L’absentionniste est-il de droite ?

Voilà, les régionales sont passées, j’ai consciencieusement voté au second tour (dans un bureau de vote tellement désert que j’ai cru que les tenanciers allaient pleurer de joie en me voyant débarquer) et j’ai vaguement regardé les résultats hier soir. Enfin, j’ai suivi sur Twitter car y avait Desperate Housewives sur Teva et honnêtement, les soirées électorales me dépriment toujours un peu.

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Pourtant, en mettant en parallèle tous les résultats, un truc m’a sauté aux yeux : plus l’abstention croît, plus la gauche gagne. De là, une conclusion peut-être sophiste : l’abstentionniste est de droite. Merde, j’aurais dit l’exact contraire. Forcément, au vu des milieux que je fréquente, l’abstentionnisme est un acte politique en soi et un acte très ancré à gauche (à gauche gauche, je veux dire, plus du côté du NPA que du PS). Pour moi, l’abstentionnisme est un acte militant de gens oeuvrant dans l’associatif qui considèrent que
la société, on la change sur le terrain et pas dans l’isoloir. Ce qui n’est pas faux en soi, il faut l’admettre.

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Alors forcément, ma réflexion sur l’abstentionnisme comme un comportement de gens de droite me turlupine un peu. Mais en fait, je crois qu’il s’agit bel et bien d’un sophisme et qu’il faut aller plus loin. Pourquoi les gens n’ont pas voté ? Par désintérêt ou par manque d’information ? Moi, j’ai plutôt tendance à opter pour la deuxième solution. La présidentielle, les législatives, les municipales, on sait à quoi ça sert sans forcément se pencher sur la question alors que les régionales ou même les européennes, bof… Donc voici mon
nouveau postulat : « on ne vote que quand on comprend le scrutin ». Or force est de constater que les médias étant plus friands des petites phrases assassines et prises de bec, on oublie un peu de nous expliquer à quoi sert le conseil régional. Ah, je sais, on est censé avoir vu ça en cours d’éducation civique mais perso, dans mon collège, le cours d’éducation civique étant dispensé par un prof d’une autre matière, une fois sur deux, le prof remplaçait l’éducation civique par sa propre matière. Donc de façon générale, les gens ne se sentent pas concernés donc ne votent pas.

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Alors les plus citoyens, ce qui n’attendent pas que les journalistes leur fasse la leçon, sont forcément de gauche. Pas si sûr. En général, on découpe grosso merdo l’électorat d’un pays bipartite comme suit : 40% d’un côté, 40% de l’autre, 20% d’ambivalents. Ce sont ces 20ù d’ambivalents qui font pencher la balance. Et si c’étaient eux, les mauvais citoyens, les « je vote quand on m’agite les chiffons rouges de l’insécurité ou autre ». Ceux qui soudain, se sentent concernés par le débat républicain car on leur explique que l’heure
est grave. En 2002 et 2007, on nous a saoulé avec l’insécurité (bouh !) et donc, vote conservateur, à droite toute. Faute des médias ? Pas si sûr, les médias relayent les sujets phares des politiciens et la campagne s’est jouée clairement sur ce thème en 2007, Ségo y allant franchement elle aussi. D’ailleurs, si les écolo prennent de plus en plus de place, n’est-ce pas grâce aux nombreux articles sur le réchauffement de la planète, l’échec de Copenhague ou que sais-je encore ?

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J’ai tout à fait conscience que cet article pue la philosophie de comptoir, c’est même un peu le but mais je crois qu’il y a quelque chose à creuser par là, quelque chose à comprendre… Si un français sur deux ne s’est pas déplacé ces deux derniers week-ends, c’est qu’il doit y avoir une explication. Si la gauche emporte les élections sans électeurs, c’est qu’il doit y avoir une raison. Et comme je ne suis plus de cours de sociologie politique (c’était super intéressant même si le prof n’était pas des plus sympas. Il était gris… Pour de vrai la première fois que je l’ai vu, j’ai eu l’impression d’avoir un problème de vue, que j’avais perdu les couleurs mais non, il est juste gris), je me fais mes petites théories.Ca occupe.

