Final Fantasy VII, la dystopie écolo

En ces temps troublés où seuls le fric et le racisme semblent animer notre joli pays (mmm), j’avais envie de vous parler un peu d’écologie parce que tout le monde a l’air de s’en foutre un peu alors que si on continue à ce rythme, dans 100 ans, la civilisation ne pourra plus faire face aux nouvelles conditions climatiques. Vous imaginez, la génération de nos enfants est peut-être la dernière… Youpi ! Alors en attendant la mort, je vais vous présenter une dystopie écolo : Final Fantasy VII.

Final Fantasy VII - dystopie

« Mais attends, tu parles du jeu ou du film Advent Child que tu as vu mais dont tu n’as aucun souvenir, à peu près ? ». Et oui, je vais bien vous parler d’un jeu vidéo. Point Madeleine : je ne suis pas une grande gameuse mais celui-là, de jeu, m’a marquée à vie, bien plus que les 8 et 9 (même si le 08 avait une super cinématique quand la méchante entre dans la ville pour son couronnement et j’adorais la ville futuriste qui, je suis sûre, a inspirée Tomorrowland et le 09 avait une musique un peu sympa et était très joli mais si long et duuuuur, je l’ai fini avec un niveau 35, un truc comme ça)(et je n’ai jamais fini le 10 qui avait pourtant une cinématique d’entrée de ouf). J’y ai passé des heures et des heures, à chercher toutes les materias, à essayer de sauver Aeris, à jouer dans le parc d’attraction, à élever les Chocobos, à essayer de choper cette connasse de Yuffie (choper = l’obtenir dans mon équipe)… Bref, j’ai pour ce jeu une véritable affection.

Final Fantasy VII Midgar

Mais revenons en à l’histoire puisque c’est de ça dont je voulais parler à la base. Dans la ville futuriste de Midgard alimentée en électricité par huit réacteurs pompant une énergie verte au coeur de la terre appelée Mako, un groupe d’activistes écologistes s’apprêtent à commettre un attentat : détruire l’un des réacteurs à coup de bombes. Ils réussiront et la Shinra (consortium énergétique et dirigeants du monde, aussi) répliquera en écrasant le quartier n°7 où sont censés vivre les rebelles. Oui, voilà la ville est sur deux niveaux, les riches en haut, les pauvres en bas (assez classique en soi) et hop, ils font exploser le poteau de maintien et le quartier des riches vient écraser le quartier des pauvres. Ca fait certes énormément de morts pour, à l’arrivée, ne même pas tuer les rebelles… Mais on est dans une société totalement osef. On pompe sans vergogne l’énergie de la terre, on multiplie les expériences génétiques, quitte à créer de gros vilains complètement flippés et paranos ET surtout surpuissants (Sepiroth), on se retrouve avec un héros branlant complètement contaminé qui perd un peu pied avec la réalité de temps en temps, un espèce de lion qui parle…

Sepiroth FF7

L’univers de Final Fantasy VII est en fait assez glauque. Les personnages sont tous bons pour la thérapie, surtout Clad que l’on manipule (souvenez ce passage long et chiant dans sa psyché), les morts se comptent par dizaine et vous perdez même l’un des personnages principaux dès la fin du CD1 (vous le sentez le traumatisme ?).

Sepiroth tue Aeris

Cette idée d’une énergie vitale de la Terre où retournent les énergies des créatures décédées sur la planète pour former une grande rivière de la vie, vous la retrouvez également dans Final Fantasy, le film : les fantômes ne sont ni plus ni moins que des traces de l’énergie vitale de leur planète d’origine et Aki se précipite à la fin dans une soupe d’énergie vitale de la Terre.

Aki Ross dans Final Fantasy VII - les créatures de l'esprit

Ainsi, en 97, quand le jeu est sorti, on apprenait aux enfants qui passaient des heures et des heures sur ce jeu qu’exploiter l’énergie vitale d’une planète était néfaste et risquaient de lui nuire de façon irréversible. Quand je parle d’énergie vitale composée en partie des énergies de ses défunts habitants, vous situez assez facilement la métaphore (c’est du pétrole). Alors je pense qu’aujourd’hui, on devrait tous y rejouer, surtout qu’un reboot est prévu sur PS4 et que c’est la seule raison pour laquelle j’accepterai une console chez moi (j’ai déjà pas le temps de faire ce que j’ai à faire mais tant pis, FF7 quoi !). Parce que vu qu’on n’a rien fait depuis, le message est, plus que jamais, important à faire passer.

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Apprendre, c’est tellement cool !

Mon cher moi d’avant

Tu dois te demander pourquoi j’écris alors que j’ai même pas fini mes articles sur le Canada, que j’ai même pas encore lancé officiellement ma série sur les plans cul et que l’actualité est tellement brûlante que j’aurais dû écrire 38 articles dessus ? Alors de 1, je manque de temps (et ça me frustre) et de 2, tu sais rien de la vie, viens pas me donner de leçon. D’ailleurs, c’est aujourd’hui en tant que version de toi pleine de sagesse que je viens te parler de la magie de l’étude et du savoir. Et ne lève pas les yeux au ciel, je te vois! *

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Tu es une chanceuse : ta mémoire d’éléphant et on esprit logique te permettent de récolter de bonnes notes sans bosser. Les devoirs ? On fera ça en 2/2 avant le cours parce que le soir, y a Beverly Hills et Melrose Place, c’est bien plus cool que des exos de maths ou revoir sa leçon d’allemand… Ouais, sans doute mais… Tu es en train de passer à côté du truc le plus cool du monde : apprendre.

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Je n’ai jamais trop aimé la contrainte. Faire mes devoirs me plongeait dans un ennui abyssal, je ne lisais que peu les livres qu’on nous demandait de lire en français (alors qu’évidemment, 20 ans plus tard, je lis du Stendhal en me disant qu’à 16 ans, j’étais vraiment une dinde) et puis après 8h de cours, mon cerveau criait grâce. Alors sur ce point, je vais avoir du mal à contre-argumenter : récemment, j’ai suivi une formation excel -et je me suis éclatée- mais au bout de 7h de cours, j’étais totalement épuisée. Ce qui donne un bon indice de mon implication intellectuelle dans le travail, tiens… Bref, je m’égare mais apprendre, c’est ultra cool.

