Mets-toi en danger

Depuis quelques temps, je passe beaucoup de temps sur LinkedIn car c’est la meilleure source d’infos sur mon métier, devant Twitter (où les infos sont noyées au milieu de tranches de vie qui n’intéressent que leur auteurs et jérémiades sur à peu près tout ou n’importe quoi). Mais comme tout réseau social, il y a ses récurences, du test d’intelligence avec un calcul (à priori) simple ou le fameux « trouvez l’errreur » pour un peu se faire mousser en mode « je suis trop intelligent, tavu ? ». Mais surtout, sur LinkedIn, ce qui marche à mort, ce sont les mantras sous forme de carton dont celui qui me turlupine depuis quelques temps :
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Puis en mai, je suis partie à Oman, donc. Et dans le magazine « Néon« , que je recommande au passage, que vois-je ? Un article sur la nécessité de l’échec. Et là, ça fait tilt dans ma tête. Je dois me mettre en danger. Au pire, je me plante et j’apprends. Au mieux, je réussis et je me surprends.
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Alors se mettre en danger, c’est bien mais je fais quoi ? Pas de tentative de funambulisme au dessus du Grand Canyon, non. Rien qui compromette ma carrière non plus, faut pas déconner. Donc je vais tenter des trucs qui me parlent pas… dans mes loisirs. Il faut dire que j’ai toujours choisi des activités dans lesquelles je sais avoir des facilités : la natation (hyperlaxie mon amour), la plongée (aquaphilie bonjour), le chant. J’ai vite laissé tomber le violoncelle car je me pensais nulle ce que, objectivement, je ne pouvais mesurer, étant en cours individuel. Je bave d’admiration devant les tableaux de ma mère qui devient vraiment excellente en peinture mais je pars du principe que je ne saurai pas le faire. Peut-être ai-je raison. Peut-être ai-je tort ? Qui sait ?
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Tout ceci est la conséquence de trois défauts :
– le manque de confiance en soi : inutile de détailler, je n’ai pas toujours (c’est même assez rare) confiance en mes qualités même si j’ai déjà réussi à me guérir de mon syndrome de l’imposteur. Enorme pas en avant.
– ma patience : je veux réussir tout, tout de suite, sinon ça me saoule. Je décrète que je suis nulle et point.
– ma paresse : j’ai des facilités, je me repose dessus.
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Ainsi, lorsque je suis allée voir un médecin généraliste-médecin du sport-osthéopathe et peintre en bâtiment à ses heures perdues, il me regarde 30 secondes et me fait « ah, une hyperlaxe ». Ah oui, en effet. Au bout de quelques manipulations, il soupire « quel gâchis : avec votre hyperlaxie, vous auriez dû être une athlète de haut niveau. Saviez-vous qu’Usain Bolt, Federer, Nadal… tous des hyperlaxes ». Rah putain ! J’aurais pas été aussi feignasse plus jeune, je serais peut-être millionnaire en ce moment, à me dorer la pilule sur un yacht au large de la Sardaigne… Bon, pour être tout à fait honnête, j’ai fait 3 ans de tennis et j’étais complètement nulle, j’ai réussi à aller jusqu’à la balle orange mais sans doute par pitié. Mais tout ça me travaille : j’ai tellement été pas sportive pendant 27 ans de ma vie que j’ai jamais envisagé que j’aurais pu réussir là -dedans étant jeune. Et je n’ai pas vraiment essayé puisque après le tennis, je suis passée au tir à l’arc. Où je n’étais pas très douée à cause de l’item « impatience » qui me rendait incapable de viser longtemps. Et le manque de muscle qui me faisait trembler si j’essayais de toute façon. Peut-être que si j’avais cherché à sortir de ma zone de confort, je serais une athlète aujourd’hui. Ou autre chose, qui sait.
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Alors une décision s’impose : si je couple ça à mon besoin de m’affirmer, je l’annonce, à la rentrée, je ferai des arts martiaux. Je sais pas encore lequel mais je vais me renseigner. Et si j’y arrive, je tenterai autre chose. Et puis j’écrirai enfin un truc que je balancerai à des éditeurs. Je finirai bien par provoquer un échec, apprendre… Et finir par réussir. Joli projet.

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C’est mieux de lire le livre ou de voir le film ?

Pendant mon voyage en Egypte, j’ai assisté à un débat très intéressant dans les couloirs de l’aéroport de Marsa Alam, alors que je jouais au sudoku. Deux de mes camarades de voyage parlaient du film « L’écume des jours », l’une étant pressée de le voir, l’autre répondant que bon, vu qu’elle a pas lu le livre. Et là, elles devisent sur ce qui est le mieux : lire un livre avant de voir le film ou voir le film avant de lire le livre. Cet article se détachera désormais de l’exemple de L’écume des jours, je souffre beaucoup du choix des acteurs (oui, j’aime toujours pas Audrey Tautou).

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Lire le livre avant le film
Plutôt mon école. Genre je me tape l’intégrale de Game of Thrones avant de regarder la série (alors que j’aime même pas tellement l’histoire, finalement); On m’a spoilé plein de trucs, par accident la plupart du temps, mais je persiste et signe. Pourquoi ? D’abord parce que je ne veux pas qu’on me pollue mon imagination. Dans le roman, la génération des parents ont entre 30 et 40. Forcément, ils se marient tous vers 15, 16 ans, les femmes se reproduisent rapidement derrière. Or d’après les images que j’ai vu de la série, la génération des parents tourne plus vers la quarantaine bien tapée et on finit par se retrouver avec une Natalie Dormer, actrice de 30 ans, fiancée avec un pré adolescent de 12… Heuuuuuu… Ca va, ça choque personne ? Apparemment, il y a aussi énormément de scènes de cul, ce qui n’est pas vraiment le cas dans le roman. Bon, après, c’est du HBO mais voilà. Bref, en lisant, je veux rester pure de toute image mais aussi conserver le suspense intact. Je suis ce genre de fille qui n’aime pas relire un livre parce que je n’aime pas déjà connaître l’histoire.

