Ton personnage, j’ai pas d’empathie pour lui

L’avantage de ne pas avoir trop le temps d’écrire, c’est que ça me permet d’avoir quelques livres d’avance à chroniquer. Ou pas, il y a certains bouquins sur lesquels je n’ai rien à dire. Depuis que j’ai abandonné « Je suis Pilgrim », j’ai avalé la promesse de l’ange de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos, Piégée de Lilja Sigurdardottir et Un monde après l’autre de Jodi Taylor. Et autant vous dire que réussir à créer un personnage suscitant un minimum d’ empathie, c’est vraiment un sacré challenge.

La promesse de l'ange de Frederic Lenoir et Violette Cabesos Piégée de Lilja Sigurdardottir Un monde après l'autre de Jodi Taylor

Sur ces 3 romans sus-nommes, nous avons 3 héroïnes : Johanna, Sonja et Maxwell. Et bien autant vous dire que je n’ai eu de sympathie et donc d’empathie que pour la 2e. Je ne sais pas encore si j’écrirais un jour un article sur ce roman donc à tout hasard : je vous le conseille. Alors pourquoi Johanna, Maxwell et ce bon vieux Pilgrim, qui n’a jamais été appelé ainsi pendant les 400 pages que je me suis cognées mais j’ai oublié son nom, ne m’ont pas émue ? C’est un peu difficile à lister mais en gros :

 

Leurs réactions sont illogiques

Alors ça, ça me rend hystérique aussi dans les séries Ou au cinéma, quand un personnage fait un truc débile alors que s’ouvrait devant lui un autre chemin tellement plus joli et évident. C’est souvent le signe d’un scénario mal maîtrisé, un peu un « Merde, je dois déclencher un nouvel événement, comment faire… ah ben tiens, mon héros/héroïne va sauter de l’immeuble en parachute. Oui, ok, il aurait pu prendre l’ascenseur mais c’est pas badass ». Un peu ce genre. Alors je sais qu’au naturel, je suis pas la fille la plus aventurière du monde, je suis à -17 sur l’échelle du trépidant (je ne cours pas pour descendre les escaliers car j’ai peur de tomber… monter en courant, je peux par contre) mais y a des moments où les personnages prennent des risques TOTALEMENT inutiles juste parce qu’ils raisonnent n’importe comment. Du coup, qualité de m’inquiéter pour eux, je m’agace de leur manque de jugeotte.

Les réactions illogiques des personnages : prometheus

Ils sont débiles

Le suspense est quelque chose de difficile à installer, notamment dans l’univers polar/thriller. On suit donc le personnage dans sa perception de l’énigme à résoudre, on dispose du même faisceau d’indices qu’eux. Or il arrive parfois que nous trouvions qui est le coupable avant la résolution de l’énigme… parce que c’est évident. Mais l’écrivain.e a choisi de ne pas arrêter son récit là et pendant les 100 pages restantes, on a envie de leur hurler qu’ils sont cons. Parfois, c’est juste qu’ils se noient dans un verre d’eau, qu’ils cherchent une solution et partent dans des pensées complexes alors que la solution est ultra simple et tu passes une partie du roman à soupirer devant les fausses difficultés du personnage.

Pretty little liars

« Mais comment elle sait tout, A. ? » Et jamais vous cherchez des micros, par hasard ?

Je ne les connais pas

Et là, on touche au cœur du problème. Je sors de mes romans pour parler du docufiction Mars qui est extrêmement révélateur du problème. Dans le 1er épisode, un astronaute, Ben, est salement blessé et tout ce 1er épisode va s’organisée autour de la survie du groupe en général et de la sienne en particulier. Sauf que j’ai vu ce mec 5 mn en cumulé et suivre son agonie et celle de ses camarades qui se mettent en péril pour le sauver… ben je m’en fous, en fait. Surtout qu’on avait en parallèle un laïus en mode « oui, on peut mourir mais c’est pour la science donc on est en paix avec ça ». Alors pourquoi vous êtes tous prêts à crever pour un mec qui a 9 chances sur 10 d’y passer ?

Le docu fiction Mars

Autre problème : le nom. Dans Pilgrim, le mec a plein de nom parce que espion, tout ça… du coup, j’avais du mal à vraiment m’intéresser à lui. Mais le pire, c’est Un monde après l’autre. Les personnages s’appelaient par leur nom de famille et donc notre héroïne était Maxwell voire Max. Pourquoi pas. Par contre, je n’ai pas compris si son prénom était Madeleine ou Lucy vu qu’elle a eu droit aux 2. Pareil, un autre personnage est soudain appelé par son prénom au bout de 200 pages, prénom qui avait dû apparaître dans une phrase de type « Je te présente Baptiste Tartempion qui fait ci, ça et ça et pia pia pia ». Le mec sera appelé alternativement chef et chef tartempion (à ne pas confondre avec Boss, c’est un autre personnage, ça). Du coup, quand y a un Baptiste qui pop tout à coup, je perds quelques secondes à comprendre de qui on me parle. Le nom est important, un personnage peut être nommé différemment selon qui s’adresse à lui… du coup, autant je peux admettre que je ne suis pas toujours 100% attentive quand je lis, autant un roman où j’identifie mal plusieurs personnages, le souci ne vient pas forcément de moi.

