Vingtenaires : clap de fin

Alors que ce blog va fêter ses 13 ans aujourd’hui ou jeudi ou par là, je siffle la fin de la récré. Non, ce titre n’est pas une vanne. Et non, je ne vais pas me taire, j’ai encore plein de choses à écrire. Mais différemment.

Clap de fin

Ca fait quelques temps que je suis un peu gênée sur ce blog, abordant un peu les sujets divers et variés, sans trop de rapport avec la choucroute initiale. Ce blog, au départ, c’était l’histoire des amours d’une bande de potes et puis, ben, il a évolué avec moi. D’un truc léger et sans conséquence, c’est devenu ma tribune sur tout et n’importe quoi. Et puis j’ai plus 20 ans depuis un petit moment.

Mamie stylée

Et puis, y a les autres idées, les autres projets. Je dois penser à un concept de blog toutes les semaines à peu près. Et dans ma vie rêvée, je serais payée pour produire toute cette prose, vous parlant tour à tour d’actu, de bien-être, de lecture, d’écriture, de DIY, de voyage, de séries télé… tous les trucs que j’aime et dont j’aime parler. Un blog sur Paris aussi. Puis, je ferais des vidéos, tout ça, tout ça. J’ai cherché comment concilier un peu tout ça et aujourd’hui, j’en viens à la conclusion que je dois splitter. Je tue les vingtenaires pour revenir sous la forme de deux blogs.

Mitose

Le premier, ce sera mon blog “douce vie”, on va dire. Le fameux Nina feels good dont je parle depuis deux ou trois ans facile. J’arrive à un âge (ahem) où j’essaie de trouver le bonheur, le vrai. Enfin, la sérénité, plutôt. Je m’en sors pas mal sur plusieurs plans mais en gros, me reste à régler le problème de la vocation (je la connais ma vocation mais comment en faire un truc rentable, comment équilibrer ma vie entre besoin de manger et envie de faire… j’ai déjà le bouquin sur le Ikigai, je vais le lire), de la procrastination, du lâcher prise et de la cyclothymie, en gros. Ah et d’une hygiène de vie un peu correcte, cet hiver fut le festival du grand n’importe quoi. Bref, une quête du bien dans mes baskets, bien dans ma tête. Une sorte de blog initiatique.

Vivre heureux

Le second, forcément, ce sera mon blog “militant”. Entre guillemets car je ne veux pas y mettre d’étiquette politique. Je fais partie d’un mouvement politique et je pense que je parlerai de la petite vie de modeste militante parce que ça peut être intéressant sur certains aspects MAIS arborer une étiquette, c’est immédiatement se faire déqualifier du débat parce qu’on ne serait pas objectif. Alors je parlerai d’objectivité peut-être un autre jour mais un parti ou mouvement politique n’est, à priori, pas une secte, j’ai mes propres opinions, il m’arrive d’ailleurs de ne pas être d’accord avec ce que peuvent dire nos leaders et je peux l’exprimer sans trembler. Enfin, sur ce blog, je parlerai de politique, actu, féminisme, ce genre de choses. Je vais essayer d’un peu plus chiader mes articles, faire quelques billets d’humeur mais aussi des “dossiers”.

Ecrire au café

Voilà en très gros, on aura le blog “petits papillons, ma vie est jolie” et le “raaaaah, ça m’énerve”, parce que ce sont vraiment les deux facettes de ma personne et que je ne suis pas sûre que le tout soit un cocktail qui ne file pas mal à la tête.  Maintenant, faut que je me mette au travail. Et ici, ça va devenir quoi ? Ca va disparaître. C’est un peu quelque chose pour moi. Ca fait 13 ans que j’écris ici, c’est le projet le plus long de ma vie. C’est mon vieux doudou qui pue, je l’aime même si je m’en occupe mal, j’aime écrire et m’exprimer, passer mon dimanche à tout écrire et programmer pour la semaine, marcher en formant des mots dans ma tête (oui, je fais ça)… Mais la plupart des vieux articles, je n’en fais plus rien, j’oublie parfois qu’ils existent… Du coup, je vais récupérer certains d’entre eux pour les publier là où ils sont les plus pertinents (notamment les séries), le reste, je téléchargerai une archive et bye.

Serre livre rouge

Bref, je vais travailler à ces nouveaux blogs, je vous tiens au courant (parce que je suis persuadée que vous êtes absolument intéressés par la nouvelle).

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Kyoto, jusqu’à bout de force : forêt de bambou, Arashiyama et jardin impérial

Kyoto, dernière journée et il va falloir faire des choix car nous ne pourrons pas tout voir. Priorité à Arashiyama et sa célèbre bambouseraie, prise d’assaut par les touristes. Cependant, il pleut et j’espère que ça en découragera plus d’un.

Bambouseraie de Kyoto

Notre gare étant située sur la bonne ligne, on est sur place très rapidement, on trouve la bambouseraie. On y entre, on déambule… et ça ne marche pas. C’est bien joli, je ne dis pas, mais j’ai préféré la bambouseraie minuscule du kokoen à Himeji. La balade est plutôt courte, je m’attendais à quelque chose de plus grand. On reste globalement sur une route assez large à part un endroit aménagé pour qu’on puisse approcher d’un peu plus près mais je ne suis pas du tout gagnée par l’atmosphère censément quasi mystique du lieu.