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Le souci, c’est que du coup, on peut rejeter parfois un livre parce que les acteurs choisis ne correspondent pas du tout à ce qu’on imaginait. L’écume des jours dont je parlais, La délicatesse ou le Da Vinci Code, tous avec Audrey Tautou, par exemple. Bon ok, j’exagère un peu, je voulais pas voir le Da Vinci Code quoi qu’il arrive. Au passage, peut-on m’expliquer à quel moment Tom Hanks peut prétendre être un prof d’université charismatique ? Prenons un autre film : L’Ennui de Cédric Kahn avec Charles Berling. Je choisis ce film à dessein car le processus est intéressant. Je voulais aller voir le film mais personne ne voulait m’accompagner (faut que j’apprenne à aller au ciné toute seule !) donc je me suis résignée à acheter le roman signé d’un certain Moravia. C’était le premier roman que je lisais de lui, le début d’une histoire d’amour littéraire. Du coup, quand j’ai vu des extraits du film, j’étais révoltée ! Sophie Guillemin est à des milliards d’années de Cecilia, décrite comme une femme au corps d’enfant, ne dévoilant ses formes que nue. Ca correspond pas trop, là… Et puis elle joue comme une patate en plus ! Bon, finalement, en voyant le film, ça passait bien et je n’ai pas trouvé le roman « trahi ». Le spectateur qui a lu le livre est le plus exigeant. Il vient confronter son imagination à celle d’un autre, qui a collé des images sur une histoire, coupée, remontée  pour la faire coller au format film. Cette adaptation pourrait-elle faire l’unanimité, même si le réalisateur respectait à la lettre le roman, même s’il choisissait des acteurs physiquement ressemblants à la description de l’auteur ? Non, je ne pense pas.

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Le film avant le livre
Vous l’aurez noté, je suis plutôt de l’école « le livre avant le film » mais un argument intéressant a fusé dans la conversation que j’épiais. « Oui mais quand tu vois le film avant, lire le livre ensuite te permet d’approfondir, d’en découvrir plus sur les personnages… » Ah , tiens, je n’avais pas vu les choses sous cet angle là. Une sorte de bonus à ce que tu as regardé et aimé. Après tout, si tu regardes Harry Potter, les livres te permettent d’avoir la trame principale mais ont dégagé tout un tas d’histoires annexes qui raviront les fans. Et puis voir un film avant de lire le livre n’offre-t-il pas la possibilité d’atteindre une sorte de lecture éclairée : l’intrigue étant connue, on se rattache plus aux détails, à ce qui fait le sel d’un personnage. Après tout, pourquoi pas.

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D’ailleurs, je trouve qu’un film qui donne envie de lire le livre est forcément réussi. Même si parfois, je dois avouer que j’aurais dû me contenter de la version filmée. Exemple : I am Dina. Film qui m’a plu pour trois raisons essentielles : ça se passe en Norvège donc paysages magnifiques, l’héroïne joue du violoncelle et la BO contenait quelques titres de Jorane. Film sympa mais peu clair dans les rapports de Dina avec la mort, je me précipite donc acheter le livre et je me retrouve à m’enfiler un roman de Hebjorg Wassmo, le Livre de Dina et … pfffff, c’est un peu le trip saga familiale un peu à la Jalna, pas super passionnant. Ce livre n’est que le premier tome d’une fresque familiale se concentrant ensuite sur Benjamin, son fils. Je m’en suis arrêtée là. Parce que finalement, si les adaptations cinés peuvent décevoir les lecteurs du roman adapté, parfois, le réalisateur a tellement bien bossé qu’il vous vend du rêve sur un roman qui n’en méritait pas tant !

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Bon, il y aurait aussi l’argument du « ça évite de lire le livre » dans un autre genre (ça m’a permis de me mettre à jour sur le Rouge et le Noir) mais ça, c’est une autre histoire.

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Alors lecteur, quel camp choisis-tu ? (je fais un peu ma CM en mode j’essaie de créer de l’interaction, t’as vu ?)

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Petite musique de mon imagination

Comme à peu près 99% de la population à vue de nez, j’aime la musique. Je n’en joue pas, mon expérience en la matière se limite à un an de violoncelle et 1 an et demi de chorale mais j’ai une violente envie de me mettre aux percussions de temps en temps. Mais je ne suis pas ici pour vous détailler mon CV musical mais pour vous parler de ce que j’aime dans la musique : la possibilité de créer une émotion, un univers.

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Ado, je vivais avec une paire d’écouteurs dans les oreilles, ça n’a guère changé depuis. Au boulot, dès qu’il est l’heure de plonger à corps perdu dans une petite recommandation, je glisse mes énormes écouteurs sur mes oreilles et c’est parti. Dans ce cas là, la musique me sert surtout à m’isoler du monde pour rester concentrée sur ma tâche. Mais parfois, la musique m’accompagne dans des endroits de rêverie. Quand je marche pour aller au boulot par exemple. Ce que j’aime, c’est faire jouer le hasard. Grâce à Spotify, je navigue sur les radios liées à mes artistes préférés, j’écoute les artistes similaires à ceux que j’aime déjà. Et je fais de belles découvertes, même si je me fais souvent piéger par des pochettes appétissantes. Distraite, je me laisse bercer par les douces mélodies de ces chansons inconnues. Quand soudain, un étrange phénomène se produit. La musique m’évoque soudain quelque chose, les notes me chuchotent une histoire, une scène, quelque chose.

