Quand le monde s’effondre

Je suis parfois naïve… Le Brexit, Trump, je n’y voyais que des épouvantails destinés à faire trembler les braves citoyens et les inciter à rester dans les clous, un peu la version XXIe siècle des chars soviétiques, à peu près. Je n’y croyais pas… Hier matin, quand Victor m’a réveillée, blasé, pour m’annoncer le résultat, j’ai juste soupiré et haussé les épaules. Que peut-on y faire ? Le monde s’effondre et les livres d’histoire nous jugeront… ou pas ?

Donald Trump envoie un baiser à la foule lors d'un meeting

Il y a 8 ans, quand Obama a été élu, j’étais un peu circonspecte par rapport au cirque qu’on en faisait autour :une nouvelle ère était arrivée, la révolution, tout ça… Et j’ai eu raison. Alors oui, on peut dire que c’était le président le plus cool, si ça vous fait plaisir, mais globalement, on ne vit pas vraiment mieux aux US depuis lui, les Noirs continuent de crever sous les balles des flics assez régulièrement… Et si Trump, c’était la même ?

Donald Trump et Hillary Clinton lors du débat télévisé du Missouri

Je ne crois pas que dans 4 ou 8 ans, on se dira, un peu nostalgiques, que Trump était finalement un bon Président, j’avoue être peu optimiste sur le sujet mais peut-être ne sera-t-il pas “si pire”… C’est pas comme si on avait eu droit à 8 ans de Georges W. Bush. Vous vous souvenez de l’effroi quand il a été (ré) élu ? Comment les médias nous expliquaient à longueur de temps qu’il était bête, inculte, ex alcoolique, au QI inférieur à la moyenne ? 8 ans après la fin de son mandat, on peut commencer à avoir une  idée de l’étendue des dégâts mais même là, ça reste difficile à mesurer dans sa globalité. Par exemple, si on prend les guerres en Afghanistan et Irak, on n’est pas encore capable de mesurer de façon définitive les conséquences. Peut-être que dans 30 ans, Bush sera devenu une anecdote dans l’histoire. Peut-être sera-t-il celui qui a poussé le premier domino de la chute du monde tel que nous le connaissons.

Domino qui chute, le monde s'effondre

Et Trump, donc. Au fond, est-ce si étonnant ? Dans notre prétention à considérer que seuls les rednecks voteraient pour lui, on a cru que ça n’arriverait pas, que les gens n’étaient pas si cons. Il est si facile d’oublier la colère et l’aigreur des déclassés, de ceux qui ont été abandonnés sur le bord de la route, ceux à qui les élites ne parlent pas, les laissant entre les mains des plus grossiers des populistes. Certains estiment que Bernie Sanders aurait réussi, lui, à battre Trump mais je doute. Parce que Sanders, c’est un peu notre Frédéric Lordon ou nos Nuits debout : de belles pensées, une vision académique mais qui ne touche qu’une certaine élite, à l’aise avec les concepts économiques et sociologiques. Une fois de plus, on laisse les déclassés de côté. Pire, on leur crache à la gueule, on les traite d’idiots, d’incultes. Mais est-ce tout à fait de leur faute ? Matez un peu la gueule des systèmes éducatifs, de l’ascenseur social pulvérisé. Faire des études, ça a un coût, tout le monde n’a pas l’opportunité d’en faire, certains sont contraints de passer par un circuit court pour gagner leur vie le plus tôt possible… Ces gens à qui on n’a pas toujours pensé à inculquer le goût de l’apprentissage par soi-même, la curiosité, ceux qui n’ont que la télé comme fenêtre sur le monde. C’est facile de stigmatiser quand on est du bon côté de la barrière.

couverture du livre les intellectuels faussaires de Pascal Boniface

Et pour être honnête, je dois plaider coupable car je suis la première à m’indigner sur l’idiocratie, à cracher à la gueule de la téléréalité ou de Hanouna qui abrutissent les foules sans réellement comprendre que ce ne sont finalement que des symptômes d’un manque de volonté de faire progresser, de faire penser. On s’en fout de la matière grise, ça rapporte pas un kopeck. Du pain et des jeux, comme qui disait, ça marche toujours, voyez… Et c’est peut-être un petit peu notre faute. C’est en tout cas la mienne quand je traite les électeurs (potentiels) de Marine de bas du front, les excitant encore plus, c’est ma faute quand je bâche l’orthographe d’un facho ou assimilé avec qui je m’attrape sur Twitter, lui balançant en sous texte que son avis ne vaut rien car il n’est pas très cultivé, c’est un peu de ma faute aussi quand je ne réagis pas à un post de racisme ordinaire ou qui balance une énième connerie sur le fait que les chômeurs vivent tellement mieux que nous grâce aux allocs, tout ça parce que je ne veux pas me disputer. Cette élection nous apprend au moins ceci : si les personnes ne vont pas vérifier par elles-mêmes les infos car elles n’ont plus confiance aux médias (peut-on réellement leur en vouloir quand on voit les conneries qui passent sur les chaînes d’infos et la culture de l’infotainment ?), essayons de leur apporter un peu de fact checking. Sans mépris de classe.

deux enfants lisent un livre ensemble dans une classe

En attendant, il ne reste plus qu’à serrer les fesses… Et éteindre encore plus sa télé et se déconnecter car la campagne 2017 sera facile pour nos vieux partis : “votez pour nous sinon, vous allez vivre le même sort que les States”.

