La politique est le cancer de la société

Pif, allez, c’est gratos. En fait, non, c’est pas gratos, c’est vraiment une pensée de plus en plus prégnante chez moi, je réfléchis beaucoup à ce sujet : comment on abandonne la politique pour passer à une gouvernance purement administrative qui prend en compte l’intérêt général avant le clientélisme. Lourd.

L'intérêt général

En fait, il va falloir que je décortique tout ça, que je me penche bien plus sur l’anarchisme, par exemple, que j’imagine un système qui me paraîtrait plus juste et surtout plus safe au niveau mondial. J’avais commencé à poser ça dans mon utopie de “Fin de l’histoire” qui en est actuellement à la page 4 depuis des mois (mais parce que je dois le recommencer), je me pique à imaginer ce que serait un monde à la démocratie participative poussée à l’extrême, où il n’existerait plus de “politiques”, ces hommes (surtout) et ces femmes (parfois) qui sont prêts à brader l’avenir de leur citoyens pour un titre, qui n’envisage l’avenir que dans un délai court-termiste et décident en fonction de ce qui va leur rapporter le plus. A eux, pas à nous. Je vous invite par exemple à lire La revue dessinée de cet été et notamment la BD sur le nucléaire (ou vous pouvez aussi mater la vidéo du Defakator sur le sujet). En fait, je vous invite à lire la revue dessinée tout le temps, voilà.

La revue dessinée

Alors d’où je sors ça maintenant ? Et bien, la chaleur, les incendies, la colère. Je suis très angoissée par l’avenir de notre planète. Enfin, non. La planète, elle survivra. Nous, par contre… En vrai, je ne serais pas du tout préoccupée de la survie de l’humanité s’il n’y avait pas Pivoine et Saturnin. Ca va paraître très violent ce que je vais dire, et ça l’est, mais depuis le temps que les climatologues tirent la sonnette d’alarme et qu’on ne fait que de vagues promesses en sachant très bien qu’on ne fera rien pour les tenir, désolée mais l’humanité ne mérite pas d’être sauvée. La seule chose qui me fait chier, c’est qu’on aura exterminé très violemment une faune et une flore qui ne méritait pas ça. Bref, je suis atterrée et furieuse que ce problème soit nié, encore et toujours parce que… le résoudre ne rapporte rien ou tout du moins pas assez pour respecter compétitif, bla bla bla, mon cul sur la commode.

La politique française ne veut pas renoncer au nucléaire

Je suis de plus en plus persuadée aujourd’hui que la politique (ou les politiques tout du moins) est le principal problème de notre société. Trop de “je”, pas assez de “nous”. Trop de volonté d’assurer une élection/réélection, pas de volonté de réellement avoir des vues sur un long terme. De toute façon, on peut pas régler tous les problèmes sur un quinquennat, on promettrait quoi pour la prochaine réélection ? Le pire, c’est que j’exagère même pas. Alors bien sûr, dans mon utopie très brouillonne, là, il manque des tas de choses, ça soulève beaucoup de questions dont la première serait “qu’est-ce que l’intérêt général” ? J’aime aussi me poser la question de la modalité. Comment impliquer les citoyens, comment rester une démocratie. Non parce que détacher la politique des intérêts particuliers pour la mener dans une optique d’intérêt général, à un moment, ça peut vite devenir “non mais selon les prédictions, stats et pia pia pia, il vaut mieux choisir ça”. Du coup, met-on la destinée du pays dans les mains des statisticiens et experts dans leurs domaines respectifs. Sauf qu’il est assez rare qu’on obtienne un consensus global sur un sujet donné, les querelles de clocher, comme on dit, sont nombreuses et il est souvent difficile à brûle-pourpoint de prendre partie. Sans parler de l’argument d’autorité dont je reparlerai un jour car c’est un sujet passionnant. Ah et pour le consensus sur le réchauffement climatique, clic clic. Du coup, est-ce qu’in fine, la solution serait de tout confier à des algorithmes prédictifs qui prendraient les meilleures décisions possibles en fonction des paramètres… Alors perso, donner trop de pouvoir à l’IA, c’est…

Terminator

Mais voilà, je glisse peu à peu dans le défaitisme le plus total quant à la politique (sauf locale dans une certaine mesure, j’y reviendrai)… et c’est pas simple à vivre même si ça ouvre des champs d’étude incroyables.

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Moi aussi, évidemment

Il s’en est passé des choses durant mes 3 semaines de congés et notamment cette folle vague de #balancetonporc ou #metoo où les femmes révèlent enfin l’enfer qui est le nôtre au quotidien. Et comme le phénomène est toujours présent à mon retour, il est temps de parler. Parce que moi aussi, évidemment.

Assiette fêlée

Au départ, j’ai un peu réfléchi sur les exemples car il y en a pléthore qui ne sont pas particulièrement marquants. Le mec qui a essayé de m’embrasser après m’avoir demandé une direction dans le métro, celui qui m’a demandé en plein entretien si j’étais célibataire. Un responsable qui explique que sa femme est jalouse et qu’il lui a sorti “ohlala, tu verrais la nouvelle vacataire !” pour la faire râler. J’étais la nouvelle vacataire et j’étais assise juste en face de lui quand il a raconté ça. Le prof qui me parle en me regardant directement dans le décolleté, celui qui invite ses étudiantes boire des verres. Ce mec qui se frotte à moi dans le bus quand je passe devant lui après l’avoir ignoré sciemment. Celui qui manque de m’agresser car il est bourré et qui commence à me toucher malgré mes protestations. Les commentaires salaces doublés d’une insulte quand tu réponds pas. Classique, malheureusement, t’as pas une femme qui t’en raconteras pas une du genre à moins de vivre seule dans une grotte.

