce moyen de transport ! Il me dépose chez moi, je lui fais la bise et je pars me coucher. En effet, il faut savoir que la veille, j’avais passé la nuit avec Laurent donc j’avais plutôt envie de dormir.
 
Deux jours plus tard, je reçois un texto : « ça te dit qu’on se voit ce soir ? » Pas de chance, j’avais rendez-vous avec Raphaël donc je lui réponds : « Non, je ne suis pas libre ce soir mais on peut se voir un autre soir, si tu veux. » Réponse : « Bien sûr que je veux. » Moi : « Si je ne m’abuse, je suis libre demain soir. » « Ok mais n’abuse pas trop, je suis un garçon fragile. » Mercredi soir, rendez-vous avec Raph’ et brouette. Jeudi soir, Arnaud vient me chercher à nouveau en moto, on part dans un bar, il m’offre deux bières, on discute amour et couple, c’est fantastique. Il me ramène chez moi, on longe la Tour Eiffel qui scintille encore, j’hésite à l’embrasser mais je me contente de lui faire la bise, ne sachant trop ce qu’il pense de moi. Oui, comme je l’ai expliqué le lendemain à Clara qui venait de me traiter de triple buse (non, elle n’a pas dit ça, elle a dit : « Non mais Nina, attends, c’est clair qu’il veut sortir avec toi ! »), je ne savais pas s’il m’invitait en espérant mélanger sa langue avec la mienne ou si c’était juste parce que ses potes étaient en vacances et qu’il s’ennuyait. Pourtant, Athéna m’avait tiré les cartes quelques jours avant et m’avait dit qu’il ressentait des choses très positives pour moi, même si j’allais avoir une relation sexuelle avec un mec nettement moins correct. Avec le recul, j’ai l’impression qu’elle a eu totalement raison, certain comportements m’interpellent et m’agacent un peu mais peu importe.
 
Le lendemain, on papote sur MSN en tout bien tout honneur, on aborde le sujet ô combien érotique des chatouilles. A un moment, je lui indique que s’il me chatouillait les pieds, il s’exposerait à mes foudres puis la conversation retombe. Voici le dialogue, retranscris à peu près tel quel :
Moi : Tu boudes ?
Lui : Oui.
Moi : Oh, pourquoi ? 🙂
Lui : Parce que j’ai l’impression que tu joues avec moi et je ne sais pas ce que tu me veux.
Dieu merci, j’étais assise, sinon, je serais tombée et je me serais fait très mal. Que répondre ? Feindre l’indifférence ou exprimer mon attirance ? Je suis au pied du mur, je ne peux plus reculer mais je ne me lance pas franchement non plus. Courage, fuyons. Je lui demande donc pourquoi il pense que je joue avec lui et il m’explique que je lui envoie des signes contraires. Franchement, je ne sais pas ce que j’ai fait pour qu’il croit que je n’étais pas intéressée, il ne m’a pas expliqué mais je finis par me dévoiler : « j’allais pas sortir avec toi alors que tu pars trois semaines en vacances, il y a mieux comme début de relation. »
 
Loin des yeux, loin du cœur… ?
Durant ses vacances, il ne m’appelle pas et ça m’énerve, surtout qu’il m’avait demandé l’autorisation de le faire. A quoi ça sert de me dire des jolies choses s’il ne se passe rien derrière ? Un soir, je le retrouve sur MSN, on discute et je joue un peu ma chieuse : « puisque tu ne m’as pas appelée, tu me dois un cadeau ! Et j’espère que tu as pensé à la carte postale. » Bon, je suis un peu agacée par son comportement désinvolte, je comprends que l’adage : « loin des yeux, loin du cœur » se vérifie tant de son côté que du mien. De retour à Paris après une semaine de vacances en province, je trouve une carte postale de Bretagne dans ma boîte aux lettres, je la retourne et là, voici le texte, retranscris dans son intégralité pour toi, lecteur : « : – )) Arnaud ». Y aurait pas un peu du foutage de gueule, là ? Surtout que monsieur en remet une couche dans le côté provocation : deux jours avant, j’avais reçu un texto : « on est à côté de chez toi, t’es où ? lol On est presque arrivés, on va choper la crève tellement il fait beau ». Bon, de un, je lui avais demandé s’ils passaient près de chez moi pour qu’on se voit, donc la première partie du message est quelque peu agaçante. Certes, ils ne sont pas passés par ma ville mais ce n’est pas une raison pour tourner le couteau dans la plaie. Concernant la deuxième partie, je n’ai eu que la pluie durant mes vacances, façon subtile de me le rappeler. Comme je suis une peste, je réponds : « Je suis en string au bord de ma piscine, j’attends un charmant garçon ». La première partie est totalement fausse, il pleuvait des cordes, le thermomètre culminait à 15°… La deuxième partie est vraie, par contre, mais précisons : le charmant garçon, c’est Gauthier ! 
 
