Etre une femme sur le web : la curée

Semaine dernière, je traînasse mollement sur Twitter entre deux dossiers quand je vois fleurir un article “une Youtubeuse quitte momentanément Twitter après des menaces de meurtre et de viol”. Whaaaaaat ? Alors la Youtubeuse en question, je la connais très bien puisque je suis ses oeuvres vidéo, il s’agit de Ginger, une féministe assumée qui n’hésite pas à monter au créneau. Ici, elle avait expliqué en une demi douzaine de tweets qu’une miniature de vidéos de Squeezie posait problème dans le message qu’il délivrait à son audience (plutôt très jeune) et vlan, des kilotonnes de merdes déversées sur sa gueule. Car oui, être une femme sur le web, c’est souvent s’en prendre plein la gueule pour pas un rond.

ginger_force_adaptation_ être une femme sur le web

Je vis évacuer la dimension “féministe” pour aujourd’hui, j’y reviendrai à l’occase mais là n’est pas mon propos. Je vais juste parler des femmes qui ont l’outrecuidance de s’exprimer publiquement. Commençons par les blogueuses et vlogueuses mode et beauté, exemple ô combien parlant car elle s’en prennent systématiquement plein la gueule. “Idiotes”, “superficielles” et sans parler des attaques sur leur physique, le summum de l’intelligence. Alors je ne dis pas qu’elles sont toujours irréprochables mais sérieusement, arrêtons trente secondes. Une femme qui se maquille peut aussi avoir une culture G bien plus étendue que la vôtre. Quant aux attaques sur le physique… Là, ça touche carrément toutes les femmes. Regardez n’importe quelle vidéo de Youtubeuse et checker les comms, y aura toujours des commentaires sur le physique, soit pour dénigrer, soit des élégantes expression d’un désir brusque de faire des choses sales à la pauvre demoiselle qui n’a rien demandé. Vous avez le droit de ne pas être sensible au charme d’une personne, de là à le lui balancer… Même moi, alors que je n’ai jamais montré ma trombine en ses lieux, je m’en suis pris plein la gueule sur mon physique. Wokééééé…

Voilà, si vous arrivez à juger là dessus, faites-moi signe

Voilà, si vous arrivez à juger là dessus, faites-moi signe

A ce niveau, vous allez me dire que c’est pas grave, qu’il faut pas écouter les cons. Oui mais déjà, à un moment, si tu tapes sur le cuir à répétition, ça finit par l’attaquer. Est-ce que vous imaginez la force de caractère qu’il faut avoir pour réussir à ne pas être blessée par ces attaques incessantes ? Les gros cons limités qui s’attaquent au physique ont-ils seulement conscience du mal qu’ils peuvent faire ? Ont-ils seulement envisagé que la demoiselle qui s’exprime a pu souffrir de complexes physiques graves par le passé, que s’exposer est pour elle une véritable épreuve et que leurs attaques “pour le LOL” peuvent lui faire mal plus que de raison ? Et puis sérieusement, attaquer sur le physique, passé un certain âge, faut passer à autre chose les enfants. Vous n’avez rien d’intelligent à dire sur le fond ? Bah taisez-vous. Et tant qu’on est sur le physique, les remarques sur nos seins, nos formes qui vous mettent en appétit ou sur le fait que ça vous colle la trique et autre joyeusetés, ça ne fait pas plaisir non plus.

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Mais le pire, ce sont les menaces. Parce qu’une femme dit quelque chose qui déplaît, elle se prend des menaces de claques dans la bouche ou pire, de viol. Parce que si on n’est pas d’accord avec l’Homme, c’est souvent qu’on est mal baisées et qu’une bite bien placée nous ferait voir la vérité ou du moins nous dissuaderait de continuer à expliquer en quoi la personne a tort.

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Le problème, in fine, c’est qu’en 2016, on essaie encore et toujours de confisquer la parole aux femmes. Vous allez me dire “oh mais les mecs aussi, ils s’en prennent plein la gueule”. Sincèrement pas autant : ils ne sont pas systématiquement attaqués sur leur physique, sur la profondeur de leurs propos (je suis pas sûre qu’on reproche avec un tel systémisme la superficialité des blogueurs et vlogueurs geeks ou jeux vidéo), sur leur façon de s’exprimer, ils se prennent bien moins de menaces de violence ou de viol dès qu’ils ouvrent un peu leur gueule. La parole de la femme est bien trop souvent dénigrée. Et pourquoi ? Parce qu’une fois de plus, certains refusent à la femme d’occuper une place égale à celle de l’homme sur la place publique (souvent inconsciemment), parce qu’une femme n’aura jamais rien d’intéressant à dire, parce qu’elle sera forcément taxée “d’hystérique”, de “pas pédagogue”, de “mal baisée” et qu’évidemment, elle n’a pas d’humour… C’est fou cette propension d’une classe dominante à toujours vouloir imposer un humour oppressif en refusant de voir ce qu’est le problème.

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Etre une femme engagée sur le web, c’est dur. Même quand on n’est pas engagées, d’ailleurs. Parfois, on se dit qu’on va juste remballer et partir sur la pointe des pieds, revenir dans la vraie vie ou personne ne nous insulte ou nous menace juste parce qu’on a eu l’audace de partager son avis, de le défendre, de s’affirmer, de souligner qu’un propos de dominant est problématique. Puis on pense aux autres, à celles qui n’osent rien dire, à celles qui se défendent d’être féministes parce que les féministes, ce sont des misandres hystériques (révélation : non). Alors on va laisser Ginger se reposer, profiter des gens de la vraie vie et on va continuer à faire du bruit en attendant. Parce que si ton seul contre argument, c’est attaquer mon physique ou mon sens de l’humour, c’est bien que mon raisonnement est difficilement démontable.

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La croisière s’amuse… nous moins

Je serai flagellée pour ce titre, je le sais.

Quand j’ai commencé à préparer notre voyage avec Victor, le but était de réussir à faire plusieurs destinations avec un budget pas si élevé. Après discussion, c’était décidé : ce serait Naples dont on parlait depuis un an puis la Grèce. Sauf que 10 jours à Athènes, ça fait un peu longuet donc je furète et trouve une mini croisière de 4 jours qui nous permettrait de voir Mykonos, Patmos, Heraclion, Santorin et un petit passage par le village turc de Kusadasi. Le bateau est à peu près tout ce que je déteste (gros et surtout polluant) mais au prix de la croisière en pension complète, on remplit pleinement l’objectif de voir beaucoup et pas cher. Let’s go !

