Comment je réécris souvent Starmania

Et ce malgré moi. Je vous parlais dimanche [dernier mais semaine de merde, pas eu le temps de le publier avant] de Starmania et vous avais promis de vous expliquer un peu plus l’empreinte que ça a laissé dans mon imaginaire de scribouilleuse. Donc pour la petite histoire, j’ai découvert Starmania à 13 ou 14 ans suite à un séjour au ski où les animateurs chantaient Starmania (et j’en ai raté les ¾ car je regardais Mystères dans la chambre). Ma mère avait acheté le CD (la version 94 qui venait de sortir), j’écoutais ça sans connaître l’histoire, vraiment… Puis je suis allée voir la représentation au Palais des Sports de Toulouse… et depuis, je réécris souvent Starmania.

Starmania, l'opéra rock

Vous ai-je parlé d’Ofelia ? De ci de là mais sans rentrer dans les détails. Mon histoire d’Ofelia, qui vit dans une sorte de néo Rome, c’est peu ou prou celle de Cristal et Johnny. J’avais d’ailleurs commencé ce roman (de 8,5 pages, j’ai connu des notes d’intentions plus étoffées) en l’imaginant très clairement comme une légère réinterprétation de Starmania. Et du coup, d’avoir relancé ma playlist Starmania vendredi dernier, j’ai une furieuse envie de le reprendre (mais je dois d’abord finir le roman de Maja). Sauf que quand j’ai commencé à écrire Ofelia, ça m’a donné la sensation de réécrire un truc que j’avais déjà pondu… ah oui, c’est ça Technopolis.

New York, la mégapole vue de Central Park

Pour les plus vieux lecteurs de ce blog, vous en avez lu quelques pages mais voici l’histoire pour les autres : une ville futuriste, une jeune fille riche qui se rebelle contre le système… à la nuance près qu’ici, ce n’est pas Cristal (ou Ofelia) qui est kidnappée et qui épouse la cause de ses ravisseurs mais Ethan… C’est marrant, à 20 ans, j’étais un peu dans une déconstruction féministe finalement… bien malgré moi, cependant. Mais toujours cette idée de gigantesque, de maître de la ville, de tour immense avec sommet qui tourne (de mémoire)… Mmmm. Ah et pour ceux qui suivent bien, j’avais dit que j’allais balancer Technopolis en auto-édition mais je me rends compte que je dois le re réécrire. Oui, je l’avais fait y a 10 ans (vertige) mais j’ai maturé plein de trucs donc je dois re recommencer. Puis peut-être changer deux ou trois trucs vu que j’avais envisagé ça comme une quadralogie dans ma prime jeunesse et j’en resterai là, finalement. Oui, laissez-moi imaginer que vous attendez tous ça avec impatience, ne tuez pas mes rêves.

jeune femme rêveuse et fleurs dans les cheveux

Alors pourquoi j’en reviens toujours là, même pas forcément consciemment. Question tout aussi d’actualité sur le roman de Maja, d’ailleurs. Ce qui m’interroge dans ces histoires, c’est la rébellion, la révolte ou, dans une moindre mesure, la désobéissance civile. Comment tu sors de la troupe des “moutons” pour te dire que y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond, quand est-ce que tu ouvres les yeux ? Et surtout quand est-ce que tu décides d’agir ? Des choses qui rentrent légèrement en écho avec certaines de mes interrogations, parfois. Non que je vise une quelconque illégalité (on va pas se mentir, je suis quand même une flipette, mon fait de “gloire” doit être d’avoir planqué un peu d’herbe dans un sachet de serviette hygiénique) mais ça reste à m’interroger : comment est-on à un moment poussé à agir pour tenter de changer le monde… ou du moins la société où l’on vit.

Fillette super héroïne

Mais surtout, la vraie question c’est : jusqu’où va-t-on ? Quelle est la limite ? Violence ou non-violence ? Dégradation de biens, vols, kidnappings ? Je suis toujours interrogative face au glissement vers la violence : à quel moment tu bascules. A quel moment tu considères que ta cause vaut la casse. D’ailleurs, j’avais envisagé de faire mon mémoire de maîtrise sur le FLQ (mais j’ai lâché pour cause de sources compliquées à récupérer). Le plus dur est finalement de rester sur le fil : ne pas juger, juste raconter une histoire. Parce que oui, le terrorisme, c’est mal mais quand il gagne, on appelle ça… la résistance.

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Les surprises de la réécriture

19h30, je me jette sur un siège, je dégaine mon carnet désormais jaune citron (merci Snapchat), mon stylo et c’est parti pour continuer à narrer les aventures de Maja, Luka, Svea et leurs amis à Stockholm. Couvrir les pages blanches, tisser la suite dans ma tête pendant que je marche, rentrer et recopier. En profiter pour faire un peu de réécriture, lâcher ses notes et taper une phrase… pour constater que c’est exactement ce que j’avais déjà écrit.

Carnet d'écriture

Quand j’ai décidé de me lancer dans ce processus d’écriture manuscrite pour retaper ensuite, c’était pour m’offrir une relecture immédiate et donc une éventuelle réécriture pour rendre le récit plus dynamique et les phrases plus mélodiques, plus travaillées. Parfois, je reste accrochée à mon cahier, machinalement, je retape sans y penser. Mais d’autres, je me sens pousser des ailes, je commence à taper ce qui me vient. Puis je relis… et je constate que c’est exactement ce que j’avais déjà écrit. Mince alors ! Etais-je déjà à mon optimum dès la première tentative ?

