Tu veux ma brosse à dents ?

Drame domestique y a 10 jours : ma tendre moitié a oublié sa brosse à dents pour dormir à la maison. Un problème, une solution : utilise ton doigt, ai-je suggéré. Solution adoptée.

Puis, tandis qu’il s’exécutait, une chose m’est revenue en tête. Dans ma prime jeunesse, j’avais lu dans un roman de Mary Higgins Clark (référence) un dialogue ou un mec proposait à sa nouvelle copine d’utiliser sa brosse à dents, comme une sorte de signe d’amour, un partage d’intimité absolue. Ciel, aurais-je compromis l’équilibre de notre couple en ne proposant pas ma brosse à dents ?

De prime abord, je trouve ça un peu crade de prêter ma brosse à dents, je suis pas sûre que partager avec autrui toute ma flore buccale et mon tartre donne envie à qui que ce soit. Puis à y repenser, je me dis qu’on partage bien « pire » en terme de flore et de fluides. Puis après tout, nos langues pénètrent nos bouches pour se mélanger dans un déluge de salive… Alors le brossage de dents, c’est peanuts à côté… Et tiens, cherichou (je l’appelle pas comme ca en vrai) il en pense quoi ?

Samedi matin, je relance je ne sais plus comment cette histoire de brosse à dents. « Tu sais, tu aurais pu utiliser la mienne… ». « Oh oui mais bon… J’en ai 2 à la maison, je penserai à en avoir toujours une sur moi ». « Bah, tu peux aussi la laisser ici ».

En fait, c’est pas tant que la brosse à dents commune débecte mais c’est juste bien d’avoir la sienne propre. Un peu comme la serviette de bain ou la brosse à cheveux (oui, enfin, les mecs n’utilisent pas de brosse à cheveux). Surtout que si tu passes en second, la brosse à dents ou la serviette humides, ça fait un peu chier… Sans parler du fait que c’est pas parce qu’on est un couple qu’on doit nécessairement tout partager…

Puis se prendre la tête sur une phrase écrite par Mary Higgins Clark, était-ce bien raisonnable ?

Avec ou sans la langue ?

Par Enzo

Plutôt que de laisser un long commentaire, je rebondis sur le récent article de Nina « Si t’embrasses bien, tu baises bien » en écrivant un  moi aussi sur une variante du même thème (c’est tout bénéfice : nouveau contenu, lien interne vers un autre article pour favoriser la lecture et accessoirement le référencement).


La question « Avec ou sans la langue ? » peut paraître infantile et ramener aux questionnements du collège mais elle me semble pourtant pertinente. Quel est ce dogme qui impose l’échange de langues comme pierre angulaire du baiser réussi ? 

Pour bien embrasser il faut obligatoirement pénétrer au plus profond la bouche de l’autre, échanger une quantité importante de salive ? Cette évidence qui ne me parait pas évidente (par réflexion biologique et par expérience) me trouble. C’est un peu comme si on était le seul non-fan d’une série que tout le monde adore. On se demande si on est un peu con ou si tous les autres le sont un peu ou si on est juste différent. 

Pourtant, quel délice peut concurrencer un baiser « à l’autrichienne » (cf Indiana Jones 3), lorsque l’on croque tendrement la lèvre de l’autre tel un quartier de mandarine (mangez cinq fruits et légumes par jour), quel romantisme peut concurrencer un baiser chaste qui ne veut pas mimer la pénétration…

Mais peut-être le débat dont je veux poser les bases est biaisé (et non pas « baisé ») : serais-je un des rares êtres humains à avoir les lèvres plus sensibles, plus érogènes que la langue ? Ou alors je ne suis qu’un aigri frustré qui a une petite-b.. euh petite-langue !