Ce qui compte, c’est la tension érotique

Allez, je poursuis mes petites réflexions sur les scènes de sexe parce que c’est l’automne et franchement, qu’a-t-on de mieux à faire que de rester sous la couette ? Oui, ok, boire du chocolat chaud ou un bon matcha latte des familles mais l’un n’empêche pas l’autre, vous me direz. Je disais donc que les trois-quarts des scènes de cul me paraissaient foirées car racoleuses et souvent incongru car il manque un ingrédient essentiel : la tension érotique.

Matcha Latte

Je ne suis pas opposée aux scènes crues mais il faut savoir quel média on est en train de consommer. Je veux dire, si je veux voir des scènes de cul random qu’on ne cherche pas à justifier… ben, je regarde un porno. Le scénario est minimal, souvent très drôle malgré lui, et à vrai dire, on s’en fout. On regarde pour voir des gens s’envoyer en l’air, pas pour avoir un scénario de ouf. Après, tu as un genre un peu entre les deux, ce qu’on classifie en érotique qui est plus ou moins réussi… ou foiré selon les goûts. Je crois que j’ai dû construire un certain imaginaire érotique par rapport aux fameux téléfilms “Hollywood Night”, ces productions un peu sulfureuses diffusées sur TF1 le samedi soir en 2e partie de soirée dans les années 90. Films que je ne souhaite absolument pas revoir parce que je suis bien persuadée que c’était nul. Mais à présent qu’on nous mélange les genre, qu’on nous fout du sexe pour faire un peu durer les épisodes, pour se donner un truc un peu sulfureux, on a souvent l’impression que c’est un peu posé là, sans réelle justification et sans aucune utilité pour l’histoire. Tout sauf excitant.

Hollywood night

Vous savez quelle scène de sexe m’a marquée ? Celle de Terminator. Oui, entre Sarah et Kyle. Alors pour ceux qui n’auraient pas vu le film (ou ceux qui ne s’en souviennent pas),  cette scène n’a en soi rien de particulier, elle peut même paraître un peu cucul (gros plan sur les doigts qui s’enlassent) MAIS elle est le couronnement d’une montée en tension. On a d’un coté Kyle qui a une adoration sans bornes pour Sarah, leur fuite pour la survie… C’est pas une scène de sexe, en fait, c’est une parenthèse dans la terreur absolue que vivent les personnages, fuyant le Terminator. Ca peut paraître comme l’incontournable scène d’amour entre un homme et une femme dans n’importe quel film mais il y a un sentiment d’abandon et d’oubli très fort.

La tension érotique entre Kyle Reese et Sarah Connor

Et du coup, comment qu’on fait ça quand on crée une fiction ? Non parce que c’est bien tout l’enjeu. Je n’aime pas trop lire ou regarder des histoires d’amour parce que tu sais très bien où ça va finir et le comment n’est finalement qu’anecdotique. Mais je ne suis pas opposée aux histoires d’amour dans une oeuvre plus globale, rendant les scènes de sexe particulièrement intenses. Un des exemples que j’ai, c’est Kala et Wolfgang dans Sense8. Alors il semble que ce couple soit écrit justement pour ça (cf l’avalanche de vidéos Youtube remontant la relation entre les deux personnages), la tension érotique monte pendant plus d’une saison jusqu’à une très belle scène de sexe que j’attendais avec grande impatience. Cependant, beaucoup de séries jouent sur ce côté “y a John et Annabelle, ils se kiffent mais ça peut pas se faire parce que John est avec Katia et quand il finit par la quitter, Annabelle est avec Simon, oh bad !”. C’est Ross, fou de Rachel qui sort avec Julie alors que son amour de toujours commençait à envisager une relation amoureuse avec eux (le premier baiser en Ross et Rachel est un moment fort de la série, d’ailleurs)(alors que Ross est un connard, quand même). C’était le cas d’Ally McBeal aussi avec Billy, Ted et Robin dans How I met your mother, le héros et la blonde d’en face dans the Big Bang Theory (Leonard et… j’arrive pas à me souvenir et OSEF sur 1000). (Penny, c’est Penny, bordel)… Bon dans les séries que je nomme, y a pas d’histoire de cul mais une montée en tension…

Kala et Wolfgang, Sense8

Mais justement, est-ce que ce n’est pas vu et revu ? Jouer sur les personnages qui se tournent autour, qui se kiffent mais la vie fait que, attendre pour enfin conclure… ou les mettre tellement en tension à base de “vous allez peut-être mourir” que finalement, la scène de sexe ne peut être que belle…

The lobster - Colin Farrell et Rachel Weisz

Mais en fait, pour une belle scène de sexe, il faut aussi une scène de baiser vu que ça commence souvent par là… Je me pencherai là-dessus la semaine prochaine.

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La baise, c’est l’ennui

Ah tiens, ça reparle de cul par ici ? Serais-je retombée dans le célibat et repartie aussi sec dans mes histoires de fesses ? Non (pour les deux parties de la phrase précédente), je ne vais pas vous parler de sexe en tant que tel mais sexe dans la fiction parce que… il arrive à un moment où la baise m’ennuie.

Marseille, série où la baise prouve la médiocrité

Je ne sais pas bien par quel exemple commencer tant il y en a tant donc je vais parler de How to get away with murder puisque je suis en train de le regarder pendant que j’écris ces quelques lignes. Je suis pas hyper convaincue par cette série mais elle a le mérite de bien occuper mes dimanches après-midi. Bref, je pense que 90% des épisodes commencent et/ou finissent par des scènes de cul. Ce qui m’a fait rire au départ car on a droit à des moments soit disant torrides mais juste après, la jeune femme impliquée s’enroule avec soin dans les draps. Ok, on laisse voir les épaules nues mais les seins, c’est non. Alors je sais que les Américains sont mi-coquins mi-puritains et ce n’est certes pas la première fois que je vois une scène de cul où les seins sont soigneusement dissimulés (dans Sex and the city, elles baisent neuf fois sur 10 en soutien-gorge… Est-ce que des femmes sont vraiment ça dans la vraie vie, hors cas très spécifique d’un quicky ?). Sauf que… ces scènes de cul sont quoi qu’il en soit absolument inutiles. Remplacez les par un ellipse et vous ne perdez rien de rien sur l’histoire, juste quelques minutes du show.