Ecriture

Il y a sans doute une question de délais. Il y a 10 ans (wow !), j’avais réécrit Technopolis que j’avais écrit en 2000, 2001 de mémoire, soit 5 ans de décalage et en effet, j’avais pas mal retapé des phrases qui me paraissaient faiblardes ou bancales. Parce que la Nina de 2005 n’était plus la Nina de 2006 : j’avais mûri, beaucoup lu entre temps et écrit à peu près quotidiennement… Oui, sur ce blog, on est très loin d’une écriture romanesque mais quand même, l’idée est là. Alors que quelle est la différence entre Nina 9 mars 2017 à 19h43 et Nina 10 mars 2017 à 06h47 ? Une nuit, certes, et nous savons tous que la nuit porte conseil mais après ? Donc forcément, je réécris la même chose… sauf qu’il se passe un étrange phénomène… J’ai parfois l’impression que ce n’est pas tout à fait moi qui ai écrit ces lignes.

Machine à écrire Shining

Ouais, c’est comme si la Nina du 09 mars 2017 lançait un cri et que la Nina du 10 mars 2017 y répondait. Je suis parfois surprise de voir ce que j’ai écrit. Pas le fond, je connais mon histoire mais la forme. Il y a une scène en particulier… Dans le roman de Maja, il y a un professeur qui est un peu un agitateur (enfin, un peu…) et qui, à un moment, fait un discours pour appeler à la désobéissance civile. Je me souviens l’avoir écrit avec frénésie, limite à m’en faire mal à la main. Quand je l’ai retapé, genre un mois plus tard (j’ai eu beaucoup de retard à un moment), j’étais limite à me lever de mon fauteuil en brandissant mon poing vers le ciel “OUI, OUI ! Mec, tu m’as conquise”. Alors que bon, c’est légèrement moi qui ai écrit ça en fait, à la base. Et sur ce passage, pardon mais je manque totalement de modestie, tellement que j’ai hésité à en faire un article ici, copié/collé (mais c’est un peu long).

Tatouage lion sur le doigt

Et je me pose une question : les mots nous appartiennent-t-ils toujours une fois sortis de nous ? Ca peut me le faire parfois, quand je relis des anciens articles oubliés en mode “tiens, j’ai écrit ça, moi ?”. Un peu comme une graine semée par le vent, une fois partie de moi, elle vit sa vie et je la retrouve parfois avec étonnement…

Réécriture

Mais surtout la réécriture, c’est aussi se rendre compte qu’on a pris la mauvaise piste… On voit ça ensemble une prochaine fois.

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La première phrase

La semaine dernière, je vous ai partagé la première phrase de mon roman sans titre, nom de code : Maja Sweden. Je vous parlerai titre une autre fois. Je la trouvais un peu plate, un peu nase à la relecture, je vous la repartage, pour le plaisir masochiste :

“Il est souvent difficile de savoir où commence réellement une histoire”

Il est souvent difficile de savoir où commence une histoire - écriture manuscrite - première phrase

Définitivement, à réécrire. Voyons voir celle d’un autre roman sans titre, nom de code “Ezialis”

“La roue passa sur un gros caillou, secouant les passagers du carrosse fonçant droit vers la capitale”

La roue passa sur un gros caillou, secouant les passagers du carrosse fonçant droit vers la capitale - écriture manuscrite

Déjà mieux, pas le temps de niaiser, on est direct dans l’action et dans un véhicule qui va vite. Une dernière pour le plaisir, voyons… Roman toujours sans titre, nom de code : “pour son sourire” (si vous cliquez, vous aurez la chanson de Jorane quasi du même nom, il y a d’ailleurs de fortes chances que cet embryon de roman ait hérité de ce titre car au moment où je nommais le fichier, j’écoutais Jorane. )

“Un garçon passa en courant à côté de moi, me faisant sursauter.”

Un garçon passa en courant à côté de moi, me faisant sursauter - écriture manuscrite

Ah tiens, on passe à la première personne du singulier. Ah, faudra que j’en parle, ça aussi, du je ou du “il/elle”. C’est fantastique, je viens d’écrire 20 lignes qui ne contiennent à peu près que du vide et des promesses. Je suis tellement faite pour la politique en fait.

Casting baron Noir canal plus Kad Merah, Anna Mouglalis, Niels aRESTRUP

J’ai bien aimé Baron Noir, au passage

Je n’ai jamais su commencer. Quand j’étais en terminale, la plupart de mes disserts de philo commençaient par “de tout temps, l’homme” pia pia pia… Jusqu’à ce que j’arrive à la fac et qu’un prof nous dise que c’était ri-di-cu-le et qu’il fallait éviter à tout prix. Ce même professeur, qui a ruiné ma culotte en disant qu’il se souviendrait longtemps de moi, m’avait filé un conseil qui me servira jusqu’à la fin de mes études : “Commencez votre dissert par une anecdote ou une citation”. Ah oui, oui, merci, Monsieur ! C’est ainsi que j’ai débuté la rédaction de mes mémoires… avant d’abandonner l’écriture de l’introduction pour le faire en dernier (conseil d’un autre professeur mais moins sexy (le prof, pas le conseil)).

cupcake topping marché de Belfast

Finalement, l’introduction, c’est comme le topping d’un cupcake : tu fignoles à mort car c’est ce qui va être mangé en premier

