Faut-il décrire ses personnages ?

A présent que j’ai terminé le roman de Maja (et séché la réécriture, je savais que ça allait me saouler, ça n’a pas manqué…) et que j’ai entamé l’écriture d’Ofelia (déjà 31 pages à l’heure où j’écris, dimanche fin de journée), je me pose un peu une question : dois-je décrire mes personnages ? Je veux dire, donner des caractéristiques physiques particulières, ok, mais dois-je, par exemple, leur donner une couleur de peau particulière ? Faut-il décrire ses personnages ou laisser aux lecteurs la possibilité de leur donner les traits qu’ils souhaitent ?

Dessiner un corps humain

Dans le roman de Maja, par exemple, j’ai mis un peu de couleur : Maja et son frère sont vietnamo-suédois, le professeur est typé Méditerranéen, une fille a une couleur “caramel”. Svea, l’espèce de doppelganger de Maja, à l’inverse, est une beauté suédoise type, à base de cheveux blonds et yeux bleus. Dans Ofelia, j’ai donné une relative description physique d’Ofelia, actrice donc décrite comme très mince et assez grande mais je n’ai pas détaillé plus, son compagnon a également quelques caractéristiques physiques propres mais pas de couleur donné. Mais on sait qu’ils sont blancs par rapport à une présentatrice télé noire qui explique à Ofelia avoir de la chance d’être à son poste alors qu’elle est une femme, jeune, et Noire de surcroît.

Kady Adoum-Douass

La question de la description physique peut paraître anodine mais elle ne l’est pas tant que ça. Evidemment, quand je base mes histoires à Stockholm ou Rome comme ici, on peut s’attendre à ce que les personnages soient blancs et c’est s’ils ne le sont pas qu’on va avoir tendance à préciser. Effectivement, je le confesse, dans Ofelia, la seule personne pour le moment dont je décris la couleur de peau, c’est celle, justement, qui n’est pas “comme les autres”. Ce qui peut avoir un certain sens dans l’histoire. De la même façon, j’ai choisi de donner un métissage à Maja et son frère car dans leur décision de se lancer ou non dans l’activisme se pose la question de respecter le pays d’accueil de leur mère.

Mylène Jampanoï

Mais la couleur n’est pas tout, il y a également la silhouette. J’avais besoin qu’Ofelia soit mince pour un ressort précis de l’histoire, ça peut coller avec son métier d’actrice (modulo l’histoire se passe en Italie, les actrices italiennes mythique sont plus pulpeuses). J’avais besoin que Svea soit musclée pour une partie précise du récit. Par contre, je ne crois pas parler un seul instant de la silhouette de Maja, ni même de sa taille. Son métissage et ses cheveux longs sont ses seules caractéristiques physiques. Les caractéristiques physiques doivent-elles être évacuées du récit à partir du moment où il n’y a pas d’incidence sur le récit ?

Décrire ses personnages

Car les descriptions peuvent être parfois un peu sexistes. J’avais lu un thread il y a fort longtemps sur le sujet sur Twitter (pas le courage de le rechercher) où une personne signalait à juste titre que dans pas mal de romans, les personnages masculins étaient à peine décrits tandis que les personnages féminins étaient longuement décrit jusqu’à la couleur de leur téton, limite. Parce que ça colle avec pas mal de produits culturels : où le héros n’a pas besoin d’être particulièrement beau ou svelte tandis que la femme, elle, sera toujours parfaitement mince et correspondra aux canons de beauté en vigueur. D’ailleurs, je ne vous apprends rien en soulignant que les actrices au physique “atypique” (vraiment dans le sens pas en accord avec l’ultra exigence des canons de beauté des mass medias) seront plus facilement cantonnées aux séries alors que les acteurs atypiques peuvent parfaitement percer et tenir la tête d’affiche. Je veux dire, ok, on a eu des George Clooney, Brad Pitt et Johnny Depp (pré alcoolisme pour les deux susnommés) mais on nous vend aussi des romances avec Adam Sandler, Benedict Cumberbatch, Vincent Cassel ou encore Javier Bardem… que je trouve pour ma part totalement sexy mais qui est loin d’un lisse Clooney ou Pitt de la belle époque, voyez. Alors qu’en actrice, côté beauté atypique, on a… hmmm. Quelques unes dans le cinéma français, je dis pas, mais sinon, c’est formaté, formaté. Le pire : j’ai tapé “actrice moche” dans Google pour trouver des noms, j’ai trouvé trente articles “les actrices qui sont moches au ciné/à la télé mais belles en vrai” alors que pour ces messieurs, on a droit à un “ils sont moches mais sexy”. Vous le sentez le double standard ? Alors j’essaie tant que faire se peut d’éviter de tomber dans ce cliché. Même si ma nouvelle héroïne est une actrice de cinéma donc potentiellement complètement dans les normes de beauté actuelles.

Diane Kruger

Alors ne décrire que ce qui a son importance dans le récit ? Ok mais est-ce que ça ne risque pas de totalement tuer le suspense ? Si je dis qu’un personnage a une cicatrice mais que ça ne semble pas jouer sur sa personnalité ou son histoire, est-ce que ce ne serait pas évident que cette cicatrice va, à un moment, avoir une importance dans l’histoire ?

Dalius cicatrice

Décrire ou ne pas décrire, quelle question…

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Le cinéma est mort et ce sont les blockbusters qui l’ont tué

Bonjour, je suis Nina Bartoldi, je ne suis pas cinéphile du tout mais j’ai décidé de vous asséner mon avis sur la question. Donc avant de vous expliquer pourquoi, selon moi, les blockbusters font beaucoup de mal au cinéma, je dispose ici même une caissette virtuelle de tomates pourries que vous pourrez me jeter allègrement au visage si, à la fin de ma démonstration, vous considérez que je n’ai rien compris.

