De la rentabilité amoureuse

Par Jane

En cette période bénie des dieux (hum hum) de célibat, je me pose de grandes questions existencielles, qui semblent prouver que l’absence d’un homme pour me faire taire et m’assommer d’endorphines
commence à se faire ressentir. Comme je n’ai pas d’homme hétérosexuel à qui poser la question dans mon entourage et que je saoûle suffisamment les copines avec mes questions à la con, je viens
m’interroger publiquement ici. Ne me remerciez pas, vous risquez de souffrir. Ou de comprendre pourquoi je suis célibataire.
Je démarre généralement une relation totalement à l’aveugle. Bon, j’ai toujours tendance à foncer tête baissée, même si un mur visible à 200 mètres se dresse face à moi. Mais je ne cherche pas forcément à savoir si ça va durer une nuit, une semaine, un mois, un an, une vie. Avec un peu de recul, j’aurais parfois du, mais non, rien de rien, non, je ne regrette rien.

Prenons deux exemples:

Avec Ducon (celui de la rupture) je savais que bon, ça pouvait peut-être ne pas marcher. Différence de caractère, de style de vie… Au final, nos caractères étaient assez complémentaires (lui l’impulsif, moi la raisonnable) mais nos styles de vie un peu plus difficiles à faire cohabiter. Et ça s’est fini dans le sang et les larmes, parce que ce n’était qu’un con avec un caractère de merde et pas beaucoup de considération pour la fille amoureuse que j’étais.

Avec Calimero (plus de deux ans de relation) la rencontre eu lieu alors que je sortais avec un de ses potes de promo et que j’avais la carte des cocktails au quasi complet qui coulait dans mes veines. J’avais comme un doute au moment de le revoir (« My god, est-ce qu’il est vraiment aussi mignon que dans mon souvenir? ») mais je me suis quand même lancé, alors que j’aurais pu en rester au stade « homme qui a mélangé sa salive à la mienne lors d’une soirée beuverie » Et ça s’est fini dans les larmes parce que des fois, la vie est une chienne qui nous fait nous comporter comme des chiennes. Avec lui, j’ai aussi règlé définitivement mon Oedipe: j’aime mon père, mais quelqu’un avec son caractère est tout bonnement invivable.
Au départ, deux relations auxquelles je n’aurais jamais cru. A l’arrivée, deux histoires longues, qui m’ont laissé un peu dévastée (sur le coup) mais plus forte et plus réaliste, parce que je sais maintenant que rien n’est acquis, et qu’il faut se blinder sentimentalement, et se dire que tout peut s’écrouler d’un jour à l’autre, sans préavis. De belles leçons de vie.
Alors maintenant, quand je vois la course à la rentabilité amoureuse, ça me fait peur. Ok, je ne sentais pas ces deux relations (pour ne citer qu’elles) et au final, j’ai eu raison. Mais est-ce pour autant que j’aurais du fuir ces deux hommes qui m’ont beaucoup apporté?

Je pense sincèrement que non. Parce que j’ai appris pas mal de choses sur les hommes, les sentiments, la connerie humaine, l’amour, la vie à deux, et sur moi. Ce que je voulais, et surtout ce que je ne voulais pas. Ce que j’étais prête à accepter par amour, et mes limites.
Bon, ok, j’ai eu quelques erreurs flagrantes de casting. Mais généralement, ça ne dure jamais longtemps, on passe vite à autre chose.

Non parce que celui qui arrondissait ses fins de mois en dealant (enfin disons qu’il bossait surtout pour que son activité dite « secondaire » soit moins flagrante), je ne le savais pas à la base, et je suis très vite passée à autre chose. Oui, parfois, je ne tente pas le diable, et « femme de Tony Montana » n’a jamais été mon rêve dans la vie.

Celui qui avait décidé de sauver mon âme (et accessoirement de me convertir au christianisme archi pratiquant) je savais que ce n’était pas viable, et qu’il y avait de plus gros risques que je déteigne sur lui que l’inverse. Mais comme c’était quelqu’un de très intéressant (quand il ne parlait pas religion) j’ai tenté, et le jour où il s’est rendu compte que finalement, l’influenc n’était pas dans le sens qu’il voulait, nous nous sommes séparés d’un commun accord, après tout juste quelques mois. Pour le salut de mon âme, il faudra repasser.