Harcèlement de rue

Les insultes parce que je parle de cul de mecs qui ont besoin de me rabaisser, ceux qui m’écrivaient pour me demander de coucher avec eux sans que je les connaisse, les dick pics non sollicitées. Classic shit. Celui qui du jour au lendemain s’est mis à me pourrir partout et à raconter les pires saloperies sur moi, mon corps, mes “performances” physiques, changeant les versions au fur et à mesure pour aller toujours plus loin dans le dégueulasse. Qu’avait-je fait, ça n’a jamais été clair, je suppose que j’ai dû froisser un ego, je ne sais pas. Heureusement, il n’avait aucune photo de moi nue, j’aurais eu droit à un revenge porn en règle vu comme cette petite blague a duré des mois avec des prises de parole là où il savait que je lirais.

Harceler une femme en ligne

Puis on creuse. Le mec qui m’a tripotée dans le train. Juste les fesses mais j’ai pas réagi de sidération d’abord. Puis la colère après, contre lui, contre moi. Alors que je n’avais rien fait, j’étais sidérée… C’est bien joli de croire que la solution au harcèlement sexuel, agressions sexuelles ou viol, c’est d’apprendre aux femmes à se battre mais c’est juste nier une réalité. J’avais cru à un accident, je voulais croire à un accident. Ca ne pouvait pas m’arriver à moi. Non… Et puis y a eu pire. C’était avant puis après mais j’avais pas compris sur le coup. D’écrire ces lignes, je tremble, je suis pas bien mais let’s go. Les fois où je n’ai pas dit oui. Cette fois où en pleine crise de spasmophilie, mon amant m’a saillie vu qu’il était venu pour ça et que nous étions nus, alors que j’étais mi évanouie, mi en panique car je ne comprenais pas ce qu’il se passait. J’ai pas compris ce que c’était, j’étais enfermée dans ma parano sur ce qu’il se passait dans mon corps. J’ai pas compris que ce n’était pas normal parce que j’avais peur de ce qu’il m’arrivait… Faut savoir que je suis un peu hypocondriaque et dès que mon corps agit bizarrement, je pars en mode “cancer/tumeur/infarctus/AVC/rupture d’anévrisme”. Je n’étais plus en état de faire du sexe, pas en état de dire oui ou non. Ca n’a pas compté pour lui. Et puis, avant, au tout début, alors que je découvrais la sexualité avec un homme plus vieux. Je n’avais pas dit oui pour ça, la question n’avait pas été posée. Il m’a pénétrée par derrière, j’ai été choquée mais après tout, on était en plein ébats, ce doit être normal, je suppose… Moi, je n’y connaissais rien, une oie blanche. Quand j’ai demandé à arrêter la fois suivante, il a refusé, me faisant du chantage en mode “oui mais moi, j’aime ça”. Toutes les autres fois où j’ai pas dit oui parce qu’il m’avait demandé, les fois où j’ai demandé à arrêter mais il s’en foutait. Mais après tout, j’étais nue dans son lit, il était nu dans le mien. Je n’avais pas compris.

Une femme angoisse

Alors oui, moi aussi. Je n’en avais jamais parlé par honte, parce que je n’avais pas su gérer, que ce n’était pas si grave. C’est pas traumatisant comme un inconnu dans la rue, quoi… On remet sa culotte et on reprend sa vie, ça arrive. Aujourd’hui, grâce en très grande partie à toutes ces femmes qui commencent à parler tant sur les réseaux sociaux que dans les journaux, j’ai compris que non. Je n’ai pas été coupable dans ces histoires. Dire oui ne veut pas dire oui à tout. Je ne savais pas. Je regrette un peu de ne pas avoir su même si je ne peux pas garantir que ça aurait changé quelque chose, au fond. Mais je ne peux pas garder mes petits traumas pour moi parce que peut-être, on ne sait jamais, qu’une personne qui lira ses lignes comprendra que ce qui est en train de lui arriver n’est pas normal. Qu’un oui pour coucher n’est pas un passeport pour réaliser tous ses fantasmes sans échanger avec sa partenaire avant. Je parle en espérant que demain, nous pourrons nous promener dans la rue sans craindre les connards ou que nous pourrons nous mettre à nu devant un homme sans craindre qu’il franchisse la limite sans même réaliser que sans consentement, on appelle ça un viol.

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Camilla Läckberg, petits meurtres en famille

Aaaaaah la Suède ! Un pays qui m’attire pour diverses raisons et s’il  n’y avait pas un léger souci d’ensoleillement 6 mois sur 12, j’aurais déjà appris la langue de Nobel pour partir m’installer là-bas. En attendant, je lis quelques polars issus du froid en me disant que j’irais bien y passer quelques jours de vacances (en été).

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Je vous ai parlé de Viveca Sten la semaine dernière, je vous présente Camilla Läckberg qui nous a concocté une série de romans qui se déroulent de la charmante station balnéaire de Fjabalka… Fjalabalka… Fjalbacka… Fjällbacka. Je n’ai pas la moindre idée de la prononciation du truc. Lors du premier roman, nous faisons la connaissance d’Ericka, fille du pays qui découvre le cadavre d’une de ses amies d’enfance. Le jeune Patrick Hedström est chargé de l’enquête et ce qui devait arriver arriva : ils tombent amoureux.

A noter que Cyanure est un roman à part mettant en scène Martin, le policier qui aide Patrick et qui attire aussi pas mal les psychopathes

A noter que Cyanure est un roman à part mettant en scène Martin, le policier qui aide Patrick et qui attire aussi pas mal les psychopathes

En fait, chaque roman mêle à la fois un élément du passé (une vieille histoire qui a un rapport avec l’enquête en cours), la dite enquête… et la vie privée d’Ericka, Patrick et tous leurs amis. Vous vous souvenez quand je disais que j’étais toujours un peu saoulé par le syndrome Julie Lescaut où tout crime est forcément lié de pas si loin à l’enquêteur ? Et bien là, c’est absolument systématique.

