Paris a le blues

J’ai le blues de Paris

Paris, 7 ans ¾ que j’y vis. Le 28 mars prochain, je soufflerai la 8e bougie de notre vie commune. Et je ne te cache pas que je ressens comme une petite crise existentielle entre nous, je sens que mon amour pour toi s’essouffle un peu. En fait, c’est pas tant toi que la vie parisienne qui commence à me fatiguer.

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Tu es attirante et tu le sais. Quand je suis venue vivre ici, je m’imaginais une folle vie culturelle, le Louvre deviendrait ma 2e maison, je serai de tous les concerts. Une vie aussi hype que dans les magazines féminins. Sauf qu’une fois que tu deviens mon quotidien, je rate toutes les expos, je trace dans tes rues en ignorant des sublimes atours. Tu es ma vie, je ne te vois plus. Le week-end, je suis trop fatiguée pour aller mater quelques tableaux, photos ou oeuvres en tout genre. Je ne profite de ta beauté que lorsque j’accompagne des touristes (mes parents en général) dans tes rues, que je leur fais découvrir certains quartiers. Ces quartiers, justement. Ma vie parisienne se limite à quelques coins où je ne me rends que par intérêt, pour la chorale ou la piscine ou visiter quelques amis. Mon Paris se limite à quelques stations, à quelques lignes. 8 ans de parisianisme plus tard, je lève un sourcil quand je reçois un texto “je suis à Avron, j’arrive”. Je sais pas où c’est, moi, Avron, quelque part entre Jaurès et Nation sur la ligne 2, par là… Il y a ces quartiers que je ne connais pas et ceux que, depuis que je vis en ton sein, j’ai en horreur. Rendez-vous à Châtelet, Opéra ou, le pire du pire, les Champs ? Pitié, au secours ! Oh oui, c’est follement pratique, ces grands carrefours de lignes, y en a toujours une qui arrange les gens. C’est vrai. Mais les bars se suivent et se ressemblent, c’est impersonnel au possible. On fait Starbucks ou Indiana ?

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D’ailleurs, quand on me propose de sortir et qu’on me demande un point de ralliement, je ne sais plus que répondre. Mes cantines ont décliné, certaines ont même disparu. Mes bars de prédilection d’hier, je ne m’y retrouve plus, je ne suis plus chez moi. Etre chez soi à Paris, étrange concept tant on est dilué dans l’anonymat de la foule. Vous n’êtes point un individu mais un client. Et que dire de ces bars à la mode où il faut faire la queue pour entrer ? Une heure pour boire un cocktail, si tant est qu’on vous accorde le droit de rentrer. Ca, je m’y refuse. Je veux boire un verre, pas assister à une soirée privée ! Verre que je paierai un prix démentiel parce que c’est Paris…

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Et que dire de ce snobisme puant de la plupart de tes habitants ? Ceux qui crachent sur la rive droite ou gauche selon où ils vivent ? Qui trouvent hérétiques d’aller dans certains quartiers ou certaines banlieues ? Qui te regardent limite comme une merde faisandée parce que ô mon Dieu, j’habite en banlieue (pourtant dans une ville à fort pourcentage de CSP++… Enfin, je crois). Au départ, ce snobisme sent le jeu, le côté parvenu vu que 90% des Parisiens snobs ne le sont pas, Parisiens, justement. Un jour, ils ont débarqué dans la grand ville, chopé une chambre de bonne de 9m² sous les toits (mais à côté du jardin du Luxembourg) et ils se sont crus les Rois du monde. J’avoue que moi-même, je me suis un peu pris au jeu de la pétasse parisienne fut un temps. Un temps où manger des macarons Ladurée fut un must. Puis je me suis perdue dans la guerre de la hype où manger des macarons est un jour devenu totalement ringard (vu que ma consommation avoisinait les 15 macarons par an, je me suis pas sentie super concernée). C’est ça, Paris, aussi, les trucs incroyablement hype du jour ne le sont plus le lendemain. Avant, on se la racontait en boulottant une salade Cojean. Aujourd’hui, ça fait autant pitié que de grignoter un sandwich Sodebo acheté au Daily Monop (mais ça coûte 10 € de plus).