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Exemple : il y a deux ou trois semaines, au hasard d’une radio Spotify, j’entends une chanson, Draw your swords de Angus & Julia Stone. Alors m’en veuillez pas si c’est super connu et que je découvre que X années plus tard, j’écoute pas la radio et je lis plus Technikart depuis des années. Ceci étant, découvrir un artiste 5 ans après permet d’avoir plusieurs albums à écouter. Bref, arrive donc la chanson d’Angus et Julia Stone et soudain, je vois un métro, pas le métro parisien, non, un métro extérieur avec du soleil, les poteaux qui coupent la lumière au fur et à mesure de l’avancée de la rame, créant un effet stroboscopique. Je vois une maison en bord de plage avec des stores qui filtrent à moitié la lumière jaune de début de journée. Et je plonge dans une étrange nostalgie dès que je repense à cette chanson. Dans un prochain roman, un de mes personnages pleurera dans le métro et quand j’écrirai la scène, j’écouterai cette chanson précisément. Ouais, je suis un peu comme Malraux, moi, j’écris un roman comme je réaliserais un film, avec musique et lumière. Non, je me la pète pas du tout.

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De tous les arts, la musique est certes celui qui stimule le plus l’imagination. Même les chansons avec paroles. Perso, je ne les écoute pas très bien, même celles en français, je peux mettre une éternité avant de comprendre une chanson car, dans les faits, c’est rarement ce qui m’intéresse. La plupart sont mièvres à pleurer de toute façon. Evidemment, quand on fait partie d’une chorale, on finit par se frotter aux paroles pour interpréter le titre au mieux (mais on chante pas forcément mes chansons préférées vu qu’elles sont pas toujours connues)(d’ailleurs, j’envisage de m’organiser un petit trip à Londres pour aller voir un duo anglais que j’ai découvert par hasard sur Spotify, que j’adore mais qui traverse pas trop la Manche. Poke Zéno à tout hasard…). En fait, les paroles, les mots exacts me donnent la sensation de voler mon espace d’imagination. Tant que les chansons restent une suite de sons sur laquelle je ne mets pas de signification, je suis absolument libre d’y broder l’histoire que je veux. Mais quand j’entends les mots et que je leur rends leur signification, il est légèrement plus compliqué d’imaginer une belle scène d’amour sur une chanson d’Adele par exemple ou une rupture sur une chanson glorifiant l’amour. Alors que musicalement, dans ma tête, ça allait très bien avec la scène.

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Ou alors, je fais comme les publicistes, je me fous du texte et je mets sans trembler des chansons de type “you’re not the one for me, houhou”. Après tout, peut-être que personne n’écoute vraiment les paroles, du moment que ça sonne bien…

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Peut-on faire tout ce dont on a envie ?

Ding Ding, c’est la rentrée ! Ah, le mois de septembre a toujours été l’un de mes préférés, il sent bon l’encre, le cartable neuf et la nouveauté. Face à mon écran, je surfe d’associations en associations. Quelles seront mes activités saison 2012-2013 ?

En 1, qu’est-ce que je poursuis ? La chorale, oui ! Ça me détend et mes copines vont me rejoindre en plus donc c’est même pas soumis à débat. On sera les destiny’s Child de service (on n’est que 3 sinon j’aurais dit les spice girls)(j’ai envie de m’autoproclamer la Beyonce rapport aux cheveux mais je sais pas à quoi ressemblent les 2 autres…)(j’etais pas fan, elles beuglaient trop)(sinon ça va vous ?).

La plongée. Hésitation, j’avoue. Je n’ai pas été des plus assidues l’an dernier et je peux faire de la plongée lors de stages UCPA. Je ne pense pas passer mon niveau 3 cette année même si ma petite semaine à l’Ile du Levant m’a permis de faire 4 profondes (de 30 à 40 m) et 4 autonomes (juste entre plongeurs niveau 2 ou 3 mais je suis hyper fière, j’ai toujours retrouvé le bateau). Mais la plongée en club permet de faire 2h de natation par semaine et peut-etre que je vais finir par maîtriser le crawl… J’étais hyper motivée en juin, surtout que je change de club, mais depuis que je ne suis plus célibataire, je ressens moins le besoin de cultiver une intense vie sociale. Mais pour mon bidou mou, c’est important de continuer. Et sur un malentendu, peut-être que je tenterai le niveau 3…

La salle de sport. Puis-je réellement envisager de plus jouer à Hélène et les garçons sur le vélo elliptique en commentant les derniers potins avec Anais. Et même nécessite rapport au bidou mou, sans parler du fait que la sueur semble évacuer les toxines mais aussi le stress de mon corps.

Là, j’ai déjà mes lundis, mardis et jeudis soirs de pris. Sauf que dans ma desire list, y a tout un tas de choses et en premier lieu : le russe. Oui, je vous bassine avec ça depuis… Pfiou à peu près mais à un moment, faudrait voir à ne plus en parler et agir. Il y a un créneau le mercredi soir et un le samedi matin. Bon déjà, soyons honnêtes, me lever tous les samedis à 9h, j’y crois moyen. Le mercredi, ça me ferait partir vers 17h30, c’est un peu tôt ! Mais après tout, certains partent tôt pour aller chercher leur mini eux, je pourrais en faire de même, surtout que c’est pour mon savoir et que je suis sûre que ce serait bénéfique pour la boite. Oui, ok, aucun client ne parle russe mais on ne sait jamais ! Évidemment, l’idéal serait de trouver un prof russe à côté du taf mais à 25 € le cours, c’est de suite bien plus cher (quoique 100 €/mois dont la moitié déductible des impôts…)

Et je vous parle même pas de tout ce qui me titille à côté ! Violoncelle, percussions, yoga, aquagym (mais une vraie, pas celle des mémés et femmes enceintes), pilates, kayak, cours de photos, d’écriture scénaristique, de loisirs créatifs, de paramoteur…

Damned, me voici frustrée !

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Dis, tu veux être mon témoin ?


À propos de ménager les subtilités arrive le délicat moment de choisir ses témoins. Parce que ça veut dire quelque chose mine de rien : témoins = meilleur(e)s ami(e)s donc ne pas choisir X ou Y est synonyme de désaveu amical. Inimaginable.


Pour éviter de froisser certaines susceptibilités, tu peux commencer à tâter le terrain, espérant apprendre que Joséphine ou Vanessa ne sont pas très intéressées par la chose, ce qui t’éviterait de débarquer avec 10 témoins. Oui, je suis une femme d’amitié moi.