Halle Berry dans Catwoman de Pitof

Leurs motivations sont pétées

Là, c’est surtout le cas de la promesse de l’ange où la psychologie du personnage est un peu… surréaliste, dirons nous. Pendant tout le roman, je secouais la tête dès qu’elle justifiait un acte en mode « non, meuf, tu n’as pas le droit de piller une tombe parce que tu as fait un rêve chelou quand tu avais 8 ans » (c’est le vrai pitch du roman). Son obsession la rend d’ailleurs absolument insupportable.

Avoir de l'empathie pour un personnage

Ils sont insupportables

Justement. Que ce soit Johanna, Lucy-Madeleine ou le Pilgrim, ce sont des gens que je n’aurais aucun plaisir à rencontrer dans la vraie vie. Johanna et Pilgrim sont très imbus d’eux-mêmes, Lucy-Madeleine est lourde… mais très en fait. Elle m’a fait penser à plusieurs reprises à la Mickey du roman horribilus… en mieux écrit néanmoins. Ouf.

Leila Bekhti dans jour polaire

Construire un personnage qui va plaire aux gens est un défi… colossal. Peut-être qu’il est même impossible de créer un personnage faisant l’unanimité, ça doit dépendre de notre sensibilité, je suppose…

Peut-on avoir de l'empathie pour Ted Mosby

Mais s’ils pouvaient arrêter d’être cons, ça me faciliterait l’empathie.

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Les sites de rencontre nous pervertissent

Il y a 10 jours, petite pause dans l’hystérie de ma semaine, je jette un œil sur Twitter et voit quelqu’un ricaner sur un article des Inrocks évoquant la culture du plan cul qui prend ses aises en France. Heu… Je voudrais pas vous choquer les gars mais le plan cul, c’est pas nouveau nouveau comme concept. Je pense que dans les années 80, déjà, VSD et autres titres putassiers devaient déjà réaliser des enquêtes sur ce nouveau phénomène qu’est le plan cul. Phénomène qui n’avait lui-même rien de nouveau à l’époque non plus. Pour moi,la réelle évolution n’est pas dans une certaine libération des mœurs mais plus dans la prise de parole autour de ça. C’est mieux assumé, moins amoral même si de grands intellos masculinistes considèrent qu’une femme qui se donne sans Amour et sans espoir d’être fécondée par ledit monsieur sont de grosses putes vérolées. J’y reviendrai tiens.

sexe.ete

Cet article, outre qu’il doit bien avoir 40 ans de retard, se permet en plus de distribuer les responsabilités, nous rappelant insidieusement que baiser sans Amour, c’est mal. Premier coupable de notre récente  (hmmm) perversion : les sites de rencontre ! Mais oui, à peine est on inscrits dessus qu’on se transforme automatiquement en prédateurs sexuels en recherche perpétuelle de chair fraîche. Ouiiiiiiiii ? Alors qu’avant, tu comprends, les gens ne cherchaient que l’amour parce qu’ils n’avaient pas le choix (c’est vrai, le Minitel ou les petites annonces, sans parler des différents bals et orgies n’ont jamais existé, c’est faaaaaaaaux !) mais depuis que l’on a désormais autant de choix, on se sent obligé de tout goûter. Noir ou blanc, petit ou grand, sec ou rond, jeune ou vieux, homme ou femme. Venez tester, venez vous amuser ! Qu’est-ce que ce sera pour vous ce soir, madame ? Ce délicieux monsieur aux couleur caramel ou un petit trio pour entamer la semaine sur une note d’audace ?

le-cuisinier

Oui… Mais non. La quête d’un partenaire varie déjà d’une personne à une autre. Quand je me suis inscrite sur un site de rencontre la première fois (et les fois suivantes), c’était avant tout pour tromper mon ennui. Avoir de nombreuses conquêtes m’a permis de prendre confiance en moi, multiplier les expériences, rencontrer des personnes intéressantes (aussi). Certes, le rythme s’intensifiait dans les périodes où je n’allais pas très bien et que j’avais besoin de ne pas penser. Je pense que je n’ai jamais autant baisé que durant mon chômage et quand je bossais chez Pubilon. Ca, c’est mon cas. A côté, j’ai des ami-e-s qui cherchent un partenaire de vie et ce très sérieusement. Après tout, les sites de rencontre comme les bals populaires d’antan sont avant tout un carrefour où se rencontrent les âmes esseulées. Il peut en naître de l’amour, du sexe, de l’amitié… ou éventuellement un moment gênant.

