Collection de cahiers déjà écrits

J’écris, j’écris, j’écris. Un premier petit carnet dézingué puis un cahier et je termine mon beau cahier jaune… Ce qui me rend un peu triste parce que je le trouve vraiment trop joli et que j’adorais le sortir de mon sac pour écrire. Pas trop joli néanmoins car j’écrit vraiment trop mal, ma mère a failli faire une attaque quand elle a vu ma prose manuscrite. Je finis donc mon 3e… mais ma collection de cahiers, j’en fais quoi ?

Ecrire

Feat la salle de bain de ma maman

Laissez-moi vous parler de Moravia. Mon auteur préféré du monde, pour rappel. Sincèrement, je n’ai jamais retrouvé nulle part cette telle délicatesse et justesse dans la plume. Je m’étends deux secondes sur le sujet mais par exemple dans Les indifférents, à un moment, il parle de lumière “poudrée” en référence aux particules qui flottent dans les airs, la poussière. Jamais je n’avais vue expression si juste. Mon but dans ma vie d’écrivaine, c’est de lui arriver à la cheville. Et ne croyez pas que je vais me comparer à lui dans le paragraphe suivant, juste je vais poser un truc.

Alberto Moravia

Moravia, donc. Il avait des manuscrits comme tout le monde, peut-être des cahiers, j’ai un doute. Or quand il n’aimait pas son travail (ça lui arrivait même à lui !)… il brûlait tout. Hors de question qu’un des manuscrits qu’il n’a pas aimé pop dans le domaine public. Comment je le sais ? Parce que c’est précisément ce qui est arrivé avec les manuscrits de Deux amis, une histoire trouble de deux amis, de parti communiste avec une femme au milieu. Je vous écrirai un jour un article sur Moravia pour vous parler un peu de ses engagements, de son rapport aux femmes et tout ça. Du coup, je regarde mon cahier jaune et l’autre, le vert, et le petit liberty, celui où tout a commencé… Je les détruis ?

Collection de cahiers Galaxy Oelwein

Joli cahier de la marque Oelwein (click sur la photo)

Peut-être que quand j’aurai envoyé le roman de Maja à tous les éditeurs et que personne n’en voudra, je serai tellement énervée que je déchirerai une à une les pages de mes cahiers comme expiatoire… Peut-être qu’au contraire, si j’arrive à décrocher un contrat en maison d’édition, je les détruirai car je n’aurai plus besoin de ces brouillons symboliques… Ou justement les garder précieusement comme symboles du début de cette aventure, un peu comme on garderait la capote trouée qui a permis… non, mauvaise métaphore. Enfin, vous voyez l’idée. Après tout, il y en a des heures de travail là-dedans, j’ai écrit un peu dans les pays de la Loire lors d’un stage yoga, un peu dans des trains, souvent dans des métros et RER (pas à Séville hélas car la vue de notre chambre ne m’a pas inspiré l’envie de graver ce moment là à travers les lignes de mon roman), parfois en réunion, peut-être demain à Amsterdam et sans doute après demain à Rhodes et encore plus tard au Japon (mais j’espère avoir fini le roman de Maja d’ici là et être passée à une nouvelle histoire). C’est pas juste des mots gribouillés aux stylos bille offerts par l’une ou l’autre des régies que je côtoie, ce sont des moments, des souvenirs…

Les bords de Loire

Oui, j’ai écrit là, oui

Mais je vis dans 52m2 avec plein de bordel partout, ça, c’est le vrai argument contre même si j’ai une jolie étagère quasi vide au dessus de ma tête. Alors voilà, pour le moment, mes cahiers, je vais les garder, pour me rappeler tout le travail passé sur le roman de Maja pour commencer, ça me poussera au cul le moment où je jouerai les grosses reloues à base de “non mais en fait, c’est tout nul, je vais pas l’envoyer aux maisons d’édition” gna gna gna. Au pire, après, j’en ferai des sortes de scrapbooking / art work de mon travail parce que… je sais pas.

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Le jour où j’ai été photographe sur tapis rouge

Vous savez ce que j’aime dans la vie ? Les moments cocasses, what the fuck, ces moments où je vis un truc assez foufou et qu’une petite voix dans ma tête vient gentiment me demander si tout ça n’est pas un peu trop surréaliste. Genre quand je danse pour le réveillon sur un bateau entourée de dauphins, quand tu traverses l’Atlantique pour aller faire de la luge. Et puis un jour, tu te retrouves au bout d’un tapis rouge parmi des photographes qui hurlent les prénoms des acteurs qui passent… quand ils les connaissent.

Photographes sur le tapis rouge de Cannes

Mais depuis quand je suis photographe de stars ? Depuis un matin du mois de mai : “Nina, y a le client qui est partenaire d’un festival de film, il voudrait savoir si tu veux aller faire la CM là-bas”. Alors, voyons, un petit tour dans une ville que je n’ai pas encore la chance de connaître… Mais oui ! Bon, après, déménagement oblige, je m’en suis un peu mordu les doigts car ça nous faisait sauter un week-end d’installation dont nous avions cruellement besoin mais j’allais, sans le savoir, mettre à mon actif une nouvelle expérience… hmmm…intéressante.