Parce techniquement, si je me mariais demain, j’ai potentiellement 5 témoins : Anne, l’amie de toujours, Amy et Loxy, Anais et Anna. Jon, tu suis ou tu me fais la guerre à base de « tu fais chier, t’en choisis moins » ? Parce qu’éventuellement, on pourrait envisager de faire tourner les témoins, qui à la mairie et qui à la cérémonie laïque. Sachant que pour cette dernière, jouer d’un instrument pourrait être un plus mais ce n’est le cas de personne. Éventuellement, Anna est danseuse mais exécute-t-on une danse lors d’une cérémonie laïque ? Heu… En attendant, les filles, ça m’arrangerait qu’une d’entre vous apprenne le violoncelle et une autre le piano… Sachant qu’avec Loxy, on a décidé d’aller à la chorale avec Amy l’an prochain, je risque de leur réserver la partie chantée.


5 témoins donc. Pourrais-je faire un choix ? Serais-je obligée d’en faire un ? J’ai pas en-vie mais mettons que si car cet article est trop court, quels seraient les critères ?

– L’envie d’en être : mort pour moi, les 5 en seraient ravies.
– Echange de bon procédé : j’ai été le témoin d’Anne, inenvisageable qu’elle ne soit pas la mienne. Les autres ne sont pas (encore) mariées… Vous savez ce qu’il vous reste à faire les filles.
– Les liens d’amitié : si j’ai choisi ces 5 là, c’est qu’elles furent mes piliers pendant le marasme, mon phare dans la nuit, celles en qui j’ai confiance quoi qu’il arrive. C’est l’avantage majeur des marasmes, tu vois qui reste avec toi dans les moments où t’es pas la fille la plus drôle du monde (euphémisme)
– celles qui ont vu notre amour naître.  Bon évidemment comme on est dans un hypothétique futur, difficile de se prononcer mais ça peut être un critère. Si l’une d’elles m’a présenté Jon, par exemple, elle est qualifiée d’office…

Ou alors, je reprends l’idée du mariage religieux. L’église, c’est pas mon kiff MAIS les non baptisés sont éliminés, ça me simplifierait lâchement les choses : c’est pas ma faute, t’es pas baptisée, t’es pas témoin. Sauf qu’à ma connaissance, au moins 4 des 5 candidates sont baptisées. Bon, ok… Je prends la méthode Loxy_more : catch dans la boue. Sauf que tu risques de le payer cher lors de l’enterrement de vie de jeune fille…

En fait, fuck le chiffre. Il y a des gens chers à mon cœur et peu importe qu’ils soient 1, 5 ou 10. Magie de la cérémonie laïque, je fais ce que je veux. Tu vois, le mariage, on est censés n’avoir qu’un dans la vie alors on va pas le contrarier pour une histoire de quota. À la limite, pour la mairie, on prendra qui est dispo, ça compte pas trop. Non parce qu’à part pour le mariage de ma sœur, le mariage en mairie n’a AUCUN intérêt, il faut le dire.


Mais justement, ces témoins, quels sont leur rôle ? Tout dépend du degré de control freak des mariés. T’as les témoins « tu organises l’enterrement de vie de jeune fille, tu signes les registres quand on te dit, merci, c’est cool » mais t’as aussi les témoins « l’organisation, ça m’emmerde donc je joue la corde sensible de l’implication dans ce qui doit être le plus beau jour de ma vie et tu te tapes tout. Bisous, je t’aime ! ». Pour ma part, j’ai tendance à considérer que l’organisation du mariage, c’est chronophage (hou révélation !) et quand même globalement chiant, surtout quand c’est pas toi qui dis oui, donc comme je suis pas trop salope, je ne leur délèguerais pas trop de choses. Et puis surtout j’avoue être bien control freak.


Bon voilà, j’ai mes témoins, je leur demande pas de gérer les trucs de A à Z. Faudra juste qu’ils trouvent un texte cool à lire ou chanter (ahah !) à la cérémonie païenne, soit pour dire que l’amour c’est cool ou raconter à quel point notre amour est sensass. J’interdis la lettre de Paul aux Corinthiens, on l’a tout le temps.

Note pour moi même : faire plus de soirées réunissant au moins 4 de ces 5 personnes (Anne vit à Toulouse…), histoire de faciliter les choses.

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On se dit oui où ?

Voilà, suite à une histoire de tube de dentifrice en réserve, Jon et moi avons décidé de faire livret de famille commun. Après avoir dignement partagé cette information avec notre literie, il est temps de causer un peu organisation et en premier lieu : où va-t-on se marier ?


Chez toi en province, chez moi en autre province, chez nous à Paris ? Ou carrément ailleurs histoire de faire chier tout le monde. Parce que moi, j’ai certaines revendications. Par exemple, je tiens pas vraiment à l’église vu que Dieu et moi, on s’est perdus de vue mais je tiens à une cérémonie laïque parce que la mairie tout seul, ça pue, c’est pas très festif et la lecture du code civil me donne envie de te dire non et de quitter la salle comme une princesse. Alors j’ai imaginé des beaux mariages dans la clairière d’une belle forêt moussue, sur une plage du Finistère (je suis tombée amoureuse du coin), sur les côtes d’Armor, sur une lande…


J’imagine un quatuor à cordes (que des violoncelles et alto, je vomis le violon), des percus et même une guitare, quelqu’un qui chante… Bref, de la musique live qui te hérisse le poil.

Les plus attentifs d’entre vous auront noté que je ne parle que de lieux extérieurs… Et plutôt en Bretagne quand même (quoi qu’en cherchant bien, du côté des Pyrénées orientales berceau de mon papa, y a de la falaise et de la forêt…). Donc je prends le risque insensé de subir une averse… Alors ça peut être un style le mariage gadoue-parapluie mais je suis pas sûre que tout le monde en raffole. Même si en l’espèce, le mariage le plus magnifique des séries télé reste celui de Phoebe sous la neige, il me pincouille toujours un peu le coeur celui-ci.