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Vendredi 10 juillet, on embarque donc sur le Celestya Olympia, un magnifique paquebot qui s’étend sur 9 niveaux avec des restos, des bars, un casino, deux piscines, salle de sport et tutti quanti. On n’est pas montés qu’on nous prend nos passeports et qu’on nous les rendra à l’arrivée puis on arrête pas de nous prendre en photo alors qu’on est légèrement rouges et échevelés (le Pirée, c’est TRES grand). A peine met-on le pied sur le bateau qu’on nous annonce l’exercice d’évacuation, prenez vos gilets et montez niveau 7. Aaaaaah, laissez-nous respirer ! Néanmoins obéissants, on jette nos sacs, prenons nos gilets (je mets évidemment le mien à l’envers), on nous prend encore en photo et on écoute les instructions en 5 ou 6 langues. Des tas de gens se prennent en selfie, Victor et moi sommes un peu atterrés. Mais qui veut se prendre en photo avec un gilet de sauvetage ? « Hihi, on s’entraîne pour si on coule ! #cruise #drama #titanic #ilyavaitassezdeplacepour2surcettefoutueplanche #jesuiskatewinslet » Le pire c’est que je vous ai dit qu’on nous avait pris en photo quand on a débarqué avec nos gilets, je croyais que c’était pour une identification en cas de naufrage mais non , c’était pour nous vendre la photo ! Ah ben oui, je me sens tellement au top de moi même avec un énorme boudin orange fluo autour du cou… Bon, je me moque mais depuis, j’ai découvert des selfies de gens dans un avion en dépressurisation… (ces gens ne sont pas morts, on peut survivre à une dépressurisation, sachez le).

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On retourne dans la chambre, Victor déménage tout pour coller les deux petits lits qui étaient séparés par une table de nuit car il est hors de question de faire lit à part puis on va se promener un peu « Forfait alcoolique ! Alcool à volonté pour 20 € par jour! », « Forfait excursion, 200 € pour tout voir et tout faire ! », « Duty free, duty free, par ici ! », « Wifi, 7 euros de l’heure, youhou ! ». Pour 2 gauchistes comme nous, ce temple du consumérisme nous choque un peu. Le forfait boisson illimité ? On a à peine réussi à dépasser 20 euros pour deux le dernier jour avec 2 verres de whisky et un verre de vin chacun (oui, je me mets à apprécier le whisky). Le forfait excursion ? Si c’est pour se balader avec des accros du selfie et de la perche qui va avec, on préfère se démerder seuls, merci.

Mykonos, premier arrêt

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Le forfait alcool tout compris a entraîné un phénomène qui nous a rendu fou : les verres abandonnés quasi pleins. On a même trouvé un mojito même pas entamé dans un couloir ! Ok, le respect est resté à quai… Les gens étaient vite bourrés dont un groupe d’insupportables ados américains qui parlaient très fort et étaient particulièrement mal élevés ou ce couple de Mexicains qu’on avait à table le dernier soir. On avait avec nous 2 Colombiennes plus 2 Américaines et le quatuor hispanique parlait à bâtons rompus, le Mexicain semblant raconter strictement n’importe quoi, déclenchant l’hilarité des Colombiennes tandis que son épouse souriait comme elle pouvait suite à un lifting un peu violent. Il y eut d’ailleurs ce moment un peu surréaliste où il nous montra une branche d’olivier, hyper fier de lui, nous expliquant qu’il l’avait acheté à Santorin comme s’il s’agissait de quelque chose de très rare et précieux. Oui, monsieur, bravo, c’est très joli, oooooh !

Patmos, 3e arrêt

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Ah oui, les repas, parlons en. On nous plaçait en fonction des arrivées sur de grandes tables donc on a pu dîner en compagnie de Grecs, de Turcs, d’Italiens mais aussi de Grecs exilés en Australie qui revenaient pour la première fois et qui avaient très envie de discuter. Certains soirs, on a réussi, en arrivant un peu tard, à récupérer une table de 2 et à pouvoir dîner tranquille, entre deux photos prises par les photographes du bateau qui ambitionnaient de nous les vendres (non).

4e arrêt : Heraklion

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Oui parce que les gens se précipitaient aussi, tout le temps. Par exemple, sur les expéditions sur Patmos et Santorin, il fallait prendre des navettes qui allaient du bateau à terre. Pour se faire, il fallait aller chercher des tickets au bar entre 13 et 15h. On a voulu y aller à 13h15 avant de déjeuner… une queue de malade. Du coup, on a pris la dernière chaloupe à chaque fois mais bon, à un moment, on n’est pas là pour faire la queue non plus.

Santorin, 5e arrêt

 

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Concernant le forfait excursion, j’ai presque regretté par contre. Parce que du coup, les lieux à découvrir étaient potentiellement loin du port où on débarquait et impossible de s’y rendre à pied. C’est ainsi qu’en arrivant à Kusadasi, on a découvert qu’Ephese était à 25 mn de voiture soit 60 € de taxi… Idem pour Santorin, on est restés sur Fira, mignon mais un peu trop commercial à mon goût alors qu’il y avait une excursion à Ochia, le village avec la très belle église aux coupoles bleues des cartes postales.

Kusadasi, 2e arrêt

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Mais la croisière nous a permis de découvrir quelques coins quand même. J’ai adoré Mykonos, Santorin malgré les trop nombreuses boutiques, Patmos et Heraklion. Kusadasi n’avait rien de notable à part cet adorable chaton :

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On a failli le ramener mais vu qu’on doit déjà solutionner la future cohabitation entre nos deux monstresses, on trouvait que mettre un chaton en plus dans l’équation relevait du pur masochisme. Puis il aurait pas passé la douane.

Depuis, on a testé la cohabitation entre les 2, ça passe

Depuis, on a testé la cohabitation entre les 2, ça passe

Bon alors évidemment, grâce au gros bateau (en fait, un autre identique de la même compagnie faisait le même trajet), on débarquait en masse et il était un peu plus difficile d’apprécier les lieux mais on n’aurait pas pu faire le tour de ces îles pour moins cher, de toute façon.

