Ton personnage, j’ai pas d’empathie pour lui

L’avantage de ne pas avoir trop le temps d’écrire, c’est que ça me permet d’avoir quelques livres d’avance à chroniquer. Ou pas, il y a certains bouquins sur lesquels je n’ai rien à dire. Depuis que j’ai abandonné « Je suis Pilgrim », j’ai avalé la promesse de l’ange de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos, Piégée de Lilja Sigurdardottir et Un monde après l’autre de Jodi Taylor. Et autant vous dire que réussir à créer un personnage suscitant un minimum d’ empathie, c’est vraiment un sacré challenge.

La promesse de l'ange de Frederic Lenoir et Violette Cabesos Piégée de Lilja Sigurdardottir Un monde après l'autre de Jodi Taylor

Sur ces 3 romans sus-nommes, nous avons 3 héroïnes : Johanna, Sonja et Maxwell. Et bien autant vous dire que je n’ai eu de sympathie et donc d’empathie que pour la 2e. Je ne sais pas encore si j’écrirais un jour un article sur ce roman donc à tout hasard : je vous le conseille. Alors pourquoi Johanna, Maxwell et ce bon vieux Pilgrim, qui n’a jamais été appelé ainsi pendant les 400 pages que je me suis cognées mais j’ai oublié son nom, ne m’ont pas émue ? C’est un peu difficile à lister mais en gros :

 

Leurs réactions sont illogiques

Alors ça, ça me rend hystérique aussi dans les séries Ou au cinéma, quand un personnage fait un truc débile alors que s’ouvrait devant lui un autre chemin tellement plus joli et évident. C’est souvent le signe d’un scénario mal maîtrisé, un peu un « Merde, je dois déclencher un nouvel événement, comment faire… ah ben tiens, mon héros/héroïne va sauter de l’immeuble en parachute. Oui, ok, il aurait pu prendre l’ascenseur mais c’est pas badass ». Un peu ce genre. Alors je sais qu’au naturel, je suis pas la fille la plus aventurière du monde, je suis à -17 sur l’échelle du trépidant (je ne cours pas pour descendre les escaliers car j’ai peur de tomber… monter en courant, je peux par contre) mais y a des moments où les personnages prennent des risques TOTALEMENT inutiles juste parce qu’ils raisonnent n’importe comment. Du coup, qualité de m’inquiéter pour eux, je m’agace de leur manque de jugeotte.

Les réactions illogiques des personnages : prometheus

Ils sont débiles

Le suspense est quelque chose de difficile à installer, notamment dans l’univers polar/thriller. On suit donc le personnage dans sa perception de l’énigme à résoudre, on dispose du même faisceau d’indices qu’eux. Or il arrive parfois que nous trouvions qui est le coupable avant la résolution de l’énigme… parce que c’est évident. Mais l’écrivain.e a choisi de ne pas arrêter son récit là et pendant les 100 pages restantes, on a envie de leur hurler qu’ils sont cons. Parfois, c’est juste qu’ils se noient dans un verre d’eau, qu’ils cherchent une solution et partent dans des pensées complexes alors que la solution est ultra simple et tu passes une partie du roman à soupirer devant les fausses difficultés du personnage.

Pretty little liars

« Mais comment elle sait tout, A. ? » Et jamais vous cherchez des micros, par hasard ?

Je ne les connais pas

Et là, on touche au cœur du problème. Je sors de mes romans pour parler du docufiction Mars qui est extrêmement révélateur du problème. Dans le 1er épisode, un astronaute, Ben, est salement blessé et tout ce 1er épisode va s’organisée autour de la survie du groupe en général et de la sienne en particulier. Sauf que j’ai vu ce mec 5 mn en cumulé et suivre son agonie et celle de ses camarades qui se mettent en péril pour le sauver… ben je m’en fous, en fait. Surtout qu’on avait en parallèle un laïus en mode « oui, on peut mourir mais c’est pour la science donc on est en paix avec ça ». Alors pourquoi vous êtes tous prêts à crever pour un mec qui a 9 chances sur 10 d’y passer ?