Et je l’accorde, le pote de beuverie qui a un jour atteri dans mon lit, je n’ai jamais pensé qu’il pouvait être l’homme de plus d’une nuit. Parce que qui dit pote de beuverie (et à l’époque, j’éclusais sec) dit forcément témoin de pas mal de choses. Et le jeune homme qui a chauffé la moitié de ma promo, j’ai du mal à l’imaginer se poser avec moi.

Tout comme ce copain de lycée (et là je me rends compte que j’ai un sérieux problème avec mes amis, ou une curieuse manière de leur prouver mon affection) que j’ai consolé d’une rupture récente. Il avait été l’objet de mes fantasmes auparavant, mais après un été à bosser ensemble, il était définitivement dans la case « ami », et non plus celle « futur père de mes enfants », nous le savions tous les deux.

Mais en dehors de ces cas, je me refuse à tirer des conclusions hâtives. Je fais partie de ces gens qui sentent (ou non) les personnes qu’ils rencontrent très rapidement. Et mon instinct ne m’a jamais trompé. Sauf pour mes amours. Là, c’est toujours le brouillard, et j’ai rarement raison.
Alors je sais que je vais sûrement encore vivre quelques jolies histoires, qui se finiront un jour. Que je vais peut-être pleurer à nouveau pour un garçon. Que je me demanderai à quoi ça sert et pourquoi je continue à espérer. Que je me dirai que je n’aurais jamais du tenter. Mais qu’un jour, je rencontrerai une personne qui me conviendra, même si ça ne sera pas évident au premier abord.
Et est-ce que j’ai envie de regarder derrière moi plus tard en me disant que je suis peut-être passée à côté de moments de bonheur par peur de souffrir et parce que ça ne semblait pas pouvoir fonctionner? Hors de question! Je fonce peut-être dans le mur, mais un jour, la route sera peut-être dégagée!

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21 réflexions sur “De la rentabilité amoureuse

  1. vTres interessante vision, pour ma part j’ai toujours cru que c’était les femmes de ma vie (sauf si au préalable on s’était mis d’accord, E… si tu nous regardes….) mon approche est au combien pathétique, je le conçois, mais en même temps c’était à chaque fois d’une évidence telle qu’il était difficile de faire autrement.
    En tout cas je te souhaite tout le courage que je n’ai pas pour :
    tomber : 2
    se relever : 3

  2. Coucou, j’aime beaucoup venir ici car se posent des problèmes qu’au fond, tout le monde rencontrent un jour… une petite nuance très perso… tu dis ne rien regretter, que tu ne te poses pas la question de savoir si c’est le bon ou pas… moi je me la posais à chaque fois et je savais que ce n’était pas le bon… quand tu passes du bon temps ça va ce n’est pas un problème, mais quand tu es attaché à cette habitude d’être avec lui, que tu es prisonnière de ta relation qui finira un jour tu le sais mais tu n’arrive pas à couper court, ben il peut se passer trois ans de perte de temps, trois ans où tu ne gagnes rien, et où le mec (pervers de 24 quand j’en avais 17) te prend pour un jouet sexuel, et vu que c’est ton premier et que t’es un peu naïve, tu te laisses faire pendant ces années. Heureusement vient le moment où tu te fais draguée par un autre et où tu le trompes et où tu découvres qu’il n’y a pas que des pervers qui ne s’occupent pas de toi parmis les mâles et là tu décides que non, ça suffit. Là, je vis ma première relation avec un homme depuis que je me suis dis, si je ne suis pas sûre de lui, je ne sors pas avec le gars. J’ai été certaine que rien ne clocherait d’après les premiers critères, tout me correspondait, ça fait 6 mois, et je suis de plus en plus sûre de moi. Les autres relations que j’ai eues, même si je savais que ça ne marcherait pas, on été enrichissante. En fait faut couper court quand on met trop de sa personne pour le résultat qu’on a.