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Puis la croisière a quand même un immense avantage : on a plein de temps entre deux escales. Et quand on est un jeune couple plein de vie et de désir, ça se rentabilise bien, ce temps libre… Je comprends mieux pourquoi pas mal de couples choisissent la croisière pour leur voyage de noces…

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La balade du larron relou

Attirés l’un par l’autre, le désir les titilles, leurs peaux s’appellent, leurs doigts se frôlent, leur souffle se fait plus court. J’ai envie de toi, ma bouche crève de s’unir à la tienne, mon corps meurt loin de ta chaleur. Toi aussi, tu le veux, je le vois dans ton regard enfiévré. Toi. Moi. Et ce bon relou de 3e larron qui ne semble pas avoir pigé qu’il était légèrement de trop…

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C’est une vraie histoire. Au bord de la piscine du Airport Resort de Male (c’est mieux que ça en a l’air), une vingtaine de Français foutent un peu le bordel. Alors que l’heure de rejoindre l’aéroport se rapproche, un homme et une femme s’isolent un peu. Ca fait quelques jours qu’ils se tournent autour mais l’intimité sur un bateau est une denrée rare. Alors que le groupe commence à lever le camp, ils traînent, se mettent mutuellement de la crème solaire… La tension sexuelle est palpable. Les autres Français se bougent, ils prendront la navette suivante… Tous les autres ? Non, reste le relou, celui qui, on ne sait pas pourquoi, décide de rester avec eux pour lire encore un peu… Décidément, personne ne leur laissera cette intimité propice à tout rapprochement amoureux.

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Parce que faut dire ce qui est : passé un certain âge et en deça d’un certain seuil d’alcoolémie (ou éventuellement sur le quai d’un métro parce qu’il est l’heure de se séparer et que la soirée ne peut se terminer autrement), un premier baiser se savoure à deux, rien qu’à deux. Même si l’amour (avec un petit a) isole les amoureux dans leur petit univers douillet (comment expliquer autrement les couples qui roucoulent dans un lieu aussi glauque que le métro ?), à un moment, on aime bien être à deux, rien qu’à deux. Surtout que si on n’a vraiment pas de chance, le larron relou est vraiment d’une finesse à toute épreuve, se sentant obligé de commenter “hé mais je me sens un peu chandelle là, ohohoh huhuhu” Ahahah, ta gueule.

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La vraie question est : pourquoi ? Evidemment, on peut arguer que, parfois, on ne fait pas attention. Les rapprochements ne sont évidents que si on est attentif, si les autres nous intéressent à minima. On a tous connu cette situation où cet autre qui nous tente tant devient soudain à portée mais voilà-t-il pas qu’un troisième qui n’a rien à faire dans l’histoire tape l’incruste et diminue notre voilure. Dégage, dégage, dégaaaaaaaaaaaage !! Mais comment signaler poliment – le mode harpie est rarement un élément positif dans le jeu de séduction – à l’importun qu’on aimerait qu’il aille voir ailleurs si on y est ? Sans parler du fait que rien que d’en parler, rien que de prononcer les mots « dis, pardon, est-ce qu’il te serait possible de t’absenter quelques instants pour que Machin-e et moi échangions un premier baiser en toute intimité », la magie est cassée. On pourrait espérer l’intervention d’une 4e personne qui viendrait déloger le larron relou mais si la manoeuvre n’est pas subtilement réalisée, ça brise quoi qu’il en soit le romantisme… Ceci étant, rassurez-vous, pour avoir été victime d’un larron relou par le passé, ça n’a rien empêché et, au moins, ça a constitué une anecdote.

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Des fois je me dis que la séduction devrait être maillée de codes clairs. Par exemple « hé Bidule, pourrais-tu aller nous chercher un café » devrait universellement dire « hé toi, tu dégages, steuplé ? Merci, bisous ».

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La vie sans attendre

Chaque année, au fur et à mesure que septembre approche, je sens monter en moi un bouillonnement, un tourbillon de désir, d’envie, de motivation. Et cette année, ma convalescence et mes deux derniers mois sans réellement vivre ont accru cet appétit. Septembre, c’est la rentrée et je veux faire des milliards de choses.

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Comme d’habitude, cependant, mon envie accroît ma frustration et en fin de compte, je ne fais rien. Oui, je veux prendre des cours de russe mais ils sont tous à 18h30 et moi, je suis encore au travail à cette heure-là. Des cours particuliers ? Pffff, non… De toute façon, les cours de langue, c’est un mauvais plan pour faire des rencontres intéressantes, vous végétez souvent avec des quinquagénaires de sexe féminin dites aussi “les femmes de qui n’ont pas besoin de travailler mais qui s’ennuient” ou “ben je suis à la retraite, je profite!” (ça, c’est ma maman). Non parce que ma mère, justement, elle est partie avec sa classe d’anglais à Edimburg et à part un mec autiste (véridique), nul ne passait en dessous de la barre des 50 ans. Mais il n’y a pas que les cours de langue, j’ai envie d’apprendre, de faire… Là, je suis tentée, outre la plongée que je continue, par une chorale histoire de se défouler un coup et par la rando. Oui, j’ai envie de prendre l’air
le plus possible et la rando me paraît pas mal pour ça. J’ai un peu zieuté les associations de photo mais ça consiste essentiellement à s’asseoir et discuter… Oui, bah, non, ça, je préfère le faire avec des copines.

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Evidemment la liste est non exhaustive, j’ai 3 envies par minute ce qui est plutôt positif, ça montre que j’ai récupéré depuis le début de semaine et que je suis prête à reprendre ma vie en main et pas qu’un peu. Sauf que là, hors de question de ne rien faire parce que finalement, tout faire, c’est pas possible. J’oublie pas mes projets de super tatie mais le reste me paraît possible. Et puis surtout, il y a les voyages. Ca fait des années que je ne réalise pas vraiment mes rêves de voyage parce que voyager seule, ça craint et que quand je me trouve une moitié légitime, y a toujours une bonne raison pour pas
partir. Par exemple, ça fait une éternité que je rêve d’aller à Venise mais Guillaume 1er ne voulait pas car “ça pue”. Oui, je sais et je suis restée 4 ans et demi avec. Peu importe, je vais aller à Venise. Idéalement le week-end du 1er novembre si ma patte me le permet. Et si personne ne veut venir avec moi, je partirai seule. Je le mérite, je pense.