Le docu fiction Mars

Autre problème : le nom. Dans Pilgrim, le mec a plein de nom parce que espion, tout ça… du coup, j’avais du mal à vraiment m’intéresser à lui. Mais le pire, c’est Un monde après l’autre. Les personnages s’appelaient par leur nom de famille et donc notre héroïne était Maxwell voire Max. Pourquoi pas. Par contre, je n’ai pas compris si son prénom était Madeleine ou Lucy vu qu’elle a eu droit aux 2. Pareil, un autre personnage est soudain appelé par son prénom au bout de 200 pages, prénom qui avait dû apparaître dans une phrase de type « Je te présente Baptiste Tartempion qui fait ci, ça et ça et pia pia pia ». Le mec sera appelé alternativement chef et chef tartempion (à ne pas confondre avec Boss, c’est un autre personnage, ça). Du coup, quand y a un Baptiste qui pop tout à coup, je perds quelques secondes à comprendre de qui on me parle. Le nom est important, un personnage peut être nommé différemment selon qui s’adresse à lui… du coup, autant je peux admettre que je ne suis pas toujours 100% attentive quand je lis, autant un roman où j’identifie mal plusieurs personnages, le souci ne vient pas forcément de moi.

Halle Berry dans Catwoman de Pitof

Leurs motivations sont pétées

Là, c’est surtout le cas de la promesse de l’ange où la psychologie du personnage est un peu… surréaliste, dirons nous. Pendant tout le roman, je secouais la tête dès qu’elle justifiait un acte en mode « non, meuf, tu n’as pas le droit de piller une tombe parce que tu as fait un rêve chelou quand tu avais 8 ans » (c’est le vrai pitch du roman). Son obsession la rend d’ailleurs absolument insupportable.

Avoir de l'empathie pour un personnage

Ils sont insupportables

Justement. Que ce soit Johanna, Lucy-Madeleine ou le Pilgrim, ce sont des gens que je n’aurais aucun plaisir à rencontrer dans la vraie vie. Johanna et Pilgrim sont très imbus d’eux-mêmes, Lucy-Madeleine est lourde… mais très en fait. Elle m’a fait penser à plusieurs reprises à la Mickey du roman horribilus… en mieux écrit néanmoins. Ouf.

Leila Bekhti dans jour polaire

Construire un personnage qui va plaire aux gens est un défi… colossal. Peut-être qu’il est même impossible de créer un personnage faisant l’unanimité, ça doit dépendre de notre sensibilité, je suppose…

Peut-on avoir de l'empathie pour Ted Mosby

Mais s’ils pouvaient arrêter d’être cons, ça me faciliterait l’empathie.

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Voyager seule : même plus peur

Quand on me lit, on a la sensation que je suis une super aventurière (si). Mais en vrai, je suis une petite chose qui s’effraie facilement. Genre sur le coup, partir en vacances aux Maldives, ça me rendait toute hystérique de joie. J’avais de toute façon le volume 3 de l’intégrale de Trône de Fer donc même pas peur de m’ennuyer, ça risquait pas. Mais à quelques heures du voyage, autant vous l’avouer : je faisais vachement moins la maline.

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D’ordinaire, je voyage avec mes copines, ma famille ou mes clubs de plongée donc en gros, je me repose facilement sur la masse, je suis. Quand on part à deux, on se soutient : y en a toujours une pour guider l’autre, pour voir le bon panneau. Là, je partais seule, seule. Personne pour me dire que quand tu vas au Terminal 2A de Roissy, prendre le RER n’est pas une bonne idée (c’est juste à l’autre bout du monde). Personne pour me guider vers la bonne porte, des fois que je sois soudain victime d’une étrange dyslexie numérique qui me ferait confondre la porte 57 et la porte 75. Encore que Roissy, c’était facile. A l’aéroport de Muscat (Oman), j’ai moins rigolé : atterrissage à 7h du mat, heure locale… Soit 4h du mat parisien et je dois attendre 1h30. J’ai trouvé personne de mon groupe et je meurs de sommeil, je comprends rien aux annonces crachées dans le micro, j’écoute la musique sur mon iPhone en mettant un réveil pour être sûre de pas rater mon coup. Autant vous dire que je n’ai aucun souvenir du vol Muscat-Male qui a suivi (quasi 4h, je dormais déjà au décollage ou à peu près). Par contre, je me souviens très bien de mon arrivée à Male où je me suis dépêchée de passer à la douane de peur de passer en dernier et d’être oubliée par mes camarades. Je guettais la foule pour repérer où étaient ceux que j’imaginais être des futurs compagnons de galère (j’avais raison pour certains, tort sur d’autre. Notamment sur ce charmant garçon vu à l’aéroport de Male qui m’a soudain dégainé un guide de la Thaïlande. Crac mon petit coeur). Finalement, j’étais la 3e sur 19 à retrouver nos gentils encadrants.

