Quand les comédies romantiques torpillent la notion de consentement

Je l’ai dit et répété moult fois : je n’aime pas les comédies romantiques. Parce que j’aime être surprise par un film et que là, c’est rarement le cas (à part dans La cité des anges avec Meg Ryan et Nicolas Cage, un film plutôt hilarant malgré lui en fait). Mais surtout, à y regarder de plus près, les comédies romantiques envoient un message très problématique : accroche-toi, il (mais en fait toujours elle) finira par céder. Et tant pis pour la notion de consentement.

Amour et amnésie

On dirait l’affiche d’un film où le mec a kidnappé la fille et lui fait un trip romantique alors qu’elle a peur pour sa vie

C’est l’histoire d’une jeune femme qui reçoit un technicien Orange chez elle pour une intervention quelconque et qui reçoit quelques heures plus tard un SMS du dit technicien qui la trouve bien jolie et a décidé de tenter sa chance. C’est l’histoire d’une jeune femme qui, quelques jours après être allée chez le médecin, se retrouve à tchatter sur Facebook avec un inconnu qui se révèle être l’assistant du dit médecin. Ca ferait sans doute un bon pitch de comédie romantique, le mec qui a un coup de foudre et donne un petit coup de pouce au destin pour conquérir sa belle. Sauf que non. Non, non, non, non. Parce que déjà, le coup de pouce au destin, c’est juste un acte un petit peu illégal de récupérer les données personnelles surtout que vous savez ce qu’il y a dans nos données personnelles ? Notre adresse ! Donc en résumé : un homme à qui on a à peine parlé a pris la liberté de prendre notre numéro ou notre nom sur un dossier juste pour nous dire qu’on est très jolies et il sait où on habite… On lui a même ouvert la porte la première fois car il devait intervenir chez nous dans le cas de la 1ère. Vous commencez à percevoir le malaise ou pas ?

affiche Anna M

Oui, ça me fait penser à Anna M, j’assume

“Ah mais oui mais si on se lance pas, on va peut-être rater une belle histoire !” Et alors ? Des embryons de belles histoires, on peut en croiser au quotidien si on s’excite un peu l’imagination. La belle personne du métro, celle de l’ascenseur, celle qui nous a souri en nous tenant la porte, celle à la table à côté de nous au café… Sauf que peut-être, cette belle personne ne vous a pas calculé ou pire, a été gênée par vos regards insistants qu’elle s’est bien appliquée à ignorer. Parce que oui, dans votre imagination débordante et légèrement érotomane, vous oubliez juste un point : le désir de l’autre. On ne rentre pas dans l’intimité d’une personne en volant son numéro de téléphone ou son nom… Vous vous croyez romantiques en vous battant contre le destin ? Non, vous êtes juste méga flippants.

Stalker

“Ouais mais je peux pas savoir si je lui plais ou pas si je demande pas !”. Et si, il y a truc fantastique qui s’appelle le body language. Si vous matez une belle personne et qu’elle fuit vos regards, c’est mauvais signe. Si elle ne fait pas particulièrement attention à vous, ce n’est pas bon signe non plus. Non parce que si je considère mon cas personnel, quand je suis pas en recherche d’un mâle pour égayer mes nuits, je souris poliment mais effectivement, je ne suis pas attentive aux hommes autour de moi car je ne suis pas en recherche. A l’inverse, si une belle personne m’attire l’oeil, je vais lui envoyer quelques oeillades ouvrant la porte pour une discussion.

