Vais-je aller voter à la primaire socialiste aujourd’hui ?

Je commence cet article sans savoir comment il va finir car, quand je débute l’écriture de cet article, à savoir samedi soir à 19h57, j’en sais encore rien… Et j’espère que cet article m’aidera dans mon choix. Oui, mon blog me sert à prendre des décisions, pratique… Alors, la primaire socialiste, j’y vais ou j’y vais pas ?

les sept candidats à la primaire socialiste de 2017

Prenons en compte différents éléments :

  • Je dois sortir de toute façon

Premier argument minable, certes, mais qui a du poids dans la balance, ne nous mentons pas. Pendant que vous lisez cet article (si vous le faites de 14h30 à 17h30), je suis en plein atelier yoga avec une nouvelle prof que je viens de découvrir et que j’ai trouvé super. Et que puis-je trouver sur mon chemin ? Un bureau de vote pour la primaire socialiste. Non parce que même si ce bureau est à environ 5-10 mn à pied de chez moi, j’avoue qu’au vu du temps, l’idée de s’habiller et de foutre le nez dehors juste pour ça, ça me motive que très moyennement…

Une femme fait du yoga dans une forêt, figure du pont

  • Je ne voterai pas PS au premier tour

Ah non, ça, c’est clair et net. Je suis cette génération qui a voté pour la Présidentielle pour la première fois en 2002… Pleine de prétention et d’idéaux, j’avais mis un bulletin Besancenot dans l’urne parce que le PS, ils étaient bien gentils mais ils étaient pas très à gauche quand même, je voulais envoyer un message. Enfer et damnation, pas de Jospin au 2nd tour mais un Le Pen tout triomphant. Je m’en suis longtemps voulu et ai renoncé au vote contestataire parce que “Front Républicain”, gna gna gna. Sauf que bon, pardon, mais si Le Pen s’est retrouvé au 2nd tour en 2002, ce n’est pas tant la faute de ceux qui n’ont pas voté Jospin au 1er tour… que ceux qui ont voté Le Pen justement. Depuis, j’ai à peu près toujours consciencieusement voté PS par prudence, jusqu’en 2012 donc… et depuis, c’est terminé. Pour info, le “front républicain contre le FN” n’est pas un programme. Et franchement, suite à la trahison totale que fut ce mandat, bien pire que ce à quoi je m’étais préparée, allez cordialement vous faire voir. Mon candidat pour le premier tour est choisi et il ne sera pas PS.

écologie

Même si ok, là, aussi, ça se pose niveau trahison

  • Et je ne suis pas sûre de voter PS au 2ème tour

Si tant est que le PS passe au 2nd tour, ce qui n’est déjà pas garanti. Mais imaginons un second tour Fillon-candidat PS, est-ce que ça ne vaudrait pas le coup de voter pour le candidat PS qui serait sans doute “moins pire” que Fillon. Là, j’ai envie de répondre “ça dépend”. Honnêtement, si c’est Valls jamais-de-la-vie-je-vote-pour-lui.

Manuel Valls en duck face

Allez, si, vote pour moi

  • Mais y a ce candidat qui me parle

Evidemment, je ne suis pas d’accord avec lui sur tout, tout, tout, et il dit aussi des conneries mais j’ai une certaine appétence pour ses idées. D’ailleurs, quand j’ai fait le test BFM pour savoir qui était mon candidat et je ne fus guère surprise du résultat. Oui, j’ai de la sympathie pour ce candidat et ses idées mais… Il reste quand même un sale goût dans la bouche, celui de la trahison… Désolée mais je vois pas bien comment passer au delà de cette enculade des 5 dernières années. Voter PS, ce serait un peu comme m’installer  avec un pervers narcissique, c’est juste insane.

Manifestations contre la loi travail et l'utilisation du 49-3 en France

  • Mais c’est sans doute élire le prochain chef de l’opposition

Considérant que, sans surprise, le PS ne gagne pas les élections, le nouveau patron peut potentiellement être le patron de la prochaine opposition (non parce que Macron et Mélenchon, ils sont mignons mais ils ne préparent pas du tout les législatives donc bon, pour représenter une opposition à l’Assemblée, ça va devenir compliqué) et vu que je sens que si Fillon passe, je vais vraiment pas aimer ce qu’il va se passer, j’aimerais un chef de l’opposition pas trop en mousse.

Renho Murata, chef de l'opposition japonaise

  • Juste pour dégager Valls

Oui, ok, je vais aller voter.

Bon, voilà, on va dire que selon le monde qu’il y a quand je passe, j’irai. Ou pas donc.

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Interstellar de Christopher Nolan

Bonjour, j’ai pris l’avion donc j’ai vu plein de films que je n’avais pas vus au cinéma et je viens partager mon avis.

