En 2019, on refait tout à neuf

Trop facile de faire rimer 2019 avec neuf ? Oui, absolument mais on s’en fout, aujourd’hui, je parle bonnes résolutions ! Ici, évidemment, c’est la “vie pro edition” et politico-citoyenne aussi, vous allez voir. Pour les résolutions plus bien-être à base de sport, d’écriture et de loisirs créatifs, on switche sur dans mes petits carnets. Bisous !

Une femme dans un champ de tournesol

(c) @huskerfan3

Alors déjà, reprenons ce que j’avais décidé pour 2018 et qui concernent ma vie pro et politico-citoyenne… Ah ben pas grand chose en fait, toutes mes résolutions 2018 étaient tournées vers ma vie perso. C’est amusant, je crois que je ne l’avais pas encore formulé mais je crois que j’avais déjà inconsciemment admis que ma carrière, ça ne m’intéressait plus. Juste une résolution pour le boulot et elle est intéressante : se battre. Et je l’ai fait. Mal dans un premier temps puis bien sur le second temps mais parce que je me savais soutenue. J’ai pas réussi à déstabiliser ma chef toxique du taf 1, mon chef toxique du taf 2 et paraît que j’y suis pas pour rien… Je ne me fais pas trop d’illusions, hein : le mec a surtout sauté parce qu’il avait de mauvais résultats mais j’en reparlerai, de tout ça. Donc bah, à moitié rempli car je dois progresser là-dessus.

Xena la guerrière prisonnière

Et on enchaîne donc direct avec mes résolutions, voici ma liste et vous allez voir, je vais avoir du mal à tenir le truc.

  • Lancer mon blog citoyen. Je vais pas traîner là-dessus, je veux vraiment le faire et ce pour quelques raisons très prosaïques : d’abord pour me permettre de maîtriser bien un sujet en réunissant le plus de sources possibles. Ensuite parce que j’ai envie de jouer avec l’écriture. Je réfléchis pas mal à une forme à donner à ces articles, j’ai presque envie d’en faire des mini fictions mais je ne sais pas trop comment tourner ça. Non parce qu’un truc qui m’a un peu interpellée dans cette histoire de gilets jaunes, c’est toute la bourgeoisie (au sens très large du terme) qui suit le mouvement avec mépris en mode “ils croient vraiment qu’ils font la révolution, ces abrutis ?”. Je n’ai bien sûr pas la fin de l’histoire mais ça m’inspire immédiatement une histoire où la rue se soulève et la bourgeoisie boit du vin en tenue de gala en fumant des clopes d’un air blasé. Et je me demande : plutôt que de recopier des faits, comment leur donner un peu chair ? Je n’en sais encore rien mais j’ai un travail à faire là-dessus.

Cersei boit du vin alors que le monde s'effondre

  • Créer des blogs “SEO oriented”. En gros, me faire des terrains de jeu qui passeront nickel sur un CV, par exemple… En vrai, je ne sais pas encore ce qu’il va advenir de moi, professionnellement parlant. J’ai une piste intéressante pour me sortir de là où je suis mais une piste, c’est peu. Je le sens bien mais il y eut certaines pistes dans le passé que je sentais bien et finalement… Du coup, l’idée, c’est de toujours rajouter des cordes à mon arc. En maîtrisant le SEO, je pourrai repartir vers une carrière plus “écrite”.

Une de mes bonnes résolutions : devenir copywriter ?

  • Travailler mes datas analyses. La data, moi, j’aime ça et j’adorerais travailler sur le sujet. Vous savez, j’ai un cauchemar récurrent (enfin un…) où je me retrouve avec un diplôme et à ne plus savoir que faire de ma vie par la suite. Cette année, dans un de mes rêves, j’ai eu la révélation : devenir data journaliste. Alors le côté journaliste, je sais pas mais “data”, oui. J’ai pas mal analysé de données par le passé, c’est quelque chose qui me plaît vraiment même si je ne fais que le toucher du doigt. Par contre, je ne sais pas du tout comment le valoriser encore. Ni comment procéder… Ouais, bon, de toutes mes résolutions, on sent bien que celle-ci est la plus bancale.
Le guide du data journalisme

Ah tiens, il me faut ce livre

  • Trouver une réelle façon de s’engager. Pas la politique, non, j’ai eu l’impression que de n’être un caillou du piédestal des leaders du mouvement, voyez l’idée ? L’impression de ne pas pouvoir dire blanc si ça dit noir au-dessus, ne pas avoir le droit de poser les questions qui fâchent. Non parce que bon, je veux certes écrire des articles en masse pour exprimer mon point de vue, “offrir” une synthèse de mes lectures pour essayer d’apporter des éclairages, je ne pense pas que ça suffise. La grande énigme sera donc  comment agir sans se retrouver empêtrée dans des histoires à la con ? Non parce que même dans mon ancien club de plongée qui ne pouvais servir de tremplin à personne, il y avait des clans et des manigances, pareil pour la chorale… Ca me saoule tout ça.

Rumeurs et manigances

Bref, au-dessus de cette liste, il va y avoir surtout LA résolution : arrêter de me faire bouffer. Il va falloir que je batte mon hydre ultime, celle qui me rend manipulable et corvéable à souhait : la culpabilité. J’ai été un peu molle aujourd’hui au travail ? Ah ben je vais travailler en soirée pour compenser. Sauf que bon, si j’ai été molle, c’est peut-être parce que je suis épuisée par le stress par exemple. Et surtout “gérer ma routine”. J’ai un peu essayé avec ce nouveau boulot, je m’étais fait un bujo du boulot aux petits oignons, j’avais commencé à trouver mon équilibre de la technique du 52/17 (52 mn de travail sans lever la tête, 17 mn détente que je dois consacrer à l’écriture et pas aux réseaux sociaux). Je dois arriver à organiser tout ça