La femme qui séduit d'un regard

Le problème des comédies romantiques, point de départ de ma réflexion, c’est qu’on nous fait toujours croire que le mec a raison de s’accrocher, d’aller au delà des convenance ou, in fine, du consentement de la fille car il sait, lui, que c’est là le bonheur de la demoiselle. Sauf que non, juste, arrête. Comment tu peux prétendre qu’une femme sera plus heureuse avec toi que sans toi ? Je suis pas hyper calée en comédie romantique mais si on prend Patrick Dempsey dans le témoin amoureux ou Andy McDowell dans 4 mariages, un enterrement (voilà, un de chaque), on a quand même une personne qui, au nom de l’amour qu’elle porte à l’autre, va bousiller tranquillement ce qui devait être le plus beau jour de la vie de leur proie. “Ouais mais c’est elle/lui qu’elle/lui aimait vraiment…”. And so what ? A chaque fois, ils ont eu des années pour se bouger le cul et faire avancer les choses dans le bon sens. Tu t’es réveillé-e trop tard, tant pis pour toi, Buddy, laisse la vivre sa vie, merde. Et puis merci l’exemple que ça donne, imaginez qu’un mec vous fasse ça en vrai…

La notion de consentement dans les comédies romantiques

Bref, il serait temps de réécrire les comédies romantiques avec de jolies histoires où il n’est pas question de “se battre pour conquérir sa belle”, surtout si celle-ci n’a pas l’air intéressée. Fou-tez-lui-la-paix. Si une femme (ou un homme, ça marche dans tous les sens quelle que soit vos préférences sexuelles) est intéressée par vous, elle vous enverra des signes, elle ne vous laissera pas sur le côté de la route. Mais arrêtez de nous faire peur, de nous mettre mal à l’aise… Vraiment.

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Courrier des cœurs : réponse à Tulipe

Cette semaine, Tulipe nous a posé la question suivante : « J’ai rencontré un mec y a quelques temps, on est un peu sortis ensemble mais là, ça fait 15 jours que j’ai plus de nouvelles. Il n’est pas branché téléphone mais là, quand même… Du coup, je me demande si je peux ou dois lui envoyer un ultime message ou si je dois attendre qu’il revienne vers moi car j’ai peur que si je lui renvois des messages, je l’effraie, ça fasse trop fille accro. Votre avis? »



La cellule love and sex s’est réunie et voici ce qu’on en pense

Marine : Donc non seulement tu n’attends plus de nouvelles, mais surtout tu ne lui écris pas. Non, ça fera pas « fille accro », ça fera « boulet », celle qui comprend pas l’évidence, à savoir que le mec a lâché l’affaire et a même pas pris la peine de le signaler. Par ailleurs, inutile de le réprimander, le plan « dignité offensée », il n’y a
que les filles qui y croient, lui, ça ne l’atteindra pas. Donc pour ton bien-être, n’attends plus rien de lui, lâche l’affaire e basta cosi.

Summer : Ben ça dépend si tu lui as déjà envoyé 160 messages et que tu n’as aucune réponse dans ce cas oui vaut mieux laisser tomber, si tu ne lui as laissé qu’un ou deux messages un petit dernier pourquoi pas, mais entre nous comme dirait Miranda, s’il rappelle pas c’est que tu ne l’intéresses pas vraiment (enfin elle le dit pas comme ça Miranda mais en substance c’est presque ça!)

Enzo : Tu as raison, un homme est un petit animal fragile qui s’effraie rapidement et facilement. D’ailleurs il faut beaucoup de tact pour l’apprivoiser. Et si tu es forte tu pourras le baguer (pour le reconnaitre parmi les autres).
Hum non ca colle pas, je la refais :
Mais bien sur tu as raison, c’est dur de franchir le cap et d’aller à l’encontre des lois de la nature : c’est à l’homme d’appeler, biologiquement, c’est dans les gènes. Ne joue pas avec la nature, sinon la nature se vengera !
Ca colle pas non plus…
Bon oui tu peux lui envoyer un message (d’ailleurs tu aurais pu et du le faire plus tôt, je ne te félicite pas) mais 15 jours sans nouvelles, c’est plutot mauvaise signe (pour tous les êtres humains, que ce soit homme ou femme).