Quelques-verres-de-vins
Et puis, pardon mais ça veut dire quoi cet article ? Savais-tu, cher journaliste réac, qu’on pouvait tout à fait trouver l’amour sur un site de rencontre même si on ne dit pas non à quelques jeux sexuels de temps en temps. Sais-tu qu’on peut aimer le sexe, avoir envie de s’amuser mais, si on rencontre une personne qui nous intéresse, on a aussi la possibilité de cesser tout jeu de séduction avec les premiers venus pour tenter l’aventure avec celui ou celle qui nous fait battre le coeur ? Est-il impossible de trouver l’amour si on le cherche ? Une fois que l’on s’est adonné au plan cul, sommes-nous condamnés à ne plus être “dignes” d’amour ? Non. Peut-on réellement affliger ce type de raisonnement digne d’une adolescente de 15 ans dans un soap en 2015 ? Non mais pitié…

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Enjoy the silence

Savez-vous ce que j’aime dans la plongée ? C’est le silence. Un silence certes relatif avec le bruit du détendeur mais putain, on est si bien loin du brouhaha. Le bruit me saoule, m’agresse. Le bruit virtuel aussi. Dans l’Internet 2.0, toutes les voix ont leur espace pour s’exprimer. Alors on parle, à tort et à travers. Réfléchir, c’est pour les faibles.

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Il y a quelques années, je lisais en ricanant les commentaires des sites d’actualité en étant fascinée par la connerie de la plupart de ceux qui prennent leur clavier pour nous arroser sans pudeur ni pitié de leur mépris pour l’Autre (l’Autre : les homos, les Arabes, les Noirs, les pauvres, les riches, les gauchistes, les droitistes… Les cons, quoi qu’il en soit). Au début, c’est un peu comme les Confessions intimes et consort, ça fait toujours un peu marrer les abrutis qui viennent nous expliquer leur vision de la vie. Sauf que ça finit par agacer et à mettre franchement mal à l’aise. Parce que ça nous met face à une certaine réalité, une réalité que t’as pas trop envie de voir. Celle où la parole s’étale sans le filtre de la réflexion ou de la logique. Ca s’exprime, ça dégueule les mots même (et surtout) quand ça n’a pas lu l’article. Pour dire que ça les intéresse pas, pour dire qu’ils détestent la personne dont parle l’article, pour dire que les médias nous manipulent, les Illuminatis, les Francs-Maçons, les médias de gauche complices, les médias de droite complices… Eux, au moins, ils ne sont pas dupes.

no-pigeons

Parfois, bien sûr, certains commentaires valent vraiment la lecture, ils ajoutent une information, apportent un témoignage, donnent un nouvel éclairage à l’information. Mais pour un commentaire intéressant, combien de litres de merde fétide ? De « moi, moi, mon opinion et vos gueules, j’ai raison, vous avez donc tort, il n’y a pas d’alternative« . Mais la vraie question que je me pose c’est « pourquoi vous parlez ? ». En tant que lectrice et webzines, je ne commente pour ainsi dire plus, essentiellement parce que je n’ai rien d’intéressant à dire. Si un article me touche ou me paraît intéressant, je le partage, je ne poste pas un « c’était très intéressant », je trouve que ça n’apporte pas grand chose. Si j’ai rien à dire, je ne le dis pas, point. Mais manifestement, je suis un cas rare car quand je lis les comms, je hurle.

Macaulay_Culkin

Il y a d’abord les « ce sujet ne m’intéresse pas », « y a plus grave ». Messieurs dames, l’avantage d’un webzine, c’est que, contrairement à leur version papier, il n’y a pas de limite de place. Donc pendant que la rédaction monde va vous pondre un article sur la Syrie (ou pas), la rédaction politique vous parlera de la dernière loi en date, la rédaction économie de la baisse du chômage et la rédaction culture pourra se pencher sur le dernier film à la mode ou sur la fin du phénomène Nabilla. Tant qu’on reste dans les limites du raisonnable et qu’on arrive pas à l’hystérie de remplissage par le vide dont je parlais la semaine dernière, tout va bien. Mais la vraie question est : si ça t’intéresse pas (ce qui est ton droit le plus absolu), pourquoi as-tu perdu une minute de ta vie pour renseigner ton nom, ton mail et écrire un sublime “on s’en fout” ? Re regarde la vidéo de 2 mn pour convaincre qui t’explique que plus y a de comms, plus l’article a des chances d’être bien vu sur Google. Donc ton commentaire inutile pour le quidam moyen le sera par contre pour le journal. En somme, la meilleure façon de montrer qu’on s’en fout pour décourager ce type de sujets, c’est justement de ne poster aucun commentaire.

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Mais surtout, ce qui me paraît plus préoccupant, ce sont tous les dégueulis de haine sans le moindre filtre de réflexion qu’on se mange en permanence, y compris sur des articles qui n’ont rien à voir. Passons encore sur les stériles “Hollande démission” qui semble être “l’argument” ultime de certains droitistes qui le balancent en boucle. Mais là où je commence à avoir de l’urticaire, c’est quand on s’avale tous les « les homosexuels sont des malades », « les Arabes dehors » (ou les Roms, ça marche aussi), je vous sors la version la plus « polie ». A quel moment tu peux sérieusement écrire et poster ça ? Outre le fait que ça ne sert à rien pour le débat mais ça, on n’en est même plus là, je me demande à quel moment tu peux stigmatiser à ce point une population, quelle qu’elle soit, sans réfléchir 30 secondes. C’est quoi un Arabe ? C’est quoi un Rom ? C’est quoi un homo ? Ah oui, oui, on a certes des définitions mais je veux dire, concrètement, est-ce que le fait d’aimer une personne du même sexe que toi fait de toi quelqu’un d’identique à une autre personne aimant une personne du même sexe ? Le fait d’avoir des origines arabes ou roms fait-il forcément d’une personne un délinquant voire un criminel (puisque c’est ce qu’on leur reproche en général)? Les commentateurs te foutent tout le monde dans un même grand sac (poubelle) et hop, virez moi tout ça ! Et ça m’épuise. Vos gueules, par pitié. Si c’est pour taper vos slogans de merde, autant s’abstenir, hein. Toujours dans le négatif, toujours pour gueuler. Les politiques incapables, celui ci qui est con et moche, celle la qui est une vraie pute… Quel formidable crachoir que ces agoras virtuelles où vous vous cachez derrière un écran pour dégueuler votre rejet de l’autre. Pourquoi tant de haine ?