How to get away with murder - Wes et Rebecca

Et je parle de cette série mais je pourrais en citer des milliers d’autres. Un autre exemple, tiens, Altered Carbon, série que j’ai bien aimée dans l’absolu. Victor a lu le roman et m’a rappelée un personnage : Sarah. Qui est Sarah ? La fille de la scène du début dont on ne parlera plus jamais alors qu’elle est assez centrale dans le roman (que je n’ai pas encore lu donc je ne vais pas en parler plus que ça). Victor m’en parle et soudain, je me souviens de cette première scène où Takeshi et cette inconnue, Sarah donc, sont en train de baiser. On n’entendra plus jamais parler d’elle. Alors pourquoi pas si c’est un parti-pris (elle a manifestement été fusionnée avec un autre personnage) mais du coup, à quoi servait cette première scène ?

Sarah dans Altered carbon

L’actrice est même pas créditée dans le casting, bon sang…

Et à l’inverse, nous avons Jane the plus trop virgin (oui, j’adore cette série). A un moment, Jane et son prétendant (je ne donnerai pas son nom pour pas spoiler même si j’avais trois ans de retard sur tout le monde) se retrouvent sous la douche dans une scène qui promet d’être torride, il y a de la vapeur, des baisers… et le narrateur qui coupe “hé ho, on n’est pas sur HBO, ici !”. Et voilà le problème. Je n’ai aucun souci avec les scènes de sexe en soit, je peux vous écrire un panégyrique sur quasi toutes les scènes de cul de Sense8 (alors que ça va bien plus loin qu’un remuage de cul sous des draps, quoi). Mais je trouve que la plupart, que ce soit dans les films, séries, ou romans, passent à côté de leur sujet. Une scène de baise, on s’en fout en soit. Que John et Annabelle aient baisé ensemble en missionnaire, amazone, levrette ou poirier indonésien n’a aucune espèce d’importance (sauf que bon, dans les séries américaines, la position est souvent symptomatique de certains clichés : couple qui s’aime en missionnaire, femme dominatrice en amazone et personnages qui ne voulaient que du cul en levrette). Ce qui compte, c’est le pourquoi et non le comment. Et ça peut être quelque chose de très beau, la concrétisation d’une tension érotique montée peu à peu au fil de l’histoire et quand John et Annabelle concrétisent enfin, vous êtes limite tout aussi excités qu’eux.

La piscine

Un pourquoi au sexe ? Il est vrai que “dans la vraie vie”, une partie de jambe en l’air n’a d’autres raison qu’une envie commune, chaque partie de sexe n’est pas fondamentale… sauf que, du cul, ces scènes là n’ont rien à faire dans une histoire à laquelle elles n’apportent rien. Vous écririez/tourneriez une scène où il ne se passe rien de remarquable ? Un héros qui se prépare un café sans penser à rien de spécifique, une héroïne qui beurre sa tartine en se demandant comment s’habiller parce que l’hiver s’en vient ? Ca n’intéresse personne dans l’absolu. Alors pourquoi on nous impose des scènes de cul finalement assez creuses ? Pour le racolage, évidemment… mais finalement, je me rends compte que le sexe, c’est un piège grossier dans lequel chaque “créateur” ou “créatrice” (je mets des guillemets pour dédramatiser le mot) a tendance à tomber parce que ça paraît un passage incontournable. J’ai souvent dit que j’avais du mal avec les scènes de cul et je pense qu’on touche là le souci : elles sont souvent mal amenées et non nécessaires, une case dans la to do de la fiction.

To do list de la fiction

Et ça soulève des tas de questions qu’on va étudier les prochaines semaines. Si j’oublie pas…

PS : Evidemment, cet article ne concerne pas toute fiction à caractère érotique totalement assumé.

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Beautiful bastard de Christina Lauren

Vous l’avez peut-être remarqué, ces derniers temps, j’ai un petit peu parlé de cul sur ce blog et de passion amoureuse merdique. Et bien figurez-vous que tout était calculé, je l’ai fait exprès pour en venir à  2 chroniques de livres. Ouais, on dirait pas mais ce blog a une logique éditoriale!*

beautiful-bastard

L’été dernier, lors de mon périple tunisien, Anaïs avait amené avec elle un roman “Beautiful Bastard” de Christina Lauren. Elle avait lu précédemment la trilogie Fifty shades et suite à l’avis d’une camarade de séjour qui a dit “Han, je bosse dans le marketing, ce livre, c’est trop ma vie”, je me suis dit qu’après tout, autant le lire, ça m’évitera de mourir idiote. Donc sans trop rentrer dans les détails : 1) comme je m’y attendais, c’était mauvais et 2) la fille de la phrase précédente est une mytho.

Doit-on-excuser-les-mythomanes

L’histoire : Chloé, jeune stagiaire dans une grosse boîte de comm, est une fille qui en veut. Tout se passe bien sauf qu’elle a hérité d’un nouveau boss : Bennett, beau gosse trentenaire fils du big boss et absolument insupportable. Les deux se détestent jusqu’au soir où les choses dérapent…

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En fait, quand je dis que les choses dérapent, ça veut dire “ils restent seuls un soir dans une salle de réunion, son boss lui colle une main au cul, lui arrache la culotte et tout va bien”. Ok, très bien, je vois un énorme problème de consentement dès le départ sans parler d’abus de pouvoir mais on va passer, on est dans ce genre de livres où on nous fait croire que l’amour est plus fort que la haine et les plaintes pour harcèlement sexuel.

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Suite à ça, ça va donner (à peu près) : une engueulade, une culotte arrachée, une scène de baise. Durant TOUT le roman, je vous le jure. La fille a un budget culotte juste hallucinant et le pire, c’est que l’autrice a pensé à nous expliquer pourquoi sur tout un chapitre particulièrement inintéressant : les ventes privées. Voilà, Chloé a plein de culottes car elle a un excel avec toutes les ventes privées Aubade et Agent provocateur. Un an après voir lu ce livre (réactivité mon amour), je ne sais toujours pas quoi faire de cette info.