A Paris, t’es hype ou t’es larguée. Sauf que moi, j’ai jamais été hype, ni avant, ni depuis que je suis ici parce que, pour te dire la vérité, ma douce, je m’en fous. J’ai toujours eu la mode en horreur, je shoppe chez H&M, Promod ou Camaïeu sans complexes. Et même, pour être complètement honnête avec toi, je n’aime pas faire les soldes dans tes magasins surbondés de petites connasses hystériques et méprisantes. Moi, les soldes, je préfère les faire dans mon sud natal, où je fais pas une heure de queue pour essayer une robe. Par exemple. Et je te parle même pas de cette nécessité toute parisienne de porter des fringues de marque. Alors que pardon mais Maje, Zadig et Voltaire, Comptoir des cotonniers, c’est le conformisme à l’état brut. Et ça tient même pas trois lavages alors que t’y auras lâché un demi SMIC. Et je te parle même pas des Isabelle Marant, Vanessa Bruno et consort. Mais je reparlerai mode un autre jour.

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Bref, tu m’épuises Paris. Tu manques de simplicité, de véracité, de naturel. La panacée des grandes villes sans nul doute. Mais ici plus qu’ailleurs, j’ai la sensation que si tu rentres pas dans le moule, tu ne seras jamais tout à fait parisien(ne). Si tu ne brunches pas avec ta petite frange, tes bottes fourrées dans lesquelles tu rentres ton slim, ton sac immense posé nonchalamment sur ton avant bras, t’es pas vraiment parisienne. Et je n’évoque même pas avec toi le prix que la vie parisienne coûte même si je crois que c’est la clé de voûte de ma lassitude. J’ai beau gagner un double SMIC par mois, les fantaisies sont limitées. Ca aussi, c’est une histoire de grande ville. Peut-être ne suis-je juste pas faite pour toi…

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Les cantines déclinent toujours

Hier soir, je me suis fait cette réflexion. Cela faisait bien 3 mois que je n’étais pas allée dans mon bar de prédilection, je profitais d’un rendez-vous avec Enzo et Lucas pour renouer avec mes vieilles habitudes. 3 mois, c’est peu mais suffisant pour se dire que là, on ne reviendra plus. Même si le basil mojito est toujours aussi bon.

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Mais dès le départ, je tique « l’happy hour est fini », nous dit le mignon serveur en nous tendant les cartes. Il est 20h02. Autrefois, leur happy hour était bien plus élastique. Bon, tant pis. 12 € le basil mojito, on va le savourer. La musique est trop forte, l’adorable serveuse du début n’y est plus et ce depuis longtemps. Je noie dans le rhum cette sensation d’une époque désormais révolue. Les heures fastes où nous arrosions nos joies et nos peines de basil mojito n’est plus. Il faudra se trouver un autre bar.

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Suite à cet accueil quelque peu cavalier, j’expliquais à mes compagnons de table tout le drame parisien : les cantines déclinent toujours. Quand je suis arrivée à Paris, j’avais un bar et un resto de prédilection. 3 ans que je ne suis pas retournée dans le premier, bien 2 ans pour le second. A une époque, j’adorais aller au Curieux bar. La dernière fois,
le service a été particulièrement prévenant, nous laissant une bonne demi-heure pour choisir un plat. Alors que je commençais à suggérer à ma compagne d’infortune qu’on allait peut-être s’en aller, le serveur est enfin arrivé, j’ai suggéré très poliment de nous offrir un verre pour se faire pardonner de l’attente, on a eu des shots. Mais la carte s’est appauvrie, le lieu a perdu de son charme. Il va falloir trouver une nouvelle cantine. Et maintenant un nouveau bar. De toute façon, depuis qu’on ne pouvait plus aller au sous-sol voûté en pierre, je sentais que ce n’était plus tout à fait pareil. Relativisons : nouvelle vie, nouvelles places.

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Au-delà de ça, je me demande pourquoi cette éternelle insatisfaction qui finit par poindre dans nos lieux préférés. Je parle de Paris mais ça m’est arrivé en bien d’autres endroits. Dans ma ville natale par exemple, il y avait un resto très chouette avec une déco très originale et une terrasse follement agréable. Sauf que plus on y allait, plus le service
s’allongeait. Arrivés à 20h, repartis à 23h, c’est un peu long surtout que le resto était relativement petit. Evidemment, on me dira que vaut mieux ça que l’inverse, les restos qui te servent entrée/plat/dessert en même temps et t’enlèvent l’assiette à peine as-tu avalé la dernière bouchée pour gérer le deuxième service derrière. A Toulouse aussi, nos lieux chouchous déclinaient. Je me souviens d’un bar où l’on faisait la fête le jeudi soir, un bar sympa Place St Pierre où on a laissé plein de sous durant mon année de maîtrise de science po. L’année suivante, je veux y retourner avec deux potes. J’arrive en avance, je tourne dans le bar et comme je suis la première, je ressors. Je suis rejointe par les deux potes et là, le videur refuse de nous laisser entrer car les mecs sont en baskets. Et moi je suis… ah oui, tiens, en baskets. Et toujours la même conclusion : « on ne reviendra plus ».