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Et puis j’ai une liste d’endroits à visiter longue comme mon bras : Rome, comme déjà dit, l’Egypte, les Philippines, la Russie, Hawaï… Si mes finances me le permettent, je partirai, seule ou accompagnée. J’en ai marre d’attendre, ça ne sert qu’à me frustrer. Même si je n’ai que 31 ans et la vie devant moi (si, si), je n’ai plus envie d’attendre un potentiel compagnon qui partagerait mes envies d’ailleurs. Je suis grande, je pars seule ou avec mes copines. Mais je pars.

 

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Faut que je pense à réviser mon italien, moi…

PS : Si tu as envie d’un long week-end à Venise, fais signe hein (mais si on pouvait déjà se connaître, rapport aux tarés qui traînent par ici…)

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Courrier des cœurs, réponse à Julia

Cette semaine, Julia nous a posé la question suivante : « Ma vie amoureuse est un éternel recommencement : je suis toujours
la roue de secours, celle qu’on prend en attendant de. Depuis mon adolescence, c’est comme ça, les garçons sortent avec moi faute de mieux mais dès que le mieux se présente, je suis gentiment (ou pas) dégagée. Pourtant, j’ai pas l’impression d’être pire qu’une autre… Au secours, que faire?
 »



La cellule Love and sex des vingtenaires s’est réunie, voici ce que nous en pensons

Ella Sykes : Déjà si tu te poses ce genre de questions, c’est mal parti. Faut arrêter de se sentir soumise comme ça à la volonté
des autres. Il faudrait pouvoir se remettre en question. Avoir confiance en soi, le montrer et même en rajouter avec un soupçon d’arrogance, bref être fière de soi, est un des éléments qui éloignent ce type de minables qui te prend pour un tampax.

Tatiana : Bon je réponds même à des milliers de kilomètres d’ici. Quelle grandeur d’âme j’ai. J’ai coutume de penser que lorsque
quelque chose se produit de manière systématique c’est que nous avons un comportement qui amène à cette situation récurrente (putain je parle trop bien aujourd’hui). Bref, analyse chaque situation et regarde si il y a quelque chose de commun. Essaie de voir ce que tu peux changer.

Lucas : Tout pareil que Tatiana. Les hommes préfèrent les chieuses. Je veux dire celle qui ne sont pas en extase devant nous,
béate d’admiration à avaler… nos couleuvres (tu pensais à autre ?)

Au lieu d’être passive quand tu es en couple, propose, discute, ne sois pas d’accord, apporte ta portion d’énergie (purée qu’est ce
qu’il fout là ce mot portion ? moi je parle pas bien je parle culinaire) et va de l’avant. Tu n’es peut-être pas pire qu’une autre mais tu es peut-être trop effacée, voire trop facilement copié-collable ce qui est encore pire à mes yeux.

Keira : Fais comme moi, devient nonne. Ca évite les ennuis. (comment ça pas inspirée ?)

Summer : Pour ma part pas de réponse vraiment à cette question si ce n’est qu’elle doit être un peu trop gentille sans doute,
bref tout le monde sait que les mecs préfèrent les chieuses, je sais plus qui l’a dit avant sans doute Lucas

Enzo : Réponse Courte : « Tous des connards ! »Réponse Longue : …en fait j’ai un peu la flemme là…

Diane : Et de 1/ es tu vraiment sûre que tu sois une roue de secours « en attendant mieux? » Est ce que ça serait pas un peu dans
ta tête tout ça? Si le mec te quitte pour une autre, c’est pas forcément qu’il te considérait comme une « en attendant mieux » mais peut-être juste que bon, vous deux c’était pas ça et puis voilà!
Chose qui arrive à tt le monde tt le temps! ce qui m’amène à 2/si tu te penses, si tu te vois comme une troisième roue du carosse, eh bien tu en es/seras une! L’estime que l’autre va avoir de toi dépend en grande partie de celle que tu as pour toi même. Le côté « j’suis nul(le) j’suis un(e) loser, bouhhh » ça peut éveiller les instincts protecteurs de certain(e)s, mais en général ça finit très vite par saouler plus qu’autre chose… BREF, il me semble que la solution de ce genre de problèmes ne se situe pas dans les autres, mais ds l’estime que l’on a de soi. Sois à tes yeux qqun digne d’être aimé, et tu le seras. Et si c’est pas le cas avec l’un, eh bien ça le sera avec un autre.

Nina : Posons plutôt la question à l’envers : te considèrent-ils comme une roue de secours parce que toi-même tu te considères ainsi ? Peut-être n’exprimes tu pas assez ton désir d’une relation plus sérieuse, plus aboutie et que, du coup, ils considèrent que tu t’en fous et que tu ne cherches rien de plus que ce qu’ils te proposent. Impose-toi un peu plus, peut-être ?

Voilà, si toi aussi tu as une question love and sex à soumettre à notre cellule, n’hésite plus, nous sommes tous ouïe !

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Qu’est-ce que l’amour ?

(Non, toujours pas la suite de la recherche du prince charmant, toujours pas envie, là, de suite, mais ça reviendra, ne vous inquiétez
pas…)

L’amour, il est partout : dans les romans que je lis, dans les films que je vois, les chansons que j’écoute, les magazines m’expliquent comment le trouver, on en parle entre copines. Bref, on a tous que ce mot là à la bouche mais finalement, sait-on réellement de quoi on parle ? Qu’est-ce que l’amour ? Je parle de l’amour que l’on donne à une seule autre personne, objet de nos désirs, avec qui on a envie de mélanger nos gênes. J’avais jamais remarqué que cet amour là était à priori égoïste puisqu’il ne se vit qu’à deux, normalement.
D’un autre côté, à plus de deux, j’aurais du mal à gérer, je me connais. Sans compter qu’actuellement, entre mon boulot, mes séances du sport (oui, la Nina 2008 fait du sport figure toi et depuis un moment, en plus), mes soirées entre copines, mes soirées mondaines (au moins), je ne sais déjà pas quand je pourrais caser un mec alors deux… Voire plus… Non.


Quand j’étais ado, j’étais une perpétuelle amoureuse et j’aimais bien, en fait. J’avais comme spécialité de tomber amoureuse du « beau mec là bas », celui qui n’avait aucun ami en commun avec moi. Je passais mon temps à rêvasser, à imaginer nos premiers mots, notre premier baiser, à échafauder des plans pour aller lui parler. Ca m’occupait beaucoup. Evidemment, ce n’était pas de l’amour mais du fantasme mais à l’époque, je ne le savais pas. En grandissant, j’ai un peu perdu cette capacité à m’emballer. D’abord, j’ai été quatre ans
et demi avec Guillaume 1er et même si durant cette période, j’ai secrètement craqué sur deux hommes dont le terrible démon tentateur, ça ne restait que du désir. Mais là, j’en avais conscience.

