Pourquoi la drague de rue fait chier

Et que vous seriez fort aimables d’arrêter de nous faire subir ça, bordel à queue. J’en ai déjà parlé sur mon blog quelques fois par le passé mais c’était y a longtemps et j’aime à me répéter parfois car comme disait une ancienne collègue commerciale “répéter, c’est convaincre”. Donc on note : la drague de rue, c’est chiant. Et non, ça ne fait pas plaisir, désolée de vous l’apprendre.

Drague de rue

En 37 ans d’existence donc 25 avec des seins, j’ai réalisé un truc, mmmm, intéressant. Je ne me fais draguer que quand je dégage une certaine vulnérabilité. C’est quand je suis en jogging, quand je suis rêveuse et que j’ai baissé mes défenses. Et du coup, maintenant, quand un mec m’adresse la parole pour me draguer, je flippe “merde, j’ai l’air vulnérable”. Alors ouverture des épaules, technique de sophrologie du tigre et on repart. Car la drague de rue se caractérise par son manque de sincérité neuf fois sur dix.

Un homme importune une femme dans la rue pour la draguer

Reprenons. Je suis dans la rue et un mec vient m’aborder. Que sait-il de moi ? Je suis dans cette rue à ce moment donné et à priori, il doit me trouver un peu jolie (ou cherche juste à me rappeler à qui appartient la rue). Point. Et je trouve ça insultant autant pour moi que pour lui. Moi parce que manifestement, l’emballage est suffisant, on s’en fout du reste. Lui parce qu’il ne s’intéresse qu’à l’emballage. Si j’inverse les rôles, pourquoi j’irais draguer un inconnu. Il y a cet homme, bien joli, avec sa petite barbe, ses lunettes, son joli nez, tout ce que j’aime. Mais après ? D’abord, il peut être en couple donc soit il est fidèle et je l’ai juste dérangé pour rien, soit il a une meuf mais j’ai pas forcément prévu d’être sa maîtresse (dans l’hypothèse où il serait réceptif à ma demande). Mais ça, ce n’est qu’une donnée parmi tant d’autres. Peut-être que je vais lui parler à un moment où il est anxieux car il va à un entretien et se le répète dans sa tête. Peut-être est-il en colère. Peut-être est-il en train de tisser une jolie histoire dans sa tête dans laquelle je n’ai rien à faire, peut-être qu’il est triste car il a appris une mauvaise nouvelle… Je ne connais pas son état psychique et peut-être que je vais tomber au pire moment et qu’il n’a juste pas envie de subir ça juste parce qu’il est sorti de chez lui et que je l’ai trouvé fort appétissant. Mais ce n’est pas tout. Peut-être qu’il est raciste et/ou homophobe, peut-être qu’il est violent, peut-être qu’il est macho, peut-être qu’il a des passions dans la vie qui ne me parlent pas du tout, peut-être qu’il adore Hanouna et les anges de la téléréalité, peut-être qu’il écoute Jul en boucle chez lui, peut-être qu’il ne boit pas d’alcool… (c’est pas un défaut ça mais on risque d’avoir un léger souci de compatibilité). Ce que j’aime chez un homme, c’est pas juste sa jolie frimousse et son petit cul frétillant, non. C’est un tout. Alors ce joli garçon, au pire, je le prends en photo mentale et je m’en servirai pour l’un ou l’autre de mes romans. Ou je l’oublierai parce que ce n’est pas très important.

Hernano Fuentes Sense 8 Alfonso Herrera

Ensuite, la drague dans la rue, ça me rappelle ma vulnérabilité, comme je disais. Ça me rappelle ma période de journaliste en plein micro-trottoir. Lors de mon premier micro-trottoir, je me jetais à la tête de tout le monde avec un taux de réussite très bas. Alors j’ai changé mon fusil d’épaule et j’ai pris des gens immobiles : ceux qui attendent, ceux qui rêvent, ceux qui traînent… Bref, ceux qui sont peu attentifs et n’oseront me dire non car ils ne sont pas en action. Une femme l’avait souligné lors de la vidéo indigne de Guillaume Pley en mode PUA “abuser de la confiance des femmes pour les embrasser de force”, vous savez, le “je peux te poser trois questions ?”, cette femme avait relevé que les femmes abordées étaient soient assises soit au distributeur automatique donc pas en position de s’enfuir… donc en position de vulnérabilité.

Draguer dans la rue

Et puis, ça me rappelle assez méchamment que dans la rue, je suis pas dans mon espace, j’en ai déjà parlé. En gros, je pénètre un univers masculin, je suis priée d’être disponible, souriante et polie sinon, j’aurai droit à ma petite insulte.

Des hommes matent une femme qui passe

Mais surtout, le point chiant de la drague de rue, c’est le non. Jean-Michel dragueur décide de m’aborder, je lui indique que je suis pas intéressée (quand j’entends, je suis devenue une ninja du j’entends pas…) mais pas de bol, je suis tombée sur la version lourde qui veut savoir pourquoi je ne veux pas aller boire un café avec lui. T’as déjà un mec ? Pas grave, je suis pas jaloux, mouarfffff ! Tu vas bosser ? Ben donne ton numéro, je t’appelle et on se voit après ! Je vous jure, c’est insupportable. Parce que le coup du petit copain, ça m’est arrivé de le sortir en période de célibat par politesse. Parce que oui, j’ai pas forcément envie de dire cash au mec que sa gueule me revient pas et que j’ai pas envie de prolonger cette conversation, merci, au revoir. C’est quand même pas dur à piger, il me semble. “Oui mais si le mec était beau, tu dirais pas ça…”. Non, un mec qui me colle et me saoule, je vois pas trop comment je pourrais le trouver autrement que flippant, en fait…

Krysten Ritter - Jessica Jones

Bref, vous trouvez une femme bien mignonne dans la rue et vous pensez que c’est la mère de vos futurs enfants ? C’est votre droit. Elle vous envoie quelques regards invitant à la conversation ? Vous pouvez lui répondre. Sinon, foutez-nous la paix. Parce que si vous avez le droit de nous trouver jolie, nous avons le droit de ne pas être intéressées et de ne pas prendre d’insultes pour ça ou de devoir se justifier pendant dix bonnes minutes alors qu’on a franchement autre chose à faire. Même si on n’a rien à faire, d’ailleurs, ce sera quoi qu’il en soit plus sympa que de commencer à flipper parce qu’un mec nous colle et qu’on ne sait pas s’il va pas finir par nous agresser parce qu’on n’a pas envie de lui.