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Les commentaires de journaux en ligne se sont peu à peu transformés en café de commerce version haineuse où l’on énonce l’inaudible en toute impunité. Alors que des lois vous condamnent en cas de racisme ou d’homophobie, là, c’est open bar. Evidemment, on ne peut pas s’amuser à remonter les IP de tous les racistes/homophobes… des internautes qui se défoulent pour leur coller des amendes. Mais de temps en temps, j’avoue que ça me ferait gentiment rigoler et ça permettrait peut-être d’arrêter de polluer les commentaires d’articles où, parfois, sous les tombereaux de merde, se trouve une pépite. Mais perso, j’ai plus envie de chercher.

Le dernier mot sera laissé à Daniel Balavoine qui répondait (très intelligemment) à un raciste en 84-85. Comme quoi, rien ne change.

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BFM TV, ils sont pro/anti mariage pour tous (choisis ton camp)

Sur la question du mariage pour tous, j’ai beaucoup lu, vu, entendu. Des choses qui m’ont fait du mal en tant qu’être humain, des choses plus belles, aussi. Mais au milieu du débat flottait l’éternelle question de l’objectivité des médias, notamment BFM TV. Alors que les pro mariages diffusaient en hurlant l’image d’un motard de la chaîne trimballant la Frigide Barjot, les anti dénonçaient la même chaîne comme un suppôt de Satan (aka Taubira et les pro). Ah woké.

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Si le débat commence déjà un peu à dater, bien que les Veilleurs veillent toujours Place Vendôme (amusant comme choix de lieu, ils ont pas choisi le pire…), je trouve cet exemple particulièrement intéressant. De la même façon, selon si vous demandez à mes parents ou moi l’orientation politique de David Pujadas, je le place à droite et eux à gauche. Je suppose que ça marche pour la quasi majorité des journalistes en fait. A gauche, je ne place qu’Elise Lucet suite à l’immense banane qu’elle avait le soir des élections présidentielles et Audrey Pulvar bien que je ne sois plus très sûre qu’elle soit encore journaliste… Bref, les journalistes sont tous suppôt de Satan, la définition de Satan variant selon votre propre camp politique.

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La vraie question est pourquoi ? L’idée de la neutralité journalistique a fait long feu, on admet tous, je pense, qu’un journaliste reste avant tout un être humain et qu’il a très vite fait d’angler un sujet pour le mener vers la direction qui lui parle le plus. Après tout, on choisit ses médias : si vous lisez le Figaro, faut pas s’étonner qu’ils soient à la limite de la mauvaise foi sur tout ce qui touche aux actions du gouvernement tandis que Libé va se régaler avec les récents déboires de l’UMP. Bref, je l’avoue sans honte, je choisis quand même des médias plutôt de gauche pour éviter de m’énerver en lisant quelques éditos qui me hérissent le poil. Même si parfois, ça me démange de piquer un des Valeurs Actuelles qui traînent au bureau et que personne ne lit jamais pour savoir… Mais j’ai peur de le balancer par la fenêtre au bout de 5 minutes et de faire peur à mon chat.

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On peut éventuellement se poser la question sur les chaînes télé d’infos en continu dont le principal travail est de mettre en image des dépêches AFP. De droite ou de gauche ? Pro ou anti mariage gay ? Je n’ai pas de réponses. Je veux dire, on peut sortir un fait pour prouve que la balance penche d’un côté ou de l’autre, je ne vois rien de si évident sans un examen approfondi. Ca pourrait être un sujet intéressant de mémoire, d’ailleurs (j’ai des idées de mémoire tous les deux jours, je pourrais faire trente masters d’info/comm). A dire vrai, sur ce sujet, je m’en fous, je ne compte ni défendre ni enfoncer BFM TV, surtout que je regarde que très peu. Mais cette semi hystérie autour de l’opinion d’une chaîne de télé info me fait surtout penser à une sorte de délire de persécution. On se bat pour une cause contre vents et marées, on reste debout face à la tempête. Les médias ont choisi le camp adverse mais nous ne céderons pas !

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Je ne me moque pas, je crois que c’est juste humain. Quand on croit à une cause, quand on s’engage, on est très réactif sur le sujet, parfois un peu à tort et à travers. Pour peu que la chaîne de télé donne un peu trop d’antenne (au goût du camp adverse) à l’un ou l’autre des acteurs du débat et on lui prête un parti pris. Quelqu’un a-t-il vraiment pris la peine de mesurer le temps de visibilité accordé à chacun des camps sur BFM TV ? Je n’ai rien vu de tel. Et ça m’intéresserait de le savoir au passage… C’est là qu’on se rend compte qu’Arrêt sur Images manque !