On s’approche cependant de notre retour commun, je me décide à faire le premier pas en envoyant un texto hautement érotique : « tu rentres quand sur Paris ? Moi lundi soir ». Hou, c’est chaud ! S’ensuit un dialogue SMS particulièrement torride à base de : « si tu es à Paris lundi, viens me chercher à la gare ! ». Dimanche soir, alors que je suis honteusement avachie dans la voiture paternelle me ramenant de Perpignan où j’avais assisté à une cousinade, mon téléphone portable pousse son horrible chant. Je le saisis nonchalamment, persuadée que c’était Gauthier et, là, mon sang ne fait qu’un tour : Arnaud ! Je lui indique rapidement que je suis en voiture avec mes parents, je le rappellerai plus tard dans la soirée. Effectivement, après un repas rapidement expédié, me voilà à parler une heure avec le jeune homme au téléphone, c’est très agréable. Je retrouve un peu la complicité que j’avais avec lui lors de nos sorties nocturnes. Il propose de venir me chercher mais je lui explique qu’entre ma valise et mon chat, sur le moto, ça risque d’être serré mais il me dit qu’il essaiera quand même de venir me chercher en métro pour m’aider à porter mes valises.
 
Retour sur le lieu du (futur) crime
Lundi, jour J. Je monte dans le train avec ma valise et mon chat, je m’installe à une place qui n’est pas la mienne pour que Kenya et moi puissions avoir un peu d’espace (enfin, surtout moi, elle était dans sa panière, ça ne changeait rien pour elle). Mon téléphone sonne : Arnaud ! C’est bon, il finit tôt, il viendra me chercher ! Du coup, le voyage me paraît très long (surtout que c’est celui où j’ai dû supporter la monstresse blonde). Arrivée à destination, je vais un peu durer le plaisir en consommant une clope sur le quai de la gare mais je la jette alors qu’il restait trois bonnes bouffées dessus, trop impatiente. Je trace, je regarde partout, je n’ai pas mes lunettes donc la tâche est ardue. Enfin, il est là, en chemise bleue… Mon cœur bat la chamade, j’avais oublié à quel point il est séduisant. Il se charge de miss Kenya tandis que je fais rouler la valise. On rejoint une autre gare pour prendre mon train de banlieue mais celui-ci est annulé donc je lui propose d’aller boire un verre, en attendant. On discute une bonne heure puis retour (enfin) à demeure, je libère ma pauvre Kenya toute shootée qui va se baffrer de croquettes (quand même…). On boit un petit verre de vin puis on se rend au McDo (pas le choix) pour dîner, il me parle, je le regarde en admirant son merveilleux profil, j’ai hâte de me retrouver à nouveau seule avec lui, ce qui ne tarde pas trop (l’avantage du McDo).
 
De retour chez moi, on s’installe sur le canapé, je me colle bien à lui, cuisse contre cuisse, bras contre bras, je pose ma tête sur son épaule de temps en temps et…rien. Il s’occupe surtout de Kenya… A un moment, cependant, les choses s’accélèrent. Je portais ce jour-là un pantalon un peu original avec des cordons et il commence à s’amuser à les tirer, je me débats et voilà que je me retrouve la tête sur ses cuisses, allongée sur le dos, immobilisée car il me tenait les mains. Et enfin, il finit par m’embrasser. Puis il rigole et fait : « tu as dû trouver que j’étais long à me décider ! ». Oui, en effet ! Bon séance de pelotage puis il finit par rentrer chez lui sans brouette, malgré mes tentatives pour l’encourager à dormir chez moi. C’est bien la première fois qu’il ne se passe (presque) rien le premier soir !
 
Le lendemain, il va dîner chez sa mère, il revient sur MSN vers 21h30 et m’explique qu’il regarde Koh Lanta, ce qui me fait hurler mais il me répond : « y a rien d’autre à la télé ! ». Subtilement, je lui suggère de faire autre chose comme, par exemple, poser ses fesses sur sa moto et venir passer la soirée avec moi. Un quart d’heure plus tard, le voilà. Cette fois-ci nous finissons la nuit ensemble.
 
Et me voilà maquée !
Je suis étonnée à quel point il est facile de retrouver des réflexes de couple Je me rends compte que cette complicité entre deux personnes, cette tendance à être et non plus paraître avec un homme avec qui on se sent bien me manquait. Pour le moment, tout est rose, forcément, tout est neuf, les inconvénients du couple sont loin. Actuellement, le seul point négatif, c’est l’absence de câlins (même pas sexuels) le matin. A peine le réveil a-t-il sonné qu’il est levé et habillé, à peine un smack et le voilà parti.
 
Ce week-end, on va essayer de se croiser, une fois que j’aurai abandonné mes parents, en visite sur la capitale. Je suis officiellement célibataire mais vus les stigmates d’une vie sexuelle intense qui marquent mon cou (j’ai des suçons, en clair), ça m’étonnerait qu’ils ne comprennent pas.
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