Ciel, mon style est influencé !

Et je ne parle pas de style vestimentaire parce que pour le coup, je n’en ai aucun. Je parle bien évidemment de mon obsession, de ma passion, de ce qui m’occupe dès que j’ai deux secondes de libre : l’écriture. Et force est de constater que mon écriture est pire qu’une éponge et je réalise que, souvent, mon style est influencé.

écriture-trouver son style

Déjà sur ce blog qui est dans un style très parlé, les gens qui me connaissent pourraient le lire avec ma voix, je suppose. Et pourtant j’absorbe des tics de langages dans tous les sens. Je pense que si je relisais les premiers articles de ce blog (et je n’ai pas très envie de le faire, pour être parfaitement honnête), je retrouverais des expressions, tournures de phrases que j’utilisais à l’époque sorties très certainement de séries que je regardais, de livres que je lisais… Aujourd’hui, j’intègre dans mon écriture de blog un style très… youtubesque. J’écris parfois à la Karim Debbache, je m’en rends un peu compte…

Ecrire un brouillon

Mais à la limite, le blog, on s’en fout, c’est un truc tapé à la va-vite le dimanche en regardant des séries légères comme Dynastie, Jane the virgin ou Pretty little liars (que je devrais remater, je voulais écrire plein d’articles dessus, je ne me souviens plus du tout lesquels). Mais mes romans, là, ça se soigne. Il y a un premier jet puis une relecture (un an que je dois relire le roman de Maja et toujours pas, hein…). Cet été, j’ai donc lu La zone du dehors d’Alain Damasio, un livre qui m’a marquée pour de bonnes raisons qui feront l’objet d’un prochain article que pour des mauvaises à savoir que je trouvais ce livre trop verbeux, pompeux et… me voilà soudain à écrire des phrases aux circonvolutions compliquées… Mais, est-ce bien mon style, ça ?

Pangramme

En voilà une bonne question, tiens. En fait, c’est quoi mon style ? De ce que j’en sais (je ne me relis que peu, j’avoue que je n’aime pas, je me trouve plus géniale dans mes souvenirs que face à ce que j’ai pu écrire, voyez), je suis assez fan de l’accumulation et d’une succession un peu saccadée de phrases longues et phrases courtes, j’ai même certaines phrases qui ne font qu’un mot ou deux, il me semble, pour insister. Un truc genre “Elle entra dans la pièce et le découvrit sans le moindre vêtement. Nu”. Une connerie de ce type (je n’ai jamais écrit ça mais je voudrais vous parler de romance et de sexe dans les prochaines semaines, je pose un peu le décor l’air de rien, hin hin hin). Mais en vérité, je me demande : est-ce que j’ai un réel style ou il évolue en fonction de ma “consommation culturelle” (avec un petit c, ne nous emballons pas). Je pose la question mais je connais la réponse, hein…

Boire du thé et lire des livres

Et est-ce si mal en soi ? Est-ce que tout artiste (petit a) qui essaie de créer un truc avec ses dix doigts n’a pas un périple créatif enrichi par ce qu’il découvre en chemin. Métaphore cheloue mais voyez l’idée. Déjà, rien qu’en terme d’inspiration. J’ai écrit le roman de Maja car j’ai lu un article dans Society sur Chaïm Nissim, celui qui tira au lance-roquette sur la centrale de Creys-Malville en 82 (et je découvre à l’instant qu’il est décédé). J’écris Uchronia parce que le roman d’Un monde à l’autre de Jodi Taylor m’a autant inspirée qu’énervée (et que j’ai rêvé du nom de l’héroïne, aussi, je me suis réveillée avec son nom qui tournait en boucle dans ma tête… Ca m’a fait pareil avec Amalfi l’autre jour, ville qui est parfois citée dans le roman que je suis en train de lire). Technopolis est une resucée des décors du Cinquième élément et de Gotham City… la version Joel Schumacher qui était furieusement gothique dans mes souvenirs mais qui  est en vrai dégueulasse, contrairement à la version Burton qui satisfait absolument mon appétit de gigantisme sombre. Bref, oui, je suis influencée, évidemment, je suis influencée, je vis dans un bain de culture (petit c) où je lis, je regarde, j’écoute. Tout est inspiration.

Gotham City

Mais parfois, il se passe un autre phénomène troublant : on lit le livre qu’on est en train d’écrire ou qu’on a en tête… sans pour autant en être l’auteur.

 

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Ode à la sieste

Un samedi de septembre. Un samedi pas si incroyable : un tour à la Poste, à la banque puis au supermarché pour trouver de quoi subsister jusqu’à la semaine suivante. Une chasse à la bouffe épuisante dans un hypermarché aux couloirs étroits et aux gens perdus, où tu passes ton temps à zigzaguer entre ceux qui traînent en évitant de trébucher sur un enfant apparu de façon impromptue et en te démettant l’épaule pour éviter la collision avec une personne très pressée qui trace sans regarder. Je hais les courses le samedi, je pourrais écrire 10 articles sur le sujet que j’aurais pas fait le tour. Du coup, après tant d’émotions, j’avais besoin de m’offrir une petite sieste.

La sieste, le bonheur

Ca faisait longtemps que j’en avais pas fait, c’est de plus en plus réservé aux vacances. Essentiellement parce que je ne sais pas faire la sieste, je sombre pendant 1h30, j’émerge avec un goût métallique dans la bouche et un vague mal de tête. Mais. Oui, je parle du négatif mais en vrai, je trouve à la sieste une vertu non négligeable, deux, même.