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Tu en as déjà un peu l’intuition. Dès qu’un sujet te plaît, tu es capable de lire tout ce qui te tombe sous la main sur le sujet. Genre le théâtre romantique où tu as lu les plus connus au lieu de te contenter de Lorenzaccio que ta prof de français avait choisi, tu avais lu pas mal de profils aussi et de livres qui t’avaient permis de pas mal maîtriser le sujet. Sujet qui tomba d’ailleurs au bac… Mais pour les sections ES et S car les L, nous, nous avions droit à une dissert sur Malraux. Tiens, faudra que je re teste Malraux à l’occase, peut-être que ça passera mieux, qui sait ? Bref, quand un sujet te plaît, tu ne comptes plus les heures passées dessus à te documenter, à écrire. Mais pour le reste….

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Et c’est un tort. Reprenons l’allemand parce que figure-toi que tu vas développer un traumatisme par rapport à ça. Oui un traumatisme, je pèse mes mots. Au bac, ta note relativement basse (11, ce qui me paraît pas mal pour une langue que je n’ai au final jamais comprise et surtout pas maîtrisée) te convaincra de ne plus jamais y toucher. A la fac, ce sera anglais, anglais, anglais… Enfin, QCM en première année, questions sur texte et version avec dictionnaire autorisée en deuxième année puis plus rien. C’est quelque part un peu étonnant que j’ai réussi à garder un certain niveau en anglais juste en lisant quelques livres d’histoire (l’avantage de choisir des sujets de maîtrise sur des pays anglophones) et en matant distraitement des films et séries en VO, sans faire l’effort de comprendre ce qu’il se dit. Ceci étant, sans vouloir me défendre, j’aurais aussi parfois de sous-titres sur des séries/films français car dès que ça n’articule pas, je ne comprends plus rien du tout. Bref allemand remisé au placard et inconscient qui vient me titiller régulièrement avec ce cauchemar “tu passes le bac allemand et tu as tout oublié”.

Portrait of a young German football / soccer fan, with the German Flag on his face.

Portrait of a young German football / soccer fan, with the German Flag on his face.

Et puis en 2015, une pote, Zénobie, te parle d’un site pour réviser son anglais : Duolingo. Tu te lances d’abord sur l’anglais et l’espagnol (langue que tu n’as jamais apprise à part trois mots enseignés par un papa catalan français mais bilingue, pour le coup) puis voilà l’allemand qui apparaît. Alors tu te lances et tu te rends compte qu’en fait, l’allemand est une langue géniale car on dit TOUTES les lettres. Une fois que t’as compris que “ch” s’écrit “sch” et que tu reconnais les sons avec ou sans umlaut, cette langue est facile : il y a des règles, il suffit de les connaître pour les suivre. Excitée, tu te lanceras par la suite à la découverte du russe et du suédois (sur la version anglaise du site, noeud au cerveau)… mais on va en rester au suédois pour l’instant.

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Apprendre est si excitant. Ca ouvre tellement de possibilités. Il n’est pas dit qu’apprendre le suédois me fera partir vivre en Suède ou que ça m’ouvrira un poste quelconque mais c’est juste un savoir, une ouverture sur une culture. Et je parle des langues mais en ce moment, je me prends de réelle passion pour les statistiques et ce que ça peut ouvrir comme perspective. En ligne de mire : l’économétrie. Je coche les MOOCs qui me tentent, j’essaie de voir comment devenir cette économètre en me demandant comment j’ai pas compris plus tôt que j’étais faite pour ça. Déjà, dès que je peux jouer un peu avec les datas au boulot, je suis ravie, j’essaie de croiser les données dans tous les sens pour en tirer une histoire valable. Je sais maintenant comment trier intelligemment mes données grâce à des formules excel apprises à ma formation et la gestion de tableaux croisés dynamiques. Prochaine étape : maîtriser R, le logiciel de statistiques.

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Alors tu vois, mon moi d’avant, tu chies un peu dans la colle. Ta paresse n’a jamais été un réel handicap mais quand j’y repense, notamment à cette mémoire incroyable, en bossant un minimum, ta moyenne de langue aurait dû être 14-15 facile au lieu du paresseux 11… Ce qui n’aurait peut-être pas changé grand chose à part un élément : cette mythologie que tu t’es construite en te disant que tu n’étais pas douée pour les langues. Si, tu l’es… c’est juste que le poil dans la main que tu as longtemps eu t’as empêché de le remarquer. Et je peux te le dire : à 36 ans (enfin quasi), je m’éclate enfin à apprendre l’espagnol, l’allemand et le suédois. Jag är Nina et… oh ben faut un début à tout !

* Je vire complètement schizo

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Chars et couvre-feu à Montréal : la crise d’octobre

Aujourd’hui, j’ai envie de vous raconter un bout d’histoire canadienne  et plus précisément québécoise : la crise d’octobre. Tout commence en 1963, dans la province de Québec, Canada, en pleine Révolution Tranquille dans la belle province. La Révolution Tranquille ? Pour simplifier à l’extrême, c’est le réveil du Québec qui sort un peu de son traditionnalisme catholique pour se lancer tête la première dans l’urbanisation et l’industrialisation. Haut fait de cette période : la nationalisation par René Lévesque des sociétés privées d’électricité pour en faire Hydro-Québec, véritable moteur économique de la province. Si ça t’intéresse (et je le conçois tout à fait), tu cliques là pour aller sur Wikipedia. Donc le Québec se modernise et favorise en parallèle la montée du nationalisme québécois. Galvanisés par ce mouvement, Gabriel Hudon, Raymond Villeneuve et Georges Schoeters décident de créer le FLQ, le Front de Libération du Québec.

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Le mouvement souhaite créer une insurrection pour renverser le gouvernement du Québec afin de mettre en place un Etat socialiste. Entre braquages de banques et plasticages, la situation se tend, on compte 5 morts et des blessés. On ne sait pas vraiment combien d’actions ils ont mené, on sait qu’ils ont attaqué la Bourse de Montréal, ils avaient le projet d’aller faire péter la Statue de la liberté et deux d’entre eux auraient été croisés dans un camp d’entraînement en Jordanie, se préparant à déclencher une guérilla urbaine au Québec. Oui, les jeunes qui partent s’entraîner au Moyen Orient, c’est carrément pas nouveau.