adieu

Est-ce qu’objectivement, le service baisse ? Dans les exemples ci-dessus, il semble que oui. Mais n’est-ce pas notre niveau d’attente qui s’élève ? La déception inévitable d’une relation à long terme ? Un niveau d’attente trop élevé ? Le fait que le bar est plein alors ils n’ont pas besoin de faire plus d’efforts que ça ? Allez, essayons de voir le positif. En 2011, je vais trouver un nouveau quartier de prédilection. Reste à déterminer lequel parce qu’en quasi 6 ans (!! au passage), j’en ai écumé des quartiers. Tiens, si je retournais sur les Champs…

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Ahah, non, je déconnais. Sinon, y a des trucs sympas à Madeleine ?

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Qu’il est bon d’être déraisonnable

Comme je l’avais annoncé, l’année 2009 continue son show et je suis tellement en zone de turbulence que je préfèrerais limite le crash une bonne fois pour toute histoire de respirer un peu. Métaphore foireuse, je le concède. Mais bon, vu qu’il reste encore 41 jours que je suis bien obligée de les subir en attendant 2010, je deviens déraisonnable.

Suite à ma période alcoolique d’il y a quelques années, j’avais une certaine aversion pour l’ivresse et ne buvait que de façon occasionnelle. Ce qui me rend d’ailleurs très sensible à l’alcool. Pour peu que je sois fatiguée, un Martini et je ne sais plus comment je m’appelle, pour dire.

Seulement, ces derniers temps, ma consommation d’alcool a pas mal augmenté. Déjà un peu cet été suite à de nombreuses rencontres à caractère sexuel qui impliquent parfois un premier verre. D’ailleurs, il est étonnant de constater que je marche beaucoup plus facilement avec mes chaussures compensées avec 3 mojitos dans le baba. Et que l’alcool me rend excessivement affectueuse ce
qui avait donné une scène hallucinante (et très drôle cet été). J’étais dans un bar avec un jeune homme (j’ai baissé mes exigences en terme d’âge de mes amants, je tape dans le jeune vingtenaire maintenant. Ma propre angoisse de la trentaine ?) quand une dame pas bien plus sobre que moi commence à me parler pendant que le jeune homme paie (6 mojitos, il a la classe). Elle me raconte deux ou trois conneries quand soudain, elle se tourne vers mon compagnon « elle vous regarde avec les yeux de l’amour, elle est très amoureuse de vous, c’est beau ! ». Comment dire ? Le connaissant depuis environ 4h, je vais avoir du mal à être transie d’amour. Par contre, la myopie (et l’alcool) rendant le regard trouble, ça explique des choses.

 

Bref, ma consommation d’alcool en ce moment devient de plus en plus régulière mais j’ai de bonnes raisons (que j’expliquerai un jour, rassurez-vous… ). Et en plus, j’ai ma cops de beuverie, ma chère et tendre Vicky. Un petit exemple de nos vies dépravées du moment.

Un jeudi soir : on se retrouve à Opéra, on découvre un bar trop bien qui a un concept d’happy hour très élastique (c’est-à-dire que s’il s’arrête officiellement à 20h, une commande prise à 20h50 est encore en happy hour). Au bout d’un mojito pour moi et de deux pour elle (elle avait pris de l’avance), on se retrouve dans la rue à rigoler sans bien savoir pourquoi.

Le lendemain soir : on se fait un apéro virtuel : chacune avec sa vodka chez elle (la mienne était à la fraise, je vous conseille), on papote en rigolant et en commençant à mélanger les lettres (voire un peu les mots). Un train demain matin, faut que je me lève à 6h30 ? Ah, oups, c’est vrai !