Bambouseraie de Kyoto

Bambouseraie de Kyoto

Un petit temple dédié aux amoureux, comme une bonne partie des temples ici, est situé dans la forêt avec, comme curiosité, un “jardin de mousses”, dixit mon guide. Moi, j’appelle ça un simple bout de terre, re déception. On croise, lors de la balade, un petit train rouge au toit en plexiglas, le train pour Sagano “le trip le plus romantique”. Dans l’absolu, la balade doit être chouette mais il pleut donc ce sera sans nous. D’ailleurs, la bambouseraie est divisée en deux par une voie de chemin de fer, j’espérais y voir ce fameux train rouge qui m’évoquait le petit train jaune des Pyrénées mais non, c’est la ligne régulière… Et je crois que c’est là que s’explique ma déception. Oui, le manque de luminosité a pu jouer ainsi que l’image que je m’en faisais, cf le jardin de mousses. Mais non, en fait, ce qui m’a décontenancée, c’est l’impossible quiétude. Il y avait déjà pas mal de monde malgré la pluie mais ça, on fait avec. Non, le problème, ce sont  les taxis qui passent sur la route qui traverse la forêt que nous devions subir toutes les deux minutes. Non mais imaginez : vous essayez de vous imprégner de la sérénité de la nature et vous devez vous coller au bord de la route pour laisser passer une voiture. Ou entendre le ding dong annonçant le passage d’un train. Même si, ça, j’aime bien parce que c’est le même dans les mangas (forcément) et c’est un peu une petite madeleine de Proust pour moi.

Temple des amoureux d'Arashiyama : jardin de mousses Temple des amoureux d'Arashiyama Temple des amoureux d'Arashiyama Temple des amoureux d'Arashiyama : jardin de mousses

Bambouseraie d'Arashiyama à Kyoto : foule de touristes

Forêt de bambous de Kyoto : au milieu, passe le train

 

Un peu dépités, on sort de là pour faire un tour dans ce que nous appellerons Gogoland, la zone marchande pleine de souvenirs trop chers. Tu peux même payer en euros si tu veux ! On fait un tour du côté de la rivière pour s’offrir une jolie vue sur la montagne puis retour Kyoto.

Montagne d'Arashiyama Montagne d'Arashiyama

Retour à la gare centrale, plus précisément. Il faut savoir que la gare de Kyoto est monumentale. Littéralement. Un peu curieuse, j’ai envie de monter tout en haut des escalators et nous découvrons une superbe vue panoramique de la ville, limite plus belle que celle qu’on a eu au temple Inari, ne laissant qu’entrevoir la ville à travers la brume.  Même si cette highway centrale dans une ville rendue fantomatique m’active l’imagination puissance 1000 ! Un petit coucou à la tour de Kyoto franchement laide mais hyper pratique pour se repérer. Je remarque également un gros temple à côté… Initialement, j’avais prévu de faire un tour à l’est de la ville dans le quartier des temples mais Victor en avait un peu assez des temples (moi-même, j’avoue…) donc nouveau plan : on va visiter ce temple là puis on trace au Palais impérial pour flâner dans les jardins.

Gare centrale de Kyoto Locomotive en gare d'Arashiyama

Tour de Kyoto Kyoto, vue du temple Higashi Honganji Kyoto, panorama du haut de la gare

Le temple Higashi Honganji est un temple bouddhiste plutôt colossal avec le plus grand toit en bois du monde. On retire nos chaussures pour entrer dans un lieu au sol recouvert de tatamis, c’est assez agréable de marcher dessus. La salle est divisée en deux parties : les deux-tiers où vous pouvez vous asseoir pour prier et une dédiée aux autels et petites mises en scène. Note pour moi-même : me remettre à jour sur les pratiques bouddhistes… Entre les deux bâtiments, une petite histoire du temple qui a évidemment brûlé et été reconstruit (une constante dans la plupart des monuments que nous avons visité), on a aussi droit à une petite maquette nous montrant des travailleurs descendant une énorme tronc de la montagne enneigée avec un glissement de tronc et des pauvres ouvriers enfoncés dans la neige avec juste les jambes qui dépassent. J’ai de légers doutes quant à leur survie…

Temple Higashi Honganji à Kyoto

A présent, on fonce vers le Palais impérial. On marche, on marche, on marche… et on finit par prendre le métro. C’est là qu’on mesure toute la différence entre nos tous premiers jours de voyage et notre état au deux-tiers du séjour : au début, on faisait tout à pied et quand on prenait le train ou le métro, on était genre “ok ok, on va pas s’asseoir pour deux stations !”. Là, on en est à prendre et à s’asseoir pour une seule station. Bref,on arrive afin dans le jardin impérial, un jardin aux très grandes allées un peu austères, rien à voir avec celui de Tokyo… Les jours de beau temps, ça doit être fort charmant, surtout qu les pelouses ne sont pas interdites.

Jardin impérial de Kyoto Jardin impérial de Kyoto Jardin impérial de Kyoto Jardin impérial de Kyoto

Pour se remettre un peu de nos émotions et nous reposer les pieds, nous décidons d’aller boire un verre. Encore une grande aventure ! Manifestement, les Japonais, ils sont moyen branchés bar ou alors nous étions dans le mauvais quartier mais on a marché bien une demi-heure avant de trouver… un pub. Oui, on se retrouve donc dans un pub au Japon, qu’est-ce qu’il y a ? En fait, les gens ont l’air de boire et de manger au même endroit mais on ne veut pas manger, nous ! Bref, je me prends un petit daiquiri des familles qui me donne bien chaud aux joues, on mate distraitement un championnat de fléchettes à la télé. On retourne enfin à la gare de Kyoto à pied en suivant la Tour. Enfin l’appart, on déguste des noodles lyophilisées (en vrai, j’adore) et des desserts bizarres genre du pain au melon (farce bonne mais contour beaucoup trop pâteuse), une crème de potiron (bonne mais pas autant que la mienne) et un espèce de loukoum complètement gluant au thé matcha… dégueu.

Loukoum japonais au thé matcha

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Traîner à Tokyo en attendant le train : Ebisu et Meguro

03 octobre. Voici le plan : on doit quitter Tokyo à 16h15 pour Otsuki. Huit heures du mat, on déguste un petit dej à Akihabara en mettant au point notre planning du jour : aller à la gare pour gérer cette histoire de billet puis on file au Tokyo Dome Center pour faire des montagnes russes, en jetant nos sacs en consigne.