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Week end yoga : mange ton humilité

Plus jeune, j’étais ce qu’on appelle une bonne élève : grâce à des facilités (ma bonne mémoire), j’ai toujours été dans les meilleures élèves de ma classe. Ces facilités naturelles m’ont donné un travers : la flemme. Ainsi, je suis naturellement portée vers des sports où je suis naturellement bonne comme tout ce qui nécessite de la souplesse grâce à mon hyperlaxité. Sauf qu’un jour, tu te manges une vilaine tape dans la tronche : t’es peut-être hyperlaxe mais tu es mauvaiiiiiiiiiise.

yoga-ashtanga

Il y a un mois et demi, je cherchais un plan pour l’un des deux week-ends de juin, Victor ayant des plans de son côté. Je cherchais un plan thalasso mais en solo, c’est un peu trop cher pour moi. En rebondissant de lien en lien, je finis par tomber sur un week-end yoga à Guéthary. Ah ben en voilà une bonne idée : ça va tout bien me détendre et en plus, c’est en bord de mer. 4h de cours le matin en moyenne, rien l’après-midi, une petite pratique d’une heure, une heure et demie… Finger in the nose. Ahahah… Ben pas du tout.

Ashtanga-Yoga

J’arrive sur place, je suis accueillie par une sympathique dame blonde qui me fait visiter les lieux. Une baraque de dingue avec du bois partout et une terrasse avec une vue… Genre :

coucher-soleil-guethary

Elle me questionne sur ma pratique, je lui réponds que j’ai fait un peu de hata yoga et un peu de yoga de l’énergie… Ouhla, le sourire est parti aux oubliettes…Lors du dîner, je comprends que j’ai à faire à des gens limite drogués du yoga qui pratiquent beaucoup, ont fait plein de stages… Je plonge le nez dans mon potage au fenouil (très bon au demeurant), je comprends bien que je suis pas aussi assidue, loin de là. Si on cumule mes différentes expériences, j’ai dû pratiquer 6 mois de yoga… sur 5 ans. Oh mazette !

Mais pas de panique, on commence par 2h de méditation, je vais finir ma nuit. Ah non, on doit faire des trucs dont expulser l’air très fort par les narines. Je tue jusqu’à un paquet de mouchoirs par jour en ce moment, c’est gai… Après une petite tisane, on passe à une séance de 1h d’alignement puis 1h30 de yoga ashtanga. OH PUTAIN ! Alors le prochain qui me dit que le yoga, c’est pas physique, je le gifle. On se tort, on se plie avec des sangles, on fait des planches et des pompes. ON FAIT DES PLANCHES ET DES POMPES ! Je suis en souffrance, j’arrête pas de me faire gronder parce que je fais pas bien, que je suis pas alignée, que je suis pas en conscience, que mon ventre est pas serré… Bon, au début, j’avais pas compris qu’on me parlait vu que j’étais rebaptisée “Audrey”. A la fin du cours, je suis chiffon : je suis pas habituée à être la plus nulle, moi. Même quand je suis la moins expérimentée, je m’en sors toujours. Par exemple, aux Maldives, je gérais pas super le courant au départ mais vu que je consomme pas d’air, ça compensait. Là, j’ai bien mon hyperlaxité qui me sauve un peu la mise mais ça fait pas tout.

hyperlaxite

Bref, pendant 3 jours, je rumine : de toute façon, j’aime même pas ça le yoga, j’aime le stretching, moi, et les abdos fessiers. Parce que là, je comprends, on me dit de serrer les fesses, je serre les fesses, c’est plus clair qu’un “propulsez le vagin en avant”. Mais mon vagin est très bien où il est d’abord ! Puis d’abord y a une des assistantes qui dit que je fais très bien alors faut arrêter de me martyriser, hein… Puis j’ai des courbatures partout, j’ai mal, je souffre, raaaaah ! En mode sale gosse, dites-vous ? Si peu.

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Puis le 3e jour : alors que j’en chie des ronds de chapeau, je suis à 2 doigts de lâcher mais je m’accroche et j’arrive finalement à la fin du cours. Je me sens bien. Le soir, je gère tranquille les 1h30 de salutation à la lune. Le dimanche matin, je me lève, je n’ai plus mal, je suis juste posée, bien. La prof me tape sur les cuisses “tu vois, en 3 jours, ton corps a déjà changé. Tu as été courageuse, tu as bien tenu, bravo !” Oui parce que même si j’étais pas super dans l’axe, j’ai fait tous les exercices et tous les cours alors que y en avait plein qui avaient beau être des super yogi en devenir, ils passaient quand même un peu la séance à faire pipi pour échapper à 2 ou 3 exercices alors que moi, j’ai RIEN lâché.

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Moralité : mon orgueil reste mon meilleur allié et évidemment, dès mon retour de vacances mi juillet, je vais m’inscrire dans un centre de yoga ashtanga. Ca tombe bien, y en a un à 50 mètres de mes nouveaux bureaux (on a déménagé, j’ai pas changé de taf). Et la prochaine fois, je fais un stage d’une semaine !