Parce que débuter, c’est difficile. Ca marche pour tout, hein, pas que pour l’écriture d’un roman. Pour l’écriture d’un article déjà, vous remarquerez que mes phrases d’attaque sont rarement le point fort du propos (je commence généralement par un “la semaine dernière”, “hier”, “il y a quelques temps”). Mais aussi pour des activités manuelles genre la couture ou le tricot, mes petites marottes du moment. Oui, c’est cyclique chez moi : j’attends avec impatience mon matos mais une fois que j’ai tout, je traîîîîne à commencer, je ne sais pas par quel bout prendre. Le pire, c’est quand je me prends d’une passion soudaine sans socle préexistant genre : le paper art. Ca me fait surkiffer, je vois plein de photos, je me dis “oui, je veux faire ça”. Et voilà. Par quel bout je prends le truc ? Par quoi je commence ? Parce qu’un mauvais départ, c’est la voie royale pour vite laisser tomber. Dans l’absolu, sur le paper art, c’est pas dramatique vu que je comptais pas en faire mon métier, mais sur un roman ça génère de la frustration. Parce que j’ai toutes ces histoires dans ma tête dont je ne fais rien, ces scènes tricotées au fur et à mesure de mes marches pour aller bosser (ce qui m’arrive beaucoup moins vu que je ne marche plus beaucoup, snif) qui n’attendent qu’à être couchées sur papier. Mais si le départ est mauvais, je n’arrive plus à rattraper le fil.

chat pelote noeud jeu mignon

Quand tu renonces à rattraper le fil

Du coup, reprenons les conseils du Pr “j’aurais tant aimé te montrer ma culotte” et voyons si nous pouvons les appliquer :

  • Une citation : alors non, direct. Le conseil est bon, ne nous méprenons pas mais vous savez qui commence ses romans ou chapitre par une citation ? Marc Lévy, Guillaume Musso, Dan Brown… Pas des gens que j’ai envie de suivre (no offense, c’est juste pas ma came). Et de façon générale, je trouve que les gens qui usent de citations dans la vie réelle genre sur leur Facebook ou Twitter sont des médiocres qui veulent se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas.
  • Une anecdote : et mais pourquoi pas en fait. Sauf que voyons… Maja, je raconte quoi comme anecdote sur elle ? Là, la phrase sert juste à enchaîner direct sur Maja et l’éveil de sa conscience politique, on s‘en fout un peu de ce qu’elle a pu faire avant, rien ne la rattache à cette histoire là. Mais le coup de l’anecdote, ça peut servir pour plus tard.

deux femmes se chuchotent un secret

Et pourquoi ça me saoule autant cette phase d’attaque ? Parce qu’avant, j’avais un vilain tic d’écriture qui lançait la première scène comme un film, littéralement : une description rapide d’un lieu, un personnage « pop » : ce sera lui ou elle le héros ou l’héroïne, certainement et quelques lignes plus tard, quelqu’un viendra lui parler pour qu’on ait le prénom de la personne. Ce qui donnait dans la version 1 d’Ezialis :

Le bois grinça, ajoutant une touche de lugubre dans l’obscurité nauséabonde. A l’odeur de sueur et de déjections se mêlaient celles, tenaces, de poisson séché et d’algues en putréfaction. L’ambiance pesante était entrecoupée de toux, de râles, quelques sanglots. Ils ne savaient pas précisément vers où ils naviguaient mais leur avenir s’annonçait sombre.”

C’est limite si vous ne voyez pas les noms des acteurs apparaître en surimpression, non ?

générique game of thrones

Le meilleur générique du monde

N’empêche… N’empêche qu’à tout relire, je me dis que c’est peut-être mieux. Et si “roman nom de code “Maja Sweden”” démarrait par “Le ciel lourd de ce matin d’automne donnait une allure lugubre à la salle de cours où on n’entendait que le professeur et les cliquetis des claviers sur lesquels les étudiants tapaient avec dextérité. Maja Lagerkvist ne se doutait pas que ce cours allait bouleverser sa vie”.

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Mmmm… C’est mieux non ?

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La discipline de l’écriture

Pour que la vie me soit plus douce et demain toujours un peu exaltant, j’aime avoir des projets. En ce moment, par exemple, je cuisine, je tricote, je couds. Un peu tous les jours, je vois le chemin se dessiner vers l’accomplissement de mon projet. Et je cherche à appliquer cette même discipline du “un peu tous les jours” à l’écriture, afin de réellement faire avancer mon aventure éditoriale. Mais est-ce vraiment une bonne idée ?

Machine à écrire, papier et crayon, ambiance rétro

J’ai une obsession du chiffre et de la to do list. En début d’année, je m’étais fixée une liste de tâches quotidiennes à effectuer pour avoir une vie très réussie : écrire un article par jour (pour les vingtenaires mais aussi pour des projets annexes genre “Nina feels good”, le truc dont je parle tout le temps mais qui n’existe toujours que dans ma tête), faire mes exercices duolingo (faut que je m’y remette, j’y ai pas touché depuis mai, je crois), monter 20 étages par jour (oublié aussi alors que je les tenais), faire mes 10 000 pas, traqués par mon fidèle bracelet Jawbones… Et écrire 1500 mots par jour sur mes romans divers et variés. Beau programme, hein ? Autant vous dire que je n’ai jamais réussi à tout faire, essentiellement parce que pas mal de mon temps est occupé par mon travail, mon mec et des fois, je dors aussi. Si j’arrive à peu près à écrire pour nourrir ce blog, côté écriture de roman, ce fut un flop retentissant.

