Faut-il décrire ses personnages ?

A présent que j’ai terminé le roman de Maja (et séché la réécriture, je savais que ça allait me saouler, ça n’a pas manqué…) et que j’ai entamé l’écriture d’Ofelia (déjà 31 pages à l’heure où j’écris, dimanche fin de journée), je me pose un peu une question : dois-je décrire mes personnages ? Je veux dire, donner des caractéristiques physiques particulières, ok, mais dois-je, par exemple, leur donner une couleur de peau particulière ? Faut-il décrire ses personnages ou laisser aux lecteurs la possibilité de leur donner les traits qu’ils souhaitent ?

Dessiner un corps humain

Dans le roman de Maja, par exemple, j’ai mis un peu de couleur : Maja et son frère sont vietnamo-suédois, le professeur est typé Méditerranéen, une fille a une couleur “caramel”. Svea, l’espèce de doppelganger de Maja, à l’inverse, est une beauté suédoise type, à base de cheveux blonds et yeux bleus. Dans Ofelia, j’ai donné une relative description physique d’Ofelia, actrice donc décrite comme très mince et assez grande mais je n’ai pas détaillé plus, son compagnon a également quelques caractéristiques physiques propres mais pas de couleur donné. Mais on sait qu’ils sont blancs par rapport à une présentatrice télé noire qui explique à Ofelia avoir de la chance d’être à son poste alors qu’elle est une femme, jeune, et Noire de surcroît.

Kady Adoum-Douass

La question de la description physique peut paraître anodine mais elle ne l’est pas tant que ça. Evidemment, quand je base mes histoires à Stockholm ou Rome comme ici, on peut s’attendre à ce que les personnages soient blancs et c’est s’ils ne le sont pas qu’on va avoir tendance à préciser. Effectivement, je le confesse, dans Ofelia, la seule personne pour le moment dont je décris la couleur de peau, c’est celle, justement, qui n’est pas “comme les autres”. Ce qui peut avoir un certain sens dans l’histoire. De la même façon, j’ai choisi de donner un métissage à Maja et son frère car dans leur décision de se lancer ou non dans l’activisme se pose la question de respecter le pays d’accueil de leur mère.

Mylène Jampanoï

Mais la couleur n’est pas tout, il y a également la silhouette. J’avais besoin qu’Ofelia soit mince pour un ressort précis de l’histoire, ça peut coller avec son métier d’actrice (modulo l’histoire se passe en Italie, les actrices italiennes mythique sont plus pulpeuses). J’avais besoin que Svea soit musclée pour une partie précise du récit. Par contre, je ne crois pas parler un seul instant de la silhouette de Maja, ni même de sa taille. Son métissage et ses cheveux longs sont ses seules caractéristiques physiques. Les caractéristiques physiques doivent-elles être évacuées du récit à partir du moment où il n’y a pas d’incidence sur le récit ?

Décrire ses personnages

Car les descriptions peuvent être parfois un peu sexistes. J’avais lu un thread il y a fort longtemps sur le sujet sur Twitter (pas le courage de le rechercher) où une personne signalait à juste titre que dans pas mal de romans, les personnages masculins étaient à peine décrits tandis que les personnages féminins étaient longuement décrit jusqu’à la couleur de leur téton, limite. Parce que ça colle avec pas mal de produits culturels : où le héros n’a pas besoin d’être particulièrement beau ou svelte tandis que la femme, elle, sera toujours parfaitement mince et correspondra aux canons de beauté en vigueur. D’ailleurs, je ne vous apprends rien en soulignant que les actrices au physique “atypique” (vraiment dans le sens pas en accord avec l’ultra exigence des canons de beauté des mass medias) seront plus facilement cantonnées aux séries alors que les acteurs atypiques peuvent parfaitement percer et tenir la tête d’affiche. Je veux dire, ok, on a eu des George Clooney, Brad Pitt et Johnny Depp (pré alcoolisme pour les deux susnommés) mais on nous vend aussi des romances avec Adam Sandler, Benedict Cumberbatch, Vincent Cassel ou encore Javier Bardem… que je trouve pour ma part totalement sexy mais qui est loin d’un lisse Clooney ou Pitt de la belle époque, voyez. Alors qu’en actrice, côté beauté atypique, on a… hmmm. Quelques unes dans le cinéma français, je dis pas, mais sinon, c’est formaté, formaté. Le pire : j’ai tapé “actrice moche” dans Google pour trouver des noms, j’ai trouvé trente articles “les actrices qui sont moches au ciné/à la télé mais belles en vrai” alors que pour ces messieurs, on a droit à un “ils sont moches mais sexy”. Vous le sentez le double standard ? Alors j’essaie tant que faire se peut d’éviter de tomber dans ce cliché. Même si ma nouvelle héroïne est une actrice de cinéma donc potentiellement complètement dans les normes de beauté actuelles.