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Puis tout s’est bien passé. J’ai lu, oui, mais j’ai aussi bien discuté avec des tas de gens, j’ai bien rigolé, j’ai vraiment passé de bons moments. De belles vacances avec un groupe de pote que je ne connaissais pas au moment où j’ai posé le pied dans l’A330-200 d’Oman Air et que je ne reverrai peut-être jamais mais peu importe au fond. Sur le coup, j’étais bien avec eux et j’ai eu ma petite nouvelle tribu pendant une semaine. J’ai discuté avec des gens que j’aurais sans doute jamais eu l’occasion de rencontrer par ailleurs, j’ai ouvert mes écoutilles. C’est toujours fascinant de voir à quel point un voyage sur un petit bateau peut créer une sorte d’intimité fragile, douce, éphémère. Hier on ne se connaissait pas, demain, on se perdra de vue. Mais là, de suite, on est bien tous ensemble.

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Au fond, partir seule, c’est aussi prendre des vacances de sa propre vie. Passé les 5-10 mn où tu racontes ce que tu fais dans ta vie, tu n’en parles plus. Tu évoques un peu ta famille, ton neveu d’amour, les amis que tu aimes. Les gens que tu n’aimes pas, tu les oublies, tu n’en parles pas, pourquoi faire ? Médire avec des gens qui ne connaissent pas l’objet de votre désaffection n’a aucun sens. Médire loin d’eu n’en a de toute façon pas, la médisance ne pouvant être pour moi qu’une catharsis, un besoin de soulager les sentiments mauvais que nous suscitent cette personne que l’on n’a pas le choix de fréquenter. Là, elle est loin : physiquement et mentalement. On ne parle pas de ses soucis non plus. Ca intéresse qui, mon découvert abyssal, mes cervicales bloquées de décembre, ma crise de foie de Noël ou peu importe. Oui, je traite mieux mes camarades de voyage que mes lecteurs de blog (j’ai été traumatisée). On part loin, une jolie parenthèse. Le seul regret, parfois : ne pas pouvoir partager tout ça avec quelqu’un que l’on aime…

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Bon, dès que j’ai cambriolé une banque, je me refais ça !

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Vaincre sa peur : la chute

J’ai quelques petites phobies dans la vie, comme tout un chacun. Je vous avais parlé de ma peur de l’avion, étrangement envolée. Par exemple, lors de notre départ en Sicile, on a décollé direct dans d’épais nuages, Zenobie me tenait la main de trouille et moi, j’étais à la cool « non mais une fois les nuages passés, ça ira, tu verras. » Mais j’ai d’autres phobies comme une à la con : j’ai peur de la chute.

Quand je dis chute, je ne parle pas de déchéance, je parle bien d’une perte d’équilibre et pouf ! Par terre. Ce qui fait que je crie dès que quelqu’un à l’idée saugrenue de me porter ou de me faire grimper sur un bar. Par contre, j’ai pas eu la bonne idée d’en descendre immédiatement, notez… Je suis la fille qui ne court jamais dans les escaliers, qui aime la rando sur terrain plat sans caillou qui roule sous les pieds. Bref, je suis pas trop une aventurière (et ça me désole car y a quelques randos qui me font méchamment de l’oeil à l’UCPA). Ajoutons à ça un problème de vue qui me fait rapidement perdre la profondeur… Bref, je suis le boulet de toute balade hors macadam ou chemin damé.

Je ne sais pas d’où ça vient. Selon la mère, j’ai du faire une mauvaise chute durant ma prime enfance car j’avais commencé à marcher et du jour au lendemain, pouf, plus rien. Quel boulet…

Mais y a des fois, comme ça, je me dis que ça suffit, les phobies à la con. À la limite, je garde ma peur des serpents, elle m’handicape peu au quotidien… Mais si je veux un jour me payer la rando à Hawaï ou en Islande, celle de la chute est plus dérangeante. Sans parler de quelques métros ratés car je cours pas dans les escaliers. Alors le 17 juin 2012, je l’ai un peu prise entre 4 yeux, cette peur de merde (oui, la peur a deux yeux, voilà) et je lui ai infligé une défaite : j’ai crapahute sur l’Etna.