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Ces culottes déchirées sont symptomatiques du grave problème de ce livre : rien n’y est jamais surprenant. les scènes de cul sont hyper convenues et prévisibles (après la dispute et démarre toujours par un arrachage de culotte) et ne sont jamais excitantes. Et c’est ce pourquoi je déteste ce genre de bouquins qui ne sont finalement que les dignes héritiers des collections Harlequin : à force d’osciller entre le romantico-cucul et l’érotique pour ménagère frustrée, on tombe quelque part au milieu. La tension érotique est réduite à portion congrue, il n’y a pas d’enjeu. Pire : on s’en fout de leurs scènes de baise. Ca ressemble purement et simplement à une longue checklist : dans le bureau, la salle de réunion, l’ascenseur, l’escalier, à l’hôtel, dans le cul

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Les pages se suivent et se ressemblent, on ne ressent aucun intérêt pour l’histoire, encore moins pour les personnages terriblement irrationnels donc pas du tout attachants, ça finit de façon extrêmement prévisible, le style est celui d’un blog lambda et j’ai perdu quelques heures de ma vie. J’espère que vous ne commettrez pas la même erreur que moi, même pour vous faire un avis.

pilon

Mais je n’en avais pas fini avec la littérature « érotique » car pour mon anniversaire, je reçus… After… en 4 volumes (des pavés gigantesques).

Ah mais y en a 5 en fait

Ah mais y en a 5 en fait

On me veut du mal.

* Là, j’oscille entre mauvaise foi et méthode Coué…

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Premier baiser, échangé…

Sur une plage, en été -hé. Ma merdophagie est sans limites.

Nous avions laissé nos jeunes prétendants amoureux autour du verre de tous les dangers. Dieu merci pour eux, tout se passe bien et leur attirance est renforcée par cette petite conversation censément anodine. Mais l’heure tourne et il serait temps de rentrer.

Et on se retrouve plantés là, une tension érotique à couper au couteau. Elle sourit à pleine dent, l’oeil brillant, se tordant les mains malgré elle. Lui penche un peu la tête, ne sachant trop que faire de ses bras, se passant du coup la main dans les cheveux pour se donner une contenance. Tout l’univers sait qu’ils ont envie de s’embrasser mais eux hésitent encore à se jeter à l’eau. Et s’ils avaient mal interprété les signes ?

Le premier baiser à une importance relatives aux espoirs que l’on place dans la relation naissante. En clair le premier baiser avec une one shot ne restera pas dans nos mémoires tant il n’est qu’un préliminaire parmi tant d’autre, une donnée technique. Embrasse-t-il bien ? O-N rayez la mention inutile, fin de l’histoire.

Le premier baiser amoureux, lui, est unique, il fait partie intégrante de l’histoire du couple, la conclusion de la belle histoire du premier rendez-vous. Il est tout à fait possible que ce premier baiser soit un prélude à une nuit endiablée mais ça, ça ne se raconte qu’à un public choisi. Souvenez-vous dans quel état de transe l’attente de ce premier baiser vous plonge. Autour de vous, il n’existe plus rien, votre cœur s’emballe et vos boyaux se tordent, votre respiration est suspendue. Un état quasi douloureux dont le seul remède est ce fameux baiser désormais imminent.

Et quelle explosion des sens quand vos lèvres se rencontrent enfin, que vos langues se lient et se délient dans un ballet voluptueux, vos doigts effleurent timidement la peau brûlante et frémissante de l’autre, se glissent dans ses cheveux. Tout votre corps vibre et jouit de ce baiser tant désiré.

Quoi qu’on en dise, le décor importe peu. Ce mythique premier baiser fait fi des détails, il sera magique qu’il ait lieu sur le Pont des Arts (j’aime les clichés), sur le quai du métro, dans l’obscurité d’une chambre ou sur une aire d’autoroute (et pourquoi pas !). L’objet de votre désir se mêle enfin à vous, il y a tant de promesses dans ce premier baiser… Au fond, peu importe où, peu importe comment, vous l’attendiez, il ne peut être que parfait.

Mais je parlais de prélude tout à l’heure, ce premier baiser peut être le début d’une nuit torride. Peu importe que nos héros couchent ensemble ou non le premier soir, la prochaine étape est, bien entendu, le partage de la couche…

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Première rencontre

Une histoire d’amour commence toujours par une rencontre. Ce matin, Héloïse et Daniel se sont levés, inconscients de l’incroyable coup du destin qui les attendait : leurs chemins allaient se croiser.


Peut-être s’étaient-ils déjà croisés avant sans le savoir. Chaque métro qui se croisent, ce sont des centaines de trajectoires de vie qui se croisent. Peut-être sont-ils allés à la même soirée sans se parler, peut-être étaient-ils dans la même salle de cinéma un dimanche pluvieux, peut-être sont-ils allés dans un petit café le même jour à la même heure sans se voir. Les hasards de la vie sont parfois amusants. Mais ce jour là, ils allaient prendre pleinement conscience de l’existence de l’autre.


Il existe une multiplicité de rencontres : coup de foudre dans le métro ou dans la rue, rencontre lors d’une soirée, au travail, sur Internet, par hasard, sans raison. Le jour où Daniel et Héloïse se croisent et prennent conscience de l’existence l’un de l’autre n’est pas forcément celui qui va sceller la mythologie de leur couple. Il nous faut parfois du temps pour réaliser que celui-ci ou celle-la nous plaît bien en fin de compte et qu’on irait bien lui conter fleurette. Ou qu’il/elle flirte avec nous et, qu’après tout, la séduction opère.


Aujourd’hui, Daniel et Héloïse se sont rencontrés mais ils ne savent pas encore ce qu’ils seront l’un pour l’autre. Peut-être le pressentent-ils, peut-être l’espèrent-ils. Il y a cependant un point commun à toutes les rencontres de tous les couples : elles deviennent mythique. D’une banale histoire, elle prend de plus en plus d’intensité, de magie, de suspense aussi. D’un banal échange de regard qui aurait pu rester sans suite, l’histoire devient soudain haletante, les amoureux créent de toute pièce une tension érotique à couper au couteau qu’ils narreront jusqu’à la fin de leur relation, si tant est que celle-ci se termine. Ils y rajoutent tellement de passion, d’inédit, d’incroyable qu’ils finissent eux-même par croire au côté magique de cette rencontre, de ce jour qui fit que plus rien ne fut comme avant.