Femme agressée dans la rue

Et pour les chouineurs qui comprennent pas la différence entre jeu de séduction et harcèlement, le projet crocodile vous expliquera ça très bien, hop !

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On se retrouve à l’autre bout du monde ?

Sous titre : brunch à Brooklyn. Paris – quelques jours avant mon départ à New York.

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Entre deux dossiers, j’erre sur Facebook à balayer du regard les derniers updates quand je vois Yohann poster un statut interpellant sa belle-mère. Yohann ? Ah oui, pardon, remettons en contexte. Yohann est le meilleur ami de ma soeur, il a vécu quelques temps chez mes parents suite à un drame familial et il est un peu ce fils que mes parents n’ont jamais eu. Un fils un peu prodigue, qui se rapproche et s’éloigne mais c’est pas juste un pote, quoi. Yohann, je le connais depuis toujours, magie d’une petite école privée de province où on rentre en petite maternelle et on ressort avec le bac. Début 2013, Yohann et son épouse Blanche s’envolaient donc pour un tour du monde de 2 ans, retour prévu en cette fin d’année, sans doute pour Noël.

noel

Je lis donc distraitement les commentaires liés au statut quand je vois Yohann expliquer à sa belle mère qu’il materait le match France Irlande de New York. Mais… vérification sur Google : on sera à New York EN MEME TEMPS. 3 messages Facebook plus tard, rendez-vous est pris le dimanche à Brooklyn pour un brunch. Le truc légèrement improbable. Et mon Dieu, je n’aime rien de plus dans la vie que ce genre d’histoires.

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Le dimanche, après une charmante balade sur le pont de Brooklyn sous un soleil radieux (et donc une foule compacte), nous voici, Zeno et moi, à se balader tranquillement à Brooklyn Heights. Je lui explique la situation et conclue par “je suis sûre qu’elle est enceinte, ils ont arrêté leurs périples y a quelques temps pour s’installer au Québec et ça fait un moment qu’ils n’ont pas posté de photos!”. L’heure des retrouvailles est arrivée, la très mince Blanche m’embrasse. Ah non, pas enceinte. On se raconte nos vies, j’annonce à Yohann que j’ai trouvé un super compagnon (ah oui, Yohann a toujours été fasciné par mon célibat mais avait toujours clamé “Nina, le jour où elle trouve le bon, elle s’installe avec lui en moins de 6 mois!”. On a dépassé les 6 mois mais c’est pas si faux) et là, il me sort “Blanche est enceinte !” “Hiiiiiii, je le savais ! De combien ?” “5 mois et demi !”. Ah… oui, maintenant que tu le dis, je semble remarquer un léger renflement au niveau du ventre. Mais je m’en fiche, j’avais raison.

Brunch à Brooklyn brroklyn-heights pont-brooklyn pont-brooklyn2 pont-brooklyn3

Pour le reste, je vous la fais courte : on a marché 1h30 dans Brooklyn pour rejoindre Williamsburg, censé être à 30 mn à pied max (non, non). Marcher en soi est plutôt une activité agréable mais on est un peu passé dans un no man’s land pas hyper fascinant et il se faisait super soif à l’arrivée. On finit par se poser dans un resto avec brunch et alcool à volonté. Oui pour le brunch, tu pouvais choisir la formule “plat+ un verre” ou “plat+file moi cette carafe de cocktail, ça ira plus vite !”. Je vous rassure, le Mimosa (champagne+orange) contenait bien plus d’orange que de champagne, ça m’a pas grisée du tout.

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Mon avis sur Brooklyn ? Le Pont est magnifique, ça a l’air super cool mais j’ai pas trop vu.

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Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Durant le brunch, nous avons mis un plan au point : le couple rentrait sur Paris 2 semaines plus tard donc il fallait que j’arrive à organiser une visite chez mes parents… à un moment où je n’y étais pas. Voici donc le plan : ils me donnaient une date et je devais demander à ma tante d’appeler ma mère pour dire qu’elle souhaitait passer à la maison voir mes parents, ma soeur et les petits. Ce fut bien la merde vu que les emplois du temps ne coïncidaient pas : ils ne pouvaient passer que pendant l’absence de ma soeur, ma tante ne savait plus quoi dire, le bordeeeeeeeel. Finalement, Anthony, le mari de ma soeur, circulant dans un train avec 2h de retard (j’avais eu 1h30 le week-end précédent sur le même train), elle était finalement bien à la maison… mais pas mes parents arrivés plus tard. Et quelle surprise !

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Quelle double surprise car j’avais bien pris soin de brouiller les cartes. Le week-end précédent, j’étais descendue quelques jours et j’avais glissé quelques éléments les empêchant de penser à une grossesse : j’avais prétendu que Blanche avait bu un Bloody Mary (oui, il était virgin, j’ai oublié un mot) et quand Anthony a supposé que Blanche pouvait être enceinte, je me suis joint à l’avis de mes parents et de ma soeur qui trouvaient ça inenvisageable.

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Du coup, vu que j’ai aidé à organiser la surprise, ça me dispense de trouver des cadeaux de Noël surprenants ?

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Envie ou besoin d’amour

Lors de ma dernière visite chez ma naturopathe, nous avons parlé de mes amours (du moins ce qu’il en reste) et elle m’a posé la question suivante : »vous avez envie ou besoin d’être avec quelqu’un ». Mmm, voilà une belle question qui mérite un article… Et oh tiens, le voilà.