Voilà, photo prise le dimanche soir avant le fameux week-end, ça vous situe le bordel

Voilà, photo prise le dimanche soir avant le fameux week-end, ça vous situe le bordel

J’arrive sur place le vendredi après un trajet en train… où j’ai dormi du départ à l’arrivée, à peu près, 2 heures envolées. J’arrive sur le lieu des festivités en navette, véhicule qui me dépose pile devant le tapis rouge où se massent déjà quelques curieux. Des gens me sourient à travers les vitres teintées, je me demande si c’est ma cliente… Ah pas du tout, ce sont des badauds qui espéraient que je sois une star et quand ils ont vu que je n’étais personne, j’ai juste disparu de leur radar. Je rencontre mon contact qui m’envoie passer l’après-midi dans un lieu un peu isolé du festival pour une manifestation de la marque. A 17h, je retourne au coeur des événements, je spotte quelques personnalités en me faisant quelques réflexions sur la différence réel/à travers un écran (oh mais lui, en vrai, il a un vrai truc alors que je le trouve absolument dégueulasse à la télé… Elle par contre, j’ai un peu envie de lui donner mon shampoing…). Je reste un peu avec une de mes contacts puis on me donne une accréditation presse. Mais pourquoi faire donc ? Je traîne, je fais quelques photos (un peu pour moi, beaucoup pour le taf) puis ça commence à s’agiter sur le tapis rouge. Tiens, mais j’ai une accréditation, tentons le coup. Me voici donc au milieu d’une dizaine de photographes pro armés de leurs super appareils Reflex suréquipés de flashs qui te font passer de la nuit au jour en une seconde et d’objectifs plus long que leur… à peu près, voilà. Moi ? J’ai mon adorable hybride Olympus OM-D 5markII. Alors je l’adore cet appareil, sincèrement, il est hyper pratique mais surtout, sa fonction wifi me permet d’envoyer mes photos directement sur mon mobile, idéal pour poster le tapis rouge sur les réseaux sociaux de ma marque. Bon, par contre, par rapport aux vrais photographes, je me sens en léger décalage. Je me cale dans un coin, je ne bouge plus, affectant mon air “mais oui, j’ai tout à fait le droit d’être là”.

Tapis rouge

Le défilé commence, on a d’abord droit aux invités des marques partenaires, puis arrive une actrice que personne n’identifie, on sait juste que c’est une actrice car elle est très belle, très maquillée, très coiffée et très mince. J’appuie gentiment sur le bouton quand ça commence à devenir la folie furieuse autour de moi “Hé, mademoiselle, HE HE !!! A DROITE ! OH ! A DROITE, A DROIIIIIIITE !!” Qu’est-ce qui se passe ? Ah oui ok… Alors je ne sais pas si vous avez déjà regardé la cérémonie de clôture du festival de Cannes, le moment où le primé va faire coucou aux photographes, vous voyez ? On entend comme une rumeur chez les photographes… Car ils veulent avoir la star de face, qui les regardent, pour une photo au top.

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Alors ça hurle, ça interpelle, ça vitupère… Ce qui est très drôle, c’est que la plupart des participants étant de jeunes pousses du cinéma ou des indépendants, il arrivait parfois qu’on ne connaisse pas le nom de la personne sur le tapis rouge (moi, j’en connaissais quasi aucun, vu ma grande cinéphilie mais ça m’a rassuré de voir que les autres, qui sont un peu plus dans le métier, ne s’en sortaient pas toujours bien non plus). Du coup, quand on connaissait, ça donnait “MELANIE !! RAPHAEL !!! FREDERIQUE !!!” et quand on ne connaissait pas… “MADEMOISELLE ! MONSIEUR ! AAAAA DROITE ! DROITE ! NON DROITE !” Moi, évidemment, avec mon petit Olympus, je fermais ma gueule et mitraillais, mi amusée mi gênée. Non parce que, ok, le tapis rouge fait partie du job mais on me gueulerait comme ça dans le cadre du travail, je ferais un procès pour harcèlement ! Mais les acteurs posent, goguenards, ils font un petit tour et s’en vont en faisant coucou, quelques uns signant des autographes de façon un peu random. Tout est normal dans le cirque Paillette.

leila-bekhti-au-festival-de-cannes

Et puis y avait une fille, la seule en dehors de moi (alors que j’étais un peu posée là par hasard, pour voir si on allait me laisser faire (oui)). Le lendemain, je croise le photographe officiel de la marque qui me dit ne pas m’avoir vue sur le tapis, je lui explique où j’étais posée “derrière une fille qui criait très fort, là…” “Ah oui, c’est Cyrielle, elle n’est pas commode… mais en même temps, c’est pas un milieu facile pour les meufs”. Ah. Alors avec moi, elle a été cool durant la mini interaction que nous avons eue (je lui ai pris son sac pour le poser derrière la bande de photographes, à peu près) mais elle a pourri la vie d’une autre CM de l’événement en lui foutant des coups de coude, se justifiant d’un “je bosse, moi, connasse !”. Alors, Cyrielle est-elle obligée de mettre ses balls sur la table, comme on dit, pour être respectée par ses collègues testostéronés ou réelle connasse ? Moi, en tout cas, elle m’a bien rendu service : vu qu’elle hurlait très fort, tous les people la regardaient… et moi, j’étais juste derrière. Clic ! Clic !

Un milieu très mixte, en effet... Jeu : sauras-tu trouver la seule femme de la photo ?

Un milieu très mixte, en effet… Jeu : sauras-tu trouver la seule femme de la photo ?

Moralité : c’était marrant… et je suis ravie que ce soit pas mon métier parce que j’aime pas me battre pour avoir la meilleure place, j’aime pas devoir montrer les dents pour me faire un peu respecter parce que je suis une femme, je déteste crier. Ou alors, je repère le plus fort en gueule pour me mettre pile derrière et je mets à profit ma souplesse naturelle (hyperlaxie mon amour) pour faire des photos sans avoir le flash ou l’objectif des photographes devant.