BFM TV, suppôt de Satan. Reste à savoir de quel diable on parle réellement (et I-télé alors ?).

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Bon bé à bientôt !

De temps en temps, je me prends de passion pour les interactions sociales, ce royaume de l’hypocrisie. Savez-vous que le mensonge le plus répandu est la réponse « oui » à la question ça va. Parce que répondre non signifie que l’on doit ensuite s’épancher sur nos problèmes et autant les avis et conseils de nos amis peuvent nous intéresser, autant ceux de connaissances plus lointaines, bof… Quoi que je suis persuadée que si je réponds un « non et toi ? » D’un ton neutre, la personne ne relèvera même pas. De toute façon, on s’en fout un peu de savoir si cette personne qui n’est pas issue du cercle de nos proches va…

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L’autre jour, alors que je cheminais ENFIN (notez l’hystérie contenue dans ces 2 syllabes) sous le soleil, mon esprit vagabonda, me rejouant une historiette sans grande importance durant laquelle j’avais pris un café avec un gars que je ne revis jamais. Il n’avait pas été prévu de se revoir (il n’avait au départ jamais été prévu de se voir non plus) mais en partant, je l’ai gratifié de mon habituel « bon Ben salut, à bientôt ! ». De même, en quittant mes encadrants de plongée en Égypte, je les gratifiait tous d’un « Byyyyye ! See youuuuu ! » alors que, ne nous mentons pas, je sais que je les reverrai pas.

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Est-ce juste moi ? Si je scanne mes souvenirs, je me rends compte que ça dépend des situations. Dans le cadre d’une rencontre professionnelle, on joue moins le jeu du à bientôt, surtout si la conversation tourne autour du fait que malgré l’intérêt de votre candidature, blablabla. Là, on vous renvoie vivre votre vie avec un poli « bonne continuation ! ». Moi même, j’ai pu jouer sur ce bientôt en fin d’entretien « merci et peut-être à bientôt ! » Clin d’œil et coup de coude. Parfois, quand quelqu’un quitte une boîte où je bosse, je lâche un « on se recroisera sûrement, le monde du digital est tout petit ! ». Ce qui est assez vrai, soit dit en passant.

galaxy

Le pire, c’est pour les dates. Les rencards. Et précisément les rencards où ça l’a pas fait. On reste plantés sur le bord du trottoir en se promettant que oui, oui, on se reverra, à bientôt ! Alors qu’intérieurement, on espère qu’il était aussi hypocrite que nous sur le coup et ne nous relancera pas.

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Mais je ne sais pas dire Adieu. Je ne sais pas dire « oui écoute, te revoir ne m’intéresse alors bonne continuation, tu trouveras une fille plus en phase avec ta personnalité et autres conneries… » Pourquoi ? Par politesse, je suppose. Oui, on peut se dire qu’être hypocrite n’est finalement pas très poli, que je prends un peu cet autre pour une buse et que j’insulte par là même son intelligence émotionnelle.

Head and heart

Mais je ne crois pas avoir rencontré quelqu’un m’expliquant que non, on ne se reverra pas, hors dispute violente. Qu’on se dit tous des « à bientôt » et autres formules du genre parce que c’est juste une convention sociale. Evidemment, je ne me vois pas avoir la cruauté de dire à une personne « non, non, on ne se reverra pas, salut et euh… salut ».

Finalement, mentir est la meilleure façon de rester courtois ? Ou alors c’est moi qui suis un peu trop gentille ?

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Les mondes parallèles

Le week-end dernier, j’ai visionné environ les 2/3 d’Inception, film dont il faudra que je mate la fin même si j’avoue ne pas avoir accroché plus que ça. C’est souvent le problème avec ce genre de films oignons où il faut perturber le spectateur afin qu’il ne sache plus où il est : je suis généralement déçue.

Pourtant les niveaux de conscience, ça m’excite l’imagination et pas qu’un peu ! Peut-on être sûr de la réalité de ce que l’on voit, ce que l’on sent, ce que l’on vit ? Sommes-nous pleinement éveillés ? Ou endormis, prisonniers d’une machine ou d’un univers virtuel ? Les héros de ces fictions naviguent en général entre 2 niveaux, conscients de leur inconscience jusqu’à un certain point.

Dans cette catégorie, j’ai vu 4 films : eXisTenZ (Cronenberg, pas excellent mais le personnage féminin (ou était-ce son interprète) m’a gonflée), Matrix (le 1er m’a saoulée avec la scène hystérique et sans intérêt où ils débarquent dans l’immeuble du méchant et canardent tout le monde, peinards. Sacré bon plan !), Dark city (celui-là, je l’ai aimé) et Inception (pas fini de le voir). En série, on a Lost en un sens si on lit la scène finale comme une révélation

Spoiler
, tout de déroule dans l’imagination de l’agonisant Jack. On a un épisode de Lois et Clark comme ça aussi où ils sont prisonniers d’un univers virtuel (référence !) et dans Stargate SG1 il me semble. Chacun me donne des palpitations à l’idée de les découvrir, mon imagination fait des bulles et… Plof.