Certified fresh rotten tomatoes

Je ne sais plus à partir de quand exactement le cinéma et moi, on a commencé à prendre nos distances. Plus jeune, j’y allais assez régulièrement : pour sortir entre copines ou à la fin de ma relation avec Guillaume pour nous occuper et nous éviter d’avoir la conversation qui fâche puis en plus, on connaissait la caissière qui nous laissait passer sans payer. Oui, à l’époque, on ne virait pas les gens pour un déficit de 85 centimes. Et puis j’ai commencé à déserter les salles : parce que c’est cher, parce que je m’endors, parce que j’ai pas envie d’aller mater la plupart des films qui me sont proposés. Du coup, parfois, je télécharge un film qui me tente moyen mais qui va me permettre de m’occuper deux heures et… mais… qu’entends-je ? La voix tonitruante des studios qui me pointent du doigt : “tu télécharges, vilaine ! C’est toi qui nous tues !”. Mmm, vraiment ? Voyons ça.

Studios universal visite

D’abord, il y a l’arnaque de la 3D. Vous savez, ce truc qui vous salope un film sans rien y apporter : ça assombrit l’image, ça fait mal aux nez pour les déjà binoclards qui se retrouvent avec deux paires sur le nez, ça vous rajoute en moyenne 2 € et en plus, ça rend l’action plus confuse 9 fois sur 10 et ça me fait sortir du film. Bref, je déteste la 3D surtout que ça souligne un peu trop avec la subtilité d’une vache américaine dopée aux hormones le fait que l’industrie du cinéma nous prend… ben pour des vaches à lait, justement.

vache-a-lait-2

Mais encore, ça,c ‘est pas le pire. Revenons au dernier film que j’ai vu au cinéma, à savoir Batman vs Superman qui est, de l’avis général, un film assez moyen, voire un peu médiocre. Effectivement, malgré la présence d’Henry Cavill (qui ne sert à rien), d’un Batman convaincant alors qu’on avait très peur aka Ben Affleck et de la woh sexy Wonder Woman… ben rien n’a vraiment de sens. Sans parler du twist moisi basé sur un prénom, rien n’est vraiment prenant, on s’en fout un peu de ce qui arrive aux personnages. Même quand t’en as un qui meurt, t’es un peu en mode “ouais, ok… oh, j’ai plus de pop corn dis donc” (en vrai, je ne mange pas au cinéma parce que 10 fois trop cher). Bref un film complètement oubliable sauf que… “mais en fait, la version longue dispo en DVD est vachement mieux, tu comprends plus de trucs et tout”. Heu hein ? Tu veux dire que j’ai payé 10 € pour voir un film nul mais que si j’en paie 20 € de plus, j’aurai une version cool ? Puis cette semaine est sorti Suicide Squad, un film qui s’est fait descendre dans toutes les critiques que j’ai pu voir ou lire, jamais vu une telle unanimité… Bon, j’avoue que j’avais moyen la hype sur ce film, je sentais moyen la Harley Quinn qui avait l’air d’en faire des caisses (ok, son personnage aussi mais je sais pas, je le sentais pas), Will Smith me fait plutôt fuir et Jared Leto en Joker… Je ne saurais dire pourquoi mais dès le départ, j’ai rangé mon billet de 10 € : je n’irai pas voir ça. Le film sort, déluge de critiques assassines et là, attention “non mais en fait, on voit quasi pas le Joker dans le film parce que toutes ses scènes seront dans le DVD, ahah!” Ah ben dire ça après la sortie du film, c’est bien la preuve qu’on nous prend pour des cons. Surtout que la promo du film était basée essentiellement sur le Joker (quasi absent) et Harley Quinn alors que finalement, on ne voit que Will Smith à l’écran… Tout ça pour ça.

Suicide Squad l'équipe des méchants, blockbusters DC Comic

Et c’est là où je veux en venir : on a depuis quelques années des blockbusters “à univers”. Je trouve ça intéressant en soi surtout dans des exploitations d’univers complexes comme les super héros. Et comme j’adore l’univers Batman, forcément, ça me donne envie, à priori, d’adhérer au projet. Sauf que le projet coûte vite cher. Prenons l’univers Marvel (celui qui me séduit tellement que j’ai pas réussi à voir un seul Avenger en entier sans m’endormir) : 3 Iron Man, un Hulk, 2 Thor, 3 Captain America, 2 Avengers, 1 gardien de la galaxie, un Ant-Man et à venir : un Doctor Strange, 1 autre Gardien de la Galaxie, 2 autres Avengers, un autre Ant-Man, un Black Panther, un Spiderman un autre Thor et un Captain Marvel. Soit de 2008 à 2019, 22 films. Soit 220 € dépensés en 11 ans juste pour aller au cinéma. Et voyons combien me coûterait un DVD d’une série genre Daredevil : 24,99. Donc pour un prix annuel quasi équivalent, je passe soit 4 à 5h au ciné soit je me mate 26 heures de série télé… Niveau rapport qualité/prix, y a un joli fossé…

J'ai pas du tout vu Daredevil

J’ai pas du tout vu Daredevil

Alors oui, le coût d’un film n’est pas forcément comparable à celui d’une série mais là encore, a-t-on autant besoin d’effets spéciaux ? J’ai déjà parlé de la 3D mais même au-delà de ça, est-ce qu’on n’est pas en train d’aller trop loin ? Les films se tournent de plus en plus sur fond vert, on nous en fout plein la vue pour masquer les trous du scénario mais… qui est encore dupe ? Ces blockbusters sont donc censés nous raconter une histoire en 2h mais échouent et il faut acheter en prime le DVD pour réellement comprendre l’histoire. Sauf que si je reprends Batman vs Superman, le film ne m’a pas vraiment passionnée, je l’ai même trouvé long donc je ne suis pas forcément motivée à l’idée d’en reprendre une lichette.

