Remplacer le besoin par l’envie

Est-ce le mauvais temps ? Cette pluie incessante qui nous rince depuis des mois et des mois, ne nous offrant que quelques jours de répit ? Toujours est-il que je ressens comme une tension, une grande envie de rupture entre les salariés et les entreprises. Entre les sphères dirigeantes et les sphères salariales, ça passe plus très bien. Je vous propose donc une petite trilogie d’article sur le sujet, histoire de.

Quand on était petit, on nous demandait toujours quel métier on avait envie de faire plus tard. Moi, selon les jours, je répondais écrivain, architecte, archéologue, prof, coiffeuse ou assistante sociale (mais je savais pas trop ce que ça voulait dire). J’ai même caressé l’idée pendant une dizaine de jours de devenir opticienne parce que les illusions d’optique, c’est ultra cool… Bref, petits, si on nous présente le travail comme un passage obligé (je n’ai jamais entendu un enfant répondre « rien, je veux pas travailler), il était associé à une envie.

25 ans plus tard, je fais un métier qui n’existait pas à l’époque où on me posait ce type de questions et je me rends compte que les enfants qui répondaient hier avec enthousiasme sont complètement blasés. Écoutez vos collègues, vos amis, lisez les forums ou les blogs. Écoutez la longue litanie des soupirs, des « j’en ai marre de ce taf/de cette boîte », « j’ai pas envie d’aller bosser » qui ne tiennent pas du caprice mais bien d’une lassitude. Entendez ceux qui n’en peuvent plus, prêts à démissionner sans avoir de nouveau contrat derrière, les « s’ils me refusent les vacances, je démissionne ! ». On ne travaille plus par envie mais par besoin, pour gagner sa croûte. Faites ce simple test « si tu gagnes au loto, tu t’arrêtes de bosser ? ». Qui vous répondra non sans nuance ? La nuance étant « non mais je vais monter ma boîte » ou « je vais bosser dans une ONG ».

Oh évidemment, ça n’a rien de neuf, mais j’ai la sensation qu’avec la crise, c’est pire qu’avant. Ça m’agresse. Non parce qu’en tant qu’empathique, les manques d’élans me contaminent. Partout, l’envie a trépassé. A-t-elle seulement existé ? Les joyeux salariés ne sont-ils pas une utopie ? Un mensonge institutionnalisé pour qu’on fasse la roue à la signature de notre premier CDI, qu’on accepte sans broncher de passer 10h de notre journée à trimer ? Et encore, moi, ça va, j’ai le cul posé sur une chaise toute la journée, seuls les yeux ont morflé pour le moment. Quelqu’un croit-il encore à cette mascarade ? Les salariés sourient-ils en dehors des soirées corporate abondamment arrosées, séminaires et photos institutionnelles ? Les RH sont-ils réellement convaincus de nous donner les clés du paradis quand ils nous offrent un contrat ? La seule façon d’être heureux au boulot est-il de créer sa propre boîte ou d’abandonner la moindre ambition, d’exécuter mécaniquement ses tâches en pensant avec envie à nos activités annexes ?

En attendant, salariés et patrons se livrent une guerre insidieuse, multipliant fourberies et coups bas. Parce que oui, autant le dire, y’a des coupables dans les deux camps. Je vous parlerai de ça jeudi et vendredi (parce que mercredi, c’est encore et toujours mariage).

PS : cette trilogie est une facétie de ma part : je la publie pile pour ma dernière semaine de vacances ! Oui, j’aime prendre mes vacances pendant que vous retournez au boulot, tout déprimés.

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Demain, le grand exil (mais bien sûr)

(version audio en fin d’article)

Aujourd’hui, il faut aller voter, c’est important. Vous savez pour qui je voterai donc je vais pas vous faire de prosélytisme. Déjà, je n’ai pas la prétention de changer vos votes, restons modestes bordel. Donc, moi, je ne dirai qu’une chose : votez. Ségo, Sarko ou blanc si le cœur vous en dit mais votez. C’était le petit message citoyen de Nina.

paris_hilton-vote

Revenons un peu sur la campagne. Cette année encore, nous avons eu droit à propagande et coup bas, Internet ayant bien aidé à la propagation de blagounettes ridicules ou pas, de rumeurs débiles, d’argumentaires discutables… Le week-end dernier, je me suis énervée devant la vidéo présentant un Sarko en héros sauvant un enfant de l’école maternelle de Neuilly. Musique à la film de Bruce Willis qui sauve le monde, témoignages, tout ça. Bon, les pompiers et les flics qui étaient là, eux, ils ne faisaient que de la figuration, c’est Nico qu’a tout fait. Bref, j’ai trouvé cette vidéo nauséabonde, beaucoup trop Georges-W-Bushesque à mon goût. Je n’ai pas aimé certains propos de M. Sarkozy pendant la campagne et même avant, surtout l’histoire des gênes mais
passons. Ce qu’a dit Ségo ne m’a pas toujours plu non plus.