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Interstellar, donc. J’ai un petit intérêt pour les space operas. Dès qu’un film se passe dans l’espace, ça m’intéresse même s’ils sont souvent assez mauvais. Mission to Mars te fait taper la tête contre les murs tellement les ficelles sont grosses, Prometheus m’a fait pas mal lever les sourcils (et m’inquiéter pour la carrière de Charlize Theron qui se Sharon Stonise de plus en plus…), même Albator m’a laissé un peu dubitative sur le scénario (mais pas sur l’animation notamment de l’Arcadia, splendissime). Après avoir maté Gravity au cinéma et en 3D, je voyais en Interstellar, l’occasion de remonter un peu le niveau. Non parce que Gravity, c’était très bien fait, bien malaisant mais le scénario avait été oublié sur Terre.
GRAVITY
Donc Interstellar. On va pas faire durer le suspense : à la première tentative de visionnage, je me suis endormie au bout de 8 mn, j’ai tenu 1h20 la 2e et enfin terminé la 3e. Parce qu’on va pas se mentir : c’est chiant et long.
interstellar
L’histoire : Cooper, un ancien pilote d’on ne sait trop quoi (une navette ? Un avion supersonique new generation ?) est devenu agriculteur après avoir planté sa machine mais ne s’est pas remis de cet échec cuisant. Il vit dans une petite ferme avec son papounet et ses 2 enfants : un garçon qui ne sert pour ainsi dire à rien et une fille qui vient réveiller son papa car les fantômes de sa chambre foutent le bordel. Cette enfant, répondant au doux nom de Murphy (si vous n’aimez pas les enfants, n’en faites pas au lieu de leur gâcher la vie avec des prénoms improbables) n’a pas 5 ans mais facilement le double et souffre du syndrome de l’enfant intelligent et fayot qui n’a visiblement pas réglé son complexe d’Oedipe puisqu’elle n’adresse pour ainsi dire la parole qu’à son Père. En résumé, au bout de 10 mn, Murphy me gonfle et pas qu’un peu. Quant à son père, à part serrer les mâchoires et faire son rebelle nostalgique d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, il est à peu près aussi passionnant qu’une réunion sur les résultats financiers de ta boîte un lundi matin à 9h. Donc on part direct sur des personnages sans charisme auxquels tu n’as pas envie de t’attacher. Bien…
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Après quelques scénettes sans intérêt et maladroites pour bien illustrer le monde merdique dans lequel l’Humanité évolue désormais (une chasse au drone totalement inutile et qui n’a pas le moindre sens, un nuage de poussière qui semble fasciner les joueurs de base ball alors que c’est décrit comme un phénomène normal… un peu comme si on restait saisis par une averse, quoi), on passe direct la 3e : Papounet comprend que Murphy délire pas tout à fait avec son fantôme mais en fait, c’est dû à une perturbation de la gravité et après avoir saisi que la gravité lui parlait en binaire, il reconnaît des coordonnées et fonce direct là où on lui dit d’aller. Bon après tout, vu qu’il a des grosses machines automatisées qui s’occupent de ses champs, on va dire qu’il n’a que ça à foutre de rouler des heures pour se rendre à un point dicté par la gravité. La facétieuse Murphy se glisse discrètement dans la voiture mais il s’en rend compte trop tard pour la ramener à la maison. Noyons cette enfant, par pitié.
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Notre joyeux duo finit par arriver devant un énorme bunker et se font embarquer illico presto par des personnes semblant légèrement hostiles parce que merde, comment qu’ils ont trouvé ce bunker introuvable ? On parle donc d’un énorme bâtiment avec une route qui le dessert… Ah ben oui, c’est étonnant que quelqu’un ait fini par le trouver dis donc… Bon bref, notre copain apprend qu’en fait, la NASA qui a été interdite quand il a fallu cultiver des champs pour nourrir l’Humanité a continué ses travaux en secret et même que le bâtiment secret dans lequel ils sont est en fait la structure d’un super vaisseau qu’ils ambitionnent un jour d’envoyer dans l’espace avec toute l’Humanité dedans car on pourra pas survivre sur Terre, c’est mathématique. Ca vous situe la taille du bâtiment « introuvable » au passage… Bref, puisque Cooper est là grâce à la gravité dont tous les scientifiques réunis ici reconnaissent la facétie mais la justesse, on se dit qu’on va tout raconter à Cooper, tiens.
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Donc si l’Humanité reste sur Terre, tout le monde va crever parce qu’on a tout cassé et le maïs qui est la seule céréale qui parvient à survivre va finir par disparaître elle aussi et bon, à partir de là, y aura plus rien à manger. Donc notre demi douzaine d’amis de la NASA, ils se disent que quand même, on peut pas laisser les humains disparaître comme ça donc ils ont mis en place 2 plans : plan A : il y a un trou de ver mis en place par on ne sait qui du côté de Saturne, on y va et derrière, y a 12 planètes possiblement viable. On y a déjà balancé 12 scientifiques et y en a 3 qui émettent toujours donc on va aller voir par chez eux si c’est bien viable, leur planète. Plan B : y a pas possibilité de rapatrier tout le monde mais les prochains scientifiques vont partir avec plein d’ovules fécondés pour  créer une colonie ailleurs (mais ceux qui restent sur Terre meurent, tant pis).
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Vous comprenez pourquoi j’en avais déjà marre… Des mecs qui bossent dans le plus grand secret ont envoyé 12 navettes dans l’espace : personne n’a rien vu (ben tiens) et l’argent et les matériaux doivent pousser sur les arbres à la NASA. Tout ça pour balancer des gens via un trou de ver placé par une entité inconnue pour, peut-être, trouver des planètes viables. Et comme on n’arrive pas bien à communiquer avec ceux qui sont partis, on va re renvoyer des spationautes jeter un oeil et ils prendront des ovules fécondés qui vont certainement pouvoir grandir sans aucun incubateur vu qu’on est dans le futur. Plan moisiiiii. Alors évidemment, on propose à Cooper de piloter le barda parce que bon, on part demain et qu’on n’a personne pour conduire la navette. Merci la gravité, hihi. Evidemment, Cooper accepte, Murphy chiale et veut pas lui dire au revoir, elle lui dit que la gravité lui a dit en morse « reste » (la gravité a du mal à choisir un langage, elle en utilise donc plusieurs) mais Cooper n’écoute pas : tu comprends, il fait ça pour sauver ses enfants.
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La petite troupe part. Dans le vaisseau : Cooper, le Dr Brandt, fille du Dr Brandt, chef de la NASA et qui est donc la seule, en dehors de Cooper, à avoir le droit à un background familial, un docteur barbu et un docteur noir qui ont certes des noms mais on les retient pas parce que… on s’en fout en fait. Nos joyeux drilles sont accompagnés de 2 robots carrés répondant aux doux noms de TARS et CASE, les seuls à avoir un peu d’humour parmi notre bande de scientifiques bien trop investis de leur mission. Ils partent, s’amarrent à une station qui avance en tournant sur elle-même (clin d’oeil SUBTIL à 2001 odyssée de l’espace). Avant leur hibernation de 2 ans (durée pour rejoindre le trou de ver au niveau de Saturne), ils matent les messages envoyés par leur famille et en envoient un. Murphy l’insupportable fait toujours la gueule.