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Demain, je repars sur des sujets plus légers, en ce moment, je réfléchis n’importe comment. D’ailleurs, faudra que je vous explique qu’en ce moment, j’ai la sensation que je me stupidifie. Et pas juste parce que je me passionne pour Hélène et les garçons et le traitement hallucinant de nombreux sujets comme l’infidélité ou la drogue (j’ai des fois envie de créer un blog consacré à l’univers AB mais y a déjà les sitcomologues qui le font très bien).

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Si t’es pas d’accord avec moi, c’est que t’es con

Face à la « crise » que nous subissons, ça débat, ça discute, ça s’énerve. Non, je ne reviendrai pas sur la grève en elle-même, c’est bon, je pense qu’on a pas mal
éclusé le sujet. Non, ce qui m’atterre au plus haut point, ce sont vraiment les réactions des uns et des autres, preuve que la connerie est décidément universelle. Plantage du décor : lundi, Marine écrit un (très bon) article appelant, en très gros, à la tolérance et au respect des grévistes. Résultat, la moitié des comms ont donné : « ouais, t’as trop raison, c’est vraiment tous des connards ces anti-grévistes d’abord ! ». Vous n’avez donc rien compris. 
Pour ma part, je ne suis ni pro, ni anti grève, finalement mais la position est facile à tenir pour moi vu que je ne les subis pas, le seul désagrément notable est l’état de ma voûte plantaire. Du coup, moi aussi, je pourrais sortir le discours « ouais mais sans déconner, de quoi ils se plaignent ces sales égoïstes d’anti-gréviste, c’est quoi 2h de transport pour rentrer chez soi, hein ? ». Ok, mise en situation. Imaginons que je suis une employée lambda dans une entreprise aux horaires strictes et qu’avant d’aller travailler, faut que je m’occupe de mes gosses, idem le soir. Et bien 4 heures de transport par jour en plus du taf, désolée mais je comprends que les gens soient énervés. Ca ne justifie pas les débordements extrêmes facebookiens mais honnêtement, la plupart des gens sur facebook sont des communicants friqués de droite qui ne subissent pas la grève mais signifient quand même leur mécontentement pour la forme, avec toute la surenchère que ça comporte. Les cheminots sont des êtres humains… Tout comme les gens qui subissent les grèves et qui en ont marre, je ne vois pas au nom de quoi certains méritent notre respect et pas les autres. Surtout qu’en général, moins on subit la grève, plus on se montre critique envers ces « pauvres connards d’égoïstes » qui osent se plaindre de perdre 2 heures dans les transports. Ben oui, de quoi ils se plaignent, c’est pas vrai qu’elle est handicapante la grève et puis à côté de ça, y a plein de gens qui sont morts au Bangladesh ce week-end alors ne nous plaignons pas. 