Paul Rose, un des leaders du FLQ

Paul Rose, un des leaders du FLQ

Bref, les Québécois avaient investis la lutte armée d’extrême gauche bien avant les Bande à Baader, Action Directe ou les Brigades Rouges. Mais en octobre 70, tout bascule. Le FLQ arrête braquages et plasticages pour se lancer dans l’enlèvement et commencent avec James Richard Cross, un commissaire commercial britannique. Puis 5 jours plus tard, ils kidnappent le Vice Premier Ministre et ministre du travail Québécois, Pierre Laporte. Pour les libérer, ils demandent le pack classique : libérations de prisonniers politiques, beaucoup d’argent, la diffusion de leur manifeste, un avion et une amnistie. Sauf que tout ne se passe pas comme prévu : Pierre Laporte meurt accidentellement (apparemment en sautant d’une fenêtre lors d’une tentative d’évasion mais ça ne reste que la version du FLQ, on ne saura jamais si c’était vrai ou non).

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Le corps de Pierre Laporte retrouvé dans le coffre d’une voiture

Ok, Nina, allez-vous me dire, c’est intéressant ton histoire mais pourquoi tu nous racontes ça ? Parce que suite à ces enlèvements, le Premier Ministre du Québec, Robert Bourrassa et le maire de Montréal (Jean Drapeau) demandent de l’aide au Premier Ministre Fédéral, Pierre Elliott Trudeau (Trudeau comme le Premier Ministre Fédéral actuel, oui, parce qu’en fait, Justin, c’est son fils). Ni un ni deux, Trudeau promulgue la loi sur les mesures de guerre donnant des pouvoirs étendus à la police. En gros : couvre-feu, chars dans les rues de Montréal, 450 arrestations donc beaucoup qui n’avaient strictement rien à voir avec le FLQ, beaucoup d’artistes, des journalistes, qui se retrouvent en prison ou en cavale parce que… Parce que. Vous me voyez arriver avec mes gros sabots ou pas ?

L'état d'urgence décrété lors de la crise d'octobre au Québec

Si je choisis de faire mon historienne aujourd’hui, c’est pour vous expliquer que l’Etat d’urgence cache en son sein bien plus de mal que de bien. Si l’histoire du terrorisme québécois s’est arrêté là, l’indépendantisme choisissant désormais la voie démocratique (le parti Québécois, souverainiste, gagna les élections suivantes, ce qui entraîna le 1er référendum sur l’indépendance en 80), il reste dans la société québécoise un réel traumatisme. Peur des terroristes multipliée et peur des arrestations arbitraires. Qu’on nous encourage à ne pas sortir de chez nous en situation de danger, ok, même s’il aurait été plus malin de fermes les boutiques et le métro comme à Bruxelles (petite pensée pour les salariés du 14 novembre qui sont allés bosser). Qu’on donne des pouvoirs accrus aux services de police et aux politiques, là, je commence à faire sacrément la gueule. Oui, on vous l’annonce sans trembler, on va réduire vos libertés et même ne plus respecter les Droits de l’Homme mais c’est pour notre bien. D’ailleurs, regardez toutes ces arrestations et gardes à vue qui ont permis de démanteler des cellules terroristes… Ah non, en fait. On en profite plus pour liquider les affaires courantes et tenter de cacher sous le tapis la colère des citoyens en interdisant les manifs. Parce que tous ces gens au même endroit, c’est dangereux. Par contre, continuez à fréquenter les centres commerciaux, prendre le métro ou dépenser vos sous au marché de Noël, promis, on veille au grain.

Affiche lors d'une manif au Québec lors de la crise d'octobre

Réduire nos libertés pour nous protéger ? Quelle jolie fable. Depuis la fameuse loi renseignement, les morts par attentat en France ont quasi été multipliés par 10. Mais la pilule continue de s’avaler sans trop de protestations. Parce qu’on est en France et que quand même, ça va, c’est la démocratie, ça n’embêtera que ceux qui ont quelque chose à se reprocher. Des bavures ? Oui ça arrive mais c’est aussi ça, la guerre [contre le terrorisme], y a toujours des victimes collatérales mais c’est pour notre bien. Dormez citoyens, la police veille. Bon, on n’est pas à l’abri qu’elle vous tire du lit à 4h du mat car elle s’est trompée d’appart mais les dommages collatéraux… Si j’ai choisi l’exemple du Québec, c’est pour montrer à quel point, même dans une démocratie, on n’est jamais à l’abri de perdre notre liberté, un droit pourtant fondamental. Mais les dictatures, quelles qu’elles soient, n’arrivent jamais du jour au lendemain, tout arrive lentement. Habituez-vous à renoncer à vos libertés et le jour où un parti moins démocrate arrivera au pouvoir, il sera trop tard pour s’indigner (et ça peut arriver, arrêtons de nous mentir) (tiens, un petit top 10 des dictateurs les mieux élus)

Coucou, moi aussi, j'ai été élu (j'ai pas mis Hitler pour éviter le point Godwin même si je trouvais l'exemple plus pertinent)

Coucou, moi aussi, j’ai été élu (j’ai pas mis Hitler pour éviter le point Godwin même si je trouvais l’exemple plus pertinent)

Je finirai cet article en citant Edward Snowden, vous savez, ce lanceur d’alerte qui nous a informé des écoutes massives et ce, sans grande réaction in fine de la part des citoyens. “Les gens disent que ça ne les gêne pas les écoutes car ils n’ont rien à se reprocher. Imaginez que vous soyez dans un bar avec un ami et qu’une personne vient s’installer à votre table pour écouter votre conversation… Là, ça ne vous gêne toujours pas ?”.

Faites comme si j'étais pas là...

Faites comme si j’étais pas là…

Alors, la sécurité, c’est plus important que tout ?

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Et après ?

J’ai un peu de mal à reprendre l’écriture de ce blog, j’ai une sensation de décalage, de grotesque, d’incongru. Comment vous parler de sites de rencontres et autres bêtises après ce qu’il s’est passé ? Pourtant, il le faudrait, il faudrait revendiquer notre droit à la futilité, au léger, au rire, ne pas les laisser gagner cette bataille là non plus. Alors je reprendrai comme avant même si, dans ma tête, ça tourbillonne autour des derniers événements, je suis pas arrivée au bout de ma réflexion sur tout. Mais j’ai besoin de poser quelques trucs donc aujourd’hui, on en parle et demain, on fera comme si la vie était belle.