Image tirée de la série "les enquêtes d'Erica"

Image tirée de la série « les enquêtes d’Erica »

Sur la partie vie privée, donc, il y a pas mal de choses assez agaçantes. En un le bonheur un peu too much de nos héros. Ericka et Patrick tombent amoureux et se mettent à faire des bébés dans tous les sens et des bébés plutôt intelligents puisque leur fille de 1 an maîtrise plutôt bien le langage. Autour d’eux, on a droit au boss de Patrick, une caricature de chefaillon aussi incompétent qu’autoritaire et fier de lui, la nuance, c’est pour les faibles. Même si Läckberg essaie de lui fournir une évolution intéressante sur les derniers romans. Autre personnage hyper gonflant : Anna, la soeur d’Erica. Läckberg lui a concocté une vie bien pourrie : un mari violent et pervers narcissique qu’elle finira par assassiner avant de se mettre à la colle avec le meilleur ami d’Erica, un enfant perdu, dépression, dépression, dépression. Parce que faut savoir qu’à part Erica et Patrick, ça chie pas mal dans la colle pour leurs amis, entre stérilité et cancer tueur, ça ne rit pas tous les jours à Fjällbacka. Mais ça se reproduit beaucoup (sauf le personnage stérile), on a au moins 5 bébés parmi les personnages récurrents plus une grossesse qui se termine mal sur 8 romans, ça fait beaucoup. Ok, bon, Erica a eu des jumeaux, ça fait de suite plus, mais quand même…

Ca se reproduit pas mal dans la série, on dirait

Ca se reproduit pas mal dans la série, on dirait

Bref, la vie privée des personnages prend beaucoup de place dans le roman, sans doute parce que tous les meurtriers du coin sont reliés d’une façon ou d’une autre à Erica, son mari, sa soeur… Non mais en fait, cette fille porte une poisse noire. Elle sympathise avec sa voisine ? On noit l’enfant de celle-ci. Elle va voir un spécialiste de vieux objets nazis ? Il se fait buter. Elle sympathise avec le bibliothécaire ? Il publie un livre et ça devient la merde totale dans sa vie. A un moment, je serais son mari, je lui empêcherais de parler à qui que ce soit, ça lui évitera de gérer tous les meurtres du coin.

Harriet Andersson, Claudia Galli

Harriet Andersson, Claudia Galli

Mais revenons en au polar en lui-même. L’écriture est efficace mais, une fois de plus, je réussis à mettre les pièces du puzzle en place à temps, n’étant donc guère surprise à l’heure du twist final. Mention particulière cependant à “Le gardien du phare” qui a vraiment réussi à m’avoir, faisant donc de ce roman mon préféré de la série et de très loin. Le dernier aussi m’a pas mal surprise… Est-ce qu’à force de pratiquer, Camilla est devenue très bonne pour gérer les fausses pistes et ménager les révélations ? Pas impossible. Car malgré le côté “j’en ai un peu marre d’Ericka qui est au centre de tout” (et de sa soeur boulet), ça reste un moment de lecture agréable que je ne saurai que conseiller. Ne serait-ce que parce que ça donne furieusement envie d’aller à Fjackabala, Fajkaballa… Enfin, là-bas quoi.

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(Et il faut que je chope la série, rien que pour les paysages)

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N’oublie pas les oiseaux de Muriel Magellan

Fidèle à sa fonction de dealeuse de bonne came littéraire, ma mère me glissa dans les mains un roman autobiographique vendu comme suit “c’est l’histoire d’une fille qui a une folle histoire d’amour avec le metteur en scène de Starmania”. Ayant eu une folle passion pour Starmania dans ma jeunesse, j’ai donc voulu le lire. Bien m’en a pris.

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Ca commence dans une morgue. Murielle, l’auteure, vient rendre une dernière visite à l’amour de sa vie, décédé, accompagné de leur fils. Pendant que l’enfant ne saisit pas bien ce qu’il se passe, elle se remémore cette histoire d’amour insensée, mêlant récit et extraits de ses journaux intimes pour se replacer dans ses pensées de ce moment là.

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Muriel est une jeune provinciale qui a un don certain pour la chanson. Une fois son bac en poche, elle monte à la capitale pour intégrer une école d’artiste, une sorte de Fame academy sans élèves qui dansent aux quatres coins de l’établissement. Muriel est plutôt timide et effacée. Lorsqu’elle croise la route d’un de ses professeurs, Francis Morane, sa vie prend un tournant. Pendant longtemps, elle s’imagine trop quelconque pour réellement l’intéresser, elle travaille comme une forcenée pour réussir et attirer un peu de son attention. Pas forcément pour une histoire mais plus pour être reconnue par celui qu’elle admire par dessus tout.

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Leurs routes se croisent quelquefois jusqu’au jour, où, finalement, ils passent une nuit ensemble. Une histoire d’amour en dents de scie, tumultueuse. Morane est insaisissable, il ne veut pas s’engager, il ne veut pas qu’elle tombe amoureuse mais ne veut pas qu’elle s’éloigne pour autant. Elle le perd, elle le retrouve, ils finissent par s’installer et faire un enfant. Avant de se séparer à nouveau car Morane a une nouvelle compagne. Puis la réconciliation sur le lit de mort de l’artiste, atteint d’un cancer.

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Ce roman autobiographique m’a touchée en plein coeur. Je crois que j’aurais dû le détester tellement Morane représente l’archétype du pervers narcissique, comportement que j’abhorre depuis que j’en ai croisé un et l’ai vu détruire méthodiquement l’entourage de l’une de mes (ex) amies pour l’enfermer dans son piège. J’aurais dû crier, vouloir secouer Murielle Magellan par les épaules en lui criant qu’elle est trop conne. Parce que oui, parfois, elle accepte des trucs qui paraissent impensables. Mais elle le fait en tout conscience et porte un regard compatissant mais pas mièvre sur son elle d’avant, celle qui avala tant de couleuvres par amour. Finalement, je l’ai aimé ce livre, passionnément. J’ai été heureuse et triste avec elle, j’ai ressenti des choses. Peut-être grâce à sa plume, peut-être grâce aussi aux extraits des journaux intimes qui donnent une épaisseur supplémentaire au roman. Peut-être aussi parce que Murielle Magellan raconte cette histoire simplement, joliment, sans règlements de compte, avec tendresse.