Tokyo Dome Center

Cette photo n’est pas de moi

On parvient enfin à réserver nos places et trouver une consigne et on fuit la gare qui nous épuise tant. Victor n’ayant plus envie de faire des roller coasters, préférant se préserver jusqu’à la fin du voyage “des fois que”, nous décidons d’aller nous promener du côté d’Ebisu. Suivant les conseils du Lonely Planet, pour ne pas le dénoncer, on choisit de prendre la skyline à la sortie de la gare d’Ebisu… à savoir une succession de tapis roulants avec vitres floutées. Donc on ne voit rien, zéro intérêt. Je me demande si le Lonely Planet Paris mentionne aussi l’existence des tapis roulants de Châtelet , une folle expérience s’il en est… Mais on se retrouve sur une place qui représente bien ce que j’aime à Tokyo : l’empilement désordonné d’architectures. En fait, Tokyo, c’est un peu une ville Playmobil où un enfant va poser un château et une maison de ville côte à côte sans trembler. Métaphore qui marche aussi avec les Legos mais moi, j’ai toujours été team Playmo. Donc là, on a sur notre droite et notre gauche des bâtiments en briques rouges furieusement british et en face, un château très français. Respectivement le musée de la bière et le resto local de Joël Robuchon (nom croisé assez régulièrement à Tokyo).

Place Ebisu Tokyo Place Ebisu Tokyo Place Ebisu Tokyo Place Ebisu Tokyo

Bien, partons pour une promenade… après un stop au Seven Eleven pour acheter quelques curiosités comme le chocolat à la fraise et le gâteau au goût indéfini mais bien bourratif. On ne croise pas trop de monde dans ce coin là, quelques petites curiosités mais surtout, on chemine vers notre but : le canal de Meguro, recommandé par le guide car bordé de cerisiers. Alors oui, ok, mais pourquoi il n’y a quasi pas d’eau ? Nous, on s’était imaginé un Canal façon Canal St Martin ou Canal de l’Ourcq, quoi… La balade est néanmoins agréable même s’il fait chaud, on voit quelques tortues dans l’eau. On croise même un château… Toujours cette démesure architecturale. Pour se reposer de cette bonne heure et demie de marche, on se pose déguster un café pour Victor, un matcha pour moi… Ok, en rentrant, je vais apprendre à m’en faire pour ma boisson doudou de l’hiver.

Petite peinture murale #tokyo #japan #ebisu #samourai #streetart

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Après un petit passage au Family Mart pour s’offrir une boisson frappée (vanille cookie pour lui, matcha pour moi. Oui, j’adore le matcha), on repart vers la gare pour aller zieuter le Pont Nihom avec ses lions et ses dragons. On met deux heures à le trouver car mon guide a décidé que les noms de rues, ça servait à rien, mais nous voici enfin devant ce Pont assez fascinant. Il n’est pas exceptionnel en soi, c’est un pet de mouche par rapport à notre Alexandre III, par exemple, mais c’est sa situation qui me fascine. J’avais noté ça dès le premier jour : il n’y a pas de volonté de faire respirer les points d’eau dans la ville. A côté de chez nous, à Akihabara, il y avait une sorte de canal pas loin mais qu’on a cherché une bonne heure pour se repérer… et qui était littéralement coincé entre deux immeubles. Avec des mecs qui font du jet ski dessus. Là, c’est pareil : le fleuve est littéralement enterré sous les différentes voies de circulation. A Paris ou Toulouse, les voies d’eau sont des voies de circulation avec péniches, bateaux mouches et même Sea Bubbles [quand j’ai écrit mon carnet, les Sea Bubbles devaient arriver de façon imminente] . Là, on a l’impression que l’eau fait chier donc on l’enterre.

Tokyo rivière Akihabara Tokyo Pont Nihom Tokyo Pont Nihom Tokyo Pont Nihom

Retour à la gare, très en avance pour prendre notre train, on est un peu contents de quitter la frénésie Tokyoïde. La ville est surprenante, j’adore les délires architecturaux  en tout genre mais avec Victor, on est d’accord : Tokyo ne passera pas devant New York mais surtout Athènes, notre ville préférée du monde. Le train file vers les montagnes, destination Otsuki  puis Kasei pour se préparer à affronter le Mont Fuji

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Départ pour le pays du Soleil levant

29 septembre – Un voyage commence par l’excitation de partir sauf que moi, on me la vole toujours un peu. Mon mois de septembre fut fou : le boulot, des aventures d’écriture, une implication sans concession dans un groupe politique, la famille… Bref, je m’étais rêvée en agente de voyage qui aurait tout prévu pour que tout se passe au mieux, je me retrouve à l’avant-veille du voyage à la librairie pour acheter un guide en urgence.

Guide touristique Japon

Je ne recommande pas trop trop ce guide, si vous voulez savoir mais dans l’urgence…

Leçon n°1 de ce voyage : lâcher la pression. C’est pas grave si on ne voit pas tout, qu’on passe à côté d’un truc. On est tous les deux et c’est tout ce qui compte. Et puis, j’ai besoin de me détendre pour de vrai. Ce mois de septembre m’a tellement usé les nerfs que je suis partie en crise monumentale de larmes quand je n’ai pas trouvé mon passeport qui était rangé à un endroit si logique que je n’y suis pas allée direct. C’est pour ça que je ne range pas mes affaires, je ne les retrouve pas après. Une fois le passeport retrouvé, mon mec m’a lâché “et bah, heureusement que tu fais du yoga!”. Legit.

Lutter contre le stress avec le yoga

Les voyages me stressent. Pas le périple en lui-même mais plus cette fameuse phase de préparation parce que plus la date approche, plus j’angoisse sur ma (relative) non préparation, l’idée d’oublier ou perdre un truc… Parce qu’une fois sur place, je vous jure, je suis souple et détendue. J’essaie juste d’anticiper au maximum pour pouvoir partir l’esprit léger.

Les durs matins de juin #catstagram #cute #sunny #summer

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Le voyage commence dès l’aéroport. Pas d’anecdote ici, on s’enregistre, on passe la sécurité, on embarque, six premières heures de vol paisibles jusqu’à Doha, le temps de mater trois films pas terribles. Trois heures à tuer à Doha, l’aéroport de l’improbable avec une navette automatique à l’intérieur qui ne sert pas à grand chose, un ourson géant plutôt angoissant. C’est parti pour le deuxième vol, quasi dix heures. Tentative de dormir malgré le peu de place, la lumière du monsieur du bout de la rangée qui ne semble pas pouvoir dormir dans la pénombre. J’aime bien les vols de nuit pour l’ambiance apaisée, calme. Les volets fermés tout du jour, on ne verra pas la lumière du jour en ce désormais 30 septembre.