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Alors, et après, se questionne-t-on. J’ai envie de dire “mais pose-toi d’abord la question !”. Je n’attends pas une réponse globale parce qu’elle ne viendra pas. On en est au même point qu’il y a un mois, le traumatisme en plus. Dimanche dernier, en allant marcher à Paris, j’ai ressenti plus que jamais à quel point je ne devais plus rien attendre des politiques. Oui, Hollande a été digne, on ne lui enlèvera pas ça mais quel cirque, putain. Entre la Marine qui se la joue victime (son rôle préféré), Sarko qui joue des coudes pour se positionner au milieu des chef d’Etats, la présence des joyeux Netanhayu, Davutoglu ou Bongo (lire le communiqué de presse de RSF à ce sujet), le délire sécuritaire qui en a suivi avec cette idée folle qu’en surveillant plus Internet, on arrêtera les massacres. Hmm… Déjà que j’étais bien désabusée sur la politique, là, je suis définitivement en rupture. Pour changer les choses, faudra pas compter sur les 40 gus qui marchent tout seuls devant mais sur les 3 ou 4 millions derrière. Encore faut-il faire quelque chose.

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Et justement quoi ? J’y pense mais j’ai pas encore trouvé de réponse. S’abonner à Charlie hebdo ? Pourquoi pas mais je ne le lirai pas. Le journal n’est pas en cause mais ça fait bien 3 ans que mes Nouvel Obs partent direct à la poubelle encore sous blister par manque de temps. S’abonner à Arrêt sur images et Mediapart aussi, depuis le temps que je devais le faire, au moins, c’est réglé. Faire un don régulier, oui, mais à qui ? Je penche vers RSF qui me paraît l’association la plus proche en terme d’action au message de la marche de dimanche. Mais là encore, même si je donne pour RSF, que faire pour les drames qui se passent ailleurs et qui touchent des populations n’ayant rien à voir ni de près ni de loin avec le journalisme ? Je rajoute Amnesty sur la liste ?

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Ok mais après ? Je me lave les mains parce que je donne deux ou trois dizaines d’euros par mois à une asso qui fait tout le boulot pour moi. C’est là qu’est mon souci. C’est un peu “facile” et ça tourne dans ma tête. Je pense aux terroristes, à ces 3 gaillards qui se sont dit un jour que tuer des mecs au nom du Prophète, c’était bien. Comment aurait-on pu les empêcher d’en arriver là ? Oh, je vous parle pas de surveiller la planète entière car il est à peu près certain qu’un jour ou l’autre, un mec passera à travers les mailles du filet. Non, je parle de l’amont. Quand on lit l’histoire des frères Kouachi, on se dit que des gamins expulsés du système, comme ça, ça risquait de mal finir. Je n’excuse en rien leur geste et on ne peut pas garantir que s’ils avaient été pris en main sur du long terme, ils n’auraient pas plongé tête la première dans cette violence. Mais peut-être que… Après tout, pour suivre un mec qui te dit que mourir en martyre, c’est choper 72 vierges direct en arrivant au Paradis et que tout ça, c’est trop cool… tellement cool qu’il te cède la place, vas-y, fais toi sauter en premier, je te regarde, c’est quand même qu’il nous manque quelques éléments de réflexion. Mais bon, comment faire, à mon niveau ? Je veux bien donner des cours ou quelque chose mais quand, où (je suis pas sûre que ma ville soit le berceau idéal pour terroristes en devenir…), comment ? Y a-t-il une solution à mon niveau ?

olympiadesdemathematiques

Ca tourne dans ma tête et je peux vous garantir que là, je ne trouve pas. Par contre, je vais me constituer une petite liste de liens sur les questions d’immigration, de délinquance, de réinsertion, de religion… Parce que mine de rien, j’en ai entendu de grosses conneries depuis ce 07 janvier un peu de pédagogie nourrie par quelques liens devrait remettre quelques pendules à l’heure. J’espère.

 

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Voyager seule : même plus peur

Quand on me lit, on a la sensation que je suis une super aventurière (si). Mais en vrai, je suis une petite chose qui s’effraie facilement. Genre sur le coup, partir en vacances aux Maldives, ça me rendait toute hystérique de joie. J’avais de toute façon le volume 3 de l’intégrale de Trône de Fer donc même pas peur de m’ennuyer, ça risquait pas. Mais à quelques heures du voyage, autant vous l’avouer : je faisais vachement moins la maline.

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D’ordinaire, je voyage avec mes copines, ma famille ou mes clubs de plongée donc en gros, je me repose facilement sur la masse, je suis. Quand on part à deux, on se soutient : y en a toujours une pour guider l’autre, pour voir le bon panneau. Là, je partais seule, seule. Personne pour me dire que quand tu vas au Terminal 2A de Roissy, prendre le RER n’est pas une bonne idée (c’est juste à l’autre bout du monde). Personne pour me guider vers la bonne porte, des fois que je sois soudain victime d’une étrange dyslexie numérique qui me ferait confondre la porte 57 et la porte 75. Encore que Roissy, c’était facile. A l’aéroport de Muscat (Oman), j’ai moins rigolé : atterrissage à 7h du mat, heure locale… Soit 4h du mat parisien et je dois attendre 1h30. J’ai trouvé personne de mon groupe et je meurs de sommeil, je comprends rien aux annonces crachées dans le micro, j’écoute la musique sur mon iPhone en mettant un réveil pour être sûre de pas rater mon coup. Autant vous dire que je n’ai aucun souvenir du vol Muscat-Male qui a suivi (quasi 4h, je dormais déjà au décollage ou à peu près). Par contre, je me souviens très bien de mon arrivée à Male où je me suis dépêchée de passer à la douane de peur de passer en dernier et d’être oubliée par mes camarades. Je guettais la foule pour repérer où étaient ceux que j’imaginais être des futurs compagnons de galère (j’avais raison pour certains, tort sur d’autre. Notamment sur ce charmant garçon vu à l’aéroport de Male qui m’a soudain dégainé un guide de la Thaïlande. Crac mon petit coeur). Finalement, j’étais la 3e sur 19 à retrouver nos gentils encadrants.

