On perd vite le manuel des rencards réussis

Par Audrey

audrey-folle

Après la soirée de l’angoisse avec mes copines censées m’insuffler du courage pour ce premier rencard post longue relation amoureuse, je décide que j’ai pas besoin d’aide. Ca va, je ne suis plus une jeune pucelle rougissante. J’ai passé trois ans avec le même mec et j’ai eu une vie avant lui : plus experte des mecs que ça, tu meurs.

Le fétichisme des pieds, in ou out ?

Et je meurs, justement. De stress. Parce que bon, en trois ans, y a peut-être quelques trucs qui ont changé en matière de drague et mes copines ont préféré me prévenir sur les risques de finir découpée à la scie sauteuse et balancée dans la Seine en menus morceaux plutôt que de me dire si les rendez-vous galants, ça marche toujours pareil. On est toujours dans le bon vieux resto ou vive les apéros dînatoires ? Et on sort où maintenant à Paris pour passer une bonne soirée sans passer pour la meuf dépassée face aux hypra branchées parfaites jusqu’au bout des orteils. Tiens, au fait, faudrait que je pense à me faire une petite pédicure maison, peut-être que ce monsieur va voir mes pieds et les ongles un peu pas faits, ça le fait pas. Où on est-on du fétichisme des pieds, d’ailleurs ? In ou out ? On ne me dit rien, à moi !

Respire, ma fille, respire. Un, deux, trois, tout va bien se passer, ce n’est qu’une question d’organisation. D’abord, lançons les travaux de fond appelés aussi “bah, tiens, enfin une bonne occasion de me chouchouter”. Un peu de cire sur mes poils (c’est pas la mode les poils à tout hasard ? Ca m’arrangerait…), un peu de produits tout doux sur mes cheveux et ma peau, un peu de vernis sur mes doigts… Telle Cendrillon, j’émerge de mon petit nuage magique et… point de miracle. Le souci quand tu vis en couple et que tu te crois à l’abri de toute rupture (ERREUR), c’est que tu en profites pour te la couler douce sur les quelques gestes beauté qui t’ennuient le plus. A savoir pour ma part : épilation stricte (ça va, lui aussi, il a des poils et je ne lui dis rien), vernissage impeccable (selon une loi universelle, il est impossible de conserver une couche de vernis dans son intégralité plus de 8h… un peu comme les collants, impossible d’en porter un sans le filer toute une journée), silhouette impeccable. Je me masse le haut du nez en soufflant puis je hausse les épaules. Y a bien que les magazines féminins pour croire qu’on n’a aucune chance si on ne ressemble pas à une fille de leur canard. D’ailleurs, même les filles de leur canard ne se ressemblent pas et vu que Photoshop n’existe pas dans la vraie vie, on fera avec ce qu’on a.

 M’a-t-il draguée car il me sentait désespérée ?

Etape suivante : les vêtements. Dans la mesure où il ne fait pas particulièrement chaud, tout ce qui implique de dévoiler mes jambes avec juste un peu de voile autour me donne envie de pleurer. Bon allez, va pour mon petit jean fétiche, il me fait un cul d’enfer et ça dédramatise un peu la rencontre : je joue pas ma vie sur ce rencard, t’emballe pas mec. Par contre, pour le haut, l’hésitation monte d’un cran : décolleté or not ? En dévoiler un peu mais pas trop pour donner l’envie d’en voir plus mais sans envoyer le message “j’ai tellement la dalle que tu n’as rien à faire pour m’avoir”. Non, non, pas trop, soyons dans le suggéré… Ah oui, autre chose que j’ai un peu délaissé pendant ma vie de couple : ma grande-robe sexy. J’avoue que la mode sweat a eu avec moi l’une de ses plus ardentes défenseuses…

Deux heures plus tard, le contenu de mon armoire a envahi mon appart et je ne suis toujours pas plus avancée. Au fond, est-ce que tout cela a vraiment une importance ? Le mec m’a adressé la parole dans un bar où j’étais la seule à ne pas être fringuée en mode slut donc soit il aime les filles simples… soit il aime les filles désespérées, en période “basse estime de soi” parce que ça fait des proies faciles…

Je me jette sur mon lit et soupire… C’est fou comme, tout à coup, mon ex me manque… Soit on nous ment en nous disant que le célibat, c’est trop cool… soit c’est moi qui ne suis pas faite pour ça.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Conseils d’amies

Par Audrey

Ou “la prochaine fois, je demanderai pas”
audrey-conseils-damis
Paniquée à l’idée de rencontrer le joli Valentin en tête à tête, je décide de convier en urgence ma cellule “aidons Audrey à survivre au célibat”. Le problème était donc le suivant : je n’avais pas eu de rendez-vous galant depuis plus de 3 ans et je n’étais pas certaine d’avoir envie de me remettre de suite, de suite en couple. Une jolie bouteille de Pinot noir entourée de quelques gourmandises, Karma venant chasser nos doigts agités, la soirée était lancée.