Mercredi de cette semaine : Après une virée H&M où on a rigolé très fort du rayon déguisement (ah non, pardon, über tendance), on a récupéré une Sweet Ange et retour à notre bar fétiche. Et on a rigolé très fort.

Jeudi (hier) : Mango, re H&M (re-rigolade, on n’avait pas tout bien vu), re notre bar. On est repérées puisqu’en partant, la serveuse a dit « A très vite », ce qui nous a un peu terrorisées. Mais est-ce réellement notre faute si leur basil mojito est juste fameux ?

Et encore, je ne vous parle pas du resto avec Simon et Ioulia avec apéro et vin. Là où je suis franchement déraisonnable, c’est que je suis actuellement sous anxiolytique donc je ne devrais pas boire mais j’avoue que le sérieux, là, je vais m’en passer. Ces soirées sont ma bouée, mon shoot de bonne humeur et c’est juste une question de survie (je pompe des paroles, là, je sais). Et ce week-end, on champ’ un petit coup. Promis, dès que les turbulences se sont calmées, je redeviens sage.

Ah oui, faut aussi que je reprenne un peu mes orgies sexuelles, ça me détendra. (ou pas, j’ai surtout envie de dormir avec toutes ses conneries).

NB : Je sais que ça partira d’un bon sentiment mais ce n’est pas trop la peine de me dire que c’est mal les mélanges anxiolytiques et alcool, je le sais puis j’espère très vite ne plus en avoir besoin (des anxio, j’entends)

NB bis : un clip nase mais vu que j’ai plagié les paroles…

Tiens, j’avais jamais réalisé que ce clip était un peu une vilaine copie de celui des spice girls qui se passait dans le désert…

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Nina la séductrice

Lecteur, je vais te sortir une vieille histoire. Pourquoi ? Parce que d’abord ma vie est super calme. Ensuite, à l’époque, je l’avais pas raconté pour des raisons qui m’appartiennent. Mais bon, là, y a prescription.

 

L’histoire se déroule en février, il fait froid, il pleut. J’ai rendez-vous avec Gauthier et un charmant jeune homme qui s’appelle Bastien sur qui j’ai jeté mon dévolu. Je donne donc rendez-vous au jeune homme du côté de Bastille pour aller dans notre bar de prédilection mais je suis pas bien. Je me suis salement pris la tête avec quelqu’un dans la journée et j’ai très mal à la tête mais je pense que ça va passer. Je retrouve Bastien et direction le bar. On s’installe, Gauthier m’informe qu’il sera en retard, une bonne heure. Bon, Gauthier, il est toujours en retard mais là, c’était pour me permettre de profiter un peu du jeune homme en tête à tête. En temps normal, c’eut été appréciable mais je me sens pas bien.

 

On commande un cocktail. Je vais pas bien. Je commence à boire. C’est encore pire. En fait, mon mal de tête semble avoir des répercussions sur mon estomac. En pleine phrase, je me lève et cours dehors car j’ai la nausée mais ça passe. Je me rassois à ma place, un peu mortifiée. Bastien semble être sincèrement inquiet pour moi, j’imagine que les couleurs ont fui mon visage, je dois ressembler à un fantôme ! Bon, je laisse tomber mon cocktail et je prends un coca mais le résultat n’est pas forcément des plus brillants, je cours tantôt aux toilettes, tantôt dehors, sans pour autant arriver à vomir.

 

Gauthier arrive enfin, il voit ma tête et s’inquiète, pensant que mon entrevue avec Bastien se passait mal mais je lui explique que j’ai un petit souci gastrique. Bon, les deux garçons font connaissance tandis que je prie pour que mes soucis passent. Gauthier décide de me vendre mais il a des arguments pour le moins troublants : « Ouais, Nina, c’est une femme libérée… Enfin, libérée, libérée, elle aime bien se faire attacher de temps en temps ! ». Oh la vache ! Cette soirée est purement cauchemardesque, qu’est-ce qu’il lui prend de dire un truc pareil ! Bon, ça va, Bastien rigole en apprenant cette information, il part pas en courant, je suis rassurée.