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2 ans plus tard, tout le monde se réveille et on se jette dans un trou de ver, concept gentiment expliqué par le docteur barbu à Cooper, le pilote du vaisseau… C’est à dire que le mec qui est censé conduire à travers le trou de ver ne sait pas ce que c’est ? On retrouve là le problème récurrent de ce film : sous prétexte de poser des éléments, il les explique un peu à tort ou à travers.
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D’ailleurs, de l’autre côté du trou de ver, nos planète soit disant viables gravitent autour d’un trou noir et on est repartis pour un blabla scientifique qui a surtout pour intérêt d’intégrer le temps comme une donnée relative. En gros : la première planète qu’ils souhaitent visiter est très proche du trou noir donc le temps y est fortement ralenti : une heure sur cette planète équivaut à 7 ans sur Terre. Donc on y va quand même mais on reste pas trop pour pas trop trop vieillir et bon, le temps, c’est précieux, la planète Terre est en train de tuer ses habitants. Evidemment, l’expédition qui devait durer quelques minutes se passe mal, le docteur barbu disparaît très mais alors très connement et Cooper et Dr Brandt ne parviennent à repartir qu’au bout d’une heure, soit 7 ans sur Terre… mais en fait non, quand ils arrivent dans le vaisseau, ce sont 23 ans qui se sont envolés. Légère erreur de calcul, dis donc. Le docteur noir les attendait sur le vaisseau et on mesure alors la compassion de la Dr Brandt : quand le docteur noir demande où est le barbu et la scientifique qui a atterri sur cette planète, elle secoue la tête pour dire « nan, ils sont morts. Et mon père ? » « Il est toujours en vie » « aaaah, super ! ». La Dr Brandt et Cooper vont donc écouter les messages envoyés par leurs proches (le Noir n’a toujours pas de famille) car ils peuvent en recevoir mais pas en envoyer. Cooper a droit au journal intime de son fils qui a rencontré une fille puis ils sont mariés puis ils ont un enfant mais il meurt car la Terre est devenu un milieu hostile mais il en a un 2e et tiens, papy est mort la semaine dernière. Quand soudain, en dernière vidéo, qui que voilà ? Murphy ! Voilà, au bout de 23 ans, elle a fini de faire la gueule. Et devinez quoi ? Murphy travaille à la NASA avec le papa du Dr Brandt, c’est foufou !
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La 1ère planète étant moisie, nos spationautes décollent vers une 2e planète, celle explorée par le Dr Mann qui fait palpiter la culotte du Dr Brandt. C’est une planète où les nuages sont en glace… Oui bah pourquoi pas, la 1ère était une planète recouverte de 50 cm d’eau avec des tsunamis tous les trois-quarts d’heures alors bon… Ils arrivent à localiser le module du Dr Mann, il est dans son sarcophage d’hibernation et là : ouiiiiiii, il est en vie. Bon apparemment, l’élan du coeur du Dr Brandt n’était pas trop partagé vu qu’il ne la calcule pas vraiment. Ca va pas aider à peupler la planète habitable qu’ils vont trouver cette histoire. Le Dr Mann dit que la planète est viable sous les nuages de glace et il va amener Cooper zieuter tout ça. Oui, amener le seul mec nul en biologie du lot voir si une planète est bien viable, ça me paraît un bon plan.
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Et là, on arrive au gros raté du film à mon sens. Nolan choisit de développer en parallèle l’exploration de Cooper et Mann, le docteur noir qui va essayer de réparer le robot de Mann qui est démonté et Murphy qui, au sol, découvre la trahison du Dr Brandt qui a fait exprès de pas intégrer la donnée temps dans ses calculs pour faire partir sa fille et lui permettre de survivre (j’ai pas trouvé ça super clair, j’avoue). Or la trahison de papa Brandt te laisse à penser que ça va pas bien se passer chez les spationautes non plus et ça loupe pas : en fait, Mann a pété les plombs : il a fait croire que sa planète était viable juste pour qu’on vienne le chercher et décide donc de tuer Cooper tandis que le Dr Noir, en voulant réparer le robot qui aurait donc révélé la supercherie, vole en éclat. On est donc dans un rebondissement clé du film et on le voit venir à des kilomètres grâce à un montage grossier. Et le reste est pire : grâce à l’amour d’un père pour ses enfants, Cooper parvient à prévenir la Dr Brandt de sa situation, elle vient le sauver alors qu’il commence à ne plus pouvoir respirer (hey, Gravity !). Mon Dieu est-ce qu’il existe quelque chose de plus tarte que « c’est grâce à l’amour d’un père pour ses enfants que j’ai pu survivre plus de 5 mn dans un air irrespirable » ? Accrochons-nous, nous avons dépassé la moitié du film.
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Mann essaie de s’enfuir à bord du gros vaisseau mais comme il est un peu con, il se loupe et provoque une explosion qui endommage le vaisseau mais pas trop. Au point où ils en sont, ils décident donc de larguer un des robots dans le trou noir pour qu’il puisse dire ce qu’il s’y passe (comment ?) et repartir vers la dernière planète soit disant viable, on ne sait jamais. De toute façon, viable ou pas, ils n’ont aucun moyen de le dire aux autres donc voilà, tout le monde va mourir.
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Mais en fait non ! Parce que Cooper, il est un peu tête brûlée donc il se balance lui aussi dans le trou noir en laissant la pauvre Dr Brandt seule dans l’univers pour aller coloniser une planète qui est peut-être viable… Hmmm… Pendant ce temps, Murphy a soudain une révélation et retourne dans sa chambre de jeune fille, persuadée que la gravité va lui donner la solution au problème du Dr Brandt et sauver donc l’humanité. Hé oui, dis donc parce qu’en fait, son père est tombé dans une sorte de zone étrange construite par on ne sait qui (les mêmes que le trou de ver) qui lui donne accès pile à la chambre de Murphy, incroyable ! C’était donc lui qui lui parlait en morso-binaire dis donc. Comme il est pas si con, il comprend en 2mn30 comment ça marche et lui livre donc en direct la solution à son problème grâce à la montre qu’il lui avait offerte lors de son départ (et qu’elle avait légèrement fracassée contre un mur mais apparemment, c’est du solide). Bon, pendant ce temps, il se passe aussi un truc avec le frère de Murphy mais ça sert juste à mettre de la tension (« est-ce que Murphy arrivera à recevoir le message de son père avant que son frère, ultra vénère qu’elle ait cramé ses champs, vienne lui casser la figure ? » Suspense totalement inutile puisque pour rappel, Cooper navigue dans le temps, justement…).
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Une fois sa mission accomplie, Cooper se laisse dériver dans l’espace dans un plan totalement pompé sur 2001… Mais c’est pas encore la fin (achevez-moi), non non ! Parce qu’en fait, Cooper est ramassé dans l’espace juste avant la fin de son oxygène par l’immense vaisseau spatial qui balade l’humanité et va aller voir du côté du Dr Brandt si y a de la planète viable ou pas. Cooper retrouve donc Murphy (son fils doit être mort, il ne pose même pas la question), vieille dame honorable entourée de tous ses enfants. Ils se font un petit bisou puis Cooper prend un vaisseau rejoindre le Dr Brandt qui est en train de tripatouiller ses ovules fécondées, se pensant seule dans l’univers.