Oui, plof. Parce que j’ai souvent la sensation d’une facilité scénaristique. On voyage entre les différents niveaux de conscience et à la fin, twist final « votre conscience était en fait un premier niveau d’inconscience, huhuhu ! » Oh ouah, on a tellement jamais vu ça « mais tout ceci n’était qu’un rêve M.heros du film ». Quoi qu’encore, je pensais qu’il y avait un autre niveau de conscience dans Matrix quand Neo tombe dans le coma mais non. Quel film pourri. Bref t’en vois un, tu te plaques les mains sur les joues, bouche bée et tu t’extasie sur cet incroyable ressort scénaristique. Au bout du 3ème, tu soupires : oh ouah, je m’y attendais tellement pas… Je vais aller faire pipi. Et encore, c’est une non cinéphile qui vous parle, je n’ose imaginer les dizaines de film de ce type que j’ai manqué.

Pourtant, quand mes doigts fourmillent, c’est notamment pour raconter une histoire de ce type. Alors forcément, je suis très exigeante quant à ces films. Un peu comme les films imaginant une société du futur… Ce que je fais moi-même dans la plupart de mes embryons de romans. Du coup, j’attends d’être éblouie, malmenée par le scénario, perdue dans les différentes strates. Et m’épargner le « mais tout ceci n’est qu’un rêve M. Machin ».

Mes lecteurs chéris, si vous avez des conseils cinématographiques (ou littéraires) à ce sujet, partagez les !

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Fuis (en avant) et ne te retourne pas

Mercredi soir, dîner entre Ploufs aux Bonnes Soeurs, resto que je recommande au passage. On reparle de la soirée apocalyptique où l’une d’entre nous (enfin, elle a pas été réinvitee depuis) avait claqué la porte car on ne lui donnait pas toute l’attention qu’elle estimait recevoir et, telle la St Bernard que je suis, je lui avais couru après pour tenter de calmer le jeu (échec total). Et Lena de me dire : »ça m’étonne pas que tu y sois allée, tu étais dans une fuite en avant ».


Ce que j’aime chez Lena (entre autre chose), c’est qu’elle sait mettre le doigt sur un truc que je n’avais pas vu. Comme ma propension à ne pas m’occuper de moi pour aller m’occuper d’autrui. Les nœuds des autres sont toujours plus faciles à défaire. Mon poste est fermé ? Tiens, je vais plutôt passer la soirée à consoler une amie qui se fait traiter comme la dernière des merdes par le connard qui lui sert de mec. Tiens, je suis au cœur d’une rupture pas cool ? Je vais aller consoler la fille qui fait une crise d’hystérie parce que son mec va peut-être la plaquer.


Dans ces moments-là, je suis une sorte de Bat-girl : je végète dans une cave humide et sombre qui pue le moisi mais plutôt que d’assainir la cave, j’en sors au moindre bat-signal, la main sur le coeur, l’énergie prête à être dépensée dans cette noble cause. Quel altruisme !


Sauf qu’effectivement, cet apparent altruisme est un égoïsme (truisme). En général, quel est le meilleur allié des déprimés ? Le temps. Tu perds ton job ? Le temps t’apporte de nouvelles opportunités (enfin, faut chercher, hein !). Ton cœur est tout brisé ? Le temps t’aidera à cicatriser. Le temps guérit tous les maux mais à son rythme et son rythme est LENT. Moi, je l’aime bien le temps, hein, en phase down, j’espère toujours que le lendemain, il m’apportera une belle surprise. Incurable optimiste. J’adore le futur mais le présent m’ennuie dans sa monotonie. Enfin, même quand je vais pas bien, je suis capable de savourer un moment présent délicieux. Donc en attendant que ça passe, je m’occupe l’esprit. Bagues en perle ou sauvetage d’un(e) ami(e) en détresse, même combat.


Or penser que le temps guérit seul est un leurre. Il est comme le sable, il ensevelit petit à petit mais si tu prends pas la peine de te soigner, ça va gangrener. S’occuper des autres plutôt que soi est confortable et quelque peu gratifiant mais ça ne m’aide pas forcément. Ruminer n’est certes pas très constructif comme démarche mais ignorer les problèmes ne les résout pas.

Tu penses être quelqu’un d’exceptionnel à voler au secours du moindre petit cœur brisé ? Non, il faut infiniment plus de courage pour admettre que, oui, j’ai un problème et je dois le résoudre plutôt que de m’occuper de ceux des autres. Même si ça fait peur.

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Trop de loisirs tue le professionnalisme ?

Je vous racontais l’autre jour que j’aimais mettre à jour la partie loisirs de mes CV. Alors au chapitre lecture, qu’aime-je lire en ce moment ? Puis on va mettre plongée, chant (chorale). Voyages ? Je pourrais, avec mon nouveau blog de voyage et tiens, faudrait que je le rajoute…

Je suis une touche à tout limite hystérique qui veut tout faire, tout le temps. Plongée, chorale, langues, loisirs créatifs… Et je vous parle pas de tous les sports qui m’appellent comme le yoga ou le kayak et je serais pas contre quelques baptêmes aériens (parapente, paramoteur). J’aimerais aussi faire des ateliers artistiques pour prendre la confiance. Non parce que moi, je veux bien coudre mais je serais plus à l’aise si on me montrait quoi. Entre tout ça, j’aimerais bien écrire aussi… Bref une sorte d’hyperactive même si j’ai parfois du mal à passer de l’envie à l’exécution.


