Dynastie : le soap que j’aurais adoré écrire

Nous sommes dimanche et à l’heure où vous lisez cet article, il est possible que je sois en train de me vautrer dans mon plaisir coupable : taper mes articles devant Dynastie (et Riverdale, j’en parlerai peut-être un jour si j’ai quelque chose à en dire). Oui, on sait, j’aime les soap operas, les télénovelas et ces trucs nuls. Sauf que là, Dynastie atteint une nouvelle dimension, celle du “on n’en a plus rien à foutre, YOLO”.

Dynastie, casting 2017

En fait, j’ai un peu regardé par curiosité au départ, un jour de rien, certainement, pour m’occuper. Première impression : c’est vulgaire. C’est atrocement vulgaire. On recouvre les personnages féminins de strass et de bling bling (mais le bling bling Pimkie de ma jeunesse avec des chemises en satin fluo et de la fausse dentelle), Fallon et Crystal alignent les punchlines de vannes de façon aléatoire, Blake est mi doux gentil, mi homme d’affaires méchant ohlala, tout le monde se ment, y a du secret partout… Mais des secrets découverts en cinq minutes, des mystères résolus en 3 épisodes, des personnages qui ne servent un peu à rien mais qui serviront peut-être plus tard… Bref, j’étais peu convaincue. J’allais lâcher l’affaire jusqu’à ce que je réalise… ils se foutent clairement du truc et font strictement n’importe quoi. Et c’est ça qui est bon.

Dynastie 2017 : Fallon et Monica

J’ai l’impression qu’à la base, sur les quelques premiers épisodes avec direct un accident mortel et un meurtre, ça se prenait grave au sérieux, tout semblait grave… Et puis y a un basculement. Notamment autour du personnage de Fallon. Pour ceux qui n’auraient pas regardé, je vous raconte rapidement : on suit l’histoire de la famille Carrington avec papa Blake, fille Fallon et fils Steven. Fallon pense devenir la directrice de la comm de Carrington Industrie parce que même si elle est jeune, elle est une excellente négociatrice mais elle se fait coiffer au poteau par Crystal… qui devient au passage sa belle-mère. Autour de la famille Carrington, on a le majordome qui se mêle de tout (mais qui est assez sympa comme personnage, je trouve), Sammy-Jo, le neveu de Crystal (point rigolo : dans la version originale de Dynastie, Sammy-Jo était une femme… et était interprétée par Heather Locklear), Culhane le chauffeur qui culbute régulièrement Fallon sur le siège arrière de la Limo, Jeff qui récupère la petite Fallon blessée dans son orgueil pour monter une entreprise concurrente de Carrington Entreprise… mais qui finit par la culbuter sur le bureau tandis que la soeur de ce dernier, Monica, va récupérer Culhane qui a rompu avec Fallon. Oui, ça fait plein de sacs de noeud.

Dynastie, Fallon, Blake et Crystal

Quand j’étais plus jeune (et plus désoeuvrée), j’avais pour ambition d’écrire mon propre soap parce que c’est rigolo, ce côté “tous pourris, tous manipulateurs mais aussi manipulés, machin sort avec l’ex de truc parce que tout le monde est l’ex de quelqu’un, de toute façon”. J’avais même une feuille de route avec qui sortait avec qui et qui devait sortir avec qui, qui était sorti avec qui… Avec quelques kidnappings, chantages et trahisons au passage. Depuis quelques temps (années), je me dis que ce serait drôle d’en écrire un à nouveau et de le publier sous forme d’épisodes sur un blog maiiiiis… bah j’ai moyen le temps. Et voici que Dynastie new generation réalise ce soap qui germait dans ma tête depuis des années. Fallon, c’était ma Kirsten à moi (oui, ma femme ambitieuse et manipulatrice s’appelait Kirsten parce que j’aime bien la sonorité). Avec quelques punchlines parfois bien trouvées comme ma préférée : épisode de Noël, ça vire à la bagarre entre Crystal et sa soeur dont j’ai oublié le prénom (Iris ? Ines ?) et elles terminent à tomber dans le sapin, patatras, tout par terre et Fallon de crier “Joyeux anniversaire Jesus !”. Je vais me faire un gif de ce passage.

