Tokyo la dystopique

Je suis effroyablement en retard sur mes ambitions de carnets japonais mais ma vie en ce moment… je vous en parle pas pour pas salir cet article qui va me replonger avec délice dans ce voyage qui me paraît déjà si lointain… Quoique… Là, non, parce que je vais vous parler d’un aspect de Tokyo qui peut paraître étrange pour nous, Occidentaux mais Tokyo, c’est trop une ville dystopique.

Je suis une fille à imagination débordante : je lis, j’écris et quand je mets le pied dans une ville, je la scrute parfois comme un décor. Quelle histoire pourrais-je y raconter, quel élément du décor je vais pouvoir récupérer pour l’intégrer à mon récit ? Si New York était tellement Gotham City (mais quelques éléments ont d’ores et déjà pu me servir dans certains écrits, notamment mon histoire d’Ofelia dans son Néo-Rome), Tokyo, c’est… absolument Technopolis quand je vais le réécrire. C’est une ville du Futur… mais une ville du futur telle qu’on les imaginait quand j’étais plus jeune et que j’ai commencé à découvrir la SF et les romans d’anticipation.

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Quand j’ai écrit des romans d’anticipation se passant dans des villes futuristes, ce qui est donc le cas de Technopolis et Ofelia, les deux villes concernées avaient exactement la même structure : toutes en verticalité avec des buildings qui vont te gratter le ciel, tellement que le Burj Khalifa, c’est un Playmobil à côté, plus de voitures mais des monorails et des ascenseurs (quoi que dans la version 1 d’Ofelia, alors qu’elle s’appelait Cecilia (hommage discret à Moravia), elle conduisait des voitures arrondies pour apporter un peu de douceur dans une société en crise, blablabla) parce que mes villes du futur, elles sont écolos… en fait, non, elles sont surtout hyper contrôlantes donc évitent que les gens aient les moyens de se déplacer facilement mais dans l’absolu, je suis une militante acharnée des villes sans voitures. Ce qui n’est pas le sujet. Donc des villes en verticalité traversées par des transports en commun avec des écrans animés qui parlent, une sursaturation des sens qui t’empêche de réfléchir… Bordel, c’est Tokyo.

Tokyo la nuit

Je ne saurais trop dire si j’ai aimé ou pas Tokyo… D’abord parce qu’il n’y a pas un Tokyo mais plusieurs endroits très différents les uns les autres, comme dans toute grande ville. A Paris, il y a des quartiers que j’aime et d’autres où je fais la gueule dès que je dois y mettre les pieds. Mais si je devais donner mon avis sur Tokyo, je dirais que je l’aimais… de jour. La nuit, je la trouvais attractive avec ses néons partout, son côté tellement… tu peux pas tout voir tellement ça clignote, ça s’agite, ça impressionne… Ca saoule. Littéralement. De nos soirées tokyoïdes, on a surtout une grande fatigue alors même que le spectacle pouvait être magique comme à Odaïba (le quartier de la baie de Tokyo que j’ai absolument adoré parce qu’architecturalement parlant, c’était littéralement la fête du slip qui te ridiculise Noisy-le-Grand)(même si j’ai super envie d’aller faire des photos à Noisy-le-Grand vu que mes potes en ont fait plein). D’abord parce que ça grouille de monde mais surtout parce que ça te parle. Des écrans géants qui te diffusent des messages de pub en permanence avec cette voix japonaise que j’associe tellement aux grandes catastrophes (parce que j’ai trop regardé Evangelion, certainement). Tu te balades dans les rues multicolores, des voix te disent des choses en boucle sans que tu en sois conscient, on est à la limite du message subliminal, tout est sursaturé… et tu fais quelques mètres en dehors de la grosse zone, t’as plus un bruit.

 

Alors est-ce que Tokyo va m’aider pour mon écriture ? Pas pour le Néo-Rome d’Ofelia mais pour Technopolis reload de quand je l’écrirai… ABSOLUMENT. Parce que oui, pendant quelques secondes, j’ai joué à “je suis dans Technopolis” et je vous garantis que ça marche d’enfer. Limite, je me demande si Oceany ne devrait pas être rebaptisée Mitsuko et tout déplacer au Japon tellement le japonais irait trop bien à cet univers… Mmm…

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Miscellanées New Yorkaises

Petits fragments de mon voyage à New York que je n’ai pas pu caser dans un article structuré mais dont j’ai quand même envie de parler. Une liste comme à la grande époque, quoi. Des instants à New York, c’est parti !

Instants à New York

Pour vous faciliter la vie, pour ceux qui ne voudraient pas tout lire (bad), voici le menu ancré pour aller directement à ce qui vous intéresse : manger sain, manger gras, le lobster roll, le Flat Iron, le Chrysler Building et comédie musicale à Broadway.

La célèbre gare Grand central

La célèbre gare Grand central

Le manger sain

New York est une ville assez paradoxale où tu peux choisir entre manger très gras ou au contraire très healthy. Ainsi, le premier matin, on décide de petit déjeuner dans le petit resto hyper hipster en bas de l’immeuble. La déco est absolument adorable, je vous laisse juge.

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Au menu, des plats incroyables comme ce pudding coco-dattes-graines de chia-lait d’amandes, framboises et myrtilles et son granola. C’était mortel (mais je suis pas objective, j’adore tout ce qui est noix de coco fraîche, je suis une militante de l’eau de coco pour rappel), Zeno se régalait, elle, d’une tartine à l’avocat. Le tout arrosé d’un grid coffee et sans attente. Dans vos gueules les bars hipsters parisiens qui te fond poireauter une heure et font passer leurs potes avant toi même s’ils sont arrivés après (Paperboy, pour pas les re-balancer).

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Sinon, New York est truffé de whole food market, des hypermarchés du bio avec une cafet’ intégrée, on s’est fait une ENORME salade, il y a des smoothies green, aussi… Je veux ça en France. Non parce que la saladerie fraîche en face de mon boulot est hors de prix et le sourire est définitivement en option.

Photo trouvée sur la page Facebook de Whole food market de NYC, j'avais pas pris de photos

Photo trouvée sur la page Facebook de Whole food market de NYC, j’avais pas pris de photos

Le manger gras

Mais donc, paradoxe, c’est qu’à côté, tu peux manger très très gras ! Les jours où j’étais seule, je m’arrêtais quelques instants pour un déjeuner sur le pouce : un gros bretzel, une canette et on repart. Parfois, pause un peu plus gourmande et souvent, les calories étaient indiquées à côté de ce que tu commandes..; et attention les bombes caloriques ! 600 calories la gourmandise, bim, plus de mon quart de mon apport quotidien recommandé (bon, ok, on marchait beaucoup mais je suis pas sûre que ça compense). Donc dans ce point fatty fat fat, retenons :

  • Le shack shack du Madison Park (pas loin du Flat Iron) : une sorte de Big Ferdinand où tu manges dans le parc sous des loupiotes. Charmant, goûtu et faaaaaat. Surtout le dessert, une sorte de cake-glace pumpkin. Bon mais faaaaat

shack shack

  • Le layering cake au pumpkin (j’insiste). Le dernier jour, on décide de se faire un plaisir : s’arrêter au salon de thé cupcake à côté de notre appartement. Après hésitation, je finis par céder au gâteau citrouille-canelle “layering” (à couches, donc). Bon jusqu’à l’écoeurement et faaaaaaaaat.