Dans ma petite tête de salariée, ma rubrique loisirs veut dire « fille polyvalente qui n’hésite pas à se lancer dans de nouvelles activités et qui a su trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée ». Mais est-ce que pour un recruteur, ça veut pas un peu dire « fille dispersée qui ne fera aucune heure supp parce qu’elle a un cours de poterie ou de yoga onsaitpasquoi. Laisse tomber ». Trop de loisirs tué le professionnalisme ?

Lors d’un stage en 2006, j’avais discuté avec une femme mariée de 30 ans qui m’expliquait qu’elle avait du mal à trouver du boulot car jeune mariée sans enfant sous entend congé maternité dans les prochains mois. Ce qui est discutable en soi, une femme n’a pas obligatoirement une horloge biologique greffée dans le bide mais passons. Du coup, elle avait fini par omettre de signaler son statut marital. Gonflant.


Un enfant, c’est un peu comme les loisirs : si t’en as, tu ne consacreras pas à vie à l’entreprise et c’est gênant. D’une part, je ne considère pas qu’un employé corvéable à merci et qui a limite son sac de couchage sur place soit un bon employé. Si je prends mon cas, il m’arrive de terminer tard sauf qu’arrive le point de non retour, celui où mon cerveau lâche l’affaire. Je me souviens d’un soir, un vendredi, où j’étais déterminée à venir au bout de ma to do list. Ce n’était pas un impératif en soi : tu sais bien que si tu envoies un document le vendredi après 19h, le client ne le lira pas avant le lundi 10h (au mieux). Mais bon, je n’avais rien de prévu ce soir là et ça me permettait de partir sur autre chose le lundi matin. Sauf que vers 19h30, bug du cerveau qui ne produit plus qu’une bouillie de mots fade et sans réel intérêt. Continuer à tout prix pour tout reprendre lundi ou s’arrêter ? Comme dirait ma sœur « non mais le doc, il n’est ni fait ni à faire ! ». Mon corps est formel : la journée de travail est terminée. D’un autre côté, 19h30 un vendredi soir, c’est pas déconnant de rentrer.


Quant à mon incapacité de rester tard un soir à cause de mes activités ? Ben si j’ai pas le choix, je reste. Les nocturnes doivent rester exceptionnelles mais je ne lâche pas le gouvernail pour un cours de chant ou de plongée, même si ça me met en colère sur le coup. Parce que je ne suis que salariée, que je paie moins de 2500 € d’impôts et que le monsieur en numéro privé n’a même plus voulu me parler des que j’ai annoncé ce fait. Donc comme je disais dans mon article sur la génération Y, je rends ce qu’on me donne et surtout, j’équilibre ma vie. Parce que si un jour, un pan s’effondre, le seul sur lequel j’ai misé, je me retrouve sans rien. Et là, c’est officiellement la merde.

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Cette incroyable boule de bonheur

19 mars 2012. Comme tous les lundis, ma soeur me prend à la sortie du boulot pour qu’on aille jouer les Britney ou les Adele à la chorale. « Ça va ? Me demande-t-elle.
– Ouais, ouais, super et toi ?
– Ouais, j’étais en week-end chez les parents. D’ailleurs, j’ai décidé de lire de nouveaux trucs. Tiens, regarde dans la boîte à gants ! »


Je m’exécute et vois un magazine à la couverture rouge et une première syllabe : « Ma. » Premier réflexe : penser qu’il s’agit de Management et vouloir répondre « ah moi aussi, je suis abonnée ! » mais je regarde mieux et la deuxième syllabe apparaît : »…Man. » Oh mon Dieu ! « Tu… Tu es enceinte ??? » « Oui ». À partir de là, ce fut larmes et ultrasons. Et dans mon corps, une boule, une véritable boule de bonheur qui se gonfle et éclate, inondant mes tripes d’une douce euphorie. Orgasme du cœur. Je suis TELLEMENT heureuse, l’ai-je déjà été autant ? Ma sœur, ce petit bébé que je baignais dans ma prime jeunesse, cette adorable bambine à la bouille et aux yeux ronds et sa petite coupe champignon, ce petit bout là va donner la vie. Je vais repleurer un coup.

Petite anecdote : le 20 février, je me rends chez une voyante en compagnie d’Anaïs, Anna et Isa brune. Au milieu de pas mal de conneries (je ne savais pas à l’époque mais y a un sujet sur lequel elle s’est violemment vautrée), soudain, elle me parle de ma sœur et s’écrit : elle est enceinte ! Déjà, j’avais eu ma petite boule de bonheur à ce moment-là mais j’étais vite retombée, me rappelant que la dame était voyante et non la gynécologue de ma sœur. Résultat : ma sœur est tombée enceinte le 24 février… Bien vu. Dommage que t’aies pas vu d’autres trucs un peu importants et assez immédiats parce que bon, tu m’as dit sur j’allais rencontrer l’Amouuuur et peut-être même avec un mec qui bosse dans la restauration (?? C’est pas du tout un univers qui me parle) et pour le moment, peau d’zob… Enfin non, justement. Mais je m’égare.