Résolution 2019 : un bullet journal professionnel

Ah oui et tiens, dernière résolution qui correspond plus à cet article là, il me semble : les réseaux sociaux. Bon, globalement, on parle surtout de Twitter et Instagram, je ne mets plus les pieds sur Facebook quasiment. Faut que je me limite, surtout Twitter. Non parce que bon, Instagram, c’est surtout regarder des jolies photos ou vidéos, ça n’est pas hyper utile 9 fois sur 10 mais ce n’est pas nuisible (certains pensent le contraire mais vu que je m’en sers pas pour faire semblant d’avoir ma meilleure vie, je me sens pas trop concernée par l’Insta blues). Par contre, Twitter… C’est vraiment le réseau social auquel je suis totalement accro, c’est ma télé, ma radio. Quand certains se cultivent sur BFM TV (don’t), moi, je circule sur Twitter. L’avantage, c’est que je découvre des sujets sur lesquels je n’avais jamais réfléchi, ma timeline étant essentiellement peuplée de gens de gauche investis dans l’une ou l’autre des causes. Les petites merdes fachottes appellent ça des SJW, je reviendrai sur ce terme un jour, promis. Mais ça m’a énormément cultivée, j’y ai découvert des références, de la matière à réflexion car je ne suis pas toujours d’accord sur tout et parfois, je ne comprends pas les bails. Mais Twitter fournit pas mal d’angoisse aussi car tu patauges dans la haine ordinaire des racistes, homophobes, machistes… qui peuvent parfois être d’une violence verbale intolérable mais que la justice ne prend pas vraiment au sérieux car bon, “c’est virtuel”. Mais la haine est parfois subtile, on va cracher sur toujours les mêmes populations sous couvert de laïcité, par exemple. Parfois, je parcours ma timeline et je vois des choses qui me mettent en colère, tu te prends des remontées acides d’intolérance de ceux qui mordent au moindre hameçon pour spread the hate… C’est une réalité, certes, se raconter que la France est un pays de doux bisounours (ou tout du moins de gentils bisounours sous la coupe d’un gouvernement ayant quelques difficultés avec la notion de liberté d’opinion, manifestation…) mais je n’ai pas besoin de rappels permanents, en fait. Du coup, en 2019, d’une façon ou d’une autre, je vais limiter Twitter.

Le bisounours énervé

Et voilà, ouf ! Bon, en vrai, vous l’avez compris : comme chaque année, j’aspire à une meilleure organisation de mon temps pour “réussir ma vie”, peu importe ce que ça veut dire, en fait. Et ca va notamment passer par un emploi du temps, comme au collège-lycée. Je pense que ce sujet sera largement exploré Dans mes petits carnets.

2019, bouge pas, j’arrive.

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S’engager en politique ?

[Article écrit il y a deux ou trois semaines donc je ne connais pas le résultat du premier tour des législatives mais je sens que je vais bien pleurer dimanche soir] Bien le bonjour ! Ca va la Macronie ? Moi ça va mais je ressens comme un fourmillement, une envie au fond de moi, un grondement de plus en plus puissant… Je veux changer les choses. Pour de vrai, pas juste en tapant quelques articles de ci de là sur mon coin du web ou en retweetant à ma communauté des propos qui ne les convaincront que s’ils sont déjà convaincus, en gros. Eduquer, communiquer, ce n’est certes pas rien mais il est temps de quitter son fauteuil de bureau et d’agir “dans la vraie vie”, comme on dit. Je veux m’engager ! Mais comment ? Pourquoi ? Dois-je choisir la voie honnie pour faire bouger les choses à savoir s’engager en politique.

Femme forte

Je n’aime pas la politique, je l’ai déjà dit. Les magouilles, les pousse-toi que je m’y mette, l’oubli de ceux que l’on est censé représenter (les citoyens) pour grimper sa petite échelle, ça, je peux pas. Mais étant, souvent malgré moi, une citoyenne concernée et inquiète, je ne peux pas juste tout balayer d’une main et vivre ma petite vie en me foutant du reste. Ce n’est pas comme ça que ça marche. Alors que je vois le monde qui ne va pas mieux (euphémisme), je me dis que je dois apporter ma pierre à l’édifice, même si celle-ci a plus la gueule d’un caillou mal branlé. Râler derrière son écran, c’est quand même globalement stérile même si des fois, tu peux apprendre quelque chose à quelqu’un. Des fois, pas tout le temps.

Râleuse

Alors s’engager, ok, mais quoi ? Où ? J’avais assisté dans des temps anciens à une réunion de section du PS et j’avais été saoulée d’entrer par la petite bagarre d’egos entre les uns et les autres. Il y avait là une fracture entre les citoyens concernés et ceux qui s’imaginaient une carrière. Fin du game pour moi. Quelques années plus tard, un de mes camarades décide de s’investir dans la lutte contre le nucléaire : d’abord très actif sur les réseaux sociaux, il tombe quelques mois plus tard dans le mutisme. Je lui demande donc s’il est toujours impliqué “non, j’ai laissé tomber. Tous les gens là-dedans, ils sont là parce qu’ils espèrent monter en politique”.

s’engager en politique

Au défilé du 1er mai, je n’ai pas su si la dame avait choisi cette couleur de ballon exprès mais j’avoue que ça m’a fait rire

Alors me voici, là, à me gratter la tête pour savoir quelle direction prendre. Je sais déjà ce que je ne veux pas mais comment être sûre ? J’ai pensé à Greenpeace mais à mon avis, le côté politique est bien présent… Alors je discute, je me renseigne. J’hésite. Je dois définir ma priorité. L’écologie, l’environnement. Oui. Mais l’éducation aussi, c’est important, non ? Je veux dire à quoi ça sert de militer dans son petit coin quand les gens sont murés dans leurs certitudes. Oui, les certitudes ça peut évoluer mais pas toujours. Et puis y a les Migrants, on peut pas laisser faire. Et puis… et puis… Et puis il y a ce parti. Ce parti avec qui je suis quasiment toujours d’accord sur le projet de société, ce parti presque parfait… ne serait-ce l’opportunisme gonflant de ses têtes d’affiche prêtes à s’aplatir pour choper un ministère, voire un secrétariat d’état. Ce parti là qui se souvient de son moteur qu’épisodiquement, dont les têtes de proue se taisent étrangement sur quelques projets gouvernementaux catastrophiques pour l’environnement genre Notre Dame des Landes, Sivens, la ferme des mille vaches… A part quelques fulgurances de ci de là, une Duflot qui monte régulièrement au créneau, un Jadot qui négocie la fin du projet Notre-Dame-des-Landes et la sortie du nucléaire en s’alliant à un Hamon déjà perdant. Par contre, sur le terrain, ça agit, ça vitupère, ça ne laisse pas faire.

S'engager pour l'écologie

Alors oui, je vais y aller. Je vais attendre la fin des élections législatives et puis, j’irai. Surtout que ma candidate EELV locale, elle a l’air bien inspirante. Mais attention, je ne ferme pas les autres portes. Parce qu’il est possible que je finisse dégoûtée comme je le craignais, je dois aussi investiguer les associations… En attendant mon blog citoyen qui arrivera, promis.