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cupcakes

Du coup, à New York, tu peux enchaîner bouffe ultra healthy et du bon gras qui te sature les artères en faisant à peine quelques mètres. Par contre, j’ai bien envie de me lancer dans le layering cake moi (mais en cherchant une version light)

Photo trouvée sur le blog Butter and Brioche 

Le lobster roll

Le kif, le pied, l’explosion de saveurs. Peu avant de venir à New York, Zeno m’explique vouloir se faire un lobster roll, un sandwich au homard, donc. Homard ? Ah bah oui, je veux bien, aussi. Du coup, on se planifie ça pour le samedi soir et…comment dire… on l’a vraiment mérité ! Non parce qu’on a fait ça juste après la high line, vous savez, la balade super chouette mais où on avait super mal aux pieds. Et il a fallu marcher pour trouver ce bar référencé dans le Routard de 2010. On a cheminé, on a douté “et s’il était fermé ? Et s’il n’existait plus ? Et si on renonçait et qu’on se posait dans le premier resto venu ?”. Sauf que le samedi soir, les restos sont plutôt très plein. Mais enfin, nous voici devant la bonne adresse et double alleluia : ça existe toujours et y a de la place en salle. Quelques instants après notre arrivée, nous voici donc devant la bête : du pain brioché sur lequel repose des morceaux de homard délicatement mayonnaisé (néologisme) (je suis très vite écoeurée par la mayonnaise donc si je vous dis que c’était léger, c’est que c’est vrai), une pile monumentale de frites maison. Je goûte et… oh mon Dieuuuuuuuuu ! C’est bon, c’est délicieux, je savoure chaque bouchées avec un réel plaisir. La note fut un peu salée (60 $ TTC pour le lobster roll, un dessert et un verre de vin) mais bon sang, ça valait tellement le coup.

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Le Flat Iron

On arrête de parler bouffe, parlons architecture. Comme j’ai dit dans mon premier article, j’ai adoré l’architecture new yorkaise pour son côté Gotham City. Et forcément, il y a de très beaux bâtiments comme par exemple le Flat Iron. Alors de un, ce bâtiment est très beau et je regrette que mon appareil photo soit tombé dans le coma à ce moment là de l’histoire, m’empêchant de capturer plus de détails que ça. Le truc avec le Flat Iron, c’est que c’est le bâtiment préféré de Victor et je m’étais jurée de lui prendre une photo rien que pour lui. Ma première rencontre avec le building ayant eu lieu de nuit, je n’avais pas pu le faire vu qu’il n’est pas aussi éclairé que d’autres bâtiments plus emblématiques. Donc dès que j’ai pu, je suis allée devant lui, je l’ai immortalisé et envoyé à mon adoré. La prochaine fois, on ira tous les deux et on rentrera même dedans

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Le Chrysler Building

Le plus beau, tout simplement. Pas visité non plus (je le ferai à ma prochaine visite avec Victor) mais du haut de l’Empire State ou du Rockefeller Center, c’était un peu ma vedette, je l’ai pris sous tous les angles. Parce que je le trouve beau, parce qu’au couchant, il est juste sublime et parce que je comprends pas pourquoi on n’en parle pas plus que ça.

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Broadway

Qui dit New York dit Broadway alors pourquoi ne pas se faire une petite comédie musicale. Après m’être fait lestée de 90$ (alors qu’on a acheté le billet à Time Square, sous l’escalier rouge, là où c’est censé être à moitié prix), voici donc que nous allons voir Kinky Boots. J’avais pas trop écouté ce que racontait le mec qui nous expliquait le concept, j’ai un peu entendu “c’est l’histoire d’un mec qui reprend la fabrique de chaussures de son père puis [là, j’ai perdu le fil, j’ai dû voir une mouche voler, je sais pas ce qu’il s’est passé] c’est drôle et c’est Cindy Lauper qui a écrit le livret”. Ah ouiiiiii, Cindy Lauper, la meuf qui a écrit une des chansons les plus “c’est les années 80” du monde, la chanson qui te file toujours la pêche quoi qu’il arrive mais aussi la chanteuse qui a magnifiquement repris les plus grands thème de Starmania. Ouais, vazy, on y va.

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Nous voici donc dans un charmant théâtre, les décors sont juste énormes. Je dois replacer un truc dans son contexte : les rares comédies musicales que j’ai vues (Starmania 5 ou 6 fois et Notre Dame de Paris, une fois. Eventuellement, Carmina Burana monumental opera qui n’est pas une comédie musicale mais qui avait une mise en scène sublime), je les ai vues en province, en tournée, donc, alors forcément, les décors devaient se monter et démonter très vite et étaient réduits au minimum. Ainsi, quand je vois les décors pour un spectacle qui ne bouge pas, je suis toute impressionnée. Donc l’histoire commence par la présentation des personnages, une ôde aux chaussures, je place bien les personnages, la musique est entraînante. Charlie doit reprendre la fabrique de chaussures de son père suite au décès de celui ci mais le projet l’emballe peu vu qu’il vient de s’installer à Londres avec sa copine et que les chaussures, c’est pas trop sa tasse de thé et surtout, la fabrique est au bord de la faillite. Il hésite, erre dans les rues de Londres et sauve une femme d’une agression… Mais en fait, cette femme, c’est un drag queen ! Du coup, il y a plusieurs numéros avec ce drag queen, Lola, et ses angels. Quelle surprise ! Bon, apparemment, le mec qui nous a expliqué le spectacle a évoqué les drag queen mais je ne devais certainement pas écouter (on ne peut pas accuser mon anglais vu que drag queen, ben, ça marche dans les deux langues. Puis d’ailleurs, je n’ai eu aucun problème de compréhension dans l’ensemble de mon voyage et, à part dans une boutique, personne n’a eu l’air de me prendre pour une étrangère. Ou alors j’ai un accent trop chelou pour qu’ils situent mon origine).

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Bon bref, y a de l’humour, un peu d’amour, des chansons qui te restent bien en tête (une écoute et je te chantais “the most beautiful things in the world” pendant 2 jours). C’est très entraînant, fluide, les figurants ne restent pas plantés en attendant de se retrouver dans la lumière. Ouais, vraiment, j’ai bien aimé. Et je vous glisse une petite vidéo :

La prochaine fois, je vous parlerai de Brooklyn et d’un brunch avec d’autres Français…

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La roadmap de la touriste

Tu peux découvrir une ville de deux façons : en te perdant (je suis très douée pour ça), errant dans les rues au hasard, ou en ayant ta check list de touriste. Si je me perdis dans Venise, Rome, Naples, Athènes, Mykonos, Honfleur, Lisbonne, en Sicile. Au gré de mon instinct, je tourne à droite, à gauche… Tiens, ça a l’air mignon. Parfois, je tombe sur de charmants petits coins, d’autres dans une impasse sans le moindre intérêt. A New York, mon temps était compté : 4 jours pour faire le grand chelem touristique afin de pouvoir revenir un jour avec Victor et errer sans but dans les rues.