Oui, parfois, le photographe de devant te niquait un peu ton cliché

Oui, parfois, le photographe de devant te niquait un peu ton cliché

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Une idée romantique du train de nuit

J’aime les trains. J’y vois toujours une bonne occasion de passer agréablement le temps : je lis, je découvre de nouveaux paysages. Une sorte de parenthèse dans le temps. J’avais donc décidé de nous faire des vacances “road trip en train” grâce à l’interrail mais au vu du menu, celui-ci ne m’arrangeait plus. Nous ne prenions le train que pour deux trajets : 4h de Prague à Budapest et une nuit de Budapest à Split.

Danube_express

Le premier trajet m’avait enchanté : non seulement les wagons sont emménagés de sorte que nous ayons chacun pas mal de place mais en plus, ils avaient un vrai wagon restaurant nous permettant de déguster un goulash en regardant défiler la campagne slovaque. Face à ce succès, j’avais hâte de tester le train de nuit surtout que nous avions réservé une cabine 3 places à deux  avec de la chance, nous serions seuls… Mmmm.

Train de nuit dans le film Chanel avec Audrey Tautou

J’avais, je l’avoue, une idée un peu romantique du train de nuit. Je l’ai pourtant déjà emprunté : un Toulouse-Paris (parti avec 1h30 de retard et où j’avais mal dormi) et plus jeune lors d’un voyage de classe pour aller à Berlin (on avait peu dormi mais c’était un peu le plan au départ). Je nous imaginais déjà nous aimer au rythme lancinant du train glissant sur les rails…

rails

Retour dans la gare Keleti à Budapest, on se rend tranquillement jusqu’à notre train, j’admire les motrices flambant neuves et les wagons avec wifi qui nous entourent. Ah, voie A, c’est le nôtre et… pourquoi ce train me rappelle vaguement les vieux train corail de quand j’étais petite ? Bon, il ne faut pas juger à l’enveloppe. Ok, bon, l’intérieur n’est pas ouf non plus, la banquette gratte et c’est vieux mais c’est pas grave, ne paniquons pas… Le train se remplit, pas mal de familles ou de jeunes vadrouilleurs mais personne ne vient compléter notre compartiment. Ce soir, nous serons seuls…

Victor n'a pas le wifi...

Victor n’a pas le wifi…

Le train s’ébranle après 20 mn de retard, je me plonge dans un courrier international tandis que Victor veut s’allonger sur la couchette déjà dépliée… Sauf que, ahah, il ne rentre pas : il est trop grand (il fait 1m80, c’est pas un géant non plus), il doit se plier pour pouvoir s’allonger. Autant vous dire que là, je commençais à regretter un peu mon plan “romantique”…

romantisme_train-communisme

Le soir arrive, on grignote un bout de ce qu’il nous restait de notre séjour à Budapest (du houmous et du pain qui s’est révélé moisi). Victor étant affamé, on essaie de trouver un truc à grignoter et la seule solution : acheter un snack au contrôleur soit, dans notre cas… des croissants industriels avec une noix de faux nutella. On demande à avoir notre couchette dépliée, on n’en demande qu’une, se disant qu’n allait se serrer pour dormir ensemble dessus. Sauf que :

  • c’est vraiment étroit
  • le bord du lit est en fer (et incrusté dans ma hanche)
  • y a pas la clim, le train est trop bruyant pour qu’on puisse ouvrir la fenêtre.

Oh la belle nuit que l’on va passer…

couple-dormir-nu-a-deux-pour-vivre-heureux

23h, on éteint la lumière, on se love l’un contre l’autre quand je sens quelque chose de dur… Tiens, tiens, Victor est d’humeur coquinette. Le train s’arrête en gare quand soudain, ça tambourine méchamment à la porte “Passport !! Passport !!” Oh putain, la douane… Branle (sans mauvais jeu de mot) bas de combat, on renfile vite un t-shirt, on s’enroule dans les draps, la tension monte, ça continue à taper à la porte… On finit par ouvrir, un peu gênés, beaucoup saoulés, on file nos passeports. Les douaniers nous dévisagent, checkent nos passeports puis repartent. Alors qu’on commençait à se dire que ce voyage en train devenait compliqué, ça recommence : coups à la porte “Passport ! Passport !” mais oh ! Oui donc on a eu droit à la visite de la douane hongroise et de la douane croate et je ne sais pas de quelle nationalité était la dernière mais la dame a bieeeeeen regardé nos têtes et bieeeeeeeeen feuilleté mon passeport (parce que j’ai quelques tampons arabes, oui, mais j’ai pas trop la gueule d’une terroriste Daesh telle qu’on se l’imagine). Les douaniers repartent, on est blasés. Victor remonte sur l’autre couchette pour s’y plier comme il peut, j’essaie de fixer tout ce qui bouge dans le wagon et tape contre les parois. Ca tangue, ça fait du bruit, ça s’arrête tout le temps pour laisser passer d’autres trains… Et je passe la nuit à regretter mon idée de génie.

se-proteger-du-bruit

Bref, que retenir de positif de ce voyage : le moment où on a longé le lac Balaton en Hongrie car ça avait l’air joli et un peu l’arrivée sur Split (avec une heure de retard). Et la promesse que la prochaine fois, on prendra l’avion.

Et voici donc le fameux lac Balaton

Et voici donc le fameux lac Balaton

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Le retour de la liste

Parce que j’ai eu deux semaines un peu folles et que la vie a joué les succubes avec moi en me pompant pas mal de mon énergie vitale donc j’ai pas le courage de faire un article de suite. Et puis en avançant sur le déménagement du blog, je me suis rendu compte que je les aimais bien, mes listes. Allez, c’est parti.

– Deux rendez-vous clients la semaine dernière, il était temps que je revienne aux affaires.

– Mercredi dernier, petite journée à Lyon. On avait une réunion là-bas à 10h30 donc on saute dans un train à 7h54, on revient à 18h. J’aime bien ce genre de journées même si ça crève un peu mais ça change du bureau. Puis la petite sieste dans le train du retour (on a dû changer les billets car on allait rater le train de 15h en somme) a fait du bien même si je suis arrivée un peu vaseuse. Tout comme mon manager qui m’a demandé, dépité : “toi aussi, tu t’es endormie ?”