FIIIIIIN

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Alors oui, j’ai trouvé ce film ennuyeux d’abord parce que les personnages sont stéréotypés et absolument pas attachants. Quand Cooper apprend que son père est mort et que son petit fils aussi, il chiale comme un perdu… et moi je ne comprends pas bien de qui on parle. Quand Murphy lui parle enfin, je me dis juste « et bien, 23 ans de boudage, record battu ». Les relations entre personnages sont mal ficelées : hormis l’amour entre Murphy et son père (au détriment d’un fils dont on se demande presque à quoi il sert à part garder la ferme familiale et expliquer le retour de Murphy 23 ans plus tard), les autres relations sont mal mises en place et les rebondissements qui y sont liés tombent à plat : le Dr Brandt est prêt à sacrifier l’humanité pour sauver sa fille mais les 2 personnages n’interviennent quasi jamais ensemble à l’écran. La même Dr Brandt est amoureuse du Dr Mann mais cet élément disparaît à partir du moment où elle le retrouve et n’est moteur de plus rien. Cooper abandonne sa fille (certes grabataire) en fin de film pour rejoindre la Dr Brandt avec qui il n’a jamais été question de relations plus profondes que du professionnel. Mouais…

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Mais le plus violent reste les trous dans le scénario. Certes, on ne peut pas tout expliquer dans un film de 3h mais le côté « oh bah y a des gens qui ont construit ci ou ça, on sait pas qui ni pourquoi mais on va partir du principe que c’est pour nous et notre bien ! ». Heu… De la même façon, il y a un vrai souci avec cette histoire de gravité magique : dans la chambre de Murphy, il s’agit donc d’une intervention de son père flottant dans le trou noir. Pourquoi pas. Mais ces perturbations sont également à l’origine du crash de son vaisseau en tout début de film et ça, on ne sait pas pourquoi. De façon générale, les personnages prennent tout avec une placidité assez troublante : Cooper découvre la base secrète de la NASA, on lui explique que la Terre est condamnée et qu’il faut aller piloter un vaisseau, le mec dit oui sans discuter et va enfiler sa tenue.  Au passage, j’aimerais savoir comment ils auraient fait pour piloter cette fameuse navette sans la providentielle gravité. Quand ils découvrent des planètes aux vertus scientifiques étonnantes (les tsunamis avec 50 cm d’eau ou les nuages en glace), ils ne cherchent pas à comprendre : c’est comme ça et point. Quand la Dr Brandt touche une perturbation de la gravitation dans le vaisseau (en fait Cooper qui remonte le temps dans son trou noir), elle touche et point. Personne ne lui demande ce que ça fait, à minima. C’est-comme-ça. Pour des scientifiques, je trouve qu’ils manquent cruellement de curiosité.

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Bref, le film est bien fait, les effets spéciaux sont bons. Je suis un peu surprise du parti pris de filmer les navettes en plan très serré, on ne doit les voir dans leur globalité qu’une fois ou deux mais après tout, pourquoi pas. Mais je suis pas rentrée dedans du tout. Moralité : je vais me remater 2001, odyssée de l’espace.

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Je te guette, tu me guettes

Vous avez eu de la chance : quelques mails envoyés, des sourires échangés, une histoire qui démarre. Vous n’y croyiez qu’à moitié mais vous avez réussi l’impensable : trouver l’amour sur un site de rencontre. Enfin, en tout cas, c’est bien parti pour transformer. Sauf que la tentation est là. Celle de cumuler quelques conquêtes de plus histoire de peaufiner votre tableau de chasse ? Non, celle de vérifier que votre only one ne continue pas à chasser dans votre dos.

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Les sites de rencontre sont de sales fouines. Si, si. Des engeances du diable qui font passer la Gestapo pour de doux agneaux. Après vous avoir questionné moults heures sur tout et à peu près n’importe quoi, ils caftent vos activités à tous les membres inscrits : êtes-vous connectés en ce moment ? Depuis quand n’êtes-vous pas venus ? Pire, certains vous filent un score permettant de mesurer en un coup d’oeil si vous êtes inscrits depuis longtemps et si vous êtes très actifs. Vous êtes pistés, c’est un fait.

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Du coup, puisque le site de rencontre raconte tout sur vos connexions, il en fait autant pour votre tendre moitié. Oh mon âme soeur, dis-moi que tu ne t’es pas connecté depuis notre premier baiser si romantique ? Mais… mais que vois-je ? Cet-te enfoiré-e de cochon-ne est connecté-e en ce moment-même ? Trahison et infâmie ! Je vais lui envoyer un mail pour lui dire ce que je pense et bousiller les bribes de notre relation naissante. On me la fait pas à moi !

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Sauf que. Point numéro 1 : comment reprocher à quelqu’un d’être connecté puisque, si vous l’avez découvert, c’est que vous étiez vous-mêmes logués sur le site ? Un peu comme si vous croisiez votre amour au bras d’une autre personne alors que vous vous baladez vous-mêmes au bras de votre illégitime, hôpital, charité, tout ça. Alors oui, il/elle est connecté-e et c’est dégueulasse sauf qu’on pourrait envisager que :

  • -il/elle soit connecté-e pour strictement les mêmes raisons que vous : vous pister. Ceci étant, la rupture semble alors une bonne option car si peu de confiance dès le départ promet de belles engueulades, crises de nerfs et parano. Ca va pas marcher
  • il/elle soit connecté-e pour effacer son compte. Oui, ok, ce serait un hasard un peu foufou de tomber piiiiiile à ce moment-là mais c’est une possibilité raisonnable.
  • il/elle soit connecté-e car il/elle a lié quelques relations amicales sur le site (si, ça existe) et discute avec des gens. Maintenant, ce serait bien de glisser que son adresse mail peut aussi servir à communiquer avec ses charmants correspondants.

correspondance

Alors oui, il est possible qu’il y ait quéquette sous couette et que votre promis-e ait encore un peu la dalle et cherche à croquer un peu de chair fraîche avant de s’engager avec vous. Ou alors il n’y a que vous qui croit en votre amour, l’autre vous prend pour un plan cul, ça peut arriver. Seulement lui sauter à la gorge comme ça, sans savoir bien de quoi il retourne, c’est la meilleure façon de passer pour un-e psychopathe et de se lancer dans une conversation souvent très désagréable à base “non mais je te dois rien”, “on n’a jamais dit qu’on était en couple” où, en plus, vous aurez le mauvais rôle puisque vous aurez le rôle du stalker.

Twilight-stalker

Alors quoi ? On se tait ? Il existe une méthode pour être sûr et certain de ce qu’il se passe : renoncer à toute dignité. Je vous raconte ça la semaine prochaine.

 

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Site de rencontres : petites infos personnelles

Quand tu mets les pieds sur un site de rencontre, tu deviens un produit. Un nom, une photo… et des informations « techniques » pour donner une idée globale du produit. Les doigts suspendus au dessus du clavier, prêts à taper les chiffres fatidiques, on est tentés de changer quelques petits détails. Un ou deux kilos en plus ou en moins, quelques centimètres de plus ici ou en moins là. Après tout, personne ne vous mesurera/pèsera le premier soir alors bon…

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Tricher un peu est tentant. UN PEU. Je veux dire mentir sur 2 ou 3 cm/kilos, ça passe. 10, c’est déjà plus compliqué (surtout pour la taille). Donner envie, c’est bien, mentir sur la marchandise ne donnera rien de bien pour personne, votre rencard risque de légèrement se sentir trahi. Alors dans ce cas, vous allez me dire que ça sert strictement à rien de mentir. Et bien, pas tout à fait…

Mentir-nuirait-a-notre-sante

Comment trouve-t-on une proie sur un site de rencontre ? En entrant des critères. Certains se contentent d’une localisation et d’une tranche d’âge mais certains vont beaucoup plus loin, dessinant le portrait robot de la moitié de leur rêve. Il doit faire entre 1m70 et 1m85, elle doit peser entre 45 et 60 kilos (tout en mesurant 1m75…). Chacun ses goûts, chacun ses critères. Sauf que parfois, à être honnête, on sort des catégories. Lors de mon premier périple sur Meetic en 2005 (mon Dieu), j’avais rencontré Julien, un gars qui me plaisait fort bien. Ce grand garçon d’1m92 avait indiqué un premier poids, honnête, de je ne sais plus combien de kilos. Recevant peu de visite, il a fait tomber son poids à 85 kg : bim, des visites. Comme il était grand mais peu grassouillet, le 85 kg passait. Enfin, je dis ça, je suis une quiche en question de poids, surtout pour les mecs. A ce moment là de l’histoire, j’avais vécu 4 ans avec un mec qui est resté à 63 kg, j’avais pas trop trop de référent. Pas celui là en tout cas. Bref, Julien a pris le risque de tricher un petit peu et est redevenu visible sur les moteurs de recherche. Le tout, c’est de rester crédible.