Faire la sieste

La première est la relaxation. En semaine, quand je m’endors, je sombre, surtout en ce moment où j’en chie grave (dire qu’il y a trois semaines, j’écrivais sur ma procrastination, ça me manque). Or la sieste offre cette petite période de flottement, où tu es entre la conscience et l’endormissement, où les pensées vont et viennent sans cohérence et sans limite. Ce n’est pas de la méditation, non, on ne se concentre sur rien, on se laisse envahir par les idées. Je trouve toujours intéressant de voir ce qui vient, même si je guide un peu. Par exemple, je voulais réfléchir à une inquiétude sur un roman, savoir si je donnais chair à une potentielle romance, sachant que mon écriture va vers ça mais que ça m’arrange pas (oui, quand je vous dis que je suis parfois la première surprise des rebondissements surgis sous ma propre plume…)(en même temps, vu que je dépasse toujours pas l’étape “faire lire à une autre personne, c’est pas difficile d’être la première surprise, vu que je suis un peu la seule). Je branche mon cerveau là-dessus et au milieu de pensées parasites sans queue ni tête, je finis par trouver une solution à peu près satisfaisante. Et puis je laisse mon cerveau voguer où il veut et parfois, il me montre du doigt ce qui me déplaît, me donne une idée pour essayer de trouver une solution à tel ou tel problème dont je n’avais même pas forcément conscience… Quitte parfois à me faire relever sans avoir dormi tellement je suis persuadée d’avoir eu une bonne idée à appliquer IMMEDIATEMENT.

Power nap pour une sieste au bureau

Autre point et non des moindres : je rêve et je m’en souviens. En ce moment, comme je tombe de fatigue le soir, je sombre jusqu’au réveil le lendemain matin et me souviens rarement de mes songes. Or ils sont souvent source d’inspiration pour moi. Pas toujours de bonne inspiration, certes. Je me souviens d’une fois où j’avais eu cette idée d’une enquête dans un chalet où les gens du présent étaient endormis pour retrouver la mémoire des gens du passé (dont ils étaient la réincarnation, je crois) et ça permettait de comprendre qui était le tueur du passé. Je me souviens, dans mon rêve, c’était un film qui m’avait chavirée, j’étais malheureuse de ne pas avoir eue cette idée là et je vous dis pas mon enthousiasme quand je me suis réveillée et que cette idée de génie était à moi… J’avais commencé à tout noter sur un cahier pour ne rien oublier et au fur et à mesure que j’écrivais, je réalisais… que c’était complètement débile. Mais parfois, il reste un fil à tirer. C’est comme ça que j’ai eu l’idée d’Uchronia, que j’ai entrevu Technopolis (la ville, littéralement)… Ou des fois, je rêve de lieux incroyables où j’aimerais aller… quitte éventuellement à ne pas retrouver ce que j’ai imaginé.

Ville rétrofuturiste

Et puis la sieste, c’est surtout le signe qu’on a le temps, une petite parenthèse que l’on s’accorde les jours où on n’a rien de prévu dans les prochaines minutes, les prochaines heures, ces jours bénis où on peut laisser filer le temps sans s’en inquiéter. La sieste a des goûts de jours heureux.

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Romance everywhere

Samedi 19h, j’observe. Face à moi Ibrahim et Rosalie discutent. Ils sont bien jolis tous les deux. Il ne s’agit pas d’un couple, non, du moins pas encore ? Je souris en coin en guettant les gestes. Ah, il lui touche le bras ! Bon, ok, il est naturellement tactile mais quand même, ils iraient bien ensemble… Et oui, je suis comme ça : je vois de la romance partout.

Flirt romance

Déjà 3 ans et demi que je suis dans une relation de type monogame et parfois, l’étincelle me manque un peu. Vous savez, ce moment où ça commence à crépiter, que vous n’êtes pas encore tout à fait sûr que ça va le faire mais que, quand même, y a de la tension dans l’air. Bon, après, je me souviens que la séduction, c’est bien galère, que tu tombes parfois (souvent) sur des connards et que parfois, tu te retrouves à planter frénétiquement ta paille dans la glace  pilée de ton cocktail en te disant que tu serais in fine bien mieux chez toi à manger des chocapics en matant une série à la con. Alors du coup, j’ai ma méthadone : j’imagine des romances dans mon entourage.

Romance à la plage

Ainsi, je me suis écrit l’histoire de Clémentine et Nicolas. Deux de mes anciens collègues. Bien jolis tous les deux, y avait comme un crépitement quand ils étaient proches l’un de l’autre. Mais il y avait Ludivine aussi qui avait partagé une danse fort remarquable avec Nicolas lors d’une soirée, le triangle amoureux s’annonçait tendu. Sauf que j’avais oublié Antoine dans l’équation. Antoine ? Un autre collègue qui partage de nombreuses apartés avec Ludivine, quelques gestes un peu discrets, des langages corporels qui ne laissent guère la place au doute. La vérité ? Je ne la saurai peut-être jamais mais en fait, je m’en fous : j’ai l’histoire dans ma tête et dans mon petit cerveau, pas de fin en eau de boudin. Pas de fin du tout puisque seul le début m’intéresse.