Fallon punchline Dynastie

Ah bah suffisait de chercher… Y a un tumblr entier dédié à Fallon, lien en cliquant sur le gif

Bref, un soap qui reprend tous les codes du genre sans se prendre au sérieux, c’est absolument délicieux… Bon, j’ai toujours un souci avec le côté marbre en plastique et femmes habillées en Missguided qui se la jouent femmes distinguées (non) mais pour le reste, si le schéma de l’histoire est un éternel copier/coller, j’avoue avoir une certaine affection pour Fallon, femme indépendante qui n’a besoin de personne pour réussir et surtout pas des hommes… et Crystal qui, même si elle accède à son poste de directrice par le biais du mariage, est loin d’être une jolie potiche.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Ma belle robe de princesse

Quand vous demandez à une femme ce qui la fait rêver dans la notion de mariage, vous entendrez assez rapidement parler de la robe. Non mais vous croyez qu’on a tous les jours l’occasion de porter une robe de princesse ? Non, on n’est pas des people, on n’use pas les red carpets donc pour nous, femmes anonymes, le mariage est l’occasion ultime de porter une robe de rêve. Mais comme toute princesse, avant le happy end, on va en chier.

D’abord, on bave sur les magazines de mariage en cherchant une idée un peu précise de ce que l’on veut. Non, trop meringue. Trop strassée. Trop pouah ! Le problème avec les robes de mariées, c’est que quand on commence à réellement se pencher dessus, on se rend compte qu’on n’en aime à peu près aucune. Surtout que la robe, c’est comme le repas de mariage, tu sais que c’est là que les mauvaises langues vont se défouler.

Mais cessons de rêvasser sur papier glacé et franchissons courageusement les portes d’une boutique dédiée. La vendeuse dévouée (au prix de la robe, c’est la moindre des choses) va devenir tout à tour votre meilleure amie ou votre pire ennemie, selon les robes dans lesquelles vous allez vous glisser. Car n’oublions pas que l’immense majorité des femmes sont… complexées ! Elles ont la pression, elles devront être canonissimes le jour J et cette robe, là, elle souligne trop mon bide mou ou mes bras gras. Quoique, parenthèse fielleuse, ayant bossé pour des sites féminins, j’ai vu quelques albums de mariage où les bras gras s’étalaient fièrement par dessus une robe bustier TRES (trop) serrée… Bref, va falloir trouver une robe qui nous magnifie et qu’on portera avec fierté le jour J.

Sauf que la robe de mariée, on vous a un peu survendu le truc. Souvenez-vous dans Sex and the City quand Charlotte cherche sa robe, elle en refuse une demi douzaine quand on lui en présente une nouvelle et là, elle saisit la main de son styliste de mariage (?) et s’écrit : c’est elle ! En vrai, aucune robe ne vous frappe d’évidence, vous allez en enfiler des tenues en vous disant que sur celle-ci, vous aimez bien le perlé mais préférez la forme de celle là mais sans les trois tonnes de tulle parce que faut pas déconner non plus… Bref, rien ne sera évident, sachez le.

Pendant ce temps, la vendeuse trouve que tout vous va, même cette robe qui vous boudine atrocement et transforme vos bras en gros boudins informes (oui, pardon, je bloque sur les bras), souligne tellement votre bide qu’on va croire que vous allez vous marier et accoucher dans la foulée, sans parler de vos seins tellement compressés qu’ils risquent de surgir de la robe à tout moment. Ca ferait certes une histoire très drôle “et tu te souviens, le mariage de Nina, quand ses seins ont sauté à la figure du maire, rohohohoh !”. Oui, non, hein… Bref, la vendeuse est là pour vendre, elle s’en fout que vous ayez la distinction d’un petit rôti prêt à être enfourné, et vous commencez à sentir monter l’envie de pleurer. Remboursez le conte de fée !

