Le syndrome Jonathan

Ok, je l’avoue, je suis tombée dans le piège Secret Story, je ne peux m’empêcher de regarder. J’ai beau avoir une violente envie de gifler Benjamin Castaldi dès qu’il ouvre la bouche (et c’est hélas très souvent), je ne peux pas m’en empêcher. Alors, je pourrais me cacher derrière des prétextes vaseux à base de « mais c’est sociologique ! » mais en vrai, je regarde parce que ça m’éclate, que ça a sur moi un espèce d’effet de fascination/répulsion et que j’ai même mes chouchous (Cindy et Emilie, si vous voulez savoir).


Pourtant, force est de constater que les personnes enfermées là-dedans ressemblent toutes à des gens de notre entourage, à des personnalités type. Prenons Jonathan par exemple. Pour vous expliquer un peu, Jonathan est un grand gaillard au visage simiesque (si !), au tatouage énorme sur le torse, à la pudeur inexistante (alors que c’est même pas lui qui a la plus grosse, d’après ce que l’on sait, c’est Léo, je crois, celui qui en avait une tellement énorme que même Cindy à la petite vertu était impressionnée. Ou alors, c’est Bruno ?), au regard vide. Bref, un candidat de prime abord assez bovin qui n’est pas sans nous rappeler un Félix, par exemple (loft story 2) et sans doute d’autres dont j’ai oublié l’existence. Et pourtant, le secret de Jonathan, c’est d’avoir le QI d’Einstein. J’entends des gens rire, là… Oui, Jonathan est intelligent. Ce qui ne veut pas dire qu’il a du vocabulaire, de la culture ou qu’il parle un français au moins correct. Non, je suppose que son intelligence est surtout mathématique et qu’il peut résoudre une équation du 3e degré les doigts dans le nez mais dans l’émission, ça ne se voit pas.




Le problème de Jonathan, c’est que comme il se sait très intelligent face à ses petits camarades qui ont l’air de ne pas avoir dépassé le CM2, il essaie de toujours « la leur faire à l’envers » (son expression chérie). Comme il n’est pas foutu de trouver un secret tout seul, il passe un deal avec Maija puis Sabrina (Maija trouve son secret à lui puis celui de Sabrina, récoltant les cagnottes et lui arrive après pour donner celui de Maija et devenir le roi du pétrole. Là, effectivement, on voit que les nanas sont très cons d’accepter). Il se fait prendre la main dans le sac. Et comme si ça suffit pas, quand la prod lui fait une blague énorme (laisser traîner une fausse liste de secrets prétendant que Cindy est membre de l’académie
française. Cindy qui a donc 26 ans et qui passe son temps à se montrer à poil), il tombe dans le panneau. Enfin, dernier exemple de la subtilité du monsieur : quand il est enfermé dans une pièce secrète avec Emilie (ils se font griller en 30 secondes quand celle-ci se met à crier) donc pour faire croire que, si, si, il est sorti, il enregistre un faux coup de fil pour Bruno (pour l’anniversaire de celui-ci) et dit, en gros : « Ah, ben A L’EXTERIEUR, c’est plus pareil, c’est bizarre d’être DEHORS, on se verra DEHORS, blablabla ». Grillé par ses camarades qui trouvent ça vraiment suspects. Tu m’étonnes…


Or maintenant, regardons dans notre entourage. Qui n’a pas un Jonathan dans son entourage, aka le mec qui se croit hyper intelligent, qui essaie de nous la faire « à l’envers ». Le problème de ces êtres suprêmes est qu’ils capitalisent sur la connerie de ceux en face. Par exemple, dans Secret Story, Jonathan se heurte fréquemment à Cindy qui a beau dire plein de gros mots est loin d’être conne et démêle le nœud de ficelles en trente secondes chrono. Ce qui est d’ailleurs assez jouissif car elle ne se prive pas de le tacler ensuite. Le Jonathan se la joue bon pote, confident, soutien mais il ne faut pas se leurrer, la seule chose qui l’intéresse, c’est dominer (d’où sa préférence pour les faibles caractères et les naïfs) et tirer son épingle du jeu.