Une navette dans l’aéroport au dessus des boutiques, bienvenue à Doha ! #doha #airport #train #subway #attraction

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Tokyo, enfin. Mais le premier contact est… anecdotique. Il fait nuit. On fait connaissance avec les trains locaux, un truc de dingue : tu as tellement de place entre ton siège et celui de devant que tu peux y mettre ton sac tout en restant à l’aise. Je scrute par la fenêtre mais ne voit rien. On emprunte pour la première fois la Yamanote mais pas grand chose à voir au dehors. Un peu déçus de ce premier “non contact”, finalement, on se rend tranquillement vers notre AirBnB dans un quartier résidentiel. Ok, on verra demain… On récupère notre piaule. Littéralement une piaule avec la douche et la cuisine dans la chambre et un mini canapé en mousse qui ne sert à rien vu que quand tu t’assois dessus, ton cul touche le sol. Mais le lit est confortable, ça tombe bien. Après un voyage de 19h, nous sombrons.

train au pays du soleil levant

Matez moi toute cette place et ça, c’est juste le RER local !

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Tokyo la dystopique

Je suis effroyablement en retard sur mes ambitions de carnets japonais mais ma vie en ce moment… je vous en parle pas pour pas salir cet article qui va me replonger avec délice dans ce voyage qui me paraît déjà si lointain… Quoique… Là, non, parce que je vais vous parler d’un aspect de Tokyo qui peut paraître étrange pour nous, Occidentaux mais Tokyo, c’est trop une ville dystopique.

Je suis une fille à imagination débordante : je lis, j’écris et quand je mets le pied dans une ville, je la scrute parfois comme un décor. Quelle histoire pourrais-je y raconter, quel élément du décor je vais pouvoir récupérer pour l’intégrer à mon récit ? Si New York était tellement Gotham City (mais quelques éléments ont d’ores et déjà pu me servir dans certains écrits, notamment mon histoire d’Ofelia dans son Néo-Rome), Tokyo, c’est… absolument Technopolis quand je vais le réécrire. C’est une ville du Futur… mais une ville du futur telle qu’on les imaginait quand j’étais plus jeune et que j’ai commencé à découvrir la SF et les romans d’anticipation.

#manhattan soleil couchant en direct de l’empire state building #sunset #latergram #Newyork

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Quand j’ai écrit des romans d’anticipation se passant dans des villes futuristes, ce qui est donc le cas de Technopolis et Ofelia, les deux villes concernées avaient exactement la même structure : toutes en verticalité avec des buildings qui vont te gratter le ciel, tellement que le Burj Khalifa, c’est un Playmobil à côté, plus de voitures mais des monorails et des ascenseurs (quoi que dans la version 1 d’Ofelia, alors qu’elle s’appelait Cecilia (hommage discret à Moravia), elle conduisait des voitures arrondies pour apporter un peu de douceur dans une société en crise, blablabla) parce que mes villes du futur, elles sont écolos… en fait, non, elles sont surtout hyper contrôlantes donc évitent que les gens aient les moyens de se déplacer facilement mais dans l’absolu, je suis une militante acharnée des villes sans voitures. Ce qui n’est pas le sujet. Donc des villes en verticalité traversées par des transports en commun avec des écrans animés qui parlent, une sursaturation des sens qui t’empêche de réfléchir… Bordel, c’est Tokyo.

Tokyo la nuit

Je ne saurais trop dire si j’ai aimé ou pas Tokyo… D’abord parce qu’il n’y a pas un Tokyo mais plusieurs endroits très différents les uns les autres, comme dans toute grande ville. A Paris, il y a des quartiers que j’aime et d’autres où je fais la gueule dès que je dois y mettre les pieds. Mais si je devais donner mon avis sur Tokyo, je dirais que je l’aimais… de jour. La nuit, je la trouvais attractive avec ses néons partout, son côté tellement… tu peux pas tout voir tellement ça clignote, ça s’agite, ça impressionne… Ca saoule. Littéralement. De nos soirées tokyoïdes, on a surtout une grande fatigue alors même que le spectacle pouvait être magique comme à Odaïba (le quartier de la baie de Tokyo que j’ai absolument adoré parce qu’architecturalement parlant, c’était littéralement la fête du slip qui te ridiculise Noisy-le-Grand)(même si j’ai super envie d’aller faire des photos à Noisy-le-Grand vu que mes potes en ont fait plein). D’abord parce que ça grouille de monde mais surtout parce que ça te parle. Des écrans géants qui te diffusent des messages de pub en permanence avec cette voix japonaise que j’associe tellement aux grandes catastrophes (parce que j’ai trop regardé Evangelion, certainement). Tu te balades dans les rues multicolores, des voix te disent des choses en boucle sans que tu en sois conscient, on est à la limite du message subliminal, tout est sursaturé… et tu fais quelques mètres en dehors de la grosse zone, t’as plus un bruit.

 

Alors est-ce que Tokyo va m’aider pour mon écriture ? Pas pour le Néo-Rome d’Ofelia mais pour Technopolis reload de quand je l’écrirai… ABSOLUMENT. Parce que oui, pendant quelques secondes, j’ai joué à “je suis dans Technopolis” et je vous garantis que ça marche d’enfer. Limite, je me demande si Oceany ne devrait pas être rebaptisée Mitsuko et tout déplacer au Japon tellement le japonais irait trop bien à cet univers… Mmm…

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Leave my uterus alone !

Selon une loi sociale commune, un couple suit les étapes suivantes : rencontre, consommation, consolidation, installation commune, signature d’un pacte quel qu’il soit, enfants. Plutôt au pluriel, oui. Donc si vous venez souvent par ici, vous aurez noté que je suis à l’étape post signature de pacte et donc, cette question de plus en plus récurrente dans ma vie “alors, le bébé, c’est pour quand ?” Mais leave my uterus alone, bordel !