Mais l’horloge tourne, le mariage approche et on n’a jamais vu personne se marier en paréo (sauf Pamela Anderson mais veut-on vraiment faire quelque chose comme Pamela Anderson ? A part se taper Kelly Slater, je veux dire). Ou alors vous allez vous marier sur l’Ile du Levant, tout le monde à poil et on n’en parle plus. Pour le coup, vous allez faire pas mal d’économie, les amateurs de tout nu se comptent sur les doigts de la main et vous économiserez les beaucoup d’euros que coûte la robe. Mais votre conscience, aka votre mère qui vous a gentiment accompagnée, vous rappelle à l’ordre et finalement, vous prenez la robe qui vous sied le mieux. En vous promettant mentalement de vous mettre au régime dès le lendemain. Mais vous n’êtes pas au bout de vos peines, non, non…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Marine teste pour vous : le thésard en sciences sociales

Par Marine

Qui dit TSS (Thésard en Sciences Sociales, donc) dit pauvre et savant. L’exact opposé du Golden Boy. Pourquoi en Sciences Sociales? Parce que… depuis quand les rats de laboratoire ont-ils une vie sexuelle? Non franchement, ça se saurait. (Pardon pour nos amis mathématiciens qui nous lisent, ils sont, j’en suis sûre, très nombreux, des bisous)
GetAttachmentaspx-copie-1.jpg

La mise en bouche.
Le TSS étant un crevard, tu peux un peu le trouver n’importe où, et pas seulement aux soirées étudiantes (dieu merci). Alors : vernissage d’expo, magasin de fringues, resto japonais entre potes, pub, boîte, soirées privées chez des amis (le TSS est d’ailleurs un accessoire assez fréquent Golden Boy, en revanche, l’inverse est assez peu vérifié, allez savoir pourquoi), mais aussi train, aire d’autoroute, blogs, facebook, forêt, en train de nourrir des poules, et enfin l’inévitable bibliothèque. Pour ma part, j’ai rencontré mon TSS dans le 3e cas de figure, le resto (japonais).
Comment attirer l’attention du TSS sur toi? Très simple. Un peu comme le Golden Boy, il fonctionne au strass et paillettes, sauf que c’est pas le même strass, pas les mêmes paillettes. Pour lui, tu dois irradier d’intelligence, de bagout, de conversation (et même s’il te trouve conne, il te trouvera de la personnalité, c’est suffisant pour l’exciter). Quand il lance un sujet de conversation, rebondit, soit pour abonder dans son sens, le plus souvent, il sera flatté, soit pour creuser un peu, et ouvrir sur un autre sujet, qui te correspond mieux, dans lequel tu es plus spécialisée (même
si c’est les tarifs de la french manucure, l’essentiel est qu’il voie que tu es calée dans un domaine). Parfois, sois en désaccord, ça crée du débat, de la conversation. Une règle d’or, valable ici encore plus qu’avec tout le reste de la gent masculine : l’eye-contact. Le TSS est en général chaud bouillant comme une baraque à frites, il fonctionne à l’eye-contact, et n’attendra pas plus d’autres avances de ta part qu’il ne t’en fera. Si tout va bien, l’eye-contact sera suivi dès que vous serez suffisamment isolés d’un « mouth-contact », si vous me passez l’expression.

Les points positifs
– il a de la conversation, il a toujours une opinion sur tout. Quel que soit le sujet sur lequel tu l’entreprend, le TSS saura te répondre en réfléchissant et pas machinalement.
– il est curieux (franchement, sinon, il ferait pas une thèse), donc à l’écoute de tes attentes,
– il est cultivé, ce qui évite l’écueil fâcheux du « Kikoo » en début de mail, ou de la phrase choc de type « tu me fais chaviré, j’arêtes pas de pensé à toi ». En somme, il gère son orthographe, et peut même te parler de tel poème auquel tu lui fais penser plutôt qu’un baratin à deux balles pour te lever. Ce qui ne le rend pas vieux jeu pour autant, je rappelle qu’il est curieux, il est donc ouvert à toute proposition.
– c’est un super coup : honnêtement, il mène une vie d’étudiant alcoolique qui sort tout le temps, alors que tous ses amis sont déjà cadres, et tout le monde sait que dans ce milieu, faut coucher pour réussir… il a de la pratique. Et comme il est curieux, et qu’il apprend vite… je te laisse faire l’addition, ça vaut le détour. Et comme le TSS n’a pas forcément d’emploi du temps fixe, il n’a rien contre le concept de la journée au lit « repos-causette-baise », et contre l’idée de tester toutes les combinaisons possibles de cette trilogie (causette-repos-baise/baise-repos-causette/repos-baise-repos/baise-causette-baise/baise-baise-baise et j’en passe…)
– il mène une vie d’étudiant alcoolique depuis trop longtemps finalement : le cas échéant, il n’aura pas peur de l’engagement.