Ah et en bonus, une vidéo tournée sur le deck de la maison de Guéthary (c’est la prof qu’on a eue qui fait la vidéo)

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Faut-il draguer à la piscine ?

Pour draguer, mieux vaut affûtter ses armes. S’il est admis que tous les hommes ne se pâment pas devant les femmes aux courbes insensées, ne choisissant pas leur douce moitié en fonction de leur IMC, il est néanmoins important de se sentir à l’aise dans son corps. Et pour se faire, quoi de mieux qu’un peu de sport. Allons à la piscine histoire de perdre un peu de gras et de choper un bel éphèbe à pectoraux.

Imaginez-vous sortir de l’onde, l’eau ruisselant sur votre corps, votre peau scintillant de gouttes d’eau glissant tel un doigt mutin sur votre derme. Votre silhouette tonifiée moulée dans… Ah oui, quel maillot choisir ? D’un côté, le bikini sexy mais cruel avec les ventres mous. Sans parler de ses hauts de maillots malicieux toujours en train de laisser échapper l’un de vos seins. C’est certes une bonne façon d’attirer le mâle mais privilégions la qualité à la quantité…

Le maillot une pièce semble être la tenue ad hoc pour la piscine : il soutient (voire comprime) ce qu’il a à soutenir et souligne votre silhouette de naïade (si, si, en rentrant le ventre et les fesses, on n’est pas loin de Jasmine Bleeth ou Carmen Electra. D’ailleurs, elles, elles avaient un maillot de bain sur mesure, cf Pamela Anderson qui faisait entrer son opulente poitrine dans un maillot taille S voire XS). Et puis surtout, c’est la tenue de la fille qui n’est pas là pour rigoler. Parce qu’il ne faudrait pas prendre par dessus la jambe l’activité sportive de votre future moitié : si vous pensez faire des longueurs en tenue de touriste et vous attirer les faveurs d’un nageur, vous vous trompez mesdemoiselles, permettez moi de vous le dire. Lui, il est là pour se défouler, pour dissoudre dans l’eau bleue l’éventuelle naissance d’une bouée ventrale. Et puis poussez vous du milieu de la ligne avec votre maillot à froufrous, vous allez lui faire perdre le rythme.

Non, nous ne sommes pas à la plage et devons respecter la tenue de rigueur. Ce qui inclut le bonnet et les lunettes. Là de suite, l’image de la naïade scintillante en prend un sacré coup mais si vous voulez glisser un orteil dans l’eau chlorée, vous n’avez pas le choix. Voyons-y un avantage : grâce à vos lunettes, vous pouvez détailler les hommes en présence tranquillement sous l’eau. Mais les lunettes et bonnets donnent une nouvelle difficulté à l’exercice : comment reconnaître un homme version piscine de sa version urbaine ? D’un côté, nous avons un homme quasi nu avec des lunettes lui cachant les yeux et un bonnet dissimulant sa chevelure et de l’autre un homme au visage dévoilé mais au corps caché. Si Clark Kent parvient à dissimuler sa double identité grâce à des lunettes de vue, imaginez le pouvoir anonymisant des lunettes de plongée.

Car où accoster l’homme de piscine ? Pendant la nage, c’est risquer de boire la tasse. Efficace en soi pour se faire sauver et repartir dans les bras du maître nageur (au moins sur quelques mètres) mais assez peu glamour. Pendant la douche ? C’est normalement chacun de son côté. Puis il n’est guère aisé d’entamer une conversation en se savonnant généreusement ou pire, en se shampouinant. Vous avez remarqué la vile taquinerie de cette mousse qui vient toujours couler dans votre œil ? On ne peut décemment pas commencer une histoire d’amour par un « Salut, moi, je m’appelle… Raaaah mon œil, putain, ça pique ! ». Non, on ne peut pas. Ne reste que la zone où l’on remet ses chaussures et celles du sèche cheveux. Celle où le Batman de la ligne 4 est redevenu un Bruce Wayne. Bon courage pour le reconnaitre.

Reste alors les centres nautiques qui, s’ils ont leur bassin de nage pour les acharnés, réservent des espaces de trempage sans bonnet ni lunettes où le bikini n’est plus incongru. Sauf que… Sauf que quels sont les hommes que l’on croise généralement dns ce genre de bassins ludiques ? Les papas, affairés à apprendre à leur progéniture à nager. Et qu’est-ce qui va généralement avec un papa d’un enfant en bas âge ? Une maman qui, au mieux, est alanguie sur une chaise longue au bord de la piscine, au pire tourne autour de ce délicieux papa et du petit tel un requin qui dévorerait quiconque s’approcherait. Surtout si ce quiconque est en bikini.

Conclusion : mauvais plan. Et je n’ai même pas évoqué la douloureuse question du chlore et du pédiluve dégueulasse où on attrape des verrues.

(la version « où trouver l’homme ? A la piscine« )

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La vie est un chaud-froid permanent

Normalement, aujourd’hui, je devais vous parler de choses ou d’autres, de baiser ou de déménagement, j’avais pas encore décidé mais tout était écrit. Sauf que j’ai écrit ma prose durant mon week-end Center Parcsien et hier soir, en rentrant, je n’ai pas eu le courage de me connecter au web. Et ce matin, j’étais trop à la bourre pour les récupérer donc on va se lancer dans une belle impro. Et en plus, j’ai pas mes lunettes laissées sur le bord du lavabo donc je ne vois pas bien ce que je tape.