Leave my uterus alone, révolte d'une nullipare

Alors on va pas se mentir, ce sujet commence à légèrement m’agacer parce que… on piétine allègrement mon choix et mes ressentis sur la question. Dès que je dis que je ne l’envisage pas pour le moment (notez que je ne suis même pas définitive là-dessus), j’ai droit à une réaction d’effroi (“quoiiii ? Tu ne veux pas d’enfants ? Mais quelle est cette hérésie ?”)… puis à une négation pure et simple de mes sentiments sur le sujet “non mais tu dis ça maintenant mais tu changeras d’avis, tu verras !” ou “mais tu ne peux pas passer à côté de ça, tu n’imagines pas ce que que c’est.” C’est vrai… Mais pour le moment, ça ne me manque pas, comme expérience. J’ai tout à fait conscience que je peux changer d’avis, comme j’ai déjà changé d’avis sur certains trucs mais… 37 ans, l’horloge biologique ne vient toujours pas me titiller, j’admets tout à fait que ça puisse ne jamais arriver. Alors pourquoi les autres insistent ?

Horloge biologique

En plus, je trouve ces conversations hyper intrusives. Personne n’imagine que si je n’ai pas d’enfants, c’est peut-être aussi parce que je ne peux pas en avoir… L’enfer que ça doit être quand c’est le cas “alors, c’est pour quand le bébé ?” “Ben, écoute, ça fait deux ans qu’on essaie et que ça prend pas, à croire que l’un de nous est stérile, à ton avis, lequel ?”. Non mais sérieusement, on touche au médical, là. Est-ce que je vous demande votre taux de cholestérol ou comment se portent vos globules blancs tous les trois matins, moi ? Non. Mais comme je suis une jeune pacsée (bon, on va pas tarder à arriver aux un an de PACS) et moins jeune femme, la question semble naturelle. Alors que pardon mais c’est totalement déplacé, surtout quand on te lâche un “ouais, enfin, faudrait pas trop tarder quand même, hein…”. Ah, t’as passé ton diplôme de gynéco pendant les vacances ? Non ? Alors ton avis sur ma fertilité, je te suggère d’en faire une mini boulette et de te la fourrer où je pense, merci, bisous.

Ton opinion dans ton cul

Tant que j’étais célibataire ou non engagée par un papier, j’étais relativement tranquille, surtout que ma bouille trompe toujours sur mon âge. Mais là, depuis que je me suis pacsée, je subis une pression de PARTOUT. Tout le monde veut que je fasse un enfant pour que le leur joue avec le mien (alors que s’il le faut, mon rejeton sera un connard tyrannique, on sait pas), pour que je connaisse ce que ça fait. Et le pire, c’est que quand j’explique pourquoi je n’ai pas envie, mes arguments ne comptent pas genre “ouais, ok, mais quand même, avoir un enfant, tu sais pas ce que c’est”. Non, comme beaucoup de choses en ce bas monde et ça m’empêche pas de dormir la nuit.

Bien dormir avec une peluche

Ces derniers temps, j’avais une bonne excuse : voyage de trois semaines à l’autre bout du monde en itinérance, pas bonne idée d’être enceinte. Ca marche. Mais le voyage approche. On sera de retour en France fin octobre. Et après ? Soit je m’énerve, soit je parle de la stérilité de notre couple (dont je ne sais rien, hein, notre principale cause de stérilité aujourd’hui, c’est mon stérilet, le bien nommé). Parce que je ne doute pas que l’amour maternel et paternel, c’est ouffissime mais… pour le moment, j’ai du mal à passer outre certains éléments. Et j’aimerais ne pas passer ma vie à me justifier de ça.

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Quand la fin approche

Je le sais, elle est là, je la vois arriver. Chaque moment prévu, chaque scène imaginée est née sur papier, certaines attendant encore d’être retapées. Alors qu’au dehors défilent la Grèce puis la Croatie et les Alpes (écrire dans un avion a un côté très magique), je mets les mots sur cette scène là, celle que je n’avais pas réussi à caler juste là et après… Une dernière scène forte, quelques discussions et ce sera la fin. Et je commence à galérer.

Quand la fin approche

Je me penchais l’autre jour sur le pourquoi de l’écriture, le fait que ce que je kiffe, c’est le processus plus que le succès final et il m’arrive aujourd’hui ce qui m’arrive souvent quand j’approche de la fin d’un projet chronophage : je me disperse. Concrètement, pour l’écriture, ça donne que j’ai de plus en plus de mal à terminer mon roman de Maja et je suis en train de voir lequel attaquer ensuite (nous avons pas mal de challengers et puis, je suis résolue à réécrire Technopolis pour en faire une oeuvre plus mature, plus “j’ai 17 ans de plus que la gamine qui a pondu ça, je vais un peu lui apprendre la vie”), commencer à plus réfléchir au début de ma prochaine aventure d’écriture qu’à la fin de celle-ci.

Tableau de répartition des tâches

C’est un peu quand on arrive à la fin d’un séjour chouette, qu’on sait qu’on va bientôt reprendre l’avion ou le train et que pour se consoler, on envisage déjà le prochain voyage, histoire d’avoir une perspective. C’est tout à fait ça, moi, je crois que je ne supporte pas de ne pas avoir de verbes à conjuguer au futur, je ne suis pas trop capable de prendre des vacances de projet, en quelques sortes.