Alors il faut lire ce roman. Et moi, je pense de plus à plus à m’acheter un cahier “journal intime”. D’abord pour son côté catharsique mais aussi parce que parfois, c’est sous le coup de l’émotion pure que l’on écrit les plus jolies choses.

PS : Ce livre m’avait inspiré cet article là sur les ruptures et ce que j’aurais aimé que mes exs me disent à ce moment là.

 

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La responsabilité Doctissimo

Des fois, j’ai un petit pet de travers. Plutôt que de pousser la porte du premier généraliste, je tape mes symptômes sur google qui me renvoie toujours vers de fantastiques conversations doctissimo qui transforment ton petit rhume en cancer phase terminale.

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Fin février 2012, à quelques heures de m’envoler pour la Thaïlande, c’est la panique totale : je crache mes poumons et surtout, à chaque mouchage, j’ai du flux qui me fait très très mal au cou. Qu’est-ce que donc. Ni un ni deux, je saisis mon clavier (à 23h, je vais pas appeler SOS médecins pour ça) et je découvre une conversation sur Doctissimo qui semble m’expliquer que j’ai les symptômes…du SIDA. Ok pince toi le haut du nez, souffle un bon coup… Et évite de pondre une réponse assassine à tous ces crétins.

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Point médical avant de poursuivre : on ne meurt pas du sida mais de la maladie attrapée à cause de l’immuno-déficience provoquée par le sida. Donc parler de symptômes du sida est une hérésie totale mais la conversation reste en ligne, comme par exemple le mec qui se demande s’il a le sida car il a un petit rhume et qu’il reçoit en réponse des “faut attendre 6 semaines pour avoir les symptômes”. Et personne n’efface ça ?

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Je vois de graves problèmes là dedans. Imaginons que le débile à l’origine de la conversation se sente bien au bout de 6 semaines, il va aller retremper son biscuit Dieu seul sait où en se croyant séronégatif. Il l’est peut-être, la seule façon de le savoir est de faire un test et non de guetter des symptômes imaginaires. Peut-on laisser de telles hérésies en ligne ? J’aurais pu répondre pour remettre un peu de vérité dans toutes ces conneries mais je ne suis qu’une internaute lambda, je n’ai aucune légitimité médicale même si je pourrais m’en inventer une, tiens, qui irait vérifier ?

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Evidemment, c’est le jeu des forums, l’info est biaisée, on peut se prétendre être qui on veut, peu importe qui l’on soit. Mais si les psychopathes qui s’inventent une vie ou des pathologies pullulent, ils ne sont que pathétiques et (relativement) sans danger. Par contre, se poser en fin connaisseur des symptômes du SIDA me pose un gros, un très gros problème : on en touche à la santé publique. Que foutent les modérateurs ? Non parce que moi, je sais que c’est du flan mais qui me dit que toute personne tombant sur cette conversation sera capable de faire la part des choses. Ne pensez pas que je me pose en fille über intelligente face à la masse stupide et ignorante mais quand je vois une demi douzaine de personnes participent à cette discussion sans qu’une personne signale que les symptômes du SIDA n’existent pas, je peux légitimement me poser des questions. Et je parle de cette conversation car il s’agit d’un exemple précis croisé mais j’ai lu d’autres choses curieuses. Par exemple, je souffre pas mal d’acouphènes (notamment pulsatiles, c’est un peu flippant), j’ai un peu fouillé sur Internet pour tenter de comprendre et j’ai lu des dizaines et des dizaines de causes, réelles ou supposées, j’ai découvert la prose délirante d’hypocondriaques faisant d’une montagne d’un petit symptôme (ça semble lié à la spasmophilie, c’est un des symptômes. Mais vu que je fais de la plongée, je pense que c’est une explication bien plus plausible). Si je cherche à Google de m’expliquer des causes plausibles d’un symptôme, c’est que je ne sais pas de quoi il peut bien s’agir (et surtout pour lire que tout ça n’est rien, pas la peine de consulter donc. De toute façon, mes acouphènes n’ont lieu que le soir quand je me couche, comment je montre le truc au docteur, hein ?). Donc si je ne recroise pas les infos, je risque de me fourvoyer, penser que je vais bien car je n’ai pas certains symptômes ou mal parce que je viens d’éternuer et d’après Doctissimo, je dois avoir chopé Ebola. Quand mon cousin a appris que ma mère avait un lupus, il a cherché sur Doctissimo et appelé ma mère en pleurant sur le thème “tu vas bientôt mourir, c’est horriiiiiible”.

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Bref, si doctissimo remplissait sa promesse jusqu’au bout, il faudrait une modération drastique pour virer ce genre de propos dangereux et faire intervenir des médecins “officiels” afin de rétablir la vérité. Ou alors arrêter de croire ce qu’on lit sur Doctissimo…

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Mythomanie virtuelle

Vendredi, j’ai découvert une histoire assez moche sur le blog de Sonia. Une jeune fille paumée s’est fait passer pour ce qu’elle n’était pas, à savoir la sœur d’une jeune fille atteinte de leucémie. Pendant 3 ans, elle a volé les photos de deux autres blogs pour donner chair à Noa, jusqu’à la tuer de leucémie, donc. Violent. Mais elle a fini par être découverte. Même virtuels, les mensonges finisssent toujours par être trop gros.