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Au-delà de ça, de cette grève en particulier, je commence à être plus que lassée des dialogues de sourds. St-Exupéry disait « si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis ». Aujourd’hui, c’est « si t’es pas d’accord avec moi, c’est juste que t’es un con inculte manipulé par TF1/l’Huma » (oui, ça dépend de quel côté on se place). Non mais vous vous prenez pour qui, sans déconner ? On se prend pour qui, je veux dire, je m’inclus. J’en peux plus de voir des avis tranchés et ce mépris affiché pour « l’autre », l’abruti qui n’a pas le même avis que nous et qui est forcément manipulé car sinon, il serait d’accord avec nous. Mais rien n’est plus subjectif qu’une opinion politique. Sans vous refaire des cours de sociologie politique, la formation d’une opinion est un joyeux mélange des différentes influences que l’on subit tout au long de notre vie, quoi qu’on en dise. En gros, prenons deux cas que je connais, ma sœur et moi : l’une de droite, l’autre de gauche. On est issue de la même famille mais nous ne fréquentons pas les mêmes personnes, nous n’avons pas fait les mêmes études. Aurais-je été de gauche si j’avais fait une école de commerce comme ma sœur ? Rien n’est moins sûr. Ma sœur est-elle une pauvre idiote manipulée par les médias ? Non. Quand on parle politique toutes les deux, on a chacune nos arguments et ils se valent. On ne voit juste pas les choses de la même façon. Je n’ai pas raison et elle tort et vice et versa. Qui suis-je pour dire que les gens de droite sont tous des abrutis ? Qui sont les gens de droite pour dire qu’il faut vraiment être con pour être de gauche ? C’est pas les Bisounours contre les Monstroplantes. Oui, je prends des exemples enfantins parce que quand je lis les débats à l’heure actuelle, ça me rappelle le débat passionnant que j’avais eu avec mon voisin de classe…en 88. En 88, j’étais en CE1 et notre maîtresse nous avait expliqué ce qu’étaient des élections présidentielles sans, bien sûr, entrer dans l’idéologie. Débat avec mon voisin
« Mitterrand, c’est le mieux ! Non, c’est Chirac ! ». Bête expression non argumentée de l’opinion de nos parents mais, vraiment, quand je lis les gens aujourd’hui, je ne vois pas la différence. On choisit nos sources quoi qu’on en dise. J’ai fait deux maîtrises basées sur une analyse de presse et je sais que deux journaux ne présenteront pas l’info de la même façon selon l’orientation politique, c’est un fait. Mais l’actualité peut être vue de plusieurs façons, selon nos sources, nos données. Pour une étude expliquant que la réforme des retraites est nécessaire, une autre prouvera le contraire. Dans l’absolu, ce n’est qu’une interprétation des chiffres et impossible de savoir qui aura raison, surtout que ce ne sont que des projections. On ne peut pas savoir ce qu’il va se passer, on ne peut pas tout prévoir. Aujourd’hui, quand on lit la Fin de l’Histoire de Fukuyama, historien qui prédisait la fin des guerres et autres conflits, une histoire pacifiée à la chute du communisme, on se gausse. Facile 17 ans plus tard. Mais Fukuyama ne propose que sa lecture des faits et elle en vaut d’autres. Il s’est planté et aujourd’hui, ça nous paraît évident qu’il ne pouvait en être autrement. Mais n’oublions pas l’euphorie qu’a provoqué la fin de la guerre froide avant de lyncher ce pauvre Fukuyama. 

Aujourd’hui, je me sens d’une intelligence supérieure quand je vois que je préfère ne juger personne et comprendre les récriminations de chaque camp, essayer de comprendre avant de condamner, sans ressortir les conneries d’antagonisme droite/gauche (la droite méchante anti-grève et la gauche gentille pro-grève… ou l’inverse ! Manichéisme, quand tu nous tiens). Là où je cède à nouveau à la connerie, c’est quand je peux pas m’empêcher de prendre le contrepied des avis trop tranchés, de jouer l’avocat du Diable. Parce que rien ne m’énerve plus que les gens qui se croient supérieurs aux autres car leur avis est forcément le bon. Enfin, il est facile de tout mettre sur le dos de Sarkozy, de dire que c’est lui qui provoque une fracture entre la France qui travaille et les autres. Je suis désolée mais cette rupture, c’est nous tous qui la creusons. Parce que les autres qui ne sont pas d’accord avec moi sont forcément des cons et que moi, j’ai forcément raison. Au moins.

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Les médias font-ils l’’élection ?

En tant que journaliste, je suis la campagne de près. J’avoue que la couverture médiatique de cet événement politique est fascinante (à défaut d’être gonflante). Ce qui est fantastique, c’est que quel que soit le résultat, c’est notre faute, à nous, les journalistes. Ca vous dérange pas de nous refiler toute la responsabilité ? Non parce que jusqu’à preuve du contraire, les journalistes ne sont pas les seuls à avoir le droit de vote. Mais c’est notre faute parce qu’on vous influence ? Ah oui, voyons ça.