Au détour d'une rue à Lisbonne

Au détour d’une rue à Lisbonne

Au détour d'une rue à New York

Au détour d’une rue à New York

Cet article vous présentera donc les incontournables du touriste. Pour me faciliter la vie et éviter trop de retrait d’argent à l’étranger, j’ai opté pour la solution de facilité : le city pass. Avec ce city pass, acheté pour la modique somme de 114 $ (je vous ai dit que New York était cher ?) et je peux désormais :

  • Monter en haut de l’Empire State Building
  • Aller jouer avec les dinosaures du musée d’histoire naturelle
  • Aller au Met
  • Aller au top du Rockefeller center ou au Musée Guggenheim
  • Faire un coucou à la statue de la liberté en direct de la Circle cruise ou aller à ses pieds et visiter Ellis Island
  • Visiter le Mémorial du 9/11 ou visiter le musée de l’aéronautique et de la conquête spatiale (y a un intrépide dedans, je me souviens plus du nom exact et j’ai la flemme de chercher).

New York vu d'en haut

Tout ça, oui ! La question devient dès lors : comment on s’organise. Facile, en fonction de la météo : les trucs dehors quand il fait beau, les trucs dedans quand il fait moche (il a juste plu le vendredi en fin de journée). Voici donc une petite review des trucs dehors, je vous parlerai des musées une autre fois

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  • L’Empire State Building

Peu avant mon départ, un collègue qui revenait justement de la Grosse Pomme (tout le monde est allé à New York cette année)  m’avait dit “si tu pars que 4 jours, évite l’Empire State Building, tu vas perdre 3h !” Mais quand même, ça me titillait… et soit on m’a menti, soit j’ai eu un bol de tarée mais j’ai accédé très vite au sommet. Après avoir pris un ascenseur qui monte si vite que ça m’a fait mal aux oreilles et avoir tenté de faire la visite avec l’audioguide qui freezait, j’accède enfin sur la terrasse et OH MON DIEU ! J’ai eu la chance d’y arriver en fin de journée avec un soleil magnifique, Manatthan dorant au soleil couchant. J’ai fait 30 fois le tour de la terrasse, fait 150 photos, tenté des selfies à contre jour (je suis nulle en selfie, j’aime pas ça de toute façon, voilà), réalisé un petit portrait d’une Japonaise avec son smartphone (et j’ai réussi à déjouer le contre jour parce que je suis une smartphotographe hors pair… quand il s’agit pas de selfie, donc). J’ai adoré, j’ai adoré, j’ai adoré. Franchement, j’ai passé un moment génial, j’ai aimé chercher voir New York de haut, j’aurais voulu y retourner tous les jours.

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  • Le Rockefeller center

J’adore le RockeFeller center. Pourquoi ? Parce qu’un mec a quand même créé un immeuble à son nom en mettant une représentation de Zeus sur le fronton et des drapeaux comme si c’était l’ONU. La petite patinoire est assez sympa, aussi. Mais évidemment, le Rockfeller center, outre ses émissions de télé dont le fameux show de Jimmy Fallon, on y va pour sa vue. On monte dans un ascenseur très rapide qui en profite pour vous diffuser un petit film sur le plafond transparent chantant les louanges de la NBC (je me moque mais c’est assez étrange comme expérience) et on se retrouve sur le toit pour une magnifique vue. Alors évidemment, si on a déjà vu l’Empire State Building, rien de bien neuf sous le soleil… Quoi que si, justement. D’abord, vous avez une vue magnifique sur Central Park (vue obstruée sur l’Empire State par… le Rockefeller Center) donc rien que pour ça, ça vaut le coup et on aperçoit au loin le ballet aérien de la Guardia (j’adore les avions, depuis que je n’en ai plus peur). Bref, ça vaut AUSSI le coup.

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Le Rockefeller center vu de l’Empire State Building

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Oui alors en fait, c'est pas Zeus, c'est la sagesse mais ma version est plus marrante

Oui alors en fait, c’est pas Zeus, c’est la sagesse mais ma version est plus marrante

Sinon là, c'est Prométhée

Sinon là, c’est Prométhée

  • Le World trade center

Oui, je le mets là car je vais parler du lieu et pas du Mémorial que je n’ai pas fait par manque de temps et je n’y tenais pas particulièrement, je suis pas une fana du côté “nous, le monde libre avons souffert !”. Je saisis tout le drame humain du 11/09, c’est ce que ça a légitimé derrière qui me fait violemment grincer des dents. Sans parler de ce nouveau building, certes magnifique… Ca me donne la sensation que la leçon n’a pas été tirée. Bref, un regard aux bassins du souvenirs, des noms de gens décédés, quelques photos parce que le bâtiment est beau et fait des reflets sur l’immeuble d’en face et je repars

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  • La statue de la liberté

Le plus typique pour la fin. Comme je disais dans mon article d’intro, j’ai souvent rêvé de la statue de la liberté, version monumentale (à peu près cette photo : mais c’est ce que je voyais entre les buildings).

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Lors de notre arrivée en shared bus, je l’ai vue, au loin, face à Manhattan, dans une semi pénombre, brandissant fièrement sa flamme. Dans mes oreilles, la BO parfaite : Again de Archives (Archives est la BO parfaite d’à peu près tout, ok). Grosse impression. Par la suite, je ne l’ai plus beaucoup vue, n’errant que peu au Sud de Manhattan. Je l’ai aperçue du haut de l’Empire State, puis par la suite en haut du Rockfeller center et du Pont de Brooklyn. Du coup, j’étais un peu excitée dans le ferry qui amenait jusqu’à la fameuse Liberty Island mais comme je suis un peu quiche, je ne me suis pas posée du bon côté du ferry et ne l’est pas vue alors qu’on approchait (et j’arrivais pas à bouger). Pas grave, je ferai les photos de la Statue de la liberté “vue de l’eau” au retour. Liberty Island a 2 intérêts : la statue donc, qui reste remarquable et une très belle vue sur la skyline de Manhattan. Mais c’est un peu comme la Tour Eiffel : il faut le faire une fois mais inutile d’y retourner.

(je ne retouche pas les photos parce que ça me saoule donc admirez le ciel bleu de ouf)

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Je fais plein de photos et j’embarque pour Ellis Island. Et je me trompe encore de côté pour le ferry donc les seules photos de la Statue de la liberté prises de l’eau seront un peu lointaines. Pas grand chose à dire sur Ellis Island en soi, je pense que c’est quand même à faire au moins une fois, ça fait pas mal réfléchir sur l’histoire des migrations, sur un pays de liberté qui parque ses nouveaux arrivants pour pas s’encombrer des trop pauvres, des pouilleux ou des fous… Et si, comme moi, vous avez eu droit à un texte sur Ellis Island chaque année dans vos cours d’anglais, vous aurez une petite pensée émue pour vos profs.

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Voilà un peu pour les grand spots touristiques, je vous parlerai de musée, de comédie musicale à Broadwa, d’architecture et de jolie rencontre une autre fois.

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La bise !

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New York, Neeeeew Yooooooooork !