Et je ne parle même pas du fait que marcher jusqu’à la clairière, la plage ou la falaise voire la lande, c’est pas une sinécure pour tout le monde. Non parce que moi, j’ai peut-être plus de grands-parents mais c’est pas forcément le cas de Jon. Et puis on ne sait jamais, la soeur de la mariée pourrait se casser le plateau tibial trois semaines avant le mariage. Par exemple…


En plus, je dis ça mais pour se marier dans un ailleurs, faut quand même que l’un d’entre nous soit domicilié (pour de faux du moins) dans la localité concernée. Imaginons que je décide (bonjour la Bridezilla) de me marier dans un coin où je ne connais personne parce que genre, un jour, on y a passé un week-end et que j’ai trouvé ça trop beau, je fais quoi ? Je prends les pages blanches et j’appelle tous les habitants de la ville « hé salut, je voudrais me marier dans votre  bled, vous pouvez dire que je vis chez vous ? ».


Ou alors on se marie à la mairie chez nous avec le strict minimum (les parents, frères, sœurs et témoins) et on se fait une cérémonie laïque où on veut. Dans mon coin joli, dans mon chez moi d’enfance, dans le sien, les deux… Bah oui, tiens, on a qu’à faire ça, deux mariages laïques plus celui de la mairie comme ça, tout le monde est content. Sauf nos parents, frères et sœurs et nos témoins qui se tapent les 3.


Et la salle des fêtes ? Ah oui, voilà un sujet dont on doit causer. Je sais pas chez Jon (c’est un peu l’ennui avec un fiancé imaginaire, je manque d’infos) mais chez mes parents, y a pas la place de mettre une grosse tente dans le jardin. Puis de toute façon, avec la piscine juste à côté, comme dirait la belle-mère de Lena « ce serait trop dommage que la fête soit gâchée !« . Oui alors on doit donc trouver une salle des fêtes. Ma foi celle de ma sœur était au poil mais :
– elle est ultra prisée (en s’y prenant quasi un an à l’avance, ma sœur aurait pu ne pas l’avoir).
– est-ce que c’est socialement admis de se marier au même endroit que sa sœur sachant que j’aurai la même responsable déco qu’elle (ma tante) ? Quoi que je sais ma tante suffisamment géniale  pour me proposer une déco complètement différente…


Mais bon, on en est donc à devoir trouver deux salles des fêtes avec donc 2 fois le repas, DJ… C’est quoi déjà le pourcentage de chance de gagner au loto ?

De toute façon, je tranche « la tradition veut qu’on le fasse dans la famille de la mariée ». Et vlan !

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Petit déjeuner avec un violoncelliste romain à Palerme

Ou « héhé, voici quelques anecdotes de voyage ! ». Zenobie, si j’en oublie, tu peux rajouter en comms, hein !

– On est des super héroïnes avec Zeno. Non rapport à les soupers pouvoirs réels ou imaginés mais parce qu’on a évité un drame de la route. Si ! Samedi matin, nous errons dans les rues de Syracuse en attendant notre bus pour Catane. On prend une petite rue pour se rendre au supermarché acheter une bouteille d’eau (une histoire passionnante), une voiture est en train de faire marche arrière, on se pousse. Je jette un œil nonchalant à la voiture et… Il n’y a personne dedans. Il-n’y-a-personne-dedans. Donc je crie, on court après la voiture qui fonçe sur un rond point. J’ouvre la portière avant qui heurte le rebord du rond-point, me permettant de pousser afin de ralentir la voiture tandis que Zeno met le frein à main. Zéro blessés dans l’aventure et les félicitations de deux spectateurs de la scène.

– Même jour, à Taormine cette fois-ci, on se rend bien évidemment au théâtre grec, monument incontournable et pour cause, c’est assez impressionnant : entre les ruines du colossal théâtre et la vue directe sur l’Etna qui fume, prends-toi en plein la vue. À un moment, Zeno voit un mec écrire sur le mur et va donc lui expliquer que ça ne se fait pas. J’entends qu’un bout de la conversation, j’entends que le mec lui répond en français et je commence à partir dans des considérations de type « les Français à l’étranger sont des cons« . Le mec la rembarre bien sûr. On continue notre promenade, on voit le gars et sa copine prendre leur « œuvre » en photo. On finit notre visite et en arrivant en bas, on signale à la fille qui gère l’entrée (c’est à dire qui reste assise sous un parasol à papoter avec ses amis) ce qu’il vient de se passer, photo à l’appui. Bon, j’apprends alors que le couple n’est pas français mais québécois, mon patriotisme respire un peu. Je ne suis pas sans savoir que c’est pas la joie niveau liberté d’expression au Québec en ce moment mais faudrait voir à pas pousser. Et là, c’est le vrai drame à l’italienne, la fille interpelle une demi-douzaine de personnes, qui en appelle d’autres, tout le monde se met les mains sur les hanches en criant à l’incivilité. Bon, à la fin, le couple canadien à été arrêté par Giovanni, le responsable de la sécurité qu’on n’arrivait pas à trouver. Pendant qu’on l’attendait, le Canadien nous expliquait qu’il pensait qu’on pouvait puisque « tout le monde le faisait » (en l’occurrence, à ce moment précis, y avait que lui et pas mal de briques étaient encore vierges. Merci du con). Zeno et le mec s’engueulent en français, je traduis à la nana du parasol qui me sort « non mais les gens, ils se croient tout permis parce qu’en Sicile, ils pensent qu’on n’est pas disciplinés… Bon, ok, c’est vrai mais c’est pas une raison ! » Bref, un joyeux bordel. Je sais pas ce qui est arrivé à nos amis Canadiens mais j’espère qu’ils vont l’encadrer, la photo de leur « œuvre » (en l’occurrence, leur prénom et peut-être une date ?), vu le prix qu’elle aura coûté.