échec reine renversée sur un damier

J’envisageais alors l’écriture comme un sport, quelque chose à pratiquer de façon régulière pour parvenir à ses fins. J’ai beau adorer le sport, il y a des jours où, sur le coup, je n’ai pas forcément très envie de me lancer. Typiquement, la piscine. J’adore l’eau, j’adore nager, je pense que ceux qui me lisent depuis quelques années s’en sont bien rendus compte. Mais la piscine est froide, quand même (surtout quand on baisse la température de 1 degré pour faire des économies d’énergie. Pour nager, une eau pas si chaude est mieux mais pour y entrer, il faut faire preuve de courage et d’abnégation, voire d’un peu de folie) et leur sèche-cheveux pourris ne sèchent rien du tout, je vais choper la crève et je n’ai pas trop le temps d’y aller finalement… Bref, j’ai un bon gros chapelet d’excuse pour ne pas y aller, pour baigner dans ma démotivation. Et pourtant, une fois que j’y suis, que je sens l’eau glisser sur mon corps en plein effort, je suis contente d’y être allée. Du coup, pour l’écriture, ça doit fonctionner pareil, non ? Une fois le starter mis, ça devrait glisser tout seul.

ecrire au quotidien, une discipline - carnet page blanche et stylo

 

Mais est-ce une si bonne idée de se forcer à écrire ? L’idée de ce rythme pas si effréné était d’avancer dans le récit, quitte à reprendre plus tard pour relever le niveau les jours où j’ai écrit avec les pieds. Ca me rappelle une anecdote d’ailleurs. Quand j’étais en 4e, la prof nous avait demandé d’écrire un petit roman, j’ai déjà dû en parler trente fois sur ce blog, je crois. Si j’avais hérité d’un magnifique 16 (et ce même si je soupçonne la prof de s’être un peu moquée de moi quand elle a dit que mes dessins avaient un style… Sans mentir, c’était franchement laid mais dans le style très naïf et enfantin), quelques passages avaient été soulignés de rouge, la prof soupirant un peu d’une pauvreté soudaine de vocabulaire. C’était notamment le cas au moment où mes personnages entrent dans une chapelle secrète ou je ne sais plus quoi (j’avais 14 ans, je ne me souviens pas de tout) et la description ressemblait à peu près à ça “pia pia était pia pia était pia pia étaient pia pia était”. Oui, il devait y avoir une promo sur le verbe être le jour où j’ai écrit ça… Ou alors, j’ai écrit ça un jour de non inspiration mais où je n’avais pas le temps de niaiser car le rendu était proche. Et point de réécriture car j’ai tout écrit à la main (en 1994, je ne devais pas encore avoir d’ordinateur à la maison… Pourtant, je devais bien avoir une vieille machine à écrire, mmmm…j’étais peut-être juste maso). Bref : plus tu te forces, plus c’est atroce.

Jeune femme énervée froisse une feuille de papier devant son ordinateur

Oui ok mais du coup, on va abandonner direct le rêve éditorial parce que… Ben parce que mon emploi du temps, il s’en fout des bonnes vibes de mon inspiration. Il y a des jours où je crève d’envie, littéralement, d’écrire… Sauf que ça tombe comme de par hasard le jour où je suis blindée de taf, que j’ai une reco à rendre impérativement et que l’excuse “pardon de ne pas avoir tenu les délais mais j’avais besoin d’écrire”, ça ne fonctionne pas. Déjà que ces jours là, t’es limite obligé d’avaler un sandwich devant ton écran au lieu d’aller à la cantine pour prouver ton abnégation, hein… Donc si je veux écrire de façon régulière, je dois choisir d’écrire en fonction de mon temps libre plutôt que de mon inspiration, histoire d’être sûre d’avancer un tout petit peu ? Oui. Et j’ai même un nouveau jeu qui va me permettre d’y arriver, je vous raconte une prochaine fois…

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Le cahier d’écrivaine

Dans mes plus jeunes années, quand je me voyais déjà écrivaine, je m’étais achetée un cahier d’écrivains dont la première qualité était d’être joli. J’y notais quelques idées, quelques nom de personnages à utiliser ci ou là parce que j’aimais bien. Mais dans les faits, ai-je vraiment besoin de ce cahier d’écrivaine ?

cahier d'écrivaine

Quand on imagine le bureau d’artiste, il doit toujours y avoir dans un coin un vieux cahier gribouillé et raturé, recueillant croquis ou mots, embryons d’une œuvre future. On a souvent cette image d’Epinal d’un écrivain noircissant les pages de son carnet au fond d’un bar ou en terrasse, judicieusement accompagné d’un petit noir ou d’un ballon de rouge, voire une bonne mousse. J’avoue que le concept me fait rêver. Curieusement, j’aime à penser que j’écrirais mieux dans un environnement propice, un café ou une bibliothèque. Alors que c’est un peu comme imaginer que sa vie serait différente si on était plus grand, mince, musclé… Rayez la mention inutile. Mais les amis, c’est un leurre.

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J’ai en ma possession un joli agenda avec un hibou à lunettes dessus parce que… Pourquoi pas. J’ai élu cet agenda « cahier de l’écrivaine » car il est joli. Je le regarde droit dans les pages (blanches) et… Rien. Qu’écrire dedans ? Le nom des personnages, oui, ce ne serait pas idiot mais ensuite ? Les grandes lignes de l’intrigue, oui, mais ensuite ? Parce que le souci est là : un cahier, c’est chouette mais… Je déteste écrire à la main.