  3. IL y a toujours quelque chose à retirer d’une rencontre, elle vous oblige à réagir à vous poser des questions, ou vous remttre en cause ( c’est là généralement que l’on pleure) , mais je pense qu’il faut toujours garder les choses que l’on apprend, et le prince charmant que l’on rencontre un jour ( oui cela arrive) n’est pas forcément identique à 100 % à ce que vous souhaiteriez, mais vous le savez tout de suite, le reste n’est qu’une question de clarté dès le départ sur ce que l’on veut , ce que l’on ne veut pas , et ce que l’on attend de l’autre, à un moment il faut en parler quitte à tout casser , autant que cela se fasse avant de partir dans des chimères !!!!
    Bonne journée

  4. Honnêtement, moi, je me pose jamais la question du « c’est pour une nuit ou pour la vie » avec un mec avant de savoir, en gros. Enfin, je m’explique. Bon, hormis certains plans culs pour qui je ne ressentais rien du tout, les mecs avec qui je suis sortie, je pouvais pas savoir au bout de 3 jours si ça allait durer ou pas, faut pas déconner. D’abord, je pense SINCEREMENT qu’il faut vivre les choses au lieu de se psoer 150 000 questions.

    Ensuite, quand je me dis « tiens, avec ce mec, c bien parti pour durer », ça fait déjà quelques mois qu’on est ensemble! 😉 Mais des fois, ce sont pas les relations sur lesquelles on aurait misé au départ qui marchent. Donc si on tente pas, on saura jamais.

  5. On va faire super court , moi c’est bien simple, de tous les hommes de ma vie, un seul ne m’a pas vraiment brisé le coeur, sauf que c’est lui qui regrette notre relation, à mon humble avis…
    En gros, je me pose de sacrées questions : est-ce qu’obligatoirement, l’un des deux du couple sera toujours « amoureux » de l’autre ? ( Oui, parce que pas besoin de faire vingt ans de psychanalyse pour comprendre que quand on veut casser la gueule à un ex, c’est que tout n’est pas réglé)

  6. Il avait été l’objet de mes fantasmes auparavant, mais après un été à bosser ensemble, il était définitivement dans la case « ami », et non plus celle « futur père de mes enfants »

    Ca c’est un truc que je ne comprends pas. Pourquoi un homme objet de fantasmes, s’il ne rentre pas tout de suite dans une relation de séducion mais commence pas un rapport amical, est irrémédiablement relégué dans la case « ami »? Je n’ai jamais eu une bonne explication pour ça, si quelqu’un pouvait me répondre…

  7. Pour moi, c pas compliqué : soit un mec m’attire donc je le veux donc ce n’est pas un ami. Soit je ne suis pas sur un rapport de séduction donc les relations que je développe avec lui sont sans ambiguité et une fois que je le considère comme un ami (avec les confidences qui vont avec, tout ça), c limite si je le considère pas comme un frère. Donc impossible de sexer. Mais ça, c moi, je segmente énormément ce genre de choses

  8. Finir définitevement dans la case « ami », ça aussi je ne l’ai jamais compris. Est ce une manière déguisée et polie de dire : « non » ?
    Ou la conséquence d’un raisonnement pas très claire de la part de l’auteur ?
    Je l’ai déja entendu, toujours écouté, mais jamais compris.

    Pour revenir au thème du texte, je dirais qu’on ne doit pas raisonner son histoire d’amour, mais simplement la vîvre.
    Les sentiments ne reposent que très rarement sur un raisonnement, et sont donc difficilement explicables.
    Si on calcule trop, on perd en ressenti … a l’inverse il faut souvent en amont d’une histoire bien se connaître soi même, être clair sur ce qu’on recherche, etc … cela évite souvent de rentrer dans des histoires à problème.

    Quand j’entends les « femmes » se plaindrent à répétition, de « leurs » ex, je me dis que la faute n’en revient pas uniquement à l’autre.
    Souvent (mais je peux me tromper), les critères de choix de des hommes en question ne correspond en rien à ce que ces femmes désirent au fond d’elle même (consciemment ou inconsciemment). Elles font le choix d’une certaine facilité.

    Les hommes qui draguent sans arrêt et qui sont le vécu de beaucoup de femmes ne représentent pas forcément les hommes en général, mais uniquement une partie. Pourtant les hommes sont souvent réduits à ces derniers et donc à leurs défauts.

    Je rajouterais donc qu’une chose « mesdames », faites un éffort et n’attendez pas forcément qu’on vous trouve.
    Je ne souhaite pas non plus généralisé, mais il est évident que dans un rôle attentiste, on a plus de chance de se tromper.