Liza Minelli – 1977

 

J’ai longtemps rêvé de New York. Quand je dis rêver, c’est au sens premier du terme. J’ai rêvé je ne sais combien de fois que je foulais les rues de la grosse Pomme. Une grosse Pomme un peu difforme avec une statue de la liberté gigantesque (mais vraiment), un espèce de pont ave un demi cercle étrange (sur ce point, je suis pas si déconnante, ça pourrait être le Bayonne Bridge mais qui aurait plus le look du Pont de Lupu*) et des buildings aux reflets bleutés partout. Longtemps, ce rêve était associé à ma peur de l’avion et à la réussite : j’avais enfin réussi à dépasser ma phobie pour traverser l’Atlantique et ça me rendait très très heureuse. Il faut savoir qu’à cette époque, je rêvais aussi souvent que j’étais dans un avion qui se crashait ou un avion dans le ciel se crashait pile sur ma gueule (pas de chance). Y a même un cauchemar où je me suis sentie brûler avant de me réveiller en sursaut.

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Y a un avion sur la photo…

Bref, New York, j’en avais envie, très fort. Et des fois, dans ma vie, j’en ai marre de dire “j’ai envie de”, “je rêve de” et d’en rester là. Après un check de mon compte épargne et quelques tweets me permettant de trouver une compagne de voyage, c’était fait : New York, me voilà. Oui, je n’y suis pas allée avec Victor car il y est déjà allé et que je voulais me faire le grand chelem touristique, je vous raconterai. D’ailleurs, avec Zenobie, on s’était mises d’accord : on vit notre vie chacune de notre côté en journée, on se retrouve le soir. L’avantage : un hébergement divisé en 2 (c’est hors de prix sinon), des soirées sympas.

*Nolita spirit*

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Alors New York ? Tout comme Athènes, j’ai été ravie de découvrir une ville conforme à mes attentes. Différente de l’image que j’en avais mais en aucun cas décevante. Il faut savoir que New York, il y a des endroits que tu reconnais tellement tu les as vus dans des milliers de films ou séries. Exemple : Time Square. On a d’ailleurs démarré par là dès le premier soir, le but étant de ne pas se coucher trop tôt et oublier vite le jetlag. Du coup, pour le dépaysement, on repassera vu qu’on a l’impression de connaître déjà mais c’est encore plus fou que ce qu’on voit au ciné ou à la télé. New York, c’est génial parce que c’est totalement Gotham City, en fait. Pour peu que tu lèves le nez (et à New York, tu as de quoi regarder en l’air), l’architecture est folle, tu découvres d’étranges sculptures, des rebords de toits étranges, des constructions qui te donnent l’impression qu’il y a un manoir sur le toit. C’est énorme, étrange, fascinant.

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C’est celui là, mon manoir sur le toit

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New York, ça grouille, tout le temps. Mais en même temps, c’est tellement grand que tu ne te sens pas non plus oppressé. A certaines heures, tu as du monde dans le métro mais j’ai toujours un minimum de place pour respirer. Dans Central Park, dans certains recoins, tu es seule, tranquille, y a plus de bruits, plus d’odeur, plus que toi et les écureuils.

*alone in central Park*

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Le bruit et l’odeur,parlons en. Je vais un peu lister les points négatifs de New York comme ça, c’est fait et je reviendrai dans d’autres articles sur tout ce que j’ai aimé.

  • L’odeur : ça pue la bouffe partout, tout le temps, et pas trop le potage de légumes maison, en fait. Les hot dogs et moi n’étant pas très copains depuis une obscure histoire de vomi dans un téléphérique, y avait des moments où ça me soulevait un peu le coeur, je l’avoue.
  • Le bruit : coucou les sirènes ! Sirènes + gros klaxons vu que tout ce qui est ambulances et co sont de gros camions qui me paraissent plus faits pour la route que pour la ville mais apparemment, c’est ma petite vision d’européenne. Donc par moment, tu te balades quand soudain “niou niou niou paaaaaaaaw paaaaaaaw !”. C’est bon, ambulance, je suis là, viens me ramasser, je viens de faire un infarctus. Sinon la circulation en général, les piétons ne respectent pas les feux, les vélos encore moins, les conducteurs klaxonnent tu sais pas pourquoi. Le kiff.
  • Le métro. OH PUTAIN. Alors on m’avait dit que le métro new yorkais était plutôt sale et vétuste et bien non, ça ne m’a pas choqué, c’est pas là le souci. Le problème, c’est plutôt que c’est COMPLIQUE. Oui COMPLIQUE en caps lock. J’ai enfin compris le dernier jour les histoires de lignes express et lignes pas express, de qui dessert quoi. Non parce qu’autant vous dire qu’en 4 jours, je me suis retrouvée plusieurs fois beaucoup trop haut ou beaucoup trop bas mais jamais là où je voulais.
  • Les prix hors taxes et les pourboires non compris. Où comment préparer la monnaie juste mais non, en fait, t’as oublié la taxe ! Je ne comprends même pas l’intérêt du truc, sincèrement, pourquoi afficher un prix qui ne correspond pas à ce que tu vas payer ? Je peux comprendre que le service soit à discrétion mais le truc des taxes, ça n’’a aucune logique pour moi.

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Et c’est tout. Sorti de ça, j’ai adoré, sincèrement. Je sais pas si j’aimerais vivre là-bas (surtout au regard du prix de la vie) mais en tant que touriste, je dis oui, oui, oui! à New York. Même si mes pauvres baskets ont trépassé (pour de vrai). Ces prochains jours, je vous parlerai donc d’écureuils, de musées, de statut de la liberté, de Brooklyn, d’heureuses retrouvailles et plein de choses. Mais pas demain, non, car demain (si j’ai le temps d’écrire mon article donc sans doute pas demain), je vous parlerai d’autre chose.

Il reviendra...

Il reviendra…

*Wikipedia est mon ami, oui

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Belfast : entre Irlande et Angleterre

Mi septembre, j’ai décidé d’inaugurer comme il se doit mon nouveau CDI en posant direct mon 2e lundi (le premier, je suis partie en séminaire avec mes petits camarades. Ouais, je commence direct, moi) car j’avais prévu de m’envoler voir mes potes d’Irlande, Isa et Joy. Avec ma fidèle Anaïs sous le bras, nous nosu frottions les mains : après Dublin et le Connemara la dernière fois, nous voici parties pour Belfast.

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Evidemment, pour moi, Belfast restait la capitale sinistrée, impitoyablement déchirée par une lutte fratricide entre les Irlandais anglicans fidèles à la couronne d’Angleterre et les Irlandais catholiques rêvant de rejoindre la mère Patrie l’Eire. Comme j’avais en plus écrit un petit mémoire sur le sujet (j’avais dans ma prime jeunesse, une passion pour les indépendantismes. Aujourd’hui aussi mais j’ai moins de temps à y consacrer (enfin, à la recherche et écriture, je veux dire)). Du coup, ça me faisait un peu frétiller. Sauf qu’en fait, Belfast n’a pas grand chose à voir avec que j’imaginais. Voici donc pour vous, lecteurs, le récit de mon petit périple dans le fief de l’indépendantisme irlandais (ou ce qu’il en reste). Mais globalement, point de traces de lutte si ce n’est les barbelés omniprésents dans la ville et le quartier catholique dont je vous parlerai plus tard dans l’article.