Romance en cuir

Tout ça, c’est de la matière. Dans les romans, il y a souvent des débuts d’histoire. Peu importe le contexte, que vous soyez dans un roman policier, du médiéval fantastique, de la dystopie ou ce que vous voulez, il y a souvent un début d’histoire dans l’histoire, un “ce que vous vivons est trop fort pour le vivre seul”. Et j’aime bien tenter de créer une tension romantico-érotique dans mes romans, poser le premier baiser comme quelque chose soit d’attendu, soit de soudain… Je dis “tenter” car je ne suis pas sûre de toujours bien le faire, notez. Dans le roman de Maja, par exemple (toujours pas relu malgré mon intercontrat), je suis assez contente d’une scène de premier baiser, pas du tout d’une autre que je vais refaire. Du coup, j’observe, je note dans ma tête.

Romance : le premier baiser

Alors ça pourrait faire un peu cancanière, la fille qui “espionne” les gens pour savoir si y aurait pas de la rumba dans l’air. Sauf que déjà, je partage pas mon ressenti avec la terre entière (pour Ibrahim et Rosalie, j’en ai parlé à Victor qui a dit “ah oui, non, je sais pas”, pour les autres, à ma collègue chouchoute qui m’a bien aiguillée sur le duo Ludivine-Antoine, j’avoue) et puis… ben si j’ai tort, je resterai sur un “dommage, ils allaient bien ensemble je trouve” et si j’ai raison… et bien je serai ravie pour eux. Et j’en resterai là. Je n’ai pas besoin de regarder à travers le trou de la serrure pour assouvir une quelconque curiosité. Je suis outrageusement romantique (quoi que je prétende), pas scopophile

Je suis romantique

Aujourd’hui, je commence mon nouveau boulot… J’espère que je vais avoir matière à imaginer de nouvelles romances !

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Faut-il décrire ses personnages ?

A présent que j’ai terminé le roman de Maja (et séché la réécriture, je savais que ça allait me saouler, ça n’a pas manqué…) et que j’ai entamé l’écriture d’Ofelia (déjà 31 pages à l’heure où j’écris, dimanche fin de journée), je me pose un peu une question : dois-je décrire mes personnages ? Je veux dire, donner des caractéristiques physiques particulières, ok, mais dois-je, par exemple, leur donner une couleur de peau particulière ? Faut-il décrire ses personnages ou laisser aux lecteurs la possibilité de leur donner les traits qu’ils souhaitent ?

Dessiner un corps humain

Dans le roman de Maja, par exemple, j’ai mis un peu de couleur : Maja et son frère sont vietnamo-suédois, le professeur est typé Méditerranéen, une fille a une couleur “caramel”. Svea, l’espèce de doppelganger de Maja, à l’inverse, est une beauté suédoise type, à base de cheveux blonds et yeux bleus. Dans Ofelia, j’ai donné une relative description physique d’Ofelia, actrice donc décrite comme très mince et assez grande mais je n’ai pas détaillé plus, son compagnon a également quelques caractéristiques physiques propres mais pas de couleur donné. Mais on sait qu’ils sont blancs par rapport à une présentatrice télé noire qui explique à Ofelia avoir de la chance d’être à son poste alors qu’elle est une femme, jeune, et Noire de surcroît.

Kady Adoum-Douass

La question de la description physique peut paraître anodine mais elle ne l’est pas tant que ça. Evidemment, quand je base mes histoires à Stockholm ou Rome comme ici, on peut s’attendre à ce que les personnages soient blancs et c’est s’ils ne le sont pas qu’on va avoir tendance à préciser. Effectivement, je le confesse, dans Ofelia, la seule personne pour le moment dont je décris la couleur de peau, c’est celle, justement, qui n’est pas “comme les autres”. Ce qui peut avoir un certain sens dans l’histoire. De la même façon, j’ai choisi de donner un métissage à Maja et son frère car dans leur décision de se lancer ou non dans l’activisme se pose la question de respecter le pays d’accueil de leur mère.

Mylène Jampanoï

Mais la couleur n’est pas tout, il y a également la silhouette. J’avais besoin qu’Ofelia soit mince pour un ressort précis de l’histoire, ça peut coller avec son métier d’actrice (modulo l’histoire se passe en Italie, les actrices italiennes mythique sont plus pulpeuses). J’avais besoin que Svea soit musclée pour une partie précise du récit. Par contre, je ne crois pas parler un seul instant de la silhouette de Maja, ni même de sa taille. Son métissage et ses cheveux longs sont ses seules caractéristiques physiques. Les caractéristiques physiques doivent-elles être évacuées du récit à partir du moment où il n’y a pas d’incidence sur le récit ?