Pour moi, c’est clair : j’en ai envie mais pas besoin. Parce que de l’amour, dans ma vie, j’en ai plein : de ma famille (dont mon petit neveu adoré), de mes amis et même de mon chat. État de mon compte d’amour : positif (alors que mon compte en banque, lui, fait la gueule). Du coup, je ne passe pas mes soirées à me lamenter sur le vide de mon cœur en trempant mes cheveux dans mes Chocapics, non. Mais envie, oui, j’ai.

Après des années de célibat entrecoupées de relations non implicantes ou non conventionnelles, j’ai regoûté aux joies de la vie de couple avec prince-charmant-devenu-crapaud. Même si à l’arrivée, tout n’était que du vent, pendant les 3 mois où j’ai cru ses belles paroles, c’était agréable de traverser la vie à deux, de se dire qu’un voyage en Russie tous les deux cet été serait cool, de penser qu’après une journée de merde, on pourrait retrouver les bras chaleureux de cet autre à qui on a envie de faire une place.


Envie, oui. Construire, tenter l’aventure à deux. Ce n’est pas un besoin, non. J’ai repris ma vie de célibataire très active et certains de ses avantages comme dormir dans un vieux pyjama confortable ou manger n’importe quoi en regardant une connerie à la télé. Ne pas jongler avec son emploi du temps pour dégager du temps pour l’autre. Mais j’ai aussi envie de passer la soirée au lit avec cet autre, à parler de tout et n’importe quoi, se promener main dans la main en récoltant des souvenirs, collectionner les instants magiques.

Envie, oui. Courir la queue m’ennuie désormais, j’ai eu mon compte, j’ai envie de plus. Un CDI amoureux même si y a des jours où on soupire en pensant à sa liberté de célibataire. Envie d’essayer mais sans pression, sans me dire que je DOIS faire de cet autre mon only one.

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Et toi, c’est qui ton mari ?

C’est parti, la campagne pour les primaires socialistes est lancée et nous avons déjà droit à des “drames”, des choses pas très propres. Je pense essentiellement aux rumeurs concernant Martine Aubry et son mari. Ah, je ne savais même pas qu’elle en avait un et pour cause : je m’en fous. Mais manifestement je suis la seule, on aime bavasser sur la vie privée des politiques, quitte à se vautrer dans la diffamation.

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Du coup, Martine se fait un peu tancer par son parti. Martine, montre ton époux, posez tels des amoureux transis au sourire éclatant, prouvez votre bonheur. Oui, j’ai bien utilisé le verbe prouver. On passe donc d’un mutisme total sur sa vie privée à la couverture de Paris Match ou Martine et Jean-Louis posent, niais genre “ouais, on est un couple qui s’aime!”. Oui bah tant mieux pour vous j’ai envie de dire. Mais ça m’agace. 

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Je n’ai pas (encore?) ma carte de militante PS donc pour le moment, je suis ces primaires en tant que spectatrice de la vie politique française, me demandant si je vais m’inscrire ou non pour voter pour ce tour là. Mais si j’étais militante, pour qui voterais-je ? Pour François ? Martine ? Ségolène ? Arnaud ? Ou pour François-Valérie, Martine-Jean-Louis, Arnaud-Audrey, Segolène-c’est pas très clair, elle a dit qu’elle était célibataire ? Malgré tout le respect que je dois aux compagnes et compagnons de, leur existence me laisse dans une abîme d’indifférence. A la limite, si ça peut nous éviter de revivre un cirque à la Carla, je prends mais pour le reste…

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Là, encore, on voit que la vieille France s’accroche. Pourtant, on avance : les principaux candidats ont tous essuyé un divorce ou tout du moins une séparation avec un partenaire de longue durée. Martine, François et Ségolène, Nicolas, Marine, Dominique… Pour ceux qui me viennent en tête. Mais si on accepte les remariages ou nouvelle union officielle, le célibat, déjà, ça coince. Moi qui me “réjouissais” d’avoir un Président célibataire en 2007, ça n’aura pas duré longtemps. Il faut montrer patte blanche, jouer au jeu médiatique, poser avec sa moitié légitime dans un beau jardin, tout sourire, pour dire que oui, on s’aime, elle est belle la vie.

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D’une certaine façon, je comprends que les électeurs aient envie de savoir à qui ils ont affaire. Quoi que tout est relatif. Martine islamiste ? Ahahahah. Martine mariée à un islamiste ? Donc si je comprends la logique, tous les avocats qui ont défendu des tueurs en série le sont eux-mêmes. Ah non, c’est pas comme ça que ça marche ? Quant aux rumeurs sur les attirances sexuelles de Martine, j’en ai déjà parlé. 

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Ce qui me navre, c’est qu’une candidate, qui qu’elle soit, doit justement aller à l’encontre de ses propres préceptes (protéger sa vie privée) pour tenter de remporter une élection. Pour quoi vote-t-on enfin ? Pour le modèle de vie choisi par le candidat ou pour son programme ? Enfin, quand je dis modèle de vie, pour certains, on pourrait dire pour “ceux qui feignent le mieux la petite vie monogame d’un couple sans histoires”. Car en 2007, de mémoire, François et Ségolène continuaient à se tenir la main alors qu’ils ne se supportaient plus dans le privé. Pauvre d’eux.

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Attend-on trop des fêtes ?

Je le disais l’autre jour, je n’aime pas vraiment le mois de décembre mais j’ai de bonnes raisons pour. Sauf que qui dit décembre dit Noël et nouvel an donc ça me console. Pourtant, on peut légitimement se demander : est-ce que je n’attends pas trop de ces fêtes ? Et quand je dis « je », je devrais dire « la plupart d’entre nous ».


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Il y a quelques jours, on m’a confié une dure mission au boulot : trouver sur nos forums des personnes ayant un budget serré ou étant seules à Noël. Si pour les premières, j’ai eu du mal (on était plus dans l’étalage de cadeaux), pour les seconds, j’ai trouvé et ça flingue bien le moral. Jusqu’à lire cette sentence bien vraie : « non mais on attend trop des fêtes ». Ben ouais.