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Puis tout s’est bien passé. J’ai lu, oui, mais j’ai aussi bien discuté avec des tas de gens, j’ai bien rigolé, j’ai vraiment passé de bons moments. De belles vacances avec un groupe de pote que je ne connaissais pas au moment où j’ai posé le pied dans l’A330-200 d’Oman Air et que je ne reverrai peut-être jamais mais peu importe au fond. Sur le coup, j’étais bien avec eux et j’ai eu ma petite nouvelle tribu pendant une semaine. J’ai discuté avec des gens que j’aurais sans doute jamais eu l’occasion de rencontrer par ailleurs, j’ai ouvert mes écoutilles. C’est toujours fascinant de voir à quel point un voyage sur un petit bateau peut créer une sorte d’intimité fragile, douce, éphémère. Hier on ne se connaissait pas, demain, on se perdra de vue. Mais là, de suite, on est bien tous ensemble.

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Au fond, partir seule, c’est aussi prendre des vacances de sa propre vie. Passé les 5-10 mn où tu racontes ce que tu fais dans ta vie, tu n’en parles plus. Tu évoques un peu ta famille, ton neveu d’amour, les amis que tu aimes. Les gens que tu n’aimes pas, tu les oublies, tu n’en parles pas, pourquoi faire ? Médire avec des gens qui ne connaissent pas l’objet de votre désaffection n’a aucun sens. Médire loin d’eu n’en a de toute façon pas, la médisance ne pouvant être pour moi qu’une catharsis, un besoin de soulager les sentiments mauvais que nous suscitent cette personne que l’on n’a pas le choix de fréquenter. Là, elle est loin : physiquement et mentalement. On ne parle pas de ses soucis non plus. Ca intéresse qui, mon découvert abyssal, mes cervicales bloquées de décembre, ma crise de foie de Noël ou peu importe. Oui, je traite mieux mes camarades de voyage que mes lecteurs de blog (j’ai été traumatisée). On part loin, une jolie parenthèse. Le seul regret, parfois : ne pas pouvoir partager tout ça avec quelqu’un que l’on aime…

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Bon, dès que j’ai cambriolé une banque, je me refais ça !

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La tradition du bilan

Je me fiche de ne pas manger de dinde, j’aime pas ça, je me fiche de pas manger de bûche : si elle est pas glacée, j’aime pas ça non plus. Mais s’il est une tradition que j’adooooore et à laquelle je tiens, c’est celle du bilan (et celle des résolutions mais c’est pour lundi, hihi). Alors, 2013, ça a géré ?

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Et bien après le cataclysme 2011 et le pas vraiment mieux 2012, enfin, j’ai eu une année cool. Rah putain, ça fait du bien !! Cette année, je me suis retrouvée, une sensation de renaissance qui fait du bien au moral. Déjà, parlons boulot. J’ai enfin réglé mon problème de syndrome de l’imposteur. Oui, je n’ai pas fait d’études de marketing mais je suis douée, je pige vite. En un an, je suis devenue la reine des campagnes de pub Facebook et j’ai enfin trouvé ma voie, mon objectif. Ca, ce sera pour 2014 mais ça fait du bien de voir enfin la prochaine marche, de chercher à mettre en place une échelle pour l’atteindre. Enfin, mes qualités sont reconnues et louées. Une sorte de vengeance sur des expériences passées où j’ai été punie de pas avoir été élue par la Reine Mère, d’être tombée sur une manager qui ne fait rien à part chercher les responsables de sa propre incompétence ou encore une équipe où ça se passe entre couilles et, pas de bol, j’en ai pas. Ah et cette année, aussi, j’ai été félicité à plusieurs reprises pour ma grande organisation dans mon travail. Ahah, moi, organisée ? Et ben oui. Avec ma to do list, je suis devenue über performante. Comme quoi, rien n’est jamais définitif dans la vie, on peut changer.
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Bon, fin du chapitre boulot. Et les amours ? Mmmm, quelques rencontres sympas, de jolis moments mais rien de définitif. Des mecs bizarres aussi : un beau mythomane et je crois qu’un autre a essayé de me soutirer du fric mais rien de traumatisant non plus. Ca restera pour l’anecdote. Eventuellement, mon petit English one arrivé en fin d’année, je m’y attache un peu… Mais rien d’incroyable, je me suis bien amusée, merci.

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Côté activités annexes, je me suis inscrite nulle part finalement. J’avais des envies et puis finalement, en septembre, plus rien. Du coup, je passe ma vie à la piscine, j’y vais quand je peux/veux, c’est pas si mal. Cette année aura surtout été l’année de la déconvenue associative mais en fin de compte, ça se digère très bien. De toute façon, je repars avec mon ancien club de plongée en mai, on ne change pas une équipe qui gagne.

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Côté amitié, pas de changements, on reste sur les bons basiques. En même temps, c’est déjà pas toujours si simple de se voir donc c’est pas forcément la peine de chercher de nouveaux amis puis pourquoi faire ? Ah oui, si, j’ai ma théorie de jouer sur l’amitié pour trouver l’amour, à savoir : tu deviens pote avec une fille maquée dont le mec a plein de potes. Avec de la chance, parmi ses amis à lui, se trouve la perle rare… Mais bon, pffff, la flemme. Notons quand même que certaines personnes ont fait leur entrée dans ma vie grâce au boulot, des gens que j’apprécie énormément et qui rendent les déjeuners à la cantine plus savoureux. Non pas pour le contenu de l’assiette mais pour la teneur épicée de nos conversations.

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Mais surtout 2013, c’est l’année où je suis réellement devenue une super Tatie. Mon neveu et moi, on s’adore. Ma soeur m’en confie la garde de temps en temps, je le change, je le lave, je le nourris, je le couche, je joue avec. Quand il me voit, il est tout content et même que pendant les vacances, spontanément, il m’a fait un câlin alors qu’il en fait jamais. Ce petit bonhomme, c’est un concentré d’amour à haute dose et puis il est beau ! Mais vraiment, hein, tout le monde le dit, on dirait un bébé de la télé. Il est drôlement dégourdi aussi, il marche déjà (il a commencé pour ses un an), papote dur même si on comprend rien. Bon, du fait de sa grande mobilité, il fait pas mal de conneries aussi, ahem… Mais bon, c’est l’amour de ma vie.
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Et puis en 2013, j’ai arrêté de fumer et lu le livre le plus chiant de la planète (enfin, non, le 3e), preuve de ma volonté sans faille « quand je veux » et qui va me servir de base : je peux tout réussir puisque j’ai déjà réussi ça.
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Voilà, voilà. Une année bien remplie qui m’a permis de faire un peu la paix avec la « vie ». Non que je voulais me balancer par la fenêtre mais j’ai arrêté de soupirer en me demandant quelle serait la prochaine merde à me tomber dessus. Et puis après deux années de merde, je méritais une année à la cool. Maintenant, on va travailler pour que 2014 soit exceptionnelle avec les bonnes résolutions…

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Massacre musical

Je suis ce genre de filles qui n’écoute que peu la radio même si un petit France Inter pour se lever, ça le fait. J’écoutais RFI avant mais j’ai perdu la fréquence. Une histoire passionnante… Et pourquoi je voue un culte à la radio publique, outre le fait que ça rentabilise ma redevance ? Parce qu’il y a peu de musique et que le peu qu’il y a respecte mes oreilles.