Media-Influence

Janvier 2004, cours de sociologie politique avec un prof tout gris. Je vous jure, la première fois que je l’ai vu, j’ai cru avoir un problème de vue… Donc, dans son cours, le monsieur nous dresse la liste des facteurs influant sur le vote des gens : région de naissance, éducation, milieux fréquentés, affection ou inimitié envers le candidat… Bref, des facteurs, y en a tout plein et il nous le prouve, tableau de corrélations à l’appui. Or ce qui n’influence pas, par contre, c’est la télé. Et bien oui. Pour l’élection de De Gaulle en 58, ils ont étudié les foyers télévisés et les autres et à l’arrivée, ça n’a rien changé. Les médias non influents ? Selon un chercheur américain* dont j’ai oublié le nom et vu que mes cours de socio sont décédés en même temps que mon disque dur et que j’ai la flemme de chercher, vous saurez pas qui. Donc ce monsieur a étudié l’influence des médias sur le vote et voici sa conclusion : ça n’a pas d’influence sur ceux qui ont déjà une opinion. Et je plussoie, comme on dit maintenant. Prenons le cas d’une citoyenne lambda, moi. Imaginons que je regarde l’émission « j’ai une question à vous poser » avec M. Sarkozy comme invité. Et bien, même si j’avoue que ce mec est fort à l’oral, quoi qu’il fasse ou quoi qu’il dise, j’ai allumé la télé SACHANT que je ne voterai pas pour lui. Et ce n’est pas deux heures de show télévisé qui vont me faire changer d’avis. Qu’il soit bon ou pas. D’ailleurs, je me demande dans quelle mesure un audimat ne vaut pas autant qu’un sondage
puisqu’on a plus de facilité à regarder une personnalité politique qui a les mêmes idées que nous que leurs contradicteurs. Par exemple, mes parents ne regardent jamais les gens du PS ou presque. 
Et je pense que ce ne sont pas les seuls. Bref, je pense que les gens ayant un avis arrêté ne pourront en aucun cas être influencés par les médias, quels qu’ils soient. Par ailleurs, si on y regarde de plus près : en 2002, Le Pen n’a eu droit à quasi aucune tribune dans la presse : il arrive au deuxième tour. En 2005, les médias sont à fond pour le oui au référendum, c’est le non qui passe. En 2002, le 3e homme, c’était Chevènement. Qui ça ? Actuellement, c’est Bayrou, on verra fin avril ce qu’il en est.

 

Je vous entends déjà des voix s’élever : « non mais attends, en 2002, l’insécurité, tout ça, machin ». Je ne le nie pas. Il est vrai que les journaux télés ont donné une image peu plaisante de la France, où les vieux se font piller et rosser par des jeunes, voire même violer comme super Mamie. Les sauvageons ont pris possession de la banlieue et lorgnent désormais sur nos jolis quartiers résidentiels, il faut les bouter hors de nos quartiers et les laisser dans leurs ghettos, que diable ! Mais là, encore, je me pose la question d’un terrain
favorable ou non pour accueillir ce genre de théories. Dans mon cas, je regarde les infos comme les autres et l’insécurité ne m’a pas fait changer mon vote en 2002. Là, je suis totalement catastrophée par la campagne de Ségolène Royal, censée être « ma » candidate et je commence très sérieusement à lorgner les autres candidatures pour trouver une échappatoire parce que là, c’est plus possible. Et me sortez pas le couplet du « han, 2002 t’a pas suffi ?? ». Ben merde alors, c’est ma faute aussi si elle se chie dans les grandes largeurs ? Et je
ne suis pas victime de l’hypermédiatisation de ses bourdes, elle ne m’a JAMAIS convaincue, ni aujourd’hui, ni quand elle s’est prononcée contre le mariage homo car « de façon toute personnelle, je suis contre le mariage ». Super mais c’était pas la question. Bref, je m’éloigne de mon propos. Ce que je veux dire c’est que ceux qui ont voté en 2002 l’auraient-ils fait sans l’hypermédiatisation de l’insécurité ? Je pense que si certains hésitaient à le faire et ont finalement été poussés par certains faits d’actualité, effectivement, faut arrêter de se
voiler la face. Oui, ce visage de la France fait peur, il est dérangeant et laid. Mais ouvrons un peu les yeux, c’est pas trois journaux et deux reportages qui ont crée ce rejet de la France Black Blanc Beur, comme on dit. Oui, la télé (surtout elle) véhicule des clichés sur les djeunz de banlieue parce que ce sont pas tous des trafiquants qui font des tournantes dans les caves. Mais les médias ne sont pas le seuls responsables non plus. C’est tellement facile de se racheter une virginité en trouvant un coupable idéal mais à la libération, beaucoup se
sont cachés derrière les pendus pour plus qu’on les voit. Désolée, chuis à fond dans la seconde guerre mondiale, en ce moment, même dans Hannibal Lecter qui est un film qui puire.