C’est pas que ce soit difficile en soi, pas besoin d’être alpiniste mais marcher sur de la roche de lave qui roule sous le pied ou les cendres où tu t’enfonces bien, on est loin du bitume auquel je suis habituée (et sur lequel je tombe aussi des fois, d’ailleurs). En fait, faut savoir un truc : l’Etna, tu le montes pas vraiment, tu le descends en fait. Première grosse descente, je me la joue de côté genre je fais du ski. Sauf que mes pieds ne sont pas des skis (révélation) donc je tombe 3 fois. Arrivée en bas de cette première descente, Nino notre guide m’explique que je dois pas me mettre de côté mais face à la pente en plantant les talons. Ok, Nino mais bon, elle est finie la pente hein…

Mais le pire nous attendait car nous avons descendu ça :

On était censés être tous en lignes mais les gens se croisant, j’étais toujours derrière quelqu’un ce qui fait qu’à la fin de la descente, je ressemblais à ça :

Bref à un moment, y en a qui commencent à courir dans la descente, je me dis « mais pourquoi ils font ça ? ». Réponse : parce que c’est rigolo. Et à un moment, je suis prise d’une impulsion subite, je me dis que je dois le faire, je dois me prouver que je suis pas une chochotte. Alors je cours et je crie. Hihi, je vais vite, c’est drôle. Hihi, ça va vraiment très vite. Hi… Heu… Je m’arrête comment ? Je m’arrête pas, je m’arrête pas, aaaah ! Putain je suis vraiment trop conne, pourquoi j’ai couru, je vais me péter la gueule, une dent, un os, meeeerde !

Finalement, le terrain s’est aplani et j’ai réussi à m’arrêter SANS tomber. Non parce que petite, au ski, pour m’arrêter, je tombais exprès (à petite vitesse, dans la neige, du haut de mon mètre et vraiment pas beaucoup plus). Ce qui était peu malin vu que j’arrivais jamais à me relever puis un jour, j’ai maîtrisé la chasse-neige puis le ski parallèle. Bref, mission courir sur l’Etna : remplie.

Double victoire : celle sur moi-même mais aussi celle sur la vie. Car oui, j’ai omis de le signaler : 365 jours plus tôt, le 18 juin 2011, je me pétais le plateau tibial. Quelle meilleure façon de célébrer l’événement que d’aller me promener sur l’Etna ? Moi, je vois pas.

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Pour se faire un avis, faut tester. J’ai testé Guillaume Musso

Je suis une aventurière, ce n’est pas une nouveauté. Mais parfois, je pousse le vice loin, très loin, très très loin. Quand on me tente, j’ai du mal à dire non, même quand ma raison me hurle que ce n’est pas raisonnable, que je ne devrais pas. Comme cette clope qui me tend les bras quand j’arrête de fumer, ce gâteau hypra calorique en plein régime, cet homme qui a un gros panneau « pas toucher sur le front ». Et ce livre… Ce maudit livre.

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Février ou mars, je suis au bureau quand Guillaume, mon chef arrive. La veille, il était en déplacement en province. Et là, il me sort un livre, un de Guillaume Musso dont j’ai même oublié le titre, Seras-tu là, je crois. « Hé, t’as déjà lu ça ? ». Regard méprisant : « Non ». « Tu devrais, c’est marrant. Cousu de fil blanc mais marrant. Genre le mec, il est incapable de faire monter ou descendre autre chose qu’une volée de marches à ses personnages et les femmes ont toutes l’air mutines ». Tentation. Après tout, je suis adepte de la merdophagie et parfois, la curiosité m’a amené à de belles découvertes. Genre les particules élémentaires, j’ai voulu le lire pour dire que je détestais Houellebecq et en fait, j’ai bien aimé. Bon, ok, j’accepte de lire ce livre mais uniquement s’il me le prête.