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Donner de l’argent, un réel engagement

Depuis le début de l’année, je me questionne, je doute : comment s’engager, comment aider ces causes que je crois justes ? Tenter d’évangéliser, oui, avoir un comportement le plus responsable possible, ok. What else ? Donner des sous ? Je veux bien mais n’est-ce pas se laver les mains d’un sujet donné ?

concept: giving money to a growing pool of donations

Je donne déjà à certaines associations : j’ai une filleule au Vietnam via une association qui aide la scolarisation des jeunes filles (Plan pour ceux que ça intéresserait), j’ai investi pour permettre à une apicultrice d’installer de nouvelles ruches car les abeilles, c’est important (Un toit pour les abeilles), je me suis abonnée à Mediapart et Arrêt sur images, j’ai donné sans hésiter au Secours Populaire quand les jouets pour les enfants ont été très connement saccagés. Je vous dis pas ça pour me la raconter mais plus pour vous inspirer si jamais… Je n’ai pas le portefeuille en pot d’oursin mais j’ai toujours cette impression que je m’achète une bonne conscience, qu’on ne s’engage pas par l’argent.

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Et puis j’ai vu Paul Watson, le capitaine du Sea Sheperd dont je vous parlais hier, le pirate qui a eu ses bateaux confisqués suite à son opér ation dans les Iles Feroe. Lors du débat suivant la projection du Peuple des Orques, il nous expliquait qu’il avait fait un appel au don pour reconstituer sa flotte mais qu’il avait galéré à réunir la somme alors que “j’ai plus de 300 000 dans sur Facebook, si tout le monde avait donné un euro, le prix d’un café, on aurait refait la flotte. On n’a eu que 6000 donateurs à l’arrivée”. Et c’est là que je percute : l’argent, c’est le nerf de la guerre. Quelle que soit la guerre ou le combat.

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Finalement, donner, ce n’est pas tant se laver les mains d’un problème que de donner à ceux qui peuvent agir sur le terrain le moyen de le faire. J’ai beaucoup de respect pour le travail de Watson et Sea Sheperd, par exemple, et je n’ai pas les moyens d’aller sur les îles Feroe m’opposer au massacre des dauphins (enfin, j’ai pas de bateau et je ne sais pas naviguer, je veux dire). Bien sûr, le mieux serait de monter sur un des bateaux pour agir directement mais on ne peut pas toujours participer à tout, être systématiquement sur le terrain. Les sujets qui me touchent ou m’inquiètent sont nombreux et en ne parvenant pas à choisir ma cause, celle pour laquelle je donne mon temps, pourquoi ne pas filer un petit coup de main par ailleurs… en donnant de l’argent. Parce que si je prends Plan ou un toit sur les abeilles, je peux pas donner 2h de mon temps : ma filleule est quasi à l’autre bout du monde et j’y connais rien du tout en abeilles (déjà, c’est étonnant quand on me connaît, je n’y suis pas allergique). Idem pour Mediapart ou Arrêt sur images, je trouve ça bien cette indépendance d’un média mais à part donner des sous, que faire ?

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Alors oui, finalement, je réalise que donner, ce n’est pas juste pour la bonne conscience ou pour faire genre qu’on a aidé. D’abord, oui, on aide. Moins que du bénévolat, certes, mais c’est déjà un pas et un pas drôlement nécessaire, in fine. Alors, tiens, au lieu de dépenser mes sous n’importe comment, pourquoi ne pas donner plus souvent. Parce qu’évangéliser, c’est bien mais filer un petit coup de pouce, c’est mieux. Ce qui ne m’empêchera pas de mettre les mains dans le cambouis le jour où je trouverai ce que je mets en priorité dans les différentes causes qui m’interpellent

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L’école de la vanne

Sous titre : ris d’être rabaissée sinon tu n’as pas d’humour.

L’humour, ah, l’humour ! Qu’il est bon de rire, ça fait tout un tas de choses à ton corps : ça te détend, ça fait brûler des calories, ça rallonge ta vie, ça crée de la cohésion et encore plein de choses, je suppose. Et j’avoue que j’aime rire, je suis d’ailleurs très bon public, j’explose facilement de rire devant la série abrégée des Chevaliers du Zodiaque (je rebalance le lien), les délires de Natoo ou Andy, le coeur a ses raisons, le dézapping du Before… Ouais, j’ai un humour Canal, apparemment. Mais y a un truc qui commence à me fatiguer. Faaaatiguer : l’humour de la vanne.

Dès le départ, ça situe le niveau

Dès le départ, ça situe le niveau

 

Ca fuse. Vite, trouver une vanne sur la dernière phrase de Clarisse, sur le pull d’Antoine, sur l’épi chelou de Marwa “et vazy, tu t’es crue dans Mary à tout prix, mouahahahah !” Tout le monde se marre. Et Marwa ? Bah, si elle est bien lunée, elle partagera l’hilarité générale, sinon… ben tant pis pour elle. Sauf que j’avoue que je suis plus que lassée par cet humour de la vanne, que j’en sois la cible ou non.

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D’abord, il faut bien choisir sa “victime”. Il y a des gens dont tu accepteras d’autant mieux les vannes car ils sont tes amis et tu sais qu’il n’y a pas de volonté de blesser derrière (en tout cas, qu’ils seraient désolés que ça arrive). Il faut également être attentif au sujet de la pique, on a tous certaines blessure où il n’est pas bon foutre un bon coup de hâche, même s’il est donné avec humour. On va éviter de répéter à une personne ayant pris du poids et ne le vivant pas très bien qu’elle risque pas de se noyer avec sa bouée, ahah ! Ou ironiser sur les difficultés d’une personne dans un domaine précis alors que celle-ci galère pour s’en sortir “Ahah, Jean-Claude, ça fait combien 2+2 ? Ah mais oui, c’est vrai, tu es nul en maths, mouahahahah ! Allez, fais pas la gueule Champion”. Vous saisissez l’idée.

humiliation

Le bashing est pour moi l’un des avatars les plus malsains de l’humour oppressif. Rire de soi, ok, je pense que ça peut être sain et dédramatiser. Seulement, il y a un fossé énorme entre “je ris de mes défauts pour les dédramatiser” et “je ris des défauts des autres pour passer pour le petit comique de service au détriment de quelqu’un”. Evidemment, le bashing permet de s’adonner à de bons mots, à se faire applaudir sur sa réactivité et son sens de l’à propos et il est si bon de rire des autres ! Au moins, ça ne nous tombe pas dessus.  Mais franchement, à quoi ça sert ? Se lier les uns en descendant les autres, mettre quelqu’un en faiblesse pour se mettre en position de force à l’inverse. Parce qu’on a beau avoir de l’humour, quand tu entends toute la journée que tu es moche, gros, bête, nul en ci ou en ça, tu finis quand même par intégrer un peu.