Aujourd’hui, je suis tombée dans l’excès inverse, je ne tombe plus amoureuse, plus du tout. Pourtant, j’ai fait des rencontres sympas, j’ai eu des petits coups de cœur, ça fait plus d’un an que je fréquente le même mec dans le cadre d’une relation libre et non impliquante mais non, je ne tombe pas amoureuse. A moins que… A moins que je ne sache pas ce qu’est l’amour. Peut-être qu’on me l’a tellement survendu que je crois que ça ne peut aller qu’avec les feux d’artifice, le cœur qui danse la polka, le love at first sight des films romantiques que je déteste, d’ailleurs. Oui, les belles histoires d’amour au cinéma, ça m’ennuie, on sait déjà comment ça va finir et je sais que dans la vie, on rencontre jamais le prince charmant pile au moment où on se sentait au fond du trou et hop, magie, tout s’arrange. Quand je suis au fond du trou, j’ai tendance à être aussi au fond de mon lit avec mon chat et un bon bouquin, je ne vois pas
bien comment Patrick Dempsey viendrait sonner à ma porte pour changer ma vie. De toute façon, je le trouve vraiment pas attirant du tout Dempsey. Quoi que je le préfère à Tom Hanks qui a souvent joué l’homme prince charmant dans les films romantiques.


Bref, je m’égare mais des fois, je me demande s’il est possible que j’aime sans savoir. Je sais que la question paraît ridicule et que si je me pose des questions sur mes sentiments amoureux, c’est qu’ils ne sont pas là. Mais au fond, c’est quoi l’amour ? A quoi le reconnaît-on précisément ? Se loge-t-il dans l’ivresse des sens ? Dans l’envie de construire une vie à deux ? Dans la complicité entre deux êtres ? Dans la dépendance ? Rien ne me paraît si évident que ça. On dit qu’on aime parce qu’on le sait, parce que c’est évident. Mais pourtant, par le passé, j’ai cru aimer mais une fois l’étincelle du début éteinte, il ne restait plus rien. Et quand je me retourne, je me dis que,
non, ce n’était pas cet amour mythique que je suis censée chercher à longueur de temps. C’était de l’affection, du désir, voire de l’orgueil, de l’optimisme, de l’envie d’y croire mais pas de l’amour. Y a qu’à voir à la vitesse à laquelle je m’en remets. Si j’étais réellement en mal d’amour, j’aurais pleuré bien plus que ça.

Parfois, quand on me parle d’histoires d’amour ou de chagrin d’amour, j’ai envie de soupirer. Non, tu n’es pas amoureux, non, tu n’as pas le cœur brisé, c’est juste une blessure d’ego. Ca fait mal, en effet, mais ne te cache pas derrière des « je l’aimeeeuh ! », ce n’est pas lui que tu aimes mais c’est l’idée d’être en couple, de sortir avec cette belle personne, de ne pas être seul et paria…

Et au fond, je me demande… L’amour entre deux êtres qui parlent à la première personne du pluriel, est-ce que ça existe vraiment ?

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Courrier des cœurs, réponse à Alice

Cette semaine, Alice nous a soumis la question suivante : « si on a des fantasmes et potentiellement quelqu’un enclin à les réaliser, est-il dans notre intérêt de le faire? Faut-il réaliser ses fantasmes? »


La cellule Love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici ce que ça a donné :

Diane : Le gros problème de base, avec la réalisation des fantasmes, c’est: est ce qu’une fois réalisés, ils ne vont pas en perdre du coup tout intérêt? L’intérêt n’est-il pas, au final,  davantage dans le fantasme lui même que dans sa réalisation…

Mais je pense que le mot « fantasme » est à dissocier de celui de « désir » en cela que le désir, c’est quelque chose que l’on ressent (plus ou
moins consciemment, merci docteur Freud), et que le fantasme, je situe plus cela dans le domaine de la réalisation.

En gros, réaliser son fantasme serait un peu un pléonasme, vu que, fantasmer, c’est déja en quelque sorte la réalisation imaginaire de son désir, la mise en scène de son désir par l’esprit.

Et comme ce qu’on s’imagine dans notre petit cerveau est toujours mieux que le réel (forcément, vu que ça émane directement de ce qu’on est en profondeur, et que c’est fait entièrement et complètement pour nous satisfaire, tout en sachant absolument ce qui nous plait et ce que l’on veut), eh bien j’aurais tendance à dire que certains fantasmes seront toujours plus beaux et appréciés s’ils restent chimères…

….Mais que d’un autre côté, dans la pratique, je me dis aussi qu’il vaut mieux un réel un peu décevant que pas de réel du tout, hein…

Tout en gardant à l’esprit que tout dépend de la nature de la transgression aussi hein (vu que fantasme dit forcément transgression, transgression de ce qu’apprennent la société, les parents, les bonnes moeurs etc…): il y a certain fantasmes qu’il faut savoir garder pour soi . Exemple: si ton grand fantasme est d’enlever ta voisine et son caniche nain et d’entamer avec eux un ménage à trois…eh bien je te conseillerais alors de t’abstenir. CQFD.

Nina : Ah, les fantasmes, grande question. On en a tous et ce qui est magique, c’est qu’ils évoluent. Alors pour ta question, je dirais que ça dépend surtout de la gestion de l’après. Réaliser un fantasme si on en a les moyens, je dis oui. Mais, parce qu’il faut quand même apporter une nuance je dirais qu’il faut voir si on assume après ou pas, s’il peut y avoir des conséquences néfastes ou pas. Si c’est juste l’occasion de se faire plaisir en toute sérénité, aucune raison de reculer. Puis une fois qu’on a réalisé un fantasme, on peut s’en trouver un autre. Si tu veux, on pourra te suggérer des idées.