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Livre prêté. J’entame la lecture dans une salle d’attente, je suis hilare. Parodie : « Alors qu’il opérait un enfant pauvre dans une jungle vietnamienne hostile, il lève la tête et pense soudain à tous les tigres, serpents et éléphants qui pullulent dans la nature autour de lui ». Là, je me tape les cuisses de rire. Sauf que la blague commence à devenir un peu longue. Ce n’est qu’un ramassis de clichés, de scènes de film réécrites et adaptée sauce pseudo littéraire. Notamment quand la foudre tombe et que le héros se voit dans le reflet de la bibliothèque. Mon Dieu, si j’ai pas vu cette scène dans tous les téléfilms du monde, je ne l’ai pas vue une fois…

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Bref, à l’arrivée, ça pue le Grey’s Anatomy (cette série m’ennuie au possible) mâtiné de téléfilm fantastique à base d’amour par delà la mort, blablabla. Y a même des orques pour faire rêver les minettes. Ne manque que les poneys. Et mon allergie naturelle à la crucherie et à la guimauve m’a donné envie de jeter le livre plusieurs fois par la fenêtre. Celle du train dans lequel j’ai enfin j’ai réussi à le terminer, par exemple. Mais pas de bol, il n’est pas à moi.

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Ceci étant, je trouve qu’il y a matière à réflexion. La lecture est comme la télé, ce qu’on en fait. La lecture me sert de culture mais d’évasion aussi, j’ai lu pas mal de bouses achetées avec mes propres deniers en sachant très bien que ça ne vaudrait pas tripette parce que parfois, le cerveau, c’est comme les cheveux, faut le laver avec soin. Même si ce genre de littérature finit vite par me gonfler car je n’y trouve pas l’ingrédient premier, ce qui fait que j’adore lire : la surprise. Tu lis une dizaine de pages, tu sais comment ça va finir, idem pour la plupart des romans estampillés « girly ». Et encore, je ne me suis jamais penchée sur un Harlequin. Mais savoir comment ça se finit m’ennuie, ça ne me donne pas envie de poursuivre la lecture, surtout si la prose est peu stylée. Non parce qu’un mauvais livre, si je peux au moins en tirer deux ou trois mots de vocabulaire, ça rentabilise. Genre Ada ou l’ardeur de Nabokov. Quoi qu’il est injuste de le qualifier de mauvais, il est juste trop fouillis, truffé de private jokes incompréhensibles (à moins d’avoir une très très grande connaissance des liens de Nabokov avec certains écrivains, ce qui n’est pas mon cas. Il y avait par exemple une vanne sur Tolstoï que je n’ai pas comprise. Est-ce qu’il existe un Profil sur ce livre ?). Mais malgré tout, outre le côté sulfureux qui aurait été plus intéressant déshabillé de tout ce verbiage et cette complexité quelque peu inutile, sans parler du concept intéressant de pays mélange d’Etats-Unis et de Russie qui résumait l’identité culturelle de Nabokov et qui aurait mérité un vrai traitement, ce livre m’a quand même un peu enrichi culturellement de par son vocabulaire. Il faudra un jour que j’apprenne à souligner les mots que je ne connais pas pour les chercher ensuite dans un dico mais je déteste écrire sur un livre. Mais je m’égare, je n’étais pas là pour parler de Nabokov.

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Je peux comprendre le succès d’un Musso, maintenant, même si je ne le cautionne pas. C’est un peu comme une semaine au club Med de Djerba, des vacances et un exotisme à moindre frais. Au moins, j’ose penser que Musso ne trompe personne, à commencer par lui, et assume tout à fait la relative qualité de son oeuvre. Ceci étant, moi, j’admire, je ne serais plus capable d’écrire une histoire à base de « un homme, une femme, des obstacles mais à la fin, ils s’embrassent sous la pluie en se disant qu’ils s’aiment et c’est Noël ou la St Valentin, hiii ! ». Je l’ai fait, hein. Mais j’avais 18 ans. Depuis, j’écoute du Benjamin Biolay et j’ai envie d’écrire des histoires d’amours malsaines.

PS : Oui donc le titre, c’est bien Seras-tu là qui restera pour moi une chanson de Michel Berger (j’étais amoureuse de lui pendant mon adolescence). Pour la peine
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Road trip