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Les blockbusters tuent-ils le cinéma ? Oui et non. Oui parce que j’en viens à me demander pourquoi j’irais dépenser de l’argent pour un film qui ne peut pas me raconter une histoire à lui tout seul et je pense n’être pas la seule. Non parce que les cartes cinéma illimité permettront toujours à ces films d’avoir des spectateurs qui doivent être réguliers dans leur visionnage pour ne pas perdre d’argent… Tiens, faudra que j’en parle de ça, aussi. En attendant, si y en a bien un qui agonise, c’est le bon cinéma, celui qui relève le défi de faire tenir son propos dans le temps imparti sans nous obliger à revenir 3 fois pour avoir l’histoire en entier.

 

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Le gras, c’est bien mais que sur les hommes

L’avantage des week-ends de 3 jours, c’est que tu as le temps de glander et de fureter sur tes réseaux sociaux préférés (Twitter, Facebook et Instagram pour moi, si tu veux tout savoir) et se laisser aller au picorage d’articles divers et variés. Et c’est ainsi que je découvre ça : le dad Bod. Qu’est-ce que donc allez-vous me dire ? C’est le petit bidon que se tapent les hommes et qui est le new sexy. Et ce nouvel atout séduction envahit les magazines féminins. Heu, vous vous foutez de nous ?

 

A noter que le magazine Be remet direct les pendules à l'heure en entourant le bidou masculin de ventres ultra plats féminins

A noter que le magazine Be remet direct les pendules à l’heure en entourant le bidou masculin de ventres ultra plats féminins

Avant de poursuivre, juste un point sur mon opinion avec le ventre des hommes : je m’en fiche. Je suis sortie avec des hommes très minces ou des hommes plus replets parce que c’est pas du tout un truc qui m’attire ou me révulse. Alors pourquoi je tique sur cette nouvelle mode ? Parce que si, moi, je n’ai aucun souci avec le ventre des hommes, le ventre féminin reste tabou et je vois une nouvelle arme de soumission des femmes.

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Je suis ravie que ces messieurs soient désormais dispensés de nous déballer leur 6 pack à la plage. Parce qu’au fond, leurs bourrelets de daddy sont sexy, ça fait mec établi dans la vie, l’homme réconfortant comme un nounours en cas de gros chagrin et qui ne prend plus beaucoup soin de son corps, occupé à élever sa douce progéniture (d’où le “dad”). Bah oui, les hommes, quand ils deviennent pères, ont tendance à nous faire une petite couvade en solidarité avec notre propre grossesse, comme c’est charmant.

 Couvade

Sauf que voilà, si l’homme a le droit de s’épanouir passé la trentaine et d’exhiber au monde sa douce brioche, nous, nous restons condamnées à faire des régimes, encore et toujours. Alors même qu’en cas de grossesse, pour rappel, c’est la femme qui porte l’enfant, qui s’arrondit, qui délivre des petits bébés de plus en plus gros mais elle est priée de vite retrouver sa taille de guêpe. J’exagère ? Prenons Olivia Wilde, plutôt belle femme à la base. Un mois après son accouchement, la belle a eu l’audace folle de sortir dans la rue habillée court alors qu’elle n’a pas perdu tous les kilos pris pendant sa grossesse, exhibant ses “gros poteaux”, elle que l’on a connu “si bien foutue”, citations extraites d’un article de Première qui a fini par virer l’article mais vous pouvez le redécouvrir ici, un grand moment de poésie. Alors je veux bien éventuellement concéder que le corps des actrices est l’un de leurs outils de travail mais putain, elle est juste sortie dans la rue.

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D’ailleurs, à propos d’actrice, comptons ensemble le nombre d’actrices replettes ayant obtenu un premier rôle. Là, vous allez me parler de Roseanne Bar (Roseanne) ou de Brooke Elliott (Deap drop diva) voire de Mindy Kaling (The Mindy’s Project*). Tiens à propos de Mindy Kaling, jouons ensemble au jeu des 7 différences entre la couverture qu’Elle lui a consacré et celles mettant en scène des femmes plus minces (et blanches…).

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Voilà voilà. Et que dire de Lena Dunham et le scandale provoqué par le reportage photo et la couv de Vogue où elle est retouchée de partout ?

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Mais si j’ai bien noté les noms que vous m’avez donnés, je fronce les sourcils : aucune de ces demoiselles n’a pu obtenir un premier rôle au cinéma. Non car les actrices over size (et même average size) obtiennent rarement les rôles titres à moins d’être des personnages en marge et souvent très dérangés (Kathy Bates dans Misery, éventuellement Kathleen Turner dans Serial Mother). Mieux, quand une actrice abandonne ses attributs de beauté en acceptant d’être enlaidie, on salue automatiquement son incroyable performance d’actrice (elle a accepté d’être enlaidie, incroyable !) alors même qu’elle pourrait jouer comme une patate. Pour jouer les filles rondes, on préfèrera une mince qui prend 10 kilos (coucou Renee Zellweger). Quant aux belles actrices sujettes à de grandes prises de poids, leur carrière se ralentira à la moindre prise de poids, cf Kate Winslet ou Liv Tyler. Alors qu’en parallèle, la carrière de Jason Segel, ce gros nounours rassurant qui fricote régulièrement avec la bombesque Cameron Diaz dans les films, ne cesse de croître. Et ne me parlez pas de J-Lo (je suis pas sûre qu’elle soit encore actrice d’ailleurs), la fille a un ventre ultra plat et un boule rebondi, seules rondeurs admises avec les seins.