« A peine ai-je posé la question que j’étais déjà éjectée de la conversation »

A peine ai-je exposé les faits que j’étais éjectée de la conversation, chacune débattant de sa vision du couple, du plan cul et de ce rencard qui devait se terminer ou non sous la couette. La question étant également de savoir de quelle couette on parle. Car apparemment, Elisabeth trouve légitime d’expliquer que ça pourrait être un psychopathe et que s’il sait où j’habite, il me poursuivra jusqu’à ce que je déménage. Mais si c’est un gros psychopathe, objecta Isa, aller chez lui pourrait me faire courir le risque de finir découpée en petits morceaux et balancée dans la Seine, terminant ma courte vie comme nourriture pour silures et poissons-chats. Souria, se servant un nouveau verre de vin, gloussa en suggérant alors que nous n’avions qu’à laisser cours à nos désirs sous une porte cochère, c’est terriblement excitant. C’est ainsi que je compris qu’elle parlait d’expérience… Too much information.

Chacune commence donc à militer sur le statut à donner à ce fameux Valentin : Isa, la romantique, exige que je l’épouse ou à peu près, Souria pense que rien ne vaut un plan cul, Elisabeth prêche pour cette zone grise entre l’amour et l’amitié, un ami particulier et plus si affinités mais ne nous précipitons pas. Je ne sais pas qui est ce “nous” mais manifestement, on a oublié que j’étais dans la pièce et la première concernée. Mmmm, il est bon ce Pinot.

« Moi, je voulais juste qu’on me dise que j’étais jolie, pas que je risquais de finir trucidée et découpée en fines lames »

Alors que je commence à naviguer en milieu cotonneux, Isa s’écrie soudain en ma direction “Hé mais tu vas t’habiller comment ? Faut pas trop en donner, quand même !

– Ouais mais faut pas la jouer trop nonne non plus !” objecta Souria, le doigt pointé vers le ciel.

Et elles repartirent dans un débat enflammé sur la profondeur adéquate de mon décolleté et la longueur de ma jupe (apparemment, il était dit que je sortirais en jupe, peu importe que ce ne soit pas forcément de saison). Je saisis Karma, surexcité par la volubilité de mes copines, et commence à jouer avec lui. “Hé mais Audrey, tu nous écoutes ou non ?”.

“A dire vrai, vu que je ne sais pas si mon avis vous intéresse ou pas et que je n’aime pas vraiment les conversations où je finis découpée à la hache par un malade, non, pas trop.”

Blanc. Elles se regardent, un peu gênées, prenant conscience que cet apéro dînatoire censé m’aider à y voir plus clair m’avait plongé encore plus profondément dans l’angoisse avec leurs histoires de coucher ou pas, se marier ou pas. Moi, je voulais juste un peu d’encouragements qu’on me dise que j’étais jolie et que ça allait le faire. Là, maintenant, j’ai tellement peur que je suis à deux doigts de tout annuler. La prochaine fois, je me débrouille toute seule.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le nouveau champ des possibles amoureux

Par Audrey

audrey-champs-possible1

Sortir d’une rupture subie, ça vous met un peu les neurones au ralenti. Tu es tellement dans le vif, ton coeur éclaté en mille morceaux prend tellement toute la place que tu ne réalises pas alors qu’en sortant d’une relation que tu souhaitais totalement monogame, le champ des possibles amoureux s’ouvre soudain.

« J’ai le droit de draguer sans une once de culpabilité »
Un samedi soir ordinaire, un garçon a pris mon numéro. Hébétée, je lui dictais les 10 chiffres magiques, légèrement paniquée à l’idée que je n’avais pas le contrôle de la situation. Le contrôle de quoi précisément ? C’est à dire que je n’étais pas sûre d’être prête. Même si je savais que mon ex, trop occupé à sauter sa nouvelle poulette, ne reviendrait plus, j’avais encore du mal à envisager une nouvelle relation avec un autre homme. Lente, vous avez dit ?

Et puis, le lundi matin, à la machine à café, j’ai réalisé que cette nouvelle liberté n’était pas si mal. Alors que j’attendais que la machine remplisse un gobelet plastique d’un brouet sombre ressemblant vaguement à du café dans un vombrissement d’enfer, je sentis une présence derrière moi. Indifférente, je jetais un oeil par dessus mon épaule quand je reconnus la silhouette athlétique de Maxime, le directeur artistique. Je le salue poliment quand il lance la conversation « alors, ton week-end ? ». En lui répondant, je remarque soudain pourquoi la plupart des filles parlent de lui comme le fantasme absolu : oui, Maxime est séduisant avec ses yeux clairs qui pétillent, son nez droit et sa petite fossette au menton. Et là, mes neurones connectent enfin : j’ai le droit de le draguer. Je suis célibataire et si je veux, je peux tenter le coup sans une once de culpabilité. En voilà une perspective excitante.