Par Tatiana

Ca y est enfin ! Je vais repartir en voyage. Je suis trop contente, j’ai trop hâte. Depuis le temps que ça me trottait dans la tête. Mais où vais-je aller me direz-vous ? Et bien je pars au Chili, dans moins d’un mois. Je vais voir des amis là-bas et bouger dans le pays. Une amie me rejoint là-bas et c’est avec elle que je vais descendre dans le sud jusqu’en Patagonie. Au début je pensais partir un peu à l’arrache avec mon guide lonely planet dans la poche et advienne que pourra. Quand j’étais partie au Mexique, je n’avais strictement rien préparé. J’étais arrivée les mains dans les poches et je me suis laissée guidée par Maria qui était déjà là-bas depuis un an et qui avait déjà repéré les trucs importants. Alors je me suis dit que ce serait pareil pour le Chili. J’arriverai avec le guide et en tête les endroits que je voudrais visiter, et puis on verrait comment ça se passe sur place. Cependant, je me suis rendue compte très vite que ça n’allait pas marcher de cette manière. J’avais omis un léger détail : la Patagonie c’est la nature sauvage. Au début avec mon amie on voulait faire le nord et le sud. On commence à lire le guide et on se rend compte que les temps de trajets sont énormes. Première déception : on se rend compte qu’on va devoir choisir entre le nord et le sud. Ce sera donc le sud car on ne peut pas ne pas aller en Patagonie. On commence donc à regarder que voir dans le sud et là on se retrouve confrontées non seulement au problème de distance mais aussi à celui des moyens de locomotions qui sont très limités. Il y a seulement quelques départs par semaine pour certains endroits. Voire un seul départ par semaine. Certaines villes ne sont quasiment accessible qu’en avion ou bateau. Bref, ça va demander un peu d’organisation tout ça.

Du coup je commence à envoyer des mails à droite à gauche, dans des agences de voyage ou auberge de jeunesse. Là, j’apprends qu’un des parcs naturels qu’on veut visiter est fermé car un volcan qui se situe à l’intérieur du parc est en pleine activité. Ok, bon. Là, je suis face à une réalité qui me dépasse. J’ai pas vraiment l’habitude de prendre en
compte ce genre d’aléas dans mes voyages. Je commence d’ailleurs à me dire à ce moment là, que si ça continue on va jamais pouvoir visiter ce fichu pays. Nan mais c’est vrai il est relou ce volcan à être en activité. Mais je tiens bon. Je me transforme en agence de voyage à moi toute seule afin d’arriver à faire un circuit cohérent et faisable par rapports aux temps de trajets d’une ville à une autre. Heureusement que je ne travaille pas en ce moment car toutes ces recherches me prennent un temps fou. Je comprends maintenant pourquoi ils prennent si cher quand ils organisent
des voyages dans les agences. En tout cas moi j’ai bien fait de ne pas faire ce métier. Car au début organiser un voyage c’est sympa : on détermine l’itinéraire et les endroits à voir ainsi que les excursions à faire. Par contre, la partie détails techniques comme horaires de bus, où dormir… c’est juste l’enfer et la prise de tête. Il faut vérifier chaque horaire de bus pour voir si le circuit est réalisable dans le temps imparti… Pendant un moment j’en rêvais la nuit tellement je ne pensais plus qu’à ce que je devais chercher le lendemain. Ca me déprimait même, car je me
disais que j’allais jamais y arriver. En plus, avec mon amie on voudrait loger chez l’habitant histoire de faire quelques économies. Du coup je suis allée sur couch surfing. Idem c’était un peu la croix et la bannière pour trouver des personnes pouvant nous héberger. Mais en allant au bon endroit j’ai fini par trouver des gens. J’ai même gagné un rencard en prime car un mec m’a contactée pour aller boire un verre. Ca n’a pas dépassé le 1er rdv car le mec a dit qu’il me rappellerai et l’a jamais fait. En passant c’est un truc que j’ai du mal à comprendre : pourquoi dire
« je t’appelle » si tu sais déjà que tu vas pas le faire ? Parce que la fille en face de toi est parfaitement capable d’encaisser le fait que ne compte pas la rappeler . Et en plus elle espère pas ou n’attend rien.  

Bref, aujourd’hui je pars dans moins de 15 jours et j’ai super hâte. Surtout que j’ai passé des vacances de noël un peu merdique, alors je pense que prendre l’air me fera le plus grand bien. Donc je vous dis à bientôt pour le résumé de mes vacances d’aventurière !!!

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Il n’’y a pas tromperie sur la marchandise

Qui suis-je ? Il y a pas mal de temps, j’avais écrit un article sur les blogs où je posais l’hypothèse suivante : qui te prouve que je suis bien une jeune femme de 25 ans ? Les lecteurs ont répondu qu’ils avaient peu de doutes sur la question. Pour autant, Nina est-elle moi ou un personnage qui ne me ressemble pas ? Nina, c’est moi, ou plutôt une partie de moi puisque je parle peu ici de mes orientations professionnelles, de mes études, de nombre de mes passions… Ici apparaît surtout ma vie amoureuse, comme pour la plupart des vingtenaires.
 