Tatiana : Alors j’ai envie de te dire oui et non. Oui car réaliser un fatasme c’est quand même vachement cool et c’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de le faire. Et non car pour moi un fantasme c’est avant tout quelque chose qui ne peut pas se réaliser ou qui n’est pas fait pour être réalisé. Disons que si tu réalise ton fantasme tu prends le risque de connaître une période de frustration. Un fantasme en fait c’est un peu comme l’attente avant noël lorsque tu es petit. Je pense que tu as du connaître cela : on est en décembre et tu as tellement hâte d’avoir tes cadeaux de noël. Plus les jours passent et plus la hâte grandit jusqu’au jour ultime. Tu déballes tous tes cadeaux et soudain c’est la black out : tu as ouvert tous tes cadeaux. Maintenant tu devras attendre l’année prochaine avant de connaître à nouveau une telle montée d’adrénaline. Alors voilà ce qui risque de se passer si tu réalise ton fantasme. Maintenant c’est à toi de voir.

Lucas : Pour résumer, encore une fois on a qu’une seule vie. Si ledit fantasme n’a pas de conséquences pour autrui et qu’on risque uniquement d’écorner notre répioutèycheun, où est-le problème ?? J’en verrais deux et qui n’en sont pas vraiment.
Le fait d’avoir au village sans prétentions une mauvaise réputation ?
La crainte de ne plus avoir de raisons d’aller de l’avant ?
Je crois qu’il ne faut pas confondre le fantasme (par nature épisode fugace,sortant de l’ordinaire) et les projets. Et puis j’ai vraiment envie de croire qu’à chaque age de la vie il est un fantasme et que notre bonheur passe par leurs réalisations. Bon, pour autant, des fantasmes j’en ai réalisé aucuns et je ne suis pas déprimé/replié sur moi. Mes fantasmes ? Qd j’étais gamin c’était piloter un Tom Cat (merci Tom Cruise…), qd j’étais lycéen c’était diner un soir avec Andie Mc Dowell et passer la nuit avec elle, quand j »étais en Droit c’était déporter et exterminer tous les énarques, etc… (oui, j’ai des fantasmes trop délire). Donc oui, réalisons nos fantasmes. N’oublions pas qu’en espagnol fantasma c’est le fantome. Alors à quoi bon courir après des fantômes sans jamais les atteindre ? Jut Do It !
(cette réponse est à lire avec un fonds sonore adéquat. Au hasard J’irai ou bout de mes rêves… mais moi j’dis ça j’dis rien.)

Si toi aussi, tu as une question qui t’interroge, n’hésite pas à nous soumettre ta question en comm ou mail. On te répondra avec toute la dérision qui est nôtre.

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La tyrannie de Salomé

Par Diane

Salomé est un mythe. Et comme tout mythe, elle est le reflet de ce qui perturbe nos âmes. Elle est dans tous les esprits, que ce soit l’esprit des hommes qui en sont victimes, ou celui des femmes qui sont tiraillées entre l’envie de la maudire ou de devenir elle. Petite piqûre de rappel. Qui est Salomé?

Salomé est une princesse juive évoquée dans un épisode de la bible. Sa môman ayant épousé le tétrarque Hérode (qui n’était autre que le frère de son mari originel), le saint Jean-Baptiste s’était opposé à cette union en disant que franchement, épouser le frère de son mari, c’est pas très cool. La môman en question n’ayant pas l’intention de se laisser marcher sur les pieds par un moralisateur hippie aux cheveux longs, elle a ordonné à sa fille, Salomé,de danser devant Hérode. La danse de la jeune fille fut un tel enivrement des sens qu ‘Hérode lui promit sur le champ ce qu’elle voudrait, fut-ce la moitié de son royaume. La jeune demoiselle lui a demandé, je vous le donne Emile…. la tête du saint sur un plateau. (et au sens propre du terme) Et de ce petit épisode biblique mineur (quelques lignes seulement), l’imaginaire humain en a tiré un mythe, et a fait de Salomé l’incarnation absolue de la femme fatale, fascinante et dangereuse, le fantasme masculin à l’état pur.

Salomé est la femme-enfant. Elle marche pieds nus et porte en elle l’insouciance et la naïveté et une sorte d’instinctivité d’enfant pas encore éduqué, est capable de répondre à une déclaration d’amour enflammée d’un homme au désespoir qui mettra sa vie et son âme à ses pieds un « c’est gentil » agrémenté d’un petit rire cristallin et cabotin, et ne prend jamais rien au sérieux. Elle joue avec la vie autant qu’avec les hommes qui lui vouent la leur.

Salomé est la femme sensuelle. Elle matérialise en elle tous les instincts de la chair, et soupire la luxure aux corps transis d’un désir moite et irrépréssible.  Elle s’exprime avec son corps, et ses mouvements sont ceux d’une créature libre et sans entraves, qui ne se met aucune limite ni aucune contrainte.

Elle ne brille pas par son esprit. Elle n’est qu’un corps, une enveloppe sublime et vide que les hommes pourront remplir de leur imagination. Ce n’est pas que Salomé n’aie pas d’esprit, c’est qu’elle a celui que l’homme lui choisit, et lui invente. Idéaliser la femme ne revient pas à l’immatérialiser. Au contraire, ce n’est pas le corps qui est exclu mais le reste: non l’enveloppe mais le contenu, auquel l’homme préfère substituer sa propre version.

Salomé est une étrangère. Elle a le charme mystérieux de l’orient, une odeur d’épices et de fleurs rares, et l’envoutant langage de l’inconnu.

Salomé est dangereuse. Elle n’est pas offerte, elle est à conquérir, et même quand elle se donne, rien n’est jamais certain, elle reste un être libre, pour lequel la fidélité est contre-nature car elle signifie une retenue de ses instincts. Et elle ne se retient jamais. Elle est à la fois cruelle et fascinante, elle est « la femme essentielle et hors du temps, la bête vénéneuse et nue, la serve absolue du diable » (Huysmans), qui cristallise toutes les craintes de l’homme à propos d’un sexe qui l’attire et le repousse tout à la fois (le temps où la femme était l’incarnation du diable
n’est pas si loin que ça, finalement…). Chez Salomé, l’être disparaît sous l’apparence, elle séduit les âmes romantiques car elle stimule l’imagination. Elle incarne le mystère, l’ambiguité physique et morale, l’équivoque et le danger, et elle est la manifestation du désir de l’homme de fuir l’ennui et de sa soif d’absolu, de connaître l’abandon aux forces obscures et irrationnelles.
Elle est le pouvoir démoniaque de la séduction féminine. Elle et ses copines Eve, Circé, Dalila, Hélène, Cléopâtre et bien d’autres « prouvent assez que,depuis le commencement du monde, elles sont faites pour combattre l’idéal, humilier l’homme et perdre les empires » (Flaubert, le sexe faible). Elle dispose de l’esprit des hommes comme il lui plaît, elle charme, séduit, ensorcèle jusqu’à ce que la folie vienne leur titiller l’âme.