Pourtant, les rencontres sont souvent assez banales. Quelques échanges de mails pour les connectés-débordés, des échanges de regards. Certains se connaissaient déjà bien avant les premiers frissons amoureux. Rien en fait d’exceptionnel, l’homme n’est qu’un animal séducteur mais ça, personne ne l’admettra. Quoi qu’il en soit, quand être 1 et être 2 se rencontrent (après tout, ce n’est pas l’apanage des hétérosexuels malgré les prénoms que j’ai choisis, je plaide coupable d’hétéronormisme) et se reconnaissent comme partenaires potentiels se crée alors une envie, un désir. Chacun cherche comment faire succomber l’autre, de façon plus ou moins intense selon la personnalité et les attentes de chacun. Les neurones turbinent pour trouver la façon de soit isoler sa proie pour tenter de glisser une langue dans cette bouche que l’on espère amie, soit trouver le courage de lui proposer une sortie.

Car quand on reconnaît l’autre démarre la phase la plus stressante mais la plus exaltante : l’attente.

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Nina et les connards, le retour

Il y a presque 4 ans, j’avais écrit un article indiquant que les femmes préféraient les connards, article m’ayant valu moult insultes par des gars « gentils » qui n’appréciaient pas qu’on les apprécie à leur juste valeur. T’en fais pas, gars, vu comme tu m’insultes,  c’est normal que je n’ai aucune envie de te connaître. Donc j’avais dit ça. Depuis, j’ai vieilli (oui, je vieillis maintenant, je le sais, je vous expliquerai) et finalement, je me rends compte que j’ai totalement changé d’avis. Les connards ne m’attirent plus, ils me lassent et, limite, ils me font pitié. Explication.



Connaissez-vous How I met your mother ? Pour ceux qui ne connaissent pas, je vous résume rapidement : Ted est un trentenaire New Yorkais célibataire à la recherche du grand amour. On sait déjà qu’il va le trouver puisqu’il raconte à ses enfants comment il a rencontré leur mère mais ça fait 4 saisons qu’il raconte sa vie sans l’avoir vue. La série gravite autour de 5 personnages : Ted, le romantique, Robin la carriériste, le couple parfait Lili-Marshall et Barney, le connard. Pendant longtemps, je n’ai trouvé aucun attrait à
Barney : il est super drôle, entendons nous bien, j’adore mon personnage mais je n’aurais pas envie de coucher avec son personnage parce que c’est un connard qui accumule les conquêtes et les jette de façon assez discutable. C’est un des ressorts de la série, d’ailleurs. Puis à un moment, Barney tombe amoureux et montre ses failles et là, paf, je le trouve absolument craquant. Et c’est là que j’ai réalisé : je n’aime plus les connards, plus du tout même. Parce que le connard joue un rôle et m’épuise.


Les connards, j’ai pratiqué, beaucoup trop à mon goût avec le recul, je m’en suis pris méchamment plein la gueule, des insultes les plus immondes possible juste pour le plaisir de me blesser. Mais pourquoi le connard agit ainsi ? J’ai trois explications :

– Parce que le connard est narcissique et se fout des autres et préférera te marcher sur la gueule pour avoir 33 secondes de gloire que de te ménager un peu. De toute façon, hors de lui, rien n’existe alors t’es gentille, tu écartes les cuisses le temps qu’il fasse son affaire et après, tu fermes ta gueule, merci, au revoir. Tu es aussi priée de tomber amoureuse de lui, de pleurer sur le fait que ce n’est pas réciproque, d’insister pour qu’il ait le plaisir de te jeter méchamment.

– Parce que le connard est faible.  Il n’a aucune confiance en lui (à tort ou à raison) et il n’a rien trouvé de mieux pour se vendre auprès des filles que de se créer une image de playboy briseur de cœur, l’Everest des nanas en gros : le conquérir est le défi ultime. Sauf que le connard exagère parfois considérablement son tableau de chasse et une fois au lit, on se rend compte qu’il a une connaissance très limitée du corps féminin et qu’on s’ennuie un peu… beaucoup.

– Le connard est du type pervers narcissique qui ne trouve de valorisation de son ego que dans la destruction de celui d’autrui et plus précisément le vôtre. Il a couché avec vous mais c’était par pitié/ivresse ou ceux que vous voulez mais certainement pas parce que vous êtes assez bien pour lui. Non mais ça va pas la gueuse ? Vous n’êtes ni assez jolie ni assez brillante, spirituelle, drôle, cultivée, grande, petite, mince, plantureuses, blonde, brune, blanche, noire ou peu importe pour pouvoir faire jeu égal avec lui. Vous devriez
d’ailleurs lui baiser les pieds pour le remercier d’avoir daigné partager un lit avec vous. Et c’est là que tout le vice du pervers narcissique agit : ça ébranle votre confiance en vous, vous vous sentez comme une toute petite merde de lapin constipé et dès qu’il revient pour vous sauter, vous en tombez accro parce qu’un mec aussi merveilleux daigne quand même vous honorer à nouveau. Oui, dans pervers narcissique, y a pervers.




Et puis surtout, le connard ne présente aucun intérêt ludique. Il veut vous mettre dans son lit et ne s’en cache pas. A partir de là, le jeu de séduction est très limité, autant dire oui de suite. Aucune surprise, aucune montée en tension érotique, rien. Pas d’attente, c’est à consommer de suite parce que le connard n’attend pas. Or ce qui m’excite, moi, c’est précisément le jeu de séduction. Du coup, le connard m’ennuie, me laisse indifférente et à ce niveau là, je me dis qu’une masturbation me procurera certainement plus de plaisir que ça.




Finalement, les romantiques à la Ted Mosby ne sont pas si mal que ça.

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Où trouver l’homme ? Episode 27 : à dîner chez moi

A la recherche du prince charmant

(O toi, derrière ton écran, je te rappelle que tout ceci n’est qu’une fiction sortie de mon imagination fertile ou débile, à toi de voir. En vrai, là, je vis au milieu des cartons alors les dîners romantiques, ça attendra.)

On dit que la patience est mère de toutes les vertus. Ca tombe bien, j’ai toujours pensé qu’un peu de vice ne faisait de mal à personne. Fabien je désirais, Fabien j’aurais. Pour se faire, j’avais prévu de l’inviter à dîner à la maison histoire d’être sur un terrain favorable : le mien.


Une fois passée faire le plein chez Picard, je rentre vite chez moi me pomponner, m’épiler et faire brûler une bougie qui sent bon. Bon, c’est l’heure, je vais trafiquer un peu sur l’ordi en attendant qu’il arrive. C’est l’heure et un peu plus. C’est l’heure et un peu plus d’un peu plus. C’est l’heure et franchement plus. Au bout de vingt minutes de retard, j’enclenche la bobine du film catastrophe : depuis le début, il se fout de ma gueule ce connard, il n’en a jamais rien eu à faire. Oui mais pourquoi les baisers, les soirées qui n’en finissent pas, la nuit blanche et pourquoi avoir dit oui à mon invitation s’il ne comptait pas venir. Il doit y avoir une explication logique mais je ne remets pas les pièces du puzzle dans le bon sens, je ne comprends pas.