Les points négatifs
– il est pauvre. Il voudra bien  t’inviter, mais si c’est pas cher. Mais la plupart du temps, il te parlera amoureusement de Simone de Beauvoir, et vous partagerez l’addition. Ne t’attends pas à atterrir dans un palace quand il te dit « viens chez moi », tu navigueras entre les canettes de bière de ses colocs, la PS2 jonchée sur le sol (la Wii? ouais c’est cool, mais j ‘ai pas les moyens, je vais chez mon pote qui bosse dans la finance), les bouquins ouverts traînant un peu partout… Vous dormirez sur un matelas à même le sol. Mais les colocs sont pas chiants (eux-mêmes sont TSS)
des fois que tu sois un peu bruyante pendant l’acte.
– il est pauvre, et il vit au-dessus de ses moyens. Méfiance, les problèmes financiers, ça peut tuer un couple. Dès le début, mets les limites. Et puis le côté chien fou qui regarde pas plus loin que le bout de son nez, ça peut devenir lassant.
– s’il est thésard en sciences sociales, c’est qu’il est dépressif, d’une manière ou d’une autre. Il faut vouloir le partager avec sa psy, et accepter qu’une tierce personne lui permette de verbaliser votre histoire (en même temps, toi, tu as tes copines, alors bon)
– il a de la conversation mais il fait chieeeeer. Il a un avis sur tout, il a surtout un avis, comme dirait l’artiste. Parfois, ça peut confiner au mépris, si tu connais pas cette référence pourtant « juste évidente ». Franchement, il y a suffisamment de points d’achoppement dans un couple, ça fait un peu mal de trouver en plus à s’engueuler sur la place de la pensée bourdieusienne dans la gestion des rapports sociaux actuels. (en même temps, on peut reconnaître que  plus d’engueulades = plus de réconciliations = plus d’effusions de sentiments et plus de réconciliations
sur l’oreiller)

Le SAV 
Le TSS est un ex formidable, un des mieux sur le marché
– il n’a pas peur du « revenez-y » si jamais tu n’as personne et lui non plus… après faut savoir gérer, c’est sûr
– il n’est pas rancunier, et ne sera jamais (trop) fâché si tu lui envoies un mail d’insultes ou même ton poing dans la gueule (il ne sait que trop à quel point nos cultures occidentales post-modernes influent sur nos comportements sociaux)
– qui voudra toujours boire un café avec toi (du moment qu’additions séparées, ceci cela), te conseiller sur tes futures histoires de mecs (il demandera peut-être même conseil à sa psy pour toi), aller à une expo, ou à un concert. Bref, c’est comme le pote homo, sauf que là, c’est ton ex. Pour lui « on reste amis » signifie vraiment « on reste amis » et pas seulement « dégage poufiasse ».

Rendez-vous sur Hellocoton !

Votre vie rêvée

Bientôt un an que ce blog existe et il y a toujours un truc qui m’étonne : le nombre de lecteurs. Ici, c’est un blog écrit, on ne rigole pas tous les jours (même si des fois, on s’en paye une bonne tranche), ça prend du temps à lire nos proses. Et pourtant, vous êtes quotidiennement plus d’un millier à venir ici, très peu commentent et se font connaître. Mais qu’est-ce que vous foutez là ?