– On a fait de jolies rencontres aussi dont Andrea, tenancier du B&B où nous sommes descendues à Palerme. Un mec absolument adorable (et beau, soulignons-le) qui avait aménagé quelques chambres de son sublime appart. Du coup, on avait un peu la sensation d’être à la maison, il nous a présenté sa femme, son chien… D’ailleurs sa femme est instructice PADI, c’est bon à savoir pour mon prochain séjour plongée (j’insiste). Le mardi soir, en arrivant, nous sommes accueillis par sa femme et on entend quelques notes de violoncelle s’élever. Tiens, le,violoncelle, c’est ce qui manquait un rendre cette maison parfaite. Le lendemain matin, on se lève pour petit déjeuner, je note que trois couverts sont dressés autour de la table. Mon incroyable sens de la déduction me permet d’affirmer que nous ne sommes pas seules mais qu’il y a une troisième personne au B&B. Alors qu’Andrea nous sert nos cappucinos, arrive un homme qui nous salue : le violoncelliste. Et nous voici partis à discuter de tas de choses : les Italiens, les Français, communisme et Moravia. Genre la discussion parfaite. Et en italien, je vous prie ! On loue la gentillesse des Italiens mais Andrea et Francesco nous expliquent qu’à Rome, les gens ne sont pas aussi ouverts. Effet capitale, je suppose.

– Être française, ça sert. Ainsi, on a pu laisser nos sacs de voyage chez Interbus (plutôt que de courir à la gare) et pas trop cher (4 € chacune, je vous dis tout). Et oui, le mec qui nous a rendu ce service était tunisien donc parlait français donc a été sympa. La francophonie, c’est beau.

– Sur la plage de Cefalù, nous avons assisté à une scène trop mignonne. Alors que le soleil décline, les plagistes rentrent chez eux, ne restent que quelques personnes. Arrive une fille qui se promène avec… Un chaton ! Carrément. Elle le pose sur la plage, il la suit comme un toutou, elle peut même le prendre dans ses bras au bord de l’eau. Moi, perso, je ferais ça avec Kenya, elle me déchirerait l’épaule de trouille. Alors même que ma stagiaire qui me l’a gardée a dit « j’ai jamais vu un chat aussi bien élevé ! ». Heu… Ah ?

Voilà, de bien belles histoires, petites anecdotes qui font le sel du voyage.

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Et cette musique dans ma tête…

Dire que j’aime la musique est l’une des déclarations les plus insignifiantes que je connaisse, à peu près au niveau de, “tiens, il pleut” alors que tes orteils sont déjà noyés. Tout le monde ou presque aime la musique, je suppose que c’est l’un des mots les plus utilisés dans la rubrique loisirs des CV. D’ailleurs, je suis fière de moi, je ne l’ai pas mis (j’ai mis chant) (avant, ok, j’avais mis musique en précisant violoncelle mais je n’en ai fait qu’un an en 2004 alors voilà quoi…). Pourtant, j’ai parfois comme un besoin limite violent d’écouter un morceau précisément.

J’ai fait il y a fort fort longtemps un article sur la musique comme bande-son de ma vie. Mon péché mignon ? Trouver de nouveaux titres ou artistes que je vais adorer. Certaines chansons sont comme les amours de ma vie : comment ai-je pu vivre sans eux jusque là ? Parfois, ça vire à l’obsession. Du matin, lorsque je lance spotify sur mon iPhone pour aller bosser, au soir où je rentre chez moi, je n’ai envie de n’écouter qu’un seul titre. Envie ? Non besoin. Dès que je coupe le son, je l’ai qui tourne en boucle dans la tête, qui m’obsède, encore et toujours. L’écouter, je dois l’écouter.

Je me souviens précisément d’une soirée où j’avais Roméo et Juliette de Prokofiev dans la tête,je suivais distraitement les conversations en attendant le moment où je pourrais enfin l’écouter. De retour à la maison à 2h du matin, ramenée en voiture par un de mes camarades de plongée, je n’ai pas pu dormir sans l’avoir écoutée. J’ai des obsessions musicales, ça me démange le tympan. Je suis capable d’écouter la même chanson en boucle toute une journée sans m’en lasser. Dès que j’essaie de passer à un autre titre, j’écume mes playlists Spotify en vain : je ne veux pas écouter une autre chanson, je veux écouter celle-là. Plus qu’une envie, un besoin.

Ce qui est fascinant dans cette obsession, c’est qu’elle varie. Je peux écouter trente fois la même chanson un jour et ne plus y penser le lendemain. De la même façon, un musique peut soudain s’imposer à moi comme une évidence, comme la B.O de ce que je vis. Typiquement en Sicile, alors que je découvrais ces vestiges des temps anciens, Grecs et Romains sur fond de ciel bleu azur, je ne pouvais que penser au thème de Camille du film du Mépris de Godard. En fait, pour expliquer à ceux qui n’ont pas vus, à un moment, il y a l’image d’une statue grecque (Arès ? Apollon ?) qui tourne sur un fond de ciel pur et sans nuage. Cette mélopée me revenait sans cesse en tête, une obsession : le thème de Camille.

J’ai de la musique un besoin vital, une boulimie me faisant avaler tout et son contraire selon les périodes de ma vie, mes besoins. Je peux passer le lundi à écouter du classique, le mardi de la pop dance commerciale, le mercredi du gros rock qui tâche, le jeudi du lounge… Et tous les jours quelques notes de violoncelle. Et mon péché mignon : rebondir d’artistes en artistes pour découvrir mon nouvel artiste préféré dont j’écouterai le titre en boucle sans être capable d’écouter autre chose. Obsessive, moi ? Pas du tout !

Et pour finir, le fameux thème de Camille dont je vous reparlerai à l’occasion.

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J’ai testé pour vous la chorale

Depuis le 19 septembre, je chante. Tous les lundis soirs, je cours avec ma soeur dans une école primaire pour rejoindre une vingtaine de personnes et nous marions nos voix, bon an mal an. Quatre mois après, je vous en parle enfin.