Forrest Gump disait que la vie était comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Ce qui est globalement faux car moi, les chocolats, je les trie et je laisse ceux que je n’aime pas. Alors que dans la vie, t’es obligée de prendre le bon comme le mauvais sans jeter discrètos ce qui est vraiment dégueu et gâche un peu la fête. Genre on est en train de siroter un délicieux champagne Ruinart qui pétille délicieusement sur ma langue et stimule les papilles et là, vlan, je croque un chocolat qui a un goût bien aigre qui fait pleurer ces mêmes papilles. Je déteste les goûts aigres. Foutu chocolat, j’irais bien taper celui qui me l’a donné. Sauf que sans métaphore, je ne tape pas les gens et je ne chie pas non plus sur leur bureau. Quoi que bientôt, une nouvelle minute de violence gratuite sur ce blog, je vais en avoir bien besoin.


Bref, tout ce que je raconte est obscur et flou, et pas uniquement pour moi qui écris sans lunettes. Tout s’expliquera rapidement, du moins pour le champagne car pour le chocolat aigre, je pense que ça va se finir dans un tribunal donc je préfère ne pas trop en parler pour le moment des fois que… Bon, ça serait bien le diable que comme de par hasard, les personnes incriminées lisent ce blog mais je fais gaffe, je veux gagner car j’en ai un peu marre d’être prise pour une pigeonne par des malhonnêtes.  Mais que de démarches et paperasses en perspective…


Bon, au final, j’en conclus quoi ? Qu’il ne peut pas y avoir de période totalement heureuse sans gros chocolat aigre (car celui là est quand même de belle taille) ? Que j’ai intérêt de profiter de toutes les bonnes nouvelles car y a de la mauvaise qui arrive derrière ? Et vice et versa, à la limite, serre les fesses en attendant la bonne nouvelle qui suit la mauvaise ?

Quoi qu’il en soit, j’aimerais bien que juste pour une fois, on arrête de me gâcher mes bonheurs surtout que vu ce que j’ai vécu récemment, j’ai besoin de bonnes
nouvelles à savourer sur du long terme. Et éventuellement de casser quelques dents.

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Dans ton cul le pouvoir d’achat

(à sec avec des graviers)

Oui, je suis vulgaire, parfois. Mais ces derniers temps, j’avoue que j’ai de plus en plus peur d’ouvrir le journal et de tomber dans une profonde déprime. La faute à qui ? A la ré-ces-sion. Oh pas de panique, je ne vais pas vous faire un cours d’économie, je n’y connais rien donc je préfère me taire plutôt que de dire des conneries sur le sujet, je laisse les experts vous expliquer tout ça.


Mercredi soir, je reçois mon compte en banque. Ok, virtuellement, il me reste à peu près 300 euros pour finir le mois. On est le 8. Je veux mourir. Et ça fait quelques mois que c’est comme ça, je suis à découvert à partir du 15. Pourtant, je n’ai pas non plus une vie extravagante. Je sors oui mais raisonnablement. Je ne vais pas dans des boîtes à 15 euros le verre, dans les restos à 40 euros le repas, non. Sauf que voilà, les prix augmentent et mon salaire, lui, il stagne. D’ailleurs, chez nous comme ailleurs, c’est austérité au
programme : gel probable des salaires, non renouvellement des CDD… Y a des moments où, quand j’y pense, j’ai vaguement envie de pleurer.

L’argent, ça m’angoisse. Je sais que mon salaire est honnête même si plutôt bas pour un bac+5 mais si le net ça payait, ça se saurait. Ceci étant dit, je reste quand même un membre de la classe moyenne, je vis en proche banlieue mais la question essentielle que je me pose c’est : comment font ceux qui gagnent moins que moi, franchement ? D’après mes calculs, si j’enlève de mon salaire mon loyer, le téléphone, Internet, la mutuelle, les prélèvements pour mes comptes épargne, la carte orange, 100 euros de budget hebdomadaire,
autres factures, il me reste à peu près 100 euros de marge. Avec ça, je fais quoi, franchement ?

Je me souviens y a plus d’un an, un petit monsieur nous a promis d’être le Président du pouvoir d’achat. Je peux pas dire que je me sens flouée ou trahie vu que j’avais pas voté pour lui. Ces partisans me feront remarquer qu’on n’est pas responsable de la crise financière mondiale et que ça n’impacte pas sur mon budget, vu que j’ai rien en bourse. Il n’empêche que les prix ne cessent de grimper tandis que mon salaire stagne et mes 100 euros de marge, ils vont bientôt aller rejoindre mon pouvoir d’achat…Et que même si, effectivement, il y a des choses dont on n’est pas responsable, y a quand même des choses qui m’interpellent genre quand Christine Lagarde annonce l’an dernier à l’Assemblée Nationale que la croissance sera là, grâce notamment à la reprise américaine. Ouais ben la reprise américaine, tu l’as rêvée ! C’est pas comme si les économistes les plus renommés ne nous avaient pas prévenus en plus…


Et alors que faire ? Moi, rien, serrer les fesses (décidément, c’est un peu le thème récurrent de cet article) et attendre que ça passe. En attendant, je mets en place une nouvelle stratégie : toutes les semaines, je retirerai 70 euros et je devrais vivre avec. 10 euros par jour. Je peux le faire. Mais je pense que tous les petits à côtés, les magazines, les clopes, etc., ça va passer à la trappe. Je ne parle même pas des sorties, ça va être du à domicile ou rien du tout. Heureusement que j’ai de quoi lire jusqu’à Noël…

Noël, tiens… Je sens que ça va être gai cette année. Putain de crise.