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Dans la vie, j’ai croisé des mythomanes. Enfin, j’utilise le sens vulgaire du mot, le sens clinique est très restreint. Des menteurs et surtout des menteuses d’ailleurs, des gens aux vies extraordinaires… mais fausses. Sur le coup, on y croit mais arrive le moment où ça n’est plus cohérent, où ça bute. Je veux bien être prise pour une conne mais ne tirez pas trop sur la corde, ça finit par casser. Surtout que grâce à mon empathie (ou mon intuition, je ne sais pas), je ressens avant de comprendre qu’il y a un malaise, une sensation étrange de ne pas être bien en présence de la personne. Jusqu’à comprendre, jusqu’à remettre toutes les pièces en ordre et voir le gros vilain mensonge. 

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Derrière un écran, on se sent plus fort. Quand j’étais community manager chez TGGP, je devais m’inventer des vies pour créer des conversations et faire démarrer la communauté. Je me souviens d’un personnage, notamment, une jeune femme en relation avec un de ses collègues mariés… Jusqu’à ce qu’elle apprenne par accident que la femme de ce dernier était enceinte. Les messages de soutien des autres internautes étaient sincères, ça m’a gênée. Dieu merci, personne n’est arrivé en disant « oh mais moi aussi, il m’est arrivé la même chose », là, j’aurais été carrément mal. Et là, encore, mon mensonge touchait à quelque chose de pas si grave, il n’y a pas mort d’homme si j’ose dire, juste la mort d’un couple qui n’a jamais existé. Mais si ma mythomanie, sponsorisée par mon employeur, n’a fait de mal à personne, à priori, il est des cas, somme toute assez nombreux, où les internautes profitent de l’anonymat pour s’inventer de vrais drames. Top des maladies que l’on est supposés avoir ou dont un membre de notre entourage immédiat a contracté : le cancer et la leucémie. Pas le Sida, c’est un peu honteux. Et si vous mentez pour attirer la tendresse d’une cible amoureuse, le sida, ça complique les choses. Non, le cancer ou la leucémie, c’est bien parce que c’est grave et même mortel pour certains mais surtout la médecine reste encore surprise par certaines rémissions. Pratique : j’ai un cancer, je vais mourir. Ah non, en fait, j’ai guéri, miracle ! Le mythomane virtuel guérit de sa maladie mais le proche en meurt. En cherchant un peu sur le web pour cet article, j’ai trouvé l’histoire d’une maman  de 4 enfants racontant qu’une de ses filles est mourante d’une leucémie. Un jour, elle annonce la mort de la petite. 2 jours plus tard, elle raconte nonchalamment ses soldes. Les autres mamans ont hurlé à la mythomanie. Ok, la vie continue mais deux jours après le décès de son enfant, même
si on est parfaitement insensible, on a le nez dans les démarches pour organiser les obsèques. 

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Et j’ai lu cette phrase, dans cette conversation ou dans une autre : « on croit qu’on peut mentir sur le web car on ne fera du mal qu’à des inconnus donc c’est pas grave ». Oui, du mal. Pour en revenir sur l’histoire de Salomé, des gens ayant un enfant ou un membre de leur famille atteints se sont investis auprès d’elle pour l’aider, la soutenir. Ils se sont investis émotionnellement parlant jusqu’au faux décès d’une enfant qui n’a jamais existé. Mais ça, ils ne l’ont su qu’après. Pleurs, rage, désespoir. Tout ça pour rien. Au-delà de la colère, légitime, reste toujours cette question : pourquoi ? Réponse simple : pour attirer l’attention. Les mécanismes qui nécessitent cette attention sont eux plus compliqués. Besoin de manipuler les gens pour les soumettre, besoin d’exister aux yeux des gens, besoin de s’échapper de son quotidien monotone en s’inventant une autre vie digne d’un téléfilm de M6. Chacun son histoire, je suppose que certains sont plus excusables que d’autres. Mais il n’en reste pas moins que j’ai toujours du mal à comprendre. Déjà dans la vraie vie, le mensonge est difficilement tenable sur le long terme, à moins d’à chaque « nouvelle existence », on évite que les gens au courant de « l’ancienne » entendent parler de ceux qui sont dans la « nouvelle ». Ou on reste régulier sur ses mensonges
pendant des années et des années mais là, faut quand même couper avec la famille et les vieux amis. Mais dans le virtuel, tout est possible, on peut s’inventer plusieurs identités et plusieurs vies. Dieu merci, si j’ose dire, le mythomane, emporté par son désir de reconnaissance, finit toujours par aller trop loin, être incohérent et se faire démasquer. C’est le cas de la maman évoquée plus haut : trop désireuse de ramasser les messages de soutien de ses copines, elle a commis un faux pas.

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Alors quoi ? Ne faut-il plus croire personne ? Peut-on se permettre de douter des gens aux maladies graves car ils n’oseraient pas mentir là-dessus et que nos doutes pourraient les enfoncer ? Je ne sais pas. Je crois qu’avant tout, il faut toujours rester vigilant et se fier à son intuition. Si on sent que quelque chose coince, c’est peut-être parce que c’est le cas. Mais gardons tout de même en tête que sur le web, il n’y a pas que des attention whores et autres pervers manipulateurs. 

 

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Doctophobe moi ? Heu oui

On dit que les cordonniers sont les plus mal chausses donc je suppose qu’en bonne fille de médecin, il est normal que je déteste aller chez le docteur. Non pas que je déteste le corps médical mais j’ai peur de ce qu’il pourrait me dire.