Bref, je n’ai pas voté Le Pen en 2002 et je le ferai pas en 2007. J’ai pas voté Jospin non plus à l’époque mais je vois pas en quoi je serais responsable de son échec. C’est pas moi qui me suis abstenue ou qui ai chié ma campagne dans les grandes largeurs. Parce qu’il faudrait un peu arrêter de croire que c’est toujours la faute de l’autre. La France n’est pas une terre de tolérance et c’est pas la faute des médias. C’est plus profond que ça.
 
* C’est Lazarsfeld, en fait
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Va, je ne te hais point

Suis-je quelqu’un d’indifférent ? On pourrait le penser vu la vitesse à laquelle j’ai tourné la page Arnaud mais ce n’est dû qu’à une philosophie de vie, une phrase qui dégonfle tout de suite les sentiments les plus négatifs : « tu n’es pas digne de ma haine ».
grrrrrrrr!
 
Cette phrase, ce fut un copain de lycée qui me la sortit un jour où il me taquinait et que je lui fis (en plaisantant) : « je te hais ! » Et, là, il me répondit, sérieux : « mais je ne suis pas digne de ta haine, garde-la pour quelqu’un d’autre ». Je suis restée silencieuse, méditant sur cette sentence ô combien vrai : on ne peut haïr que les gens que l’on a passionnément aimé, puisque la haine et l’exact contraire de l’amour. A partir de là, la liste des personnes susceptibles d’être l’objet de ma haine s’est considérablement raccourcie : mes parents, ma sœur, mes amis les plus proches, mon ex. S’il m’est arrivé de me fâcher très fort avec ma mère et ma sœur, les autres n’ont pas eu à souffrir de ma haine.
 
Au lycée
A l’inverse, je déclenche les passions dans un sens négatif, ce qui m’a toujours étonné, surtout chez les filles… En effet, certaines d’entre elles m’ont profondément détestée alors qu’au fond, leur haine me laissait indifférente, au mieux m’amusait. Mes premières « rivales », je les ai bien cherchées. En fait, ces pintades s’en prenaient à Cécile qui est la douceur et la gentillesse réincarnée. Dès qu’elle passait près d’elles, elles faisaient exprès de glousser, ce qui blessait Cécile qui n’osait pas répondre. En fait, l’une des deux voulaient sortir avec le copain de la miss donc elles l’emmerdaient comme elles pouvaient. Œil pour œil, dent pour dent, la fois où elles sont passées devant moi, j’ai crié haut et fort : « oh, deux pétasses ! ». Sur le coup, elles ne s’arrêtent pas mais demandent à une amie commune de me dire que : « si j’ai quelque chose à leur dire, je le fais directement ! ». Ben, pourquoi elles viennent pas me le dire ? Du coup, leur méchanceté s’est transposée de Cécile à moi, elles me détestaient au point de me « casser la gueule ». Hou, je tremble ! Non, en fait, je m’en fous. A tel point que pendant les vacances, je les ai franchement oubliées, ce qui a effaré Cécile : « Mais comment t’as pu les oublier ? » Heu… bonne question, tiens !
 
