La dystopie version glamour ?

J’ai un problème d’addiction… aux livres. Aller dans une librairie est toujours un grave danger pour mes finances, je ne me contrôle pas, je dépense, dépense, dépense. Et je furète, beaucoup. Le week-end dernier, je erre donc dans les rayons d’un Cultura et je découvre un rayon dystopie. Extatique, je m’y précipite et que vois-je ? Ils ont confondu avec les Harlequin ou quoi ? Non, bienvenue dans la dystopie version glamour.

dystopie version glamour

Réflexe n°1 : non mais vous êtes sérieux ? La dystopie, c’est un sujet grave, politique, l’auteur dénonce les dérives de notre monde actuel en grossissant les traits les plus préoccupants pour en faire les règles générales d’un monde où il ne fait plus bon vivre. C’est 1984, c’est Farenheit 451, c’est Le meilleur des mondes, c’est Barjavel, Metropolis ou Terminator ou Mad Max. C’est censé délivrer un avertissement, nous faire réfléchir… Pas faire soupirer les jeunes adolescentes en fleur le soir dans leur lit.

adolescente amoureuse

Mais j’ai un peu poussé la réflexion. Je n’ai pas vu Hunger Games et j’ai juste vu les deux premiers épisodes de Divergente, dystopie que je trouve assez navrante dans son traitement alors que je trouvais le principe de départ de leur société très intéressant mais je n’ai pas lu les bouquins donc bon… Je ne les ai pas tous vus, donc, mais je sais néanmoins une chose : les deux héroïnes sont ultra badass. Elles sont puissantes, sans peur, elles se battent et provoquent une révolution. Alors oui, ok, elles tombent amoureuses maiiiiiiiiiiis elles ne deviennent plus dès lors le simple love interest du héros principal, elle garde leur force et leur indépendance. Et je pourrais même rajouter que dans Divergente, on est clairement dans un univers de femme puisque le leader de ce monde là est clairement une leadeuse en la personne de Kate Winslet.

Kate Winslet dans Divergente

Et du coup, je nuance mon jugement. Parce que ouais, ces couvertures me font mal aux yeux et je ne parviens pas à y projeter quoi que ce soit de dystopique mais si ça peut apprendre aux jeunes filles à pas se laisser faire et se battre pour leurs idéaux plutôt que de s’aplatir devant un pervers narcissique qui prend un plaisir pervers à les piétiner “mais c’est pas sa faute, il a eu une enfance difficile” (oui ok mais rappel : t’es pas sa psy. Barre-toi de là). Si on peut les soustraire du traditionnel “rabaisse-toi parce que l’amour fait souffrir”, je ne peux finalement qu’applaudir la démarche.

Katniss dans Hunger Games

Et j’ai donc décidé de me lancer dans la lecture de l’un d’entre eux (mais j’ai pas choisi lequel). Je prends toutes les suggestions.

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Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee

Je me suis demandée s’il était pertinent de présenter sur ces modestes pages un classique de la littérature américaine mais vu que dans mon entourage, personne ne connaissait et que *spoil* c’est mon coup de coeur de l’été, voici donc “Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur” d’Harper Lee.

Couverture du livre "ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee

Si vous lisez tous les articles de ce blog (ohé, ça va,  y en a moins qu’avant et ils sont plus courts qu’à la grande époque), vous aurez noté que je lis assez régulièrement Society, magazine dans lequel je trouve un peu de tout dont un article sur Harper Lee, écrivaine one shot amie de Truman Capote et, apparemment, génie littéraire. Comme j’aime juger par moi-même et que je trouve le livre comme de par hasard chez Cultura quelques jours après avoir lu l’article, j’y vois un signe et hop, dans ma besace.