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Mardi, 11h38, ma mère (qui avait rendez-vous à 10h45) m’abandonne pour suivre sa consultation, moi, je n’ai rendez-vous qu’à 11h30 (soit 12h15). Oui, dans ma famille, on a de super activités mère-fille. Au menu du jour : pose d’un stérilet. Depuis que j’ai un compagnon officiel pour mes parents (qui n’ont aucune idée de la complexité de la situation réelle), ma mère semble heureuse pour moi mais légèrement flippée à l’idée que, tout à coup, je me mette à assurer la descendance. Qu’elle se rassure, je n’envisagerai rien de tel tant que je continuerai à changer de boulot tous les ans… Donc me voici dans la salle d’attente du gynéco, gavée de spasfon en préventif, le sexe sentant le savon, une vieille culotte en cas de saignements. Et je psychote. Non pas sur la pose du stérilet en lui-même mais sur la consultation. Et si on me trouvait un truc ?

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Ça ferait un peu comme dans les téléfilms, je souris à la vie et elle me le rend bien mais un jour, au détour d’une consultation anodine, le drame se noue ! Le gentil docteur m’annonce la terrible nouvelle, genre un cancer, tiens. Je sais que je me fais des films (et que je dois calmer ma merdophagie, je regarde trop de téléfilms pourris) mais ça peut arriver. Par exemple, y a 3 ans, la cousine va chez le dermato faire contrôler ses grains de beauté et là, le docteur panique littéralement et lui programme une intervention en urgence pour un grain de beauté suspect. Nous,
on a imaginé le pire (cancer de la peau, tu meurs en 6 mois max à ce que disait ma mère). A l’arrivée ? Rien de rien, juste une flipette de 15 jours.


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Donc me voici désormais dans le bureau du docteur qui a fait naitre ma sœur. Je lui raconte mes dernières péripéties vaginales, le traitement préventif pour la chlamydiae que j’ai dû prendre car un amant pouvait éventuellement l’avoir attrapée, la mycose suite à la prise d’antibiotiques. Là, il m’annonce que mon dernier frottis datant de 10 ans (quelle honte, je pensais pas…) donc j’ai la combo frottis- stérilet, ouais ! Bon, il faut le faire, c’est important mais dans sa petite boîte de petri, y a peut-être un grand drame.


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Je ne sais pas d’où ça vient, ça, cette terreur de la maladie. Oh enfin si, ça vient de toute cette pression médiatique qui nous sort quotidiennement la liste de plein de saloperies qu’on pourrait avoir et qu’il faut en permanence se vacciner. Je veux bien mais je suis à peu près persuadée que si je fais tous les vaccins qu’on me préconise à la télé, à la
fin, je vais briller dans le noir. Je ne suis pas quelqu’un d’hypocondriaque à la base mais à force d’entendre parler de toutes les maladies du monde, on finit par se poser des questions. J’ai un truc qui gratte, là, n’aurais-je pas contractée une nouvelle forme de peste ? Et cette boule, là, sur mon bras, c’est pas un peu un kyste ? Ah non, c’est une piqûre de moustique.
Hé mais je tousse, j’ai un cancer, ça y est ! Je savais bien que j’aurais dû arrêter de fumer avant même de commencer. A moins que ce ne soit le nutella ou l’aspartame. Mais je 
reviendrai plus longuement sur cette question.

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Bref quoi qu’il en soit, mon psychotage en salle d’attente n’a pas servi à grand-chose. Hop, vas y que je m’allonge sur la table, les pieds dans l’étrier (ça c’est un peu top par contre, j’aime bien avoir les jambes un peu surélevées), hop le spéculum entre en œuvre, mon utérus proteste et je le sens en train de pousser le spéculum vers la sortie (j’ai un utérus protectionniste, apparemment), hop, le frottis, je douille un peu pour la pause du stérilet car « ah, votre utérus résiste un peu ». Non mais utérus, entre nous soit dit, tu m’emmerdes déjà 1 voire 2 jours par mois à me plier par terre et même à me filer des coups (je vous jure que c’est la sensation que ça me fait), tu peux pas te tenir correctement pour une
fois ? Bordel, ai-je envie d’ajouter. Ca piquouille un peu mais délivrance ! Normalement, je suis stérile pour les 3 prochaines années. Bon, j’ai un peu douillé le reste de la journée, j’ai l’impression qu’il va piquer la queue de mon prochain amant (mais non, ça ne risque rien, hein !), qu’il va s’accrocher à mon prochain tampon mais je vais l’occulter, ça va aller. Puis
j’ai pu jouer les princesses avec ma maman qui m’a interdit de faire quoi que ce soit aujourd’hui car je dois me reposer. Bon, à la fin, je suis quand même allée faire ma quasi heure d’aquagym, seul truc qui a calmé la douleur.

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Je referai un article sur le stérilet dans quelques temps pour raconter, là, j’ai juste envie de dire que me taper deux fois des règles douloureuses à une semaine d’intervalle, c’est pas le meilleur…

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Les desperate singles, les femmes les plus pénibles du monde ?

L’autre soir, je regardais Fox life (mais mon Dieu, pourquoi ? Y a même plus des jours et des vies) et je tombe sur la bande annonce de Brothers and sisters.
Rien que la bande annonce, je diagnostique une série chiante à pleurer avec Sally Field, Rachel Griffiths (Brenda de Six feet under) et… Calista Flockhart. Là, de voir sa tête de Droopy dépressif, je soupire. Mais au fait, pourquoi je ne l’aime pas Calista ?


Evidemment, je ne sais rien d’elle, à part qu’elle sort avec Harrisson Ford donc pourquoi cette antipathie pour cette pauvre Calista ? Mais c’est bien sûr : Ally McBeal. Et là, j’ai eu une révélation : qu’il y a-t-il de plus pénible qu’une desperate single ? Je prends les cas « connus », les héroïnes de films ou de séries mais franchement, y en a pas une pour rattraper l’autre, que ce soit Ally, Clara Sheller, Carrie Bradshaw, Susan Meyer, Bridget Jones… pardon mais de vraies filles casse-couilles (ou ovaires, choisis ton sexe, lecteur). Elles sont toutes pareilles : « han, le célibat, c’est trop moche ! Han, j’ai rencontré un mec mais je sais pas, je lui fais un bisou le premier soir ? Et la langue, je la mets quand ? Han, Steve, il m’a pas rappelé depuis 3h, je suis désespérée ! Han, Steve, il a fini le PQ et n’en a pas remis, non mais tu imagines ? Han ! Steve, il m’a plaquée ! Han, Steve, je l’aime et il me manque trop ! Han, le célibat, c’est trop moche ! Han, il est mignon Brad mais tu crois que je peux lui envoyer un mail de blague pour le draguer ? ».  Résultat : on les déteste. Je trouve assez fort de créer des séries autour de ces femmes globalement peu appréciées mais le fait est que ça marche. Parce qu’on se trouvera toujours moins pathétiques en comparaison ?