De retour à mon poste, j’ouvre mon Facebook et fais défiler mes contacts pour dresser la liste des éventuels candidats à mon éveil amoureux. Adrien, pas mal, mettons le de côté. François ? Ah non, il est maqué depuis trois mois et ne cesse de poster des photos de son couple. Julien ? Ah non, c’est mort, c’est un copain de Benoît. Je ne suis plus très au fait de ce qui est correct ou pas en temps de rupture mais draguer un pote de son ex me paraît être une mauvaise idée quoi qu’il en soit.

« Je chope un rencard et j’hyperventile »
Toute excitée par ma liste, je n’entends pas mon mobile qui vibre dans mon sac. Ce n’est donc que quelques instants plus tard que je découvre ce message « Hello, c’est Valentin, on s’est croisés au bar samedi soir ! Ca va ? ». Après quelques échanges de textos polis mais peu intéressants, la question tombe enfin : « on va se boire un verre vendredi soir ? Ca te dit ? ». Je suis au bord du vide, un, deux, trois… « Ouais ok ». J’ai sauté, l’élastique est en train de se tendre. Va-t-il craquer ou me permettre de ne pas me fracasser au sol.

En résumé : j’ai un rencard. Le premier rendez-vous avec un homo sapiens sapiens de l’ère post Benoît. Ok, faut que je convoque mon conseil de guerre avant vendredi histoire de calmer mon hyperventilation. SMS aux filles « SOS, j’ai un rencard ! Faut qu’on se voit, viiiiite ». Le champ des possibles amoureux, c’est excitant mais ça file vite le vertige.

 

PS : Je progresse, niveau illustration ! Sinon, j’avais pondu ces 2 versions là :

audrey-champs-possible2

audrey-champs-possible3

Mais cette dernière perd trop le côté un peu BD, non ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

Drague au bar

Par Audrey

Ou comment j’ai réalisé que j’étais pas sortie des orties

audrey-l'ennui

Souria tentant de m’embarquer dans le camp des célibataires joyeuses, elle m’amena un samedi soir dans un bar à forte teneur en testostérone. Le plan était simple : on s’assoit, on se commande un verre, les suivants devraient nous être offerts. Prenant sous le bras notre contingent de célibataires, nous voici donc 5 nanas gloussantes dans un bar surpeuplé un samedi soir comme un autre. Enfin, gloussantes : elles oui. Moi, j’avais surtout envie de mourir.

« Moi en jeans, elles en robe sexy : la soirée s’annonçait longue »

J’admire ses nanas sans complexe qui savent jouer la séduction sans se poser des tas de questions. Moi, je doute. De un : suis-je encore une “belle prise”? Après 3 ans de couple, on a perdu l’habitude de séduire, de plaire, on ne sait pas si on suscite l’envie ou la pitié. De deux : de quel type d’hommes ai-je envie ? Parce que la rupture n’ayant pas été tout à fait à mon initiative, mon ex restait finalement ce qui se rapprochait le plus de mon idéal. En fait, ce n’était pas d’un homme au hasard dont j’avais envie mais d’un Benoît 2. Le même sans sa nouvelle moitié.

Mais je n’avais pas envie d’évoquer ce point avec mes amies qui semblaient surexcitées à l’idée de me voir enfiler mes oripeaux d’amazone de la drague. Et je n’allais pas tarder à les décevoir. Le dit samedi, me voici devant le bar, sobrement habillée d’un jean et d’un pull : la tenue casual pour une virée en ville entre copines. Mais quand j’ai vu Souria et Isa débarquer dans leurs robes laissant entrevoir des promesses de nuits torrides, le cheveux libre et lissé et les yeux fardés de noir, j’ai senti que j’étais pas dans le ton. Et que la soirée s’annonçait longue, longue.

Car ce soir, hors de question de papoter entre copines, non, ce soir, on chope. Une fois dans le bar, je propose naïvement de prendre une table mais on s’écrie : non, on squatte le bar, on reste visible. Et c’est parti pour un moment fou de bousculades et effleurages entre ceux qui s’accrochent au zinc, ceux qui vont et viennent commander quelques cocktails et ceux qui se contentent de circuler dans cet espace de plus en plus étroit. Le bruit va crescendo, la chaleur aussi. Les chopeuses dégainent leur rire de gorge, jettent leurs cheveux tout autour d’elles, quitte à en balancer quelques uns dans les yeux d’un dommage collatéral. Je tente de suivre mais l’ennui est total : je n’entends rien, je suis lassée par la chaleur et tous ces corps qui se frottent au mien, j’ai envie de partir.