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Alors je dis stop. Je m’énerve, je peste, je ferme les portes de l’humour autour de moi. Je ne suis pas drôle ? Parce que tu crois que tu étais drôle quand tu m’as agressée un peu gratos juste pour faire marrer ta petite cour ? Tu n’as pas la sensation que je ne suis pas d’humeur ou que tu as tapé pile où il ne fallait pas ? Et t’excuser au lieu d’en plus attaquer mon humour non ? Bah non, c’est moi qui ne suis pas drôle. Parce qu’on est dans la culture de la vanne, du clash et du bashing, du “on peut rire de tout mais pas avec tout le monde”, cette phrase prononcée généralement par ceux qui n’en comprennent pas le sens. Et bien pardon mais perso, j’en ai marre. Je ne suis pas contre l’humour vache, trash, si celui-ci sert à dénoncer, à s’engager. Qu’on se moque de Hollande ou Sarko parce que leur politique est bancale, parce qu’ils se posent en personnes qu’ils ne sont pas (genre quand Sarko “lit” Victor Hugo). Qu’on les rabroue sur leur tour de taille ou leur taille, j’ai déjà dit à quel point c’était inutile et même franchement débile. Mais bon, peut-être attends-je peut-être trop de finesse de la part de mes congénères, moi aussi.

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Tellement…

 

Pourtant les vannes de cul, ça marche bien pour faire marrer, éventuellement (quoi qu’on flirte toujours un peu avec le sexisme…)

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Demain, je vous parlerai d’une vanne trèèèèèèès populaire sur les Internets que je ne supporte plus.

 

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N’oublie pas les oiseaux de Muriel Magellan

Fidèle à sa fonction de dealeuse de bonne came littéraire, ma mère me glissa dans les mains un roman autobiographique vendu comme suit “c’est l’histoire d’une fille qui a une folle histoire d’amour avec le metteur en scène de Starmania”. Ayant eu une folle passion pour Starmania dans ma jeunesse, j’ai donc voulu le lire. Bien m’en a pris.

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Ca commence dans une morgue. Murielle, l’auteure, vient rendre une dernière visite à l’amour de sa vie, décédé, accompagné de leur fils. Pendant que l’enfant ne saisit pas bien ce qu’il se passe, elle se remémore cette histoire d’amour insensée, mêlant récit et extraits de ses journaux intimes pour se replacer dans ses pensées de ce moment là.

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Muriel est une jeune provinciale qui a un don certain pour la chanson. Une fois son bac en poche, elle monte à la capitale pour intégrer une école d’artiste, une sorte de Fame academy sans élèves qui dansent aux quatres coins de l’établissement. Muriel est plutôt timide et effacée. Lorsqu’elle croise la route d’un de ses professeurs, Francis Morane, sa vie prend un tournant. Pendant longtemps, elle s’imagine trop quelconque pour réellement l’intéresser, elle travaille comme une forcenée pour réussir et attirer un peu de son attention. Pas forcément pour une histoire mais plus pour être reconnue par celui qu’elle admire par dessus tout.

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Leurs routes se croisent quelquefois jusqu’au jour, où, finalement, ils passent une nuit ensemble. Une histoire d’amour en dents de scie, tumultueuse. Morane est insaisissable, il ne veut pas s’engager, il ne veut pas qu’elle tombe amoureuse mais ne veut pas qu’elle s’éloigne pour autant. Elle le perd, elle le retrouve, ils finissent par s’installer et faire un enfant. Avant de se séparer à nouveau car Morane a une nouvelle compagne. Puis la réconciliation sur le lit de mort de l’artiste, atteint d’un cancer.

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Ce roman autobiographique m’a touchée en plein coeur. Je crois que j’aurais dû le détester tellement Morane représente l’archétype du pervers narcissique, comportement que j’abhorre depuis que j’en ai croisé un et l’ai vu détruire méthodiquement l’entourage de l’une de mes (ex) amies pour l’enfermer dans son piège. J’aurais dû crier, vouloir secouer Murielle Magellan par les épaules en lui criant qu’elle est trop conne. Parce que oui, parfois, elle accepte des trucs qui paraissent impensables. Mais elle le fait en tout conscience et porte un regard compatissant mais pas mièvre sur son elle d’avant, celle qui avala tant de couleuvres par amour. Finalement, je l’ai aimé ce livre, passionnément. J’ai été heureuse et triste avec elle, j’ai ressenti des choses. Peut-être grâce à sa plume, peut-être grâce aussi aux extraits des journaux intimes qui donnent une épaisseur supplémentaire au roman. Peut-être aussi parce que Murielle Magellan raconte cette histoire simplement, joliment, sans règlements de compte, avec tendresse.

Alors il faut lire ce roman. Et moi, je pense de plus à plus à m’acheter un cahier “journal intime”. D’abord pour son côté catharsique mais aussi parce que parfois, c’est sous le coup de l’émotion pure que l’on écrit les plus jolies choses.

PS : Ce livre m’avait inspiré cet article là sur les ruptures et ce que j’aurais aimé que mes exs me disent à ce moment là.

 

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Engagez-vous, rengagez-vous qu’ils disaient !

[Je vous parle de Venise bientôt, l’article est fait mais je traîne lamentablement sur les photos]

En ce moment, j’ai une nouvelle marotte : la théorie de l’engagement. Enfin la psychologie de façon plus large mais la théorie de l’engagement en particulier, je la ressors à toutes les sauces. C’est quoi donc ? Pour schématiser, la théorie de l’engagement, c’est ce qui vous pousse à persister car vous vous êtes déjà trop impliqués et que vous refusez de lâcher prise pour ne pas perdre ce que vous avez déjà investis. Typiquement : vous attendez le bus qui ne vient pas. A un moment, vous auriez plus vite fait de terminer le trajet à pied mais vous attendez depuis trop longtemps pour renoncer. La théorie de l’engagement peut aussi s’appeler « je peux pas faire marche arrière sans passer pour un(e) con(ne) ».


Et ça s’applique à tout. Prenez une relation amoureuse par exemple. Au début, pioupiou les petits oiseaux mais à un moment, tôt ou tard dans la relation, peut se lever un gros gros orage. Vous vous accrochez comme une bête et vous arrivez à sauver votre couple, quitte à faire quelques sacrifices au passage, sacrifices plus ou moins importants selon la situation. C’est à dire que pour éviter que la mongolfière de votre amour ne s’écrase, vous avez tout balancé par dessus bord et ne reste dans la nacelle que votre partenaire et vous, tout le reste git désormais sous le sol au-dessous de vous. Sauf que voilà, la croisière en mongolfière continue et finalement, votre partenaire vous gâche la vie, vous avez fait une erreur. Le balancer par dessus bord lui aussi ? Non, vous avez déjà trop sacrifié, vous passeriez pour un con à vous en débarrasser aussi. Vous noterez que je viens moi-même d’être à fond dans la théorie de l’engagement en filant cette piètre métaphore jusqu’au bout alors que j’aurais dû la laisser tomber y a trois phrases déjà mais j’aurais eu l’air trop conne.