– Sinon, à l’autre réunion, y avait du café et des chouquettes, ça fait toujours plaisir. Mais ce n’est pas le pied à toutes les réunions. A celle de mercredi, je crois qu’ils m’ont fait un café nespresso. Mais sans la capsule. C’était de l’eau au café et j’ai dû la boire. Beuuuuh…

– En ce moment, j’ai pas le modjo. Mais mes amants récurrents viennent de temps en temps toquer à ma porte ce qui a donné à peu près “oh, tu t’es cassée la jambe ? Tu peux pas te mettre à genou ? Oh ben je dois déjeuner… Salut!”. Bon, ok, j’ai extrêmement résumé la conversation et je devais filer au kiné. Mais l’enchaînement fut intéressant…

– Ils m’avaient manqué mes collèèèèèèègues. Franchement, les pauses déjeuner sont toujours un moment plaisant.

– Enfin sauf que la cantine est dégueu.

– Dans les films, s’embrasser devant le Sacré Coeur la nuit, c’est romantique (enfin, plutôt devant la vue de Paris la nuit). En vrai, ça pue la pisse, t’as des mecs qui viennent essayer de te vendre une bière toutes les 2mn30 et une nana qui s’accroupit devant toi, laissant voir son string rose et bleu marine en coton.



– Au passage, dans la série Nina les bonnes idées : filer rencard à Montmartre. En bas. Et monter tout en haut en prenant les escaliers avec un genou douteux.

– Sinon, j’ai trouvé mon moi masculin et ça me fait peur. Genre un mec qui s’est cassé le pied en dansant sur du Michael Jackson. Genre le mec qui adore tellement les lunettes qu’il m’a demandé de les garder pour faire du sexe… Oh mon Dieu, ce mec, c’est moi !



– Bon, j’ai reçu mon matos pour tricoter, lancement des hostilités imminentes.

– “Bon, tu restes dormir, hein”. Au début, j’ai dit “naaaaaaaan, j’ai pas mes affaires pour demain” puis à 1h du matin, alors que je n’étais plus que rhum, j’ai dit un truc genre “hihihihihihi !”. A 4h du matin, quand Anaïs s’est assise sur le lit que nous partagions, a allumé la lumière pour baragouiner des phrases sans queue ni tête avant de ré éteindre et de se rendormir, je me suis souvenue que dormir avec une semi somnambule, c’est pas trop cool.

– D’ailleurs quand dans un appart de 2 pièces avec un lit de deux places dans l’un, un lit une place dans l’autre et trois personnes à répartir dont une semi somnambule, une ronfleuse et une qui ne bouge, ne parle ou ne ronfle de la nuit, c’est cette dernière qui devrait dormir seule et peinarde. Et je dis pas ça parce que c’est moi, hein…

– Le monsieur qui a tenté de mettre ses doigts dans ma culotte quand je me suis cassée la jambe m’a nonchalamment proposé qu’on aille boire un verre. Comment dire…

– Faut que je me trouve un mec dans le XIXe pour pouvoir sortir avec mes copines de plongée et pas rester dormir (se coucher à 3h, se lever à 7h, ça pique un peu, surtout avec l’épisode du semi-somnambulisme). Et un du côté de Glacière aussi car y a une chorale qui a l’air cool. Je suis une célibataire urbaine : un mec dans chaque arrondissement (en théorie…).

– D’ailleurs, la meuf dans Secret Story qui est somnambule… On se fout pas un peu royalement de notre gueule ? Non parce qu’une vraie somnambule, on aurait grillé son secret dès la première nuit, non ?

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La double arnaque des vacances de Noël

A la mi septembre, j’ai entamé les négociations avec Ioulia et Simon : je veux la semaine de Noël, je laisse celle du réveillon. A ma presque grande surprise (Simon est juif donc Noël, il s’en fiche un peu, déjà), je n’ai pas eu à discuter, c’était la semaine du réveillon la plus dure à obtenir. Maintenant, je sais pourquoi : les vacances de Noël, c’est l’arnaque.

Déjà, quand j’étais à la fac, je devais me résigner : aux vacances de Noël, quoi que tu en dises, tu ne révises pas. Pas tellement par flemme (enfin, si aussi) mais par manque de temps. Cette année, je comptais sur les vacances pour faire baisser ma tension en me reposant et en allant à la piscine de ma ville natale (de 16 à 17h30, seul créneau horaire d’ouverture qui m’arrange, l’autre étant 12-14h), je souhaitais aussi déménager le blog vers une autre plate forme (spoiler, on va dire), dompter wordpress, écrire des milliers d’articles, commencer des projets que j’ai en tête depuis des lustres. Mes vacances en vrai ont ressemblé à ça : vendredi, train et repos ; samedi, rhume, voiture, courses et soirée pour les 28 ans de Lucie ; dimanche, rhume, sapin, rangement de la chambre de Yohann qui arrive le lendemain ; lundi : courses, aller chercher Yohann à la gare, courses ; mardi : courses, paquets cadeaux ; mercredi : courses, paquets cadeaux, expédition mystérieuse au cœur de la nuit, préparation du réveillon, réveillon ; jeudi : Noël donc cadeaux, manger, digérer, manger, dormir. Là, vendredi, c’est mon premier vrai jour de vacances sachant que je dois encore aller faire des courses cet après-midi et aller voir ma tatie. Demain, virée à Toulouse pour aller voir ma dernière aïeule encore en vie (ça va être un peu bizarre, je crois), mamie Bartoldi et dimanche, départ. Donc on résume : ma tension doit toujours être au plafond, j’ai pas eu le temps d’aller à la piscine (qui m’a semblé fermée quand on est passé devant avec Yohann, de toute façon), de migrer le blog ou de même me pencher sur wordpress, je n’ai AUCUN article en avance, ceux que j’avais écrits dans le train sont déjà publiés.