La semaine dernière, j’expliquais en réponse à un commentaire que j’avais attribué le prix du « plus connard » à Raphaël car je ne comprenais pas son soudain silence radio et pourquoi il avait décidé de m’ignorer. Si j’étais allée lire son blog, j’aurais eu une explication… Et quelle explication ! Au départ, j’ai cru que son soudain silence était dû à une fille, une de ses lectrices (ou plutôt adoratrice) à qui il fallait cacher qu’on avait couché ensemble car elle était très jalouse de moi et pensait (à juste titre) que si Raphaël et moi nous nous rencontrions, il y aurait brouette. La demoiselle a lu l’article que j’ai écrit sur lui, elle l’a reconnu mais il a réussi à l’embobiner, je me demande bien comment. Mais là, j’aurais compris : je trouvais ça con de me reprocher d’avoir couché avec lui (d’autant que c’est lui qui est venu vers moi) mais bon, si c’est pour une fille, ça se comprend.
 
Et bien non, ça n’a rien à voir : le monsieur se plaint, il y a eu tromperie sur la marchandise : je ne suis pas la bimbo blonde que je prétends être (et je suis une gamine, aussi, super). Déjà, me reprocher ma « non-blondeur » indique un haut niveau de maturité. De plus, je n’ai jamais prétendu être une bimbo, bien au contraire ! Je déteste ce mot et ce qu’il représente. Mais ce cher Raphaël s’est arrêté à ce qui l’arrangeait : j’ai expliqué plusieurs fois que j’étais en réalité châtain clair et pas blonde. Cet adjectif, « blonde », est plus une private joke avec Gauthier qu’autre chose, ça fait 7 ans qu’il me répète que : « si, tu es blonde ! ». Par ailleurs, si j’ai un côté amazone, j’ai dévoilé ma fragilité à plusieurs reprise dans ce blog, et ceci dès le départ. S’il avait lu « la femme conquérante des années 2000 », un de mes tous premiers articles, il aurait vu que je n’étais pas une bimbo, loin de là. Je peux paraître dure et sans cœur mais les lecteurs assidus de mon blog et, surtout, mes amis, savent bien que ma carapace cache un cœur énorme. A peine ce blog entamé, je tombais sur le charme du fragile Julien et aujourd’hui, je ne parle que d’Arnaud. Ce n’est pas parce que je suis en couple et monogame que ma vie sexuelle est moins passionnante, loin de là. La différence, c’est qu’au lieu de réaliser des fantasmes avec des inconnus ou peu connus, je le fais avec Arnaud. Le sexe en couple ne se résume pas à un simple missionnaire le jeudi soir à 22h38…
 
Très classe, il n’a pas précisé qui j’étais… C’est sûr, une « blonde » qui tient un blog dont il a enlevé le lien et qui ne vient plus poster sur son blog, personne n’a compris qu’il s’agissait de moi, il a su dissimuler mon identité avec élégance…
 
Je pense surtout qu’il n’a pas apprécié de voir que je ne l’adulais pas puisqu’il a commencé à me critiquer le jour où je lui ai dit : « gare à tes fesses, mon blog va dépasser le tien ! ». Il a l’humour sélectif : il a le droit de casser les autres mais nous, nous devons le vénérer et fermer notre gueule.
 
Car Raphaël est fort : en trois rencontres (dont la dernière qui était une pure brouette), il a réussi là où mes amis ont échoués : lui a compris que je n’étais pas celle que je prétends être. Tous les jours, Gauthier ou Anne (qui me connaît depuis toujours) lisent ce blog et jamais ils ne m’ont dit : il y a trop d’écarts entre celle que tu es et celle que tu prétends être. Les articles que j’écris ici, c’est souvent le condensé de mes conversations avec mes amis. J’aime le sexe, ce n’est pas pour autant que j’ai couché avec la terre entière. Je n’ai pas eu beaucoup d’amants dans ma vie, j’ai quand même passé plus de quatre ans avec la même personne donc forcément… Depuis que je suis à Paris, je n’ai eu que 6 amants sur bientôt 6 mois, c’est franchement pas exceptionnel. Ceci étant, le nombre d’amants ne permet pas d’évaluer la qualité « sexuelle » d’une personne, si j’ose dire : mon premier amant m’a initié à énormément de choses, par exemple. Parallèlement, on peut avoir couché avec 50 mecs et être « nulle » au lit. Je ne suis pas une tombeuse (je ne l’ai jamais prétendu), je suis une charmeuse. J’aime plaire même si ça ne va pas au-delà du simple jeu. Parfois, je me retrouve prise à mon propre piège et je me retrouve face à des hommes qui attendent plus de moi qu’une simple soirée à discuter. Instant délicat à négocier : dire au revoir de façon ferme et définitive en évitant toute tentative de baiser de la part du jeune homme.
 