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Le corps de la femme est en permanence soumis à un diktat, il doit être mince et ferme quel que soit l’âge et les conditions, une grossesse ne justifie pas les capitons. Dès qu’une femme doit être agressée, ça part direct en attaque physique, bien plus souvent que les mecs. Les boutiques de fringues féminines s’arrêtent au mieux au 44 (et plutôt en province il me semble) alors que les hommes ont leur XXXL dans leurs boutiques sans partir dans les boutiques spécialisées grande tailles. Même quand on est conscientes de cette pression injustifiée et manigancée en partie par le marketing qui veut nous vendre du yaourt, du drainant et des crèmes anti gros cul (et on a beau savoir que ça ne marche pas, y a toujours un moment où on craque), les magazines qui nous rappellent en permanence qu’il faut maigrir, maigrir, maigrir. C’est un truc qui est intégré, on nous fait toujours croire que la vie est plus belle quand on est mince, qu’on nous donnera plus facilement du travail, qu’aucun homme ne pourra nous résister, qu’il faut souffrir pour être belle. IL.FAUT.SOUFFRIR.POUR.ETRE.BELLE. Jamais un magazine n’osera écrire que le bidou est permis pour les femmes car il est hors de question de nous libérer du joug de cette obligation de minceur…

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Et je ne suis pas la seule à le penser, au fait, petite réflexion sur le double standard


* Faut que je m’y remette d’ailleurs

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Sexy smoke

Résumé des épisodes précédents : motivé à l’idée de trouver l’amour, vous avez choisi de vous inscrire sur un site de rencontre. Mais avant d’accéder à la liste des célibataires avides de vous rencontrer, vous devez franchir un certain nombre d’épreuves : trouver un pseudo, les bonnes photos, répondre à des questions bien indiscrètes sur votre taille, votre poids, votre profession et vos revenus, vos loisirs, votre éventuelle descendance… Et ca continue, vous vous demandez si Meetic, c’est pas la vitrine officielle des RG, à force. Maintenant, examinons la question suivante : tabac, drogue, alcool. Oh oh…
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Est-ce que je bois ? Est-ce que je fume ? Des cigarettes qui font rire ? Evidemment, je connais la réponse mais dois-je mettre en avant dès le départ que je taquine de temps en temps la bouteille parce que, sincèrement, un Daiquiri ou un Chinon, ça fait plaisir. Mais bon après, je bois quasi jamais toute seule (sauf un petit grog de temps en temps quand il fait froid et un petit verre de Martini après une très dure journée mais en ce moment, ça va, mes journées sont plus douces et le vrai froid toujours aux abonnés absents alors bon…). Non parce que bon, je suis certainement une légère alcoolique mondaine comme nous le sommes tous mais pas de quoi s’inquiéter non plus, hein… Et la cigarette ? Dois-je annoncer clairement la couleur ? Sachant que bon, si je peux faire semblant de pas fumer pendant quelques rendez-vous, à un moment, ça va plus être tenable.
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Certains décident donc de l’assumer et l’affichent dès la photo de profil : azy que je me mets une photo de moi visiblement torché, une bouteille à la main ou noyé dans un fog cancérigène. Et là, je me dis que c’est quand même un peu too much. Oh oui, les volutes de fumée bleue, c’est sexy, c’est mystérieux, un peu comme James Dean à l’époque… A l’époque où on n’avait pas la notion de cancer du poumon et tabagisme passif. Puis pardon mais ta sexy fumée bleue, t’es prié de la laisser hors de chez moi, ça pue. Quant à ton alcoolisme, ça me gêne pas tant que tu restes à « joyeux luron ». Là, rien qu’à voir ta photo, le curseur est plus entre « gros lourdingue » et « a vomi dans tes toilettes ». Quant à la drogue : pour la partie cigarette qui fait rire, cf phrases sur le tabagisme ci dessus (on fume pas dans mon appart, sauf à la fenêtre, et c’est non négociable) et pour les drogues plus dures, passé un certain âge, je trouve ça un peu ridicule en fait.

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Bon, alors, on assume ou pas ? Vous avez envie d’arrêter la picole et la clope ? Profitez-en pour affirmer sur votre fiche que non, vous n’avez pas ces vices. Mais soyez bien sûr de votre coup. C’est toujours pareil avec les mensonges : le plus dur, c’est pas de les dire mais de les tenir.

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Faut-il draguer au yoga ?

À présent que le froid s’est installé, retournons draguer à l’intérieur, la motivation pour le jogging étant généralement proportionnelle à la température. Et bah tiens, allons au yoga.

Sur le papier, le yoga, c’est sexy. Des corps qui ploient et se déploient lentement, tout en grâce et en souplesse, suivant la douce voix du yogi. Une communion des corps, une communion des esprits…

Ça, c’est la théorie. En pratique, c’est plus compliqué. Déjà, va trouver un mec en cours de yoga… Le seul de mon corps est agrémenté d’un vagin accompagnateur (sa copine). Mais imaginons pour la suite de cet article qu’il y ait du mâle en cours de yoga et observons le déroulé de la séance.

Au début, fièrement assis sur nos tapis, nous respirons profondément, émoustillés à l’idée de nous soumettre aux consignes du prof. Inspirez, expirez ! Facile. Les premiers exercices sont simplissimes, vas y que je me mets à 4 pattes, la poitrine ouverte vers le ciel et hop chien la tête en bas ! Je suis sexy, je me tends au maximum, je sens mes muscles s’allonger.

Mais ça va se compliquer. Allez, zou, exercice d’équilibre, le truc que je plante à chaque fois. Je n’arrête pas de reposer le pied par terre, je commence à transpirer… Oui, le sexyness et la grâce en prennent un coup. Puis mes pieds sont jamais positionnés comme il faut, mes épaules se contractent toutes seules. Je suis aussi désirable qu’une vieille chemise froissée retrouvée au fond du placard. Mmmm…

Puis bon, tant qu’on y est, on part en chandelle ! La chandelle, j’assure bien. Mais quand il s’agit de mettre nos genoux de chaque côté de nos oreilles et que je me retrouve le nez dans mon périnée, là, autant dire que toute idée de séduction m’a abandonnée. Je me sens limite un peu ridicule et le fait qu’on soit 30 dans ce cas ne me console pas vraiment.