Décrire ses personnages

Car les descriptions peuvent être parfois un peu sexistes. J’avais lu un thread il y a fort longtemps sur le sujet sur Twitter (pas le courage de le rechercher) où une personne signalait à juste titre que dans pas mal de romans, les personnages masculins étaient à peine décrits tandis que les personnages féminins étaient longuement décrit jusqu’à la couleur de leur téton, limite. Parce que ça colle avec pas mal de produits culturels : où le héros n’a pas besoin d’être particulièrement beau ou svelte tandis que la femme, elle, sera toujours parfaitement mince et correspondra aux canons de beauté en vigueur. D’ailleurs, je ne vous apprends rien en soulignant que les actrices au physique “atypique” (vraiment dans le sens pas en accord avec l’ultra exigence des canons de beauté des mass medias) seront plus facilement cantonnées aux séries alors que les acteurs atypiques peuvent parfaitement percer et tenir la tête d’affiche. Je veux dire, ok, on a eu des George Clooney, Brad Pitt et Johnny Depp (pré alcoolisme pour les deux susnommés) mais on nous vend aussi des romances avec Adam Sandler, Benedict Cumberbatch, Vincent Cassel ou encore Javier Bardem… que je trouve pour ma part totalement sexy mais qui est loin d’un lisse Clooney ou Pitt de la belle époque, voyez. Alors qu’en actrice, côté beauté atypique, on a… hmmm. Quelques unes dans le cinéma français, je dis pas, mais sinon, c’est formaté, formaté. Le pire : j’ai tapé “actrice moche” dans Google pour trouver des noms, j’ai trouvé trente articles “les actrices qui sont moches au ciné/à la télé mais belles en vrai” alors que pour ces messieurs, on a droit à un “ils sont moches mais sexy”. Vous le sentez le double standard ? Alors j’essaie tant que faire se peut d’éviter de tomber dans ce cliché. Même si ma nouvelle héroïne est une actrice de cinéma donc potentiellement complètement dans les normes de beauté actuelles.

Diane Kruger

Alors ne décrire que ce qui a son importance dans le récit ? Ok mais est-ce que ça ne risque pas de totalement tuer le suspense ? Si je dis qu’un personnage a une cicatrice mais que ça ne semble pas jouer sur sa personnalité ou son histoire, est-ce que ce ne serait pas évident que cette cicatrice va, à un moment, avoir une importance dans l’histoire ?

Dalius cicatrice

Décrire ou ne pas décrire, quelle question…

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Le doute de l’écrivaine

Commencer un roman est exaltant, à tel point des fois que les mots vont plus vite que vos doigts et qu’il devient presque douloureux d’écrire tant vous avez à dire. Les premières pages se noircissent vitesse grand V, c’est facile, ça coule tout seul. Mais, noir comme l’encre, il vient soudain tâcher votre bel enthousiasme… Lui ? Oui, lui : le doute.

citation "le doute détruit beaucoup plus de rêves que l'échec", pied sur un rail

Allez, hop, une citation random, pour faire un peu lettré (va savoir qui a dit ça)

Quand je commence à écrire, c’est avant tout un exercice de “vidage”, ni plus, ni moins : ma tête est trop pleine d’histoires, je dois les coucher sur papier. Je suis souvent prise d’un violent désir d’écriture, surtout quand je ne suis pas trop censée le faire. Typiquement au boulot, quand je suis dans une tâche rébarbative et peu impliquante intellectuellement parlant. Il y a aussi des moments de lecture qui stimulent soudain mes neurones de l’écrivaine et il faudrait limite que je lâche tout séance tenante pour écrire. A bien y réfléchir, c’est un peu dommage que je ne cède pas plus souvent à cette pulsion, je serais moins en train de chouiner sur le manque d’avancement de mes projets… Mais plus sur l’avertissement que j’aurais pris au boulot pour baisse flagrante de productivité, allez savoir.

Femme désespérée au travail, allongée sur son clavier, se prend la tête

Cependant, une fois que j’ai mis mon histoire sur les rails, arrive l’inévitable moment du doute, celui qui peut tuer en un coup mon embryon d’histoire. J’ai tissé tranquillou mon fil directeur, je sais où je commence et où je finis (j’ai toujours plus de mal avec le milieu, ça vient en cours d’histoire) mais soudain, l’évidence : elle est pourrie mon histoire. Je réagis souvent en comparaison. Typiquement, je lis n’importe quel livre de Moravia et je me sens une petite crotte au niveau de l’écriture, genre crotte de lapin, même pas un bel étron démoulé par un labrador, hein, non. Voire une crotte de souris, encore plus petit et insignifiant.

souris sortent d'une fissure dans le béton

Je me pose parfois l’intérêt que pourrait avoir les gens en lisant mon histoire. En général, c’est dans ma phase misanthrope, un truc style “qu’est-ce que je me fais chier à vouloir raconter une vraie histoire à messages alors que les gens, ils ne veulent que lire les histoires d’une meuf coincée du cul qui se fait cravacher une fois dans sa vie et en pond trois romans ?” Alors oui, il est vrai que la romance et l’érotisme soft, ça marche. Mais personne ne m’empêche d’en écrire et il n’est même pas dit que je réussisse quoi que ce soit en la matière. Et puis, ai-je envie d’écrire par réussite personnelle ou pour vendre de la merde dont je ne serais pas vraiment fière par millions. Pour être tout à fait honnête… Je ne serais pas contre l’idée d’en vivre parce que ça me permettrait de faire tous les voyages que j’ai envie de faire, par exemple.

Vue du hublot, la Méditerranée dorée par le soleil

Il y a ensuite la phase “de toute façon, elle est niquée, mon histoire”. J’ai parfois l’impression que j’avance avec des sabots en acier forgé d’une lourdeur incomparable, que tous mes personnages sont archi clichés, nuls et qu’on ne pourra jamais s’attacher à de tels archétypes. En gros, j’ai envie de faire de la dentelle, je tisse en réalité une infâme toile de jute.

sac en toile de jute

Arrive alors la phase finale, le “à quoi bon” qui te fait tout lâcher. Mon histoire est nulle, les personnages le sont aussi, personne ne voudra jamais lire ça. Ne t’acharne pas, ça ne sert à rien. J’essaie de m’accrocher en me disant qu’on s’en fout de l’avis des autres, que je dois écrire avant tout pour moi puisque je ne dépends pas de ça pour vivre mais ça finit toujours pareil : au bout de quelques pages, une trentaine pour les plus aboutis, le dernier point posé devient final.