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Autre question à la con : la silhouette. Elle est comment, toi, ta silhouette ? Mince, normale, quelques kilos en trop, ronde ? De la même façon, la silhouette rentrée peut vous faire sortir du cadre d’une recherche donc à moins d’avoir un IMC très loin de la normale dans un sens ou dans un autre, on s’emmerde pas, on choisit « normale », le truc qui ne veut juste rien dire. Mais apparemment, les leçons de Cristina Cordula ne sont pas encore arrivées chez nos amis des sites de rencontre et je peux pas clamer fièrement que je suis un 8. Ca, ce serait drôle qu’on décrive nos silhouettes avec des chiffres et des lettres mais non : t’es maigre, normal ou gros, va te faire voir ailleurs, la nuance ! On n’est pas là pour ça.

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Pour les yeux et les cheveux, par contre, je pense qu’il n’est pas utile de mentir, en aucun cas. A moins de connaître un bon coloriste et d’avoir des supers lentilles de contact. Bleu, c’est bleu, noir, c’est noir, il n’y a plus d’espoir. Evidemment, il y a toujours ceux qui ont des couleurs entre deux et qui sont bien emmerdés : de façon générale, j’ai plutôt les yeux bleus ou les yeux verts ? Par exemple, heureusement que ma soeur a déjà un mec, elle a les yeux bleus-vert-gris selon son humeur et le temps qu’il fait.

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Au fond, la grande question est : suis-je obligée de rentrer ces données ? On s’en fout pas un peu de ma taille ou de mon poids ? On peut pas dire « je suis petite et une silhouette en 8 », « je suis grand avec un peu de moelleux sur le ventre pour regarder la télé » ? Est-ce que je sais quelle est la taille et le poids de mon mec parfait par exemple ? Moi pas du tout. Sauf que ne rien mettre, c’est de suite suspect. Tu penses être trop petit ou trop grosse pour attirer l’attention ? Evidemment, certaines personnes ne connaissent pas trop leur poids réel (genre moi parce que ma balance me file ou m’enlève jusqu’à 4 kg entre deux pesées… espacées de 2 mn), je n’ai pas été mesurée depuis ma visite médicale de 2009, qui sait si j’ai pas perdu un petit cm (oui, j’ai renoncé à l’idée d’en prendre). Puis ça ne veut rien dire. L’ossature, les muscles, la posture… Mais bon, on est comme un meuble, faut donner envie d’être acheté. Aligne tes cm que je vois si je peux te ranger dans ma chambre… Elle est pas un peu tendancieuse ma phrase ?

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Mais le physique, c’est pas tout dans la vie, y a le caractère aussi. La semaine prochaine, nous verrons quelles infos donner pour sembler quelqu’un avec une belle personnalité.

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C’est mieux de lire le livre ou de voir le film ?

Pendant mon voyage en Egypte, j’ai assisté à un débat très intéressant dans les couloirs de l’aéroport de Marsa Alam, alors que je jouais au sudoku. Deux de mes camarades de voyage parlaient du film « L’écume des jours », l’une étant pressée de le voir, l’autre répondant que bon, vu qu’elle a pas lu le livre. Et là, elles devisent sur ce qui est le mieux : lire un livre avant de voir le film ou voir le film avant de lire le livre. Cet article se détachera désormais de l’exemple de L’écume des jours, je souffre beaucoup du choix des acteurs (oui, j’aime toujours pas Audrey Tautou).

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Lire le livre avant le film
Plutôt mon école. Genre je me tape l’intégrale de Game of Thrones avant de regarder la série (alors que j’aime même pas tellement l’histoire, finalement); On m’a spoilé plein de trucs, par accident la plupart du temps, mais je persiste et signe. Pourquoi ? D’abord parce que je ne veux pas qu’on me pollue mon imagination. Dans le roman, la génération des parents ont entre 30 et 40. Forcément, ils se marient tous vers 15, 16 ans, les femmes se reproduisent rapidement derrière. Or d’après les images que j’ai vu de la série, la génération des parents tourne plus vers la quarantaine bien tapée et on finit par se retrouver avec une Natalie Dormer, actrice de 30 ans, fiancée avec un pré adolescent de 12… Heuuuuuu… Ca va, ça choque personne ? Apparemment, il y a aussi énormément de scènes de cul, ce qui n’est pas vraiment le cas dans le roman. Bon, après, c’est du HBO mais voilà. Bref, en lisant, je veux rester pure de toute image mais aussi conserver le suspense intact. Je suis ce genre de fille qui n’aime pas relire un livre parce que je n’aime pas déjà connaître l’histoire.

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Le souci, c’est que du coup, on peut rejeter parfois un livre parce que les acteurs choisis ne correspondent pas du tout à ce qu’on imaginait. L’écume des jours dont je parlais, La délicatesse ou le Da Vinci Code, tous avec Audrey Tautou, par exemple. Bon ok, j’exagère un peu, je voulais pas voir le Da Vinci Code quoi qu’il arrive. Au passage, peut-on m’expliquer à quel moment Tom Hanks peut prétendre être un prof d’université charismatique ? Prenons un autre film : L’Ennui de Cédric Kahn avec Charles Berling. Je choisis ce film à dessein car le processus est intéressant. Je voulais aller voir le film mais personne ne voulait m’accompagner (faut que j’apprenne à aller au ciné toute seule !) donc je me suis résignée à acheter le roman signé d’un certain Moravia. C’était le premier roman que je lisais de lui, le début d’une histoire d’amour littéraire. Du coup, quand j’ai vu des extraits du film, j’étais révoltée ! Sophie Guillemin est à des milliards d’années de Cecilia, décrite comme une femme au corps d’enfant, ne dévoilant ses formes que nue. Ca correspond pas trop, là… Et puis elle joue comme une patate en plus ! Bon, finalement, en voyant le film, ça passait bien et je n’ai pas trouvé le roman « trahi ». Le spectateur qui a lu le livre est le plus exigeant. Il vient confronter son imagination à celle d’un autre, qui a collé des images sur une histoire, coupée, remontée  pour la faire coller au format film. Cette adaptation pourrait-elle faire l’unanimité, même si le réalisateur respectait à la lettre le roman, même s’il choisissait des acteurs physiquement ressemblants à la description de l’auteur ? Non, je ne pense pas.