« Accepter un verre, c’est accepter autre chose ? »

Alors que je jetais un 37e coup d’oeil à mon smartphone pour vérifier si je pouvais plier le camp sans passer pour une mauvaise coucheuse, un verre vient fleurir sous mon nez, tendu par un barman bien souriant “de la part du gars, là-bas”. Owww… Un garçon me fait effectivement un signe, je vire au rouge, je manque d’air et, pour une fois, ce n’est pas dû à la chaleur infernale du lieu. Je fais quoi ? Si j’accepte le verre, est-ce que cela suppose que j’accepte autre chose ? Est-ce une sorte de préliminaire ? Je suis perdue… Je saisis le verre, souris à l’inconnu, bois une gorgée et ne bouge pas. Il est loin, il va m’oublier dans quelques secondes. Ciel, il est têtu le bougre, le voici qui approche.

“Salut !

– Salut”.

Dialogue saisissant. Polie, je réponds un peu à ses questions, on s’échange prénoms, métier, banalités sur le temps qu’il fait, ohlala y a du monde ce soir. Je bois mon verre un peu vite pour filer au premier blanc. “Bon, je dois y aller, j’habite un peu loin” “Oh, ok, tu me laisses ton numéro ?”. Hein, de quoi ? Je n’étais tellement pas prête à la séduction que je n’ai pas envisagé cette question : est-ce que je lui laisse mon numéro ? Est-ce que j’ai envie de lui laisser mon numéro ? Il n’est pas mal, sans doute… “Heu, oui, ok…”

Cendrillon gribouilla son 06 sur un papier et fila hors de ce bar, troublée… mais satisfaite. Soudain, je réalisais : j’avais à nouveau le droit de sortir avec des mecs qui n’étaient pas Benoît, j’étais libre. Soudain, le champ des possibles amoureux s’ouvrant à moi me frappa. Oui, j’étais célibataire. Et il était plus que temps d’en profiter.

PS : Je tente un nouveau style d’illu. C’est pas encore ça…

Rendez-vous sur Hellocoton !

J’ai un mec pour toi (hihi)

Par Audrey

Dans ma gestion de ma post-rupture avec Benoît, j’ai commis une erreur grave. Pas celle de le stalker sur Facebook mais celle d’annoncer fièrement à mes amies que, ça y est, j’étais guérie, je pouvais à nouveau reprendre une vie amoureuse normale. Parce que c’était faux, que j’avais encore mon ex dans la peau et que j’ai tenté la méthode Coué. Elles l’ont un peu trop pris au pied de la lettre.

audrey-la-honte

A peine avais-je fini de prononcer mon bulletin de santé amoureux qu’Isa et Elisabeth se mirent à piailler « hihi, j’ai un mec pour toi ! ». Faut les comprendre. D’un côté Elisabeth, devenue seule fille « en couple » de la bande, a dû renoncer aux sorties à quatre et a la seule fille du groupe capable de l’écouter sur ses petits soucis conjugaux. De l’autre Isa à la vie amoureuse plus catastrophique que le visage d’un Bogdanov, se réfugie dans une perpétuelle fuite en avant en jouant les marieuses. L’amour, ça la connaît puisqu’elle sait caser les gens, elle trouve juste pas chaussure à son pied. Donc me voici avec deux prétendants dont je ne sais rien et que je n’ai pas tellement envie de rencontrer.

« Une fille fraîchement célibataire est-elle plus recommandable auprès des célibataires mâles du coin ? »

Machine à café au boulot. J’ai à peine le temps de sélectionner mon café long sans sucre que ma collègue Valentine y met son petit grain « ah mais moi, j’ai un mec trop parfait pour toi ». Non, please ! J’ai été bien gourde de crier à qui voulait l’entendre que mon coeur était réparé mais comment pouvais-je anticiper un tel raz de marée de candidats potentiels pour devenir mon nouveau mec ? D’ailleurs, comment se fait-il que j’ai autant de copines célibataires dans mon entourage alors que je bénéficie pour ma part de trois prétendants sans avoir levé le moindre petit doigt ? Une fille fraîchement célibataire est-elle plus recommandable auprès des célibataires mâles du coin ? Ou alors pense-t-on que je suis assez désespérée pour prendre le premier venu sans discuter ? A moins que… et si, à force d’avoir été bercées sur les belles histoires de princesses et de princes charmants, on se rêvait toutes marieuses malgré nous ? Qu’on espère un jour tenir un mouchoir en dentelle ouvragée sous nos yeux le jour d’un mariage heureux en se confiant auprès de notre voisin de cérémonie « c’est moi qui les ai présentés ! ».