 

Parmi les commentateurs qui sortent de l’ombre, revient souvent la phrase suivante : « je ne vis pas du tout comme vous, je lis pour comprendre. » Ah ? Il y a souvent une idée de fascination/répulsion pour notre style de vie. Mais c’est quoi notre style de vie ? Certes, on est un peu bobos, un peu métrosexuels, un peu adulescents. Mais en quoi notre vie est-elle enviable ou détestable ? A 26 ans, je trouve que ma vie est normale : je galère dans ma vie professionnelle et ma vie privée (même si là, je suis dans ma bulle merveilleuse), je sors, des fois, je bois. Je baise et j’assume mais rien d’extraordinaire. Seulement 8 hommes ont partagé ma couche en 2005, ça n’a rien d’exceptionnel. Sur le lot, seuls deux
ont été des one shot et j’ai eu des relations suivies avec deux d’entre eux. Certes, par rapport au reste de ma vie, ce fut la fête du slip mais je ne suis ni une tombeuse ni une acharnée du sexe. Je ne suis pas non plus une nonne. Une fille normale, en somme, avec ses coups de cœur et coups dans la gueule, rien d’exceptionnel.

Nos vies ne sont pas que strass, sexe et alcool, loin de là. Nous avons des ambitions et nous donnons les moyens de les obtenir. Je n’ai pas fait 7 ans d’études pour me retrouver dans un boulot qui ne me plaît pas. Désolée mais être caissière au supermarché et rentrer le soir m’occuper de ma marmaille, ça me stimule pas. Mais voilà, en France, avoir des ambitions, c’est mal. Mes études me destinent à faire partie d’une sphère intellectuelle, idem pour Gauthier. Nous sommes snobs ? Sans doute mais peut-on nous reprocher de vouloir le meilleur ? Ce qui est amusant, c’est qu’on nous prend parfois pour des êtres futiles et superficiels mais vous seriez surpris par nos conversations. Avec Gauthier, nous parlons souvent de politique internationale, j’ai travaillé sur le Québec et l’Irlande du Nord, lui sur le Japon, nous suivons l’actualité et nous avons des idées politiques, des opinions construites. Mais sur ce blog, on ne parle pas politique, ce n’est pas la ligne éditoriale.

On ne voit ici que notre vie privée et encore ce qu’on en voit. Si on met en avant le côté festif, ce n’est pas par provocation mais raconter mes soirées à la maison ne me paraît pas des plus excitants. Je pourrais disserter sur ma demi-heure de rameur, sur les conneries qui passent à la télé, sur le roman que je lis, la musique que j’écoute, ma grille de sudoku avant le dodo… Je pourrais même donner les horaires de mes pauses pipi, soyons subversifs ! Forcément nos aventures surviennent surtout quand on sort de chez nous, quand on va dans des lieux peuplés d’autres individus. Dans des soirées, en somme. Mais ce n’est pas pour autant que nous sommes de sortie tous les soirs, nous n’en avons pas les moyens. On se prend des cuites mais pas tant que ça.

Après, il y a la question de nos relations amoureuses. Je suis une femme, 26 ans, mes ovules n’ont servi à rien pour le moment et ma principale ambition dans ma vie n’est pas de me reproduire. Je n’ai pas une affection particulière pour les enfants qui me laissent plutôt de marbre, je ne fonds pas sur les bébés. Quand j’entame une relation, je ne commence pas à faire des plans sur la comète. Je ne planifie rien : le premier câlin crapuleux survient quand le désir est le plus fort, je vais pas m’imposer une période d’abstinence d’un mois « parce que c’est pas bien de coucher le premier soir ». Honnêtement, je reste persuadée que de ne pas coucher le premier soir ne protège pas des connards. Si un mec ne veut que me sauter, il attendra que je cède (ou même pas) et il me balancera une fois qu’il aura obtenu ce qu’il veut. De l’autre côté, les mecs qui visitent mon intimité le premier soir ne sont pas forcément des fieffés salauds, ne catégorisons pas les gens comme ça. Sauf qu’on a beau dire, au début du XXIe siècle, une fille qui assume une vie sexuelle devient une salope, une « fille comme ça », comme a dit un lecteur récemment. On n’avance pas.