Et le pire, c’est qu’il ne s’agit pas ici du bon vieux lieu commun de l’homme aveuglé par l’amour. La plupart du temps, l’homme réalise ce qu’elle fait de lui, il sait et assiste à sa propre déchéance sans pouvoir rien y faire, ou plutôt sans vouloir rien y faire car elle éveille en lui la jouissance absolue, celle qui combine la jouissance du l’âme, du corps et de l’esthète, quitte à tout se faire piétiner après. Et la femme là dedans me direz vous?

Eh bien la femme, elle lutte, elle lutte entre la tentation d’envoyer balader tous ses principes moraux pour devenir elle aussi cette enviable incarnation du désir masculin (car, si on est dotée d’une plastique adaptée, devenir Salomé n’est pas si dur que ça au final: il suffit de n’avoir plus aucune considération pour l’autre et de ne rien dévoiler de soi et pouf, on devient une mystérieuse  et irrésistible sirène indomptable) ….et celle (la tentation hein, suivez un peu) de votre petite conscience morale qui vous dit que, au final, il vaut mieux être aimée que vénérée, car l’amour naît de ce que l’on est et la vénération de ce qu’il s’imagine qu’on est… Bref, Salomé est insupportable dans tous les sens du terme, elle est (encore une dernière et après j’arrête avec les citations, mais j’y peux rien, c’est trop beau Huysmans) « la deité symbolique de l’indestructible luxure, la déesse de l’immortelle hystérie, la beauté maudite, élue entre toutes.
La bête monstrueuse, indifférente, irresponsable, insensible, empoissonnant tout ce qui l’approche, tout ce qui la voit, tout ce qu’elle touche… » , elle est là, présente dans tous les fantasmes masculins et les tentations féminines, elle nous sublime et nous gâche la vie à la fois, et c’est insssuppoooorrtaaaaaable!!!!

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Catin aux draps de satin, jouvencelle aux draps de flanelle

Tu trouves mon titre pourri ? Moi aussi, à vrai dire. Mais quel sujet se cache derrière cette formule opaque ? Alors, j’aimerais te parler de l’éternelle opposition entre la sainte et la pute qui fait de nous les insupportables schizophrènes des années 2000. Mais cette fois, je ne te parlerai pas des hommes mais bien des femmes et du regard qu’elles ont sur leur
propre sexualité.

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Depuis maintenant 5 mois, je travaille sur des sites féminins avec des forums love and sex très développés. Or j’ai l’impression au fil du temps qu’il y a deux profils types :
l’hypersexuelle limite nympho obligatoirement femme fontaine ou la prude qui dort dans un pyjama en coton fermé jusqu’au cou. Entre, le no man’s land ? Ben, de celles qui s’expriment, globalement, oui. Il y a les garces et les moralisatrices et ça s’affronte. Mais ce qui est intéressant, c’est de voir que finalement, la femme n’est pas très tolérante vis-à-vis de sa propre sexualité.

On dit souvent que l’homme nous prend soit pour une salope et nous attribue donc le rôle de l’amante, soit pour une sainte et nous voici promue mère de ses futurs enfants. Et bien
figure toi que chez les femmes, c’est pas mieux. A les lire, « faire l’amour » (en opposition à baiser qui se fait sans amour) empêche toute fantaisie. A une discussion sur les sextoys,
une a répondu : « pour moi, l’amour, c’est pas ça. Je préfère la tendresse des bras de mon amour des à jouets ». Mais madame, où est-il écrit que l’un empêche l’autre ? En
fait, les femmes sont encore pire que les hommes sur la question. Elles n’aiment pas trop la notion de sexe pour le sexe et ont tendance à vite classer les filles qui pratiquent ce genre de choses dans la catégorie « salope ». Quant à celles qui osent avoir du sexe fantaisiste avec leur mec (genre en pleine lumière) alors là, c’est très simple « tu ne sais pas ce
qu’est l’amour ! Ce n’est pas ça ! ». Ben, moi, j’aime avec des menottes, na.

Des fois, je suis un peu désespérée par cette dichotomie entre sexualité de célibataire et sexualité de couple. On baise ou on fait l’amour mais ce n’est pas juste une question de
vocabulaire ! Avec ton amant, tu as droit de donner libre cours à tes pulsions les plus profondes, à être toi, en somme. Avec ton amour, tu peux exprimer ton amour et ta tendresse mais t’es gentille, tu laisses tes menottes et ton anneau vibrant dans ta boîte à trésors. Mieux, tu la donnes vu que de toute façon, tu ne feras plus l’amour qu’avec ton cher et tendre donc tes menottes, tu ne t’en serviras plus jamais, bien entendu !

Ben, vous voulez que je vous dise ? Je trouve que dans ces conditions, faire l’amour, c’est frustrant. Je ne dis pas qu’à chaque fois, faut jouer les contorsionnistes de l’extrême mais j’ai pas envie d’une sexualité sage parce que tu comprends, on s’aime donc on se respecte donc laisse cet anneau vibrant tranquille. On peut tout à fait s’aimer, se respecter et
jouer à des jeux coquins qui nous excitent tous les deux. Je dirais même que c’est justement ça, le respect, accepter les désirs de l’autre, essayer de réaliser ses fantasmes avec lui (et vice et versa, bien entendu). On aime jouer tous les deux, s’aimer ne doit pas nous empêcher de le faire, bien au contraire. Se révéler tel que nous sommes dans nos pulsions les plus profondes, n’est-ce pas un gage d’amour, un signe d’abandon ? C’est quand même étrange de trouver plus facile de se lâcher dans les bras d’un inconnu que celui de son amoureux.

Peur de gâcher l’image virginale qu’il a de nous ? Mais si cette image est fausse, y a pas comme un problème dès le départ. Franchement, la vie de couple, je ne vois pas ça
comme un immense mensonge. Si j’aime faire l’amour sous les portes cochères, pourquoi je devrais cacher ça alors qu’en plus, y a vraiment pas de quoi rougir, sous prétexte que s’envoyer en l’air sous une porte cochère, c’est pas romantique ? Ah bah d’abord, je peux trouver ça très romantique et d’un (vous n’avez jamais vu le film Fatale ?) et de 2, révélation : être en couple n’interdit pas la jouissance. Hé oui, aujourd’hui, on peut être en couple et « faire l’amour » pour notre plaisir et pas juste pour se reproduire. On peut même adopter des
pratiques qui empêchent toute reproduction… (je laisse à chacun le soin d’imaginer de quoi je parle ici).