Ce qui m’amuse le plus dans ces élections, ce sont tous les gens qui annoncent le plus sérieusement du monde « Si tel(le) candidat(e) passe, je quitte la France ». Au moins ! D’ailleurs, si j’écoute bien, demain, quoi qu’il arrive, une bonne partie de nos citoyens quitteront l’hexagone car l’infâme est au pouvoir. Le Diable ou la Succube, au choix. Là, je lève les yeux au ciel et je soupire très fort. Non mais vous allez vous calmer oui ? Ceci étant, ça a inspiré une chronique très drôle à mon idole journalistique François Reynaerts dans l’Obs de cette
semaine donc c’est pas tout à fait inutile. Mais hormis ça, ce psychodrame de l’exil me saoule un peu, pour être honnête. Non parce que moi, qu’est-ce que je vois ? Deux candidats issus des deux plus grandes formations démocrates de France, l’un d’entre eux accèdera au pouvoir de façon démocratique aussi demain. Un coup d’Etat perpétré par au moins la moitié des citoyens français, waouh !

Bien sûr, rien de bien neuf sous le soleil, chaque fois, c’est pareil. Pourtant, quand Mitterrand a été élu en 1981, les chars soviétiques ne sont pas entrés dans Paris, comme quoi… Les délires politiques, y a des jours où ça me fatigue, surtout que la plupart des gens vous disent « non mais moi, je sais, j’ai bien écouté son programme et tout ça ». Mais bien sûr, et la marmotte… Je me souviens en 2002, ça a été du grand n’importe quoi, du genre « merde, mon arrière grand-père est porturgais, si Le Pen passe, je vais me faire expulser ». Politique, ton univers impitoyaaaaable-euh ! Non mais ça va, on vit pas dans un film, non plus. Je trouve grave qu’on traite Sarkozy de fasciste voire pire, quand on sait ce qu’est réellement le fascisme. Je trouve grave qu’on dise que Ségolène est stupide. Je vous rappelle juste qu’elle a fait l’ENA, je pense pas qu’il y en ait un ici qui soit capable d’en dire autant. Elle ne savait pas combien il
y avait de sous-marins nucléaires. Moi non plus et pour être complètement honnête, je pense qu’il y a des dossiers plus importants à gérer. Quand je lis les sobriquets genre « le nain » ou « la bécassine », je trouve ça minable, tout simplement, quel que soit le camp auquel on appartient.

Enfin, vous êtes à ce point incultes que vous êtes pas foutus de faire de vrais débats sur le fond des programmes et sur les visions de la société que nous présentent ces candidats ? Votre seul argument, c’est « c’est un facho » ou « elle est bête » ? Et ben, moi, quand j’entends ça, c’est vrai que j’ai vraiment peur pour l’avenir du pays, voter en fonction d’une image que des petites propagandes bien orchestrées vous ont mise en tête, oui, ça fout la trouille. Merde, soyez intelligents un peu et réfléchissez avant de raconter n’importe quoi. Sarkozy ne s’octroiera pas les pleins pouvoirs s’il est élu (constitutionnellement impossible, déjà), Ségolène n’est pas une ravissante idiote hystérique. Je vais vous dire en toute honnêteté : quel que soit le gagnant
ce soir, je sais que ma vie n’en sera pas complètement changée. On partira vers la droite ou vers la gauche certes mais dans 5 ans, la France sera toujours une démocratie et on n’aura enregistré que quelques lois supplémentaires.

Voilà, maintenant que j’ai dédramatisé, votez. Et faites vos valises, des fois que !

PS : Je sais que l’image n’a aucun rapport avec l’article mais elle me fait plaisir.

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Le collectif « toutes des salopes »

On m’a fait remarqué récemment que ce blog taillait des costard aux hommes, tout le temps et c’est dur pour nos amis pénissalement équipés. Alors, messieurs, cet
article vous est dédié, fondons ensemble le collectif toutes tes salopes.
 

Alors voilà, vous avez pris un mur avec une personne vaginalement équipée, vous avez le nez en sang, vous crachez vos dents et votre cœur ressemble à du steack
haché, vous l’avez donc mauvaise. Là, vous appelez vos potes et vous déclenchez le programme toutes des salopes, c’est-à-dire que tout le monde crie en cœur cette petite litanie.
Exemples :

« Elle m’a quittée
– Toutes des salopes !
– Elle m’a trompée avec Jacques-Hortense
– Toutes des salopes
– Ahahahah, je lui ai pété la rondelle
– Ahahahah, toutes des salopes ! »
 

Ah non, le dernier exemple ne rentre pas dans notre collectif, pardon. Il est cependant intéressant de remarquer qu’une fille, dès qu’elle n’est pas bien, on remet en cause sa vertu en la traitant de salope alors qu’une fille peut être garce sans coucher avec la terre entière (ni être sodomite). Une fille peut même être garce en étant vierge, j’en eus connu ! D’ailleurs, l’autre jour, je réfléchissais à ce collectif et j’étais emmerdée : moi, j’ai jamais été salope/garce, comment illustrer mon article ? Puis il m’est revenu une anecdote qui remonte à l’époque où j’étais vierge. Ca prouve bien qu’on peut être salope et pucelle. Bon, bref, je vous raconte l’anecdote.