Alors, voilà. Des tas de gens lisent ce blog et jugent sur le peu qu’ils connaissent de nous. On nous crache dessus, sur notre vie, on nous trouve désespérant, on prétend qu’on lit notre blog « pour comprendre des gens comme nous ». J’admire cette curiosité anthropologique et sociologique de ces personnes tout comme j’admire leur hypocrisie. Personnellement, lire
des blogs de personne dont la vie ne m’intéresse pas, voire même me dérange, je ne lis pas. Je suis suffisamment confrontée à la vie des autres dans les journaux pour ne pas en plus pousser la curiosité à polluer mes loisirs. Je lis la vie de gens qui m’intéressent, que je ne me permets pas de juger parce que, d’une part, je ne les connais pas et que, d’autre part, ils sont libres de
faire ce qu’ils veulent. C’est déjà dur d’essayer de conseiller ses amis les plus proches sans le faire en plus pour des inconnus. Mais je lis aussi la vie de gens que j’envie. Bon, globalement, 
je n’envie que des détails : celle-ci a l’air d’avoir un boulot passionnant, celui-là a une vie de couple vraiment marrante… Après, je ne vais pas lire un blog pour vivre une vie par procuration, faut pas exagérer non plus.

Je continue à me demander : pourquoi les gens qui nous trouvent pitoyables continuent à nous lire ? Ca me rappelle l’arrivée de Loft Story en France, une fille m’avait expliqué qu’elle trouvait ça « sociologiquement intéressant ». La sociologie et l’anthropologie ont bon dos, tiens ! Je me demande dans quelles mesures les gens ne nous crachent pas sur la gueule parce qu’au fond, ils nous envient et ça leur fait mal au cul de pas pouvoir vivre comme nous. Ici, il n’est pas question de moyen. Quand on sort, avec Gauthier, on ne va pas dans des restos à 50 euros l’entrée, on ne va pas dans les boîtes où on paye 15 euros le cocktail. Non, nous, notre boîte de prédilection est petite et chaleureuse, il n’y a pas de people et on s’en fout bien. Parfois, nos sorties se font chez les uns ou chez les autres, on dîne, on discute, on rigole. Comme n’importe qui.

Ce qui m’amuse le plus, ce sont ceux qui critiquent le vide de nos vies. C’est sûr, leur vie doit être super pleine pour qu’ils prennent non seulement le temps de nous lire mais de cracher leur fiel sur nous. Par ailleurs, ces charmantes personnes se cachent souvent derrière des pseudos inconnus qui viennent juste nous insulter un petit coup et repartent sans demander leur reste. Mais, Seigneur, quel est donc l’intérêt ? Attention, je ne fustige pas la critique, je peux envisager qu’on ne soit pas d’accord avec nous (enfin, j’ai du mal… je plaisante !).  Ce qui me dépasse, ce sont les gens qui nous détestent tellement qu’ils viennent nous lire tous les jours et ne ratent pas une occasion de nous snipper. C’est du masochisme, à ce niveau là !


Mais je dirais plutôt que c’est de l’envie. Tout ce que nous faisons dans nos vies (pas grand-chose d’exceptionnel à mon sens), ça en démange certains. Mais notre vie est ce que nous en faisons.

 
Rendez-vous sur Hellocoton !

La drague en boîte

Deuxième volet de « la drague vue par une fille qui n’aime pas ça ». Après la rue, voici un haut lieu de drague : la boîte de nuit. Des hommes et des femmes parés pour l’occasion et gigotent sur des musiques endiablées. Toute cette sueur active fortement les phéromones, on espère ramener un(e) partenaire de brouette pour terminer la nuit. Après tout, la pénombre, des mouvements en rythme tel un prélude à l’amour, l’alcool, les strass… Tous les ingrédients sont réunis ! Sauf que c’est pas une raison pour nous croire forcément consentantes.
drague-boite-de-nuit
 