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Le film avant le livre
Vous l’aurez noté, je suis plutôt de l’école « le livre avant le film » mais un argument intéressant a fusé dans la conversation que j’épiais. « Oui mais quand tu vois le film avant, lire le livre ensuite te permet d’approfondir, d’en découvrir plus sur les personnages… » Ah , tiens, je n’avais pas vu les choses sous cet angle là. Une sorte de bonus à ce que tu as regardé et aimé. Après tout, si tu regardes Harry Potter, les livres te permettent d’avoir la trame principale mais ont dégagé tout un tas d’histoires annexes qui raviront les fans. Et puis voir un film avant de lire le livre n’offre-t-il pas la possibilité d’atteindre une sorte de lecture éclairée : l’intrigue étant connue, on se rattache plus aux détails, à ce qui fait le sel d’un personnage. Après tout, pourquoi pas.

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D’ailleurs, je trouve qu’un film qui donne envie de lire le livre est forcément réussi. Même si parfois, je dois avouer que j’aurais dû me contenter de la version filmée. Exemple : I am Dina. Film qui m’a plu pour trois raisons essentielles : ça se passe en Norvège donc paysages magnifiques, l’héroïne joue du violoncelle et la BO contenait quelques titres de Jorane. Film sympa mais peu clair dans les rapports de Dina avec la mort, je me précipite donc acheter le livre et je me retrouve à m’enfiler un roman de Hebjorg Wassmo, le Livre de Dina et … pfffff, c’est un peu le trip saga familiale un peu à la Jalna, pas super passionnant. Ce livre n’est que le premier tome d’une fresque familiale se concentrant ensuite sur Benjamin, son fils. Je m’en suis arrêtée là. Parce que finalement, si les adaptations cinés peuvent décevoir les lecteurs du roman adapté, parfois, le réalisateur a tellement bien bossé qu’il vous vend du rêve sur un roman qui n’en méritait pas tant !

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Bon, il y aurait aussi l’argument du « ça évite de lire le livre » dans un autre genre (ça m’a permis de me mettre à jour sur le Rouge et le Noir) mais ça, c’est une autre histoire.

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Alors lecteur, quel camp choisis-tu ? (je fais un peu ma CM en mode j’essaie de créer de l’interaction, t’as vu ?)

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Tout ceci n’’était qu’’un rêve

Lecteur, je dois t’avouer un truc. Ce que je t’ai raconté hier, ma rencontre avec le beau Thomas et le baiser sur le quai de la gare, tout ça n’était pas vrai. Un canular, en somme. Là, tu te dis que j’ai pété un plomb, mais pourquoi, oh pourquoi, j’ai fait ça ? Pas pour me foutre de ta gueule, non, mais juste pour remonter le moral des troupes et le mien en particulier.

 

Mercredi soir. Je fais la gueule, j’ai pas le moral. Il fait froid, je suis fatiguée, j’ai passé la journée dans les transports et ce foutu RER C qui est moche tout en transitant par la ligne 14 qui pue. Dans mon premier RER C, face à moi, il y avait un mec très beau, un vrai ange à la lèvre fendue, habillé comme un syndicaliste étudiant du Mirail. Mais je lui ai pas parlé en vrai, je l’ai pas suivi alors qu’en fait, j’aurais dû, ça m’aurait évité de partir sur la mauvaise branche. Jeune homme, si tu me lis (tu es descendu à Choisy, je suis en train de me faire mon dilelui à moi), sache que je t’ai trouvé très beau et que j’ai eu du mal à lire tant que tu étais là et que j’ai même enlevé mon chapeau… Bon, t’as pas vraiment une tête à lire un blog comme le mien mais on sait jamais, des gens très bien lisent ce blog. Et des gens très bien l’écrivent, d’ailleurs. Donc oui, techniquement, il existe le jeune homme mais je lui ai pas parlé et je pense sincèrement qu’il avait moins de 24 ans.

 

Donc hier soir, j’étais minée, bad trip à base de « je ne suis qu’une merde, la lie de la race humaine ». Curieusement, quand je vais pas bien, les gens viennent me parler sur MSN juste pour discuter, alors qu’ils ne sont pas censés savoir que j’allais pas bien. Donc hier soir, je chouinais auprès de Lucie, Drusilla, Tatiana et Vicky, me disant que la vie était moche et que l’hiver ça pue. Tout à coup, avec Vicky, on part dans un délire : et si je faisais un canular sur mon blog, un poisson d’avril en février. Non parce qu’honnêtement, avoue lecteur que l’article d’hier posté le 1er avril, tu n’y aurais pas cru. Mais pourquoi je t’ai fait ce tour de passe-passe. Bon, je pourrais faire ma prof la morale genre « tu vois, faut pas croire tout ce qu’on te dit sur les blogs (surtout quand c’est du mal de moi) ». Mais non, c’est pas ça.

 

En fait, mercredi soir, j’avais pas envie de finir l’article que j’avais commencé et prévu initialement pour hier. Parce que j’avais le blues, comme ça arrive des fois en hiver. Donc j’allais partir sur un article « ma vie est nulle, il se passe rien, j’en ai marre ». Comme ça, j’aurais foutu la déprime à tout le monde et voilà. Alors que là, je vous ai offert un petit moment de bonheur, certes fictif, mais les premiers comms (et les suivants, aussi) m’ont confortée dans mon choix : même si cette histoire n’est pas vraie, elle vous a mis de bonne humeur, elle vous a fait rêver un peu. Et ça a eu le même effet sur moi. Honnêtement, mercredi soir en allant me coucher, j’avais le cœur un peu plus léger. Je n’ai embrassé personne hier (sauf Kenya mais c’est un chat, ça compte pas), je n’ai pas parlé au jeune homme beau comme un ange à la lèvre blessée et ce n’est pas bien grave. Mais il était vraiment beau et j’avais mes lunettes ! Au départ, avec Vicky, on cherchait une idée, genre « coup de foudre, je l’aime, je vous dis adieu » ou « j’ai trouvé un boulot qui déchire sa mère ». Mais pour le deuxième, c’était trop cruel pour moi donc non.

 

Hier soir, j’ai dîné avec un blogueur qui m’a conseillé de ne pas révéler la blague, m’expliquant que vous risquiez de vous sentir trahis et que vous n’alliez plus croire ce que je racontais. Peut-être. Mais j’ai pas envie de continuer le canular plus longtemps pour faire dégager Thomas rapidement genre « je l’ai plaqué ». Déjà, moi qui plaque un mec, on le sent que c’est pas vrai mon histoire ! Mais bon, c’était juste un truc pour éviter de vous emmerder avec mes états d’âme, surtout que ce n’était que passager. Mais bon, vu qu’il m’arrive rien, j’ai fait semblant. Et du coup, hier, c’est con mais je me sentais mieux dans ma peau, belle et rebelle et tout ça, tout ça.