carnet d'écrivaine
Sans dire que je suis née avec un clavier entre les mains, je suis à la croisée des générations X et Y et je tapais sur des machines à écrire dès mes 8 ans. Parce que ça va plus vite et que je peux me relire. Oh j’ai certes écrit pas mal de choses à la main : un roman, exercice de français en 4ème (j’ai eu 16, je me la pète un peu) ou quelques pages de roman quand je faisais semblant de réviser mon bac dans ma chambre (la machine à écrire m’aurait grillee). Quelques bouts épars lorsque je bossais à la Poste et qu’il n’y avait pas de clients (mieux vu que de sortir un roman ou, pire, un magazine) ou quelques phrases dans les réunions m’amenant au bout de l’ennui. Mais je n’y prends pas de plaisir : ça devient vite illisible et ma main se crispe. Je vous jure, j’ai attrapé une crampe aux Philippines suite à l’écriture d’une quinzaine de cartes postales. J’ai tellement plus vite fait d’écrire au clavier, pourquoi m’emmerder ?
clavier-lumineux
Parce que la réécriture. L’avantage d’écrire à la main, outre de rentabiliser certaines réunions, c’est que je vais revenir sur mon premier jet, forcément perfectible. Ça ne veut pas dire que le second sera parfait mais sera sans doute meilleur. En plus, je me mettrai moins la pression sur la qualité vu que ça devra être tapé. Plus de fond, moins de forme. Et surtout, ne pas écrire sur un ordinateur, ça veut dire ne pas glander sur les réseaux sociaux et perdre du temps. Tu sais, ce truc là… ah oui, procrastination !

reseaux-sociaux-procrastination-humour

Mais le souci majeur de ce plan, c’est le temps. J’ai déjà du mal à trouver du temps pour taper sur un clavier alors écrire ? Oublions déjà le métro : déjà que j’écris mal, là, j’atteindrai le niveau hiéroglyphe… Dans le train peut-être…Mais pourquoi pas le soir ? Ça me coupera de l’écran encore plus tôt et je recopierai mes notes le week-end, comme quand j’étais à la fac. À tester !

Pages écrites : 8 lignes /21 pages.
Y a presque un peu de mieux !

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Résolutions version réseaux sociaux (les miennes, pas les vôtres)

Hey hey ! Ceci  n’est pas un article sur les résolutions sur les réseaux sociaux mais bonne nouvelle, je compte me pencher sur la question et un peu sérieusement. Plus tard.

veronica-mars

Donc niveau bonnes résolutions, je vous ai parlé un peu de ce que je voulais faire pour rendre ma vie (mon corps et mon appart) plus belle. Mais qu’en est-il de “Nina”, cette entité virtuelle que je porte depuis près de 10 ans ? C’est drôle de voir que sur pas mal de réseaux, c’est sous ce pseudo que j’ai avancé en premier (Twitter, Instagram, Vine dont-je-me-suis-servie-qu’une-fois). Du coup, je me dis : tiens, et que faire de l’écosystème Nina pour 2015 ? Après tout, j’audite celui de mes clients, je peux bien bosser un peu le mien.

National Radio Astronomy Observatory ALMA Antennae Image

Alors en 1 : le blog. Ce blog est un peu projet de bientôt 10 ans, le truc qui a duré le plus longtemps dans ma vie même si on peut difficilement comparer le blog à ses débuts et ce qu’il est aujourd’hui. J’ai longtemps cherché comment rentabiliser le truc eeeeet j’ai toujours pas trouvé. Car non, je refuse même l’idée de foutre de la pub dessus mais parfois, j’ai envie d’en faire un truc. Pourquoi pas quelques bouquins en autoédition de quelques séries sympas genre la chômagie, le mariage ou les sites de rencontre. Mais j’ai besoin de temps pour la réécriture et j’aime pas réécrire. Mais ça pourrait être un projet. Ca et…

Les documents de Nina

 

*TOUDOUM*

 

J’ai pas encore bien réfléchi mais quand j’étais plus jeune et que j’avais le temps, j’écrivais *gratos* pour des webzines qui nécessitaient un peu de recherche et ça me permettait de me cultiver un peu. Donc l’idée est à peu près la même : je constitue un dossier sur des sujets d’actu ou non qui m’intéressent et je les publie ici. J’hésite quant à la forme : PDF ou PPT (quand la journaliste et la marketeuse fusionnent, tadam !). Bref, j’ai envie que ce blog reprenne ce qu’il ambitionnait d’être au tout départ avant qu’on ne se mette qu’à parler de sexe : un observatoire sociologique sans prétention. Même si dit comme ça, ça fait la fille qui se sent plus péter.

 Narcissism

J’ai aussi envie de vivre plus pleinement ma vie parisienne à fond tant que j’y vis toujours en réalisant un petit guide spa/massages (ça me forcera à y aller), les ateliers que je teste ou les visites que je peux faire en accord avec ce que j’ai décidé suite à mon voyage à Lisbonne.

 paris-cite

Niveau galaxie sociale et plus spécifiquement Twitter : je vais me faire des listes “gens intelligents”, on va dire. Je suis un peu fatiguée des attention whores en tout genre qui nous expliquent à longueur de temps qu’ils n’en ont rien à foutre de nos vies et de ce que l’on dit car prendre la parole sur autre chose que leur petite personne, c’est un peu voler de leur lumière. J’en ai marre de ces demande d’attention permanentes, de ces photos “oh non faites pas attention, je suis trop moche”. Perso, quand je me trouve moche sur une photo, je la jette, je la publie pas à l’attention de l’interweb, quoi… Sans parler de l’éternel retour au lycée avec le syndrome prom Queen ou de celui qui aura la plus grosse. J’en garde un petit échantillon pour ma série mais à part les copains-copines que j’aime de tout mon coeur, les autres, je les mettrai pas dans mes listes et je respirerai mieux. Pour être tout à fait honnête, j’avais hésité à me créer un personnage totalement attention whore avec des photos de mes décolletés uniquement pour attirer le dalleux et démontrer que “séduire” sur Twitter n’a rien d’une prouesse et que c’est même limite vexant à force (je ne suis pas qu’une paire de seins, que diable) mais j’ai pas le temps de jouer alors tant pis.