Johanne
A la fac, mes « ennemies » se sont multipliées. La première fut Johanne, une amie d’enfance. En fait, début licence, la voilà qui se sépare de son mec et je me retrouve propulsée entre les deux sans trop savoir comment. En fait, avant la rupture, je m’étais engueulée une ou deux fois avec elle car elle m’exaspérait au possible. Je me souviens d’une fois où elle larvait sur la table de la cafétéria, à trois quart morte, je lui annonce que Guillaume et moi partons à la bibliothèque et elle fait : « je vous suis, je dormirai à la BU ». Donc je lui dis non mais elle insiste donc je finis par m’énerver : « écoute, la bibliothèque, ça ne sert pas à dormir, si tu veux roupiller, tu rentres chez toi ! ». Bon, elle se fait plaquer et je me retrouve entre les deux, chacun me faisant part de ses doléances, rôle qui ne me convient pas du tout. Une semaine après, monsieur se retrouve une moitié et là, c’est la crise. Un soir, Johanne m’appelle alors que je dîne chez Anne, elle me prend la tête : « Oui, t’as vu, il s’est trouvé une copine, quelle connard !
Je te signale que t’as forniqué avec un autre mec la semaine dernière donc tu es mal placée pour critiquer.
Mais comment tu sais ça toi ? Et puis d’abord, c’est toi qui a dit à mon ex que je partais sur Paris ? Non mais tu te mêles de quoi ? »
J’étais exaspérée, Anne me souffle de lui raccrocher au nez, ce que je fais. Depuis, elle me déteste et veut me « casser la figure » (décidément). Juste après, elle appelle le pauvre Gauthier et me colle toutes les insultes de son répertoire : « Nina, c’est qu’une sale pouffiasse et elle n’a pas intérêt à raconter partout que j’ai couché avec machin sinon je lui pète la gueule ! » Je ne vois pas pourquoi je serais allée raconter ça partout, je n’en avais franchement rien à faire. Enfin, elle nourrissait une haine pas possible contre moi. Un soir, on se retrouve à la même soirée, je prends le parti de l’ignorer et, visiblement, ça la rend furieuse, elle se casse très tôt non sans m’avoir insultée copieusement (pas directement, off course) auprès de Gauthier : « Oui, tu crois que je l’ai pas entendue cette pétasse quand elle parlait de moi et qu’elle se foutait de ma gueule ? » Gauthier lui répondit que je n’ai en aucun cas parlé d’elle durant la soirée, ce qui était vrai : je suis suffisamment intelligente pour ne pas jouer la provocation. On a fini par ne plus fréquenter ni les mêmes lieux ni les mêmes personnes. Je l’ai recroisée il y a peu avec Anne, elle m’a demandé si on devait lui dire bonjour ou pas, j’ai répondu par la négative : elle est tellement folle que quelques années après, elle serait capable de m’en coller une.
 
Mes « amies » de licence
Toujours en licence (décidément), je fréquentais plusieurs nanas plutôt prudes qui nous prirent en grippe, Guillaume et moi : « Guillaume, il est avec Nina que pour le cul et Nina, elle est trop conne pour s’en rendre compte. » Bon, déjà, un mec qui reste avec moi deux ans que pour les fesses, c’est que je dois être un coup fabuleux… En fait, quoi qu’on fasse, ça n’allait jamais, il y eut je ne sais combien d’explications mais dès que nous étions partis, on s’en prenait plein la tête. Le coup ultime : l’anniversaire de Gauthier. Ça allait plutôt mal dans ma vie à ce moment-là, ma grand-mère avait eu un accident, Anthony, le copain de ma sœur, également. J’explique ça à une des pestes, un jour, précisant qu’Anthony devait se faire opérer suite à son accident. Arrive l’anniversaire de Gauthier, je véhicule une copine de lycée qui vient de ma ville natale, à une heure de route de la fête. Je récupère Guillaume au passage, on s’amuse, on provoque un peu (une fille ne supportant pas les baisers en public, on s’en est donné à cœur joie) puis on repart tous les trois, je lâche Guillaume et je rentre dans ma ville natale. La semaine suivante, Gauthier me prend entre quatre yeux : « écoute, je dois te dire un truc. Les filles ont dit que tu étais partie de la fête pour baiser avec Guillaume et que, pour une meilleure amie, tu ne t’étais pas préoccupée de ranger la salle avec nous. » Donc, là, je suis furieuse : l’une d’entre elle connaissait l’histoire d’Anthony, elle savait qu’il devait se faire opérer. Avec l’accident de ma grand-mère, on avait besoin de se serrer les coudes dans la famille. De plus, si j’étais partie baiser avec Guillaume, j’aurais pas pris ma copine avec moi ! Du coup, j’arrive à leur table, je dis ce que j’ai à dire (« c’est plus la peine de me parler, merci ! ») et voilà. Ça fait du bien quand on le dit ! Du coup, trois mois de colère et de rancœur ont été évacuées, fin de l’histoire pour moi.
 