 

C’était en septembre 96, jour de la rentrée des classes, je rentrais donc en 1ère L dans mon petit lycée privé de Saillie-sur-Ginette, ma ville natale. Je me baladais en ville (mais qu’est-ce que je foutais là, je m’en souviens plus) quand je croise un mec que je connaissais de vue puisqu’il m’avait plusieurs fois fait des compliments sur mes yeux. Oui, tu ne le sais pas lecteur mais j’ai de très beaux yeux, bleus comme le ciel azuré ou un truc du genre, on pourrait s’y noyer dedans… Bon, en fait, je dis ça pour gagner des points dans ton échelle de valeur car je vais prouver dans deux secondes que j’ai pu être garce, aussi. Donc il m’aborde et me demande mon prénom. « Nina. » Merde, j’ai oublié de donner un faux prénom ! Oui parce que je le fais, ça, des fois… Bref, il commence à me baratiner, à me dire que chuis trop belle et si on pouvait aller boire un verre. Mais je peux pas mon cher, j’ai cours dans peu de temps. Du coup, il me demande à quelle heure je finis les cours pour venir m’attendre à la sortie du lycée, je lui donne une heure. Sauf que je suis sortie avant et que je me suis barrée. C’est ce qu’on appelle un lapin, non ?

J’ai refait le coup du lapin l’année suivante à un autre mec. J’étais à la terrasse d’un café avec Johanne la nymphomane quand un mec nous aborde, elle l’invite,
ravie, à s’asseoir à notre table (fais chier, j’aime pas ça). Le mec s’asseoit, on discute, il s’appelle Nino, moi Nina, comme c’est rigolo (tu parles !). Et là, je remarque que le monsieur me dévisage d’un air bovin, limite la bave au coin de la bouche et c’est reparti pour un « comme t’es trop belle, tu veux pas sortir avec moi ? » Heu… Il file son numéro à Johanne, j’avais pas de papier. « Tu me rappelles, hein ? » « Oui, oui… ». Bon, je l’ai jamais fait. Quelques temps plus tard, je le recroise dans la rue, re-regard bovin. « Dis, faut qu’on parle ! » « Je peux pas, là, j’ai cours ! », ce qui était vrai mais l’éclat de rire de mes copines, ça a pas aidé…Mais bon, c’est pas ma faute s’il
était relou, qu’il arrêtait pas de répéter qu’il se trouvait beau (comme quoi, on a pas tous les mêmes goûts) et que ma mère s’est étranglée quand elle a vu que je parlais à ce mec qu’elle avait trouvé un jour errer dans notre ancien immeuble alors qu’il n’avait rien à y faire. Mais bon, rassure-toi, lecteur, vu son rendement en matière de drague, il m’a très vite oubliée.

Sinon, il m’arrive de me moquer de mes prétendants, mais que quand ils le font exprès. Du genre : « t’es célibataire en ce moment ? Non ? T’as pas une copine à me présenter alors ? ». Bon alors j’ai peut-être un ego mal placé mais ils méritent pas que je me montre très clémente avec eux donc je leur casse le coup auprès de
toutes mes copines genre « y a un moche relou qui cherche une copine, intéressée ? Nan ? Ca m’étonne pas ! »

 

Bon, moi, je suis une petite joueuse niveau garce comparée à certaines. Mon côté St Bernard fait que ça m’émeut toujours les mecs tombés sur des égocentriques sans
cœur qui les ont trompés et/ou largués comme une sale paire de chaussette odorante et trouée. Il y aussi les allumeuses, les accros de l’affect qui draguent un mec mais dès que la passion retombe, ben ciao ! Tu m’aimes ? Ah mais moi non et puis Paolo, mon nouveau collègue, il est trop choupi et il m’a invitée à prendre un verre alors tu comprends…Ou les allumeuses vrai de vrai qui draguent un mec et le jettent avant consommation et vont se foutre de sa gueule avec leurs copines. Bref, on m’en a conté des vertes et des pas mûres qui m’ont limite filé la honte d’être une femme. Et je suis sûre, lecteur, que tu en as connu aussi, des garces finies qui ont dansé la lambada sur les miettes de ton cœur.

 

A y regarder de près, dans la guerre des sexes (beurk, j’aime pas cette idée), il n’y a pas un camp plus clean que l’autre, les coups bas sont universels… Un partout, balle au centre.

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