Alors que faire face à un Jonathan qui a la subtilité d’un éléphant chaussé de sabots en plomb ? Finalement, ne faisons rien, laissons-le se créer ses supers plans et supers combines et observons l’air de rien. C’est tellement jouissif un être supérieurement intelligent qui ne nous la fait pas… (ni à l’endroit, ni à l’envers). La meilleure façon d’embobiner un Jonathan est justement de lui faire croire qu’il nous a emballé dans son truc. Si tu savais, mec… Parce qu’en fait, le problème principal du Jonathan est son égocentrisme. Pour manipuler les gens, il faut se la jouer discrète et ça, ça lui est juste impossible.


Faudra que je vous parle du syndrome Kevin, à l’occasion

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Comment écrire un article quand on a rien à dire

Des fois la vie, c’est exaltant, il nous arrive plein de choses diiiiiiiiiingues ! Et puis des fois, ça ronronne comme une Kenya, tout va sereinement donc on n’a rien à raconter. Tout blogueur se retrouve un jour sans rien à raconter, même votre humble serviteuse (pourtant très bavarde). Alors voici quelques idées pour remplir un blog. Je précise que cet article se veut humoristique et n’attaque personne (on sait jamais…). D’ailleurs, en la matière, je me moque d’abord de moi-même.


Première solution : le questionnaire. Avant, on les recevait par mails ces foutus questionnaires de mes fesses qui vous demandent des choses essentielles comme « préférez-vous la vanille ou le chocolat ? ». Moi, de savoir ça, ça me change la vision que j’ai d’une personne. Non mais c’est vrai quoi, on imaginait volontiers Jean-Luc s’acheter une Haagen Dasz triple chocolat mais non ! Il préfère la vanille. Ca me bouleversifie cette révélation ! Donc voilà, sur les blogs, des questionnaires, on en trouve, je les copie, je les remplis et les publie quand j’ai rien à raconter. Comme ça, toi aussi, lecteur, tu sauras que je préfère la vanille au chocolat et que je déteste les tomates crues. Des fois que tu m’inviterais à dîner, c’est indispensable à savoir. Dans la même veine, on a le test de pureté (tous les blogs ont publié un jour ça !) ou le test de dépravation (que j’ai fait, je l’avoue).

 

Deuxième solution : les photos. Bon, quand tu as décidé comme moi de rester dans l’ombre, cette solution est assez délicate parce que mettre juste une photo avec ma gueule floutée, c’est pas top bandant… Mais bon, ça économise des mots et une photo floutée fait parfois plus réagir les gens qu’un article hyper élaboré sur un sujet hyper pointu. Oui, faut croire qu’une tête de blogueur, ça inspire plus qu’un article de réflexion sur la fission nucléaire, étrange, étrange… Enfin, je dis ça mais un tel article, j’aurais rien à en dire non plus !

 

Troisième solution : les histoires de cul. Encore faut-il en avoir. Perso, j’ai pris le parti de pas coucher juste pour remplir mon blog parce que ce serait drôlement triste, quoi. Tout le monde ne peut pas visiter mon intérieur, il est un peu précieux… Bon alors on peut toujours en inventer mais là, c’est le cercle vicieux : un premier mensonge et après, on n’arrête plus. C’est sûr que caché derrière son écran, on peut raconter ce qu’on veut. Si je vous dis que j’ai couché avec Sagamore, vous pourrez pas prouver que c’est faux. Mais faut être culottée. Je peux aussi prétendre que je fais 1m75 pour 52 kg (oui pas 50, les chiffres ronds, c’est un peu suspect), vous pourrez pas prouver le contraire tant que vous m’avez pas vue… Mais bon, là, ça marche plus vu que je rappelle à peu près trois fois par semaine que je culmine à 1m57 (même pas un chiffre rond, pour vous dire que c’est vrai, quoi !).