 

Ca se voit pas forcément mais j'étais dans une église, là (pour un mariage)

Ca se voit pas forcément mais j’étais dans une église, là (pour un mariage)

Bon par contre, lire surtout des interventions intelligentes ne me dispensera pas de twitter des conneries car je suis un boulet fini, n’oublions pas, et j’ai besoin de chouiner sur ma énième chute et comme je n’ai pas le temps pour des expos ou autres, je continuerai à poster des Instagram de mon chat, de mon neveu de dos, de couchers de soleil sur la mer et de cocktails. Et puis je vais essayer de me la jouer beaucoup plus selfies pour agacer celles et ceux qui veulent pas qu’on parle d’autre chose que d’eux parce que j’en ai marre de ne jamais être sur aucune photo et de ne pas pouvoir changer celle de mon Facebook régulièrement. Quitte à parler de mise en scène sur les réseaux sociaux, autant jouer le jeu à fond.

 

Quelques minutes avant de perdre ma jolie écharpe bleue à Lisbonne

Quelques minutes avant de perdre ma jolie écharpe bleue à Lisbonne

Bref, près de 10 ans après sa naissance, “Nina” et les vingtenaires ne sont pas prêts de s’éteindre, ils vont juste être plus sélectifs pour moins se retenir de tacler les gens (“meuf, arrête de dire que tout le monde en veut à ton cul : si c’était si ordinaire, tu ne le partagerais pas A CHAQUE FOIS avec nous, je te promets…”)(c’était cadeau). Bien sûr, c’est toujours un peu chiant d’avancer sous le masque « Nina » qui ne me sert à rien dans ma « vraie vie » (je le mets plus sur mon CV) mais on ne sait jamais quelle porte ça peut ouvrir. Ou pas.

 

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Ulysse, mon Everest

J’ai une petite particularité dans la vie : j’aime parfois lire des livres sans avoir aucune idée de leur sujet. Exemple : Ulysse de James Joyce, acheté deux ou trois ans plus tôt et retrouvé à l’occasion d’un dépoussiérage d’étagère. Faut dire que dès l’achat, j’ai été un peu conne, je l’ai pris car il était cité en préface d’Ada ou l’ardeur de Nabokov que j’avais peu aimé (mon Mont Blanc, on dira). Moi masochiste, moi acheter livre qui avait plus ou moins inspiré un ouvrage que j’avais pas vraiment aimé. Au dos du livre, une petite séance de branlette de la part des traducteurs. Naïvement, je pense à une réécriture de l’épopée d’Ulysse. Ahah. Non.

ulysse-joyce

Début juillet. Après être rentrée de l’Ile de Ré où j’avais lu le très bon « L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine », je suis donc en mode « boulimie littéraire ». Ca me fait ça quand j’ai lu un livre que j’ai aimé, ça me motive à lire beaucoup. Donc je me glisse dans mon lit et me lance dans la lecture de ce sublime pavé de 1157 pages (mais format de poche). Je commence à lire et découvre l’histoire de deux mecs en Irlande, Mulligan et Dedalus. Ah ok, on est un peu loin de la Méditerranée et du Roi d’Ithaque mais soit. Je lis, je lis, le style devient rapidement étrange. Hein ? Je finis par me faire mon interprétation : c’est écrit comme si on était dans la tête du personnage, on suit ses pensées mais littéralement, avec ses ratés, ses coqs à l’âne, ses phrases non terminées parce qu’après tout, je me comprends. On quitte Dedalus pour suivre ensuite Leopold Bloom, un Juif de Dublin qui passe une folle journée : un petit tour à la boucherie acheter un rognon puis chez le savonnier, il rentre chez lui, mange, voit sa femme, repart assister à un enterrement, va au journal chercher son salaire, va au bar, mate une fille sur la plage, part en plein délire mégalo où il serait le Roi du monde, traîne avec un Dedalus complètement bourré le soir, le ramène chez lui puis va se coucher. Il est tour à tout acteur ou spectateur, on saute de son point de vue à celle des gens de son entourage, tu sais jamais bien qui pense, qui dit quoi et ce qu’il se passe vraiment. On comprend juste que Bloom est quand même un joyeux queutard mais on découvre sur les 50 dernières pages sans aucune ponctuation que sa femme n’est pas en reste.
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Mais en fait, l’histoire, on s’en fout, c’est juste un prétexte. Joyce s’éclate, il teste les styles d’écriture, passant d’une narration un peu classique à une écriture quasi automatique avec mots inventés en passant par une écriture théâtrale et, donc, en finish sans la moindre ponctuation. En fait, lire Ulysse de James Joyce se rapproche d’une expérience mystique dont tu n’es pas sûr de comprendre ce qu’il se passe. Si je devais faire une comparaison, ça me rappelle la séquence psychédélique en fin de 2001, Odyssée de l’espace, à partir du moment où le spationaute entre en contact avec le Monolithe gravitant autour de Jupiter. T’es déstabilisé, tu essaies de te raccrocher à des éléments pour tenter de comprendre, tu essaies d’interpréter, de remettre ce qu’il se passe dans une sorte de logique cohérente. Mais par là même, est-ce qu’on ne dénature pas un peu l’oeuvre ? Je sais pas, j’aime pas ne pas comprendre…