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Je ne reconnais plus personne en Harley Davidson

  

 Des vacances façon Easy rider, en voilà une bonne idée. Tous ceux qui ont posé un jour le cul sur une moto savent à quel point on ne voit et on ne ressent pas les choses de la même façon. Par exemple, Paris en moto, c’est vraiment une expérience à vivre. A la limite en scooter si vous en avez un sous la main, ça peut le faire aussi, après tout. Mais partir en moto, ce n’est pas que des pures sensations.

Regardons la bête de plus près, les plus observateurs noteront le nombre de places limitées : 2 personnes au maximum. Donc si vous avez des enfants, où vous les laissez chez papy-mamie, ou vous ne partez pas en moto, il n’y a pas d’alternatives. On notera aussi le manque de toit : quand il pleut en moto, c’est vraiment la galère, on se fait tremper mais en plus, la route est glissante et on risque de se casser la figure. Passer des kilomètres et des kilomètres à serrer les fesses et à repérer tous les pièges pour ne pas tomber, c’est épuisant. Ceci étant dit, en moto, il faut plus de vigilance qu’en voiture quoi qu’il en soit.

Mais surtout, les plus « je voyage avec 3 tonnes de bagages » noteront qu’ils manquent une chose essentielles sur une moto : un coffre spacieux pour mettre toutes nos valises. Voyager en moto, c’est faire dans le minimaliste : un sac pour deux sur le dos du passager et basta. Oui parce que si on en met un sur le dos du pilote, ben la moto devient un transport pour un. Donc on oublie les 150 produits de beauté, les tenues en pagaille, on ne prend que l’essentiel. Tout un art. Art que de façon toute personnelle, je ne maîtrise absolument pas.

Par ailleurs, la moto, y a plus confortable dans la vie. Pour une  balade d’une heure ou deux, ça va mais plus, ça commence un peu à piquer les fesses et tirer dans les bras. En tant que passagère, j’ai tendance à dormir. En moto, ce n’est pas du tout conseillé parce que tomber d’une moto, ça doit faire super mal quand même… Donc faut bien s’accrocher tout du long et ça fatigue à force quand même. Surtout si on prend l’autoroute ! Quand la moto va à fond les turbines, on a l’impression qu’on va s’envoler (enfin, moi, c’est l’effet que ça me fait), c’est grisant mais au bout d’un moment, moins.

Mais à côté de ça, on découvre les paysages comme jamais en voiture. Quand j’étais jeune et innocente et que je flirtais avec Pierre le pervers, il était parti 15 jours se faire un moto trip dans le sud et il m’expliquait que la route des Alpes en moto, ça n’avait rien de comparable. Et je veux bien le croire. Mais je me demande si, quelque part, la moto n’est pas plus un transport de solitaire (ou à la limite, on part à plusieurs motos) tant il est plus simple de voyager seul qu’avec quelqu’un sur le porte bagage. Comme ça, on n’a que sa moto à gérer et je dirais que c’est déjà pas mal. Mais surtout, ce qui est magique en moto, c’est que même seul, on fait partie d’un clan. En gros, tomber en panne en voiture, c’est pas sûr qu’on trouve de l’aide. Alors qu’en moto, il y aura toujours un motard pour nous filer un coup de main. Une grande famille, en somme.

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Mes fesses ne sont pas un espace public

Hier, je vous avais promis un article sur le train aujourd’hui, le voici. Mais pas celui que j’avais prévu qui était la suite du cahier de vacances. Pas non plus un où je raconterais que le train est arrivé en retard parce que, curieusement, je n’ai eu aucun problème. Enfin, aucun problème avec le train.

Le voyage commence plutôt bien : train à l’heure et relativement désert pour un dimanche soir. A côté de la place qui m’est réservée dort une nana avachie qui déborde un peu de mon côté. C’est pas grave, en face, il y a une banquette de vide, je vais m’y installer. Je jette joyeusement mes affaires partout, fais coucou à papa-maman jusqu’à ce que le train parte. Il faudra que je fasse un jour un article sur ce moment un peu ridicule où tout le monde se fait coucou et que je me sens très gourdasse. A peine le train parti, un  gars de
type altermondialiste qui revient d’un festival (il y en a plein dans mon sud ouest en été) arrive et me signale qu’il est assis à côté de moi. Je le salue poliment et pousse tout mon barda en m’excusant puis je me plonge dans la lecture de mon roman tout en regardant dehors ce qu’il se passe.