Diane : Sache, petit scarabé, que la lacheté masculine a su développer de nombreuses techniques d’évitement à travers les ages. Il semblerait ainsi ici que nous soyons en présence de la fameuse et merveilleuse technique du: « je t »ignore et je ne réponds pas à tes appels ni à tes messages afin de te montrer que tu ne m’intéresses plus parce que je n’ai pas l’honnêteté ou le courage de te le dire carrément et clairement »

Donc, mon conseil: lui envoyer un ultime message pour célébrer ta liberté (plus ou moins ironique, hein: « bon bah puisque tu réponds pas, j’annule le plan à trois avec ma copine Carmen electra »), ou tout simplement on efface son numéro. Errare humanum est, perseverare connardum.

Nina : Ahem. Bon, sur le papier, ça semble mal barré mais bon, il a peut-être une bonne excuse genre une appendicite…Dans ce cas là, je suggère la technique du ultime SMS du genre : « le silence radio, c’est pas classe » ou assimilé. Là, deux choses : soit son orgueil de mâle est piqué et il te répond, soit il répond pas. Comme tu auras activé l’accusé de réception pour le SMS et qu’il répond pas, c’est définitivement un connard. Tu peux aussi faire un SMS d’insulte si tu as besoin de te défouler mais bon…Comme dit Marine, ça ne servira pas à grand-chose. Au moins, tu auras fait une dernière tentative et tu pourras passer à un autre mec, certainement plus classe.

Voilà, si toi aussi, tu as une question vitale à nous poser ou une question à la con pour nous amuser, n’hésite plus, laisse un comm, écris un mail
(nina.bartoldi’at’gmail.com), facebooke-moi (Nina Bartoldi, aussi), manifeeeeeeeeste toi !

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Rien n’’est pire que l’’attente

Cette semaine, j’ai eu deux entretiens pour la même boîte. Je vous raconte. Lundi, je me lève, je fais mon pipi, je m’habille, j’ouvre les volets en évitant de trébucher sur Kenya qui me tourne autour en miaulant pour que je lui file des croquettes. Oui, il faut savoir que mon chat est une bête curieuse, manifestement anorexique qui aime réclamer des croquettes alors que sa gamelle est pleine. Mais si vous lui en mettez quelques unes de plus, elle en mangera trois et se cassera, toute contente. Mais là n’est pas le sujet.

Bon, je fais mon café, tout ça, puis je vais sur l’ordi faire le tour de mes boîtes mails. Sur ma boîte « pro » (celle avec laquelle j’envoie mes CV), j’ai un mail d’un monsieur, Jean-Louis Dupré, qui m’informe que mon CV que je lui ai envoyé la veille l’intéresse et que ce serait bien qu’on se voit le lendemain ou le surlendemain. Vu que ça presse, j’appelle directement, deux fois, mais je n’arrive pas à l’avoir donc je finis par lui répondre par mail. Rendez-vous mercredi 16h. Mercredi, 15h30, je prends mon train qui n’est ni retardé ni annulé (thanks God !), j’arrive à la station de métro voisine de l’entreprise, je pars évidemment du mauvais côté. Il pleut, il vente, c’était bien la peine que je me fasse belle, tiens. Je finis par retrouver la bonne rue, on m’indique le bureau de M. Dupré. Je sonne et une dame me reçoit, je lui indique que je souhaite voir M. Dupré et elle me répond : « oui, c’est moi ». Heu ? Je commence à réfléchir : Jean-Louis, c’est pas féminin comme nom, où ai-je fait une gaffe ? Ah, elle m’explique qu’elle participe au processus de recrutement, me voici rassurée. Elle me demande de patienter dans un fauteuil, j’en profite pour rincer mes lunettes car j’y vois un peu comme à travers un aquarium. Arrive l’entretien, on discute une bonne heure avec Jean-Louis et la demoiselle que nous appellerons Servane. On parle de mon parcours, du poste, de l’entreprise, des blogs. Je me sens un peu en état de grâce, tout se déroule à la perfection, selon moi. A la fin de l’entretien, M. Dupré m’explique que sur la quarantaine de CV consultés (ceux reçus après n’ont pas été ouverts), seuls 7 candidats ont été retenus et les deux meilleurs repasseront en entretien vendredi, avec le DRH, cette fois. Je repars, quasi persuadée d’être rappelée pour l’épreuve ultime. Et j’avais raison.