 

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Il existe quelques dates qui nous permettent de mesurer un peu notre intégration à la société. J’en dirais deux : notre anniversaire et les fêtes. Oui, bon, les fêtes, y a deux dates, Noël et Nouvel An. Selon les convenances, ces fêtes ne doivent en aucun cas se passer seul sous peine de passer pour l’asocial de service. De fait, si mon anniversaire ne représente pas forcément grand-chose (je ne le fête pas forcément le jour J) et qu’un Nouvel An seule, j’ai survécu même si c’était dû à une grippe pourrie, Noël, c’est trop « famille » pour moi pour imaginer le passer seule. Chaque année, j’en attends la sérénité que peut m’apporter ma famille, du repos, du calme même si en l’espèce, à bien y réfléchir, ce sont les pires vacances de l’année vu qu’on les passe à courir pour faire les derniers cadeaux. Quoi que cette année, mes vacances étant un peu décalées, j’ai pas eu ce souci là. Donc cette année, les vacances sont, pour l’heure, un véritable havre de repos parce que bordel, je l’ai bien mérité.

 

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Au-delà de mon cas particulier, il faut avouer qu’on met bien la pression sur les fêtes de fin d’années. Avez-vous fait vos cadeaux ? Le repas est-il prêt ? Et votre tenue ? Faut-il inviter les beaux-parents ? Noël, dans sa famille ou dans la vôtre ? Bref, quel que soit l’angle attaqué, hors de question de parler de la solitude pendant les fêtes, ce n’est pas envisageable. De façon générale, les médias ont du mal avec le concept de solitude, de « sans famille ». Noël et le Nouvel An sont des dates festives, tu fais la fête en collectivité et puis c’est tout. Mange des bûches, du foie gras, des huîtres, du saumon… Sois généreux avec ton prochain, oublie les conflits qui t’opposent à ta famille parce qu’à Noël, tout le monde s’aime-euuuh !

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Alors évidemment, avec tout ce matraquage, difficile de ne pas avoir de grosses pressions sur les épaules. Comme à la St Valentin où les célibataires sont stigmatisés mais là, c’est pire. Parce que le célibat, ça concerne plein de monde mais les sans familles, ce n’est pas censé exister, ça se peut pas ! Tu as forcément des parents, des enfants, une belle-famille, des cousins à la rigueur mais être seul, non, ça ne se peut point. Ou alors, t’es vieux, la solitude des vieux, ça passe mieux. Ce qui nous fait tout un tas de gens qui culpabilisent de ne pas inviter tel ou tel membre de la famille que l’on n’apprécie pas du tout, de devoir aller dans la famille du conjoint plutôt que la leur ou imposer au conjoint de ne pas passer les fêtes dans sa famille pour la passer dans la nôtre… Sans parler de la pression des cadeaux. Dis moi ce que tu m’offres, je te dirai qui je suis pour toi.


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Pourtant la question est : quelle importance de rater les fêtes ? Quand j’ai dû passer le réveillon toute seule pour cause de grippe, sur le coup, ça m’a complètement déprimée mais finalement, est-ce que ça a changé quelque chose ? Non. Ce n’est qu’une date, une soirée. Pour le coup, là, ça ne renvoyait pas à ma solitude mais à ma santé précaire. Pourtant, j’ai la sensation que les réveillons se font de plus en plus en petit comité. Mes parents sont ravis de ne rien faire cette année, ma sœur et moi le faisons chacune en petit comité, elle avec son futur mari et ses amis, moi avec quelques amis, sans même mon amoureux mais je n’avais même pas pensé que ça puisse poser problème avant de découvrir la pression des fêtes. On se fera un petit truc tranquille après. Finalement, je la gère pas si mal cette pression de ce point de vue. Mais laissez moi passer Noël hors de ma famille nucléaire et là, je serai sans appel : l’année a été à l’image de ce Noël : pourri. Oui, condamner toute une année pour un jour, c’est excessif mais je suis comme ça, moi.


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Peut-être qu’un jour, on apprendra à dédramatiser, à se détacher de la pression médiatique attachée à ces fêtes. En attendant, cette année, mon Noël fut joyeux même si je crois que mon iPhone, plongé dans l’eau glacée de mes toilettes par inadvertance (ne le rangez jamais dans la poche arrière du jean) est en train de me quitter, je crois. Enfin, tout marche sauf qu’il ne capte par intermittence et encore, la 3g, il connaît plus. Supeeeeeer, je sens que ça va me coûter bonbon cette histoire. Mais à chaque Noël sa petite anecdote fâcheuse, cette année, elle est bien légère, ouf !

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I Wanna be a Blue Cat

Par Lucas

 

Hier, je suis tombé en arrêt dans ma bibiyautek municipale sur un bouquin posé en tête de gondole. Un bouquin qui me fait dire que je suis un précurseur de malade ! Bon OK, j’arrête de me la péter.

Ce bouquin s’appelle Passionnément Singulier. Non, ce n’est pas un hymne au célibat mais un prosélytisme affiché pour l’expansion des esprits extravertis et la propagation de cette Way of Life.

Bon d’accord, je m’excite, désolé. Je reparle français courant… Alors, en fait, c’est simplement un recueil d’interviews, chefs d’entreprises, artistes, personnalités, etc qui sortent un peu du lot par leurs tournures d’esprit. ( je sais : je casse tout…)

Mais justement ! Ce qui surnage dans ce bouquin, c’est que les interviews mettent en avant des gens qui ont un caractère et qui l’assument sans le déguiser.

Si une maison d’édition (Denoël) a accepté de publier ce recueil, c’est que le directeur de la publication s’est rendu compte de la décrépitude intellectuelle dans laquelle on vit. Comme si il y avait une prise de conscience qu’on était entré dans une période terne et insignifiante, un espace-temps ou personne ne sort du lot et n’ose s’engager… Les prémices de cette situation, on les a eu avec l’arrivée de Sarko aux pouvoirs (ministre puis prez). Sarko qui paraissait un peu plus funky que les énarques et qui a fait une campagne à fond sur son image « novatrice », sur son discours typé « phrases simples et affirmatives sans tourner autour du pot ». Bref, la forme mais rien sur le fonds…De toute façon, quand je vois l’inanité et le silence du PS depuis l’arrivée de Nicolas au pouvoir, je me dis que c’est vraiment l’époque : personne ne propose de solutions en phase avec les contingences de notre temps… La sinistrose domine et c’est un brin déplaisant pour peu qu’on soit un garçon au naturel enjoué et joueur…

Bon je reviens à mon sujet ??
Singulier ça veut dire particulier, bizarre, curieux, voir même rare.