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Belfast, capitale du street art

Si je devais résumer Belfast, je dirais “briques rouges et street art”. Errant de rues en rues, on croise de jolis bâtiments en briques rouges et des fresques. Comme disait Isa, à un moment “en fait, ici, tout est prétexte pour faire de l’art”. Capitale dynamique à la Berlin ? Non, pas du tout mais on note quand même une culture prégnante de la fresque murale. Dans de petits dédales discrets, on découvre de charmants quartiers, cachés des grandes artères. Ca, c’est un peu ce que j’ai particulièrement adoré dans Belfast, ce côté “garde les yeux ouverts, t’es pas à l’abri de découvrir un endroit absolument charmant”. Alors on guettait le moindre passage pour tenter d’y découvrir un passage quasi secret.

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Le jardin botanique, l’université et le marché St George

Si la mairie est un bâtiment assez remarquable pour ce que nous en avons vu (on est tombées en plein Week-end du Téléthon local), j’ai surtout retenu le charmant jardin botanique et l’université de Belfast. A l’instar du notable Trinity College de Dublin, le campus de Belfast offre cette même sensation de charmant campus aux dimensions humaines et à la pelouse impeccable. Une architecture un peu lourde et austère ou tu t’attends presque à voir un fantôme passer aux fenêtres.

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Autre gros point fort de Belfast : le jardin botanique. Entre la serre tropicale pleine de rouille (j’aime prendre la rouille en photo), les allées impeccablement entretenues et les rosiers à foison, ça te fait ta petite bulle d’oxygène. On a cherché des écureuils car Isa nous a dit en avoir vu quand elle était venu mais à part celui qu’on a imaginé pour faire une blague à cette dernière pendant qu’elle était aux toilettes (oui, à Belfast, y a plein de toilettes en préfabriqués aux endroits stratégiques), point de petits rongeurs.

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Autre point de la ville que j’ai bien apprécié : le marché St George où nous sommes passées le dimanche matin. Entre poisson frais, cupcakes, petits bouquins, stand steam punk et brocantes, je ne savais plus où regarder. Et je me suis offert un petit roman : lire en anglais, c’est bon pour ce que j’ai.

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Belfast la britannique

Ayant eu une petite expérience de la vie à Dublin lors de mon dernier passage, je suis assez étonnée par le changement de style : Belfast est carrément britannique. Même si on croise peu l’Union Jack, c’est plus dans l’attitude et la tenue des gens que ça se ressent : passé 18h, la moyenne d’âge des badauds baisse drastiquement, on croise des jeunes aux styles très différents, gothiques ou petites pouffes habillées mini riquiqui (mon moi enserré dans ma veste en cuir, mon écharpe et mon gros pull ne peuvent s’empêcher d’être fascinée par ce super pouvoir : se balader à moitié dévêtue quand on passe sous la barre des 20°). Les cheveux ont des couleurs pour le moins étrange, des tie and dye pour le moins hasardeux. Mais apparemment, tout le monde s’en fout et ça, c’est LE truc british qu’on devrait récupérer en urgence à Paris. T’as une jupe qui s’arrête sous ta culotte et des cheveux fuchsia et violets. So whatever ? (non, à Paris, on la regarde avec condescendance et mépris). Quoi qu’il en soit, même si Belfast et Dublin n’offrent pas du tout la même ambiance, on s’y sent bien accueillis. Le soir, on s’arrête dans une petite cafétéria pour dîner. Léger pour Isa et moi qui avons eu quelques difficultés à digérer notre fish and chips du midi (il était très bon mais, pour une raison obscure, je ne digère plus trop le trop gras… Non, c’est pas une question d’âge, oh !). Mais avec une petite bouteille achetée à la supérette en face. En Irlande (les 2), tu n’as pas de droit de bouchon donc si le pub ne sert pas de vin, tu peux débarquer avec ta bouteille, tranquille.

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Le difficile quartier catholique

Fin de séjour, nous voici donc dans le quartier catholique, celui des murs et là, comment dire… l’ambiance prend de suite quelques tonnes, on perd le côté gai de la ville. Rien qu’en traversant le périph, on se prend en pleine poire une certaine misère sociale à laquelle on ne s’attendait pas. Sur les murs se déroulent des messages politiques, des appels à la libération de prisonniers de guerre, des drapeaux Palestiniens un peu partout : il y a une forte assimilation entre le drame de Gaza et l’appartenance du peuple irlandais catholique à la couronne Britannique. Je ne suis pas super à l’aise avec l’analogie mais bon, vu que je ne vois pas les auteurs des fresques dans les parages, je me contenterai de garder mes réflexions pour moi. On se balade, on trouve une voiture plantée dans un poteau, les flics autour, un espèce de véhicule tanké de la police passe à côté… Mmmm, petite balade dans les environs : certains coins sont inaccessibles, d’autres transpirent la misère.

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On atterrit dans un cimetière, Anaïs et Isa sont devant, je suis au milieu à tout mitrailler (je suis toujours un peu fascinée par les tombes oubliées, j’en parlerai peut-être un jour), Joy traîne un peu derrière. A un moment, on voit passer une poignée d’ados, une bouteille d’alcool vide à la main. Goût bizarre dans la bouche. Isa nous explique qu’ici, les jeunes sortent des cours tôt et n’ont rien à faire derrière, y a pas la culture des activités extrascolaires, même pour les plus aisés. On reste quand même un peu sonnées : si t’es déjà alcoolique à 12 ans et que tu passes ton dimanche soir à zoner dans les cimetières pour te la mettre à l’envers avec tes potes, c’est quoi ton avenir ?

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Bref, malgré cette note désagréable, Belfast me laisse un joli souvenir. Et j’aime toujours autant la culture anglo-irlandaise, je m’y sens bien. Et je vais désormais militer pour qu’on trouve du cidre pression dans les bars : ça me permettrait enfin d’avaler ma pinte sans grimacer de dégoût. Même si certains bâtiments, et pas des moindres, sont un peu abandonnés, il n’en reste pas moins qu’on sent une bonne dynamique dans la ville.

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Demain, je vous parlerai des deux musées que nous avons faits durant le week-end : le musée Titanic et le musée Guinness (à Dublin celui-ci). Bisous !

 

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Dubaï, la cité aux deux visages

Eté oblige, je fais des titres qui ont un parfum de saga avec Ingrid Chauvin ou Cristiana Reali.

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Suite et fin de mes articles sur mon trip à Oman. J’ai qu’un mois et demi de retard, je gère (pas ma faute, c’est la vague…). Cette semaine ne fut pas particulièrement dédiée à la découverte de contrées lointaines puisqu’à part plonger, on n’a pas fait grand chose. Une excursion au port et une balade en montagne mais sinon, on restait sagement au centre. Faut dire qu’avec une moyenne de 45°, ça te coupe un peu les envies de rando (alors que j’avais mes belles chaussures de randonnées). Mais la veille du départ, notre « G.O » nous annonce que le lendemain, on partira à 6h pour faire un petit tour à Dubaï. Je trépigne de joie. Comprenez bien : je suis fascinée par les architectures grandiloquentes et j’avais pas précisément prévu de me faire un séjour à Dubaï donc quitte à y atterrir, j’espérais bien en voir un bout.