En boîte, les discussions sont impossibles, il faut l’admettre donc on ne se base que sur ce que l’on peut juger : le physique. Après une conversation hautement philosophique « Et c’est quoi ton nom ? Nina et toi ? Jean-Paul. », on danse, on se tripote, on se mélange la langue et plus si affinités (dans les toilettes, la voiture ou même dans un lit, tant qu’on y est !). Du coup, des tas de jeunes loups (ou louves, d’ailleurs) affamé(e)s hantent ces lieux à la recherche du bon coup. Sauf que tout le monde n’est pas là pour ça, il faut savoir décoder les signes. Il y a deux ans, le prof de communication politique nous a expliqué que des sociologues avaient décrypté la drague en boîte et ils avaient révélé que contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce sont les femmes qui donnent le coup d’envoi de la séduction, en se trémoussant d’une certaine façon, en se touchant les cheveux…
 
A bien y penser, ce n’est pas faux. Bon, moi, les cheveux, je les touche tout le temps donc ce n’est pas nécessairement un indice (ben oui, quand je danse, ils me viennent dans la figure, faut bien que je les repousse). Mais si en boîte, un monsieur m’intéresse, je lui envoie des regards assez explicites… Je dirais même que je cherche son regard avec insistance et je vois : s’il n’y répond pas, je laisse tomber. A l’inverse, si je vois qu’un gars me dévore des yeux et qu’il ne me plaît pas, j’essaie de lui faire comprendre que je suis pas intéressée, le mieux étant en lui tournant le dos. Mais la plupart ne comprennent pas.
 
Il y a de tout en boîte dont certains mecs qui ont du mal à comprendre que non, c’est non et qui insistent lourdement. Quand je suis allée en boîte il y a un peu plus d’un mois, je me suis retrouvée aux toilettes avec deux filles, mortes poules, l’une d’elles commence à se lamenter sur les mecs car un jeune homme éconduit l’avait griffée… et pas qu’un peu, elle avait une sacrée estafilade sur la figure. Non mais on rêve ! Certaines se prendront des « pétasses » ou « salopes » très galants, ça donne vraiment envie de connaître le monsieur. Parce que c’est pas parce que monsieur vient pécho que toutes les filles doivent tomber à ses pieds et se faire traiter de la sorte si elles osent dire non.
 
Cet été, je suis allée en boîte avec Linga et Athéna : une Asiatique, une Antillaise et une châtain, bonjour le trio. On a passé la soirée à se faire entreprendre : trois filles ensemble, le pied. A un moment, un mec m’attrape la main (non mais ça va oui ? On n’a pas élevé les cochons ensemble mon gars). « Hé tu danses avec moi ?
– Non, suis avec mes copines.
– Et alors ?
– Et alors je veux danser avec elles, pas avec toi. »
Le problème quand on est qu’entre filles, c’est que nous sommes les proies faciles de tous les dragueurs, surtout les acharnés. Parce qu’apparemment, quand on n’est qu’entre filles, on est forcément en chasse. Et bien non, moi, je vais en boîte avec mes copines pour m’amuser. Si j’avais eu envie de danser avec monsieur, je lui aurais envoyé des signes. Et puis on me prend pas par la main, non mais !
 
Y en a qui privilégient à la quantité à la qualité : je me jette sur toute la chair fraîche environnante, y en a bien une qui va céder. Toujours lors de ma dernière virée en boîte hétéro, j’ai assisté à la chasse d’un pauvre type qui se jetait sur toutes les nanas et se prenait râteau sur râteau, forcément. Alors, là, j’entends les mâles qui hurlent : « ben alors quoi ? On a le droit de draguer qu’une nana par soirée ? » Je vous réponds : si je vois un mec draguer une nana, se prendre une veste et venir joyeusement m’entreprendre quelques minutes après, c’est clair qu’il va se prendre un vent. Hé oui, je ne suis pas une femme parmi tant d’autres, je suis un individu. La drague, c’est pas comme l’usine, ça marche pas à la chaîne. Quel crédit vais-je donner à un mec qui se jette sur moi avant tout parce que je suis de la chair fraîche ? Si je lui dis non, il va attaquer une autre fille, ça fait toujours plaisir…
 