 

Bon, mon estomac ne va pas mieux et soudain, je vomis. Mais je suis une fille bien, je mets ma main devant ma bouche et je cours au dehors, évitant de tout déverser sur Gauthier mais je démonte un peu la porte au passage. Je sors du bar : à droite, un groupe de gens donc je vais à gauche et je vomis. Pile devant la baie vitrée du bar. Donc tout le monde peut assister à mes prouesses gastriques meeeeeeeeeeeeeeeeerde ! Enfin, sur le coup, j’y pense pas, je retourne à ma place, sans doute blanche comme la mort et là, Gauthier m’informe poliment que j’aurais pu vomir de l’autre côté du bar, histoire qu’on me voit pas puis m’invite à boire une gorgée de coca. Je bois une gorgée ou deux, je retourne vomir et là, c’est bon, c’est fini mais je suis exténuée. On décide de quitter le bar, Bastien doit prendre un train tôt le lendemain et j’ai du mal à tenir debout. Je supplie Gauthier de me laisser dormir chez lui (à 10 mn à pied du bar) parce que je me sentais pas capable de rentrer chez moi (beaucoup plus loin, foutue banlieue). On quitte donc Bastien, Gauthier me ramène chez lui et me propose gentiment de me laisser une bassine au pied du lit mais c’est bon, la crise est passée, j’ai juste besoin de dormir. En cheminant, je gémis : « bouhouhou, je me suis cassée mon coup toute seule ! ». Et mon moumour de me rassurer : « Mais non, chuis sûr qu’il t’en veut pas, il avait l’air inquiet pour toi ». Bref, je me couche et j’écrase ma bulle pendant 12 bonnes heures, réagissant à peine quand Gauthier rentre de boîte. Le lendemain, ça va mieux, je rentre chez moi, bien dégoûtée.

 

A l’arrivée, Bastien ne m’en a pas voulu d’avoir passé la soirée à vomir, m’astiquant même sur le sujet lors d’un entretien téléphonique. Suis-je sortie avec lui ? Non, tu l’aurais su, sinon, tu sais que je ne te cache (presque) rien, lecteur ! Le problème ne venait pas de mon estomac, juste que Bastien avait une copine et était fidèle, c’est tout à son honneur.

 

En tout cas, je crois que c’est le pire plan drague de ma vie. Je n’avais pas vomi pour cause non alcoolique depuis 1997 ! Il fallait que ça tombe pile ce soir là. Enfin, ce qui me rassure, c’est que même malade, je n’ai pas dégoûtée Bastien à qui je plaisais bien, il me l’a dit à plusieurs reprises, ensuite mais bon, y avait sa copine et je suis pas du genre patiente, alors voilà…  

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Week-end excès

Sexe, alcool et nutella, tels étaient les maîtres mots de mon week-end ! Jeudi, je me réveille la tête dans le pâté, la descente d’alcool est un peu dure. Je me rends compte que mon chat roupille tranquillement sur ma tête, c’est limite si je n’ai pas sa patte dans le nez. Grand moment de solitude. Je me lève et je me mets à pleurer. Pas beaucoup, juste quelques larmes qui coulent… Là, j’ai touché le fond, je dois rebondir ! Je sèche mes larmes mais jeudi est une journée morte, je ne fais rien. Vendredi, j’ai un concept : je vais m’offrir un week-end excès ! Au menu : sexe, alcool et nutella !
L'alcool, c pas beau, l'alcool, c pas bien
 
Première étape : le nutella
Je vais donc au supermarché et je vais m’acheter plein de cochonneries, ça me motivera pour reprendre le régime lundi. De toute façon, une rupture (supposée), n’est-ce pas la meilleure des raisons pour abuser du chocolat ? Si, alors ! Donc, je prends au passage une double tablette de chocolat Lindt double lait. C’est aussi calorique que des Kinders mais c’est meilleur. Bon, allez, pour me donner bonne conscience, je prends un paquet de céréales, aussi, des bas résilles et une boîte de croquettes pour la Kenya. Oui parce que Kenya, elle n’aime pas les croquettes Leader Price, je ne peux que lui prendre des KiteKat, je vous jure ! Bon, voilà, je rentre, je range mes courses et je fume. Oui, je m’étais dit que sortir avec Arnaud serait une bonne occasion d’arrêter puisque lui était non-fumeur mais quand il était avec moi, il m’en taxait une ou deux… Bon et bien je trouverai une autre occasion de m’arrêter. Donc, voilà, ce week-end, j’ai mangé tellement de chocolat que je ne comprends pas comment ça se fait que je n’ai pas vomi mes tripes.
 