 

Quatrième solution : parler « culture ». Là, je mets des guillemets parce qu’on peut mettre de tout là dedans. Par exemple, parler de l’Ile de la tentation ou d’une sitcom. C’est facile à écrire, il ne faut que résumer tout en se moquant. Du genre : « Putain, ils sont tous trop cons à l’Ile de la Tentation, ils me font pitié, surtout Emeline et ses drôles de boutons autour de la bouche et Harry, son fiancé qui s’est trouvé une super amie sur la plage : une moule. Ils ont le même QI, ils se sont compris ». Sinon, il y a les sitcoms, rien que résumer l’intrigue, vous avez écrit dix articles. Par exemple, prenez le temps d’expliquer que Brooke a un bébé avec Deacon, le mari de sa fille (donc son gendre) et que son fils est donc le frère et le beau-fils de sa fille et que Deacon est son père et son oncle. Ben rien que ça, ça prend de la place, quoi. Sinon, dans la culture, on peut tout mettre : un film qu’on a vu, un CD qu’on a acheté, un clip chopé sur youtube parce que c’est trop la classe, youtube, on trouve tout ! Nous, ça nous a pris 30 secondes à trouver, le lecteur, ça l’occupe au moins pendant 3mn30. MA-GI-QUE. Puis vous pouvez parler littérature ou expo mais c’est plus casse-gueule ça, ça fait fuir les lecteurs.

 

Cinquième solution : le buzz ou la rumeur. Par exemple « bon, j’ai pas le temps d’écrire un article, je me suis faite brouetter toute la nuit par un blogueur que je ne nommerai pas ». Alors là, double effet : de un, on va attendre d’en savoir plus donc on force le lecteur à revenir pour savoir si le dit blogueur fut un bon amant ou pas. Et puis de l’autre, on va chercher à savoir qui est ce jeune homme. On va se taper tous les blogs pour essayer de trouver un indice. Là, en plus, c’est sympa, vous refilez des lecteurs à vos copains de la blogosphère (enfin, les mecs, désolée les filles). Donc ça génère du trafic et du commentaire, waaaaah ! Enfin, moi, je coucherais avec un blogueur, je le dirais pas, d’abord !

 

Sixième solution : les concours. Voilà, comme ça, ce sont les autres qui bossent pour vous, c’est tout bénef et j’avoue être une pro en la matière.

 

Septième solution : raconter une anecdote à la con sous un titre attirant. Par exemple, si vous voulez raconter une histoire d’accident de machine à laver, ne titrez pas ça
« je suis une mauvaise ménagère » mais « blonde cochonne en string panthère ». Et racontez sans rougir que vous avez oublié un stylo dans la poche de votre pantalon et que votre joli petit string est ressorti tout taché de la machine, taches qui rappellent la fourrure de la panthère (maline, hein ??). La blonde cochonne, ça veut pas dire que je suis une chaudasse mais que je suis étourdie (« blonde ») et que j’ai tâché mon super string en voulant le laver(« cochonne »). Non parce que même quand on raconte du vide, on veut que google nous ramène du monde. Pareil, si vous voulez raconter la conversation téléphonique avec votre maman, ne dites pas « conversation avec ma mamounette chérie » mais « conversation privée entre deux femmes ». Oui, faut savoir que le sexe, c’est ce qui rapporte le plus. Et si vous voulez être au top, vous intitulez votre article « sexe, sodomie, foot et Zinedine Zidane » et là, vous pétez les scores ! Mais bon, bon courage pour trouver quoi dire là-dessous. Franchement, relisez vos blogs préférés (ou pas) et vous verrez comme certains titres sont surtout racoleurs et cachent une anecdote plutôt sage.

 

Huitième solution : les mots clés. Alors, ça, c’est le truc rigolo, on vous donne les mots clés qui ont permis aux internautes d’atterrir sur le blog. Faut dire que c’est
drôle. Là, par exemple, je regarde et que vois-je ? « les femmes preferent les connard » (je laisse les orthographes fantaisistes), « sunset-beach maria
annie talon », « 
le site ou les lesbiennes racontent leurs ebats », « comment trouvé des film de cul en ftp sur google », « embrasser un ex », « je veut dire joyeux anniversaire a mon fiancé », « des seins partout », « salope 45 centre ». Le meilleur qu’on ait eu, c’est « Peri Cochin topless ». Non mais qui peut chercher ça ? Non pas que je doute du pouvoir de séduction de Mlle Cochin (en fait si) mais comment peut-on même penser qu’elle a fait des photos topless ? Est-ce que je cherche Laurent Ruquier à poil, moi ?

 

Neuvième solution : écrire un article avec plein d’idées pour faire un article quand on n’a rien à dire… Oups, je viens de me trahir !

 

Et en bonus, un youtube!!

 

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