 

Alors maintenant, peut-être que vous m’en voudrez mais je pense pas. Je pense surtout que vous me serez reconnaissants de pas vous avoir emmerdé avec mes états d’âme à deux balles. J’aime bien l’intox, genre « tu as des nouvelles de machine ? » « Ouais, elle est enceinte ! » « C’est vrai ?? » « Mais non ! ». Mais comme les blagues les plus courtes sont les meilleures, on va en rester là. C’était mon premier canular bloguesque, sans doute le dernier mais au moins, il aura réchauffé plein de cœurs ! Et vu le temps pourri au dehors, avouez que ça a quand même fait du bien.

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Allons mes amis !

C’est la rentrée ! Bon, je dois avouer que cette année, cette information n’a pas grand impact sur moi vu que je suis plus étudiante et que je termine mon stage dans un mois et demi donc ça ne change pas ma vie. Mais j’aime bien cette ambiance de rentrée, ça me motive toujours pour entreprendre de nouvelles choses et puis, ça me rappelle mon enfance. L’odeur du cartable neuf, la trousse pleines de stylos qui marchent encore, les crayons de couleur tous bien taillés et rangés par couleur, la gomme qui sent bon et qui n’est pas encore toute crade…

 

La rentrée, c’est aussi retrouver les copains et découvrir les petits nouveaux. Vous vous souvenez comme on se mettait en groupe entre anciens, en jetant des regards discrets vers l’esseulé, le nouveau ? Y avait toujours une bonne âme pour aller lui parler, genre comité d’accueil. Je m’en souviens, au lycée, y avait une fille un peu relou qui en avait fait sa spécialité. Mais bon, c’est aussi parce qu’elle avait du mal à avoir des amis. Elle était gentille mais avait une personnalité…hum…écrasante. D’ailleurs, elle me sortait souvent par les trous de nez.

J’ai rencontré la plupart de mes amis en milieu scolaire. Anne en maternelle, Gauthier et Lucie en fac, Clara en DESS et puis plein d’autres comme Douschka, Nyna, Amina dont j’ai déjà parlé, Guillaume 1er (bon, mais lui, ce n’a été de l’amitié que 4 ans et demi plus tard…). J’ai rencontré beaucoup de gens durant ma scolarité, certains sont restés, d’autres sont partis. Car l’amitié, étant une forme d’amour sans le charnel (et encore, ça dépend des amis mais mon article ne parlera pas aujourd’hui des fuckin’ friends) et comme on a des déceptions amoureuses, on a des déceptions amicales. Je crois que ma plus cruelle déception amicale fut avec Yohann, mon meilleur ami hétéro rencontré en première. On a été comme cul et chemise pendant 5 ou 6 ans puis un jour, plus de nouvelles. En plus, je l’ai senti venir ! En fait, la dernière fois que je l’ai vu, c’était à Noël 2004… Par hasard. J’étais à la Fnac Toulouse, occupée à mater Frédéric Michalak qui était à la caisse juste devant moi (si, c’est vrai, il était avec sa copine, très belle demoiselle) quand je tourne la tête et qui vois-je à la caisse d’à côté ? Yohann himself. Il faut savoir que mon ami Yohann vivait alors en Suède, il rentrait sur Toulouse à Noël et en été. Je vais le saluer et il m’explique qu’il est rentré la veille et qu’il a pas eu le temps de m’appeler, tout ça. On se voit quelques jours plus tard pour prendre un verre et, je sais pas, je sens de la distance. On devait se revoir une dernière fois mais il a annulé au dernier moment et pour faire passer la pilule, il m’a fait une révélation sur « les Feux de l’amour ». Faut savoir que c’était notre grand truc, ça, regarder les Feux de l’Amour et rigoler comme des débiles. Mais là, le fait qu’il me dise ça, j’ai senti qu’un lien était brisé. En somme, que nous n’avons plus rien à nous dire. Depuis j’ai plus de nouvelles, il ne m’a pas souhaité mon anniversaire en avril 2005, il ne sait pas que je vis sur Paris. Je n’ai pas compris ce qu’il s’était passé et je regrette qu’il m’ait ainsi évincée de sa vie.

Je crois qu’en amitié, je vais souvent preuve de naïveté et je donne ma confiance trop vite et à la première « trahison », je me sens blessée et en colère. Quand je suis arrivée sur Paris, je me suis faite une très bonne amie à qui je me confiais beaucoup et qui me le rendait bien mais un jour, j’ai eu la preuve flagrante de sa mythomanie. Et je me suis aussi rendue compte qu’elle bavait pas mal dans mon dos et ça, je pardonne pas. Si je me confie à quelqu’un, c’est pas pour que la personne en question s’en serve dans mon dos. A partir du moment où je n’ai plus confiance, je n’ai plus envie de voir la personne, à quoi ça sert ? De la même façon, vous avez la nana qui ne cesse de vous couvrir de compliments à base de « t’es super jolie, t’es intelligente, je t’adooooooooore ! » et qui, du jour au lendemain doit se faire piquer son portable puisque vous n’avez plus aucune nouvelle. Des « je te rappelle quand je reviens » avant un voyage. Et quand vous revoyez la personne 4 mois après son retour (oui, j’avais qu’à deviner qu’elle était rentrée, aussi, ça doit être ma faute si je suis pas devin) lors d’un happening, elle s’exclame : « Ohlala comme je suis trop contente de te revoir ! ». Ah oui, c’est sûr, depuis le temps que tu prends bien soin de pas m’appeler et de pas me dire que t’es de retour dans le coin, je veux bien le croire, tiens. Et que dire de l’extatique « oh, faut qu’on se revoit, je t’appelle la semaine prochaine ? » suivie dans les faits d’un silence radio totalement prévisible ? Perso, quand j’ai pas envie de revoir une personne, je lui promets pas de la rappeler.

C’est sans doute très féminin, cette volonté d’être aimée de tous, y compris de ceux qu’on n’apprécie pas forcément, cette hypocrisie envers tous pour pas froisser les susceptibilités et être classées dans la catégorie des filles imparfaites. C’est aussi sans doute pour ça que je me suis toujours méfiée des amitiés féminines. Mais bon je dis ça, ça n’empêche pas que je me confie assez spontanément sur certains trucs, donnant du grain à moudre aux personnes qui se font un plaisir de tailler un costard dans le dos des gens. La déception amicale a quelque chose de proche de la déception amoureuse. On y a investi du temps, de l’énergie, on a fait des projets, des « on se reverra et on ira boire un verre » qui n’ont pas été tenus. Parce que l’amitié, c’est comme l’amour, on est exigeants. Peut-être même plus parce qu’on peut avoir plusieurs amis, même si certains sont irremplaçables. Je ne remplacerai jamais des Gauthier, Lucie ou Anne que je connais depuis une éternité, et d’autres avec qui je suis proche. Mais certain(e)s, une fois passé la déception, on les range dans la catégorie « à oublier ».