C’est pareil pour une cause sur laquelle vous vous engagez. Au début, vous y croyez, forcément, vous voilà porte-parole, égérie, ce que vous voulez, vous partez la fleur au fusil, la main sur le coeur pour dire à tous que vous savez, tel un Jésus des temps modernes. C’est bien d’avoir des convictions et de se battre pour les défendre, bien entendu. Sauf que parfois, ben on change ou on se rend compte qu’on s’est trompés. Que le monde n’est pas noir et blanc comme on le pensait mais plutôt tout en nuance de gris. Typiquement, je m’esclaffe toujours de constater que nos politiques de droite ont souvent été un peu de gauche dans leur prime jeunesse. Je citerai un ami avec qui je faisais de la radio dans ma prime jeunesse : « je comprends même pas qu’on puisse être de droite quand on est jeune ». Sans être aussi péremptoire, je constate quand même qu’en vieillissant, nos engagements politiques glissent parfois un peu vers la droite. Bref, je continue à être victime de la théorie de l’engagement, je fais de la socio de merde aussi, vous avez vu. Donc on s’engage, on devient une figure de la cause que l’on défend. Et si en se levant un matin, on se rend compte que l’on est dans l’erreur ? Je me souviens de ce livre sur la vie privée des magazines d’Anne Steinger qui, en tant que bonne journaliste sexo, avait réalisé moult reportages sur cet univers trouble et fascinant du libertinage. Bon, en vrai, tout le monde s’en fout de ce que font quelques anonymes en quête de leurs 15 mn de gloire de leur cul mais ça remplit les pages. Anne avait donc rencontré des acharnés du libertinage qui ne pensait pas qu’il puisse exister d’autres façons de vivre et de s’ébattre. Quelques temps plus tard, elle avait retrouvé une des figures de proue du libertinage médiatique… Elle avait tout laissé tomber et retourné à une vie moins libertine et bien plus anonyme. Mais pour renoncer à ce que l’on a tant prôné, il en faut du courage.


Au fond, la théorie de l’engagement marche sur deux ressorts essentiels : l’orgueil et l’opiniâtreté. Oui, il y a des choses qui méritent qu’on poursuive, l’opiniâtreté est une bonne chose en soi. Sauf que parfois, on se trompe et c’est humain. Que celui qui ne s’est jamais trompé me jette la première pierre et je le traiterai de mythomane. Oui, on choisit des voies et parfois, on se rend compte que ce n’était finalement pas la bonne. Faire demi-tour, passer pour un con mais cheminer plus gaiement ou persister des fois que… des fois que ce soit mieux après ? C’est un possible mais à un moment, on sait qu’on est dans une impasse mais on ne veut pas admettre qu’on a eu tort, on continue, quitte à travestir nos pensées, à sourire de toutes nos dents par devant alors que dans notre tête, notre petite voix est en train de nous traiter de tous les noms (ma petite voix est très agressive parfois). L’engagement est parfois lâcheté : il est plus facile de faire le dos rond et nier les problèmes plutôt que d’avouer que l’on s’est trompés. C’est du courage de dire stop, de rebrousser chemin, d’admettre que l’on s’est fourvoyés quand on s’en rend compte. Ca fait 15 mn que j’attends un bus qui ne vient pas, stoppons les dégâts… Bon, l’exemple du bus n’est pas bon car en général, c’est quand je décide de marcher qu’il finit par arriver (mais j’ai déjà quitté l’arrêt de bus, voyez). Passer pour un con ? C’est pas très agréable mais finalement, ne vaut-il mieux pas être en accord avec soi même plutôt que de bien paraître auprès de gens qui ne sont pas capables d’être magnanimes avec nos erreurs ?


A chacun de se poser la question. Pour ma part, j’ai déjà été capable de dire stop, de ne pas persister quand je comprenais que ça n’allait pas dans le sens de mon bien être général. Mais bon, dans mon cas, c’est parfois légèrement de l’inconscience. Et surtout je me contrefous de ce que pensent les gens et surtout, ça me permet de faire le tri entre mes amis et… les autres.

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La femme est elle un trophée ?

Par Laurent

Je me suis toujours considéré comme Gentleman et en tant que tel je ne voulais juger une femme que sur ses qualités morales et son élégance.

Mais entre cette théorie et la pratique, force est de constater que depuis quelques années j’ai tendance à me fier à des critères beaucoup moins nobles, et me pose souvent cette question : serais-je fier d’être avec cette femme ?

Pour la clarté du sujet, je tiens à préciser que je me pose cette question pour la fille avec qui j’aimerais faire mon nid, je ne cherche pas nécessairement autre chose étant déjà dans une R.A.S. (Relation Affectivo-Sexuelle, je ferai peut être un post dessus).

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Apres avoir fait le débat sur le sujet hier avec des potes, je me suis rendu compte qu’une grande partie d’entre eux avaient également ce mode de raisonnement, et qu’on pouvait certainement en déduire une généralisation.

Tout d’abord, commençons par l’origine de tout ça, qu’est ce qui fait qu’un mec voudra un truc qui brille à exposer fièrement à tout le monde, je lâche le mot : un trophée.

Nous entrons ici dans l’égo masculin (oui je sais ça peut faire peur), mais le raisonnement est assez primitif à vrai dire.

La première de ces raisons est qu’un mec est en compétition perpétuelle avec ses pairs (théorie du mâle dominant, tout ça tout ça), et le fait de parader avec une mignonette rajoute au moins 2 points sur 10 sur l’échelle sociale du mâle !

Petite anecdote pour étayer mes dires : dans un pub, des anglais complètements inconnus sont venu me déposer une pinte en me disant « well done bro’ » par rapport à la petite suédoise avec qui j’étais à ce moment la, comme si j’avais marqué un but en final de coupe du monde ou un truc du genre… 


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Une autre raison non négligeable, c’est qu’un mec adorera rendre jalouse ses ex en lui prouvant qu’elle n’était qu’un brouillon avant le chef d’œuvre. Car on peut tout acheter, mais pourrir la vie de ses ex, ca n’a pas de prix !

Après viennent des raisons plus profondes, prouver à ses parents qu’on n’est pas le raté qu’ils prétendaient, s’engager sans se dire qu’il était possible de trouver mieux.

Je vous rassure mesdemoiselles, si vous n’êtes pas une grosse bombasse vous avez quand même toutes vos chances, quand un mec cherche à se caser, il n’y a pas que le physique qui compte.

Et comme vous m’avez fait l’honneur de me lire jusque là, je vais laisser filtrer un peu l’info. De plus j’ai l’impression en lisant les anciens posts que quelques conseils matrimoniaux seraient loin d’être superflus…. Alors je vais vous faire un petit compte-rendu de mon récent débat sur le sujet, et vous énoncer qu’est-ce que votre futur mec va prendre en
compte pour déterminer s’il pourra, ou non,  se vanter auprès de la terre entière d’avoir trouvé la perle rare :


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Le physique : j’ai dit qu’il n’y avait pas que ça mais ca reste le premier truc qu’on regarde ! 

