The girls d’Emma Cline : secte et adolescence

Aperçu quelques fois dans ma timeline Twitter, j’ai craqué et acheté The girls d’Emma Cline, sans rapport avec Girls, la série de Lena Dunham (que j’ai détestée pour les trois épisodes matés). Ce qui m’avait intriguée : pas l’histoire vu que je m’en savais rien mais quelques phrases méchamment stylées.

The girls d'Emma Cline

L’histoire (maintenant que je l’ai lu, le roman) : Evie Boyd est une femme quelconque… en apparence. Occupant la maison d’un ami pour la surveiller, elle croise l’enfant de celui-ci qui connaît son passé. A 14 ans, alors que son été débutait dans un ennui poisseux, à traîner avec une camarade de classe qu’elle n’apprécie plus vraiment, fantasmant sur le frère de celle-ci, elle rencontre Susan, une jeune femme qui va faire basculer sa vie. Evie va se retrouver dans une espèce de secte où le sexe occupe une grande partie. Evie, dans sa passion pour Susan, va s’investir dans cette folle aventure, jusqu’au drame.

La secte qui assassina Sharon Tate

Alors pourquoi j’ai aimé ce livre ? Le style d’abord. J’ai dit par le passé que le style n’était pas un critère en soi mais quand la plume est jolie, j’admire, je déguste. Même si à certains moments, le tic de coller un adjectif pas forcément attendu à un nom commun ou une métaphore un peu hors sujet, finissait par me lasser un petit peu. Mais le roman est parfaitement écrit et se lit avec plaisir d’autant que… il est magnifiquement orchestré.

Cheffe d'orchestre

Ici, je vais pouvoir faire un parallèle avec mon roman horribilus, notamment la notion d’auto spoiler : dans the Girls, l’histoire est un souvenir remémoré par Evie donc dès le début, on a droit à la fin de l’histoire. Le roman est donc de savoir comment on en est arrivé là. Et c’est sincèrement prenant. Surtout qu’en déroulant l’histoire, tu as l’impression que le parcours d’Evie l’éloigne de ce que nous savons être la fin et tu essaies de comprendre comment on va raccrocher les wagons. Donc quand c’est bien écrit, tu peux donner des éléments de résolution sans que ça nuise au plaisir de lire.

Le tableau de l'enquêteur

En fait, le seul point noir, à mon sens, de ce roman, c’est la partie “dans le présent” qui n’apporte pas énormément, voire pas du tout. Je comprends sa présence (essentiellement nous faire respirer dans l’histoire assez crasse du roman) mais je m’en foutais un peu, j’étais à la limite de sauter les pages même si ça apportait quelques micro éléments supplémentaires au récit et mettait en exergue une question : comment Evie avait réussir à ne pas se faire prendre. Mais sinon…

The girls d'Emma Cline, inspiré de l'histoire de Charles Manson

Bref, The girls est un roman qui ne respire pas la joie de vivre, il évoque des images sales et poussiéreuses mais je le conseille de tout mon coeur car si l’histoire narrée n’est que de l’ordre du fait divers (fortement inspirée de l’assassinat de Sharon Tate par la clique de Manson), Emma Cline manie ses personnages avec brio et même si Evie a des réactions des fois un peu stupides, ça ne donne pas envie de lui hurler dessus car les rapports entre les personnages sont admirablement bien tissés. A ne pas lire à la plage pare que c’est pas le lieu mais dans un train avec la pluie au dehors (assez facile en ce moment), ce sera parfait.