Harper Lee lors de sa remise de la médaille d'honneur

C’était trop une mamie Malice, je suis sûre

L’histoire : on suit la jeune Scout, 6 ans, qui vit une enfance plutôt heureuse et insouciante à Maycomb, Alabama, avec son frère Jem et son père, Atticus. Un été, les deux enfants se lient d’amitié avec Dill et font les 400 coups, se créant notamment un scénario sur leur mystérieux voisin, Boo. Bref, ça sent bon le cookie maison trempé dans le verre de lait.

des cookies et un verre de lait

L’enfance va, doucement. Nos jeunes héros sont parfois un peu turbulents, leur père bienveillant jusqu’au basculement. Un jour, Scout se bat à la récréation avec un petit garçon qui lui dit que son père “est l’ami des négros”. Même si elle ne comprend pas ce que ça veut dire, elle se fâche et le frappe. Son père la gronde et on apprend qu’Atticus a été commis pour défendre un jeune Noir accusé de viol. A partir de là, on va assister à la violence raciste ordinaire, le village de Maycomb dans tous ses états puis le procès, le tout raconté par Scout.

Gregory Peck est Atticus dans le film tiré du roman "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee

Et ce livre est une pépite. D’abord pour le portrait de cette Amérique blanche et raciste mais surtout pour la finesse d’écriture. Il y a souvent un énorme problème d’écriture sur les enfants à savoir qu’on sent que ce sont des adultes qui écrivent sur des comportements qu’ils pensent que des enfants pourraient avoir. Ca m’avait particulièrement fait grincer des dents dans les romans de Camilla Lackberg où la fille d’Erica et Patrick marche et parle normalement dès son premier anniversaire. Alors je veux bien admettre que niveau puériculture, je suis pas la reine mais si je me base sur mes petits amours de neveux et nièces ainsi que des enfants qui m’entourent, à un an, la notion de cadeau leur est très étrangère et leur vocabulaire se limite à peu près à “maman” et “papa” et éventuellement “bibi” (mon neveu disait Tata mais je crois que c’était un hasard surtout que moi, c’est tatiiiiiiie). Et si mes deux monstrous marchaient bien à leur premier anniversaire, ça restait un peu hésitant (quoi que Pivoine moins mais elle est carrément plus téméraire que son frère et… ciel, que j’ai violemment rippé dans du hors sujet, là). Vous voyez de quoi je parle ? Ces films, séries ou romans où un gamin de 6 ans va te faire preuve d’une maturité qu’un adulte normalement constitué pourrait lui envier, avec un sens du bien et du mal et celui de l’abnégation et du sacrifice incroyablement développés.

Extrait du film ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee

Et bien Harper Lee, elle tombe pas dans ce piège là. Je me suis sincèrement attachée à Scout pendant la lecture qui est juste une petite fille de 6 ans qui essaie de comprendre le monde qui l’entoure avec les difficultés que ça représente pour une enfant de 6 ans qui ne comprend pas trop pourquoi les gens n’aiment pas les Noirs et qui s’en fiche un peu car elle est plus intéressée par ses histoires d’enfant. C’est doux-amer, c’est brillant, c’est le livre qui m’a le plus marqué ces derniers temps et que vous devez lire si ce n’est déjà fait.

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Alors, dois-je parler de grands classiques de la littérature sur ces pages ? Quand c’est un tel coup de coeur, c’est oui, trois fois oui. On ne sait jamais, vous êtes peut-être, comme moi, passé à côté de ce petit bijou.

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Le complot Romanov de Steve Berry

Cet été, j’ai débuté la lecture d’Ulysse de James Joyce. Je l’ai quasi fini là et je vous en parlerai plus tard mais, en pleine souffrance (car oui, j’ai souffert), j’ai eu besoin d’une pause, d’une bulle d’oxygène. Puisque je partais m’amuser en Corse, il me fallait de la littérature plus légère. Je vais donc me promener avec ma maman dans les allées de Cultura et tombe sur un polar intitulé “Le complot Romanov”. Un thriller qui se passe en Russie avec des tsars dedans, chouette.