Du coup, je traquais ma sœur. J’avais bien entendu raconté cette folle histoire de voyante à ma mère, avec interdiction d’en parler à ma sœur qui n’aime pas les marabouteries en tout genre. La semaine précédant la fameuse révélation, elle m’avait glissé « non mais les règles arrivent, je suis de mauvais poil ! ». Du coup, le lendemain, coup de fil à ma maman « Bon, Alice doit avoir ses règles depuis mardi, tu surveilles ce week-end hein ! » Ok, ça fait psychopathe dis comme ça mais pendant mes vacances en Thaïlande, j’avais rencontré une maman qui avait eu du mal à tomber enceinte et vivait très mal l’inquisition des autres « alooooors, t’es enceinte ? ». Du coup, je préférais guetter les signes que de demander directement, histoire de pas mettre la pression à ma pauvre sœur.

Et voilà, je vais officiellement être tatie. Après le marasme 2011, rien ne peut me rendre plus heureuse. Maintenant, il va falloir attendre un mois et demi avant de connaître le sexe puis c’est parti pour la phase cousette et tricot pour que mon futur neveu ou la future nièce soit le plus beau ou la plus belle. J’ai de grands projets pour cet enfant, faudra juste que j’en touche deux mots à ma sœur (si tu me lis sœurette, je voudrais bien l’inscrire aux bébés nageurs et l’y amener, dis ouiiiiii !). Je suis euphorico-hystérique, j’ai le sourire éclatant dès qu’on en parle, je pousse des hiiiii! à tort et à travers, j’attrape tous les bébés qu’on me tend histoire d’être bien prête à bichonner ce futur petit bout.

Tatie M-5.5. J’ai haaaaaate !

(en tant que tatie en devenir, je me réserve le droit d’abuser des voyelles).

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Le syndrome « Les petits mouchoirs »

Dimanche soir de Noel, mes parents m’ont proposé de voir « Les petits mouchoirs » film dont j’avais entendu de tout, surtout du bien mais je connaissais son potentiel émotionnel. A posteriori, le mater à trois jours de l’enterrement de ma mamie, je suis pas sûre que ce fut l’idée du siècle. Passons.

Je crois que j’ai encore été victime du fameux syndrome de « on m’en a trop parlé, j’ai finalement été déçue ». Je l’appellerai désormais le syndrome des petits mouchoirs. Ce film, j’avais bien envie de le voir et finalement, je n’ai quasi pas ri (sauf à la réplique : »prends un Lexomil avant d’aller embrasser tes enfants »). J’étais surtout occupée à me demander lequel j’avais envie de tuer en premier (en fait, je n ‘aurais sauvé que Magimel et Bonneton dans les personnages, les autres m’ineupportaient) et à admirer les paysages également. J’y achèterais bien une baraque par là-bas aussi. Je passerai sur l’hystérie des personnages en opposition aux provinciaux toujours si purs… Ouais bon, ok, j’ai pas aimé puis y avait trop de personnages, le grand dadais et sa Juliette ne servaient à rien, les guests se tapant Cotillard non plus. En fait, je déteste les films chorale, aucun personnage n’est creusé, tu comprends rien et je trouve le scénario de départ complètement bancal. Non mais sérieux qui partirait en vacances avec un pote à moitié mort à l’hosto ?

Mais revenons au syndrome des petits mouchoirs, celui là même qui m’a empêchée d’aller voir Intouchables et qui le fera boycotter Bref tant que tout le monde s’extasiera dessus. Parce que je suis forcement sur un terrain défavorable pour recevoir ces productions : on m’en a dit trop de bien, je serai forcement déçue. Pire, j’ai tellement été saoulée par les commentaires dithyrambiques des uns et des autres que je cherche le moindre élément de critique. Attention, je ne serai pas de mauvaise foi non plus mais si j’aime pas, je vais tailler le truc à la tronçonneuse. Cf paragraphe précédent.

Je me demande toujours d’où viennent ces quasi unanimités ? Je veux dire comment se fait-ce que tout le monde ou presque ait adoré Les petits mouchoirs alors que je le trouve profondément mauvais ? Est-ce dans une sorte de mouvement général, de quasi hystérie collective qui entraîne ceux qui découvrent ce film au moment de sa sortie ne peuvent qu’être emportés par la vague, ceux qui ne suivent pas le mouvement ne sont que des pisse-froid snobs et un peu aigris ? Ou à l’inverse, les critiques dithyrambiques conduisent-elles ceux qui n’ont pas vu le film à s’en construire une représentation qui sera forcément loin du film qui paraîtra alors décevant ? Ceci étant, ça ne me donne pas envie de voir certains grands succès, de risque d’être inévitablement déçue.

Mais sinon, vous trouvez vraiment qu’un film sur une bande de copains qui commence par l’abandon de celui qui s’est fait démolir par un camion à l’hôpital est crédible ?

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