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L’opinion, ce sont les réseaux sociaux qui la font

Ces derniers temps, je me pose pas mal de question sur l’opinion, cette espèce de créature protéiforme qui pense beaucoup, s’indigne souvent, a tendance à être dans le faux versus nous qui sommes dans le vrai. L’opinion dicte aux médias leur agenda, les médias influencent l’opinion, incapable de libre arbitre… Un gros serpent qui se mord la queue. Mais dans les faits, qui dirige qui ?

des manifestants américains contre la manipulation des médias

Posons nous un instant sur un cas que je trouve très intéressant : le pape François. Je le trouve intéressant d’abord parce qu’on ne peut pas me soupçonner d’avoir un parti pris parce que le Pape, ça m’indiffère. Donc l’autre soir, je lisais Courrier International tranquillement calée sur le trône et je trouve un article sur notre Pape, donc, expliquant qu’un courant de révolte se levait, que beaucoup le trouvaient trop ouvert et tolérant. Mais au coeur même de l’article, la vérité se révèle “en vrai, y a pas tant d’opposants que ça, des gens qui font du bruit sur les réseaux sociaux, ils ont plusieurs comptes”. No shit Sherlock, tu veux dire que plus on aboie fort, plus les médias vont venir mater ce qu’il se passe. Incroyable.

De l'influence des médias et des réseaux sociaux sur l'opinion, flux, infographie

Ah bé en fait, je sais pas pourquoi j’écris cet article, tout est là

Et je vais vous dire, on est tous tombés dans le piège comme des gros cons. Vous vous souvenez le burkini cet été ? Alors on va un peu replacer les choses dans leur contexte : même si on n’a pas de chiffres sur les porteuses de burkinis, il y en a relativement peu et toutes ne le portent pas pour des raisons idéologiques.  Un peu comme la fameuse burqa de l’époque où le débat faisait rage pour moins de 500 concernées in fine. Alors pourquoi un tel battage ? Parce que la fachosphère. Les femmes musulmanes sont des proies idéales : visibles, réputées victimes de la domination masculine (c’est assez drôle comme strictement personne n’est allé demandé un avis aux principales concernées mais il paraît qu’elles sont bien incapables d’avoir un avis, les pauvres, soumises qu’elles sont…). Bref, tout le monde s’est écharpé sur le sujet mais pourquoi je dis parce que ça vient de la fachosphère ? Parce que des journalistes ont fait leur boulot et essayé de comprendre le pourquoi du comment de la polémique. Woy…

jeune femme en maillot de bain bronze à Central Park

Pendant ce temps, à New York…

Ces deux exemples, parmi tant d’autres que je n’ai sans doute pas retenus parce que y en a à peu près tous les jours, dessinent un truc pas cool du tout : dans cette course à l’actualité rendue folle et malsaine depuis l’arrivée du web et des chaînes d’info en continu, on fait feu de tout bois. Y a qu’à voir les milliers d’articles web “gna gna polémique, qu’en pense Twitter ?” Oui parce que Twitter est un et indivisible, apparemment. Ce qui m’emmerde un peu car c’est l’outil chouchou de la fachosphère et je n’ai pas super envie d’y être associée mais passons. On fait des screens, quelques citations, on échange rapidement en DM avec un ou deux twittos et ça fait un article. Dire qu’avant, on était obligés de lever son cul et aller dans la rue pour des micro-trottoirs pour connaître l’avis des gens (des gens qui passaient à ce moment là dans la rue, j’entends), la vie était dure à l’époque…

journaliste réalisant un micro-trottoir

Alors oui, il y a de vrais sujets de polémique et de débat, je ne dis pas. Il y a eu je ne sais combien de messages sur la loi travail par exemple. Cependant, plutôt que de se précipiter sur ce gros poisson frétillant, il serait peut-être pas plus con d’étudier son origine. Quelques utilisateurs Twitter savent parfaitement jouer des algorithmes pour placer leur hashtag ou sujet en “top tendances” surtout qu’il n’en faut pas toujours tant de tweets que ça pour arriver en tête des discussions (là, un sujet a à peine 1000 mentions, c’est PEU), ils utilisent leur armée de faux comptes et voilà comment on se retrouve avec une polémique gentiment offerte par la fachosphère, tout le monde qui vient donner son avis et on en vient à dicter la bonne tenue pour les femmes à la plage. Et en période où on te balance de la moindre mesurette au moindre fait divers, cette écoute de Twitter pour savoir “ce que pensent les Français”, c’est dramatique et dangereux. Surtout que bon, Twitter, ça reste moins d’un Français sur 6.