Déjà il faut comprendre qu’il n’y a rien de plus vexant pour un mec que d’entendre : ta meuf est grosse ou ta meuf est moche. Si vous faites parties de cette catégorie, je ne peux que vous conseiller 2 choses : le footing,  et le maquillage, (le voile ne constituant pas une solution viable), mais il faut savoir que ce premier test sera éliminatoire. Cependant le fait qu’une femme soit superbe ou juste un peu mignonne n’importera au final peu, comme si on savait que le temps ferait resserrer les écarts…

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L’argent : l’idée reçue qui dit qu’un homme se sentirait vexé de sortir avec une femme gagnant plus que lui ne s’est pas vérifiée avec les gens avec qui j’en ai parlé. Je dirais même qu’un homme mettra en avant le fait que sa femme gagne beaucoup, comme pour dire qu’il a trouvé un autre bon plan pour améliorer son train de vie.


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L’exclusivité : Nous parlons ici du nombre de partenaire qu’aura eu la belle, et ça le male y est particulièrement sensible. L’égo de l’homme a besoin de se sentir privilégié, d’avoir des faveurs que les autres n’ont pas eu, et ce qui est rare est précieux! A l’extrême un homme ne voudra jamais faire la femme de sa vie une femme qu’il considérerait comme un
« jouet usagé », qu’il jugerait aussi vexant que manger à la soupe populaire. 


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Le niveau social : il ne s’agit pas nécessairement du degré d’étude ou du travail, mais peut aller aux résultats sportifs, aux responsabilités associatives… Un homme aimera démontrer à qui en douterait que sa jolie femme n’est pas qu’une coquille vide, et il s’agit ici d’un moyen simple et efficace pour le faire. Pour mettre une touche d’avis personnel
c’est le critère que je privilégie pour me faire une opinion sur une femme (et sur les gens en général), il me parait plus sain de juger les gens sur ce qu’ils ont accompli plutôt que sur ce qu’ils sont, chose à laquelle ils n’y sont pour rien.

Vous l’aurez compris, c’est surtout l’égo du mâle qui prend le dessus quand il s’agit de trouver une fille pour se caser, mais ce phénomène est au final assez simple à comprendre.

Autant pour mettre dans son lit un mec se tournera vers une fille libérée, aguicheuse, pas des plus maline et d’un niveau social inférieur  car il joue la facilité pour arriver rapidement à ses fins.

Autant pour faire son nid c’est une autre histoire, car cela l’implique personnellement qu’une femme puisse potentiellement un jour porter son nom et élever ses enfants.

Un homme aura donc besoin d’être fier de la gazelle qu’il aura su attraper dans cette jungle qu’on appelle la vie.


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Après toutes ces réflexions, une question se présente désormais à moi : l’homme est-il également un trophée ?

Je n’ai pas la réponse, mais libre à vous mesdemoiselles d’écrire un article pour y répondre…

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Gertrude et Giovanni

Par Lucas

Cette bafouille se lit mieux avec cette reprise.

Bon anniversaire Gertrude ! Tu permets que je t’appelle Gertrude ?[1]
Bah oui on est potes tous les deux.
Ça fait un an qu’on se connait, qu’on se côtoie.
Ça fait un an que tu fais la une de chaque numéro hebdomadaire de l’encart emploi de l’Express.
En fait, ça fait un an qu’il n’y a pas une journée sans qu’un quotidien, une radio ou une télé ne parle de toi.

Un an !

Je sais, ça ne doit pas être facile pour toi. Cette célébrité soudaine et brutale,
constamment sur le devant de la scène, être la star et l’égérie, celle qu’on clame et qu’on n’oublie… jamais.
Pas de pause, d’accalmie, pas de repos, pas de répit.
Mais ne t’inquiète pas, Gertrude.

Comme ces soldats du fort Bastiani, dans « Le Désert des Tartares« , tu devrais voir un jour venir l’assaillant, ou même voir venir la relève. Enfin, je dis la « relève » mais ce n’est pas tout à fait ça. On n’est pas dans un album d’Asterix…
Disons plutôt la reprise.
Et là, on a envie de détourner une chanson de Cali et de te poser la question :

Et pourtant,
Et pourtant…
Tu sais quoi Gertrude ?
Ma référence au « Désert des Tartares » n’est pas fortuite…

« Le Désert des Tartares« , c’est un peu  l’histoire d’une vie gâchée. Et cette vie, c’est celle de ceux qui n’osent pas créer leur chance. Celle de ceux qui attendent tout de la fatalité et du destin, ceux qui n’osent pas, qui stagnent ou qui vétillent pour ne pas s’engager, qui ne font rien pour aller de l’avant et construire. De ceux qui se bercent de « ah si seulement » et de « tiens je vais jouer au loto, on ne sait jamais »… Ces gens pusillanimes  qui gardent espoir en sublimant un artefact éthéré, ceux qui pensent, qu’un jour, une bonne fée va se pointer et tout changer.  Un espoir odieux que  Buzzati montre tel qu’il est : comme une forme de lâcheté. Et je sais de quoi je parle, Gertrude. oui je ne le sais que trop bien et je l’avoue avec un peu de honte : j’ai mis deux ans à m’extirper de cette atonie.

Pour aller dans le même sens, ça me fait penser à cette réponse que j’ai reçue ce soir de la part de Décathlon où je postulais pour être chef manager de rayon :

Je déplore cependant que votre profil ne corresponde à aucun de nos métiers proposés, et vous informe que nous avons supprimé les informations vous concernant dans nos bases de données.

Negative answer, again and again,
So, what ?

Alors j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes, Gertrude.
De t’envoyer chier.
Oui, je sais, dit comme ça c’est vulgaire mais tu n’imagines pas comme je m’en contrefous.
Tous les DRH me font la gueule et je sais bien : je devrais essayer d’être complaisant. Aller faire risette dans le réseau des anciens de Reims Management’s Cool, appeler des gens pour les « rencontrer et leur demander des infos sur leur job », tournure insidieuse et malhonnête qui déguise un « coucou, je vais venir taper l’incruste dans ton bureau sous prétexte qu’on a fait la même école, histoire que tu notes bien que j’existe et que si tu vois un job passer dans une semaine, tu penses à moi vu que lorsqu’un job est posté sur Cadremploi ou Apec c’est qu’il n’a pas été pourvu
en interne, ouhai trop cool, j’te kiffe graaaaaaave
« .

Je vais donc me lancer comme autoentrepreneur.
A côté de mon job à mi temps,
A côté de mes recherches de boulot entrecoupées de courses à pied pour ne pas penser,
A côté de mon aide apportée à l’assoce Coup de Pouce
Et advienne que pourra.