Oui, évidemment, moi aussi, je suis pas irréprochable dans l’affaire, il y a des personnes avec qui j’ai perdu contact naturellement, il m’est arrivé de faire la langue de pute dans le dos des copains, copines (enfin, en général, quand je fais ça, c’est que lesdites personnes me gonflent pour une raison X ou Y). Par contre, je ne mens pas à mes amis dans le sens où j’enjolive pas ma vie, je me fais pas passer pour ce que je ne suis pas, surtout que c’est vite flagrant. Oui parce qu’à force d’inventer, on finit par se trahir. Après, en effet, la vie nous éloigne les uns des autres, il y a des gens qu’on perd de vue, d’autres que l’on retrouve, d’autres que l’on rencontre… Je n’aime pas perdre des gens de vue mais il est vrai que quand on ne fréquente plus les mêmes personnes, plus les mêmes lieux et co, on se retrouve vite avec plus grande chose à se raconter. Quelques amitiés ne survivent pas à l’année scolaire : tant qu’on passe nos journées en cours, on est inséparables, mais dès que les vacances arrivent… Evidemment, ce sont là des copains ou copines plus que de véritables amis. Ceci étant, certaines amitiés qui se sont effacées ont tout de même été réelles, Douschka m’avait proposé de venir chez moi juste après ma rupture avec Guillaume (une petite demi-heure de voiture quand même). Aujourd’hui, nous n’avons plus grand chose en commun, elle s’est coupée d’Amina et Nyna aussi, c’est la vie.

Tout ça pour dire que c’est la rentrée, l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes. J’ai envie de m’aérer l’esprit en ce moment, j’ai donc décidé de m’inscrire dans des assos pour faire des activités extraprofessionnelles (j’ai pas encore décidé quoi) et du sport ailleurs que dans mon appart parce que le rameur, c’est bien, mais ça permet pas de se faire de nouveaux amis. Car après tout, rien ne vaut de nouvelles rencontres pour s’ouvrir l’esprit. En espérant ne pas donner ma confiance à des gens qui ne la méritent pas.

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On pardonne bien aux héros

Bon, en bonne petite journaliste que je suis, je vais vous faire un peu d’actu quand même. Pour vous montrer que moi aussi, je peux réagir à chaud (enfin, à tiède, là plutôt, mais bon, hein !). Puisque la nation entière, voire le monde entier et peut-être même la galaxie ne parlent que de ça, je suis le mouvement. Moi aussi, je vais vous parler du coup de boule de Zidane.

 

Bon, autant vous dire que j’ai pas regardé le match donc je me suis pas sentie trahie ou déçue ou quoi que ce soit quand il a été expulsé. Mais bon, comme les médias nous bourrent le mou depuis un mois avec le mondial, j’ai pas eu le choix, j’ai eu vent de l’affaire, j’ai même vu les images. J’ai même appris que dans l’équipe d’Italie, y avait pas que Del Pierro et Buffon (hihihihihi !), il y en a un qui s’appelle Materazzi, aussi. Même que les Italiens, ils étaient pas contents qu’ils soit sélectionné parce que ce petit con insulte tout le monde. Et voilà
que ce vilain glandus vient insulter notre Zizou à nous, quel crime de lèse-majesté ! Et là, paf, le Zidane nous pète un plomb et va cogner son adversaire. Ben merde alors, si on s’attendait ! Du coup, on ne parle plus de la fin du match, surtout pas de l’erreur de Trezeguet qui a eu chaud aux fesses : un autre David ne s’est jamais remis de son erreur lors des qualifications du mondial 94.

 

Bref, le match se termine et on perd. Zidane vient même pas chercher sa médaille et là, je me demande : le demi Dieu va-t-il être descendu de son piédestal ? Et bien non et même, au contraire : tout ça, c’est la faute à l’Italien ! C’est lui qui a provoqué Zidane, c’est lui le méchant de l’histoire ! Même Chirac cite notre ami Zidane en exemple, le demi Dieu est devenu Dieu, alléluia ! Bon, alors, comprends bien, lecteur, que je n’ai rien contre Zidane. Au contraire, je trouve que ce mec est calme, il nous emmerde pas avec ses histoires de cul. Bon, après, il est très utile aux politiques : bon père de famille, sorti d’une cité dortoir de Marseille et d’origine kabyle, comme quoi, on peut s’en sortir, hein !
Oui, on omet un peu de dire que c’est l’exception qui confirme la règle mais ça, on peut pas lui reprocher, à Zidane, il ne se revendique pas comme un modèle, il fait son beurre et c’est tout. Sauf que son geste reste inexcusable pour moi. Ce mec est un pro, payé des millions et des millions, il n’avait pas à péter un plomb comme ça. Si, à l’époque où j’étais guichetière, j’avais frappé un client qui m’avait insultée, j’aurais été virée fissa. Si un prof tartait un gamin qui l’a traité de fils (ou fille) de pute, il serait renvoyé aussi. Zidane fout un coup de boule à un mec, il est encensé, adulé, applaudi. Mais enfin, il a commis une bourde pas croyable ! Il a commis une erreur professionnelle monumentale qui a peut-être fait perdre la France, du coup (oui, à ce qu’on m’a expliqué, moi, je n’ai aucun avis sur la question…).

On me rétorquera que le pardon, c’est bien et compagnie. Oui, je suis d’accord. Sauf que je ne trouve pas juste qu’on pardonne certains et pas d’autres, en prenant comme mesure leur célébrité. Zidane a commis une grave erreur professionnelle et devrait être sanctionné. Les sportifs de son niveau n’ont pas à commettre de tels actes. Mais ce qui est merveilleux dans toute cette histoire, c’est cet élan national, ce resserrage des coudes ! Pas un média n’a critiqué le geste de Zidane mais tous nous ont bien fait sentir que Materazzi était un petit con que même les Italiens détestaient. Zidane s’excuse mais ne regrette rien ? Ouais ben il a raison, d’abord, on a insulté sa mère et sa sœur d’abord ! Non mais ça va pas ? L’Italien, il aurait fallu le lapider sur place !

En fait, je suis étonnée. En France, nous sommes les pros pour détruire ceux que nous avons encensé, clouer au pilori nos anciennes idoles. Ou déclouer ceux qu’on avait critiqué, l’air de rien. Genre Aimé Jacquet est un génie, Domenech est trop fort… Allez, le ridicule ne tue pas les enfants, retourner sa veste est un sport dans lequel nous sommes champions du monde et de loin. Bref, j’étais persuadée que notre ami Zidane deviendrait une espèce d’ennemi national mais finalement, non, on l’aime toujours autant notre Zizou, il va continuer ses pubs et tout, trop fort. A croire qu’en France, après Cantona qui fait une bicyclette (si le truc en l’air, là, qu’on voit dans Olive et Tom) dans la tronche d’un spectateur, on aime bien nos enfants terribles. Et quelque part, ça me rassure qu’on retourne pas notre veste une fois de plus. Ce qui serait bien maintenant, c’est qu’on puisse aussi pardonner à des gens pas célèbres. Après tout, nous ne sommes tous que des humains.

(allez, petit jeu :http://www.zappa.cc/zidane/)

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