Oiseau Twitter en garde à vue mug shot sur mobile

Alors quoi ? Si on considère que pas mal de journalistes ou rédacteurs web ont la pression du clic et vont sauter sur la moindre tendance émergente pour faire un article, doit-on prendre les mêmes armes que nos petits malins fachosphériques et multiplier les comptes pour faire émerger des sujets qui nous intéressent, des sujets qui ne reposent pas sur le rejet systématique de l’autre ? Ou on abandonne les réseaux sociaux en se disant, en espérant, que la vérité est ailleurs…

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Commencer un roman

Il y a quelques temps, je vous avais parlé du fait de finir un livre… niveau lecture et un twittos m’avait dit, un peu taquin “je croyais que tu parlais de finir d’écrire un livre”. Et non parce que j’ai du mal pour cause de “la vie professionnelle, ça fatigue une Nina”. Par contre, il y a quelque chose que je fais super bien : commencer un roman … à écrire. Et c’est une sensation merveilleuse.

commencer un roman

Petit tour sur mon Drive : j’ai 25 ébauches de roman. Je n’avais pas fait l’effort de compter avant de débuter cet article et je suis sidérée. 25 embryons d’histoires… Bon ok, sur les 25, y en a 2 paires, c’est le même sauf que j’ai choisi de refaire l’histoire et certains ne comptent même pas une page mais quand même. Certains ne verront jamais le jour : je me suis lancée la fleur au fusil de la motivation mais j’ai très vite laissé tomber. Je ne finirai donc jamais l’histoire de Jérôme et Valentine, ni celle d’Audrey, en plein marasme dans sa vie (c’était une relative autobiographie de mon début d’année 2011, c’est certainement pour ça que je m’en suis arrêtée là mais j’ai récupéré le prénom d’Audrey parce que je l’aime vraiment bien), ni d’autres que je regarde, circonspecte : c’est moi qui ai commencé à écrire ce truc là ?

tampon "mauvais manuscrit" humour

Parce que dans la vie, j’ai un don et presque une malédiction : une imagination de malade. L’inspiration me bombarde en permanence. Lire un magazine et y trouver un fait divers qui serait une super histoire, naviguer nonchalamment de reportages en reportages sur Youtube et trouver un récit incroyable, surprendre une conversation entre deux personnes, m’interroger sur une chose incongrue vue ou aperçue. Parfois, j’essaie de construire un roman sur une personnalité particulière, un trait de caractère qui me fascine (pas forcément dans le bon sens du terme genre “je suis fascinée par Poutine parce qu’il ferait un personnage de roman incroyable”). Et n’oublions la source principale de mon imagination : mes rêves.

un femme dort sur un nuage et rêve

Genre ça se passe à la montagne, “je” suis l’héroïne de l’histoire. C’est confus, c’est la nuit et j’ai fait du ski (passionnant), il y a l’Hiver (allegro non molto) de Vivaldi et deux mecs qui m’ennuient, ça vire à l’agression mais l’Homme arrive. Je sais que je l’ai repoussé tantôt, un quinqua puissant et marié et qui porte un grand manteau mais là, il vient de me sauver alors je cède, reconnaissante et ivre de lui, sur cette même musique de Vivaldi. Le lendemain, j’arrive au boulot, exaltée, je commence à réfléchir à quoi faire de cette histoire. Après avoir imaginé une histoire proche de Black Swan, je suis retournée à ma data chérie et j’ai laissé tomber. Par contre, si j’écris une sitcom (voire une télénovela parce que y a souvent une histoire de meuf jeune, pauvre mais belle et du riche plus âgé qui craque sur elle au delà des barrières sociales), je m’en resservirai.