Dans ma courte vie, je ne suis sortie qu’une fois avec un mec en boîte. J’étais dans ma période Pierre, un type m’accoste (enfin, vient danser devant moi) et comme j’étais résolue à mélanger ma langue ce soir-là, me suis pas faite prier. Sauf qu’il devait faire deux mètres et moi beaucoup moins. A un moment, je lui demande son prénom (oui, après avoir visité sa cavité buccale, la te-hon) et il me répond Pierre donc je l’indique discrètement à Gauthier quelques mètres plus loin qui explose de rire. Résultat, on a passé la soirée à se rouler des pelles sur la piste de danse à tel point que quand on s’est décollé, à un moment, des gens ont applaudi (la te-hon bis). Résultat : ben rien, fin de la soirée, fin de l’histoire. Le lundi, j’ai croisé un mec à la fac qui lui ressemblait terriblement, j’ai jamais su si c’était lui ou pas mais vu qu’il était équipé d’une greluche, j’ai jamais osé demandé. En même temps, deux jours plus tard, je sortais avec Guillaume 1er du nom donc ça n’avait plus d’intérêt. Ceci étant, je ne crois pas que je puisse trouver le géniteur de mes trois enfants en boîte. Peut-être me trompe-je mais c’est tellement la foire aux bestiaux que les histoires qui naissent là sont souvent éphémères. De toute façon, je ne veux plus sortir avec un mec en
boîte. Pas tant par principe que par souci technique : en boîte, il fait sombre, j’ai pas mes lunettes donc le Brad Pitt de la boîte pourrait se révéler être Jean-Louis Bidochon le lendemain au réveil. Avec ou sans alcool dans mon sang.
 
Je n’aime pas la drague en boîte. J’ai un peu l’impression que c’est le marché aux bestiaux, faut à tout prix se trouver une moitié sinon, la soirée est gâchée. Personne ne peut concevoir qu’on va en boîte juste pour danser ou pour passer un bon moment entre amis ? Pourquoi sommes-nous tous censés être là pour « choper » ? Hé oui, moi, si je vais en boîte, c’est avant tout pour transpirer un peu, pour me défouler, quel bonheur ! C’est sans doute pour ça que j’aime bien aller en boîte gay, au moins, je suis peinarde (quoique ça dépend de la boîte).
 
Autre question : pourquoi la discothèque est-elle à ce point l’ennemie de la galanterie ? Ok, il est difficile (voire impossible) de discuter en boîte, mais c’est pas une raison pour entamer la relation par une main au cul. Au passage, mon fessier n’est pas un espace public, on ne s’y balade que sur autorisation. Qu’est-ce qui pousse les mecs à croire que la discothèque est un lieu propice aux attouchements de toute sorte ? Je n’aime pas qu’on me touche, je déteste qu’un mec que je ne connais pas vienne se coller à moi alors que je ne lui envoyé aucun signe d’intérêt. Je me souviens quand j’étais allée en boîte avec mes collègues de mon premier stage, un mec était arrivé derrière moi et m’avait enlacée, s’agitant dans tous les sens derrière moi. Quand il a vu que je m’étais transformée en statue, il m’a lâchée, le tout sous le regard étonné d’un collègue. NON MAIS CA VA PAS ! Je veux bien danser collée serrée mais avec le partenaire que j’ai choisi, sans que ça engage quoi que ce soit au passage. En juillet, j’étais sortie en boîte avec des copains de Clara et je m’étais amusée à faire du frottis-frotta avec l’un d’entre eux. Un pur jeu de part et d’autre, on s’est bien amusés et voilà. Le problème, c’est que les trois-quarts des mecs pensent que le frottis-frotta mène à la brouette donc je ne le ferai jamais avec un inconnu. Alors qu’il ne me l’impose pas, merci.
Bref, la drague en boîte, ça me fait penser à la drague sur meetic : on se choisit uniquement sur des critères physiques et comme on pense que, comme la plupart des gens sont là pour choper, on se dispense des règles élémentaires de séduction. Erreur, erreur. Voilà pourquoi je ne vais jamais en boîte hétéro, ou alors avec mon pénis accompagnateur (un mâle qui joue le rôle de mon mec pour faire fuir les lourdauds, Gauthier, en général).
Rendez-vous sur Hellocoton !