Été 2011, une partie de mon plateau tibial a tenté de se faire la malle mais un gentil chirurgien l’a revissé à sa place. Et c’est parti pour 4 mois de rééducation dont 2 avec une séance de kiné quotidienne. C’était pas mal en soi la rééducation mais y avait un truc terrible, un truc qui fait PEUR et qui fait saigner les tympans. Une radio réglé sur NRJ.


Ce qui est fascinant avec les radios commerciales, ce sont leur playlists incroyablement pauvres. En gros, peu importait l’heure de mon rendez-vous, je me tapais toujours Bruno Mars, Britney Spears et des affreux tubes de l’été dont j’ai occulté le nom, sans doute par traumatisme. Or si Britney a toujours une digne place sur ma pouffe liste, c’est comme Madonna, c’est la Britney d’avant. Celle qui n’usait et n’abusait pas de l’autotunes. Car il faut le dire : l’autotunes est le cancer de la musicalité.


Été 2012. Anais et moi sommes posées sur le rameur à potiner en toute sérénité façon Hélène et les garçons. Sauf que nous, on ne contente pas de poser notre cul sur l’appareil pour commenter la dernière infidélité de José ou la toxicomanie de Christian, nous, on rame en même temps (mais on parle cocufiage et toxicomanie quand même, ma vie est une sitcom). Et l’autre jour, un flux sonore bien frapper mon oreille « Nanana TACATA nana nana TACATA ! ». Le dernier dégueulis musical à la mode qui me donne envie de plonger sans équilibrer mes oreilles histoire de pulvériser mes tympans. MAIS NON PUTAIN ! Comme l’an dernier chez le kiné, je ne peux fuir (essayez de fuir en béquilles, c’est pas très rapide). Je me sens salie, souillée par cet immondice mêlant rythme obsédant et autotunes. Mais qui peut écouter, ça ? Sérieux ?


Vous allez me dire que je me la joue un peu connasse snob réac alors que ma playlist chouchoute est discutable vu que j’y ai du Britney, du Lady Gaga, du Madonna (version eighties et nineties, j’insiste), du Dr Alban (sing alleluyah !), du Rihanna, du Army of lovers, du Beyonce… Et que j’ai même l’outrecuidance d’y mêler du Bach, du Beethoven, du Gabriel Faure (je suis accro à Pavane et à sa Sicilienne), du Prokofiev, du Krieg, le tout saupoudré de Gainsbourg et de Rolling Stones. Beau gloubiboulga musical qui devrait m’interdire de juger ce qui est bon et ce qui ne l’est pas.


Mais l’autotunes m’ecorche les oreilles salement, autant que des ongles sur le tableau. Tu sais pas chanter ? Alors laisse tomber. C’est un peu comme tous ces « photographes » qui usent et abusent de filtres divers et variés pour faire croire que leur photo n’est pas mauvaise. Je parle pas d’instagram, ça, c’est un gadget pour rendre ses photos iPhone moins pourries (l’iPhone n’est pas un appareil photo) mais bien de photos tellement photoshopées qu’elles en deviennent laides.


Mais ce phénomène musical me dépasse. Qui peut décemment acheter ça ? Est-ce que tac a tac peut avoir une vie sur nos platines hors boîtes et clubs ? Si quelqu’un peut m’expliquer…

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SOS Vol 534

Un téléfilm avec un avion en perdition, mon péché mignon.

Un téléfilm sur un avion en perdition commence toujours par une scène anodine sur l’un des personnages clé comme là, on voit un mec, pilote d’avion, qui a eu un atterrissage difficile. On sent le traumatisme et on sent qu’il va prendre un avion qui va mal aller. Tension.

Pendant ce temps là, les gens entrent dans l’avion, on nous présente l’air de rien les personnages : les hôtesses dont Alexandra Paul, la fille sans seins d’Alerte à Malibu, dont on devine qu’elle va être une des grosses héroïnes de l’histoire, un groupe de jeunes un peu foufous, une star, un homme d’affaire bourru et revendicatif, un repris de justice menotté, un jeune couple et une femme enceinte. Tout le monde s’assoit, l’homme d’affaire fait deux ou trois scènes.

L’avion est en retard, tu sens qu’il va y avoir un problème de vérification ou un décollage précipité, un homme de bureau est inquiet car il doit vite faire décoller l’avion et il décide de balancer le monsieur stressé de la première scène en tant que copilote. Le pilote, capitaliste, veut pousser l’avion pour réduire le retard. Toutes les conditions sont réunies pour que ça se passe mal : précipitation, capitalisme et poissard font mauvais ménage. D’ailleurs, des fois qu’on soit un peu cons ou pas habitués au films du genre, on nous montre que la soute à bagage a du mal à fermer. OH MON DIEU MAIS QUE VA-T-IL SE PASSER ? Quand le pilote sort de façon arrogante « il n’y a jamais de hic sur mes vols », tu sais déjà que ça va péter (y aurait pas de film sinon). Et puis tant qu’on y est, les techniciens secouent un peu violemment l’avion en s’y arrimant pour le tracter. Du coup, réel suspense : aura-t-on un problème avec la soute ou avec le train d’atterrissage ?

En attendant que l’avion décolle, nous découvrons qu’Alexandra est un peu troublée par le copilote poissard, on sent qu’elle lui a montré sa culotte. Donc on sait déjà qu’à la fin du film, ils se rouleront une pelle sur le tarmac en se réjouissant du fait qu’ils sont toujours en vie.