teresa et mariano, couple phare de la telenovela Teresa

Il y a cette histoire dans un chalet perdu au milieu de nulle part, il y a un scientifique, de jeunes gens dont “moi”, il y a de la neige (je rêve souvent de neige, tiens), des séances d’hypnose et au fur et à mesure de l’histoire, on découvre que le scientifique nous fait régresser par l’hypnose dans nos vies antérieures car nous avions tous été dans ce chalet dans notre ancienne vie et il y a eu un meurtre, le scientifique cherchait donc le pouvoir alors que le passé et le présent se mélangeait pour nos jeunes. A la fin du rêve, je me retrouvais soudain devant la télé et cette histoire était un film que je regardais et, tandis que j’arrangeais un bouquet de fleurs, je me désolais de ne pas avoir eu l’idée de cette histoire en premier. Evidemment, en me réveillant, j’étais exaltée car si, c’était mon idée à moi. Arrivée à la fac, je commençais à vite prendre des notes pour ne pas oublier… Pour finalement me rendre compte que c’était plutôt une idée de merde en fait.

Une femme assise sur un nuage avec une tablette lit

Mais j’aime commencer un nouveau roman. Poser le personnage principal, qu’il s’agisse de Guillaume, Maja,  Daniela, Ezialis, Audrey (3 fois), Allegra, Annabel (oui, j’écris plus facilement à travers une héroïne). Ils vivent à Paris, Rome, Stockholm, New York ou dans un royaume qui n’existe pas en vrai. Ils débutent leur histoire sans savoir ce qui va leur arriver, inconscients qu’ils commencent ici l’aventure de leur vie, heureuse ou malheureuse. Il n’y a que moi qui sais, moi qui tisse leur destin, qui pense à un aléa à ajouter au récit alors que je me douche ou même que je suis aux toilettes. Ecrire à un aspect grisant, on a droit de vie ou de mort sur des personnages, on place sur leur chemin dès micro événements qui feront toutes la différence. On voit naître sur l’écran cette histoire qu’on a en tête, se matérialiser cette histoire qu’on avait envie de raconter depuis des lustres.

une maman lit un livre à sa petite fille avant de dormir

Et puis… À suivre.

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Le web journalisme ou la culture du vide

Dans ma prime jeunesse, je souhaitais devenir journaliste. Je m’imaginais devant ma machine à écrire puis mon clavier d’ordinateur taper le récit de grandes enquêtes réalisées sur le terrain. Avec le recul, je me rends compte que j’ai jamais vraiment imaginé dans quel domaine j’allais écrire mais c’était la seule certitude : j’écrirai. Puis la vie m’a fait prendre un autre chemin, intéressant mais différent. Et quand je vois la gueule du journalisme en version 2.0, je suis bien contente de pas être tombée dedans.

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Un fait divers se produit. Genre une prise d’otage ou un tireur fou dans Paris. Aussitôt, les journalistes du web doivent vite vite pondre un article pour espérer faire tache d’huile sur la toile et les réseaux sociaux et sortir au plus vite sur Google si quelqu’un les cherche. Du coup, on multiplie les articles et comme on a rien à raconter, on sort désormais des navrants « ce qu’en dit Twitter » en remplissant l’article de copier/coller de tweets en mode « ohlala, trop peur, beuh ! ». Excusez-moi, je vais m’évanouir devant ce contenu à ce point incroyable et pertinent !

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Plusieurs explications à ce phénomène. En un, flatter Dieu Google pour le référencement, je vous invite à découvrir cette super vidéo sur le sujet traitant essentiellement de l’univers des jeux vidéos mais ça marche pour tout le web, en fait. En très gros : on multiplie les articles sur les sujets tendance pour remonter le mieux sur Google et choper plein de googlonautes comme ça, ça fait plein d’affichage sur les publicités et ça rapporte plein de revenus. Ouais ok. Sauf que perso, à l’arrivée, je finis par boycotter ce genre de sites. Si c’est pour lire des tweets que j’ai possiblement déjà vus dans ma timeline, ça ne m’intéresse pas vraiment.