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6h du matin, une trentaine de zombies s’entassent dans le bus trop climatisé, certains regrettant d’avoir un peu trop batifolé dans la piscine la veille. Oui, on a éteint avec Anaïs, il était pas loin de 2H pour un réveil à 5H. Ca pique mais je m’égare en anecdotes. Nous voici donc à Dubaï où nous allons avoir un guide rien que pour nous qui va nous servir la jolie propagande du gouvernement. Je vous jure, extraits choisis « A Dubaï, y a la famille du Cheikh qui occupe toutes les hautes fonctions dont le gouvernement, puis les riches et puis après les moins riches mais tout le monde s’entend bien et est heureux de bosser ensemble. » Chic alors. « A Dubaï, vous pouvez acheter des produits de luxe mais aussi des contrefaçons, vous aurez un certificat pour tout ». Un certificat qui garantit que mon sac est un faux ? « A Dubaï, pour votre premier mariage, l’Etat vous offre une maison et une dot de 75 000 dirhams. Par contre, pour vos mariages suivants, c’est à vous de trouver un logement et vous n’aurez pas de sous car les Dubaïrotes ont droit à 4 épouses ». Et c’est où le pays où les femmes ont droit à 4 maris ? Ca me parle plus. Mais cherry on the cake « Ouais, Dubaï, y a un super système éducatif mais la vie est très chère pour les familles et puis faut pas trop venir vivre ici si vous n’avez pas de sous car la vie est très chère. Dubaï, le paradis pour les riches. Une bien jolie utopie.
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Bref, revenons en à la ville même, même si nous n’y sommes restés que deux heures. Première étape : le musée national établi dans un ancien fort. Pas grand chose à en dire, de jolies reconstitutions de villages du désert d’antan, deux ou trois informations sur les peuplades d’origines et de jolies colonnes à vent pour diffuser l’air dans les maisons et les rafraîchir.

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Deuxième étape plus intéressante : le souk aux épices. De jolies couleurs, des odeurs, des mecs qui t’alpaguent dans tous les coins pour que t’achètes leurs produits. On a aussi fait le golden souk, le souk des produits en or mais c’est moins intéressant, à mon sens, plus « toc ». Pour nous y rendre, nous avons pris un petit bac qui nous a permis de traverser rapidement l’estuaire. Les rares femmes croisées sont voilées de la tête aux pieds.
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On remonte dans le bus à l’assaut du Dubaï moderne. A partir de là, on n’a plus vu une seule femme voilée. On s’arrête à la plage au pied de l’hôtel « Voile » qu’on reconnaît très bien du ciel (je l’avais vu en allant aux Maldives). Environ 15 000 la nuit, ça gère. Evidemment, nous nous sommes contentés de la plage, on n’allait pas amener les prolos là dedans mais c’est déjà sympa de fouler le sable. Des Asiatiques courts vêtus munis d’ombrelles se prennent en photo… On devrait pas remettre les ombrelles à la mode ? Je trouve ça charmant.
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On continue à sillonner, je tente de photographier à travers la vitre du bus, exercice un peu périlleux. On termine au pied du Mall (lieu le plus visité au monde) sans avoir le temps d’y rentrer, deux ou trois photos de la tour la plus haute du monde et on est partis pour l’aéroport. Je reste un peu sur ma faim, surtout niveau photos mais c’est déjà plus que ce que je pensais avoir.
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En résumé : je ne commenterai pas trop l’aspect « ville de riches faite par et pour les riches » car après tout, c’est comme ça. Je ne suis un peu crue au Disneyland de l’architecture et là, par contre, ça m’a bien plu. Avec Anaïs, on a même pensé se trouver une sorte de urban road trip pour visiter ces villes genre Dubaï, Doha, Abu Dhabi, Singapour, Kuala Lumpur, Hong Kong… Mais apparemment, ça n’existe pas. Et comme on a un projet de voyage très onéreux à venir, ça attendra.
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Mais ce serait un super thème de voyage… (je pense que ça doit exister pour l’Amérique du Nord, tiens, faudrait que je cherche).

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Marotte culturelle

T’ai-je déjà parlé, cher lecteur, de mes obsessions culturelles ? Je crois pas non… Donc si tu es un peu attentif, tu dois te douter que je te parlerai de mes obsessions culturelles. Si tu n’avais pas capté, je t’invite cordialement à te prendre un petit café.

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Je me considère souvent comme une pique-assiette de la culture, je sais des tas de petites choses mais y a des sujets où j’ai de grosses, d’énormes lacunes. Voire une connaissance du sujet qui se mesure limite en négatif. Je picore, je picore et un jour, sans raison particulière, un met culturel excite mes papilles intellectuelles plus que de raison et je décide de me plonger à fond dans le sujet. Une nouvelle obsession culturelle est née.

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Ça peut être tout et n’importe quoi. J’ai eu ma période légendes arthuriennes (bien avant la sortie de Kaamelott), ma période Moravia, Barjavel, Extebarria, mes récurrentes envies de culture russes ou italiennes… Des fois ça passe vite, des fois ça reste assez solidement. Ce qui me permet au passage de m’adonner à l’un de mes pires vices : l’achat compulsif. Ben oui, des que je rentre dans une librairie, la carte bleue me démange, c’pas ma faute… Et encore, je ne fais plus de tour au rayon CD ou DVD, ouf !

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Mais j’aime bien me passionner pour un truc, fureter les rayons réels ou virtuels à la découverte d’un nouveau livre sur mon sujet du moment, regarder un film ou une série sur le sujet s’il y a… Par exemple, en 2013, j’ai deux marottes qui se dessinent :
– le surnaturel : alors origine de cette nouvelle marotte : Supernatural, justement. Ils le diffusent sur CanalPlay infinity et comme Jensen Ackles figure en bonne place sur ma liste des crushes people, je me suis fait plaisir. Force est de constater que je ne connaissais en fait pas du tout la série et je découvre alors que c’est pas juste l’histoire de deux frères bonnasses qui tuent des esprits et démons mais qu’il y a une trame un peu plus riche avec la guerre des anges, démons, tout ça. Or au tout début des années 2000, voire même un peu avant, j’étais une accro de ce genre de trucs. Je lisais des mangas avec plein d’anges dedans, j’avais lu plein de trucs sur les anges et les démons, une semi pro d’angéologie et de démonologie. Même que j’avais écrit pas moins de 3 romans avec des anges et des démons dedans. Aucun de ré exploitable en l’état je pense mais bon… Et même quand j’était plus petite, jeune ado, j’étais accro au mystique, je regardais avec passion toutes les émissions sur le surnaturel (on n’a jamais fait mieux que Mystères), lisais beaucoup sur le sujet. Là, j’ai envie de m’y remettre. Parce que finalement, étudier le surnaturel, ce n’est finalement rien de plus que de se pencher sur la mythologie puisque nos religions ont finalement repris dans l’ensemble nombres de mythes païens réadaptés à leur sauce.

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– Batman. Oui voilà. Il y a quelque chose qui me fascine chez Batman : comment est-on passé d’un sympathique super héros en tenue mauve qui castagne en ziwiiiiii kaboomm plaf ! Au super héros super dark que t’as pas super envié de croiser la nuit dans la rue, même quand t’as rien à te reprocher. Et accessoirement pourquoi Bruce Wayne est un mec aussi chiant (bien que je dois avouer que j’aime assez le parti pris de Nolan de Wayne qui joue le milliardaire alcoolo connard flambeur pour mieux dissimuler son double jeu) et transparent. Du coup, j’ai commandé l’encyclopédie Batman pour en savoir plus. Et si je la trouve bien, je passerai sur Superman, d’autant que je compte bien aller voir The man of the steel, le nouveau Superman. J’ai jamais trop aimé ce Super Héros, beaucoup trop lisse à mon goût mais y a Henry Cavill dedans, un autre de mes top crushes people.