Ding dong ! Ah, ciel, on sonne, ce doit être lui. Bingo. Il me tombe dans les bras, la mine piteuse : « J’ai oublié mon portable et je n’arrivais pas à trouver, je suis désolé

– Ahahah, c’est pas grave, ahah! »

Oui bon, il a une bonne excuse, je vais pas lui faire une scène par principe quand même. On s’installe autour d’un verre, on mange le bon steack et la bonne purée aux truffes cuisinés avec amour car un estomac d’homme se doit d’être toujours satisfait. Je sens que mes lectrices féministes viennent de grincer des dents mais je ne parle pas en général, je parle du cas particulier où je veux faire l’amour avec cet homme toute la nuit et même le matin, faut bien lui donner des forces.

Entre deux phrases, les blancs s’insinuent peu à peu. Non que nous n’ayons plus rien à nous dire mais la tension érotique monte et à chaque blanc, nous établissons le contact visuel : je te veux, tu me veux. Il n’empêche que c’est bien joli tout ça mais j’ai des projets très précis pour la soirée et on n’avance pas alors je me lance. Je m’approche de lui et lui donne un baiser plutôt sage pour commencer. Il me le rend bien, chouette. Ca s’emballe un peu, de la position assise, on se retrouve allongés sur le canapé, un pull s’en va, rapidement suivi de son petit frère, les fringues volent. Une fois tous nus, vous imaginez bien ce qu’il se passe, je vous épargne la description et vous laisse jouer dans votre tête la partie sexuelle de cette histoire. Sachant tout de même que je suis résolument opposée au léchage de pieds et suçotages d’orteils, ça, s’il vous plaît, épargnez le moi.


Le lendemain matin, lorsque le réveil sonne, il est remercié par une lourde main qui lui éclate la figure mais pour une fois, je lui épargne le traditionnel « ta gueule » enroué. Fabien vient se coller contre moi et me prend dans ses bras pour un doux câlin matinal. Tout serait parfait si la mairie de Plumes sur Berges n’avait pas décidé que c’était le jour idéal pour refaire le trottoir juste devant chez moi. Je vous jure que l’odeur de goudron chaud et le bruit du rouleau compresseur, il y a vraiment plus romantique dans la
vie. Alors que je commence à chouiner parce que je n’ai pas envie de me lever, Fabien me propose un baiser pour m’aider à me lever. Evidemment, il eut l’effet contraire.

Une douche, un café et un pain au lait plus tard, nous voici dans la rue et à la bourre pour aller travailler. Pendant qu’on s’embrasse pour se dire au revoir, je lui demande quand on se revoit : « t’as qu’à venir ce soir à la maison ». Et c’est ainsi que je partis toute guillerette au boulot, pressée de raconter cette nuit à mes copines.

NB : Oui bon, ok, cette partie de l’histoire m’est vraiment arrivée. Rien que de repenser à l’odeur du goudron, j’ai mal à la tête.

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Où trouver l’homme ? Episode 26-2 : nuit blanche avec Fabien

(Lecteur, je te rappelle que tout ceci est une fiction et c’est bien dommage parce que là, je suis en plein déménagement et un Fabien
en plus, ça m’aurait été bien utile).

A la recherche du prince charmant

Dans l’épisode précédent (que tu peux aller lire), je me promenais donc avec Fabien durant la nuit blanche. Alors que nous contemplons la Seine du pont Simone de Beauvoir, je me colle à lui parce que la nuit blanche, c’est sympa comme concept mais en octobre, il fait froid. Ca tombe bien, nous sommes à proximité de son appartement. Chouette alors !

Un quart d’heure plus tard, nous voici à l’abri du froid à boire un chocolat chaud en discutant de tout et de rien. C’est fou comme on a toujours des choses à se dire. Sauf que vers 4h30 du matin, j’ai les yeux qui piquent et une furieuse envie de me coucher. Or je ne suis pas sûre que les trains de banlieue circulent et je suis siiiiiiii fatiguée, rentrer chez moi me paraît une épreuve insurmontable.


« Dis, je suis vraiment épuisée, ça t’embête si je dors un peu ici ?

– Non, non, je vais te faire le lit, je dormirai dans le canapé. »

Hein ? Qu’ouis-je ? Il va me faire un lit à part ? Mais…aurais-je sur interprété ses intentions vis-à-vis de moi ? Et les bisous et les
enlacements devant la Tour Eiffel, ça rimait à quoi ?

« Mais euh, tu sais, je ne veux pas t’embêter, hein…

– Non, non mais tu ne m’embêtes pas, j’en ai pour deux minutes. »

Bon… De toute façon, je suis trop fatiguée pour rentrer chez moi alors je ne vais pas me battre avec lui. Il prépare donc le canapé, on rediscute un bon quart d’heure et il me souhaite une bonne nuit en m’embrassant tendrement… même que je sens comme une légère tension érotique dans l’air. Mais non, il ne se glisse pas dans le lit avec moi. Ah.


Le lendemain matin. Je me réveille et je guette le moindre bruit. Je suis en sous vêtements et j’hésite sur la marche à suivre. Je me lève et je m’habille ou je fais semblant de dormir et attends qu’il vienne de me réveiller ? Ah, je l’entends qui trafique dans la cuisine. Ah, il ne vient pas. Ah, il ne vient toujours pas. Bon, ok, j’ai compris. Je m’habille et le retrouve dans le couloir. « Ca te dit un brunch ? ». Heu… Ouais, mon estomac grogne, je pense que c’est une bonne idée. Une demi heure plus tard, nous voici attablés au Starbucks, à la terrasse. Et on parle, on parle, on parle, on parle. Il fait presque nuit, là, non ? Ah, il est déjà 18h, que le temps passe vite en si bonne compagnie. Il me distille des compliments, me caresse la main distraitement. La nuit tombe et on finit nos conversations au restaurant. J’aimerais que cette journée ne s’achève jamais.