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Autre explication : l’amour du buzz. Alors je vais être honnête : en tant que salariée du web, je ne supporte plus ce mot. On crie au (bad) buzz dès que 30 personnes en parlent, c’est ri.di.cu.le. En général, pour prendre du recul, je me pose cette question « mes parents en entendront-ils parler un jour ? ». Autrement dit, est-ce que ce brouhaha sortira de son petit bout de toile pour passer sur d’autres médias qui conserve la majorité des parts de voix ? Non ? Alors calmez-vous deux minutes sur votre « buzz » qui sort à peine de votre mini cercle connecté. Et encore, je parle de mes parents mais j’ai pas besoin d’aller chercher si loin. Je prends mes amis qui bossent pas dans le web ou même ma soeur qui ne passe pas ses journées sur les réseaux sociaux et voilà, tous ces gens là n’entendent pas parler du dernier tweet crétin de Nadine Morano. D’ailleurs, lisons ce très bon article sur le journalisme tweet, il éclaire bien ce que je raconte.

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Bref, pourquoi envoyer un mec sur un événement quand il suffit de copier-coller des tweets. C’est sûr, ça vous économise le micro-trottoir. Mais quand on demande à des gosses les droits sur une image qu’ils vous donnent alors que l’image ne leur appartient finalement pas, quand on trouve qu’un texte ponctué d’un LOL ou d’un MDR est un contenu intéressant pour un article qui se veut un minimum sérieux. Et encore, je vous parle même pas des sites de « buzz » pur qui balancent tous la même vidéo à 10 mn d’intervalle avec deux minables lignes de texte histoire d’être sûrs d’attirer un max de lecteurs. Vidéo reprise par tous les sites « d’information » histoire de profiter eux aussi des trois lecteurs et demi que ça peut leur rapporter.

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Et ça me gonfle. J’en ai marre de cette paupérisation croissante des contenus. J’en ai marre de vouloir une info sur un événement et tomber sur des trucs creux où on me demande mon avis à la fin, histoire de choper un max de commentaires. Vos gueules, vos gueules. Les journaux en ligne ouvrent en très grands leur colonnes pour publier tout et surtout n’importe quoi, offrant à leurs lecteurs des tribunes leur rapportant des vues et du référencement sans débourser un kopeck. Au mieux, les journalistes improvisés ont un blog et profitent de cet espace de parole pour se faire un peu de pub, au pire… Au pire ils se font baiser dans les grandes largeurs juste pour espérer avoir 30 secondes de cyber gloire. Et tout ça nourrit la machine à produire du vide, du creux, du sans âme. Aujourd’hui, je ne suis pas une journaliste qui copie-colle des captures d’écran. Et j’en suis particulièrement ravie.

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PS : Ne généralisons pas, certains e-journaux conservent une volonté de produire du fond. Par exemple; j’aime beaucoup Slate, c’est mon chouchou et non, j’écris pas dedans, c’est un avis objectif.

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C’est bonne ambiance en ce moment

« Mais qu’est-ce qui se passe ? » comme dirait Zidane. Ces derniers temps, lire les infos devient particulièrement pénible et mauvais pour mes dents : à force de les grincer, je vais finir par les casser. J’ai la sensation d’assister à une corrida malsaine où les toréadors, aka le gouvernement et ses amis, secouent violemment les muletas du nationalisme et de l’identitaire. Sauf qu’à la corrida, c’est pas toujours le taureau qui perd.
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En vrac, on a eu la burqa, les Roms, les joueurs noirs de l’Equipe de France (leur couleur est moins dérangeante quand ils gagnent), les faits divers où à la fin, y a quelqu’un qui meurt ou qui termine mal en point. Côté positif, on a Christophe Lemaître, le Blanc qui court plus vite que les Noirs. Et comme on trouvait qu’on n’avait pas encore assez mis le feu, on rajoute sur ça une histoire de déchéance de la nationalité en cas de crime. Mais au vu de la longueur de la liste (et tous les jours, on en rajoute), je pense que bientôt, on va perdre la nationalité pour fraude dans le métro. Je suis mal, moi, je suis Française depuis tellement de générations qu’on ne sait plus (déjà au XIIIe siècle, côté grand-mère paternelle, on était là), je vais me retrouver apatride ! Ah mais suis-je bête, dans le métro, la bonne aryenne que je suis ne se fait pas contrôler. Et ça, ce n’est pas une mesquinerie. Vous regarderez, dans le métro, quand les contrôleurs sont dans les couloirs, ils n’arrêtent que les passagers les plus sombres, c’est un fait. Triste mais un fait.