A un moment, j’ai comme une sensation bizarre juste en dessous de la fesse droite, sur le haut de la cuisse, comme si j’étais assise sur quelque chose. Je réfléchis à ce que j’ai pu mettre dans ma poche, pensant de suite à mon portable mais non, il est dans mon sac. Bon, peu importe. Je retourne à ma lecture et là, j’entrevois quelque chose dans mon champ de vision : la main de mon voisin est légèrement glissée sous ma cuisse, c’est ça le truc. En fait, il est assis de biais, tourné vers moi, son pouce glissé dans l’espace entre nos deux sièges et ses doigts sous ma cuisse, donc. Sur le coup, je pense qu’il dort donc je ne dis rien, ne sachant trop depuis quand ça dure. J’essaie de reprendre ma lecture en chassant deux insectes qui m’attaquent. Super, je suis légèrement entomophobique, il va être long le voyage.

Mon voisin bouge. Il ne dort pas, en fait. Là, y a problème. Je serre un peu les fesses, je me débarrasse pas de sa main. Bon, je reste dans mon bouquin, ça va le décourager. Sa main reste en place. Quand on arrive en gare suivante, ses doigts bougent et me caressent la cuisse. Là, je me sens oppressée, je vais hurler. Heureusement, deux vieilles filles arrivent et nous réclament les places : moi, je savais ne pas être à la mienne mais manifestement, lui non plus. Je retourne à la mienne et quelques instants après, la nana avachie est dégagée par un mec de type militaire (et il l’était, d’ailleurs, il avait une carte quand il a été contrôlé). Au moins, avec lui, j’étais plus tranquille.

Là, j’étais furax. Contre le tripoteur bien sûr, contre les contrôleurs qui ne passent jamais, contre la vache verte mollasse qui prenait deux banquettes alors qu’elle n’était pas à sa place. Puis finalement, j’étais surtout en colère contre moi. Non pas que j’aurais pu avoir quoi que ce soit qui attire ce genre de comportement : t-shirt et pantalon, on a connu plus sexy. Quand bien même j’aurais été en mini robe parce qu’on est quand même en été, personne n’a à me toucher sans mon autorisation. Mais j’aurais dû lui dire d’arrêter, me rebeller. Le mec m’a touché la fesse pendant 30 bonnes minutes et je me suis contentée de l’ignorer. Evidemment, je me voyais mal faire un esclandre dans un espace aussi confiné et calme qu’un wagon de train (y avait pas un bruit) mais j’aurais dû faire quelque chose, lui dire d’arrêter. Je suis en colère contre ma lâcheté.

Alors c’est sûr, il n’y a pas mort d’homme, il existe des dizaines et des dizaines d’agressions plus graves. On m’a déjà touché les fesses dans la rue, parfois dans le métro mais là, on ne sait jamais si c’est volontaire ou accidentel aux heures d’affluence. Le problème, c’est de voir qu’une nana ne peut pas voyager tranquille sans subir ce genre de choses. Se faire draguer est une chose, ça m’arrive parfois dans le train sans que je comprenne pourquoi puisqu’en général, pour les 5 à 6 heures de train que je dois me taper, je ne me maquille pas, m’habille n’importe comment et vu que je dors les trois quarts du trajet, je ne parle même pas de la coiffure expérimentale. Mais je ferme poliment la porte. Là, le mec a franchi les limites.

Et je n’ai rien dit. Pour ceux qui me suggèreraient de poser une main courante, je sais pas si c’est possible : je ne sais pas où il est monté ni descendu. J’ai vu un mec à l’arrivée de Paris, je n’étais pas sûr que c’était lui : j’étais persuadé qu’il était blond avec un pantalon jaune mais là, il y en avait un coiffé pareil, châtain clair avec un pantalon vert… Impossible de savoir si c’était lui ou pas…Je suis nulle comme témoin.

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Je t’aime à la foliiiiiiiiiiie

Il y a quelques mois, j’ai lu un article sur les folles passions amoureuses. En substance : on s’est installés ensemble après la première nuit, je suis tombée enceinte au bout
de 2h et on l’a gardé… Bref, des histoires d’amour fulgurantes et qui tiennent en plus. Moi, au bout de 4 ans, j’ai pas été foutue de vivre avec mon mec et la moindre perspective d’engagement m’effraie.

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Petit topo de mon ambiance affective actuelle. Je passe mes journées sur des forums à lire des histoires d’amour qui finissent mal (et des fois très mal), dans ma famille, une de
mes tantes est en pleine rupture, une autre n’est pas tellement mieux. Du coup, l’amour toujours, j’ai du mal à y croire, malgré le bel exemple de mes parents. Mais ça devient tellement une exception que mon père a même demandé à ma maman l’autre soir s’ils étaient normaux. Du coup, je suis une effrayée de l’amour. A peine je sors avec un mec que je commence à serrer les fesses en attendant que ça casse parce que les histoires d’amour finissent mal, en général. Quoi que le couple qui a chanté ça (les Rita Mitsouko, pour ceux qui remettent pas) fut un couple sans histoire séparé uniquement par la mort. Comme quoi…

 