Autant de mots qui montrent bien le coté incongru des gens singuliers au sein d’une société ou le mot d’ordre est l’uniformité, terne et sempiternelle. Or, ces esprits libres oublient les idées reçues, les lieux communs, les banalités… Quel soulagement ! Il est donc des gens, des Blue Cats,  qui sortent des sentiers battus, qui prennent des chemins de traverses et qui ont leur propre trajectoire : chacun sa route, chacun son chemin, passe le message à ton voisin…

Bien sûr, je pourrais évoquer tous les gens interviewés dans ce bouquin pour vous faire toucher du doigt cet esprit et je serais super lourd. Non pardon c’est une certitude, j’enlève le « s » : je serai super lourd…

En fait je voudrais seulement rappeler à votre mémoire deux personnalités féminines. Si vous avez leur numéro, n’hésitez pas à me le transmettre (prestance at gmail point com). Je serais ravi de les inviter à diner. Sans pensées lubriques.

La première de ces femmes c’est Marie Lecoq.

Marie  était animatrice radio sur OUI FM et elle est maintenant sur Europe 2. Elle a une voix à tomber par terre mais surtout elle a une douceur, une nonchalance et un charme craquant. Comme elle le dit dans une interview en parlant d’elle-même : « bon alors Marie, il faut que tu fasses de la radio comme tu aurais envie de l’entendre« .
On est loin de Cauet, marketé déconne, ou des animateurs de BFM, carrés et sérieux…
Merci Marie pour ta liberté de ton sans penser au qu’en dira t-on. C’est tellement agréable à l’heure ou les marketteux cherchent à tout modifier pour coller aux attentes des consommateurs…
T’écouter est un apaisement, un moyen de sourire, un envol…  Un peu comme une chanson de Morcheeba après un groupe de métal. Surtout, Marie, ne change rien.

La deuxième femme c’est Kriss
Kriss a longtemps été animatrice sur FiP.
Mais siiiii. Vous savez bien : c’était l’une de ses voix magnifiques et chaudes, celles qui vous disent :

« Vous roulez sur le périphérique sud à 1km/h et vous allez avoir tout le temps de réfléchir à des cadeaux pour votre épouse ou votre mari pendant ces 32 minutes, le temps d’atteindre la Porte d’Orleans. Tout va bien, respirez : vous êtes sur FIP… »

Maintenant, Kriss officie sur Inter, le dimanche matin, à l’heure où les glandeurs qui grasse-matent se réveillent après avoir raté Philipe Meyer et son « La prochaine fois je vous le chanterai« . Philippe, un énorme Blue Cat lui aussi…

Kriss a longtemps mené une émission terrible sur Inter, Portraits Croisés, un truc qui cartonnait grâce à son style tellement différent des animateurs de radio lambda… Une émission qu’elle a arrêté car elle voulait passer à autre chose. Ce qui est marrant, c’est que, lorsqu’elle parle, ça ne sent pas le calculé ou le prévu mais le naturel…Le vrai.  C’est peut-être ça aussi être un Blue Cat. Aller où on veut comme on veut sans penser au qu’en dira t-on… Respect les filles.

J’aurais pu vous faire un laïus sur KST, interviewée, elle aussi, dans ce bouquin. Mais j’ai déjà fait un article il y a un an et demi sur elle

Je vous invite donc à débusquer ce recueil d’interviews sur les Blue Cats : « Passionément Singulier ». Il tue des ours polaires !

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Halte à la braderie !

Depuis que je travaille sur des forums, je lis toujours la même histoire qui me fait globalement hurler. Celle d’une jeune fille tout à fait normale (ça marche
aussi avec un mec, tu peux t’identifier à mon héroïne, lecteur mâle) qui raconte ses difficultés de couple avec la sentinelle question : « et maintenant, que vais-je
faire ? ». Et quand tu lis certaines histoires, la fille, t’as juste envie de la prendre par la peau du cul et la sortir de là.

L’amour, c’est compliqué. Comme Summer l’a dit, il ne s’agit pas de jeter l’éponge à la première crise. Mais y a des limites à tout. Qu’on doive faire des concessions, c’est normal mais sacrifier son amour propre pour un connard égocentrique ou un fou furieux narcissique et méprisant, là, je dis non. Certaines femmes essuient des insultes, coups et autres humiliations et viennent le regard hagard « heu, vous pensez que je dois lui donner une autre chance ? ». Des fois, j’ai l’impression qu’il n’y a de la chance que pour la racaille. Pas au sens « habitant de banlieue », dans le sens étymologique du terme, je parle. Il y a par exemple l’histoire de la fille qui invite une de ses amies à dîner et à la fin du repas, son mec, torché, roule des pelles à l’invitée, sous l’œil de sa « bien aimée ». Très entre guillemets. Ou celle plaquée par son mari qui revient quelques mois plus tard, la gueule enfarinée. Il ré emménage et depuis, la traite plus bas que terre.

Des histoires comme ça, j’ai de quoi en faire une encyclopédie. Oh, j’entends déjà les « non mais l’amour rend aveugle, tu sais » et compagnie mais arrive un moment où je me demande si on n’est pas carrément dans le syndrome de Stockholm. Ces femmes souffrent, elles viennent se confier à des inconnus pour être aidées mais le pire, c’est que dès que tu leur fais remarquer qu’elles doivent se tirer, une fois sur deux, elles réagissent mal à base de « mais tu peux pas comprendre, je l’aime ! ». Si, je peux comprendre mais faudrait pas oublier un truc : aimer l’autre ne veut pas dire qu’on ne s’aime plus soi. Renoncer à ce point à son ego, à son amour propre, je ne comprends pas, in fine. Vaut-il mieux être mal accompagnée que seule ? La société stigmatise-t-elle tellement le célibat qu’on préfère se caser avec le premier connard venu plutôt que d’attendre une belle opportunité ?