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Bref, on nous monte joyeusement les uns contre les autres. Sur20 mn, tous les articles sur les faits divers ont les commentaires fermés à cause de trop nombreux débordements. Par exemple, tiens, dimanche, je me fais mes petites 5 heures de train, je lis l’appli 20 mn pour m’occuper, il y a un article sur un fait divers, le viol d’une jeune fille de 17 ans sur une plage marseillaise. Triste histoire mais voilà, commentaires fermés pour éviter tout débordement. Parce que Marseille, parce que forcément, bien qu’on n’ait aucun élément sur les agresseurs, on va partir du principe qu’ils étaient basanés. Et pas juste parce qu’ils ont passé la journée. Après tout, si Sarko veut déchoir les criminels de la nationalité française, c’est bien parce que ce sont tous des immigrés, c’est bien connu. Hum.


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Alors forcément, comme je connais un peu mon histoire, vous savez, la discipline que pas mal d’entre vous trouve totalement inutile, ça ne me rappelle pas de bonnes choses. Oui, je sais je commence à flirter avec le point Godwin, peu importe. Mais reprenons cette histoire de sport : trop de Noirs sportifs, un Blanc qui les surclasse et qui est porté aux nues… Bon, il a gagné, c’est bien, hein, je ne diminue pas du tout sa victoire mais bon, j’ai vu plus de photos de lui que de Myriam Soumaré pour illustrer cet championnat d’Europe. Bref, trop de commentaires sur la couleur des athlètes, pardon, mais ça m’évoque vaguement 1936… Puis tout ce populisme, la peur, le repli identitaire face à « l’envahisseur », ce n’est jamais bon signe. Et à trop secouer les chiffons rouges, ça finit par un drame. Laissez-moi vous conter une histoire, une Histoire, devrais-je dire. Cela se passe en avril 1987, en Yougoslavie, pays déchiré par les différents nationalismes puisque le seul ingrédient permettant à toutes ces ethnies de vivre ensemble avait été Tito. Mais il est mort et c’est tendu. Slobodan Milosevic se rend au Kosovo s’adresser aux nationalistes serbes qui se prétendent (à tort ou à raison) victimes de discriminations et de violences de la part des Albanais, majoritaires dans la région. Lors de sa visite, les Serbes sont victimes de jets de pierres de la part de policiers albanais. Milosevic s’est alors engagé auprès des Serbes à ce qu’ils ne soient plus jamais frappés. Sauf que l’histoire démontrera par la suite que ses pierres avaient été « négligemment » posées là par le staff de Milosevic. Ce dernier a ensuite été élu président de la Serbie et j’ose supposer que vous connaissez la suite.