Deuxième étape : l’alcool
Bon, là, ce fut pleinement rempli grâce à mon Gauthier adoré. En effet, dans mon malheur, j’ai une chance extraordinaire : Gauthier vient juste d’arriver sur Paris ! Lui aussi a des soucis donc vendredi, il m’appelle, j’avale mon chocolat et lui répond.
« Moumour, tu veux sortir ce soir ?
Ouiiiiiiiiiii ! J’ai décidé de me mettre la tête à l’envers, c’est mon week-end excès !
Heu oui mais j’ai cours demain… »
Bon, on se retrouve à notre nouveau bar de prédilection, on boit chacun deux cocktails, je commence à rigoler un peu trop mais tout est sous contrôle. La cuite, c’est pour samedi !
Le jour J, nous voilà devant Beaubourg : ce soir, on va dans le Marais ! On tourne un peu et on atterrit dans un café très sympa mais mon vagin et moi nous sentons vraiment seuls… C’est pas grave ! Après un coca pour lubrifier notre larynx, c’est parti ! Un sex on the beach et trois Piña Colada plus tard, je m’amuse à faire une pyramide avec les bâtons lumineux qu’il y avait dans les cocktails tout en rigolant comme une idiote. Gauthier est parfait : dès que je commence à évoquer Arnaud, il m’interdit de parler de ça, on rigole, on parle de nos vies sexuelles, pour changer, tandis que le serveur nous demande si nous faisions des cochonneries ensemble… Heu, non ! On boit, on boit, en face de moi, derrière Gauthier, il y a une librairie avec les calendriers des Dieux du Stade qui squattent la vitrine. Gauthier me livre des expressions qu’il utilise avec Océane pour désigner leur état alcoolique. Je ris, je ris, je ris… A un moment, je lui dis : « Héééééééé, tu connais la blague du bébé qui vient de naître ? » Il me répond oui et me tapote sur le front (c’est la chute de la blague) et, là, j’explose de rire…
On se dirige ensuite vers le Bataclan pour la soirée « Follivore », une soirée gay. Soit. On devait rejoindre un copain de Gauthier mais celui-ci tarde donc on consomme une vodka sunrise en attendant. Voici son pote et ses amis, on entre, on se prend 20 degrés dans la figure, on va danser sur la piste et là, grosse fatigue : Stone et Charden, Sylvie Vartan, Dave, Sabine Paturel et ses bêtises… Bon, on va chercher la conso à laquelle on a droit avec notre entrée.
On se prend des vodkas-quelque chose (lui pomme, moi orange). Il faut savoir que le verre était à trois-quarts rempli de vodka, le soft ne servait qu’à donner un peu de couleur. C’est pas grave. On boit, on danse, on est saoul, on hurle à la mémoire de Mister Big et un autre copain, Toulouse est dans la place ! Honnêtement, il fallait que mon taux d’alcoolémie soit supérieur à la moyenne pour que je me trémousse en hurlant sur les Mystérieuses Cités d’or, Snoopy par Chantal Goya, on commence à traîner quand ils passent Pascal Obispo ou Calogero… Bon, lecteur, le thème de la soirée étant les années 80, tu te rends compte que ça ne veut rien dire un thème de soirée ! Bref on sort, on rentre, on sort, on rentre, on n’a plus de voix, on est nazes donc on finit par s’échouer sur des fauteuils. Devant nous, un mec se prend une mandale sous l’indifférence générale, un autre m’asperge en s’affalant à côté de moi de boisson à la pomme (vodka ou rhum, je me suis pas léchée pour voir ce que c’était). Evidemment, il se relève et se casse sans s’excuser. A Paris, les gens ne s’excusent pas. Bref, on ne s’éclate pas plus que ça mais l’essentiel est sauf : j’ai ri, j’ai oublié ma peine de cœur.
 