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Bref, pendant 1157 pages, j’ai quand même un peu souffert. Et pourtant, il y avait parfois quelque chose, une scène qui, soudain, me scotchait et me faisait progresser soudain dans ma lecture, des réflexions assez intéressantes. Un moment de grâce qui te fait t’accrocher mais qui disparaît assez vite pour te replonger dans les dédales de pensées de Bloom, Dedalus, Marion Bloom ou Dieu seul sait qui. Vous vous demandez sans doute pourquoi je me suis accrochée pendant ces 5 mois où je n’ai quasi lu que ça. Ce livre que j’ai trimballé en Corse, en Irlande (ça tombait bien), en Belgique, chez mes parents, chez ma soeur… Et bien, par orgueil. Saviez-vous qu’Ulysse était le 3e livre le plus abandonné en cours de lecture du monde ? Bah voilà, moi, je l’ai fini. Je sais pas si je peux me vanter de vraiment l’avoir lu vu que parfois, je lisais les mots sans y penser, mon esprit voguant ailleurs, loin, loin. Quelque part, c’est un peu reposant, ça me permet de rêvasser sans aller me péter les yeux sur Yahoo! jeux, spasimal.

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Bref, je suis bien ravie de l’avoir fini pour reprendre la longue liste de livres en attente. D’ailleurs, le livre suivant m’a tenu 4 jours. Un peu comme un énorme pétage de bide après un régime. Bon, par contre, à la rentrée, j’irai chercher quelques fiches lecture sur le web pour bien tout comprendre. Je crois avoir compris que l’histoire suivait plus ou moins la trame de l’Odyssée mais ramené au niveau d’un modeste citoyen de Dublin, chaque chapitre renvoyant à un personnage homérique. Nan parce que je pensais que la postface du livre m’aiderait mais il s’agissait juste de 30 pages d’onanisme total où les traducteurs ont expliqué qu’ils avaient fait un super boulot. Mon conseil : ne la lisez pas, c’est bien pire que le roman.

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Je veux réécrire Lost

Et bien voilà, j’ai donc vu le season finale de Lost il y a 15 jours. Ne comptez pas sur moi pour spoiler car je trouve le procédé infect mais le prochain paragraphe sera consacré à mes impressions donc si vous ne voulez vraiment rien savoir, sautez au suivant.

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Donc Lost. Il faut savoir que je ne suis pas particulierement sériphage, je n’ai jamais vu 24 ou Dexter par exemple et j’ai souvent une ou deux saisons de retard sur celles que je suis. Mais Lost, je sais pas, je me suis faite attraper. Sans doute un relent de ma passion adolescente pour le mysticisme et l’ésotérisme, qui sait ? Bref du coup, j’ai pris l’habitude d’attendre la mi saison pour tout télécharger et regarder au fur et a mesure le soir dans mon lit. Forcément, j’attendais beaucoup de cette ultime saison, notamment les réponses. On en a eu quelques unes mais la fin laisse un goût amer, un peu une sensation d’inachevé. Limite, je me suis demandé si y avait pas une suite de prévue. Mais bon, je n’en ai pas entendu parler donc je ne crois pas. Bref, ce final est un bel exemple de poussière glissée sous le tapis, genre « bon il reste plein de trucs en suspens mais on va faire genre que non ».

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Donc passablement déçue je suis. Trop de pistes qui me paraissaient interessantes ont été laissées de cote et ça me frustre. Oui parfaitement, ça me frustre. Du coup, après la digestion de ce finish me prend une envie, une envie que je n’avais pas eue depuis l’ingestion de la série Utena en 2005 : je vais réécrire Lost.

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Réécrire mais pas complètement. Je vais reprendre le squelette et pas mal de chair mais je veux expliquer ce qui ne l’est pas, modifier certains trucs… Un bon vieux fanfics en somme. Bien entendu, dans les faits, je n’en ferai rien par manque cruel de temps. Non parce que faudrait d’abord se taper l’intégrale (ce que je ferai quoi qu’il arrive, j’attends juste la sortie du coffret. A ce sujet, si quelqu’un du merchandising me lit, vous pouvez tout mettre sur clé USB ? Non parce que mon netbook ne lit pas les DVD), prendre des notes, réorganiser ses notes , refaire le plan et se lancer dans une réécriture titanesque. Or dans la mesure où j’ai une vie professionnelle qui me prends 40 à 50% de mes journées, mes nuits entre 20 et 30%. Sans compter la vie
sociale, sportive et affective… En ce moment, une soirée sans rien, c’est limite l’événement et je suis trop claquée pour en faire quelque chose de productif. Du coup, j’écris mes articles dans le métro, sur mon iPhone, d’où sans doute quelques fautes résiduelles dont il faut m’excuser. Pourtant écrire une telle épopée doit être particulièrement exaltant, j’imagine le travail de recherche, les questions/réponses à distiller… Bien entendu, les passages non modifiés doivent être chiants à réécrire. Idealement, il faudrait que j’écrive une histoire un peu différente en reprenant les éléments qui m’intéressent histoire de m’approprier un peu le truc. Mais hélas pas trop le temps et j’ai d’autres projets d’écriture.

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Ceci étant, j’aime bien cet espèce d’exaltation, cette envie limite viscérale d’écrire. C’est marrant, à la fac, quand je passais ma soirée à retaper cours et notes que j’avais prises sur des bouquins (oui, à l’époque, j’etais une bête de travail), je me disais : »accroche toi ma fille, dans quelques années, tu auras tes soirées libres pour écrire ! » résultat : ça fait 5 ans que je n’écris quasi plus, si ce n’est ce blog. Alors que je dois finir Technopolis 2, écrire le 3 et le 4, plus au moins 3 ou 4 romans que j’ai en tête…

Bon Ben Lost attendra.