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Alors certains me rétorqueront, à raison, qu’on ne peut pas comparer la Yougoslavie de l’époque à la France d’aujourd’hui, l’Histoire (tiens, encore elle…) n’est pas la même. C’est vrai. Certains me feront encore remarquer que la xénophobie ne date pas d’hier et que les Arabes et Noirs stigmatisés d’aujourd’hui, ce sont les Espagnols, Italiens et Portugais d’hier. C’est vrai aussi. Cependant, même si l’Histoire a pu nous prouver que la pression très forte sur une minorité ethnique ne provoque pas forcément une guerre civile, il n’en reste pas moins que je trouve le climat super malsain et ça ne me met pas à l’aise. De mémoire, Sarkozy se voulait le Président du rassemblement, il disait qu’ensemble, tout devenait possible. Ensemble, ça veut juste dire les gentils Français pure souche (au passage, petit quiz impromptu : le papa de Sarkozy est de nationalité… ? Oui, voilà…) ? Les gentils travailleurs victimes des vilains délinquants. Attention, je ne nie pas qu’il existe des problèmes et que dans certains quartiers, on en crève de ne plus oser sortir de chez soi. Un twitterer (je refuse de dire twittos) lançait un débat assez intéressant d’ailleurs, je le cite : « Je me demande si les gens qui vivent dans des quartiers où les flics ne peuvent plus aller, contrôlé par les dealers et où il y a une vraie insécurité font des blagues sur Sarkozy. J’aimerais savoir si les gens qui se moquent là sont concernés par ces problèmes ou s’ils regardent ça de leur tour d’ivoire bien pensante. Ceci n’est pas de provocation, j’aimerais savoir ». (posté en plusieurs fois). Bonne question. Pour ma part, je vis en banlieue familiale où les petits rebelles te disent pardon s’ils prennent trop de place sur le trottoir donc forcément… Après, je ne connais pas la vie en « vraie » banlieue, celle qui fait peur au JT. Justement, celle qui fait peur Au JT, je n’ai aucune idée de sa réalité. Mais si je m’en réfère à l’Histoire (lalala), l’insécurité dans les quartiers les moins huppés a toujours existée, depuis que l’homme est homme, j’ai envie de dire. La différence, c’est l’éclairage qu’on lui donne. En ce moment, j’ai l’impression que chaque fait tragique est exhibé sous une masse de projecteurs aveuglants. Non mais t’as vu dans quel monde on vit ? On ne peut plus avoir un accrochage en voiture sans se faire battre à mort, se baigner sans se faire doigter, prendre le rer sans se faire agresser… Evidemment que toutes ces histoires sont dramatiques mais à ne parler que de ça, ça donne des gens totalement effrayés. Et la dernière fois, ça nous a donné un Le Pen au 2e tour. Si on doit retenir une chose de l’Histoire, c’est qu’exacerber les haines pour arriver à ses fins n’a jamais donné quelque chose de bon.

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En attendant, j’aimerais bien savoir comment va Eric Woerth…

Pour le plaisir, je vous mets Corrida de Francis Cabrel, parce que l’écriture de cet article m’a donné envie de l’écouter et que comme il dirait « Est-ce que ce monde est sérieux? »
 


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Liberté, je chéris ton ombre ?

Je voulais écrire cet article il y a 3 semaines, suite à une aventure qui m’est arrivée à Riches Lieux…

Et puis Marc Zuckerberg, le geek a l’origine de Facebook,  est venu en rajouter une couche. Un couche qui est tombée à point !

Vous êtes surement au courant de la dernière entourloupe de Facebook.

Mais oui la p’tite  entourloupe, foirée de chez foirée, car des esprits affutés ont déjoué la magouille…

Marco Z. avait tout bêtement changé les conditions d’utilisation… sans nous prévenir.

Paye ton contrat synallagmatique, Marco (ça c’est pour faire style j’ai fait 5 ans de Droit, ouhai, on y croit à mort)

So What ?

So Facebook a voulu nous mettre profond et l’a eu méchamment dans le cul.

(désolé d’être vulgaire mais face à cette malhonnêteté sournoise la vulgarité est une libération bienfaisante…)

Vous accordez à Facebook le droit irrévocable, perpétuel, non-exclusif, transférable et mondial (avec l’autorisation d’accorder une sous-licence) d’utiliser, copier, publier, diffuser, stocker, exécuter, transmettre, scanner, modifier, éditer, traduire, adapter, redistribuer n’importe quel contenu déposé sur le site »

L’idée était donc simple.

Tout ce qui a été, est ou sera publié sur FaceBook est la propriété de Facebook.