Au début, j’avoue que je stressais un peu. Curieusement, j’ai du mal à chanter en public. Enfin, de façon générale, j’ai du mal à faire en public ce que je ne suis pas sûre de maitriser. Ouais, je crois qu’en 2012, je vais apprendre à lâcher le côté « apparemment parfaite » et commencer à assumer certains défauts ou manques de talent. Enfin dans des domaines où ma nullité m’ennuie. Parce que par exemple, je m’en fous bien d’être nulle en jogging mais j’aimerais bien être relativement douée en chant, je trouve ca cool. Déjà j’arrive à dire : « non, je n’ai pas vu ce film, je ne suis pas cinéphile ». Et en général, on me regarde un peu curieusement. Enfin tel n’est pas le sujet. Je stressais donc car j’avais peur de devoir chanter seule devant tout le monde pour que la prof écoute ma voix mais finalement, non, on a tous chanté ensemble de bout en bout.

 

Alors concrètement, on fait quoi ? D’abord des exercices de relaxation pour être détendus puis on s’echauffe la voix en faisant des « brrrrrr » et des petites vocalises, des exercices d’articulation. De temps en temps, on sort de nos bancs pour chanter en cercle, faire quelques petits exercices de theatre parce que faut interpréter les chansons. Mon gros point faible pour être honnête, ma soeur est bien meilleure dans ce domaine. On a également une petite routine qu’on répète à chaque cours, ça mêle chants et gestes. Les gestes sont très importants, j’ai appris en lisant un bouquin de psychologie comportementale que le corps a une meilleure mémoire que le cerveau. Par exemple, si vous allez dans une pièce et qu’une fois que vous y êtes, vous ne savez plus pourquoi, retournez à votre poing de départ et recommencez : l’objet de votre quête vous reviendra forcément en tête. Intéressant, non ?

Mais venons en au chant. Après quelques cours, je me suis auto proclamée mezzo, plutôt alto mais il m’arrive d’aller prêter main forte aux sopranos. Ouais, je suis comme Mariah Carey, je couvre plein d’octaves. Bon, en vrai, c’est juste que je m’amuse et ça ne me dérange pas d’apprendre plusieurs versions d’une même chanson même si, quand je rejoins les sopranos, je les attire un peu vers le bas. Oui parce que chaque voix a sa partition. Parfois on chante les paroles, d’autres fois, on fait les voix arrières, tels des instruments. Les mezzos sont cuivre je crois. Moi, je suis déçue, je voulais être violoncelle… Alors je varie, je bouge de groupes, j’apprends, je m’amuse.

Et la chorale alors ? La prof est géniale et nous avons un guitariste tous les 15 jours à peu près. Le niveau du groupe varie vraiment d’une personne à l’autre. On a la tee en l’air qui chante un peu n’importe quoi et très faux, celle qui chante très fort et un temps en avance sur tout le monde, celle qui râle quoi qu’on fasse (et qui refuse qu’une fille s’approche du seul mec de la chorale qui est un de ses potes, mais pas plus. Mais je vais pas chercher à creuser), celles, nombreuses, qui ne veulent pas se faire remarquer et qui suivent le mouvement quoi qu’on fasse, sont toujours larguées car elles suivent, tout simplement. Ma soeur et moi faisons office de bons élèves appliquées : toujours au premier rang, on est celles qui distribuent les partitions, celles qui lancent les chants ou les font arrêter. Ouais on est ub peu les lez ruses, huhuhu. Bon, j’en rajoute un peu mais en fin de comlten je trouve qu’on est dans le top des dégourdies. En communauté, on trouvait que ça sonnait pas super juste mais lundi, on a eu une remplaçante car ma prof était en arrêt maladie. Cette nouvelle prof nous a fait écouter des enregistrement chorale pour nous faire apprendre un nouveau chant et là, j’ai compris pourquoi elle nous trouve bon : en comparaison au chant qu’elle nous a fait écouter, effectivement, on est bonnes.

Au fond, le but n’est pas, pour moi, de devenir chanteuse ou de faire partir de la meilleure chorale de Paris. C’est juste que, ouah, qu’est-ce que c me détend ! Déjà je progresse en coordination, je travaille ma respiration (toujours mon point faible) mais surtout, je sors du cours épuisée mais satisfaite. Dans la voiture, au retour, on change à tue-tête, on croise Stéphane Plaza, et je rentre chez moi de super bonne humeur. La chorale, moi, je vous le conseille !

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Je veux pas grandir !

Dimanche soir, j’erre mollement sur les ondes même plus hertziennes, attendant que le sommeil, qui m’avait déjà cueillie de 16 à 22h, daigne repasser me prendre pour me plaquer, impitoyable, dans mon lit. Mais comme il traînassait dans d’autres draps que les miens, je zappais et tombais sur Ally McBeal. Tiens, ça fait une éternité et demi que j’ai pas vu
cette série et pourtant, faudrait vraiment que je m’y penche dessus. Non mais c’est vrai, ça m’échappe un peu le succès de cette série avec la bande de dépressifs qui la compose, dépressifs qui manquent cruellement de cynisme et de second degré. Mais là n’est pas le sujet, je veux vous parler d’une des névroses d’Ally parce que je me rends compte que grosso modo, j’ai la même : je ne veux pas grandir.

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Aujourd’hui, j’ai 30 ans et une vie relativement adulte, si on considère que je me lève le matin pour aller travailler, gagner des sous et que j’en redonne à l’état. Certains me diront que côté vie privée, j’en suis restée à l’adolescence, pas faux mais n’est-ce pas aussi une preuve de maturité de savoir qu’on n’est pas prête à construire une famille parce qu’on a déjà du mal à se gérer soit alors un être de même pas un mètre pas capable de manger ou de se changer la couche seul, j’imagine même pas. Je suis déjà responsable d’un chat, je trouve ça pas si mal. Mais si sur le papier, j’ai l’air relativement adulte, dans les faits, ce n’est pas si simple. Pourquoi ? Parce qu’être adulte, c’est chiant.