Heureusement, voici les quelques minutes de relaxation où tu manques de t’endormir option bave au coin des lèvres. De toute façon, ça fait bien 20 mn que j’ai oublié mon objectif de séduction.

Conclusion ? Le yoga, c’est génial mais pas pour draguer. De toute façon, vu qu’on est censé se concentrer sur soi et fixer des points dans le vide, comment évaluer les beaux jeunes hommes autour de nous ? Si tant est qu’il y en ait…

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Powerpoint – CV : même combat

Dans le monde merveilleux de la comm/marketing, nous avons un outil que nous affectionnons par dessus tout : le powerpoint. Le powerpoint, il nous sert à tout : répondre à un appel d’offre, animer une réunion, présenter nos services, faire une recommandation, faire un reporting… Bref, quoi qu’on ait à dire, on le dit en diapo. Oui mais voilà, au pays des slides, une guerre fait rage : doit-on faire une présentation épurée ou trop waouh ?

Pour ma part, j’ai toujours été méfiante du “waouh la forme !” en matière de présentation. De 1, ça prend du temps de trouver l’image trop canon pour donner un effet boeuf (j’ai jamais compris cette expression au passage). Mais surtout, de 2, ça peut perturber les gens à qui tu fais ta présentation. Il faut savoir qu’une présentation se déroule en général comme suit : une ou deux personnes qui déroulent le powerpoint en commentant les slides et le reste qui écoute. Or en général, les présentations se font dans des bureaux aux murs de verre ou dans un recoin d’un espace dédié aux rendez-vous avec du passage, donc. Et là, c’est un peu l’effet chaton qui fixe son attention sur tout ce qui bouge ou ce qui brille. Comme par exemple la super image que vous avez choisi pour illustrer votre propos. Le client retiendra-t-il l’image ou le discours qui y est associé ? Le suspense est à son comble !

Ca me rappelle l’éternel débat sur les CV. Lors de ma première recherche d’emploi, alors que j’étais jeune et persuadée que mon diplôme était un sublime passe partout pour ouvrir toutes les portes, je changeais mon CV tous les trois jours selon les préconisations des uns et des autres.
– Ton CV, il doit tenir en une page et c’est tout.
– Non mais fais le en deux pages parce que là, la police sera trop petite et ce sera pas lisible
– Mets pas de photo, on pourrait croire que tu penses que ça va jouer en ta faveur.
– Mets ta photo, on va croire que tu caches quelque chose sinon…

J’en passe.

Pour le powerpoint, c’est pareil : un coup on te dit qu’il faut être factuel : de la donnée sans fioritures, des termes simples et efficaces. C’est pas de la photo que tu vends, c’est un concept. Oui, ok. Et à l’inverse, faut rendre le truc sexy avec des animations de dingue pour montrer qu’on est des gens funkys, inspirés et que ces modestes diapositives sont à notre image : inspirées, créatives. Alors, tu signes, oui ?

Perso, je suis de l’école de l’efficacité. Un chat étant un chat, je le dis, je balance chiffres et mots clés parce que les photos créas arty mes fesses, c’est même pas moi qui les ai prises. En guise d’illustration, je trouve nos réalisations que la photo trop waouh trouvée sur flickr ou sur Fubiz. Et puis, les powerpoints trop esthétiques, ça me paraît toujours un peu cache-misère. Que caches-tu derrière ces belles images ? Mais tel un CV, la vraie question est : la forme peut-elle réellement être discriminante ? Est-ce qu’un CV d’1 ou 2 pages sera retoqué parce que le format ne plaît pas au recruteur. La photo ou l’absence de est-il forcément éliminatoire ? Des diapos épurées seront-elles plus ou moins convaincantes que des diapos waouh ? Est-ce que tout ça n’est pas des querelles sans intérêt. Je veux dire tant qu’on n’arrive pas à ça :

Le seul avantage d’utiliser des images arty dans ses powerpoints, c’est que ça donne enfin une utilité au pinage de pinterest

PS : Est-ce que je vous parle la prochaine fois d’infographie ou tout ceux qui ne bossent pas dans la comm/marketing ne ressentent pas la moindre once d’intérêt pour les powerpoints et co ?

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Le concept du hug friend

Il y a des jours où la vie nous éreinte un peu. Dossier interminable, pigeon chieur (je me suis faite agresser deux fois en à peine plus d’un mois par ces foutus volatiles, je sens qu’il y a conspiration), grosse fatigue, grosses contrariétés… Bref, je vous fais pas de topo, on a tous vécu ces journées où on rentre chez soi lessivé avec la seule envie de trouver des bras amis pour vous faire un câlinou. Quand on a une moitié, c’est facile mais quand on est célibataire, hein ?

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Evidemment, on a un vecteur de câlin tout trouvé : le chat. Le chat est câlinou mais le chat est aussi très caractériel. S’il a décidé que ce n’était pas l’heure de faire des câlins, tu peux te brosser Martine. Force est de constater que chez moi, c’est elle qui décide quand faire un câlin (plutôt à 7h du matin quand je dors du sommeil du juste que quand je sors de la salle de bain parfumée, elle a horreur de ça) et je dois m’y plier. Combien de fois j’ai voulu lui faire un câlin parce que je pleurais et que j’avais besoin d’un chouia d’affection mais non, tu me mouilles avec tes larmes vilaine humaine, lâche-moi ! Donc le chat est un bon plan sur le papier mais dans les faits, c’est foireux.

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L’autre soir, alors que mon coeur saignait encore un peu après un nouveau coup de poignard, je réfléchissais à ce concept. J’ai dans mes contacts un ex qui préfère les câlins à la bagatelle et j’ai hésité à lui proposer une soirée « juste câlins ». Je trouve l’idée sympa sur le papier : on passe une soirée tranquille à se câliner mais rien de plus. Enfin, on
peut aussi parler, boire un verre, mater un DVD mais le but n’est pas le sexe. Parce que des fois, t’es tellement vidée que l’idée de remuer ton corps au rythme des coups de butoir de ton partenaire te donne envie de t’évanouir de fatigue.