Projets professionnels

Sauf qu’à me projeter, j’oublie que j’ai pas fini mon roman de Maja. J’ai toujours eu ce travers là. Je me souviens, quand j’étais jeune et que j’écrivais tout le temps, je commençais toujours un roman avant d’avoir fini celui d’avant, c’était plus fort que moi. A noter d’ailleurs que ce roman commencé avant la fin de l’autre finissait toujours à la poubelle mais j’ai un espèce d’enthousiasme d’écriture qui fait que quand j’ai une idée, je dois l’écrire maintenant. Et comme le roman de Maja n’occupe plus tellement mes pensées, je pense forcément aux autres histoires et…

groupe qui s'ébat dans l'eau

Et j’ai récidivé, j’ai commencé à réécrire Ofelia même si je sens déjà mon envie de celui-là faiblir. Ceci étant, j’ai commencé à écrire un nouveau roman mais en vérité, je vous le dis… A l’heure où vous lisez cet article, j’ai déjà écrit le mot fin sur le roman de Maja (du moins dans sa version manuscrite). Quelques pages à retaper encore et ce sera la fin pour de vrai… Ca mérite un article à part !

 

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Manifester, c’est anti démocratique

Aaaaaaaaah, je suis bien en ce moment, je suis bien… bien remontée. Ah, faut dire que les gens, ils me cherchent aussi genre à nous expliquer que descendre dans la rue parce que Macron fait de la merde, ce serait nul parce que Macron, c’est le choix des Français. Alors d’abord, vous allez me regarder cette vidéo de Data gueule et ensuite, revenez m’expliquer pourquoi manifester, c’est anti démocratique.

Manifester

Sur ces simples élections, nous avons un Macron passé au second tour grâce à ces 24% de votes au premier tour. Est-ce que ça veut dire que 24% des citoyens au vote exprimé sont pour ce fantastique détricotage de notre modèle social ? Non, 41% de cet électorat là l’a fait par défaut et non par conviction (et on remercie les sondages qui ont bien fait peur avec Marine, Fillon et tout ça histoire que les gens votent utile pour le moins dangereux… sur le papier). Donc 59% de 24%, ça nous fait 14% des votes exprimés. Soit en reconvertissant en terme de voix 5 millions de Français convaincus par un projet… soit environ 5 millions sur 47 millions d’électeurs ou 52 millions de Français de plus de 18 ans (ouais, j’ai enlevé les mineurs, je trouvais pas leur présence très pertinente dans mon analyse). Et comme depuis Chirac, celui qui remporte les élections présidentielles a un fauteuil pour les législatives, Macron obtient une confortable majorité… bien que plus de la moitié des citoyens n’aient pas fait le déplacement mais apparemment, ça marche quand même. Je remets le lien vers Data Gueule, des fois que…

Sondage présidentielle janvier 2017

Mais admettons. Voyez, moi, en 2012, j’ai voté Hollande parce que j’ai été tellement la reine des connes, bordel. Je ne croyais pas qu’il allait faire des miracles (ma propre connerie a des limites), je souhaitais juste de l’apaisement après Sarko. Et bah j’ai pas été déçue du voyage, la vache ! Et c’est précisément là où je veux en venir. Pour qui vote-t-on ou pour quoi vote-t-on ? Je suppose que c’est personnel et que ça dépend de son degré d’intérêt pour la politique, je vote personnellement pour une vision d’avenir. Parce que 5 ans, c’est court et long à la fois. Je vote pour un projet (projeeeeeet)… des promesses car je n’ai que ça. “Han mais genre, les politiciens, ils tiennent leurs promesses, LOL”. C’est bien tout le problème, Bobby, c’est bien tout le problème. Quand je mets un bulletin dans ma petite enveloppe, je n’ai pour faire mon choix que deux outils : mon adhésion à un projet et ma confiance en la personne ou le parti. Il y a une part de naïveté dans le vote, une part de résignation aussi. Je vais prendre lui ou elle parce que je pense qu’il me ment pas, parce que je veux croire qu’il me ment pas… ou au pire, ce sera lui ou elle le/la moins catastrophique. Je suppose que certains se demanderont alors pourquoi je continue de voter, je leur répondrai que… je sais pas vraiment, un peu par réflexe, un peu par espoir, quand même.

voter aux élections françaises

Cependant si les promesses ne sont pas tenues (et Dieu sait qu’elles ne le sont jamais), on fait quoi ? Voter n’est pas remettre un chèque en blanc à une personne ou un parti pendant 5 ans. On a signé un deal, monsieur madame, si vous ne le respectez pas, je pense avoir légèrement le droit d’ouvrir ma gueule. Et même si je n’ai pas voté pour le vainqueur, je dois laisser détricoter nos acquis sociaux parce que j’ai pas mis le bon bulletin dans l’urne ? Sérieusement ?

Manifestation anti loi Baillon en Espagne

Je sais que les manifestations ont mauvaise presse, je fus de celles qui soupiraient à l’époque en mode “mais ils ont rien d’autres à faire ?”. Aujourd’hui, j’ai complètement fait évoluer mon discours parce que j’ai compris qu’il fallait parfois entrer dans le rapport de force pour arracher quelque chose. Non parce que la prise de la Bastille, que nous célébrons à grand coup de feux d’artifice chaque année, vous croyez que ça s’est passé avec des bisous et de la barbe à papa ? Honnêtement, je suis toujours un peu saoulée de voir des abribus et vitrines pétées parce que je sais que les médias ne relaieront que ça (et je ne suis jamais déçue) mais je le suis encore plus quand je vois les gens chialer plus pour ces bouts de verre que sur les manifestants blessés… Et me racontez pas qu’ils l’ont cherché ou que c’était accidentel, on a eu lors de la manif du 1er mai à Paris pas moins de 11 blessures au crâne par matraque au bouclier dont 7 plaies ouvertes . Vous allez me faire croire qu’il n’y avait aucune volonté de faire mal. Mais non, les vitrines valent plus que l’intégrité physique de ceux qui exercent leur droit de manifester. Intéressant.

Manifestant blessé, violences policières

Mais le pire, c’est qu’on entre dans une ère où on est contraints de manifester non pas pour acquérir de nouveaux droits mais pour protéger nos acquis salement menacés… Vu qu’on se ramasse dans les dents en 3 mois de Macronie, je n’ose imaginer l’état de nos droits en 5 ans. Et j’en connais qui seront bien contents que certains soient aller manifester pour eux tout en s’indignant sur les abribus cassés. Le sens des priorités. Donc désolée mais peu importe le résultat d’une élection, manifester est un droit…et si ça continue, ça va limite devenir un devoir (en attendant de terminer en garde à vue parce qu’on n’a pas réussi à quitter la nasse à temps).