« Je suis désormais au coeur d’une lutte célibataire vs en couple »

Sauf que si ça marchait, les sites de rencontres et autres agences matrimoniales auraient mis la clé sous la porte depuis longtemps. Alors que j’esquivais les rendez-vous avec mes promis, Souria, l’éternelle célibataire, intervint « dites donc, vous pouvez pas lui foutre la paix ? Elle vient de sortir d’une longue relation et tout ce dont elle a besoin, c’est de s’amuser un peu. Allez, samedi, on sort entre célibataires, tu vas voir ! ».

Mon Dieu, je suis désormais au coeur de la lutte célibataire vs en couple, ils me veulent tous dans leur camp. Alors que moi, j’avais plutôt prévu de me déguster un pot d’Haägen Dasz en pyjama devant The Voice… J’ai plus le choix, va falloir assumer.

Rendez-vous sur Hellocoton !

T’as pris ta bouée ?

Par Audrey

audrey-pese

C’est cliché mais dans mon cas, ce fut vrai : une fois installée en couple, je me suis un peu négligée. Je n’avais pas remarqué jusqu’à ce matin, quand j’ai décidé que la déprime post rupture, ça suffisait et que j’allais mettre mon plus beau slim pour me sentir jolie. Quand j’ai pas réussi à passer la barrière des cuisses, autant dire que l’estime de moi avait pris un sacré coup dans la tronche.

« Si j’ai grossi, c’est la faute de mon ex »

Face à la prise de conscience de cette délicate brioche enrubannant mon ventre et de tout ce moelleux épanoui sur mes hanches, je tire une conclusion indiscutable. Tout ça, c’est la faute de mon ex. Oui, parfaitement ! Lui et son foutu métabolisme rapide qui lui permet de s’avaler des kilos de pizzas, pâtes, fromages, frites… sans prendre un gramme. Inconsciente, je l’ai suivie. Aujourd’hui, je passe à la caisse et je regarde mon slim d’un air navré. Adieu petit bout de tissu, mon cul et toi n’êtes plus compatibles.

Non, je refuse de jeter Rufus. Oui, Rufus devient désormais le symbole de mon corps perdu et que je dois retrouver. Je vais le ranger soigneusement, pas trop caché, histoire de le ré essayer de temps en temps, histoire de mesurer où j’en suis. Oui, je sais que les hommes aiment les rondeurs mais celles-ci ne sont pas à moi, je ne sais qu’en faire. Et puis, à présent que j’ai aménagé mon petit chez moi et que j’ai pris un chat, je manque de projet de vie pour bien laisser mon ex et sa nouvelle copine loin de mes pensées. Un régime, c’est parfait : je vais pouvoir remplacer mon obsession pour mon ex par une obsession pour la nourriture.

A moi salades, tomates, quinoa et huile en spray pour ne pas trop en mettre. De l’eau en litres, du thé vert et des brocolis vapeur. Et du sport, oh oui ! Je suis motivée ! Mais surtout, mon inconscient a trouvé la plus belle excuse pour ne pas réellement se lancer à la conquête d’un nouvel homme : mon corps n’est pas à son top, je dois d’abord gérer ça, tu comprends… Je ne dupe sans doute pas grand monde mais je gagne un peu de temps. Reprendre le jeu de la séduction après une longue relation, ça fait bien plus peur qu’un saut en parachute. On est plus proche d’une Sandra Bullock qui se balance dans l’espace pour tenter d’attraper une navette spatiale…

« Le problème avec les régimes, c’est que la faim remplace vite la motivation »

Résolue à mincir, je l’étais, sincèrement. Mais le problème avec les régimes, c’est que la motivation est vite remplacée par la faim. Et y a frites à la cantine. Bon, Rufus, je crois que toi et moi, on va faire une longue pause, on se retrouve dans 3 mois.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Modern stalking

Par Audrey

image
Le problème des ruptures à l’ère du web 2.0, c’est qu’elle manque de netteté. Comment tourner la page alors que l’autre reste là, à portée de clic. Malgré les résolutions, malgré l’envie d’avancer, comment résister à l’envie d’aller jeter un oeil… Ne serait-ce que pour vérifier qu’on n’est pas la seule à en chier. Sauf que sur les réseaux sociaux, on a tendance à mettre en avant ce que l’on fait de cool. Et là, la curiosité vire à la scarification mentale.

Mais qui est cette pouffe qui like tout ce qu’il poste avec la régularité d’un métronome ?