 

Mais le temps se moque bien de ce que je veux, à 23h, il est temps de se désolidariser. Un rendez-vous de 24h, c’est pas anodin. Après de tendres baisers, on se quitte en se disant qu’on se retrouve vite. D’ailleurs, à peine rentrés, on se retrouve sur MSN pour un débriefing. Nous sommes heureux de ce rendez-vous, des moments passés ensemble et on a très envie de passer à la suite. Je lui propose de venir dîner chez moi dès le lendemain soir. Sur mon terrain, il ne pourra pas me résister.

A suiiiiiiiiiivre

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Benoît

Quand j’étais sur meetic, je passais rarement du temps sur le chat, qui fonctionnait très mal. Un soir, cependant, j’y traînais, essayant d’attraper le beau gosse qui passait son temps à me flasher mais ne répondait pas à mon mail. En effet, j’ai appris que quand ils ne payaient pas, ils ne pouvaient consulter leurs messages. Donc j’attendais l’arrivée de mon beau gosse quand des hommes commencent à venir me parler, je réponds poliment à certains. A un moment, un jeune homme engage la conversation, je le trouve pas terrible sur la photo mais il est sympa donc je finis par lui donner mon MSN.
 
Mise en bouche
Changement de lieu de conversation, je lui fais style : « je suis pas tout à fait célibataire, tu sais ». C’était un demi-mensonge : à l’époque, je pensais revoir Louis pour une nuit coquine donc… Nous nous présentons néanmoins, il s’appelle Benoît et il m’envoie une photo de lui. Panique à bord : il est canon ! Comment vais-je me sortir de ma demi-vérité précédente ? On verra.
 
La conversation reste soft, on échange un nombre assez important de photos, lui au Canada, lui au Canada tirant la langue, lui au Canada avec une toque sur la tête (du coup, à chaque fois que je parle de lui à Anne, elle me fait : « Ah, David Crocket ? »)… Il faut savoir que j’ai une passion absolue pour le Canada. Puis il me raconte qu’il fait de la natation et qu’il est maître nageur le week-end. Il faut savoir que j’ai une passion absolue pour l’eau… et qu’en général, les maîtres nageurs sont toujours miam miam ! Mais je n’ai rien à faire pour le séduire. Au bout d’une mini heure de conversation, le voilà qu’il me déclare qu’il veut me faire l’amour dès ce soir ! Oui, ça vient comme ça. Je lui dis non car j’avais ma malédiction mensuelle qui se terminait et j’étais fatiguée… Mais le lendemain… Après m’avoir demandé quatre ou cinq fois si je ne me moquais pas de lui, on commence à parler de sexe de façon assez crue : ce que j’aime ou n’aime pas, ce que je pratique ou pas, comment je suis épilée… Bref, je lui sors « le guide sexuel de Nina ». Forcément, la tension érotique monte, on commence à se détailler ce que nous nous ferons le lendemain. Je tiens Gauthier au courant et finis par lui envoyer la conversation, il m’en remercie encore (« counasse, je voulais pas savoir comment tu étais épilée ! »).
 
Finalement, on s’excite tellement que je coupe Sex and the city pour qu’il puisse m’appeler. Imagine, Sex and the city, lecteur ! Quand on connaît ma passion pour cette série, on se rend compte à quel point il m’avait mis en transe. Je salue cavalièrement mes correspondants MSN, je coupe le téléphone, rapide toilette et je me glisse dans mon lit, attendant un coup de fil qui s’annonce chaud. Le téléphone sonne enfin, je décroche et là… la tension érotique retombe considérablement. Il m’avait prévenu : sa voix n’est pas franchement sexy, un peu aiguë, un peu nasillarde, pas terrible, en somme. Du coup, au lieu de faire des cochonneries par téléphone, on discute de tout et de rien, rendez-vous fixé au lendemain.
 
Le jour J, je prends mon petit train de banlieue. Arrivée à la gare, SMS : « je serai en retard, je trouve pas de place pour me garer ». Oui, comme toujours, je tombe sur des hommes ponctuels. Je traîne un peu à la FNAC et m’offre deux CD, je vogue à droite, à gauche, quand le téléphone sonne. « Je suis devant la FNAC, je t’attends ». Et bien, allons-y. Je me dirige vers le point de rencontre et je le vois : pas grand, pas tout à fait aussi beau que sur la photo mais quand même bien attirant. On se dit bonjour en se faisant la bise (cette bise pré-coït me fait toujours sourire) puis on va boire un café dans le coin. Quel bavard ! Quand on se souvient que mon précédent meeticboy était Louis, je passe vraiment d’un extrême à l’autre. On papote un bonne heure puis une fois notre café avalé (et digéré), il suggère qu’on y aille. Donc, là, c’est sûr, il y aura brouette. On repart en métro, il me parle du Canada et des « fuckin’ friends » très à la mode là-bas. Mais en France, c’est encore mieux car le côté « fuckin’ » n’empêche pas la tendresse. Au Canada, la sodomie est autorisée mais le baiser avec la langue, il ne faut pas déconner !
 
Il parle, il parle, il vante ma liberté de vivre et de coucher avec qui j’ai envie («c’est super rare une fille comme toi ! »), moi j’ai envie de l’embrasser mais je n’en fais rien, j’écoute en pensant à des cochonneries. Rétrospectivement, ça me fait penser à la BD de Donjuju sur son blog où une nana lui parle de reproduction cellulaire alors qu’il est en train d’imaginer une folle brouette. Là, c’était pareil. On récupère sa voiture et direction mon bled où-y-a-pas-de-place-pour-se-garer (cf aventure avec Christophe). En chemin, il me parle de son désir de faire du journalisme scientifique en amateur. Alors, résumons-nous : il est charmant, séduisant, intelligent et ambitieux. Bien, nous allons faire un crochet à l’église, il faut que je l’épouse cet homme-là.
 
Un homme presque parfait
D’ailleurs, ô miracle, on trouve à se garer en cinq minutes. On chemine tranquillement chez moi, arrivée à l’appart, Kenya, mon chat, nous salue bien bas. Visite rapide (là, la pièce, là, la salle de bain), je lui propose un verre mais il n’en veut pas. Et là, le blanc. Moi, je rigole du coup et il finit par m’embrasser. Et bien, un monsieur parfait embrasse parfaitement, un vrai délice. Au fur et à mesure que l’excitation monte, il me fait bénéficier d’une séance gratuite de palper-rouler, ce monsieur aime malaxer les chairs ! Il me masse les fesses puis on finit par atterrir sur mon lit, c’est parti pour l’effeuillage. Il enlève d’abord sa montre( pourquoi vous avez toujours de grosses montres, messieurs ?), son t-shirt (Seigneur, quel torse musclé !), son pantalon. Au fur et à mesure, je découvre qu’il a des bracelets aux chevilles, ça fait un peu australien, je trouve. Je finis par lui enlever son boxer et là, double surprise : côté face, un très joli tatouage qui orne sa fesse gauche. Je ne suis pas du tout branchée tatouage mais là, j’avoue que c’était excitant. Côté pile, je me rends compte qu’il bande bizarrement.
 