Mais le pire, ce sont les vraies desperate singles, celles de la vraie vie. Parce que oui, en vrai, elles existent. Et quand je dis elles, soyons généreux, y a aussi des desperate singles mâles. Scannez un peu votre entourage et identifiez celui ou celle qui ne parle QUE de sa vie amoureuse ou de sa non vie amoureuse, qui préfère répéter 100 fois que « les mecs, c’est tous des connards » plutôt que de laisser la conversation glisser sur un autre sujet plus intéressant ou plus général. Parce que le desperate single, au début, tu veux être sympa, tu le rassures genre « mais non, t’as pas de problème, on ne peut pas tous être en couple tout le temps, ça va venir, tu as toutes les qualités, ne t’en fais pas… ». Erreur, on tombe dans son piège ! Parce qu’en voulant le rassurer, on lui sert d’oreille compatissante et du coup, c’est parti, on a droit à écouter toutes ses névroses amoureuses depuis Thomas, son voisin quand elle avait 4 ans et dont elle était amoureuse mais tu comprends, il n’a pas voulu lui prêter son seau et ce fut le drame… Parce que la desperate single n’a qu’une chose de réellement passionnant dans sa vie (à ses yeux, j’entends) : les hommes. Elle passe sa vie à parler de celui qu’elle a en vue, celui qu’elle a réussi à attraper, celui qui lui a brisé le cœur. Quitte à ressortir de vieilles histoires de temps en temps histoire d’avoir quelque chose à dire. Inutile d’essayer de parler de vous, elle s’en fout (à moins de parler de vie amoureuse pour qu’elle puisse vite dire « ah ben c’est comme moi, blablabla). Si on prend le cas Bradshaw, ses amies peuvent traverser les pires galères du genre « oh tiens, je suis enceinte et je ne le voulais pas », « oh, tiens, je divorce », « oh tiens, j’ai un cancer », elle va compatir trente secondes puis pleurer parce que Mister Big ne l’a pas appelée ou je ne sais quoi d’autre.



Bref, à bien y réfléchir, oui, ces filles sont pénibles et une fois repérée, personnellement, je la fuis. Non que je n’ai aucune compassion mais arrive un moment où recevoir des textos à 0h30 m’informant que X est un connard (véridique), je suis désolée mais non. Sauf de la part de mes amies identifiées comme telles et qui savent qu’elles peuvent le faire. Surtout que soyons réalistes, si j’étais douée en relations amoureuses, ça se saurait. Ce n’est pas parce que je vis bien mon célibat que je dois servir d’épaule à toutes celles qui ne supportent pas de vivre seules plus de deux jours…



Mais va quand même falloir m’expliquer pourquoi les desperate singles sont toujours des héroïnes de séries… de séries qui cartonnent en plus.

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Comment rater sa sortie en beauté

(article odieusement cynique)

La vie, finalement, ce n’est pas grand-chose : une date de naissance, une date de décès, des dates de mariages ou d’accouchement, quelques faits remarquables
mais rien de plus. Donc pour passer à la postérité, une mort un peu dramatique fait bien. On a les cas de Marilyn ou James Dean qui ont réussi leur sortie de main de maître, on peut aussi citer Elvis et l’éternelle légende du « mais non, l’est pas mort ! ».


Puis y a Farrah Fawcett. Résumons la vie de la dame : elle est née, a joué dans une saison de drôle de dames et est devenue célèbre grâce à son brushing (c’était un peu la Jennifer Aniston de l’époque) puis elle s’est mariée à Lee Major, celui qui valait trois milliards. Puis c’est tout. Alors quand Farrah a été atteinte d’un cancer, elle a surmédiatisé sa maladie, un peu à la Jade Goodkin. Farrah était donc prête à mourir devant les médias du monde entier, histoire qu’on parle d’elle une dernière fois.


Elle s’est donc éteinte hier… Mais pas de chance, elle est morte juste 4h avant Michael Jackson. Du coup, ce matin, quand on m’a annoncé la mort de Michael, j’ai répondu : « ouais et Farrah Fawcett aussi » et là, j’étais la seule au courant, magique. Pauvre, pauvre Farrah. C’est pas que je lui étais attachée mais vu qu’en temps que bons petits moutons, tout le monde pleure Michael Jackson, le même que tout le monde avait globalement oublié, le même dont tout le monde se moquait il y a encore quelques jours. Mais vous savez, comme toujours, les morts deviennent soudain merveilleux. Je ne nie pas le parcours incroyable de Michael mais faut pas déconner non plus. De toute façon, j’économise mes larmes pour des choses qui me touchent vraiment et la mort de stars que je ne connais ni de loin ni de près ne m’émeut pas une seconde.


Voilà, Farrah est morte comme elle a vécu : finalement, elle a tout raté d’un rien. Elle aurait pu devenir une actrice incontournable de sa génération, on n’a parlé que de son brushing. Elle aurait pu rester mariée à Lee Majors, elle s’est retrouvée avec Ryan O’Neal. Elle aurait pu mourir un jour sans actu lourde pour qu’on ne parle que d’elle, Michael Jackson en a fait autant quelques jours après. La seule chose qu’on retiendra de Farrah, c’est son brushing très glamour des années 70. Et éventuellement qu’elle est morte le même jour que Michael Jackson.