Benoît était, quand nous étions installés ensemble, la parfaite incarnation du mot « pantouflard ». Plus motivé à l’idée d’un plateau télé ou d’une soirée console que par l’idée d’aller voir dehors ce qu’il se passe. Mais là, depuis qu’il est seul, il semble pas mal sortir. Un coup au concert de Fauve (style de musique qu’il semblait détester quand nous étions en couple), avis posté sur le dernier Woody Allen, expo à Beaubourg… Mais qui est cet homme ? Mais surtout qui est cette pouffe qui like tout ce qu’il poste avec la régularité d’un métronome ?D’ailleurs, pourquoi lors du concert des Artic Monkeys, elle l’a tagué sur une photo ? C’est qui cette Aurélie ?

Côté face, je souris, je joue la fille « la vie devant moi, youhou ! ». Côté pile, mon estomac est en train de se décomposer sous l’effet des giclées de bile aigre provoquées par toutes les apparitions de cette mystérieuse Aurélie dans la vie de mon mec… euh, mon ex. Jusqu’au jour où ça apparaît en toutes lettres sur mon écran, un coup virtuel dans les tripes « Benoît Garassi est maintenant en couple avec Aurélie Chastain ». Je saisis mon clavier et vomis ma colère, prête à lui démontrer l’étendue de mon vocabulaire le plus ordurier.

Mais, sur les conseils de mon amie Elisabeth, je finis par ne pas l’envoyer. Parce que ça sert à rien. Parce qu’il s’excusera d’avoir été maladroit, oui, mais il ne m’aime plus et la scène, même un peu légitime, qu’il va se prendre ne changera rien. Audrey out, Aurélie in, c’est comme ça.

Devant mon Facebook, je me décide enfin à faire ce que j’aurais dû faire depuis le départ

Alors je me plante devant mon Facebook et fais ce que j’aurais dû faire dès le départ mais que je n’avais pas eu le courage d’exécuter pour de fausses raisons (« non mais ça fait mesquin, tu comprends »). « Voulez-vous vraiment supprimer Benoît Garassi de votre liste d’amis ? ». Oui.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le délicat cas du chat

Par Audrey

audrey-joue-a-chat

Une fois ma rupture avec Benoît assimilée, je suis tombée dans une nouvelle phase que nous appellerons “nouveau départ”. Il fallait qu’un maximum de choses dans ma vie marque ce virage : nouvel appart, nouvelle garde robe, nouveau découvert. C’est le problème avec les nouvelles vies, on ne fait pas toujours des économies pour pouvoir se la payer au moment où on en a besoin. Alors pour consolider l’oeuvre de cette nouvelle vie, je choisis un chaton, tout pelucheux et tout mignon avec ses grands yeux étonnés et sa démarche un peu hésitante. Welcome to Karma dans mon humble demeure.

Le chat, repoussoir à mec ? 

Karma, oui, une façon de me souhaiter bonne chance dans ma nouvelle vie. Fière de moi, j’invitais mes copines à prendre le thé histoire de leur présenter la chose. J’ai attendu qu’elles soient tranquillement assises sur mon clic-clac flambant neuf (enfin, la housse. Le clic-clac est sans doute plus vieux que moi) pour leur exhiber le nouvel amour de ma vie. Si Elisabeth et Isa se montrèrent immédiatement charmées, Souria fit légèrement la moue. Souria, c’est ma pote “célibataire qui le vit bien”, à l’inverse d’Isa qui est la “célibataire qui aimerait bien une grosse alliance à son doigt et quelques enfants dans sa maison avec jardin”. A peu près. Donc Souria ne sourit pas.
“Tu l’aimes pas ?
– Si, si, il est mignon, mais… Ca va pas t’aider à trouver un mec.”
Chat, repoussoir à mec ? Allons donc ! Mais Souria insiste : de un, sans qu’on sache pourquoi, la moitié des mecs sont allergiques aux chats. Tu vois, physiquement, ça colle pas. Et de deux, et c’est bien là le pire, le chat, ça fait vieille fille. Limite aigrie. Le chat est donc une sorte d’antidote naturel contre les mecs, CQFD.

Le chat, meilleur détecteur à mec bien ?

Une fois mes copines parties, je prends mon mini chat et le tend vers moi, façon Simba dans le roi Lion. Ce petit bout de quelques grammes feraient fuir des gaillards de 80 kilos, vraiment ? Je relâchais le fauve qui partit en courant maladroitement planter ses griffes dans la mousse du canapé, l’air espiègle et satisfait. Le roi de la maison. Quelques jours à peine que je l’ai ramené et il fait déjà sa loi. Peu importe les brimades, il plante ses griffes dans mes meubles et saute partout s’il veut. C’est peut-être là le noeud du drame : y aurait-il une place pour une autre individu auprès de mon chat ? Boule de poil est-elle la seule à décider de qui a le droit de la vénérer ? Un chat et un homme sont-ils forcément en conflit quand il s’agit de prendre une place dans ma vie ? Et ce mini félin me place-t-il vraiment dans le rôle de la vieille fille ? Je veux dire, oui, je l’ai adopté au moment où je renouais avec une solitude depuis longtemps oubliée mais c’est pas une raison…

Et si Karma était, en fait, mon meilleur détecteur à mec bien ? Je veux dire un gars qui arrêterait une incroyable histoire d’amour à cause d’un chat mérite-t-il que je m’arrête sur son cas plus de 30 secondes ? Non, je ne crois pas non.