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Dernier train pour Busan : les zombies version coréenne

Après notre cycle Wes Anderson, on se cherchait une petite idée de cycle à se faire et on s’est dit : pourquoi pas le cinéma coréen ? Après avoir bâti une liste de un nom, nous voici donc posés au calme devant Dernier train pour Busan de Yeon Sang-Ho. Bon, en vrai, on aimerait se faire un cycle coréen mais on s’est pas penchés sur la question et comme on avait beaucoup entendu parler de Dernier train pour Busan, on s’est lancés.

Affiche Dernier train pour Busan de Sang-Ho Yeon

Alors si vous avez les mêmes références que moi, quand on vous parle de train, vous imaginez un road trip initiatique du type A bord du Darjeeling Limited de toujours Wes Anderson… Et bien pas du tout ! On est ici bien plus proche d’un 28 jours plus tard ou The Walking dead, voyez. Oui, c’est un film de zombies. Je vous raconte un peu quand même : c’est l’histoire du père busy busy qui s’occupe de sa fille Soo-Ahn quand il arrive à raccrocher son téléphone, à peu près. Tous deux doivent prendre le train pour Busan où vit la mère de Soo-Ahn. Ils montent donc dans le train non sans avoir croisé une pelletée de pompiers et policiers, un incendie fait rage au loin. Alors que le train va partir, une jeune fille parvient à sauter dedans sans se faire remarquer. Les portes se ferment, le train se met en branle… Et Soo-Ahn a juste le temps de voir des gens sauter sur le chef de quai sans comprendre. Le voyage commence paisiblement jusqu’à ce que la jeune fille qui a sauté au dernier moment et qui semble blessée meure… et revient à la vie, s’attaquant à l’hôtesse de bord. La contamination commence.

Attaque de zombie dans dernier train pour Busan

Ce film est hyper prenant, on ne va pas se mentir. D’autant que même si les trains coréens ont la télé à bord (hé ouais), la situation est confuse, on ne sait pas ce qu’il se passe, s’il reste des gens non contaminés, des infrastructures. On a quelques news de l’extérieur via le conducteur du train qui parle avec les gares… Jusqu’à ce que plus personne ne lui réponde. Le papa est aussi en contact avec un de ses collaborateurs qui lui fait de temps en temps un point sur la situation. La grande force de ce film est son rythme : on alterne les phases de calme et les phases de panique totale. C’est vraiment grosse tension – asseyez vous pour respirer – on repart, de vraies montagnes russes bien dosées. Ce rythme est bien facilitée par l’ignorance des personnages. Un peu comme dans 28 jours plus tard et The walking dead, quand Jim/Rick sort du coma et part errer dans la ville sans avoir conscience du danger. Et tout à coup, ça tombe. Ici, c’est pareil : dans le train, quand l’attaque commence, beaucoup de passagers ne sont pas au courant et ceux qui fuient arrivent à semer les zombies, trop occupés à grignoter ceux restés à l’arrière. Idem quand ils s’arrêtent en gare, ils ne savent pas du tout ce qu’ils se passent, ils sont seuls et aucune menace ne semble planer…

Dernier train pour Busan

J’ai également bien aimé la version très nerveuse de ces zombies. Contrairement à the Walking dead où ils se traînent (surtout maintenant qu’ils sont de plus en plus décomposés), ils courent très vite, semblent comme possédés avec des corps désarticulés et sont surtout extrêmement acharnés. Par contre, je ne comprends pas ce qu’ils veulent. Dans The walking dead et 28 jours plus tard, ils se nourrissent de leurs proies, là…ils mordent la personne et se barrent. Woké…

Les zombies dans Dernier train pour Busan

Mais ce film a quelques défauts structurels un peu gonflants. D’abord les transformations. Selon les personnages, ça peut durer cinq bonnes minutes (genre la fille au tout début même si, ok, elle s’était fait un garrot) et pour d’autres, ça se fait en à peine 10 secondes… Mais surtout, surtout, comme dans tous ces films : certains personnages sont super cons et tu te retrouves à gueuler sur ton canapé “mais putain pourquoi tu fais ça ?” ou pourquoi tu ne le fais pas ou pourquoi tu te laisses mourir alors que tu avais deux très larges minutes pour te mettre à l’abri ? La plus agaçante sur le sujet étant Soo-Ahn qui a un peu tendance à rester plantée là où elle est, y compris quand une horde de zombies lui fonce dessus. Je veux bien croire qu’elle soit sidérée mais à un moment, est-ce que ça existe vraiment des êtres humains qui n’ont pas le réflexe de se barrer quand un truc mortel leur fonce dessus ?

Soo-Ahn dans dernier train pour Busan

Oui, y a plein de gens qui courent autour de moi en hurlant mais je suis bien, là

Il faut aussi que je fasse deux spoilers donc ceux qui veulent voir le film sans tout savoir (et je conseille ce film), filez au paragraphe suivant. Deux points négatifs majeurs dans ce film, selon moi : en 1, le “méchant”. Ok, je comprends très bien le sous-texte sur la dénonciation du capitalisme dans le film, ok. Mais le mec, c’est le même que dans Avatar, il crève jamais, on a droit à plusieurs rebondissements sur ça et à la fin, t’as juste envie de dire “ok, il est pas mort, quelle surprise, ohlala”. Mais surtout, arrêtons nous sur les deux survivantes : une enfant et une femme enceinte, les plus faibles de la bande. Je me pose la question de la lecture de ça. Dans The walking dead, les plus faibles ont tendance à mourir, par exemple, plus dans la série que dans le comic d’ailleurs, mais parce que c’est devenu extrêmement dur de vivre dans ce monde là et les plus faibles (petite fille comme Sofia ou femme enceinte comme Lorie) n’y ont pas leur place. Mais peut-être que le sous-texte ici est que c’est grâce à la solidarité des forts et leur sacrifice que les plus faibles s’en sont sortis. Mais du coup, c’était presque attendu… On ne tue pas les enfants et les femmes enceintes (mais les autres, c’est bon).