Etait-ce une sorte d’appel au secours de la société qui rêvait d’un autre monde ? A moins qu’elle ne cherche à se rassurer sur le bien fondé de sa mission.”

Certains se finissent carrément au milieu d’une phrase, coupé en plein élan par le fatal accident qu’on appellera le doute de l’écrivain.

simulation accident route jouet06

Mais cette fois, je dois m’accrocher. Parce que les regrets à base de “ah gna gna si j’avais fait”, j’en ai marre, stop. Je FAIS. Si j’échoue j’aurais au moins une bonne raison de chouiner.

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Où la carte illimitée tue le cinéma

Car-ré-ment. Un soir d’hiver, Victor et moi regardons les cartes cinéma car nous planifions de voir je ne sais plus quel film. “Hé, achète notre carte illimitée ! Pour une vingtaine d’euros par mois, tu pourras voir tous les films que tu veux”. Oh, intéressant, c’est rentabilisé en 2 séances à peine ! Sauf que c’est pervers parce qu’avoir deux films bien à l’affiche par mois, c’est tendu… Alors pour pas perdre de l’argent, on ira voir n’importe quoi… et on va tuer le cinéma.

salle cinéma pleine

Je suis une spectatrice chiante. C’est à dire que sur le papier, il y a peu de films qui m’intéressent. Essentiellement parce que je déteste les récits manichéens où l’on sait dès le début du générique comment ça va finir (travers que je ne supporte pas en littérature non plus, ce qui me fait bannir dans les deux Arts les romances parce que 9 fois sur 10, le monsieur et la madame finissent ensemble dans un monde rose écoeurement sucré et furieusement hétérosexuel) ou parce que ce nouveau film trop tooooop ressemble aux 15 qui ont été faits avant lui sur le même modèle. Pour que j’accepte de sacrifier 2h de mon temps (car je  ne pourrai rien faire d’autre en même temps) et un billet, il va falloir sacrément me motiver.

déception à la caisse du cinéma

Car je ne vois pas dans le cinéma une activité pour passer le temps. Un peu comme la lecture : si je veux me faire un jacuzzi du cerveau, je vais lire Closer ou, pour en revenir au cinéma, regarder un téléfilm de merde à la télé (ou une série). Au cinéma, au vu de mon investissement personnel et financier, j’attends d’être amenée dans un spectacle haletant qui m’ébouriffe… Genre un blockbuster ? Non, dans 9 cas sur  10, ce genre de films semble n’être que l’exécution d’un recette sans saveur et surtout sans originalité. Si on en revient à Batman vs Superman, si on enlève quelques jolis plans, on a quoi ? Un film qui enfile clichés, punchlines, rebondissements incompréhensibles, et scènes vues 30 fois ailleurs. Bref, le taf est fait, le film rentrera dans ses frais car…

Batman vs Superman : l'aube de la justice

Les cartes illimitées. Parce qu’on doit aller régulièrement au cinéma pour entrer dans ses frais, on peut même s’instaurer un petit rituel “le dimanche, c’est ciné mcDo, hihi !”. Et j’ai remarqué, globalement, que quand tu vas au cinéma parce que faut rentabiliser la carte, le public va aller plutôt voir un truc “qui fait pas réfléchir” qu’un film un peu différent. N’y voyez pas ici un jugement de valeurs de ma part : quand je dis “public”, c’est parce que, moi, j’ai pas cette carte, et quand je suis dans un long courrier, je vais plus regarder Ant Man qu’un film français sur un drame familial à la con (même si j’avais vraiment aimé Respire de Mélanie Laurent maté dans un Séoul-Paris, je crois)(je me la pète un peu globe trotteuse, tavu ?) . Ou des films genre De rouille et d’os qui, je suis certaine, est très bien mais je suis rarement d’humeur à regarder des films tire larmes qu’elle que soit leur qualité. Mais pourtant, je reste à dire que les cartes illimitées tuent la création artistique au cinéma. Parce que mine de rien, vu qu’on va aller plus facilement voir ces films calibrés pour marcher, on ne va pas trop sortir des ornières vu qu’on sait que les gens sont “obligés” de consommer ce type de produits. Et on se retrouve avec une floppée de films nuls avec des critiques mauvaises mais qui restent rentables parce que quitte à se traîner au ciné un dimanche matin pour pas perdre de sous avec notre carte illimitée, on va aller voir le dernier film dont on a vu la bande-annonce absolument PARTOUT ces derniers jours. Même si, dans la bande-annonce, on te montre des scènes qui ne sont même pas dans le film (coucou Suicide Squad).

carte illimitée

Alors pour sauver le cinéma, on jette les cartes UGC ? Vous en pensez quoi ?

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L’amour sur les réseaux sociaux

Tant qu’on parle d’amour avec la désormais passée St Valentin (et pour ceux qui veulent savoir : mon gâteau magique était absolument délicieux, la recette en cliquant sur le lien, vous devez le tester), j’ai envie de me pencher plus spécifiquement sur la mise en scène de son amour sur la toile : l’ amour sur les réseaux sociaux.

gateau-magique

En 2016, je vais peut-être soigner mes photos culinaires, qui sait ?