Finalement, Souria a tort : ce chat est le meilleur investissement que je pouvais faire. Même si j’étais encore loin de me relancer dans une quête amoureuse : guérir un coeur, ça prend du temps.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Mon coeur en lambeau

Par Audrey

La rupture est un deuil. Au début, je n’y ai même pas cru. Alors que Benoît m’expliquait que le « nous » était mort, j’étais noyée sous un tsunamis de pensées tantôt rationnelles, tantôt émotionnelles, surtout contradictoires. Que faire ? Quoi dire ? Il est sérieux, là ? Je l’aimais bien, moi, cet appart… Dois-je pleurer, crier ? Me montrer compréhensive ? Lui jeter au visage ce verre qu’il a imprudemment laissé à ma portée ? Les codes de la bienséance n’ont jamais rien dit à ce sujet.

audrey

Alors je n’ai rien dit. Je suis restée coite, abasourdie. Sur le coup, Benoît s’en est même inquiété, craignant sans doute que ce soudain mutisme annonce une explosion imminente, un peu comme avant une éruption volcanique. Mais non, je ne savais juste pas quoi dire ni faire, mon cerveau était parti en vrille. De fait, cette première phase de rupture fut douce. C’est après que ça s’est compliqué.

« Il reviendra forcément, ils finissent tous par revenir »

Dans la phase de deuil telle que présentée dans toutes les séries médicales américaines, il y a une phase de déni. J’y suis passée. Après avoir pris mes petites affaires et être partie vivre chez ma bonne amie Elisabeth, je me suis réconfortée en me disant qu’il s’agissait d’une erreur, qu’il reviendrait forcément. Il paraît qu’ils finissent toujours par revenir. Je ne sais d’où je tiens cette croyance si on considère que 100% de mes exs ne sont jamais revenus… Mais peu importait. Benoît avait juste commis une petite erreur de jugement, il ne tarderait pas à me rappeler pour me supplier de revenir.

Il ne le fit pas. Alors commença la phase de colère où j’usais d’un vocabulaire varié et ordurier pour désigner mon désormais ex. Connard, connard, connard ! Tu m’as quittée alors que j’étais la petite amie à peu près parfaite, douce et aimante, patiente, dévouée… Peut-on à ce point être crétin ? Non mais c’est vrai, à quel moment décide-t-on de quitter la femme parfaite ou à peu près ? Une femme qui compose délicatement avec tous vos défauts parce qu’il en avait un paquet ! Tu savais qu’il ronflait ? Tu n’imagines pas les courtes nuits que j’ai passées à ses côtés… Pas parce qu’il me sautait dessus, non, ça, c’était plié en 5 minutes mais parce qu’il me faisait plus de bruit qu’un avion au décollage, pour te dire ! Je suis sûre que j’ai perdu des points d’audition. Puis tout est de sa faute ! En la jouant “on reste pote”, il m’a laissé croire qu’il y avait un espoir alors même qu’il se tapait déjà l’autre greluche. Je le déteste, je le hais !

Tu as posé ta valise dans un nouvel appartement, plus petit, imparfait, mais il marquait la fin d’une parenthèse de 6 mois

Et puis un jour, tu te résignes. Tu te dis que c’est plus si important, qu’il revienne ou non. Tu as posé tes valises dans un nouvel appartement, plus petit, imparfait, mais il marquait la fin d’une parenthèse de 6 mois durant laquelle j’ai pleuré sur mon sort, sur notre sort. Enfin, j’étais prête. Chapitre Benoît clos, entamons le suivant.