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Le concept est sympa mais il comporte pas mal de petits vices. En premier lieu et pour faire une transition parfaite avec le paragraphe précédent : le sexe. Déjà, va trouver un hug friend. Ce n’est pas si facile d’autant que les adhérents des sites de rencontre en ligne sont plus intéressés à l’idée de remplir leur carnet de conquête que par celle de faire un câlin chaste et pur. Pas tous mais 95%. Evidemment, l’un n’empêche pas l’autre sauf que d’expérience, la plupart des queutards du web tirent leur coup et se barrent la capote encore humide autour de la queue. Mais le problème inverse se pose aussi. Reprenons le « je m’évanouis de fatigue à l’idée de faire du sexe ». Je me connais, je sais que je suis une victime quotidienne du coup de barre post job. Et encore, je ne prends pas les transports en commun pour rentrer chez moi… Sauf qu’une fois ce coup de barre passé, me revoilà en forme. Et pour peu que mon hug friend soit appétissant, je risque d’être émoustillée par lesdits câlins. Ce qui ferait de lui un sex buddy (j’aime cette expression). Sans parler du fait que sexe+câlin, ça brouille la donne, on ne sait plus bien à la fin si on est copains de câlin, amants, amoureux…

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Mais surtout, c’est un concept réconfortant mais égoïste. Comme se gaver de chocolat ou boire pour oublier mais la différence majeure, c’est que ça n’ennuie personne (pour peu que je le fasse seule mais je ne partage pas mon chocolat). Là, ça suppose que mon hug friend doit me réserver la soirée pour me consoler de ma duuuuure journée sans même être
sûr d’avoir une récompense physique. Bon, normalement, c’est un échange de bon procédé (moi aussi je viendrai te câliner) mais y a des soirs où on a juste envie d’avoir la paix et à moins de faire partie de mon top of the top de mes amis, y a peu de chance que j’annule ce que j’avais prévu pour te câliner. Et je ne suis guère dispo en ce moment.

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Alors, je crois que j’ai trouvé la solution ultime :

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Un vrai attrape-poussière ok mais aucun risque de désaffection pour cause de parfum ou de « tu m’as déjà donné mes croquettes », pas de risque de dérapage sexuel alors que t’as pas envie, pas de situation compliquée et il est toujours dispo.

Mon anniversaire venant de passer, tu as le droit de me l’offrir quand tu veux.

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Le pyjama est-il l’ennemi de la célibataire ?

Ces derniers temps, je prononce souvent la même phrase : « en ce moment, j’ai pas envie d’un mec dans ma vie, je préfère dormir avec mon chat et mon pyjama ». Et encore, remercions la plongée qui évite que je laisse ma pilosité trop en jachère.

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L’autre soir, je dînais avec une amie et j’évoquais ma nouvelle passion pour mon pyjama, vêtement douillet et confortable pour mes nuits en solo. Parce qu’il fait un peu froid et qu’à défaut des bras chaleureux d’un homme, rien ne vaut le coton.  Et là, ma copine me répond en toute sincérité : « ah je déteste les pyjamas, je n’en porte jamais, même
quand je dors seule. » Du coup, j’ai un peu réfléchi. A défaut de gambettes velues, le pyjama n’est-il pas un peu mon ennemi ?

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Il est vrai qu’en ce moment, ma vie sentimentale ne m’intéresse guère. Je suis d’une part en phase de rémission et d’autre part, je suis aussi en mode workaholic, deux bonnes raisons pour ne pas courir le mâle. Donc en attendant, je cultive tout ce qui fait le charme du célibat : manger ce que je veux, y compris des choses qui font sentir mauvais de la bouche, sortir avec mes copines et le concocter quelques soirées peinardes où je ne fais rien de particulier à part me reposer et traînasser… en pyjama. Parce que le pyjama, c’est bon comme un doudou, délicieusement régressif. Dans mon pyjama, j’ai à nouveau huit ans, j’ai des problèmes aussi graves qu’apprendre la table de 7 (la pire), une poésie ou apprendre à écrire avec un stylo encre sans m’en mettre plein les doigts. La vie est pleine de promesse car tout est à vivre, je suis toute neuve.

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22 ans plus tard, finalement, c’est un peu pareil. Je connais ma table de 7, je n’écris plus au stylo encre mais je suis à une période de ma vie où tout est encore à vivre, où je suis à nouveau toute neuve.  L’insouciance de l’enfance en moins, certes, et l’expérience en plus. Mon pyjama, c’est un peu mon armure contre la vie qu’est pas toujours très sympa, tel un cocon qui me rend invincible quand je le porte. Pour un peu, j’irais même bosser avec si je le pouvais. 

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Pourtant, le pyjama représente aussi quelque chose de vicieux, de négatif, le même travers que les aisselles velues : la négligence. Partant du principe qu’actuellement, je ne suis pas sur le marché des célibataires parce que je n’en ai guère envie, je me néglige. Je ne suis pas en permanence apprêtée, sexy, désirable. Quand je suis en couple, je dors nue, je m’expose sans pudeur et sans complexe. Même quand je dors seule. Là, depuis que je suis revenue dans le rang des célibataires, ça n’arrive plus. Je nie mon corps et ma féminité ! En me recouvrant et en m’infantilisant, je m’éloigne chaque jour davantage du chemin de la conquête. Oui, ok, j’ai dit que pour le moment, j’avais pas envie d’y retourner mais il faudra bien qu’un jour, j’arrête d’enlasser mon oreiller la nuit pour éventuellement placer une personne vivant et chaude à la place. Et non, mon chat ne compte pas, elle réchauffe pas assez.