Normalement, les trois-quarts des mecs ont une érection plus ou moins perpendiculaire au buste, à quelques degrés près. Lui, il bande si haut que c’est limite si son pénis ne se colle pas à son ventre. Et là, j’ai un peu peur, je repense à Lucie et son « canard WC ». C’est une histoire très drôle : un soir, notre amie Lucie fait une prise, en boîte, un charmant jeune homme qui, une fois tout nu, présentait une particularité physique particulière : il avait un pénis tordu, ça faisait un crochet. Catastrophiquement douloureux.
 
Donc je frémis mais j’ai d’abord droit à de merveilleux préliminaires qui me font décoller. De son côté, le jeune homme a été tout aussi servi. Opération capote et c’est parti pour la brouette. Non, finalement, son érection bizarre ne l’empêche pas d’être un amant très doué, peut-être un peu trop attentif à ce que je veux… C’est gentil de demander mais en plein milieu, un : « dis, tu voudrais pas qu’on change de position ? Enfin, c’est comme tu veux… » D’habitude, le changement de position se fait sans qu’il y ait d’accord oral, c’est tacite… Il est vrai que ça peut m’arriver d’ordonner le changement de position mais bon…
 
Fin de l’épisode X, on se repose l’un contre l’autre et je lui dis que je suis ravie d’avoir répondu à son chat, moi qui ne vais jamais dessus en temps normal. On s’échange des amabilités (« tu es quelqu’un de très intéressant », « mais toi aussi ! ») puis le voilà pris d’allergie. Oui, monsieur parfait a un défaut de taille : il est allergique aux chats. Il finit donc par partir assez rapidement, après de longues embrassades sur le pas de ma porte. On se retrouve le soir sur le net, on discute un peu, il veut savoir s’il est meilleur ou pire que mon autre coup (Louis, en l’occurrence). Puis il me dit qu’il fait un peu d’eczéma au bout des doigts car il a touché Kenya…Intéressant !
 
Deuxième round
La semaine suivante, pas de nouvelles et ça m’énerve un poil, je lui envoie un mail pour lui demander s’il veut venir à un match de rugby avec moi ou pas (il adore le sport). Le vendredi soir, alors que j’étais au resto avec mes copines ésotériques (dont Linga, Victoire et Athéna), texto du jeune homme : « coucou mon chou, j’ai eu des problèmes de connexion. Demain, je peux pas, je travaille ». J’en informe Victoire qui se réjouit pour moi. Retour à la maison, je me mets sur Internet et comme je suis très douée, je me mets à le chauffer. On parle fantasmes, il me sort : « oui mais toi, tu as beaucoup d’expérience, tu as presque tout fait ! » Bien, le voilà qui me prend pour une déesse du sexe ! Si tu savais, mon petit, tout ce qu’il me reste à faire. Vois-tu, cher Benoît, je n’ai jamais fait l’amour sur un piano, dans un confessionnal ou en robe de mariée (quand je dis que j’ai des fantasmes à la con). Je pense que ce jeune homme, de un an et demi mon cadet, n’a jamais connu de partenaires ludiques. Le fait que je ne me fasse pas prier pour certaines positions ou gâteries me confère une aura particulière qui m’amuse beaucoup. En même temps, c’est flatteur.
 
Le lendemain, on se voit, c’est sûr, il s’éclipsera de la piscine pour venir m’honorer. Bien ! Avant, je dois faire un reportage à La Garenne-Colombes, je torche le truc vite fait bien fait, je passe au supermarché acheter de quoi faire quelques cochonneries et me voilà chez moi, l’attendant de pied ferme. Enfin, il arrive, il me salue en m’embrassant puis on ne perd pas de temps, on multiplie les acrobaties. A peine le coït consommé, le voilà qui m’annonce qu’il doit partir car il doit faire la fermeture de la piscine. Il file donc.
 
Le soir, je le crois sur MSN, je lui demande poliment s’il est arrivé à l’heure à la piscine. Oui, oui mais il doit filer, un anniversaire. Je lui souhaite une bonne soirée… un quart d’heure après, il était toujours sur MSN… Une heure plus tard aussi. Et là, ça m’a un peu agacée : il était marqué en ligne donc bien devant son PC ! Je ne suis pas sa copine donc je m’en fiche qu’il passe son samedi soir à chasser la poulette sur meetic, je souhaiterais juste qu’il soit honnête avec moi. Puisque c’est ça, je lâche l’affaire.
 
Le retour (erreur stratégique de ma part : le laisser revenir)
Pendant trois semaines, aucune nouvelle, je le vois sur MSN mais ne vais pas lui parler. En pleine période « Julien est l’homme de ma vie », le voilà qui, un soir, me contacte avec cette phrase ô combien poétique : « salut, envie d’une queue ? » (véridique). Morte de rire, je lui réponds : « que tu es romantique mon cœur ! ». Il tombait plutôt bien, en vérité : j’avais appris que Julien avait brouetté le week-end précédent : œil pour œil, brouette pour brouette.
 