Dans mes timelines diverses, je vois passer moults contenus, chacun affichant ce qu’il souhaite donner comme image de lui : performances sportives, plats cuisinés (coucou ! Ben, je cuisine peu alors quand je le fais, faut que ça se voit), voyage (re coucou), opinions politiques (ça dépend), culture avec le programme précis des sorties culturelles de la personne et son avis sur ce qu’il a vu/lu en 3 mots… mais nous avons aussi les couples qui roucoulent d’amour sur nos timelines. Certains trouveront ça mignons, d’autres lourds… Moi,selon le degré, je vais finir par trouver ça suspect.

L'amour sur les réseaux sociaux

Alors je ne suis pas une partisane d’afficher toute ma vie de couple sur les réseaux sociaux parce que… ben parce que la vie de couple, c’est pas non plus l’aventure H24 et un dimanche à glander sur le canapé, ça n’intéresse personne à part les deux concernés, il me semble. Cependant je ne cache pas non plus ma situation amoureuse, Victor et moi échangeant de très nombreux messages sur les différents réseaux sans faire style qu’on n’est pas ensemble. Ceux qui me suivent sur Twitter et sont un peu attentifs n’auront aucun mal à trouver le compte de Victor (c’est pas un défi que je vous lance). Sur Facebook, on est au même endroit au même moment, on se like et on se commente mais pas de photo de nous ensemble… Essentiellement parce qu’il en existe peu vu qu’on n’est pas super fans des photos (c’est pas pour rien que je suis toujours derrière l’appareil) mais surtout qu’une nouvelle fois, je vois pas super l’intérêt. Mais c’est une fille qui ne comprend pas le besoin de faire un selfie devant chaque truc que l’on croise qui vous dis ça, je dois prendre 10 selfies par an, essentiellement pour changer ma photo de profil Facebook, celle que j’ai ne me plaisant plus. D’ailleurs, ça passe les selfies sur LinkedIn ? Non parce que j’ai la même photo depuis 3 ans, elle commence à me saouler. Bref. Donc mes photos de vacances, c’est en général “regarde ce que j’ai vu, c’est trop génial” et pas “regarde, c’est MOI devant un truc génial !”. D’ailleurs, on le voit moins le truc génial. Ressentant peu le besoin de mettre mon image en scène, il est donc naturel que je ne le fasse pas pour mon couple non plus.

Quand je me selfise

Quand je me selfise

La plupart de mes contacts agissent ainsi : il est assez facile de comprendre qui est leur moitié puisqu’ils ne se cachent pas, sans pour autant s’exhiber. Mais il y a d’autres styles qui m’interpellent un petit peu. En premier lieu le :

Je ne veux aucune trace de mon couple sur les réseaux sociaux : alors ok mais à un moment, ça finir par devenir suspect. Qu’on n’utilise pas le “en couple” de Facebook, soit, ok, je ne le fais pas non plus. Mais qu’on s’attache à faire disparaître toute trace d’un éventuel autre, qu’on parle de son only one sans jamais le citer alors qu’il est bien dans le réseau mais tu comprends, c’est pour “préserver notre intimité”… Non, c’est que je pense qu’il/elle t’a fait croire ça juste pour pouvoir chasser tranquillement sur les réseaux sociaux. Surtout qu’à un moment, le couple caché est cramé donc si aucun des deux n’est déjà en couple, pourquoi faire genre que non ? C’est pas parce que tu admets être en couple avec un pseudo ou un profil Facebook qu’on va tous s’inviter à votre mariage, hein… Enfin, de mon expérience, les mecs qui cachent farouchement leur meuf sont rarement irréprochables niveau fidélité (et du coup, c’est très drôle quand quelqu’un les tague sur la photo de leur propre mariage… tu tombes un peu des nues mais ça reste drôle).

Salut, je suis la meuf du mec qui te chauffe sur les réseaux sociaux en t'assurant qu'il est célib !

Salut, je suis la meuf du mec qui te chauffe sur les réseaux sociaux en t’assurant qu’il est célib !

– Les “regarde, t’as vu, je suis en couple, t’as vu, t’as vu ?”. Ceux là, tu peux pas avoir une photo de l’un sans l’autre et des commentaires mielleux à longueur de page. Ceux à qui tu as envie de hurler : “Ca va, c’est bon, on a compris que vous étiez en couple !”. Ici, j’ai tendance à voir un comportement sous-jacent à base de “woh je suis ENFIN en couple, regardez les amis, quelqu’un a voulu de moi !”. Je ne sais pas si c’est mignon ou flippant, à dire vrai… Parce qu’à travers les réseaux sociaux, à travers nos statuts et nos tweets transparaissent nos angoisses les plus profondes. Pourquoi mettre à ce point son couple en avant ? Pourquoi “pisser” sur l’autre pour bien marquer qu’il est nôtre… Surtout si l’autre est du genre “non, je n’affiche en aucun cas mon couple sur les réseaux sociaux”. Les likes et les retweets de toute manifestation de notre adoré-e se multiplient… Et s’étale sous ton nez l’évident déséquilibre de ce couple que, parfois, tu ne connais même pas.

"Poste un truc que je le like/retweet"

« Poste un truc que je le like/retweet »

Je suis toujours un peu interrogative sur les motivations d’exposer son couple à ce point. Ou de le cacher farouchement (alors qu’on vous crame très facilement, arrêtez). Parce que finalement, dans votre romance très affichée ou votre célibat artificiel, je n’y vois toujours que le sous texte : ce que j’aime dans mon couple ? L’image que ça donne de moi.