Mais n’anticipons pas. Le décollage se passe pas trop mal malgré les commentaires de nos deux hôtesses « ohlala, j’aime pas les décollages, hihi » mais l’avion arrive à son altitude de croisière et les passagers se détendent des fesses. Mais on voit qu’en soute, c’est pas la joie, la porte vibre un peu et un chien qui traîne par là chouine un peu. Bon, ils se refont vite le fessier car y a des turbulences mais les pilotes son sereins, les turbulences, c’est comme les bugs pour nous, les travailleurs du web.

Le vol se poursuit, plein de scènes de papote sans intérêt où les gens dissertent sur leur peur de l’avion ou sur le fait de s’être tapé le copilote. Notre petite Alexandra est tellement stressée à l’idée de le croiser qu’elle va lui amener un café. Oui, bon, stratégie d’affrontement de sa peur, c’est la mienne aussi, on va dire que ça reste cohérent.Ca commence à sentir mauvais, le copilote apprend qu’il est le 13e avion à passer dans une zone de tempête. Oh mon Dieu, là, c’est officiel, c’est la merde. Heureusement que c’est un chien en soute, pas un chat noir.

Mais ils sont malins les scénaristes, ils nous étourdissent avec des histoires de soute, de chien, de tempête, de numéro 13 et d’ex pour qu’on oublie notre repris de justice qui trouve un flingue dans les WC (déposé par un complice). Mais comme le pilote capitaliste continue à faire son connard et veut pas contourner la tempête pour pas perdre de temps, on sent qu’on va avoir une combo repris de justice armé+ tempête + porte de soute défectueuse. Plus un chien énervé éventuellement. Tout ça dans un même téléfilm ? Je suis gâtée.

Mais c’est finalement la porte de soute qui pète, grosse dépressurisation avec papiers qui volent, gens qui crient et hôtesse accrochée à un siège pour pas se faire aspirer mais curieusement aucun masque à oxygène qui tombe. Donc soit les fims des compagnies aériennes mentent, soit ce film est peu réaliste…En tout cas, ça crie, le pilote est assommé, c’est la merde. Au passage, je me suis toujours dit que ce devait être un peu cool de jouer ce genre de scène « allez Coco, aie l’air de te pisser dessus ». Pas de bol, le flic aussi est K.O (le seule passager HS de tout l’avion, c’est VRAIMENT pas de chance). Le vol se stabilise au palier, l’homme d’affaire fait une scène à base de « hé mais vous savez pas qui je suis ! » et le mec du couple est, OH MON DIEU QUEL HASARD, ingénieur en aéronautique donc il va aider nos amis à mener l’avion à destination.

Dans tout film du genre, il y a une accalmie. Genre « huhu, j’ai repris l’avion en main et je vais même aller atterrir en Islande parce que c’est un vol transatlantique, lalala ». Bon, le pilote se réveille et fout un peu le souk mais le copilote l’attache pour le calmer. Tranquille, quoi. Et l’homme d’affaires fout toujours le bordel, il est particulièrement fatigant dans ce film là… Tellement qu’Alexandra fout des calmants dans son scotch pour avoir la paix. Merci Alex ! Mais déjà, super hôtesse doit aller au fond de l’avion car le seul passager qui a une licence de pilote est… Ben oui, notre repris de justice… C’est vraiment le vol de la lose. Du coup, le voilà aux commandes pendant que notre copilote et l’ingénieur en aéronautique vont faire un tour en soute au milieu des papiers qui volent. Question au passage : d’où y a tout un tas de papiers dans une soute d’avion ne contenant que des valises et un chien un peu énervé ?

Le copilote reprend sa place et l’ingénieur descend en soute avec le repris de justice qui sort son revolver et fait « ahah, je voulais détourner l’avion parce que je suis pas trop trop innocent en fait. Mais comme je suis un bon gars, je vous aide, voilà ».

Résumé de la situation par l’hôtesse : « Non mais y a un trou de la taille d’une voiture dans l’avion, on est en pleine tempête et le pilote s’est écrasé lors de son dernier vol ! ». Heureusement, Alex lui raconte sa vie sentimentale parce que c’est tout à fait le moment, oui.

Mais ça chauffe en soute. La star, un sportif qui avait peur de l’avion, rejoint notre duo pour aider à fermer la porte. Là attention, des humains courageux sont proches du vide, il va y en avoir un qui va mourir, c’est toujours comme ça. Nous avons une star, un jeune marié et un repris de justice coupable. Mais qui donc va mourir, hein ? Hé oui, c’est INCROYABLE, c’est bien le repris de justice. Allez zou, dans le vide, aaaaaaaaaah.

Mission réussie, c’est pile le moment où il faut amorcer la descente, incroyable. Mais le copilote devenu pilote a un peu de mal et demande à l’hôtesse de l’assister. Ben oui, piloter un avion, c’est à la portée de la première hôtesse sans brevet de pilote venue, hein… La descente est compliquée, l’aiguilleuse islandaise du ciel est stressée mais à eux trois, ils trouvent les solutions, l’avion descend, descend… Je me demande combien de passagers ont mouillé leur siège à ce moment là du film. En tout cas, ils geignent toujours et crient un peu.

L’avion s’approche sur une musique qui accroît le suspense, est-ce qu’ils vont y arriver ? Evidemment que oui et là, grande liesse, tout le monde applaudit, Alexandra et le copilote n’attendent même pas d’être sur le tarmac pour se rouler une pelle. Les hôtesses disent au revoir au passager, le flic semble un peu embêté d’avoir perdu son prisonnier, l’homme d’affaire remercie Alexandra, un jeune invite l’autre hôtesse à prendre un café. Célébrons la vie, hihi. Scène classique d’un final de film d’avion en perdition avec ambulances sur le tarmac et couple principal qui s’embrasse.

C’est ça qui est magique avec ce genre de film, c’est que t’es jamais déçu vu que c’est tout le temps le même. Je me demande si tous les acteurs télé ont obligation d’en faire un…

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Week-end sac à dos

Toi qui me lis depuis si longtemps, tu me connais, j’ai quelques marottes dans la vie : la merdophagie, les concepts et théories, les métaphores foireuses et les résolutions. Voyez, moi, les résolutions, j’en fais pas juste au 1er janvier, j’en fais toute l’année avec une petite préférence pour le dimanche soir et son fameux cafard « ma vie pue ».