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Du coup, je fais quoi ? Je me prépare telle une athlète en reprenant contact avec mon corps pour être prête le jour où j’aurais envie de repartir sur ces fameux chemins de la reconquête ? Ou j eme laisse couler dans le cocon douillet de mon pyjama… Et bien si je m’en réfère à la météo, le pyjama l’emporte ! Mais promis, dès qu’il refait un peu chaud, je reprends possession de ma féminité.

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Si Adriana n’est pas là, c’est Nina qui s’en occupera

Dans la série « je ne sais pas dire non à une nouvelle expérience (n’impliquant pas un saut à partir d’un pont ou d’avion) », dimanche, j’ai testé pour vous la quête pour la Croix Rouge. Et sociologiquement, c’est passionnant. A noter avant de continuer que cette collecte concerne les antennes locales de la Croix Rouge donc je préfère que les commentaires ne se transforment pas en débat sur la Croix Rouge en général, merci.

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Faire la quête pour la Croix Rouge est une chose relativement aisée puisqu’il s’agit d’une institution connue, les gens ne sont pas dans un rapport de méfiance, surtout que je portais une sublime chasuble orange fluo. Plus sexy tu meurs surtout qu’elle était évidemment trop grande pour moi. Rendez-vous était pris à 15h avec Matthieu, le pote qui allait m’initier à la quête. Avec lui Josseline, la coordinatrice qui m’explique quelques trucs. Sourire, politesse, inciter sans trop insister, le but n’est pas non plus d’énerver les gens. Et c’est parti, on se pose dans l’utilitaire Croix-Rouge, Josseline nous cherche un bon point de chute pour ramasser un max de tune. Premier essai : juste à côté du métro Courcelles. Nous faisons normalement la quête mais ce n’est guère juteux, peu de voitures au feu. Alors on vient nous récupérer et là, on nous jette direct sur les Champs-Elysées. Enfin moi sur la rue de la Boétie et Matthieu sur les Champs vu qu’il est plus expérimenté et surtout qu’il fait 1m95 donc on le voit de plus loin.

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Là, les choses sérieuses commencent, y a beaucoup de voitures. Règle n°1 : on se met côté conducteur, on sourit, on se présente, on demande des sous, on remercie, on sourit, on salue. On ne rentre dans aucune polémique, on n’a pas le temps mais pour ma part, je n’y ai pas eu droit, à peine un jeune homme qui m’a dit qu’il fallait soutenir Israël (je suis pas sûre que la Croix Rouge du 8e se sente particulièrement concernée mais bon…) et un qui m’a dit « Donner à la Croix-Rouge ? Surtout pas ! ». Okayyyy ! Mais à part ça, rien.

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On peut observer de façon très précise les comportements humains. Première constatation : être une jolie fille avenante, ça aide. Et non, je ne me la raconte pas. Ceci étant, j’ai pu noter que Matthieu avait quant à lui son petit succès auprès des femmes et jeunes filles, comme les deux qui lui couraient après en gloussant pour lui donner des pièces. Mais du coup, j’ai pu pas mal récolter, je dirais dans les 300 € même si j’ai pas eu mon résultat final. Et figurez-vous que 300 € en pièces, ça pèse beaucoup. A la fin de la journée, j’avais mal au bras, mal aux jambes (pendant 4h, remonter et descendre les files de voitures, ça fait du kilométrage quand même), je suis sale comme un peigne, j’ai du dépôt sableux sur la peau, je pue. Mais curieusement, malgré ma crasse et ma chasuble orange, certains me font encore du charme, me demandant mon numéro. Y a même un cycliste qui s’est arrêté juste pour me dire que j’étais très jolie
(mais je m’en fiche, il n’a rien donné). Donc la quête de la Croix-Rouge peut être une façon intéressante de rencontrer un homme, notez.

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La quête permet aussi de prendre la mesure de l’effet incitatif. En gros, si la première voiture donne, vous savez que les suivantes vont suivre : effet incitatif. Par contre, si la première et la deuxième ne donnent rien, ce feu s’avèrera peu fructueux. Il y a des comportements humains fascinants. Ceux qui s’excusent sincèrement de ne donner que quelques euros (moi, je trouve ça déjà très bien), ceux qui sont sincèrement désolés de ne pas avoir de monnaie. Il y a aussi ceux qui refusent de donner avec un « non merci » qui m’amuse beaucoup. Je ne veux pas te donner d’argent, mec, je veux que, toi, tu m’en donnes ! Mais le must, ce sont ceux qui nous ignorent avec la grande technique du « je tripote mon téléphone » ou « je parle à mon voisin et je suis très très concentré sur lui/elle ». Sachant que je portais une chasuble orange fluo, j’ai du mal à croire qu’on ne m’ait pas vue… Mais le must de l’indélicatesse reste les fenêtres que l’on voit se fermer au fur et à mesure qu’on s’approche. Je comprends que les gens ne donnent pas, c’est un choix, pas de soucis, je ne juge pas. Par contre, un petit sourire ou même un signe de tête serait plutôt le bienvenu car le plan du « lalala, je ne te vois pas » ou « je refuse même que tu puisses me parler » me gonfle légèrement.