Mais en plus, il y a une double arnaque dans l’histoire. On m’avait dit : « ah, tu descends dans le sud, tu vas avoir du beau temps ». Ouais, c’est ça ouais ! Depuis que je suis arrivée, j’ai vu le soleil deux fois : dimanche et deux heures mardi après-midi. Le reste du temps, un brouillard à couper au couteau. Et aujourd’hui, il tombe des flocons énormes, le jardin est tout blanc, il neige. Et curieusement, c’est un peu ce qui me rend plus légère. Les vacances ont été un peu mornes : premier Noël sans ma mamie alors qu’on n’a pas eu le temps d’encore tout à fait réaliser son départ (enfin, moi, j’ai parfois du mal à réaliser), Yohann qui ne va pas bien non plus à cause de sa famille biologique qui est en dessous de tout. D’ailleurs, je réalise à quel point ma famille est globalement parfaite. Même si on se chamaille des fois, on est très « tribu ». J’en parlerai plus un autre jour, là, j’alourdis mon article qui se veut léger, faute !


Bref, j’ai jamais trop aimé les vacances de Noël, sauf quand j’étais petite. Maintenant, c’est la course au cadeau, la course au réveillon, la course à tout. Je pensais revoir mes amis de Toulouse vus samedi soir pour l’anniversaire de Lucie, je réalise que je n’aurai pas le temps.  J’avais promis à M. Le chien qu’on se verrait, j’ai pas eu le temps. Je m’étais promis d’avancer sur certains plans, ce fut impossible. Et lundi, retour au boulot, aussi crevée qu’au départ. Prochaines vacances ? Pas programmées pour le moment mais je sens qu’en février, je vais m’offrir une semaine chez mes parents à dormir. Non mais !

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Hé, regarde, papa, il double !

Aujourd’hui, abordons le transport préféré de la plupart des gens : la voiture. Et en général notre voiture à nous qu’on aime et que même des fois, on lui donne un nom. A y penser, je n’ai jamais nommé ma bonne vieille Clio, tiens. Maintenant, c’est trop tard, nos destinées se sont séparées.

Jusqu’à ce que je vive à Paris, je faisais tous mes longs trajets en voiture ou presque. Quand j’étais petite, on allait à la mer en voiture non climatisée. La montagne pareil. Je me souviens des gigantesques embouteillages au péage d’Albertville, mm. D’ailleurs, une année, on est partis tellement tôt pour éviter la foule qu’on s’est retrouvés comme des cons à la station à 9h du matin alors que les chambres n’étaient disponibles que vers midi. Je vois plusieurs avantages à la voiture. En premier lieu, les horaires : on part à l’heure qu’on veut
ou à peu près. On se fixe une heure de départ mais on n’est pas à cinq minutes près alors que le
train ou l’avion (quand ils sont à l’heure), à cinq minutes près, tu le rates. En plus, en voiture, tu gères ton temps comme tu veux. Si tu es fumeur, tu peux fumer directement dedans ou t’arrêter à une aire quand tu veux.

Autre avantage non négligeable : la tranquillité.  Enfin, tant qu’on n’a pas d’enfants. Mais comme le dit le vieil adage : les enfants, c’est comme les pets, on ne supporte que les siens. Donc dans un avion ou un train, un gosse qui gueule, ça vous ennuie. Dans la voiture, un gosse qui gueule, c’est le vôtre. Parce que dans le train ou l’avion, faut quand même supporter le regard outré des autres voyageurs qui n’aspirent qu’à de la tranquillité et il arrête de brailler ce con de mioche oui ? Ceci étant dit, j’ai une patience très limitée voire inexistante dans ce domaine. Autant les bébés, je ne dis rien parce qu’un bébé n’a que ses pleurs pour s’exprimer et ne comprend pas la notion de « chut, tu déranges les gens », autant y a un âge où l’impassibilité des parents face à leur progéniture bruyante m’agace un peu. Surtout qu’à sa place au mioche, il m’aurait rien manqué… Donc dans la voiture, tu écoutes la musique que tu veux, tu peux dormir dans un cadre paisible si tu es le passager… Et si tes gosses ne sont pas sages, tu fais comme ma mère : tu t’arrêtes à une station d’autoroute, tu fais descendre les enfants et tu les menaces de les laisser là s’ils ne se calment pas. Radical.

Mais la voiture, c’est pas toujours le pied non plus. Bon, déjà, y a la coût : avec le prix de l’essence, je pense sincèrement qu’un aller-retour Paris-Toulouse en avion coûte moins cher que le trajet en voiture. Mais surtout, en voiture, tu es moins détendu puisqu’il faut rester vigilant : quand on conduit, on ne s’endort pas. Sinon, c’est la catastrophe. D’ailleurs, on a plus de chance d’avoir des accidents en voiture qu’en train ou avion (même si on a moins de chances d’en mourir). Donc on s’en fout bien de la tranquillité, on ne peut pas se
reposer ! Si on est seuls, on peut au moins chanter à tue tête avec la radio, ça maintient éveillé et ça rend de bonne humeur.