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Je suis la Bachelorette des sites de rencontre

Au début, les sites de rencontre, ça effraie, on se demande à quoi ça rime de draguer avec son clavier. Puis on découvre un nouvel univers, celui de la chope et de la séduction facile. Ben tiens, je ne me savais pas si canon… Mais le piège est là : à force de choper easy, on finit par ne courir qu’après le fast love et oublier la possible romance. Et ce n’est finalement pas si bon pour l’ego.
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La séduction a cela de compliqué qu’il n’est pas toujours facile de trouver un terrain de jeu. On peut draguer partout, certes, mais pas si simple de trouver des partenaires attirants et disponibles dans un lieu ne cassant pas tout velléité de tentative de charme. Par exemple, le travail : on a forcément tous des collègues plaisants et peut-être même sont-ils célibataires mais franchement, y a-t-il quelque chose de moins torride que ces grands open space blancs et aseptisés parfumés à l’ordi qui chauffe et à l’activité humaine ? Et je parle même pas de la moquette sombre idéale pour planquer les taches. Bref, le quotidien ne vous apporte pas toujours son lot de proie potentielle. Et voilà soudain que vous vous retrouvez au coeur d’un énorme pool de personnes disponibles, volontaires pour vous rencontrer et plus si affinités.
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Si certains se fixent une ligne de conduite car le but est bien de trouver une moitié pour la vie, d’autres plongent à  corps perdu dans les rencontres et les rapports sexuels qui concluent la soirée. Voire l’après-midi. Voire les 15 mn où on s’est vaguement parlé avant de s’arracher nos vêtements. Et c’est là que je veux en venir. A force d’accumuler les plans, on glisse peu à peu dans le glauque, c’est limite « salut, tu peux retirer tes chaussures et ta culotte pour rentrer chez moi ? ». On baise, on baise. Au début, ça fait du bien, ça fait plaisir. A la fin, c’est limite un besoin. J’ai déjà parlé de la malbaise et des addicts à la rencontre sexuelle.
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Une fatalité ? Non, bien sûr ! Et ce n’est pas un drame non plus. On n’est qu’à quelques clics de la désincription. Ah, vous avez payé un abonnement ? Ah oui, tiens, bonne question : site gratuit ou site ayant. Nous en discuterons la semaine prochaine.

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Tiens, si on se créait un mail de couple ?

Je l’ai toujours crié à qui voulait l’entendre, et aux autres aussi : la naissance d’un « nous » n’est pas la mort du « je ». Moi, Nina, j’ai existé 34 ans ou à peu près, avant de te connaître, il est hors de question de devenir une sorte d’appendice de ton toi. Le mythe des androgynes, c’est très joli mais je veux continuer aussi à vivre par moi même.

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Un jour comme un autre. Alors que je suis en train de bosser, je m’accorde une petite pause « netvibes » dit aussi « matons mes flux RSS de mails voir si quelqu’un est venu m’écrire qu’il m’aimait ». Oui, telle une adolescente en fleur, j’aime imaginer qu’un inconnu va me déclarer sa flamme. Et que cet inconnu ressemblera à Joe Manganiello ou à peu près (je vous ai trop parlé d’Henry Cavill et Jon Kortajarena, faut savoir varier ses crushes) (Manganiello est à peu près la seule raison valable de regarder True Blood. Ca et éventuellement le fait de voir comment, tel un film porno, ils vont écrire trois lignes de texte pour balancer une scène de cul) (l’autre jour, y a quand même Sookie qui a attaché un mec à un arbre avant de se le taper tranquille, sans trop lui demander son avis… Pardon, quoi !)(j’ai pas compris qui était le mec). Mais non, à la place, j’ai « Sébastien et Florence ». Je veux dire l’expéditeur du mail est « Sébastien et Florence », ils nous invitent cordialement pour une soirée dans leur chez eux. GASP !!
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Voilà, Sébastien et Florence sont devenus une entité unique, ils sont « Sebéflo ». « Ah tiens, j’ai des nouvelles de Sebéflo », « tu vas à la soirée de Sebéflo ce soir ? » « Sebéflo partent aux Etats-Unis en septembre, la chance ! ». Bien évidemment, il est plutôt sain pour un couple d’avoir des activités communes (sinon, on peut se demander s’il s’agit pas simplement d’un plan cul) mais une boîte mail commune, pourquoi ?