J’accepte le rendez-vous avec joie, surtout que je compte bien abuser de sa vertu toute la soirée à défaut de toute la nuit : il vit chez ses parents et ne peut découcher. En plus, il embauche à 7h du matin et me réveiller à 6h, ça m’aurait profondément ennuyé, soyons honnête. Donc le voilà qui arrive, bisous de bienvenu, on papote cinq minutes histoire de et c’est reparti pour la brouette, on joue avec des bandeaux et la ceinture de ma robe de chambre en soie (je vous laisse imaginer ce que vous voulez). On avait prévu un scénario très amusant mais ce fut totalement raté, suite à un manque d’endurance du jeune homme. A peine cinq minutes de coït et le voilà déjà parti. Pas grave, il nous reste du temps, je compte bien prendre ma revanche ! Naïve que je suis ! Le voilà qui part à la salle de bain et revient tout rouge : « Heu, je fais encore allergie à ton chat ! ». Bon honnêtement, soit il s’était bien frotté les yeux et gratté partout pour donner l’illusion, soit il faisait vraiment une allergie. Il part à sa voiture chercher sa mentholine. Cinq minutes après, texto : « j’ai rien dans ma voiture, je rentre avant de ne plus rien voir ». Déception, déception ! Là, encore, je me dis de lâcher l’affaire. De toute façon, c’est juste en attendant d’attraper Julien donc ce n’est pas très grave. En allant à la salle de bain, je me rends compte qu’il m’a fait un léger suçon. Mais quand ? Je n’ai rien senti, il est décidément très habile ! Il est somme toute assez discret mais ça m’ennuie tout de même, je ne voudrais pas que Julien le voit, ni même Ludovic, mon mignon collègue. D’ailleurs le lendemain, alors que Loïc et moi fumons sur la terrasse, je prends bien soin de pencher la tête afin de cacher l’objet de mon péché. Ce n’est pas que j’ai honte d’avoir une vie sexuelle, c’est qu’un suçon indique généralement que j’ai un petit ami, ce qui n’était pas le cas.
 
L’optimum de la goujaterie
Quinze jours plus tard, je perds ma connexion Internet. En fait, je piratais le wifi de l’école maternelle et primaire voisine (oui, ça me paraît curieux qu’ils aient le wifi, aussi, mais c’est bien eux) mais les vacances scolaires passant par là, voici que je perds ma connexion.
 
Je me rends à un cybercafé glauque à côté de l’Opéra pour consulter mes mails, envoyer des documents et prévenir mes correspondants de ma mésaventure quand je tombe sur un mail du jeune homme : j’ai envie de toi, je te veux. Le problème est que j’ai lu ce mail le lundi et il voulait me voir le dimanche. Comme je n’avais plus de nouvelles de Julien, je lui envoie un texto pour lui proposer de venir le soir même. Bingo ! C’est quand même super agréable de voir qu’un beau gosse comme ça rapplique chez moi dès que je claque les doigts. C’était pareil avec Laurent : j’avais la liberté de choisir les rendez-vous, j’adorais. Le voici donc qui me répond qu’il sera chez moi vers 18h. 18h pétante, je reçois un texto : « je serai en retard (de mémoire, il n’a jamais été à l’heure), ça m’exciterait vachement que tu sois déjà nue ». Ben tiens, tu m’étonnes ! Au début, ça m’emmerde un peu, je décide de faire un compromis : j’aurai juste ma robe de chambre. Puis au fur et à mesure des minutes qui passent, l’excitation grandissant, je décide de virer la robe de chambre.
 
Enfin, le voilà ! Je lui ouvre vite la porte en me glissant furtivement derrière, histoire de ne pas offrir un spectacle inédit à mes voisins (moi, nue). Bon, il ne m’avait pas menti sur son état d’excitation, le voilà qui me roule des pelles pas possible en me massant les chairs toujours aussi vigoureusement, un « tu m’excites » soufflé fiévreusement remplaçant un poli bonjour. A un moment, je me rends compte qu’il est reparti à me faire un suçon mais dans le feu de l’action, je le laisse faire. On repart à jouer avec les mêmes accessoires, les préliminaires sont d’enfer, il prend son pied et là, me fait : « Putain, je suis allergique à ton chat ! ». Allons donc, nous voilà repartis pour un tour. Il m’explique qu’il a de la claritine dans sa voiture, il est garé pas loin, il revient. Tout en s’habillant, il me demande comment je vais et on discute un peu, il me dépose un tendre baiser sur les lèvres et file. En attendant, je rattrape ma robe de chambre et commence à lire. Cinq minutes plus tard, texto : Benoît. Je commence à pester mais son message est différent de la dernière fois : « j’ai plus de médicaments, je cherche une pharmacie et je reviens ». Ok. Donc je me replonge dans la lecture de mon roman. Au bout d’un moment, je lève la tête : 19h45, ça fait plus de trois-quart d’heures qu’il est parti, ça me paraît suspect. J’envoie un premier texto, poli : « tu trouves ? » mais je me doutais bien qu’il était rentré chez lui. Du coup, j’abandonne mon lit, je me rhabille, je me fais à manger et prévient Gauthier de ma mésaventure avec un texto qui le fait rire. A 21h, énervée de ne pas avoir de nouvelles de mon nageur, je lui renvoie un texto quelque peu ironique : « euh…je dois encore t’attendre ? ». Toujours pas de réponse. Ah, il m’énerve, le bougre ! Je vais dans la salle de bain et me rend compte qu’il m’a fait un suçon énorme, plus difficile à cacher que le premier. Il voulait pas me pisser dessus pour marquer sa propriété, non plus ?
 
Le lendemain, je vais me promener avec Victoire puis, en rentrant, je lui adresse un mail pas très sympathique, qui disait, en substance : certes, je ne suis pas ta petite amie mais je ne suis pas qu’un trou non plus, tu me dois le respect. J’aurais apprécié que tu m’envoies un message pour me prévenir que tu partais, ça m’aurait évité de poireauter une heure le cul à l’air (oui, j’ai un peu exagéré…). Aucune réponse !
 
Résultat : quatre épisodes, deux bons, deux bien en deçà de la moyenne. Je préfère garder le bon côté de cette aventure : j’ai eu une liaison avec un nageur merveilleusement bien fait, séduisant au possible et pas bête… Certes, goujat, mais ça, ce n’est pas bien grave. Heureusement, je n’étais pas amoureuse de lui, je pense que cette liaison a duré quasiment deux mois car elle flattait mon ego : un beau mec qui me prend pour une déesse du sexe, mmm…  Deux mois plus tard (à peu près), toujours aucune nouvelle, il ne m’a pas bloqué de MSN, moi non plus, d’ailleurs… Je pensais qu’il reviendrait, j’ai eu tort, mon mail a dû bien le glacer… à moins qu’en été, les maîtres nageurs n’aient pas besoin de déesse du sexe à disposition… Il n’empêche que son suçon a été vu non seulement par Ludovic, mais aussi par Enguerrand, le beau gosse du nouveau webzine… Ça m’apprendra ! En tout cas, ça m’a servi de leçon : le prochain goujat, je ne le laisserai pas revenir chez moi.
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