Mais surtout, en  voiture, l’enfer, c’est les autres. Pas comme dans les transports en commun où on reproche surtout aux autres leur bruit (ou leur odeur de sandwich au pâté). Là, les autres sont des dangers permanents pour nous puisqu’eux ne savent pas conduire alors que nous oui. Et qu’eux sont des abrutis de partir en vacances en même temps que nous. Comme dirait ma mère « on dit que les gens n’ont pas d’argent et pourtant, ils partent tous en vacances! ». Ben oui, en voiture, on s’énerve et on tombe vite dans une mauvaise foi hallucinante. Alors on distribue les connards et connasses à des gens qui n’entendront pas nos insultes (ce qu’on est courageux quand on ne risque rien), on distribuera quelques doigts, on fera exprès de mettre deux heures à se remettre sur la file de droite pour faire chier le Fangio de derrière qui nous fait des appels de phares depuis une heure (ben oui, j’ai qu’à me ranger sous le camion, moi aussi)…

Bref, la voiture, ça a des côtés bien pratiques mais un défaut majeur : ça fait ressortir le pire de nous. Et pour peu qu’on ne trouve pas de place pour se garer à l’arrivée, le premier jour des vacances sera clairement placé sous le sceau de la mauvaise humeur.

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A nous de vous faire préférer le train

Apparté personnelle : mouahahah

Le train et moi, c’est une longue histoire d’amour, ça fait trois ans que j’écris ici mes loses en la matière et Dieu sait qu’il y a à dire. Là, encore, pour rentrer chez mes parents, je n’ai eu que 10 mn de retard mais le jeu n’était pas là. Normalement, sur cette ligne, on a droit à un corail Teoz magnifique, ach’ment mieux qu’un TGV mais quand j’arrive sur le quai, je constate qu’il s’agit d’un corail tout pourri. Bon, c’est pas dramatique, je compte dormir de toute façon. Mais la SNCF  est joueuse : mon numéro de place sur le billet n’est pas le bon et faut regarder sur un tableau à quelle place je dois m’asseoir finalement. Mais comme personne ne nous le dit, tout passager qui rentre n’est pas au courant et on s’amuse à tous se renvoyer d’une place à une autre parce que « non, ça a changé, il faut regarder le tableau! » sauf que personne ne comprenait dans quel sens ça marchait (enfin, si, c’était simple mais encore faut-il savoir lire un tableau et c’est pas donné à tout le monde, apparemment).

 

Le train, y a des trucs que j’aime bien et essentiellement deux : quand je regarde par la fenêtre, je vois autre chose que des nuages et j’arrive direct en centre ville donc je ne perds pas trop de temps. Et puis dans le train, même si y a des fois des mecs qui passent pour nous vendre à boire et à manger, ils ne nous réveillent pas pour ça alors que dans l’avion, si. Ceci étant dit, dans le train, on est réveillé par les contrôleurs vérifiant nos billets, c’est pas forcément mieux, c’est vrai. En plus, si le train berce bien plus que l’avion, on s’arrête aussi plus souvent, ce qui casse un peu le rythme du sommeil.

Mais surtout, ce qui est problématique en train, ce sont les bagages. Il n’y a pas d’espace pour les ranger, du moins pas assez. Dès que je pars avec ma grosse valise, c’est la prise de tête. Impossible de la mettre dans les porte bagages au dessus de la tête : elle est déjà trop lourde puis en plus trop large : elle va forcément tomber et ça peut faire très mal. Quant aux espaces bagages à l’entrée du wagon, ils sont saturés sauf l’étage du haut mais on en revient au problème premier : trop lourd pour moi. Une fois sur deux, je suis obligée de
l’abandonner dans un espace libre et là, c’est parti pour la parano : et si on me piquait ma valise pendant un arrêt ? Parce que si tant est que ça arrive, je suis mal : la SNCF a clairement spéculé sur mon billet qu’elle n’est pas responsable de ma valise. Donc si une personne décide de descendre avec MA valise, je n’aurai plus que mes yeux pour pleurer. C’est vraiment le problème majeur du train : on a quand même moins de place individuellement que l’avion, on est encombrés par les bagages, je n’aime pas du tout ce côté là.

Autre joie du train : les retards. Bon, il y en a aussi dans les avions mais la magie du train, c’est que même si tout ne fonctionne pas forcément, on lance le convoi, des fois que ça tienne. Du coup, on peut tomber en panne en pleine voie. Alors on en meurt pas mais dépanner un train, c’est long. Très long. De plus, pour une raison qui m’échappe totalement, la clim se bloque automatiquement dès qu’on dépasse les 35° à l’extérieur. Donc s’il fait très chaud dehors, vous serez cuits à la vapeur dedans, si c’est pas sympa ça quand même ! Hammam gratuit pour tout le monde.

Enfin, le train est un transport plus familial que l’avion même s’il n’est pas forcément moins cher in fine, surtout s’ils suppriment la carte famille nombreuse comme annoncé. Du coup, partir en train durant les vacances, c’est souvent prendre le risque d’avoir de charmants bambins qui assurent l’animation… Et c’est pas forcément sympa, surtout si l’animation en question se trouve sur le siège derrière et vous file un paquet de coups de pieds.

Bref, en fait, le train, c’est juste bien parce qu’on reste au sol, c’est moins polluant (mais des fois, ça fait des feux de broussailles) et on va de centre ville à centre ville. Mais allez savoir pourquoi, c’est toujours un peu plus la galère que l’avion.

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Mes fesses ne sont pas un espace public

Hier, je vous avais promis un article sur le train aujourd’hui, le voici. Mais pas celui que j’avais prévu qui était la suite du cahier de vacances. Pas non plus un où je raconterais que le train est arrivé en retard parce que, curieusement, je n’ai eu aucun problème. Enfin, aucun problème avec le train.