Pour moi, un couple, c’est un système de concession équilibré. Concessions, pas sacrifices. Comment voulez-vous que ça marche si l’un fait tous les efforts et
l’autre pas du tout. Arrive forcément un moment où ça va rompre. Je n’ai pas la naïveté de croire qu’il suffit de s’aimer pour que tout marche : avec Guillaume 1er, on avait une bonne relation, une très bonne entente mais fallait parfois se recentrer l’un et l’autre pour notre épanouissement commun. Par exemple, il passait un peu moins de temps dans ses jeux de rôle pour le passer avec moi. Mais je respectais aussi sa passion et ne l’empêchait pas de jouer. Pas de sacrifice.

Au fond, tout ça me fait penser à un énorme manque de confiance en soi : youpi, j’ai un petit ami, je vais pas le faire fuir. Non parce que c’est pas comme si
ça m’arrivait tous les jours. Alors il est pas parfait mais qui l’est hein ? Hihihi ahaha…ahem. Mais non. Non, non, non ! Personne ne mérite d’être traité comme le dernier des paillassons miteux. N’importe qui peut trouver une moitié qui la traite à sa juste valeur, pour peu qu’on s’en donne la peine. Et déjà, avoir conscience qu’on n’est pas une bouse, c’est un pas en avant. Franchement, se faire marcher sur les pieds, ce n’est pas de l’amour. Et même, quelqu’un qui se laisse faire sans jamais rien dire, ça finit par lasser le bourreau qui ira voir ailleurs à la première occasion. Mais oui, c’est logique : qui, ici, peut dire qu’il a envie de passer sa vie avec une personne sans le moindre caractère qui dit toujours oui à tout ? Pas moi en
tout cas. Mais pas avec quelqu’un qui dit non tout le temps non plus !

Allez, on se regarde dans la glace : on n’est pas si mal, n’est-ce pas ? Sans parler de nos qualités de cœur et de caractère. Alors maintenant, on arrête de se brader. On mérite tous une moitié qui nous traite à notre juste valeur. Comme dirait Claudia (ou Pénélope ou Jennifer ou qui tu veux) : « Parce que je le vaux bien ».

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Les vingtenaires n’existent pas

Début du mois d’octobre, je vais chez mon marchand de journaux glaner les titres du mois. Au menu, notamment, Technikart, ze magazine de référence de bobo qui se la pète. Je suis pas une bobo qui se la pète mais j’aime bien faire genre. La preuve : je roule même pas en Velib, je prends le métro. Ceci étant, vu mon sens de l’orientation, aller au taf en Velib, c’est la garantie de ne jamais y arriver ou alors très tard. 

Mais je m’égare, pour changer. Donc Technikart, en couverture, un petit con de 15 ans en costard, le dossier du mois ? Les ados tâclent les trentenaires, du genre « poussez vous les vieux, on arrive ». Et comme d’hab, qui a disparu du tableau ? Nous, les vingtenaires. Et bordel, ça me gonfle ! Parce que si les ados veulent piquer la place des trentenaires, les « vieux », nous, on fait quoi ? Personne ne veut piquer nos places, c’est déjà ça, mais peut-être aussi parce que nos places ne font pas envie. Ou alors, la vingtaine, c’est un âge où on est occupé à faire des études et à trouver un job donc bon, qui aurait envie de ça hein ? Ben, ça fait peut-être pas envie mais va falloir en passer par là, messieurs les ados, il ne suffit pas d’écrire un roman pour passer directement de la vie d’ado chez maman à celle de trentenaire épanoui. 

Je n’aime pas l’idée de conflit entre les générations, dès le départ. Je suis vingtenaire parce que je suis née en 80, ce n’est pas pour autant que je crache sur ceux dont l’âge commence par 1 ou 3, ça n’a aucune importance à mes yeux. Le 06 avril 2010, je passerai trentenaire, est-ce que cette date symbolique changera ma vie ? Est-ce qu’à partir de là, j’aurai le droit de dire du mal de la génération post soixante-huitarde « qui a tout pris et ne nous a rien laissé » ? Je crois pas, non. La seule différence, c’est que ce jour là, je passerai dans la catégorie des « trentenaires », celle qui a apparemment toute légitimité à ouvrir sa gueule, contrairement à nous, les vingtenaires. Je l’ai déjà dit sur ce blog à plusieurs reprises, notamment dans l’édito, mais j’ai l’impression que les médias ne s’intéressent pas à ce que nous avons à dire. Les ados, ça intéresse, forcément. C’est l’âge de la rébellion, de la formation de l’identité et, apparemment, les ados consomment beaucoup les artistes qu’on leur impose. Achète Star Ac, Nouvelle Star ou Popstar, achète  du rap, de l’émo rock, du métal, selon ta tendance. Achète des fringues, va voir ce film « de toute une génération avant même sa sortie ».
Ce sont tes parents qui payent, tout va bien. Pareil pour les trentenaires : hé, vous êtes posés dans la vie, vous avez un salaire et peut être même une famille, achète chez nous, achète chez nous ! Alors que les vingtenaires, étudiants, chômeurs ou jeunes travailleurs, t’as pas de tune et tes parents ne te paient plus rien parce que t’es grand alors on va pas te parler, tu consommes pas. Oui, moi, par exemple, je ne vais jamais dans aucune boutique, je n’écoute pas de musique, je ne regarde aucun film, je ne mange même pas. Bien sûr, et mon cul, c’est du poulet ? Ce n’est pas parce qu’on est une génération qui, sur le papier, consomme moins qu’il faut toujours nous oublier. 