    Et non, je ne suis pas timide ! 😉

  9. J’aime beaucoup « l »intensité retenue » de ton article (bon ok, si ca s’trouve je suis le seul à ressentir ça ! ! Welcome in the Vingtenaire Way of Life (copyright Nina)

  10. « j’avais la carte des cocktails au quasi complet qui coulait dans mes veines. » enorme cette phrase

    a cote, je suis en accord av toi… je pense que les mecs se posent qd meme moins de questions que nous, et que eux attendent que ce soit invivables pour se barrer, alors que nous, on se barre des qu’on se pose des questions, on se barre des qu’on se rend compte que c’est pas assez. .. les mecs sont xouvent plus faiblards… nous, on est fortes et courageuses, et au final, ben on en prend plein les dents!!!
    bisou
    KC

  11. c’est clair que la FriendZone, ça fait mal et c’est chaud d’en sortir..et quand on en sort et qu’on a notre chance, le passé amical joue à double tranchant….

    Un histoire d’amour, ça se vit au jour le jour jusqu’au jour où l’on veut se poser…mais bon, on en est pas tous là

  12. j’ai une théorie fort interessante qui explique pourquoi quand tu cherche l’amour, tu ne le trouves pas
    un dose d’ethologie, un soupçon de chimie, une rasade de psychologie et le tour est joué
    le probleme, c’est que comme tout bon XY qui se respecte, j’ai du mal a l’exposer clairement si je n’ai pas mes 2 grammes dans le sang
    ce sera donc pour un autre soir…

  13. je pars du principe que le comportement humain est bcp plus influencé par son statut d’animal que ce que l’on pense généralement
    ceci est largement conforté par mon expérience en canine
    prenons le cas de a femme puisqu’il te concerne plus directement
    une etude a montré que la femme en periode d’ovulation devenait plus coquette (maquillage, habillement plus soigné…)
    son comportement est en adequation avec les autres messages que son corps peut envoyer (phéromones)
    elle va donc etre perçue comme « accueillante » par l’homme, il ve la trouver tres en beauté, rayonnante et ce d’autant plus que tout va bien dans la vie de celle ci
    attention, je ne dis pas qu’elle va ou qu’elle veut coucher avec le premier venu, mon propos n’est nullement sexiste
    une femme qui cherche l’âme soeur au contraire devient chasseresse, elle analyse, est aux aguets, les mimiques ne sont plus les mêmes (se souvenir qu’un sourire naturel et le sourire forcé d’un commercial, par exemple, sont très différents)
    le subconscient de l’homme analyse tout cela et son instinct lui dicte son comportement, il entre sans qu’il ne le sache lui même dans la peau d’une proie qui doit absolument « sauver sa peau » analysant la femme comme un danger
    le decalage avec d’autant plus grand que l’envie de casser sa solitude est grande
    je sais, c’est très schematique, a la limite du caricatural mais ….
    la réciproque homme-femme est bien entendu également vraie

  14. Comme beaucoup de commentaires hommes, et au contraire de beaucoup de commentaires femmes, la segmentation amis-amours m’apparaît pas si nette que cela…Peut-être que c’est parce que je ne sais pas ce que c’est l’amitié à long terme qui ne s’érode pas avec le temps et la distance ! Mais, en tout cas, celle qui devient ma petite copine devient aussi ma meilleure amie, d’après mon expérience !
    Sinon, donc, cet article dit très bien qu’on ne peut et qu’on ne doit pas tout prévoir à priori en amour… Et je suis rassuré de savoir que nous sommes encore nombreux à nous engager dans des histoires, sans penser du tout à une durée définie…On avance, et on voit ce que l’étape d’après nous révèle…
    Pour moi, l’amour ça se construit avant tout !
    Sinon ton article et ton évocation de l’absence de regrets quant à tes histoires passées bien qu’elles aient mal tournées, m’a fait penser à l’excellent film « Eternal Sunshine of the Spotless Mind » A la fin, les personnages joués par Kate Winslet et Jim Carrey se rendent compte qu’ils ont déjà vécu ensemble une histoire d’amour et une rupture… Ils hésitent à repartir ensemble..Kate Winslet, très agitée, demande « et tu voudrais retenter de se mettre ensemble, même si on finit par s’engueuler comme dans la cassette », et Jim Carrey dit « OK »…Et ils se sourient !
    Juste OK, et une scène magnifique !

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