Le voyage commence plutôt bien : train à l’heure et relativement désert pour un dimanche soir. A côté de la place qui m’est réservée dort une nana avachie qui déborde un peu de mon côté. C’est pas grave, en face, il y a une banquette de vide, je vais m’y installer. Je jette joyeusement mes affaires partout, fais coucou à papa-maman jusqu’à ce que le train parte. Il faudra que je fasse un jour un article sur ce moment un peu ridicule où tout le monde se fait coucou et que je me sens très gourdasse. A peine le train parti, un  gars de
type altermondialiste qui revient d’un festival (il y en a plein dans mon sud ouest en été) arrive et me signale qu’il est assis à côté de moi. Je le salue poliment et pousse tout mon barda en m’excusant puis je me plonge dans la lecture de mon roman tout en regardant dehors ce qu’il se passe.

A un moment, j’ai comme une sensation bizarre juste en dessous de la fesse droite, sur le haut de la cuisse, comme si j’étais assise sur quelque chose. Je réfléchis à ce que j’ai pu mettre dans ma poche, pensant de suite à mon portable mais non, il est dans mon sac. Bon, peu importe. Je retourne à ma lecture et là, j’entrevois quelque chose dans mon champ de vision : la main de mon voisin est légèrement glissée sous ma cuisse, c’est ça le truc. En fait, il est assis de biais, tourné vers moi, son pouce glissé dans l’espace entre nos deux sièges et ses doigts sous ma cuisse, donc. Sur le coup, je pense qu’il dort donc je ne dis rien, ne sachant trop depuis quand ça dure. J’essaie de reprendre ma lecture en chassant deux insectes qui m’attaquent. Super, je suis légèrement entomophobique, il va être long le voyage.

Mon voisin bouge. Il ne dort pas, en fait. Là, y a problème. Je serre un peu les fesses, je me débarrasse pas de sa main. Bon, je reste dans mon bouquin, ça va le décourager. Sa main reste en place. Quand on arrive en gare suivante, ses doigts bougent et me caressent la cuisse. Là, je me sens oppressée, je vais hurler. Heureusement, deux vieilles filles arrivent et nous réclament les places : moi, je savais ne pas être à la mienne mais manifestement, lui non plus. Je retourne à la mienne et quelques instants après, la nana avachie est dégagée par un mec de type militaire (et il l’était, d’ailleurs, il avait une carte quand il a été contrôlé). Au moins, avec lui, j’étais plus tranquille.

Là, j’étais furax. Contre le tripoteur bien sûr, contre les contrôleurs qui ne passent jamais, contre la vache verte mollasse qui prenait deux banquettes alors qu’elle n’était pas à sa place. Puis finalement, j’étais surtout en colère contre moi. Non pas que j’aurais pu avoir quoi que ce soit qui attire ce genre de comportement : t-shirt et pantalon, on a connu plus sexy. Quand bien même j’aurais été en mini robe parce qu’on est quand même en été, personne n’a à me toucher sans mon autorisation. Mais j’aurais dû lui dire d’arrêter, me rebeller. Le mec m’a touché la fesse pendant 30 bonnes minutes et je me suis contentée de l’ignorer. Evidemment, je me voyais mal faire un esclandre dans un espace aussi confiné et calme qu’un wagon de train (y avait pas un bruit) mais j’aurais dû faire quelque chose, lui dire d’arrêter. Je suis en colère contre ma lâcheté.

Alors c’est sûr, il n’y a pas mort d’homme, il existe des dizaines et des dizaines d’agressions plus graves. On m’a déjà touché les fesses dans la rue, parfois dans le métro mais là, on ne sait jamais si c’est volontaire ou accidentel aux heures d’affluence. Le problème, c’est de voir qu’une nana ne peut pas voyager tranquille sans subir ce genre de choses. Se faire draguer est une chose, ça m’arrive parfois dans le train sans que je comprenne pourquoi puisqu’en général, pour les 5 à 6 heures de train que je dois me taper, je ne me maquille pas, m’habille n’importe comment et vu que je dors les trois quarts du trajet, je ne parle même pas de la coiffure expérimentale. Mais je ferme poliment la porte. Là, le mec a franchi les limites.

Et je n’ai rien dit. Pour ceux qui me suggèreraient de poser une main courante, je sais pas si c’est possible : je ne sais pas où il est monté ni descendu. J’ai vu un mec à l’arrivée de Paris, je n’étais pas sûr que c’était lui : j’étais persuadé qu’il était blond avec un pantalon jaune mais là, il y en avait un coiffé pareil, châtain clair avec un pantalon vert… Impossible de savoir si c’était lui ou pas…Je suis nulle comme témoin.

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Accusé de réception

« Cher Père Noël,

Alors que je m’apprêtais à écrire à ton SAV pour dire que j’avais pas reçu l’homme idéal que j’avais commandé, le voilà qui m’arrive enfin ! Avec une semaine de retard sur le délai que je t’avais demandé mais on va pas chipoter pour une semaine. J’avoue que ce fut une belle surprise, je l’ai pas vu venir. Tu as plutôt bien respecté mes demandes, excepté les yeux verts et les 3 heures de train… Oui, faudra un jour qu’on m’explique comment je me débrouille pour toujours trouver des mecs qui vivent loin. Bon, je te confesse que tu as bien respecté certaines de mes demandes, comme la barbe (mmmm…), le beau profil, l’humour, la culture… Et il est même pas allergique aux chats, même si, pour l’heure, il n’apprécie pas trop Kenya. Bon, ok, c’est pas sa faute, elle est particulièrement chiante en ce moment.

Laisse-moi te raconter un peu l’arrivée de ton cadeau dans ma vie et surtout la livraison. Donc, comme je te disais, ce fut une belle surprise, je ne m’y attendais pas (ou plus, comme tu veux). Dès notre première conversation MSN, on ne se quittait déjà plus, on a fini par se déconnecter à 6h du matin… Heureusement, en ce moment, il y a de longs week-end. Bref, tous les soirs, on se retrouve, on se parle et on n’arrive pas à se quitter. Je t’avoue que me coucher tous les soirs entre 2 et 3h du matin, ça n’aide pas à être en forme au boulot le lendemain mais j’assume, je suis une professionnelle. Bon, j’ai la tête dans le cul et Pierre-Cécil doit se demander ce que je fais de mes nuits mais passons.