Dire que je suis une trouillarde affective me paraît encore gentil. M’installer avec lui ? Mais si ça marche pas, ça va être trop galère de rendre l’appart. Le mariage ? Faudrait voir à économiser pour le divorce. Les enfants ? Je serai incapable de les élever seule. Bref, je vois la vie en rose, comme vous pouvez le voir. Mais finalement, je me demande si ce n’est pas eux qui ont raison. La vie est courte, si on tergiverse à vie, on ne fait plus rien. Tout est risqué, à n’en pas douter mais qu’on s’installe ensemble au bout de 6 mois ou au bout de
2 ans, avons-nous réellement plus de garanties ? Evidemment, moi qui suis une flippée, je dirais que 6 mois, c’est trop tôt, je suis pas prête, gna gna gna. Mais je pourrai dire la même chose au bout de 2 ans à ce tarif là, dégainant le fatal « mais si ça marche pas ? ». Mais le temps n’est une garantie de rien, d’une part. D’autre part, évidemment qu’il y a des
risques que ça ne marche pas, c’est comme tout. Par exemple, quand j’ai décidé de quitter mon ancien job pour le nouveau, j’aurais pu ne pas m’entendre avec mes collègues et souffrir. A l’arrivée, je suis gagnante sur toute la ligne. D’ailleurs, là, je dois former encore deux journalistes au blog, genre les nanas qui auraient 150 trucs à m’apprendre tant elles ont du métier et c’est moi le petit scarabée qui vais partager mon savoir. Houuuuuuuu. La vie est une question de risque, si on recule au premier si, on ne fait rien et on a une vie médiocre. Par le passé, j’ai aimé, j’ai souffert, j’ai fini par me relever. Aujourd’hui, malgré les larmes versées, je ne regrette pas d’avoir foncé.

Alors peut-être qu’il faudrait que je jette ma carapace, que j’arrête de dire « non mais ça marchera pas de toute façon » parce qu’on ne sait jamais. La vie n’est pas qu’une peau de vache. Des gens qui s’installent ensemble, voire font des bébés (mais là, c’est quand même un level très élevé pour moi, faut pas déconner), ça n’a rien d’exceptionnel, ça arrive tous les jours. Je ne suis pas plus inapte à la vie en couple que ces gens là. Après tout, avec Guillaume, on vivait officieusement ensemble dans mon appart de 28 m² et on ne s’est jamais engueulés. On avait nos petites règles de vie : on faisait chacun les courses une semaine sur deux, par exemple, on se partageait les tâches ménagères, on faisait parfois des trucs ensemble, parfois des trucs de notre côté, selon nos envies ou nos impératifs. Ouais les étudiants, ça révise et ça écrit des mémoires, des fois. Bien sûr que ce n’était pas tous les jours faciles quand même mais ça n’empêche pas que ça marchait quand même.

Bon, évidemment, c’est facile de dire ça quand on est célibataire, bien sûr, j’ai pas la pression, là. Je me vois mal demander un bébé à un de mes amants ou alors ce serait pour me débarrasser de lui. Pas très classe. Le tout, finalement, c’est de ne pas vivre en fonction d’un calendrier « au bout de 3 mois, je le présente à ma sœur, à 6, à mes parents, au bout d’un an, on vit ensemble puis un an et demi, on se pacse. Au bout de 3 ans, on fait un bébé ». Finalement, c’est ridicule d’essayer de rationaliser et planifier une relation sentimentale parce qu’au fond, c’est impossible. Si l’envie de vivre à deux est là, pourquoi céder aux sirènes du pessimisme. Si ça marche pas, au moins, j’aurais tenté, pas de regrets. Après tout, on connaît des gens qui se marient au bout d’un mois et feraient même un bébé, selon les rumeurs. Mais bon, je soupçonne Nicolas d’avoir engrossé Carla par accident et de vite réparer les dégâts en l’épousant. C’est quand même un super rapide. Un vrai Speedy Gonzales !

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Nina qui rit, Nina qui pleure

C’est la fin de l’hiver, la période que j’aime le moins dans l’année. Chaque année, en mars, je serre les fesses et je croise les doigts : cette année, ça ira. Je me souviens, l’an dernier : un vendredi, fin février. Toujours aucune nouvelle de mon stage, panique à bord. Je prends mon téléphone et j’appelle mon peut-être futur tuteur de stage : il est en ligne, il peut pas me prendre au téléphone. Je vais donc boire un verre avec une copine mais je suis guère optimiste. 16h30, on quitte le bar et je me rends compte que j’ai un message. Tiens. J’écoute : « Bonjour, Guillaume Dulac, je vous appelle pour confirmer le stage ». Ivre de joie, je saute partout, au bord des larmes. Mars 2005 fut plutôt un bon mois : j’ai trouvé un appart en deux jours en RP, j’ai commencé mon stage, une expérience agréable qui m’a permis de rencontrer une amie proche, aujourd’hui, Zoé.
 
Un an plus tard, mars arrive et j’ai peur. Pas de boulot et pas d’entretiens de prévu, je me décide à refaire un tour des rédactions, on ne sait jamais. Mais en ce moment, ce n’est pas le pied. Concrètement, ma vie est au point mort depuis le début de l’année. Pas de raison de déprimer, pas de raison de se réjouir. Les jours se suivent, tranquillement, sans que rien ne vienne perturber l’ordre des choses. Moins de lose, certes, il ne m’est rien arrivé de négatif depuis une semaine, mais après… Pas de raison de déprimer, pas de raison de se réjouir.
 