Mireille
La dernière histoire de ce type est édifiante, je n’ai rien, mais alors absolument rien compris. Maîtrise science politique, je sympathise avec deux personnes de mon amphi dès le deuxième jour (les cours annulés aidant), Fabrice et Marianne. Les TD commençant, Marianne sympathise avec Mireille avec qui elle doit passer un exposé. Dès le départ, je la sens pas trop, cette fille, au point que je ne l’enregistre même pas. Deux jours plus tard, on se retrouve dans le même bus pour aller en cours et là voilà qui me parle ! « Ah, toi aussi, tu prends le 22 ! » Ne la reconnaissant pas, je me demande qui est cette folle qui me parle (oui, j’attire les fous) donc je réponds poliment : « ben oui ! » et là, elle me fait : « Bah, j’ai pas envie d’y aller, c’est chiant la sociologie politique ! » Ah, ok, elle est donc en cours avec moi ! C’est très étonnant que je ne l’ai pas reconnue, je suis très physionomiste, ça devait être un signe. Quelques jours plus tard, Stéphanie rejoint notre quatuor et nous voici divisés en sous-groupe : les trois filles d’un côté, Fabrice et moi de l’autre. Mais Fabrice sèche assez souvent les cours et moi, je me sens seule, manifestement de trop. Un soir, on se file rencard entre 21h et 21h30 dans un bar. Je le sens mal. J’arrive à 21h30. 22h, personne, je pars, furieuse et frigorifiée. Du coup, je les laisse tomber et me rapproche de Douschka, qui est en TD avec moi et de ses deux amies, Amina et Nina (oui, deux Nina pour le prix d’une).  Et, du jour au lendemain, Mireille se met à me faire la gueule. J’en fais part à Douschka qui me dit que je me fais des idées mais non : quelques jours plus tard, on croise la demoiselle qui fait la bise à Douschka et m’ignore royalement. Soit. Et bien, fais-moi la gueule.
 
Pourquoi était-elle fâchée ? Je n’ai jamais su mais c’était violent : dès que j’arrivais dans son espace vital, son visage se fermait et elle se cassait. Or, quand on est en cours ensemble, on est amenés à fréquenter les mêmes personnes. Cette année, Clara va lui parler gentiment : « et tu étais en cours avec nous ? Moi, je suis en master journalisme avec Nina B., tu la connais, non ? » « Oui mais elle et moi ne sommes pas très copines ! » Ah ? Par contre, là où ce fut comique : je croise Fabrice dans la rue. Lui, je regrettais d’avoir perdu contact avec lui car il était sympa… Totalement dépressif mais sympa. Et voilà-t-il pas qu’arrive notre amie Mireille accompagnée de Marianne, elles avaient rendez-vous avec le jeune homme. J’étais moi-même avec une copine qui ne connaissait absolument pas ce petit monde donc on se fait la bise, Mireille ne me snobe pas (ce qui m’étonne). Mon amie propose qu’on aille tous boire un verre et là, ma chère « rivale » regarde Marianne d’un air entendu : « Oui mais non, là, on peut pas, hein ? ». J’hésite : je joue la provocation ou non ? Allez, non, je suis fair-play : « allez, nous, on y va, vous n’avez qu’à nous rejoindre si vous voulez ! ».
Tu me détestes donc je suis 
Globalement, les gens qui  me détestent me laissent relativement indifférente. Sur le coup, ils peuvent me mettre en colère ou me rendre triste, selon mon degré d’intimité avec eux, mais je ne les pas haïes. Il me suffisait de me dire que ces personnes ne méritaient pas que je perde du temps avec elles et je retombais dans l’indifférence. De plus, en poussant le raisonnement, il est plaisant de constater que je suis supérieure à toutes ces personnes puisqu’elles me haïssent, j’existe de façon violente pour elles alors que, pour moi, elles ne sont qu’un élément du décor. Parfois, il est amusant de les imaginer jubiler devant leur propre mesquinerie : « ahah, je lui ai même pas fait la bise ! » Cool. Le plus drôle est souvent de voir où tapent les gens qui ne m’aiment pas. Pourtant, j’ai des défauts et pas des moindres mais quand on se retrouve réduits à taper sur mon physique, ma sexualité ou mon intelligence, ça montre bien qu’il n’y a aucun argument valable.
 
Je ne suis pas Claudia Schiffer ? Et alors, est-ce que ça fait de moi une mauvaise personne ? J’ai une sexualité avec mon copain ? Encore heureux ! Je suis bête comme mes pieds ? J’ai plus de culture que la plupart de ces pintades et j’ai toujours excellé au test de QI. Hé oui, mes bac+4 et +5, je ne les ai pas trouvés dans mes paquets de Special K ! Mais bon, on trouve les arguments qu’on peut. Moi leur méchanceté me fait rire…et on dirait que ça les agace encore plus.
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