 PS : Je continue mes petits tests, notamment dans la mise en page qui fait un peu chronique magazine et surtout l’illu, qui ne donne pas du tout ce que j’imaginais (je m’inspire à la base pas mal des théâtres des ombres mais je suis pas encore assez douée en Photoshop pour faire des contours propres) mais j’arrive pas à dire si ce résultat là est cool ou franchement atroce. Donc si avis vous avez, exprimez-vous. Moi pas graphiste, moi zéro susceptibilité sur la question.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Moi, Audrey, 27 ans, vit seule avec mon chat

(Intro de Nina : Audrey est donc un personnage fictionnel, une sorte de Carrie Bradshaw sauf que je vais faire en sorte que vous n’ayiez pas envie de lui coller des tartes. Comme je débute l’expérience, n’hésitez pas à me donner votre avis, même négatif. Mais on me le dit gentiment quand même, hein. Puis sinon, j’avais la flemme de vous écrire un article de Noël et je vous saoulerai de mes bilans et bonnes résolutions un peu plus tard. De rien)

J’ai longtemps cru que la vie était d’une linéarité à toute épreuve. La route est belle et dégagée et dès que tu es sur une ligne droite, t’appuies sur le champignon en laissant tes cheveux se balader au vent. Mais, alors que j’étais sur ma belle lancée, sans que je comprenne rien, un arbre a surgi sur la route et je m’y suis plantée avec force.
Ile de Ré-versailles 583
Cet arbre, c’est Benoît. Mon ex. J’ai mis 4 mois à l’appeler ex et non plus « mon copain ». Ca s’est passé un soir fin avril, c’était un mardi, on revenait d’une semaine de vacances au Pays Basque qui ne s’était pas très bien passées. Benoît s’était montré particulièrement taciturne mais j’ai cru que c’était lié au mauvais temps qui nous avait cloué dans l’appart qu’on avait loué une bonne partie du séjour, à mater tous les DVD qu’on avait pu louer à la borne voisine. J’avais suggéré une autre activité à réaliser en duo, plutôt sans vêtements mais il n’était curieusement pas très motivé. Ce mardi soir là, il arriva, la mine déconfite et me dit « Audrey, faut qu’on parle ». Comme une grosse truffe, je n’ai pas vu le coup venir, j’étais toujours sur ma route dégagée. « Je crois qu’il faudrait qu’on se sépare ». Voiture écrabouillée contre l’arbre, moteur fumant, enjoliveurs qui vivent désormais leur propre vie sur cette belle route qui n’est désormais plus mienne. Voilà, il voulait qu’on se sépare. Ce n’était pas de ma faute et je ne méritais pas ça. Mon cher, si je  le méritais pas, suffisait de pas me larguer, c’était pas bien compliqué ! Non mais ça m’énerve, ces ruptures en caresses dans le sens du poil. Je m’en fous de tes fadaises sur le fait que je suis incroyable et que je mérite le meilleur et autres merdes prémâchées par tous les films ou séries comprenant une scène de rupture. De toute façon, mon cerveau a buggé suite au mot « sépare » donc pour le reste, ça te donne bonne conscience à toi mais moi, j’ai toujours autant envie de vomir. J’entends au loin tes vagues explications sur le fait que tu ne le sens plus, que tu ne sais plus, que tu es perdu mais que tu as trouvé que c’était la meilleur issue. Je t’entends comme si j’étais sous l’eau, j’essaie de comprendre et, de façon étrange, je suis envahie de pensées pragmatiques. Comment va-t-on faire pour l’appart ? Notre nid d’amour dont le bail est paraphé de nos deux signatures ? Oui, je suis sous le choc, mon cerveau s’accroche aux menus détails pour ne pas voir ma vie en train de s’effondrer. 4 ans d’amour qui se stoppent en une phrase, la violence.

Quarrel between men and women

Et puis le mensonge. Si Benoît me quittait, ce n’était pas simplement car il ne m’aimait plus, c’est surtout qu’il en aimait une autre. Enfin, aimer… Comme dirait ma copine Souria, il l’aimait surtout avec sa bite. L’autre, la rivale, finit par avoir un prénom. Aurélie. Il m’avait trompée (car oui, il avait d’abord testé la marchandise pendant quelques mois avant de la choisir) avec une fille avec un prénom si banal que ça me donnait envie de pleurer. Je l’avais repérée dans ses amis Facebook, toujours à liker toutes les inepties qu’il postait, ses photos de kéké absolu, d’abruti notoire, de « mais comment j’ai pu être amoureuse de ce type là. Ah ben quand on dit que l’amour est aveugle. Mais c’est qui cette sale pétasse qui n’arrête pas de liker et commenter ses statuts ? Elle est moche et trop conne en plus ». Il faut savoir que si l’amour rend aveugle, le désamour rend particulièrement hargneux.

hargne
Bref, mon ancienne vie s’est arrêtée il y a 9 mois et un jour, j’ai dû accoucher d’une nouvelle moi et ça s’est pas vraiment fait dans la joie et la bonne humeur. Parce que le deuil d’une rupture unilatérale, c’est une belle saloperie. Heureusement, j’ai mes copines. Et de gros besoins en sommeil. Je suis Audrey, j’ai 27 ans et depuis 9 mois, je vis seule avec un chat, symbole de ma nouvelle vie.

Rendez-vous sur Hellocoton !