Dernier train pour Busan

Alors est-ce que je conseille ce film ? Oui… et j’avoue que je suis pas sûre de savoir pourquoi : il ne réinvente pas le genre zombie, il est souvent convenu et prévisible, il ne fait pas peur et Soo-Ahn est insupportable comme tous les enfants au cinéma. On ne ressent pas une pâte coréenne particulière, on voit in fine assez peu d’images du pays… Mais j’ai aimé quand  même. Peut-être le rythme, peut-être l’ambiance, peut-être la version désarticulée des zombies, peut-être le jeu d’actrice de Kim Soo-an (qui joue Soo-Ahn parce que oui, son personnage est chiant mais l’actrice est juste bluffante), peut-être le personnage de Sang-hwa que j’ai vraiment apprécié. Bref, je ne saurais pas vous dire pourquoi mais ce film, je m’y suis laissée prendre. Et vous ?

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Relisons les dystopies

Je lis. Beaucoup, souvent, partout. J’aime imprégner chacun de mes voyages d’un livre, me créer des lieux de lecture exceptionnels. Et en tant que bibliophage assumée, je ne suis guère difficile dans les genres : des grands classiques aux polars en passant par la fantasy, la science fiction ou le développement personnel… Je sors d’ici les essais que je lis plus par envie de savoir pour le coup. Pour ne pas m’enfermer dans un genre, je me suis créé une routine sur ma liseuse : un roman de saga (actuellement l’Epée de vérité), un Philip K. Dick, un classique de la littérature, un développement personnel et un polar (sur ma liseuse, je lis d’autres trucs à côté). Mais je me dis que dans ma jolie liste, il manque un genre que je vais devoir rajouter d’urgence : les dystopies.

Hunger games - Lire les dystopies

J’adore les dystopies, j’en écris d’ailleurs régulièrement. Enfin, j’en ai écrit une il y a quelques années, Technopolis, puis j’ai dû en débuter une demi-douzaine d’autres se déroulant dans un univers plus ou moins éloigné dans le temps parce que je trouve que c’est un formidable terrain de jeu. Déjà, comme je fus une tricheuse feignante, je trouvais plus simple d’aller installer mon histoire dans un univers alternatif comme ça, pas besoin de recherche… Non parce que là, pour mon roman de Maja, j’en suis à checker la topologie suédoise pour vérifier que ce que je raconte, ça marche un peu… Alors que bon soyons honnêtes, je doute que beaucoup de personnes susceptibles de lire un jour cette histoires connaissent vraiment Dyviksudd. Moi-même, avant de choisir un peu un endroit pour une partie de mon récit, je ne connaissais pas et autant vous dire que je n’y ai jamais mis les pieds (je me suis arrêtée à Göteborg)(faut vraiment que je me fasse un Scandinavian trip). Mais surtout, ça permet d’imaginer le pire… Et parfois, le pire, c’est pas si loin de la vérité.

escalade à Dyviksudd

Le saviez-vous ? Dyviksudd est un très beau spot d’escalade

D’après ce que j’ai vu passer dans mon flux Twitter, les ventes de 1984 ont explosé depuis l’élection de Trump, surtout rapport à ses alternative facts. Si vous n’avez pas lu 1984, il faut le lire parce que… en fait, je vais vous dire, je vais vous parler de dystopies. Plein, tout le temps. J’en ai lu quelques uns, les classiques de type 1984, bien sûr, Farenheit 451, le meilleur des mondes, Ravage (j’ai toujours eu une grande affection pour Barjavel malgré son côté résolument réac) ou même Globalia de Ruffin. Et je parle de livres mais y a aussi beaucoup à dire sur certains films. J’ai caressé du doigt la partie dystopique de Cloud Atlas, y a Divergente aussi (méééé), le Labyrinthe (mééééééé mais en fait, ça dépend, rapport au twist final), Hunger games que j’ai pas vu… Puis les séries de type Dark Angel, Trepalium et si on abuse un peu The walking dead (mais à partir de la saison 5 selon moi puisque la dystopie décrit plus un système sociétal et politique qu’un monde qui survit à une catastrophe).

The walking dead, Rick et Michonne

La dystopie est un outil idéologique dans la mesure où un auteur va tisser un monde noir autour de dérives possibles et qu’il souhaite dénoncer. On y retrouve en général un totalitarisme, assumé ou subtil, passant généralement par un contrôle total de la culture et du divertissement, un leader réel ou fantasmé despotique, une réécriture des faits et de l’histoire. On peut considérer qu’elles ne sont que peu crédibles mais elle nous alertent sur les dérives possibles, presque naturelles, de toute société ivre de pouvoir. C’est ce dont je parlais dans Idiocracy : si je ne crois pas forcément en une bêtise crasse congénitale, force est de constater que notre système médiatique actuel ne nous pousse pas à nous élever, loiiiiiin de là. Parce qu’on nous fait croire que la détente, c’est surtout ne pas réfléchir. Parce qu’on nous répète souvent que les études littéraires, c’est de la merde, que ça nous apprend pas un vrai métier… Pourtant, connaître notre histoire serait la meilleure façon de se garantir du “plus jamais ça” qu’on brandit avec morve à chaque commémoration de la Libération mais dont on nie les avant-signes pourtant de plus en plus flagrants (point Godwin ? La meilleure arme de ceux qui préfèrent ne pas voir, peut-être…). La culture est dévaluée et si on n’en est pas encore à l’étape de brûler des livres, on commence à titiller sans même s’en cacher la…mmmm… réinterprétation de l’histoire.

Portrait géant de Mao Zedong

Certains les ont cru fous quand ils racontaient leur avenir sombre, peut-être avaient-ils juste anticipé, juste compris que l’ivresse du pouvoir et du contrôle pouvait entraîner le pire. Et je vous parlerai de temps en temps de ces grands romans, films, séries, BD ou même, pourquoi pas, jeu vidéo… car peu importe le format, pourvu qu’on ait la dystopie

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