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Aaaaaaaah oui, on va me dire « mais c’est pour les événements communs genre la crémaillère, le mariage… » Oui, alors éventuellement même si la plupart des couples ayant le mail au double nom n’est ni marié et que la crémaillère est passée depuis longtemps et le mail sert toujours. Un mail commun, ça valide quelque chose : dans le couple, y en a un qui gère la vie sociale, l’autre qui suit. C’est pas Florence ou Sébastien qui lance l’invite en mettant l’autre en copie, non, c’est Sebéflo, tu sais pas forcément lequel vu qu’ils signent de leurs deux noms. Et tu le sais, ces mails là marquent aussi autre chose : les mails collectifs. Sebéflo te parlent pas à toi en particulier, ils parlent à la masse, ils inondent la foule en mal d’amour de leur sirupeuse romance. Ils annoncent à deux, c’est plus écolo. Et sans doute un peu plus froid. Et t’as intérêt à bien aimer les deux. J’eus connu un couple (qui doit avoir une adresse commune maintenant vu qu’elle n’avait de toute façon plus droit à aucune vie privée), j’aurais pas aimé recevoir un mail « nous » venant de lui vu que j’avais même pas envie de lui parler. C’est sans doute aussi comme ça que tu finis par recevoir des mails d’invitation d’un membre de cette entité 4 bras 4 jambes que tu ne connais pas car ils font désormais carnet de contact commun. La vraie question restant : utilisent-ils toujours leur adresse personnelle individuelle ou je peux arrêter d’écrire dessus ?
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Et puis après quoi ? Le compte Facebook commun ? Un mobile pour deux ? Pitié, pitié. Mais vous savez le pire ? C’est que ceux qui ont franchi le pas du mail à deux sont souvent ceux qui étaient les plus virulents sur le sujet. Du coup, il est fort possible qu’un jour, vous receviez un mail de Nina et XXX. Ce jour là, soyez chouette, renvoyez moi à cet article.

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Je lis l’avenir dans la téléréalité

J’ai un don : je mate une émission de téléréalité et je peux vous dire qui va gagner. Même sans la regarder d’ailleurs, il me suffit de lire les résumés sur Voici et je vous sors le nom du vainqueur. Parce que, oui, la téléréalité, c’est surtout une belle histoire qu’on vous raconte.

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Je suis tombée dans la spirale du Bachelor. Pas les premiers épisodes parce que j’avais chorale mais petit à petit, j’ai vu. Surtout que chaque épisode a dû être diffusé une bonne douzaine de fois. Vous avez vu l’histoire d’un bellâtre à accent qui tombe amoureux de plein de filles mais finit par n’en choisir qu’une dans un grand moment d’émotion, de rose et de bague échangée. Au bout de max trois semaines de tournage mais ça fait bien pour la télé. Mais voici la vraie histoire que l’émission vous a raconté.

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Il était une fois une jeune fille de province de type girl next door, jolie mais pas canonissime qui se rêve la nouvelle Cendrillon. Elle se retrouve projetée dans un univers de jeunes femmes qui ont été miss de beauté, sont mannequins ou Dieu seul sait quoi. Bien sûr, dans le lot, quelques fille moins jolies mais elles seront dézinguées dans les premiers épisodes vu que le garçon doit rembarrer une douzaine de ses prétendantes en deux soirs, bam. D’emblée, on voit de la bonnasse, certes vulgaire pour la plupart, mais remarquable. Pourtant, notre prince repère d’emblée sa Cendrillon. Et c’est parti pour deux mois (je crois) d’une romance simple, une romance à portée de main. Pendant que les mannequins et miss tombent au champ d’honneur, notre Cendrillon reste courageusement épisode après épisode. Elle est timide, réservée, naturelle… Une fille comme vous et moi. Plus que quatre filles : un mannequin, deux ex Miss et la fille comme nous. La mannequin tombe. Puis les deux miss. Bravo Cendrillon, t’as gagné !

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Je n’affirmerai pas que tous les participants de l’émission sont des acteurs et que tout est écrit, non, non. Je mettrai juste en avant l’incroyable talent des monteurs et réalisateurs qui vous racontent une bien belle histoire. Pour le Bachelor, le tournage a dû avoir lieu fin d’été, début d’automne à vue de nez. Imaginez tout le temps qu’ils ont eu pour bricoler cette histoire de Cendrillon. Ils auraient pu faire la même avec Livia (j’aime bien ce prénom mais je suis un peu traumatisée, là…), effacer les moments où elle est hypeeeeeeeeer exubérante pour ne garder que les moments fille sensible, gnagnagna. Idem pour la Déborah qui explique être “de plus en plus proche de la femme qu’Adriano recherche” (sous entendu “je veux gagner donc j’essaie de piger ce qu’il veut et je lui sers”… Mais elle s’est loupée, elle faisait super peur en parlant mariage, bébés avec prénoms déjà choisis…), on peut toujours choisir l’angle d’attaque.

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Prenons les Secret Stories, réalisation plus au cordeau mais si on regarde la liste des gagnants (pour ce que je m’en souviens, j’avoue n’avoir suivi que les saisons 3 et 4 mais je fais quand même comme si je savais de quoi je parlais), ce sont souvent les “gentils” de l’histoire, les un peu grande gueule mais pas trop, les pas trop mal mais pas trop canons, ceux qu’on pourrait avoir en meilleurs amis… Voire qui pourraient être nous.

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Parce que c’est bien de cela qui s’agit. La téléréalité vous raconte une histoire dont vous pourriez être l’héroïne, vous, oui, vous, la ménagère de moins de 50 ans. D’ailleurs, les gagnants sont quand même très souvent des gagnantes, non ? Vous pensez avoir le pouvoir de choisir le candidat qui restera mais vous choisissez celui que la prod vous impose par un subtil jeu de montages et de règles à la con permettant d’éviter la nomination des fortes têtes imbuvables mais qui font le spectacle. Vous pensez assister à la naissance d’une love story et choisir une candidate car elle vous paraît plus vraie. Mais on vous l’a vendue ainsi alors qu’on fait passer l’autre pour une hystéro prétentieuse et égocentrique.

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La téléréalité, ce n’est finalement ni plus ni moins qu’un jeu de lumière. Et je suis super douée pour voir vers qui pointe le projecteur.

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