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Ça va déjà bien m’occuper quoi. Mais vous commencez à me connaître : j’ai dans mes marottes une incroyable inconstance. Alors peut-être que demain, je vais me passionner pour autre chose, je vais peut-être me piquer d’architecture, d’histoire de la mode, de philosophie ou de développement personnel… L’avantage des marottes, c’est qu’on peut picorer à l’infini sans risque d’indigestion. Enfin pour moi parce que je sens que ma marotte telenovelas en 2012 à plus saoulé que passionné mon public. Quoi que faudra que je vous en reparle tiens. Et vous plaignez pas, ça fait longtemps que j’ai pas parlé Ab production et soap opéras !

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L’univers infini des possibles professionnels

Ma chère moi d’avant,

Mon article d’hier ayant des relents d’adolescence, j’ai eu envie de t’écrire . Pas de sexe, du coup, je ferais dans le redondant mais parlons plutôt avenir professionnel. Que je suis sérieuse tout à coup, je sais mais t’inquiète, je vais pas te faire la morale. Je ne devrais pas te dire ça mais ta manie de ne pas faire tes devoirs ne t’a pas nui. Mais peut-être qu’un peu plus de sérieux t’aurait permis de…  je sais pas.

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Bref, parlons de ton avenir, fillette. Depuis tes 15 ans, tu as décidé, tu seras journaliste. Et bien sache que tu as relativement manqué ton objectif mais t’inquiète, hein, tu vas devenir community manager, un métier qui n’existe pas encore à l’âge des rêves de carrière mais pas de panique, ça ne fait pas mal. Mais ce qui est un peu triste à mon âge, c’est que mon univers des possibles s’est considérablement rétréci. Ben oui, au collège-lycée, les possibilités sont nombreuses. Avant de vouloir être journaliste, tu as pensé à être prof, archéologue, architecte, opticienne, coiffeuse, assistante sociale, photographe, écrivain… Bref, ça changeait un peu tous les jours mais tu avais le temps. Après, tu t’es rendue compte en grandissant que : tu étais atrocement nulle en géométrie et incapable de faire un rectangle parfait… TU te souviens, en CM2, toutes ces récréations que tu as passé à refaire ton rectangle car il faisait 9.8 cm de côté et pas 10 tout rond ? Ouais, j’avais une instit super pointilleuse. Même en seconde, en cours de dessin, quand tu as dû faire une nature morte, tu étais la seule à avoir un cadre totalement foiré (mais j’ai eu 12 malgré tout, j’étais pas si nulle). Donc l’architecture, c’était mort. Tu t’es aussi rendue compte que les sciences et toi, au-delà du niveau C’est pas sorcier, tu étais nulle (excepté pour les cours concernant la génétique et la reproduction, tiens). Et c’est après un terrible babysitting de 15 jours en Pays Basque que tu as
compris que tu n’aimais pas vraiment les enfants, sauf exceptions et que ta patience était somme toute très relative. Mais malgré ce manque de talents dans certaines filières, tu pouvais rêver.

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Aujourd’hui, j’ai 30 ans et l’univers des possibles est plus que limité. D’abord parce que j’ai fait des études : je suis partie en littéraire, j’ai eu une maîtrise d’histoire, de science politique puis un master professionnel de journalisme. A partir de là, ça paraît compliqué de devenir architecte (outre le fait que je ne sais pas faire des rectangles parfaits au millimètre). Pourtant, il m’arrive encore d’avoir des lubies professionnelles. Quand je vais dans une expo bien foutue, je me rêve scénographe. Quand je regarde les photos des magazines (pas celles de mode, celles qui illustrent des articles généraux), je rêve de faire de la photo kitsch. Ouais, je sais, ça peut paraître bizarre mais j’adorerais mettre en scène des photos illustrant un premier rendez-vous amoureux ou le stress au boulot, c’est limite de la BD. Sauf que je sais pas dessiner, malgré mon épique 12 en nature morte. Et puis des fois, je me dis que tiens, je pourrais devenir fleuriste (malgré mon allergie au pollen) ou scénariste. Sur ce dernier point, après tout, rien n’est perdu, ma carrière (enfin, au bout de 3 ans à temps plein, ça fait un peu prétentieux de parler de carrière) restant toujours connectée à l’écriture mais bon, je me connais. Ecrire des conneries, ça va m’éclater 5 mn, mettre en scène la perversion de personnages naturellement vicieux et mauvais mais au bout d’un moment, stop.

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Alors tu dois trouver ce que je te raconte bien triste mais ma fille, c’est la vie. Puis t’inquiète pas, tu vois, à 30 ans, j’ai encore des lubies professionnelles, comme toi. Juste qu’après, les lubies ne payant pas le loyer, j’ai un vrai métier qui me rapporte de vrais sous à la fin du mois. Et je vais te dire, je crois que pour certains jobs, vaut mieux que ça reste du domaine de l’imagination, la réalité est toujours beaucoup moins drôle.

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Bon, allez, c’est pas tout ça, file faire tes devoirs. On ne sait jamais, ça peut servir.

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Où trouver l’homme. Episode spécial : les bons plans de la rentrée

A la recherche du prince charmant

(Cher nouvel arrivant, avant de lire cet article, sache que c’est de la fiction, tout ça, c’est pour de rire. Je chercherais un mec avec un tel acharnement, je m’inquièterais moi même au plus haut point).

Me voici revenue sur Paris, surmotivée. Déjà, j’ai des atouts dans ma main : je suis bronzée [on sent bien la fiction, là], reposée, toute confiante en moi vu que j’ai attrapé un beau mec de la plage avec plein de qualités en prime. Ok, ce sont les vacances mais quand même. Mais un homme, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval et Dieu Merci, je suis pas sûre qu’il soit encore en état après. Non, pour trouver l’homme, il me faut un plan d’attaque.

Ca tombe bien, la rentrée pointe paresseusement le bout de son nez. Ca se sent, dans le métro, y a plus de monde, les gens ont plus de mallettes que de sacs à dos, ils regardent tous dans le vide ou lisent leur 20 minutes plutôt que de fixer le plan de la ligne avec une attention de chaque seconde histoire de ne pas rater l’arrêt. C’est bien connu, à Paris, on aime changer les lignes pour faire des blagues aux touristes…

Bref, que se passe-t-il à la rentrée ? La vie associative reprend son cours, tout un tas d’activités me tendent les bras. Alors, voyons voir ce que je peux faire. Du sport ? Est-il réellement la peine que j’insiste sur cette voie là, au vu de mes résultats de drague, c’est à dire archi nuls ? Je crois qu’à un moment, il faut reconnaître qu’une voie n’est pas pour nous donc le sport, si j’y vais, ce ne sera que pour me défouler, pas pour draguer. Non, il me faut des activités plus nobles.