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Enfin, quelques phrases entendues plusieurs fois : « non merci », « bon courage mademoiselle », « tu me donnes ton numéro et je te
donne des sous », « j’ai pas grand-chose (et vlan, une pièce de 2 €) », « il est où l’autocollant ? Ouééééé ! » et j’ai eu droit à peu près 38 fois à la blague « hééééé, elle est où Adriana », ce à quoi je répondais : « j’en suis la version minuscule ». Après tout, je suis presque blonde et presque grande…

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Bref, une expérience intéressante qui m’a légèrement laissée sur le carreau, j’étais littéralement épuisée dimanche soir quand j’ai déboulé chez mon amant chouchou du moment (mais j’ai eu le droit de me reposer pendant qu’il passait la serpillère et même à manger une tarte à la fraise meringuée qui remettrait d’aplomb n’importe quelle quêteuse). Deux jours après, j’ai lamentablement mal au biceps droit, ce qui me fait penser que je dois retourner rapidement à la salle de sport. Mais ça reste un bon moment, un chouette souvenir car au-delà des sous rapportés, ce que je retiens, c’est surtout les sourires, les gentilles attentions des gens. Ca, d’un point de vue égoïste, ça fait un bien fou. Même si j’étais épuisée physiquement (enfin, bon, j’exagère peut-être un peu), moralement, ça m’a bien reboostée.

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L’an prochain, je remets ça !

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Tout est relatif

Par Petite Cervoise

Bien le Bonjour.

Aujourd’hui, nous allons disserter sur niveau de relativité en matière de mignonnage.

Tu comprends pas ?

je le savais, on est mal barrés, on est mal barrés.

Bon, alors tu sais que les filles, comme les gars, aiment bien regarder les gens qui les entourent et décréter s’ils rentrent dans la catégorie beau ou pas beau.

Genre, dichotomie sélective, par identification à Dieu.

T’as pas compris la deuxième phrase, hein ?

on voit le niveau sur divinacerveza…

Bon. On va parler avec des images sinon tu vas aller cliquer sur ma-bimbo et tu vas choper une gastro si tu prends trop d’aspirine.

Exemple concret 1 : le mec du sport


J’me la pète parce que j’ai presque fait du sport à l’Aquaboulevard samedi dernier, et j’ai attrapé la crève, au passage.

Mais, après les toboggans, le hammam et les frites, on a chopé un cours d’aquagym à peine entamé.

Je vous passerai les détails brumeux de notre inadaptation au sport dans un milieu mouillé, voir super mouillé, et au fait que CERTAINES PERSONNES ne peuvent pas beaucoup plier les jambes pour faire les exercices, sous peine de boire la tasse.

Passons.

Le prof d’Aquagym, c’est pas notre genre de type, à ma copine Hillary et moi. Pas nos critères : il était blond, musclé « sec », peau claiiiire et voix non-ovarienne.

Et bien pourtant, nous l’avons trouvé sexy.

Oui.

Motif : il était dans son milieu naturel.

Tu prends le même golio, tu le fous dans un bar de la place Monge, tu lui demanderais à peine où sont les waters.

Car c’est là que vient la science du jour, les potes : le milieu naturel…

Exemple concret 2 : le guide


On sait que tu ne pars jamais en vacances avec les autres plébiens, que tu potasses le Lonely Planet pendant 2h en salle d’embarquement et que ça te suffit largement pour te sentir tel un fayot dans le cassoulet pendant tout ton séjour.

On sait aussi que dans la vraie vie, celle que tu as vraiment, et pas celle que tu racontes au copains et aux interbloggeurs, tu aimes bien qu’on te prenne la main pour te montrer les coins et recoins d’un lieu étranger.

Et là, tu croises le chemin du guide, le mec épatant qui connaît tout sur l’histoire de la Haute Egypte, la Basse Egypte, la Middle Egypte et même qui sait lire les hiéroglyphes.

Tu es épatée, l’intelligence et la peau mate du monsieur te semblent irrésistibles, tu es conquise. Quand bien même tu n’es pas aficionada du look babouches et djellabah.

Oui.

Motif : il était dans son milieu naturel.

Tu prends le même zigue, tu lui mets un jean et des Converse sur le boulevard du Montparnasse, tu décrocherais pas ton regard de la vitrine Mango.

Tu commences à comprendre ?

Exemple concret 3 : le bureau


Beaucoup d’histoires sentimentales naissent sur le lieu de travail, dit la doxa. Normal, répond le maître, c’est là où qu’on passe plein de temps de vie. (le maître parle un peu comme un pochtron, oui, mais il fallait payer le tarif supérieur pour avoir droit à Pierre Bellemare)

Le maître argue aussi que dans ce vase clos, les visages se croisent et se recroisent, et le temps imparti étant long, le moins moche du département devient rapidement le plus envisageable des mâles connus.

Le costume, le succès professionnel, la reconnaissance de la hiérarchie… détails impressionnants et stimulants pour nous, femelles en mal de procréer avec un mâle puissant et défenseur de sa tribu.

Le maître s’est resservi une petite vodka.

Lorsque le chassé croisé se met en place, l’excitation mêlée à l’interdit « no zob in job » (Corneille, Le Cid) est vécue comme un stimulant journalier pour affronter une journée passée ailleurs qu’au fond de son lit (ou au Point Soleil).

Tu es séduite, tu es emballée et la cravate à rayures blanches et bleues te semble so sexy depuis.

Oui.

Motif : il était dans son milieu naturel.

Tu prends le même bougre, tu le mets en short de bain à Copacabana, tu ne bâtirais pas de châteaux de sable tout autour de sa serviette pour attirer son attention.

Ça percute ?

Crac boum wiizzz ?

Le message d’espoir pour l’homme désemparé, s’il en est un, est que si rien mais alors RIEN ne marche pour pécho, c’est qu’il n’a pas encore trouvé son milieu naturel.

Il faut toutefois tristement avouer que le milieu naturel le plus adapté de certaines personnes reste l’obscurité.

Dans ce cas, A-DA-PTEZ-VOUS.

et pis c’est tout.

Femmes, lectrices, ne dites jamais jamais et ouvrez les yeux. Soyez conscientes que le mâle ne peut pas faire bonne figure dans tous les lieux où vous l’emporterez, l’important étant qu’il reste séduisant le visage entouré de vos jambes.

Sur ce, le maître m’attend à coté du bar et a m’a déjà servi un Gin Tonic,

alors à plus les anthropoïdes !

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