Je ne dis pas ça par fatalité.
Même quand on a bien ciblé son marché, son offre, son discours, la faute à pas de chance a toujours sa place.
Mais au moins j’aurais essayé et je pourrais enfin me regarder dans une glace.
Un an, Gertrude…
J’espère bien que tu vas crever dans les 6 mois.
Et c’est avec joie que j’irai cracher sur ta tombe.
Je te laisse avec une apologie ou une exhortation de Jaurès que je trouve bien jolie et que j’ai envie de suivre. Oui, je sais Gertrude : c’est beau les déclarations d’intentions. Mais pour moi c’est un objectif à atteindre et un instrument, un moyen et un but. Un tout.

« Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ; car le courage est l’exaltation de l’homme, et ceci en est l’abdication.
Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie.
Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action.
Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli ; c’est d’accepter et de comprendre cette loi de la spécialisation du travail qui est la condition de l’action utile, et cependant de ménager à son regard, à son esprit, quelques échappées vers le vaste monde et des perspectives plus étendues.
Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe.
Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale.
Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes.
Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin.
Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.
Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux
applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »

[1] Intro empruntée à l’article du Tigre sur Marc L…

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Courrier des cœurs, réponse à Candice

Cette semaine, Candice nous a posé la question suivante :

« J’ai rencontré un garçon depuis peu, nous ne sommes pas encore amoureux donc pour l’instant c’est une jolie relation, avec de
la complicité, des rires, du partage, du sexe aussi ! mais voilà, en bon individu masculin, monsieur a un peu de mal à s exprimer, et j’ai eu droit à des mots – paroles, textos, petits post-its..- de sa part comme quoi il est heureux que l’on se soient rencontrés, que nous avons passé des moments/instants très agréables.. je m’exprime au passé car nous sommes à présent dans des villes différentes pour une courte période avant de se retrouver dans la meme ville d’ici peu.. ma question est donc de savoir si pour lui je suis réduite à des  » moments agréables » alors meme que nous avons pris la décision de se donner l’exclusivité sentimentale – à savoir s’engager ensemble – durant le temps où nous serons géographiquement éloignés.. J’en appelle donc aux vingtenaires – hommes essentiellement ! et les filles aussi si ça vous est déjà arrivé – afin de comprendre ce q un homme entend lorsqu’il s’exprime de la sorte – et de manière récurente – car pour ma part, cela me semble un peu réducteur et ca manque un peu de romantisme ! »


 

La cellule Love and sex s’est réunie et voici ce que nous en pensons.

Jane : Ça tombe bien que ce soit pour les hommes, je ne suis pas sûre de comprendre la question…

Tatiana : je pense que s’il t’a donné l’exclusivité déjà c’est que tu comptes pour lui. Tout le monde n’exprime pas ses sentiments de la même manière, sachant que les hommes ont une préférence pour les paroles monosyllabiques (oui, non, grumph…). Oui messieurs je sais, maintenant vous me détestez et c’est pas grave.  Moi je crois qu’en bonne fille que tu es tu te torture le cerveau pour pas grand chose. La réponse est dans ta question

Lucas : Je suis désolé, je suis un homme mais je n’ai aucune réponse adéquate.

Le maximum que j’ai tenu avec une nana c’est deux mois ( mais j’ai triché, j’étais partie en Erasmus à Milan au bout de deux semaines alors ça compte pas) Je n’ai donc jamais connu de moments où  j’ai eu à dire « tu me manques ». Attend d’être dans la même ville que lui, attend de pouvoir le comprendre au delà des mots : un jour tu vas ressentir de toi même s’il est vraiment sincère ou si tu n’est qu’un outil pour des bons moments. Ce qui me saoule, c’est que vous, les filles, vous nous voyez comme des utilisateurs de joujoux qui procurent des moments agreables et seulement comme ça. Comme si ds l’inconscient collectif féminin y avait une crainte inhérente d’être chosifiée et d’être uniquement un numéro. S’il s’exprime de la sorte, même si c’est un garçon cultivé, c’est simplement qu’il ne sait pas comment transmettre ce qu’il a en lui, qu’il ne sait pas comment évoquer avec des mots justes ce qu’il ressent, qu’il ne sait pas comment faire pour ne pas être trop dithyrambique ni trop distant, qu’il a comme tous les mecs peur de lui et peur de trop en dire. Derrière ce phrasé apparemment médiocre, téléphoné et standard, peut-être y a t-il une grande faiblesse de celui qui commence à ressentir un attachement mais qui refuse de le clamer par pudeur ou par crainte. A toi d’avoir la finesse d’esprit pour estimer ce qu’il en est. La copine de mon p’tit frère l’a largué au bout de 2 ans. Elle lui a donné une Sde chance au bout de 3 mois. 3 mois plus tard c’était zi end, biouti for friend. Alors ne nous pose pas de question, trouve les mots, les intonations,  qu’il faut pour les poser à lui et ressentir dans tous les non-dits de sa réponse ce qu’il voudrait te dire.

Keira : « Tarzan aimer Jane ». Bon, bah alors Jane, sois contente

Petite Cervoise : c’est assez rare qu’un homme te dise de facto qu’il te donne l’exclusivité, donc profite ! Tout va bien, comme
dirait Anny Duperey dans 98% de ses films.

Enzo : En lisant ta première et dernière phrase, la boucle est bouclée. Vous n’êtes pas amoureux pour l’instant ? Comme « ça manque de romantisme » ! Je suis désolé de te l’apprendre mais si vous ne vous considérez même pas comme amoureux dès le départ, c’est mal parti. Au début (quelques mois), ton corps est dopé aux hormones, troublant ton jugement. On ne ressent pas cette drogue dans ta missive. Soit tu essayes de rationnaliser pour te protéger, soit… Soit rien en fait. Sur le papier, il y a les ingrédients (sexe, complicité, …) mais ça n’est pas pour ça que la recette prend. Tu le dis toi-même. Une « jolie relation ». Comme on dit c’est un « gentil garçon », mais il y a toujours le « mais » qui vient à un moment. J’aime beaucoup les termes, « nous avons pris la décision de se donner l’exclusivité sentimentale » (alors que socialement, c’est le cas admis par défaut sans qu’il soit nécessaire de prendre une décision, quoiqu’en dise les articles racoleurs des magazines féminins, ce qui explique sûrement pourquoi c’est « assez rare qu’un homme te dise de facto qu’il te donne l’exclusivité »), « s’engager ensemble » pour un garçon que tu vois « depuis peu », alors que simplement vous allez être dans des villes différentes pour « une courte période ». Cette surenchère cache quelquechose, j’en mettrais la main de Lucas à couper (je suis prudent).
Si je résume. Tu es séparé de ton récent mec pour une courte durée. Il te rappelle de manière récurente son attachement (paroles, textos, post-its, …), qu’il est « heureux que vous vous soyez rencontrés ». Il rappelle* que la distance temporaire ne remet pas en cause sa fidélité. C’est plutôt positif ! (mais malgré ça mademoiselle n’est pas contente) Ah oui sauf que tu trouves que vous n’êtes pas ENCORE amoureux. Donc c’est mort. Soyez honnêtes envers vous-même et tirez-en les conclusions. S’il n’y aucune étincelle dès le début, que penses-tu que ça va être au bout d’un an, deux ?
* Il serait intéressant de savoir l’origine réelle de cette discussion, si c’est vraiment de sa propre initiative comme le comprend Petite Cervoise ou si c’est commun ou si c’est seulement toi.