Quand je regarde ma (courte) vie, je me rends compte que j’ai vécu 100 000 fois plus de trucs en étant vingtenaire qu’en étant teens. D’ailleurs, ma crise de rebellitude alcoolique, je l’ai vécue à 25 ans. Exception ? Pas si sûr, j’en connais pas mal dans ce cas mais c’est logique quelque part : ado, je vivais sagement chez mes parents dans ma petite ville de province, ne pensant pas à faire de conneries. Une fois partie dans la grand’ville faire mes études, je découvrais une nouvelle liberté que je ne goûtais pas immédiatement, me
retrouvant vite en couple option « les soirées pantoufles, c’est mieux que les soirées défonce ». Après, j’ai déconné, je suppose que c’est un passager un peu obligé même si ma rebellitude a vite trouvé ses limites et elles n’étaient pas bien loin. Dans ma vingtaine, j’ai vécu le célibat sage, le célibat survolté, des aventures éphémères, une vraie relation de couple. Dans ma vingtaine, j’ai déménagé, quitté ma région d’origine pour la capitale pour ma carrière. Dans ma vingtaine, j’ai connu la fin des études, le chômage, mes premiers emplois. Dans ma vingtaine, j’ai crée un blog et ça fait 2 ans et demi que je trouve quotidiennement quelque chose à dire. 

Et après, on voudrait me faire croire que ma décennie n’est pas intéressante ? On croit rêver !

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De la rentabilité amoureuse

Par Jane

En cette période bénie des dieux (hum hum) de célibat, je me pose de grandes questions existencielles, qui semblent prouver que l’absence d’un homme pour me faire taire et m’assommer d’endorphines
commence à se faire ressentir. Comme je n’ai pas d’homme hétérosexuel à qui poser la question dans mon entourage et que je saoûle suffisamment les copines avec mes questions à la con, je viens
m’interroger publiquement ici. Ne me remerciez pas, vous risquez de souffrir. Ou de comprendre pourquoi je suis célibataire.
Je démarre généralement une relation totalement à l’aveugle. Bon, j’ai toujours tendance à foncer tête baissée, même si un mur visible à 200 mètres se dresse face à moi. Mais je ne cherche pas forcément à savoir si ça va durer une nuit, une semaine, un mois, un an, une vie. Avec un peu de recul, j’aurais parfois du, mais non, rien de rien, non, je ne regrette rien.

Prenons deux exemples:

Avec Ducon (celui de la rupture) je savais que bon, ça pouvait peut-être ne pas marcher. Différence de caractère, de style de vie… Au final, nos caractères étaient assez complémentaires (lui l’impulsif, moi la raisonnable) mais nos styles de vie un peu plus difficiles à faire cohabiter. Et ça s’est fini dans le sang et les larmes, parce que ce n’était qu’un con avec un caractère de merde et pas beaucoup de considération pour la fille amoureuse que j’étais.

Avec Calimero (plus de deux ans de relation) la rencontre eu lieu alors que je sortais avec un de ses potes de promo et que j’avais la carte des cocktails au quasi complet qui coulait dans mes veines. J’avais comme un doute au moment de le revoir (« My god, est-ce qu’il est vraiment aussi mignon que dans mon souvenir? ») mais je me suis quand même lancé, alors que j’aurais pu en rester au stade « homme qui a mélangé sa salive à la mienne lors d’une soirée beuverie » Et ça s’est fini dans les larmes parce que des fois, la vie est une chienne qui nous fait nous comporter comme des chiennes. Avec lui, j’ai aussi règlé définitivement mon Oedipe: j’aime mon père, mais quelqu’un avec son caractère est tout bonnement invivable.
Au départ, deux relations auxquelles je n’aurais jamais cru. A l’arrivée, deux histoires longues, qui m’ont laissé un peu dévastée (sur le coup) mais plus forte et plus réaliste, parce que je sais maintenant que rien n’est acquis, et qu’il faut se blinder sentimentalement, et se dire que tout peut s’écrouler d’un jour à l’autre, sans préavis. De belles leçons de vie.
Alors maintenant, quand je vois la course à la rentabilité amoureuse, ça me fait peur. Ok, je ne sentais pas ces deux relations (pour ne citer qu’elles) et au final, j’ai eu raison. Mais est-ce pour autant que j’aurais du fuir ces deux hommes qui m’ont beaucoup apporté?

Je pense sincèrement que non. Parce que j’ai appris pas mal de choses sur les hommes, les sentiments, la connerie humaine, l’amour, la vie à deux, et sur moi. Ce que je voulais, et surtout ce que je ne voulais pas. Ce que j’étais prête à accepter par amour, et mes limites.
Bon, ok, j’ai eu quelques erreurs flagrantes de casting. Mais généralement, ça ne dure jamais longtemps, on passe vite à autre chose.

Non parce que celui qui arrondissait ses fins de mois en dealant (enfin disons qu’il bossait surtout pour que son activité dite « secondaire » soit moins flagrante), je ne le savais pas à la base, et je suis très vite passée à autre chose. Oui, parfois, je ne tente pas le diable, et « femme de Tony Montana » n’a jamais été mon rêve dans la vie.

Celui qui avait décidé de sauver mon âme (et accessoirement de me convertir au christianisme archi pratiquant) je savais que ce n’était pas viable, et qu’il y avait de plus gros risques que je déteigne sur lui que l’inverse. Mais comme c’était quelqu’un de très intéressant (quand il ne parlait pas religion) j’ai tenté, et le jour où il s’est rendu compte que finalement, l’influenc n’était pas dans le sens qu’il voulait, nous nous sommes séparés d’un commun accord, après tout juste quelques mois. Pour le salut de mon âme, il faudra repasser.

Et je l’accorde, le pote de beuverie qui a un jour atteri dans mon lit, je n’ai jamais pensé qu’il pouvait être l’homme de plus d’une nuit. Parce que qui dit pote de beuverie (et à l’époque, j’éclusais sec) dit forcément témoin de pas mal de choses. Et le jeune homme qui a chauffé la moitié de ma promo, j’ai du mal à l’imaginer se poser avec moi.