De la photo de Tata Simone à mon article sur les dauphins tristes en passant par mon CV et la publication de ma version a capella de Walk of Life que je voulais soumettre à Capitol Records et… Ah zut alors j’peux plus, je ne suis plus proprio de mes créations…

Bim.

Marco a donc cru que c’était la fiesta.

Et puis 15 jours plus tard, vazy que je t’enlève le passage incriminé pour revenir à la version antérieure.
Avec un grand sourire et des explications sans queue ni tête sur son blog style :  » hu,hu,hu, en fait c’était une blagounette ».

T’es trop fun, Marco. J’te surkiffe.

Et pourquoi je vous saoule avec ce sujet ? Un sujet désormais passé…

Parce que je me dis que 999 fois sur 1000 quand j’achète un truc via internet, je ne prends pas le temps de lire les CGU en me disant que, dans nos beaux pays civilisés, les boites pensent un peu à leur avenir et n’essayent pas de nous entourlouper. Surtout que depuis qq temps en Europe les législations nationales font rentrer le principe de class action à l’américaine et que les entreprises ont interêt à se prémunir.
J’ai fait 5 ans de droit et en TD de Droit commercial, on a vu des arrêts de fou qui me font penser que les boites ont aujourdhui un bouclier juridique blindé…
Un bouclier, certes, mais pas un glaive !
Ce week end, je suis allé à Hyères les Palmiers (pffff, c’est comme si on disait Boulogne les Platanes…) et je n’ai pas lu les CGU de la SNCF auxquelles j’ai pourtant adhérées en cliquant sur le ptit carré. Si ça se trouve yavait marqué en tout petit qu’un contrôleur peut exiger d’une voyageuse un strip tease et…

Vous les lisez toujours les CGU, vous ?

Et au-delà, vous avez des réflexes de protection qd vous publiez  qq chose sur le web ?

Si on prends l’exemple des Vingtenaires, on a tous des pseudos pour cacher nos identités.
A dire le vrai, je suis sur que Nina l’a imposé plus dans une logique préventive (liberté de parole mais pas trop…) et surtout une logique sécuritaire. On ne sait jamais ; si un DRH, par essence pusillanime, passe sur ces pages, plus ou moins par hasard… Il pourrait juger déplacés les propos qui s’y tiennent (parce qu’il n’y a pas plus faux cul qu’un DRH) et estimer que cette sphère privée manifestement odieuse montre bien que la personne incriminée est aussi nulle dans le boulot… Oui, ça aime bien les raccourcis les DRH.

Au-delà de cette logique préventive, je pense à cet article publié dans le Tigre sur un certain Marc L.
Le rédacteur a réussi a retracer toute la vie de Marc avec seulement les traces qu’il a laissé sur le Web…
En fait, j’en viens même à me demander pourquoi l’Etat français veut mettre en place le fichier EDWIGE : le web est ton ami, Nicolas (oui, dans l’esprit, rien que pour moi, Nicolas sera mon ministre de l’interieur forever…)

Allez, je vous laisse sur le fameux fait d’hiver, celui qui avait été à l’origine de mon envie d’écrire une bafouille sur le sujet.
Anecdote rigolote mais, en fait, heu… pas tellement.

Il y a 3 semaine un vendredi soir, une mère de famille (marmaille hurlant en fonds sonore) m’appelle et me dit qu’elle a trouvé mon portefeuille…

Portefeuille dans lequel il n’y avait pas un seul numéro de telephone (parents, perso, portable, boulot, etc)

Pas une adresse valide vu que j’ai déménagé il y a 3 mois et que mes papiers étaient en train d’être refaits.

Mais la nana a tout bêtement tapé Lucas d’Amore sur Yahoo.

Pas Google, non non non, Yahoo.

Et elle est tombée sur mon CV que yahoo référence en première réponse, première page (38ème réponse et 4èmepage sur Google…) quand on tape mon patronyme…
Je vous laisse tirer les conclusions que vous voulez…

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