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Il y a peu, j’avais ce qu’on appelle « toute la vie devant moi ». A 30 ans, j’ai encore les 2/3 de ma vie devant moi, c’est certes beaucoup mais le tiers passé, il est passé, justement. A chaque mètre que je fais sur mon chemin de vie, je m’éloigne d’une bifurcation possible. Pour me rapprocher d’une autre, certes. Mais renoncer à un champ des possibles est toujours un acte angoissant. Si je prends ma carrière, par exemple, mon chemin se trace. Community manager, je suis. Est-il possible de tout plaquer un jour et partir vers un ailleurs ? Certains chemins sont à ma portée, tout ce qui est marketing ou l’éditorial, pourquoi pas. Le journalisme ? Mon salaire actuel n’est plus vraiment en adéquation avec celui d’un journaliste. Quelques piges, à la limite. L’écriture ? Il va falloir que je m’y remette, sérieusement. Déjà, j’ai des petites envies, reprendre quelques uns de mes écrits ici, les développer pour les publier en auto-édition (parce que je suis pas sûre que ça vaille la peine de les balancer dans une maison d’édition). Enfin, je dis ça mais je ne prends pas le temps d’écrire. Mais si certains chemins restent à portée, d’autres sont définitivement trop loin. Par exemple, il me paraît aujourd’hui difficile de reprendre des études. Dieu sait que j’en ai envie et que ça me titillera toujours mais la réalité de ma vie me fait comprendre que je n’en aurai pas forcément le temps. Alors même que je fantasme très fort sur l’anthropologie ou la sociologie 2.0 et que j’ai même rencontré une fille qui connaît une nana qui a fait une thèse sur les réseaux sociaux. Je DOIS rencontrer cette fille. Mais le temps, les enfants, le temps me manque.

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C’est ça aussi que je n’aime pas dans le fait de devenir adulte, ce que je déteste par dessus tout même et Ally, elle est comme moi : on devient raisonnable. Mais quel mot épouvantable, terne ! Je ne veux pas être raisonnable. Je veux continuer à imaginer que je peux travailler, suivre des cours de plein de chose, faire du sport, écrire, lire… Mon moi
enfantin y croit à mort, il se dit qu’en s’organisant bien, tout est encore possible. Oui, je peux apprendre le russe, le violoncelle, faire de la plongée et du yoga, tenir mon blog et écrire des romans, lire des fictions et des essais, le tout en étant l’employée de l’année. Mon moi adulte rappelle que tout ceci a un coût et un coût très élevé (non mais on peut pas faire du yoga à moins de 600 € par an sans rire ?) et surtout qu’en terme de temps, je suis bien gentille mais non, je ne l’ai pas. Prenons par exemple la semaine dernière :

lundi : L’Amoureux

mardi : plongée puis l’Amoureux

mercredi : rien

jeudi : réunion plongée

vendredi : anniversaire puis l’Amoureux

samedi : plongée en fosse et AG de la plongée

dimanche : brunch-balade avec une copine

 

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La semaine dernière, j’ai donc eu une soirée de libre, youhou ! Et mes soirées se remplissent vite car j’ai toujours des tas de gens à voir, des gens que j’aime voir, j’entends. Ben oui, ma vie étant folle, je rajoute des niveaux d’amitié : il y a mes anciens collègues (3 anciennes boîtes, ça fait beaucoup d’anciens collègues), les amis des blogs devenus amis tout court, mes copines de la plongée aussi, le fameux club des 5 devenu 7 . Ca en fait du monde. Et encore j’ai arrêté les sites de rencontres, ça fait pas mal de soirées libérées du coup. Donc avec ma vie sociale de folie, en quel temps pourrais-je étudier ? Ben le week-end, les soirées de libre… Y aurait sans doute moyen. Sauf que mon moi adulte décrète que non, que ce n’est pas raisonnable, que je dois enfin prendre conscience de mes limites. Mon corps n’a plus 20 ans, il ne tolère plus la succession des nuits de 5h. Dormir, dormir ! Mon moi enfantin se dit parfois qu’il faudrait tout plaquer pour avoir le temps de se nourrir spirituellement sans attendre une retraite que je n’aurai sans doute pas, découvrir la vie de ma maman ou de ma tante, hyperactives depuis qu’elles ne travaillent plus. Cours de dessin et d’anglais, piscine pour ma maman, rédaction d’un livre sur l’histoire des religieuses de mon ancien bahut pour ma tante. Je les envie. Sauf qu’elles, elles peuvent se le permettre. Elles ont travaillé, cumulé de quoi couler des jours heureux à présent que l’heure de leur retraite a sonné. Moi j’en suis loin, ça ne fait que 3 ans et demi que je bosse à plein temps. Faudrait que je joue au loto plus souvent, des fois que…

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Etre adulte, c’est en fait arrêter de rêver une vie mais de la vivre. Et la vraie vie n’est jamais vraiment idyllique. L’administratif l’empoisonne, la sclérose. On peut rêver à des tas de choses, il faut garder les pieds sur terre car la pelle de courrier quotidien est là pour nous clouer au sol : paye tes factures, arrête de dépenser ton argent, cet appartement n’est pas le tien, paie ton loyer. Travaille pour te donner l’illusion de la liberté, celle où tu peux te payer de l’évasion avec ta CB même pas gold car cet argent, il est à toi, tu l’as gagné à la sueur de ton front. Indépendance illusoire, on quitte un esclavagisme pour un autre, en fin de compte.

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Pourtant, même si mon corps et mon visage m’enlèvent quelques années, je dois m’assumer. Ce serait facile de se retrancher derrière un syndrome de Peter Pan pour ne rien faire de ma vie. J’avance. J’aime avancer même si chaque pas en avant ferme des portes. Il en ouvre d’autres aussi. La seule différence, c’est que je n’évolue plus dans l’univers douillet de l’enfance où Maman viendra faire un bisou sur nos petits bobos pour les guérir. Parce que l’enfance, ce ne sont que des petits drames, on pleure pour notre genou écorché, notre crayon rose perdu (c’est mon voisin de classe qui me l’avait piqué, j’en reste traumatisée), notre mauvaise note en écriture. Adulte, les bobos sont plus graves, plus profonds. C’est la vie.

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