Jane : Je vous admire les gens, je relis la question, et je ne la comprends toujours pas (en gros, le problème, c’est qu’elle est avec un mec, pas sûre d’être amoureuse, qu’il lui dit qu’il tient à elle et lui sera fidèle, et qu’elle trouve ça réducteur, ou j’ai vraiment rien compris? Parce que si c’est ça, j’ai envie de répondre « mais c’est quoi le problème? » (ce qui prouverait définitivement que je n’ai rien compris))

Enzo : Tu as très bien compris.

Nina : Je suis assez perplexe sur cette affaire. Si je résume l’affaire, le monsieur veut l’exclusivité pendant votre courte période de séparation. Bref, il veut une relation amoureuse monogame. Il ne l’exprime peut-être pas de façon grandiloquente mais voilà, c’est bien ce qu’il veut. Je crois que dans cette histoire, le problème ne vient pas du manque de romantisme mais de ce que tu dis dans la première phrase : « nous ne sommes pas encore amoureux ». Lui, si. Et si, finalement, ce qui te dérangeait, c’est que tu as peur de t’engager avec lui ? Tout simplement ?

Voilà ! Si toi aussi, tu as une question love and sex à nous poser, n’hésite plus, commente, maile (nina.bartoldi’a’gmail.com),
facebooke, twitte, ce que tu veux.

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Mais comment ça se fait que tu sois encore célibataire ?

Il y a une phrase qu’on entend souvent lorsque nous sommes célibataires « je ne comprends pas pourquoi tu es célibataire ». Ce qui constitue en soi un compliment, ça sous entend que nous avons toutes les cartes en main pour trouver une moitié mais tant de condescendance… Ca fait grincer les dents.



Le célibat n’est ni une maladie ni une tare, à priori, mais socialement, ce n’est pas si bien admis que ça, apparemment. Les gens ne conçoivent pas que le célibat peut aussi être un choix et non une croix à porter. Pourquoi suis-je célibataire ? As-tu seulement envisagé que c’était un choix personnel ? Dois-je forcément dire nous pour que tu arrêtes de te préoccuper de mon sort ? Pourquoi ? Pourquoi ? Et pourquoi il y aurait une raison précise, pour commencer ?


Parfois, je regarde des émissions comme Confessions Intimes. J’en ai honte. Autant j’assume mon visionnage de pas mal d’émissions merdiques, autant ce genre de programme me rend malade à regarder, je me trouve aussi déplacée que les gens qui regardent un accident en espérant voir du sang. Parce qu’au fond, c’est pareil : des couples qui ne s’aiment plus se battent devant les caméras, s’insultent mais nous expliquent qu’ils restent ensemble par amour (au moins oui) ou pour les enfants. Je ne suis pas sûre que voir ses parents s’insulter soit une bonne chose pour un enfant mais je ne suis pas pédopsy, peut-être ai-je tort. Alors, forcément, quand je vois ça, ça calme un peu mes envies de couple à tout prix.




Evidemment que parfois, on a envie de bras compatissants après une dure journée, de juste dormir avec quelqu’un sans être obligée de passer à la casserole, de faire des projets à deux… Mais je ne suis pas prête à le faire à n’importe quel prix. Sans vouloir péter plus haut que mon cul, je me sais jolie, drôle et j’ai une bonne situation, je ne vais pas me jeter au cou du premier qui dit oui juste pour ne plus être la célibataire de service.


Je peux aussi des donner des réponses au pourquoi. Outre le fait que je n’ai pas envie de m’engager avec n’importe qui (comme la plupart des gens, je n’enfonce qu’une porte ouverte), pour trouver quelqu’un, faut faire des rencontres et y a des moments où c’est pas facile, facile. Je commence un nouveau boulot, je ne sors jamais avant 19h30-20h et après, j’ai juste envie de rentrer me coucher. Oui, j’ai pas eu de vacances depuis Noël (dans une merveilleuse ambiance où j’ai passé mon temps à courir les magasins et à consoler ma mère qui pleurait souvent), je suis physiquement à bout. Je perds littéralement la tête, je tape mon code de carte bleue sur mon digicode, je me retrouve dans le métro sans me souvenir d’avoir pris le train… Heureusement, les vacances arrivent. Mais voilà, je n’ai ni le temps ni envie de chercher pour le moment.



Mais au fond, peu importe les pourquoi et les parce que. Répondre au pourquoi serait se justifier alors que je n’ai à me justifier de rien. Je ne ressens pas la morsure de la solitude et je ne vois pas vraiment comment je pourrais vu que je suis très entourée par mes amis et mes amants. Célibataire, oui, seule, non. Autant j’ai mal vécu mon absence d’emploi qui me faisait sentir incomplète (« c’est quoi ta profession ? – Heu ben je n’en ai pas… – Ah… »). Mais là encore, travail et amour se rejoignent. On ne sait pas toujours pourquoi ça ne le fait pas malgré la qualité de notre profil. Quoi que si je continue dans la comparaison, peut-être qu’en amour comme dans le travail, j’ai peut-être pas focalisé sur le bon truc. J’ai par exemple longtemps cru que mon diplôme était un argument vente mais que je souffrais d’un manque de réseau alors qu’aujourd’hui, je me rends bien compte que mon diplôme ne m’a servi strictement à rien mais ça, j’y reviendrai ailleurs. Peut-être qu’en amour aussi, je me focalise peut-être trop sur un truc, pensant que c’est un atout ou un défaut et qu’en fait, non, ce n’est pas ça. Bien qu’il me semble avoir isolé un point intéressant à ce sujet et j’y reviendrai une autre fois.


Quoi qu’il en soit, j’ai décidé aujourd’hui de répondre n’importe quoi à cette question. Le prochain qui me pose la question, je me demande s’il n’entendra pas un « parce que je suis hermaphrodite et que j’ai aussi un pénis, ça en effraie plus d’un… ». Très distingué.

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