Récemment, j’ai traversé une phase « marre de dire sans faire » qui est un grand classique de ma vie. En témoigne l’état de ma machine à coudre achetée en décembre 2010 (la pédale est toujours sous plastique), de ma pâte fimo jamais utilisée… Dans ma tête, j’ai des milliards d’idées et de projets mais ça n’enclenche pas. Sauf que vivre dans ses rêves n’engendre in fine que de la frustration donc ça suffit de dire « je voudrais », « j’aimerais ». Maintenant, je fais. Et en première place de mes envies à réaliser : les voyages.

Je crois que je suis incapable de faire la liste de toutes les villes européennes qui me tentent les bras, qui me donnent envie de prendre mon sac à dos, mon appareil photo et c’est parti pour l’aventure. Pour une nuit, je dors en auberge de jeunesse, peu importe. Si on part à deux, un petit bed and breakfast voire un hôtel et on sillonne. Trop court un week-end pour connaître une ville ? Bien sûr mais c’est mieux que rien.

Dans mon sillage, des amies se montrent intéressées. Anaïs, Salima, Zénobie me disent « mais tiens moi au courant, je veux venir ! ». Oui, partons, crapahutons, prenons nous en plein les mirettes. Grâce à la magie des low costs et des auberges de jeunesse ou B&B, y a moyen de se faire plaisir sans trop se ruiner. Pas tous les week-ends bien entendu (j’ai toujours pas gagné au loto mais je joue toujours pas) mais de temps en temps, faisons nous plaisir. A moi Londres, Amsterdam, Rome, Florence, Barcelone, Bruxelles, Prague, Berlin, Vienne, Madrid, Naples, Stockholm… Et tant d’autres. Et puis Lyon, aussi, Strasbourg… Bref, c’est ma résolution. Et j’ouvrirai un blog dédié quand je commencerai (septembre/octobre à priori). Une sorte de petit carnet de voyage perso que je partagerai avec vous.

Et puisque j’ai décidé de voyager, je commence. Là, pendant que vous me lisez, je me la coule douce en Sicile avec Zeno. Un voyage de dernière minute dont mon corps réclamait la nécessité à corps, à cris et à coup de crise de spasmophilie (cet épisode m’a légèrement traumatisée). Profitons de la vie tant qu’on est jeunes et sans enfants. Les regrets, ça sert à rien, autant ne pas les provoquer.

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La vie d’un Américain vaut-elle plus que celle d’un Africain ?

Ou d’un Afghan ou d’un Irakien. Ceci étant, je dis Américain mais je devrais dire occidental.
Hier nous étions donc le 11 septembre, 10 ans qu’Al Qaïda a frappé les Etats-Unis, un traumatisme pour le pays qui l’intègre désormais dans toutes les séries, y a toujours un mec qui a connu un mec mort lors du 11 septembre, ce genre de choses. Ok, normal, ce fut violent. Sauf que de voir tout l’Occident se tenir la main à l’unisson pour commérorer la tragédie 10 ans après, ça m’agace légèrement. Oui, ce fut dramatique, des tas de gens sont morts, des familles brisées… Mais tous les jours, des tas de gens meurent dans des guerres provoquées notamment par les Etats-Unis (Afghanistan, Iraq), à cause d’une famine terrible qui ne semble pas vraiment émouvoir l’Occident… Mais ça, ça ne mérite pas tant d’émotion.



D’où ma question : la vie d’un civil somalien, irakien ou afghan vaut-elle moins que celle d’un Américain ? La semaine dernière, 19 personnes sont mortes dans un attentat en Inde commandité par AL Qaïda. Combien de morts ont été causés par le terrorisme pakistano-indien ? Je ne le sais pas mais si on les additionne, je ne doute pas qu’on se rapproche du bilan du WTC mais tout le monde s’en fout. Et j’avoue que ça me rend dingue. Oui, les Etats-Unis ont été victimes dans cette histoire, je n’en doute pas. Sauf que combien de morts ont-ils ensuite causés dans des guerres qu’ils sont infoutus de gagner ? Le 11 septembre nous aura prouvé que l’hyper puissance américaine n’est plus, du moins sur le plan militaire. Finalement, ils sont plutôt mauvais en guerre…

Je suppose qu’il y a un effet d’identification fort. Les Américains, ils sont plus “comme nous” que les Irakiens, Somaliens, Indiens… On les voit tous les jours à la télé à nous raconter des histoires où ils sont les meilleurs du monde, tellement forts qu’ils foutent même les extraterrestres hors de notre atmosphère. On les connaît, on les aime ou on les déteste mais ils ne nous laissent pas indifférents. Alors que les autres, si on regarde pas Envoyé spécial quand ils y passent ou quelques reportages de France 5, on ne sait rien sur eux. Ils n’ont pas la même culture, tu comprends, on peut pas se mettre à leur place, ils ne raisonnent pas pareil. Les HIndous, tu vois, ils pensent que si t’as une vie de merde, c’est que tu as un bien mauvais karma et c’est bien fait pour toi. Sans parler du fait que eux, la misère, c’est leur quotidien, les gens qui meurent dans la rue et tout alors ça doit pas les toucher. Nous, on a de vraies préoccupations avec nos crises boursières, la course au AAA …


Evidemment, tout n’est question que d’exposition médiatique. De façon individuelle, nous ne sommes pas tous fascinés par les dramas américains ou franco-français, beaucoup ne perdent pas de vue que des centaines de gens meurent quotidiennement en Somalie-Ethiopie et que l’affaire DSK n’est qu’un feuilleton en comparaison. Sans parler des bourses qui se croient sur un grand huit. Nous ne sommes pas tous guidés par les médias qui nous montrent là où on doit regarder, nous n’avons pas l’indignation et l’émotion sur commande. Je me pose néanmoins la question : les médias parlent généralement de ce qui intéresse les gens, j’ai vu les gens s’agiter sur Twitter autour du 11 septembre, j’ai entendu le couple derrière moi en parler au Monoprix pendant que je faisais la queue. Chacun raconte ce qu’il faisait le jour J. Faut dire que pour la peine, on ne manque pas d’images, on a vécu le drame en direct et ça, c’est vrai que ça restera dans les annales. Peut-être est-ce parce que, justement, on a vécu le drame à travers nos télés qu’on se sent directement concernés… Je ne sais pas.

Malgré tout, si on pouvait consacrer le dixième du temps que l’on a consacré aux dix ans du 11 septembre à ceux qui sont en train de crever dans l’indifférence aujourd’hui, je me sentirais peut-être un petit peu moins mal à l’aise face à cette compassion qui ne semble réservée qu’aux Occidentaux.

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