Avec le jeune homme, Alexandre, on se reconnaît, on s’attache, on devient accro l’un à l’autre. Le soir, je rentre, je jette mes affaires pour me mettre sur MSN et lui parler. Ce n’est pas que j’ai beaucoup de choses à lui raconter, mes journées ne sont pas palpitantes, mais j’adore parler avec lui. Et c’est réciproque. A tel point qu’il décide de venir me voir dans la capitale. Je suis excitée comme une puce, je souris bêtement quand il m’appelle ou m’envoie un SMS, une vraie adolescente, en somme. Au départ, il devait dormir chez son meilleur ami et finalement, il vient directement chez moi. De toute façon, faut être honnête, il aurait passé toutes les soirées et nuits chez moi donc autant faire gagner du temps à tout le monde.

Mardi, le jour J, je suis trop nerveuse. Après avoir nettoyé mon appart, je me refais une beauté et je file le chercher à la gare mais le parcours est semé d’embûches. D’abord, j’arrive aux abords de ma gare, je vois le train arriver donc c’est parti pour un sprint. Sauf que pour arriver sur le quai, y a une sacrée pente donc je cours, mes abdos et mes jambes protestent, j’arrive en haut et… je me rends compte que le train n’arrive que dans 3 minutes, celui que j’ai vu ne s’arrêtait pas. Argh ! Bon, je prends mon train, j’arrive à la gare et je m’en vais prendre le RER. Toute guillerette, je glisse mon ticket dans la machine, je pousse la barrière d’un coup de bassin et… Aïe, il s’ouvre pas ! Bon, je reprends mon ticket et je vais au portique suivant, rebelote. Quoi ? Le ticket tout neuf du mois de mai qui me coûte les yeux de la tête ose me résister ? Je regarde autour de moi, personne ne vient. Bon, portique, c’est pas que ça m’enchante mais je vais te passer dessus. Comme je suis très maladroite, je vérifie quand même une dernière fois que personne ne vient car je pressens que je vais me péter le dos ou une dent (au choix). Pied droit, pied gauche… Ciel, je suis de l’autre côté et entière ! Bon, tant mieux, aller chercher Alex à la gare avec un dent pétée, ça l’aurait pas fait.

Donc je rejoins la gare où le jeune homme arrive, je suis un poil en avance et totalement stressée donc j’allume une clope. Au loin, je vois le phare du train qui arrive, mon cœur bat à tout rompre. Ben, merde, me voilà aussi nerveuse qu’une collégienne qui a rendez-vous avec un garçon pour son premier baiser. Le train s’arrête, les gens descendent et là, panique : sans lunettes, je ne distingue pas les visages. Il va arriver et je le verrai même pas, ça le fait pas de coller un vent à ce pauvre garçon d’entrée de jeu. Dieu merci, il était au courant de ma vision pas très nette donc il a mis un T-shirt que je lui connaissais. On se retrouve enfin face à face, en vrai… La rencontre est plus que chaleureuse puisqu’on s’embrasse à en perdre haleine. Enfin, on se trouve !

Bon, ensuite, on va au resto, on rigole bien. C’est un peu comme si on se connaissait déjà, on est très à l’aise. On se dévore des yeux, on se caresse du bout des doigts. Bon sang, Père Noël, t’as quand même bien fait les choses, quel charme ! Déjà, en photo, il était bien mais en vrai, miam ! Après un bon dîner, on repart, le cœur léger, on monte dans le métro mais au bout de deux stations, panique : il n’a plus son ordi portable. On retourne fissa au resto, il est persuadé qu’on lui a piqué, moi, je reste positive. Le séjour ne peut pas mal commencer, c’est obligé. Quand je lui sors mon argument, il me promet un massage si on retrouvait le pc. Ben, j’ai gagné (mais je l’ai pas eu, mon massage, je n’oublierai pas de le réclamer la prochaine fois !).

Comme on est un peu pressés de rentrer, on opte finalement pour un taxi. Comme on est très chanceux, on tombe sur un chauffeur qui a oublié de se doucher depuis quelques temps, le taxi pue la sueur, ce qui nous amuse. On se chahute un peu puis on arrive enfin chez moi. Bon, la tentative de massage a très vite dégénérée mais je n’en dirai pas plus, Père Noël, tu es un vieux monsieur et je ne voudrais pas te choquer. Sache en tout cas que je suis très satisfaite des performances du jeune homme…

La semaine en compagnie d’Alex fut plus qu’agréable et j’avais la gorge serrée quand il est parti. Une fois de plus, me voilà partie dans une histoire pas simple, je dois les chercher, quelque part. Mais bon, je pense que tout ira pour le mieux, vu que tout me sourit en ce moment. Puis tu es gentil, Père Noël, t’es pas comme le petit Jésus, tu fais pas des coups foireux. Puis tout le monde s’extasie sur mon nouvel épanouissement. Malgré mes courtes nuits et mes longues pauses coquines entre deux reportages (hihihi), malgré mes cernes, apparemment, j’ai bonne mine.

Voilà, merci donc pour mon cadeau, je vais en prendre bien soin, rassure-toi. Je voulais t’envoyer une photo du monsieur mais j’ai pas pu la mettre sur le pc… Je te l’enverrai quand je pourrai, tu verras comme je le traite bien.

Bisous Père Noël (et à la mère Noël aussi, ne soyons pas sectaire)

Nina, heureuse. »

 

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