Tout comme ce copain de lycée (et là je me rends compte que j’ai un sérieux problème avec mes amis, ou une curieuse manière de leur prouver mon affection) que j’ai consolé d’une rupture récente. Il avait été l’objet de mes fantasmes auparavant, mais après un été à bosser ensemble, il était définitivement dans la case « ami », et non plus celle « futur père de mes enfants », nous le savions tous les deux.

Mais en dehors de ces cas, je me refuse à tirer des conclusions hâtives. Je fais partie de ces gens qui sentent (ou non) les personnes qu’ils rencontrent très rapidement. Et mon instinct ne m’a jamais trompé. Sauf pour mes amours. Là, c’est toujours le brouillard, et j’ai rarement raison.
Alors je sais que je vais sûrement encore vivre quelques jolies histoires, qui se finiront un jour. Que je vais peut-être pleurer à nouveau pour un garçon. Que je me demanderai à quoi ça sert et pourquoi je continue à espérer. Que je me dirai que je n’aurais jamais du tenter. Mais qu’un jour, je rencontrerai une personne qui me conviendra, même si ça ne sera pas évident au premier abord.
Et est-ce que j’ai envie de regarder derrière moi plus tard en me disant que je suis peut-être passée à côté de moments de bonheur par peur de souffrir et parce que ça ne semblait pas pouvoir fonctionner? Hors de question! Je fonce peut-être dans le mur, mais un jour, la route sera peut-être dégagée!

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Jamais contents !

La semaine dernière, comme vous le savez, j’ai donc commencé un boulot, un CDI donc voilà un de mes grands drames existentiels réglés. Or pas mal de gens qui m’ont félicitée pour ça y ont joint une étrange phrase : « bon, maintenant, te reste plus qu’à te trouver un mec bien », ce à quoi, j’ai très honnêtement répondu : « heu, ranafout, là, tu vois… ».

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Bon, il est vrai qu’à 27, peut-être que je devrais penser à trouver le futur père de mes 3 enfants parce que je vais pas laisser n’importe quel sperme féconder mes ovules non plus. Donc je vais pas faire ça avec un mec que je connais depuis trois jours. Sauf qu’en ce moment, mon célibat ne me préoccupe pas. Ni choisi, ni subi, c’est juste un état de fait. J’ai pas le temps de m’en occuper et c’est tout. Pourtant, cette remarque énoncée par plusieurs personnes ne se connaissant pas forcément et n’ayant aucune intention de me brouetter m’interpelle. Athéna (souvenez-vous, une ex vingtenaire) m’a même proposé de me présenter un de ses collègues dans le dialogue suivant :

« Et en ce moment les amours ?
– Bah rien
– Si tu veux, je te présente un collègue ».

Note qu’à aucun moment, j’ai dit que ça me rendait malheureuse puisque dans les faits, je m’en fous.

Alors pourquoi tout le monde me saoule avec ça ? Je suis déjà tellement heureuse d’avoir trouvé du boulot, ça vous suffit pas ? Vous voulez que j’ai tout d’un coup ? Bon, ça peut arriver. Si on regarde, l’an dernier, à peu près à la même époque, c’est précisément ce qui est arrivé : j’ai rencontré Alexandre vers le 18 avril, je crois, deux jours plus tard, je commençais mon taff avec DRH choupinou. Peut-être que dans quelques jours, l’amour viendra défoncer ma porte mais si tel n’est pas le cas, ça n’empêche pas qu’en ce moment, je suis réellement heureuse. Très franchement, dans mon ciel, le seul nuage, c’est pas mon célibat mais ma grand-mère qui continue à avoir quelques soucis de santé.

Bien sûr, j’ai dit à plusieurs reprises « l’amour, ça attendra, ce que je veux, c’est un taff ! » mais ça voulait pas dire « à la minute où je trouve un taf, je me relance à la recherche du mâle ». Parce que mine de rien, reprendre des horaires normales, ça vous fatigue un poil une Nina. En journée, j’ai la patate, tout ça mais le soir, j’ai pas le cœur à chasser le mâle. A la limite, on pourrait s’en faire livrer un doué en massage, ça se discuterait, mais sinon… Sinon ça serait bien que les gens admettent qu’on peut être parfaitement heureuse sans avoir de mec. Même si c’est pas forcément un choix et que c’est juste comme ça. Ma première semaine de taff a été idyllique, j’aime bien mes nouveaux collègues et j’ai enfin chopé les règles de leur jeu de fléchettes (je vais pouvoir essayer de marquer des points, me manque plus qu’à savoir viser), je me sens tout simplement comme un poisson dans l’eau donc bien. Et de toute façon, tant que j’aurai pas récupéré une coiffure décente, je vais éviter de draguer, ça m’évitera des râteaux mauvais pour mon ego, mouahahah !

Là encore, j’ai l’impression que le bonheur ne peut être s’il n’est pas complet. Le bonheur, ce doit être « amour, travail, santé ». Si t’as pas les trois, même pas t’as le droit de prétendre au bonheur. Manifestement, je suis incomplète puisque tout le monde me souhaite un homme, maintenant que je suis à 2/3. Mais moi, j’aime laisser faire la vie. Si j’ai personne pour le moment, c’est que c’est comme ça, vais pas aller payer sur meetic pour avoir mon tiers manquant. Tout ça pour qu’on puisse me dire « ouah, tu as tout pour être heureuse, ma grande ! ». Ouais, j’aime bien qu’on m’appelle ma grande même si dans les faits, y a que moi qui m’appelle comme ça. Mais enfin, arrêtons de courir après cet idéal, j’ai tout pour être heureuse déjà maintenant. L’amour, ce serait un bonus pour moi à l’heure actuelle, même si ça m’empêche pas de fantasmer sur des hommes de mon entourage ou avoir envie de me faire secouer le prunier aux petites heures de la nuit.

Bref, le prochain (ou la prochaine) qui me dit « te reste plus qu’à te trouver un fiancé », je lui dirai haut et fort que je l’emmerde. Ca va suffire les gens qui me font remarquer que j’ai pas touuuuuuuuuut. Bande de jaloux, na !

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