 
Mes amis mâles sont pour la plupart homosexuels et nous jouons à un vrai jeu de séduction ensemble, nous nous faisons souvent des « mmmmmm, toi ! », on parle de sexe crûment et sans détour, on se touche, on s’embrasse. J’agis de la même façon avec mes camarades hétérosexuels et même avec les filles, quand ce sont de bonnes amies. J’ai récemment joué ce jeu avec Banana (« viens, on va se prendre en photo nues ! »)  et je pense qu’elle a compris qu’il s’agissait d’un jeu. Je joue le même jeu avec nombre de lecteurs du blog de Nicolin comme Archi, Cédric, Nono ou Loui, parfois Zak, mais je sais bien qu’ils ne prennent pas mes propos au premier degré, c’est plus une marque d’affection envers des garçons que je trouve sympathique qu’autre chose. De la même façon, j’ai vanté la beauté de Sab ou de Ush en faisant mon « dragueur relou » sans qu’elles le prennent de travers. Quelque part, c’est sincère : elles sont belles, je vais pas le nier par jalousie ou par hétérosexualisme (« non, non, je suis pas lesbienne, je ne trouve aucune femme belle ! »).
 
J’ai d’ailleurs rencontré de nombreux lecteurs de ce blog : Sab, Agnès, Papaiya, Laxigue, Tink, Ush, Aurélie, Reno et Nicolin himself, j’ai des contacts privilégiés avec Nico et je dois rencontrer Ced bientôt. Personne ne m’a dit que j’étais « décevante » ou « surprenante » par rapport à l’image que je renvoie de moi sur le net, beaucoup ont réussi à me cerner sans difficulté, notamment Agnès et Sab ou plus hallucinant encore, Banana (on ne s’est encore jamais vues). Oui, j’aime jouer et j’aime le sexe : quand je suis célibataire, je pars en chasse, et si il y a alchimie avec un gars, je fonce. De l’autre côté, je ne suis pas non plus un « trou », je ne couche pas avec tous les mecs qui se présentent : je n’y peux rien si je n’ai pas envie de tout le monde. En juin, je suis allée au restaurant avec Aurélien, un jeune copain de Louis et Arnaud (que je ne connaissais pas à l’époque). On a beaucoup parlé sur le net et je l’ai trouvé charmant mais pas attirant : il me faisait beaucoup penser à mon jeune cousin avec qui je parlais beaucoup sur MSN il y a quelques temps. La rencontre a eu lieu, nous avons passé une très bonne soirée au restaurant mais il ne s’est absolument rien passé. Un mois plus tard, je rencontrais Arnaud et là, je me suis dit que j’avais vraiment bien fait.
 
C’est facile de retenir d’une personne que ce qui nous arrange et de les façonner à leur image. Croire que j’ai effacé son lien de mon blog juste par « vengeance », c’est plus aisé, ça évite de se remettre en question. Ce ne fut pas par vengeance mais sa soudaine façon de m’ignorer sans explication m’a déplu, je me suis dit que ce garçon n’en valait pas la peine, je l’ai remplacé par un blog qui paraît plus intéressant et fait par un garçon bien moins égocentrique. D’ailleurs, s’il était moins nombriliste, il aurait remarqué que je ne commentais plus d’autres blogs où j’allais très régulièrement autrefois. Je suis Nina mais pas que ça, effectivement, ma vie ne se limite pas à mes histoires de cœur.  Je suis peste, impatiente, parfois orgueilleuse, têtue, rigolote et rigoleuse, passionnée, curieuse, gaffeuse, enflammée, étourdie, tendre, parfois naïve, joueuse, aventurière « du bout du monde », fidèle (autant en amour qu’en amitié), loyale, exigeante, exaspérante…
 
Mais ça me paraissait clair, non ?
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