Comme tous les gens dans mon cas, je me sens lunatique : un après-midi en bonne compagnie et je me sens bien. Une discussion houleuse et je suis au fond du trou. Des fois, j’ai l’impression que personne ne se rend compte que je vais pas bien, sans doute parce que je fais des efforts pour prétendre le contraire. Je suis pas du genre à me plaindre et quand je le fais, on me jette donc autant continuer sur ma lancée. Sauf que des fois, la coupe est pleine et j’aimerais qu’on comprenne qu’il y a des jours où ça va pas et j’ai pas envie de faire semblant. Marre des gens bien pensants qui me disent : « mais arrête de te plaindre, tu vas voir que ça va aller. » Mais je m’en fous, ça ira forcément mieux un jour mais ça fait trois mois qu’on me sort le même refrain et trois mois que ça va pas mieux donc les discours positifs à deux balles, j’en peux plus. Merde, ça va pas, j’ai le droit de le dire et si les personnes ne m’aiment pas comme ça, qu’elles ne me parlent plus. Je n’y peux rien si j’ai du mal à voir la vie en rose par moment.
 
Hier, j’ai appelé ma mère, je venais de pleurer à cause d’une dispute, je faisais semblant que tout allait bien et là, ma mère se met à pleurer parce qu’elle sait que je ne vais pas bien, parce qu’elle sait que ma sœur ne va pas bien non plus et elle en peut plus de ne pas pouvoir nous aider. Elle en peut plus de savoir que quand on pleure, elle n’est pas là. Des fois, j’aimerais retourner en enfance, à l’époque où les chagrins sont si vite oubliés qu’une heure plus tard, on ne se souvient même pas d’avoir pleuré. Mais bon, à l’époque, tout était plus simple, nos grands chagrins étaient liés à un genou écorché ou un jouet cassé… De vrais drames en soit pour des enfants de moins de dix ans mais ça se réglait vite. Adulte, rien n’est moins simple.
 
Hier, j’ai parlé à ma sœur sur Internet, elle savait que ça allait pas à cause de mon pseudo MSN plus que clair. Elle aussi ne va pas bien, son boulot ne lui plaît pas mais elle culpabilise de se plaindre : elle a du boulot, moi pas. Elle recommence à chercher et se rend compte que rien n’est moins simple mais comment peut-elle oser s’en plaindre à moi ? Alors que je suis la personne la plus apte à la comprendre, justement. C’est toujours le problème, on ne sait jamais à qui se confier, à qui faire partager notre mal être. Parce qu’oser dire que ça ne va pas, c’est passer pour une emmerdeuse de la pire espèce. C’est se prendre : « te plains pas, y a pire que toi ». Oui, y a pire que moi, je n’ai jamais dit le contraire mais ce n’est pas pour autant qu’il faut m’envoyer promener les jours où j’ai pas envie de faire semblant.
 
Je suis une fille qui se veut forte, qui fait semblant de l’être. Je ne pleure jamais devant les gens ou rarement, j’essaie toujours de me retenir. Pleurer, c’est être faible. Mais je crois qu’en ce moment, je bats mon record de larmes. Je pleure devant un film, je pleure quand on comprend pas pourquoi je vais pas bien, je pleure parce que ma mère pleure, je pleure parce que j’arrive pas à étendre mon linge. Mais ça, je ne le fais que quand je suis seule. En public, quand on me demande si ça va, je réponds toujours avec un grand sourire que oui. Il n’est pas forcément hypocrite, ce sourire, ça me fait plaisir de sortir, de voir des gens, d’arrêter de passer mes journées à constater qu’il n’y a aucune annonce me correspondant (j’ai jamais fait d’économie ou de science, désolée), surfant en pyjama devant mon écran. Mais y a des jours où ça va pas et je donne l’illusion du contraire. A tort. Après tout, si les gens ne m’aiment pas quand je vais pas bien, c’est que ce ne sont pas mes amis.
 
Aujourd’hui, je passe la journée avec Lucie qui est venue sur Paris pour deux jours. J’espère que ça m’aidera à me remonter le moral et à me faire repartir. J’espère que comme a dit M. marc de café, « les larmes, c’est fini ». J’espère que je pourrai bientôt appeler ma mère pour lui donner une bonne nouvelle. J’espère que le printemps qui arrive va me ramener ma bonne humeur permanente et de bonnes nouvelles aussi. On verra. En attendant, j’en ai marre de m’en prendre plein la gueule pour pas un rond parce que je fais semblant d’aller bien et que je suis censée tout supporter.
 
Ca ira mieux demain, sans doute. Peut-être que pour une fois, le mois de mars sera le meilleur de l’année. Un jour, je n’aurai plus besoin de mon masque de Nina qui rit parce que je serai heureuse et que je sourirai sans faire semblant et quand je dirai que « ça va », ça ne sera pas par pure politesse. J’espère que ce sera bientôt mais y a des jours où j’y crois plus. Parce que pour la première fois de ma vie, rien ne va comme je l’entends. Vie professionnelle, vie privée, rien de neuf, rien d’exaltant, rien qui ne me donne envie de me lever le matin. Même la santé commence à me lâcher, je ne mange plus, tant j’ai une boule dans la gorge à peu près tout le temps. J’ai intérêt à récupérer un ou deux kilos avant de retourner dans la famiglia sinon ma mère va encore croire que je mange pas comme il faut (oui, bon, elle a raison mais on va pas l’inquiéter plus que ça).
 
Demain, on repartira sur des articles plus joyeux. Mais la vie, c’est ça aussi, des moments moins drôles que d’autres…
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