Et puis avoir une sainte ET une salope à la maison, c’est un peu un comble de bonheur pour un mec, non ?

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Du sexe avec une célébrité : un fantasme à réaliser ?

L’autre jour, j’ai écrit un article dans lequel je parlais de « Sagamore », en référence à Sagamore Stévenin. Oui, c’est pas parce que j’ai pas de moitié en vrai que je ne peux pas parler amour ou autre. Mon fiancé virtuel, avant, c’était Brad mais comme j’ai eu un vrai copain pas virtuel du tout depuis, le nouveau, c’est Sagamore parce que je fais pas dans le réchauffé. Bref, voyant cela, une lectrice me proposa gentiment de me filer les coordonnées de ce monsieur mais je refuse, ne sachant qu’en faire. Car après tout, autant c’est rigolo de fantasmer
sur une célébrité, autant le concrétiser, non.

Bon, imaginons, imaginons. Nina est seule dans son lit, elle imagine de belles histoires de princes charmants et de princesses. Dans le rôle de la princesse, moi, forcément. Dans le rôle du prince… Bon, comme je n’ai aucun plan M pour le moment, prenons un choupinou célèbre, ça fera l’affaire. Donc au hasard, notre ami Sagamore. Voilà un prince doux, prévenant aux attributs royaux conséquents. Oui, comment vous croyez, vous, que prince et princesse « eurent beaucoup d’enfants », par insémination artificielle ? Bon, bref, vous saisissez
l’idée. Bon, comme j’ai beaucoup d’imagination et que j’ai du mal à m’endormir, j’ai le temps de fantasmer, avec plein de scénarii différents et tout.

Un jour, voilà que je me promène dans la rue. « Lalalalala ». Soudain, qui vois-je ? Sagamore himself ! Bon, cette scène est totalement fictive puisque je pourrais croiser mon père dans la rue que je ne percuterais même pas. Mais bon, on continue ! Donc, je croise M. Sagamore et lui, il me remarque aussi, il me propose de boire un verre. Bon, on discute, blabla, puis il me propose un dernier verre chez lui. Bon, comme j’ai plus 15 ans, j’ai pas la naïveté de croire qu’un mec m’invite à un dernier verre juste pour me parler de la pensée philosophie de Kierkegaard. Donc, toute émoustillée, j’accepte. Oui parce que quitte à être dans la supposition, il est acquis que pour l’occasion, je serai épilée, j’aurai mes plus beaux dessous et j’aurai même pas mes règles.

Bref, lui et moi, moi et lui sur un canapé à quand même boire ce dernier verre et ce qui devait arriver arriva, nous nous embrassâmes passionnément avant de finir en brouette. Bon alors, déjà, vous aurez noté que jusqu’à la brouette, M. a un comportement irréprochable. C’est déjà de l’ordre du fantasme. M. étant un peu connu, il pourrait me croiser dans la rue et faire : « hé poulette, ça te dirait de baiser avec une célébrité ? ». Heu… Ben non, là, j’ai pas le temps, j’ai ma casserole de lait en double file ! Bon et même s’il est gentleman, il pourrait être très mauvais amant ou me sortir un « alors, ça te fait quoi d’avoir couché avec une star ?» à peine a-t-il fini de jouir. Heu… Ah, il faut que j’y aille, mon
chat a l’appendicite, là. Bref, entre la réalité, pas toujours glamour, et le fantasme, toujours délicatement sensuel, il peut y avoir une sacrée différence. Non parce qu’on sait jamais, Sagamore, il peut être goujat, SM hard, podophile (non, y a pas de fautes, c’est un amateur des pieds !), petite bistouquette, bande mou, éjaculateur précoce…

Bref le mythe serait brisé. Tu vas me dire, et alors ? Au moins, le fantasme sera réalisé. Ouais mais finalement, j’aurais préféré que ça reste un fantasme car même si la liste de mes fantasmes sur des célébrités sont longues, ça fait chier quoi. En plus, j’ai rien d’une midinette et côté « fan qui couche avec sa star » (à dire avec une voix de pétasse), ça me fait pas triper, il faut être honnête. Déjà quand j’ai reçu le mail de la demoiselle, je me suis demandée ce que je pourrais en faire. Fureter dans son quartier en espérant le croiser ? Je le fais plus depuis mes 16 ans. Et puis j’ai pas le temps. Et puis avec le bol que j’ai, il habitera forcément à l’autre bout de Paris. L’appeler alors ? Ah, j’imagine ça d’ici :

« Allo Sagamore ?
Heu… Oui, c’est qui ?

Je m’appelle Nina et j’ai 26 ans et je te trouve trop trop beau.

Merci. Et ?
Ca te dirait qu’on aille boire un verre un de ses 4 ?

Ah…euh…Je peux pas, je dois m’épiler les genoux. Et puis je suis marié et en plus, je suis podophile. »

Toutes mes répliques sont à dire avec ma voix de pétasse option suraiguë hystérique. Bref, ça pourrait être très rigolo mais la dernière fois que j’ai appelé un mec pour lui déclarer ma flamme (j’avais 16 ans), je me suis pris un vent donc curieusement, la drague téléphonique, je le sens plus trop.

Et puis d’abord, si mon destin est de me taper un jour Sagamore, c’est que nous nous serons trouvés par hasard et pas parce que j’ai joué ma fan hystérique et collante parce que, ça, curieusement, je sens que ça lui plaira pas.

Nous fantasmons tous sur des célébrités, c’est normal. Mais je suis pas la seule à trouver Sagamore (ou Brad ou d’autres) choupinou donc c’est plus marrant de se faire ses films que de tenter quoi que ce soit. Parce que Sagamore, il doit en avoir marre des nanas qui le désirent corps et âme, qui lui écrivent de longues lettres avec des cœurs sur les i et puis tout ça.


Non, c’est définitif : Sagamore, si tu me veux, c’est à toi de te bouger !

 

PS : Sagamore, si tu me lis, sache que je ne pense pas que tu sois équipé petite bistouquette impuissante. Sache cependant aussi que je suis comme St Thomas, je ne crois que
ce que je vois…

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