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Le jeu de l’’interview

Quand on est journaliste, il est un exercice auquel on ne peut couper : l’interview. Il y a bien sûr l’interview classique qu’on reproduit telle quelle dans le journal mais aussi l’interview qui sert de base pour écrire un article, avec citation à l’appui. Par exemple, quand je bossais dans le milieu du rugby, j’interviewais les joueurs à la fin du match mais je les intégrais dans l’article de résumé du match.
TV reporter with microphone, Tv interview 

J’avoue que l’interview est, de très loin, mon exercice préféré. La raison est très simple : ça permet de rencontrer des gens et discuter avec eux. Evidemment, rien ne vaut l’interview en face à face mais c’est pas toujours possible surtout que le journalisme, aujourd’hui, ça se passe surtout par téléphone. Donc bon, dès qu’il y a possibilité d’aller sur le terrain, je suis ravie. Pourtant, l’interview n’est pas toujours facile, réservés s’abstenir. Bon, bien sûr, y a les interviews faciles en face à face dans un lieu tranquille (généralement un café) mais après, y a les interviews de type micro-trottoir, le but du jeu étant de sauter sur les gens dans la rue pour qu’ils répondent à des questions. Et c’est parfois très drôle. Je me souviens d’une fois où je faisais un micro-trottoir avec Julien pour la radio, on se balade donc avec notre mini disc enregistreur équipé d’un micro. A un moment, on aborde une nana de 25 ans à peu près avec sa mamie pour un micro-trottoir sur les femmes. On pose nos questions et tout puis à la fin, la nana nous fait : « c’est pour la télé ? ». Heu, comment dire ? On n’a pas de caméras, ça te donne pas un indice ?

 

Bon, les interviewés, y a des bons et des mauvais. Oui parce que moi, je suis une super journaliste, je pose que des questions pertinentes ! Qu’est-ce qu’un mauvais interviewé. Tout connement quelqu’un qui n’a rien à dire et qui ne répond rien d’autre que « oui », « non », « je sais pas ». Le cauchemar. Non parce que quand vous avez un papier à faire, on vous impose une longueur et les monosyllabes, ça aide pas. Bon, c’est vrai que dans les micro-trottoirs, c’est pas évident que les gens soient inspirés par mes questions. Je me souviens une fois où je devais faire un micro-trott’ sur une foire aux vins à côté de chez moi. « Vous allez dans les foires aux vins ?

– Non
– Pourquoi ?
– C’est mon mari qui achète le vin, je n’y connais rien.
– Mais vous pensez que c’est bien ces foires aux vins ?
– Heu… Oui, sans doute. »

Allez, toi aussi, rédige un article avec ça. Du coup, pour remplir un peu, je faisais du « Si je vais dans les foires aux vins ? J’avoue que non car c’est mon mari qui se charge de ça. Moi, je n’y connais rien mais je pense que les foire aux vins sont une manifestation intéressante pour ceux qui s’y connaissent ». Tatan ! Mais y a aussi ceux qu’on interroge sur leur métier, sur un domaine qu’ils connaissent sur le bout des doigts, mais que vous faites visiblement chier. Eux aussi pratiquent la monosyllabe et faut les bombarder de questions pour arriver à avoir de quoi rédiger quelques lignes. Une vraie joute verbale…

 

Mais après, y a les interviewés de rêve, ceux qui ont des choses à dire et qui le disent bien. Ce genre de personnes à qui vous n’avez presque pas besoin de poser de questions tellement ils ont de choses à dire. Limite, vous leur filez le stylo et ils écrivent le papier tout seul. Je me souviens d’une fois où je couvrais un festival, j’avais interviewé un organisateur bien mignon qui m’avait donné de quoi écrire un livre sur le festival, limite. L’histoire du festival, la programmation de l’année avec moults détails, des anecdotes, des artistes qui se sont produits précédemment… Il m’avait fait faire le tour du village transformé pour l’occasion, me montrant les installation, et tout. Du pain béni.

 

Hier, j’ai eu l’interview de rêve, aussi. J’avais rendez-vous avec Emilie Maume, j’ai parlé de son livre il y a quelques temps ici même. A 18h, je retrouve donc la jeune demoiselle à Montparnasse et le bon contact est plutôt rassurant : elle est souriante et jolie, Emilie (ok, elle est pourrie ma blague, on doit lui faire 50 fois par jour mais d’un autre côté, s’appeler Emilie et ne pas entendre « ah Emilie jolie ! », ça doit être vexant, finalement). Une petite brunette au charme naturel, elle m’a fait penser à LilVirgo, dans le style. Bon, vu qu’on a presque le même âge, on passe direct au tutoiement et on commence l’interview. Bon, alors par rapport à ce que j’ai dit la dernière fois, Emilie a galéré elle aussi et ne se plaint pas juste parce qu’elle sort de Science Po. D’abord, elle a fait plein d’autres trucs et ce qu’elle dit, moi, je suis tout à fait d’accord. En plus, c’est marrant, on a fait des études d’histoire toutes les deux et quand je lui demande son sujet, elle me répond « les Indiens du Québec à l’époque moderne ». Bon, Emilie, c’est ma nouvelle meilleure amie ! Bref, Emilie, c’est l’interviewée rêvée : non seulement, elle a des choses à dire mais elle le fait bien. Du coup, j’ai juste qu’à retranscrire, aucun travail de réécriture, l’idéal.

 

Du coup, je suis partie de cet entretien enchantée. J’adore travailler quand tout se déroule parfaitement comme ça, un vrai bonheur ! D’ailleurs, à la fin de l’interview, on s’est dit que ce serait sympa d’aller boire un verre dans un cadre moins formel. Hé ouais, le boulot, c’est pas toujours chiant !  

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