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Je vous fais l’histoire en gros : la Russie se dit que finalement, la démocratie parlementaire, c’est pas super leur truc et que Poutine, ça suffit. Donc ils vont rétablir les tsars plutôt et font quelques recherches pour trouver un vague cousin qui a survécu au massacre. Les Américains viennent y foutre leur nez et créent une commission pour surveiller que tout est réglo (ils sont bien urbains). Dans cette commission, Miles Lord, un Noir. C’est important pour la suite. Donc Miles fait ses petites recherches pour vérifier et tombe sur des lettres d’Alexandra qui parle d’une prophétie de Raspoutine qui a annoncé leur massacre. On a d’ailleurs droit à quelques scènes poignantes d’une Alexandra au bord de l’hystérie car son petit Alexis souffre d’hémophilie mais ça va, Raspoutine arrive toujours à le soigner. Sauf qu’en lisant les correspondances d’Alexandra, je ne sais plus comment, mais il flaire qu’il y a un truc louche et commence à chercher car il se pourrait que… toute la famille impériale ne soit pas morte. Et oui, nous revoici avec la fameuse légende “on n’a jamais retrouvés les corps d’Anastasia et d’Alexis”, ils en ont réchappé.

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Du coup, Miles devient un peu gênant et des méchants qui ont l’air justement très méchants (ça tombe bien) commencent à vouloir le buter mais Miles, il s’en sort à chaque fois. Un coup, c’est son collègue qui se fait buter à sa place et un autre coup, attention, accrochez-vous à vos slips : il se baisse au moment où le méchant tire et échappe ainsi à la balle. Il-se-baisse-et-évite-de-mourir. A partir de là, on sent le bon gros navet bien juteux. Enfin, on s’en doutait déjà bien mais là… Non parce que Miles est quand même un énorme abruti : quand il comprend eeeeeeeeenfin que c’est lui qu’on veut buter et pas le reste de la planète évoluant autour de lui, il se dit qu’il va appeler son chef, la seule personne qui sait où il se trouve. Et à peine a-t-il indiqué sa position que les vilains patibulaires débarquent. Mais il percute rien et continue de dire “oh mais mon chef est un homme de confiance, appelons-le pour lui dire où nous sommes !” Oui, nous parce qu’évidemment, il va rencontrer une jeune femme, Ekaterina, artiste de cirque. Il la croise dans un train alors qu’il est poursuivi par les méchants patibulaires et hop, elle décide de l’aider parce qu’il est différent (sous entendu Noir) et qu’elle le croit sur parole (je pense qu’elle a surtout entendu la légende urbaine autour des hommes de couleur, mmm). Les voilà donc partis tous deux à la recherche des héritiers Romanov.
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Donc là, on en est déjà à la page 300, Miles a échappé déjà trois fois aux tueurs alors qu’ils tuent tout le monde à côté. Comme une envie d’aller un peu se taper la tête contre les murs mais poursuivons. Miles et Ekaterina obtiennent une énigme pour remonter la piste de nos héritiers. Un peu comme Dan Brown, oui, mais en version “Mickey Magazine” en fait. Bref, Ekaterina et Miles poursuivent les héritiers Romanov, poursuivis eux-mêmes par les méchants patibulaires qui tuent tout le monde mais se foirent toujours sur nos deux héros grâce à des rebondissement aux ficelles plus grosses que des poteaux. Y a des moments, je lève tellement les yeux au ciel que je suis sûre que mes globes oculaires font des loopings.
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Je vous raconterai pas la fin (même si, rassurez-vous, elle est solidement cousue de fil blanc, je suppose que vous l’avez déjà devinée). Il paraît que Steve Berry est un bon auteur de polar, on dira que je suis mal tombée. Peut-être. Mais je passerai sans doute mon chemin la prochaine fois que je verrai son nom. Pourtant, franchement, jouer sur la légende des derniers tsars de Russie, moi, ça me vendait du rêve. Peut-être est-ce précisément ça le hic. Y a des légendes laquelle faut être à la hauteur pour s’y attaquer… Pour le coup, Steve Berry a loupé son coup comme la balle a loupé Miles car il s’était baissé…
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Ca me donnerait presque envie de relire du Dan Brown dis donc ! Pour dire.

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