Troisième étape: le sexe
Là, c’est raté. Samedi, j’hésite : ai-je envie de brouette ? L’alcool aidant, la libido s’active : oui, vive la brouette ! Sauf que dans une soirée gay, c’est pas gagné ! Comme j’ai dit à Gauthier : « une soirée gay, c’est comme aller dans une pâtisserie alors qu’on est au régime ! ». Bon, l’avantage d’être le vagin de service, c’est qu’on est un peu la mascotte du groupe mais ça ne vous rapporte pas une brouette. Quelques jeunes hommes sont appétissants… A un moment, on fumait dehors et un joli lot attendait un taxi, Gauthier fait : « Hou, je l’enculerais bien, lui ! » et moi, au summum de ma lucidité : « Ah ouais, moi aussi ! ». Mais bon, comme j’ai pas l’équipement nécessaire, ça va être dur ! Du coup, dimanche, j’envoie un texto à Laurent (après tout) mais cette partie-là de mon week-end excès n’aura lieu que demain. Il y a quelques temps, quand j’avais fait mon bilan de mes brouettes, j’avais dit : « j’aimerais savoir pourquoi Raphaël me fait la gueule et j’aimerais bien un dernier coup avec Laurent (et Reno, aussi) ». Donc, si tu ce que j’écris dans le blog se réalise, permettez : « j’aimerais passer une folle nuit de sexe avec Brad Pitt. » Là, c’est dit ! Toujours est-il que le pan sexe de mon week-end a été assumé par moi et moi seule…Heu bof, j’aime mieux un homme, quand même !
 
Et Arnaud ?
Et là, où en sommes-nous ? Jeudi, Louis me dit qu’il a reçu un mail d’Arnaud pour lui dire qu’il ne pouvait pas l’aider à déménager car il travaillait samedi. Ok, moi, je ne reçois rien. Samedi, la journée s’écoule, rien, rien, rien. Le soir, en me rendant en ville, je passe devant chez lui en train, la lumière est allumée : il est chez lui, il n’est pas mort et moi, pas de news. Dimanche, je me réveille : rien. Alors, à 16h30, je me décide à mettre officiellement fin à la liaison. Au départ, je voulais l’appeler mais je savais qu’il ne me répondrait pas donc son comportement très classe a engendré une réponse très classe de ma part : un texto. Bon, franchement, une rupture par texto, je trouve ça nul mais ce n’est pas pire que le silence radio. Je lui ai donc envoyé : « Très fort le coup du silence radio pour se débarrasser d’une fille, on me l’avait jamais fait. Non, en fait, je trouve ça minable et lâche ». Bon, d’accord, j’ai été sympa, j’ai pas mis les mots connard, salaud et enfoiré. Dimanche soir, Louis se connecte et me fait : « Hé, je suis chez Arnaud ! » Quand je lui ai dit que c’était terminé, il s’en voulait mais qu’est-ce qu’il y peut, lui, si son pote est un goujat fini ? Finalement, plus je le connais et plus je trouve que Louis est un garçon gentil. C’est dommage qu’il soit si difficile avec les filles car il mériterait d’être heureux avec l’une d’entre elles… Enfin, bref, ce n’est pas parce que ça s’est mal passé avec Arnaud que je suis fâchée avec Louis, je suis suffisamment intelligente pour faire la part des choses.
 
Cette rupture a quelque chose de positif : je me rends compte que j’ai progressé depuis mon autopsychanalyse. Cette fois, je ne me suis pas demandé ce qui clochait chez moi, je ne me suis pas du tout attribué l’échec de cette relation. Car, n’en déplaise à certaines qui ne connaissaient rien à ma relation, je n’ai pas commis de faux pas, je ne l’ai pas collé, je ne lui ai foutu aucune pression. Reste que je ne comprends pas : la dernière fois que nous nous étions vus, il m’avait prise en photo avec son appareil et son portable et là, plus rien. Pour moi, deux explications : soit il a trouvé une autre fille, soit il se lasse plus vite que son ombre. Mon correspondant virtuel m’a expliqué qu’une fois, il avait mis de la distance entre sa copine et lui pour voir ce qu’il ressentait pour elle mais il avait fini par la rappeler. Moi, je n’ai même pas eu de réponse à mon texto.
 
Alors, voilà, je suis repartie sur les chemins de la brouette puisque cette année, l’amour ne me réussit pas. Le mois que j’ai passé avec lui était bien, la fin merdissimale, je tourne la page, hop ! Comme m’a dit Alya sur son blog, elle s’attache et se détache très vite. Moi aussi. Je remets ma carapace aussi vite que je l’ai enlevée. Au moins, je me suis rendue compte que je pouvais tenter l’aventure à deux sans difficulté, c’est plutôt positif. Voilà, je suppose que certains s’amuseront de mes déboires, certains jubileront, même. Si le malheur des autres les amusent, tant mieux pour eux. Moi, je m’en fiche, j’ai déjà rebondi. Mon nouveau projet de vie : bosser, ça m’occupera.
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