Des cours, en voilà une bonne idée. Ca tombe bien, ça fait longtemps que j’ai envie d’apprendre le russe. Les cours de la ville de Paris sont super intéressants mais je ne suis pas domiciliée à Paris [d’ailleurs, je cherche très officiellement une combine parce que, Paris, j’y passe quand même la majorité de mon temps de veille vu que j’y bosse, je ne trouve pas ça très juste de ne pas pouvoir en profiter. Oui, je ne paie pas d’impôts ici mais je consomme énormément sur la capitale, je fais un peu tourner l’économie !]. L’INALCO a l’air de
proposer des cours du soir mais leur site Internet n’est pas à jour pour le moment et je veux être sûre que ce n’est pas trop tôt ou trop loin car il m’est difficile de partir du boulot avant 18h au très grand minimum. Puis l’avantage des cours de langue, c’est qu’ils se pratiquent à plusieurs, sauf à prendre des cours particuliers qui coûtent un bras. C’est toujours mieux que les cours de musique qui se prennent en tête à tête. Notez les filles : prendre des cours de musique pour draguer un mec est très risqué. Si le prof est une femme, c’est mort pour vous.

Il y a aussi foultitudes d’ateliers en tout genre : photo, architecture… Haaaaaan, je sens que mes week-ends vont être vite tous pris. Puis même si je trouve pas l’homme, j’aurai au moins appris des choses.

Autre plan : les associations à but caritatif. Là, double combo : d’un côté, j’aide des gens dans le besoin, de l’autre, je peux choper du beau bénévole. Ok, dis comme ça, ça fait sans coeur mais si mon égoïsme amoureux m’encourage à donner quelques heures de mon temps à des gens qui en ont besoin, je me dis que je rééquilibre un peu mon karma. Maintenant, faut quand même que je trouve une cause qui m’intéresse parce que par exemple, sonner aux portes pour apporter la bonne parole des témoins de Jéhovah, non, c’est pas mon trip. Même s’il y a de très beaux témoins de Jéhovah, je ne m’appelle pas Katie Holmes, je ne vais pas vendre mon âme à une obscure église pour me choper un mec. Même si c’est Tom Cruise mais je le trouve méga beauf maintenant. Un peu comme George Clooney, je trouve qu’il glisse subrepticement vers le vieux beau, j’espère qu’il va se rattraper. Bref. Rien en rapport avec la religion. Le sida ? J’ai été refroidie par ma mauvaise expérience avec Aides donc du coup, je suis pas très motivée. Je sais : ma marotte à moi, ça a toujours été l’éducation des enfants dans les pays défavorisés. Oui, ok, de savoir lire, ça leur filera pas de la nourriture mais ce n’est pas une raison pour ne pas s’occuper aussi de ce problème. Ok, je me lance, ma BA légèrement égoïste, ce sera ça.

La semaine prochaine, je vais donc m’inscrire à plein de choses.

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Ni la nuit ni le jour

Ce devait être un été à Décathlon. Un été à 35 heures au lieu des 18 habituelles. Tout ça pour rattraper les « semaines à 0 », octroyées par mon boss pendant les partiels en Janvier et Juin. Un été à Paris sur la moquette, sous les néons.


« Bonjour Madame. Non Madame, je ne suis pas un vendeur, en fait j’ai piqué le gilet et je fais l’espion dans le magasin. Mais chut hein… Ca reste entre nous. »
« Bonjour Madame. Pardon ? Ah! Nooon! Non, voyez vous, si je suis vendeur tennis c’est justement parce que je n’y connais rien du tout : c’est plus sympa! Par contre si vous voulez un conseil en bilboquet… »

Ce genre de phrase, bien sûr, personne ne les dira jamais.

C’est le genre de phrase qui fait sourire alors qu’on boit son café, tout seul, en salle de pause.
Or, si une demoiselle rentre dans la pièce à ce moment là et voit un damoiseau, tout seul, de dos, en train de mimer une réponse crétine à une cliente imaginaire, eh bien là, on bascule, sans bruit, dans ce qu’on appelle un grand moment de solitude.

Pourtant, ce ridicule partagé, c’est aussi un premier élément de connivence : le mec pris sur le fait, la nana rigolarde, cette complicité… Certains esprits futés auront déjà compris où je veux les emmener ; ils diront sûrement, sarcastiques : « Eh oui Lucas, c’est de ce ciment là dont on fait les plus jolis murs… »

Mais n’anticipons pas.

Gaëlle était futée et des le premier regard elle a lu en moi. Les filles ont cette décence infinie qui leur permet, quand elles le veulent, de rester stoïques, de ne pas s’offusquer ou de ne pas sourire quand elles lisent le désir dans les yeux d’un homme. Pour autant, à cet instant précis c’était plutôt une fascination. Vous savez… un je ne sais quoi, une présence ; quelque chose d’attirant qui n’a rien à voir avec la plastique, la beauté ou le charme.

Notre petite discussion fut courte. Un intérêt pour la personne en face, une exigence envers l’autre dans l’échange, des références communes : le temps de fumer sa clope, nous savions déjà que nous allions être proche. Le temps de fumer sa clope, nous avions déjà les cendres de notre relation.

Je crois que c’est elle qui l’a compris la première car elle a fait un sourire contrit avant de clôturer la pause en m’expliquant sa presence : étudiante en beaux arts à Rennes, venue travailler à Paris le temps d’un été pour gagner peu et voir beaucoup : musées, expos, architectures, attitudes, amospheres… Tout ça avant de partir, deux ans, à Buenos Aires.

Deux ans…

Pendant deux mois,
Nous avons discuté, beaucoup. Joué sur les mots, un peu. Echangé, plein de choses ; sûrement trop.
Nous avons partagé,
Des promenades, des avis, des rires; de cruelles moqueries sur des inconnus, des rues traversées en courant parce que le petit bonhomme était rouge ; de belles émotions, à Beaubourg ou aux concerts du Parc Floral, allongés dans l’herbe.  Nous avons eu de ces moments magiques. Mais oui , vous savez… Quand on dit que « les grands esprits se rencontrent » en réprimant un sourire, tout étonnés et ravis de se découvrir une tournure d’esprit identique et…
Bref, nous étions bien ensemble.
Mais aucun des deux n’était dupe.

Nous avons chacun laissé monter en nous ce sentiment amoureux, naissant. Nous n’avons rien dit mais tout était clair. Dans nos regards, nos silences, les sourires amusés des gens qui nous observaient. Oui, le mur approchait mais nous n’y pensions pas. Où plutôt, je crois que nous ne voulions pas y penser. Que peut-on faire quand au matin, au réveil,  l’une des premières images qui vient en tête c’est une jeune femme cachée derrière son carton à dessin ???

Je l’ai ramené maintes fois chez elle en voiture. A chaque fois, je prenais les devants, la quittant comme un eunuque, sans lui laisser le temps de proposer un dernier verre chez elle. Et elle en souriait. Elle savait, elle aussi, que dans certaines nuits câlines la tendresse partagée est un catalyseur de sentiments plus forts, un accélérateur de sentiments. Nous roulions déjà tellement vite.

C’est elle qui a craqué le dernier jour sur le quai du RER. Elle était assise en tailleur sur son siège RATP, le regard flou. Elle m’a souri, s’est levé et elle m’a demandé : « tu crois qu’on a eu tort ? »

Je n’ai pas répondu, j’ai souri, je me suis mordu la lèvre. Et puis je l’ai serré très fort dans mes bras, en pleurant.

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