Sortie : ratée.

En attendant, je n’allumerai ni télé ni radio ce week-end, je sens l’overdose de Michael Jackson poindre.

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De quoi vais-je mourir aujourd’hui ?

S’il y a une chose qui m’insupporte au possible, c’est le catastrophisme ambiant surtout en matière de santé. En ce moment, avec la grippe porcine… Euh, grippe A, pardon, on déguste : attention, on va tous crever, y a déjà des gens qui meurent et le virus se propage partout, c’est la fin du moooooooooonde !


Remettons les choses dans leur contexte. Nous avons 11263 cas confirmés dans le monde pour 89 morts certifiées. Notre bonne vieille grippe, celle qu’on estime anodine et qui nous rend bien malade touche 2.5 millions de Français par an en moyenne et tue entre 100 et 1500 personnes. Alors pardon messieurs dames de l’OMS mais vous n’avez pas un peu exagéré ? Je comprends que l’arrivée d’une nouvelle maladie vous fasse flipper mais l’histoire nous a déjà appris que s’inquiéter à ce point n’ était pas forcément nécessaire. Souvenez vous du SRAS, la maladie dont on devait tous mourir ou à peu près et qui finalement s’est arrêtée comme elle a commencé. Bref, comme disait mon père : « une grippe mondiale qui touche 10 000 personnes et en tue 50, faut arrêter de s’exciter ».


Alors oui, ok, faut bien surveiller cette nouvelle mutation du H1N1 puisque une de ses variantes a provoqué la grippe espagnole de 1918-19 tuant 30 millions de personnes (Wikipedia est mon ami, bien sûr). Sauf que là, je suis fatiguée par ce catastrophisme, surtout qu’on a les vaccins et on en a bien plus qu’il n’y aura de malades alors c’est bon, lâchons un peu la pression.



De toute façon, il faut bien mourir un jour et je crois que mourir d’une grippe en une semaine chrono, ce sera toujours mieux que les milliers de cancers qu’on me promet. Je résume. Je fume et je vis dans une ville polluée : possibles cancers des poumons et de la peau, de toute la tuyauterie respiratoire… Même si j’en suis actuellement à 3-4 cigarettes par jour. Non, je ne veux pas arrêter. Ensuite, j’utilise des produits de beauté à base de paraben qui va sans doute me coller un cancer du sein. Faudra au passage m’expliquer comment une crème pour le visage peut me filer un cancer du sein, ça me fascine. Idem pour mon déo, d’ailleurs, cancer du sein. Je suppose que dans quelques temps, on va me dire que je vais aussi développer des cancers de la peau. Je consomme de l’aspartame, en quantité très réduites mais voilà, cancer, cancer, cancer. Ah et j’oubliais, téléphone, wifi : tumeurs au cerveau. Oui, au
pluriel, tumeurs parce qu’au boulot, on a tous des portables et on bosse en wifi, mon cerveau va se cloquer de partout.


Ah tiens, parlons bouffe. J’ai mangé au RU pendant l’histoire de la vache folle, ça m’étonnerait que j’ai pas attrapé Creutzfeld-Jacob. Mais avec le temps d’incubation, faut attendre un peu. Puis je mange des produits laitiers, du poulet, des légumes qui sont peut-être des OGM… Bon, bref, il paraît évident que je vais mourir d’un cancer ou d’une horrible maladie donc à tout prendre, une grippe, ça ira plus vite et ça fera moins mal.


Evidemment, je me planque derrière le cynisme et on va me dire qu’on ne peut pas rigoler de la santé, blablablabla. Oui, ok, mais le cancer a toujours existé, c’est une façon qu’a notre corps de nous faire partir parce que hého, nous ne sommes pas éternels. Mangez tous les fruits et légumes que vous voulez loin de la pollution des hommes et des vaches (bon courage), sans aucune onde à proximité… Certains cancers sont héréditaires donc c’est même pas sûr qu’on y échappe. Il y a plus de cancers qu’avant ? Certainement car ils sont dépistés plus tôt. Perso, je ne doute pas d’y avoir droit un jour : ma grand-mère paternelle en a développé un au sein (peu de chance que je l’attrape néanmoins), ma grand-mère maternelle est morte d’un cancer généralisé, mon grand-père maternel est indirectement mort de polypes dans les intestins, polypes dont ont hérité ses filles. Et je suis sûre que je n’ai rien d’un cas exceptionnel.

Le grand-père de Guillaume 1er vient de mourir d’un cancer généralisé fulgurant, exactement comme ma grand-mère. Mais il approchait des 90 ans et il avait fumé comme un pompier la majorité de sa vie, ce n’est même pas ce qui l’a tué.



En fait, j’en ai marre. On nous fait tellement flipper avec tout ce qui nous entoure qui va nous tuer que je finis par ne plus rien prendre au sérieux, d’autant que tous les jours, on nous sort des études qui prouvent tout et leur contraire. Tiens, prenons cette histoire d’étude scientifique qui prouverait que l’utilisation de la capote favorise la transmission du SIDA. En fait, les résultats de l’étude démontraient en gros que grâce à la capote, on a moins peur du sida et que parfois, ça casse et que du coup, là, on peut choper le
SIDA. Forcément, si je monte pas dans une voiture, j’aurai moins de chances de mourir d’un accident de la route.



Bref, je veux bien qu’on me prévienne que je vais mourir de tous les cancers et grippes qui existent. Seulement je crois aussi qu’il faudrait arrêter de s’alarmer pour un rien et faire du sensationnalisme sur le sujet. Je crois qu’arrive un moment où scientifiques et journalistes doivent aussi prendre du recul au lieu de nous jeter à la figure les conclusions d’une étude (en attendant la preuve du contraire dans l’étude suivante).  De toute façon, on mourra tous de quelque chose…

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