Vendredi matin (enfin, 11h45, presque le midi), me voici de retour, en jupe et talons. J’arrive à l’étage où travaille M. Dupré, je le croise raccompagnant une petite jeune fille à la porte. Je suppose (à juste titre) que c’est l’autre candidate. Ok, ça se jouera entre filles. J’avoue que cette information n’a pas la moindre importance. Me voici donc dans le bureau du DRH, un homme hautement sympathique, l’entretien se passe bien aussi. Mais j’entends deux fois le même son de cloche : l’autre candidate et moi avons un profil très similaire et ça va être dur de choisir. M. Dupré m’informe qu’il m’appellera entre 14 et 15h pour me tenir au courant. Je rentre chez moi et m’achète des fraises. Comme ce sont les premières de l’année, ça me permettra de faire un vœu. On sait jamais…

14h, le téléphone sonne : « SFR bonjour ! ». Putaiiiiiiiiiiiiiiiin ! Tu me fais chier madame SFR. 15h. C’est bon, j’ai pas le job. 16h. J’appelle mon portable, il marche, je réactualise 356 fois ma boîte mail, j’appelle ma maman pour lui refiler mon stress. 17h, tant pis j’appelle, j’arrive pas à joindre M. Dupré. Toujours pas de mail. C’est mauvais signe mais d’un autre côté, nous ne sommes plus que deux, il paraît logique d’appeler les deux personnes l’une à la suite de l’autre. Bon, j’ai essayé de faire la sieste, j’y suis pas arrivée, je n’arrive pas à écrire quoi que ce soit, je tourne, je vire, Kenya sent mon stress et est complètement insupportable (non mais en fait, elle est chiante en ce moment, j’ai l’impression de vivre dans un flipper géant où elle serait la balle). J’essaie de me « connecter » aux gens de l’entreprise, essayer de sentir le vent tourner, dans le bon sens ou pas. Oui, je sais, c’est très con ça et ça marche pas mais on trompe son attente comme on peut. Bon, en désespoir de cause, je pose mon fessier sur mon canapé et je tricote devant la télé : c’est bientôt Amour, gloire et beauté, ça vide la tête, ça.

18h, ma chère sonnerie SFR raisonne, je me jette sur le téléphone. Je reconnais le numéro, je respire et je décroche. « Oui, j’ai hélas une mauvaise nouvelle ». Bon, M. Dupré m’explique qu’en gros, il n’a strictement rien à redire sur ma candidature, aucun conseil à me donner puisque tout était parfait. Il m’a juste dit de rester comme je suis et qu’il ne se faisait aucun souci pour moi.

Bon, sur le coup, j’ai été extrêmement déçue car le job me plaisait vraiment. J’ai appelé ma mère, ma sœur, mon père m’a mailé, tout le monde était déçu mais tout le monde m’a tenu le même discours : oui, c’est décevant, mais regarde où tu en es. Bon, sur le coup, ça m’a un peu fait comme si j’étais en train de me noyer et que c’est Hobby qui me sauve plutôt que JD car il était plus proche de moi d’un demi-mètre (c’était la séquence Alerte à Malibu du jour, sponsorisé par Poitrine Hann, le shampoing spécial poils de torse, conseillé par Mitch Buchannon). Mais il faut surtout pas lâcher, surtout pas. Je suis dans une bonne dynamique, les entretiens intéressants se succèdent, j’approche du but, je le sais, je le sens. Donc vendredi, je me suis autorisée une soirée tricotage-glandage-fraise et chocolat. Mais ce week-end, j’ai aiguisé mes armes car aujourd’hui, je lance ma nouvelle campagne d’envoi de CV. Plutôt que de ruminer un échec (bien que M. Dupré ait insisté sur le fait que ça n’en était pas un puisqu’ils ont vraiment eu énormément de mal à choisir), je dois en tirer l’énergie nécessaire pour aller plus en avant. C’est comme un 100 mètres : là, j’ai fini seconde. En travaillant, la prochaine fois, je serai première.

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