Diane Kruger

Alors ne décrire que ce qui a son importance dans le récit ? Ok mais est-ce que ça ne risque pas de totalement tuer le suspense ? Si je dis qu’un personnage a une cicatrice mais que ça ne semble pas jouer sur sa personnalité ou son histoire, est-ce que ce ne serait pas évident que cette cicatrice va, à un moment, avoir une importance dans l’histoire ?

Dalius cicatrice

Décrire ou ne pas décrire, quelle question…

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Quand tu écris le mot FIN

C’est enfin arrivé, je n’y croyais pas. Ca y est, enfin, je l’ai écrit en toutes lettres tremblotantes sur mon cahier : le mot fin. J’ai terminé l’écriture du roman de Maja.

écrire le mot FIN

Admirez donc ma douce écriture

C’est toujours un peu triste une fin. Le roman de Maja, je l’ai commencé en novembre et me voici donc avec un manuscrit de 226 pages avec écrit en énorme à la fin “FIN”, justement. Pas tout à fait la fin de l’aventure puisque j’ai un gros travail d’ultime relecture/réécriture qui ne m’enchante pas trop mais bon, on va pas s’arrêter en si bon chemin, après tout…

Corriger un manuscrit

C’est toujours un peu étrange de terminer une histoire, on est presque surpris d’y arriver, d’écrire la dernière phrase et puis… et puis, c’est tout en fait. Tous les personnages ont fait ce qu’ils avaient à faire, dit ce qu’ils avaient à dire. Dans ce cas, en plus, je n’ai pas prévu de suite comme je l’avais fait pour Technopolis, par exemple, je savais que je retrouverais Oceany et ses amis (je me demande si je vais pas lui changer de prénom, tiens, vu que je suis en train de réécrire le truc) dans de nouvelles aventures que je n’ai jamais terminé. Mais la fin était moins amère, moins définitive. Un peu ce cafard de fin de vacances quand tu quittes un lieu que tu adores mais que tu sais que tu reviendras l’an prochain et que tu retrouveras tes copains.

Là, la fin est définitive. J’ai peut-être l’idée d’une préquelle, comme on dit, sur l’un des personnages mais les autres n’y apparaîtront même pas et je ne suis pas convaincue de l’écrire de toute façon. Finir un roman, ça fait un petit vide, un petit moment d’errement où on se demande un peu ce qu’on va faire après. J’avais déjà des tas d’idées sur les romans que je pouvais écrire après, j’avais quelques lignes de ci, de là… Mais même si mon nouveau projet me motive, j’ai un peu de mal à m’y mettre, mon écriture n’est pas si fluide, je sèche quelques séances d’écriture pour lire, à la place. Et surtout, je crains que la dizaine de pages de l’histoire d’Ofelia n’aille pas loin et que je finisse par switcher sur une autre histoire. C’est un peu la relation pansement de l’écriture.

Ophelia par Waterhouse

Mais quand même. Ce mot “fin”, sur ce roman, il a une résonance particulière pour moi, au delà des généralités du “oh bé ça fait un peu vide, quand même”. 15 ans. Ca faisait 15 ans que je n’avais pas terminé un roman. J’avais des milliers de débuts mais rien de plus. Ca peut paraître con mais c’est une sorte de renaissance pour moi, quelque chose de très symbolique, je retrouve enfin la passion d’écrire que je n’exprimais que sur ce blog. Et autant vous dire que je ne m’arrêterai plus. Même si ça ne donne rien après, c’est pas grave, j’ai donné naissance à une nouvelle histoire qui a un début, un milieu et une fin. Quand j’aurai envoyé mon manuscrit, je vais m’offrir une journée détente au spa. Je l’ai méritée, je crois.

Par contre, ce carnet d’écrivaine est loin de se refermer, j’ai encore plein de choses à dire et à partager !

 

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Quand la fin approche

Je le sais, elle est là, je la vois arriver. Chaque moment prévu, chaque scène imaginée est née sur papier, certaines attendant encore d’être retapées. Alors qu’au dehors défilent la Grèce puis la Croatie et les Alpes (écrire dans un avion a un côté très magique), je mets les mots sur cette scène là, celle que je n’avais pas réussi à caler juste là et après… Une dernière scène forte, quelques discussions et ce sera la fin. Et je commence à galérer.

Quand la fin approche

Je me penchais l’autre jour sur le pourquoi de l’écriture, le fait que ce que je kiffe, c’est le processus plus que le succès final et il m’arrive aujourd’hui ce qui m’arrive souvent quand j’approche de la fin d’un projet chronophage : je me disperse. Concrètement, pour l’écriture, ça donne que j’ai de plus en plus de mal à terminer mon roman de Maja et je suis en train de voir lequel attaquer ensuite (nous avons pas mal de challengers et puis, je suis résolue à réécrire Technopolis pour en faire une oeuvre plus mature, plus “j’ai 17 ans de plus que la gamine qui a pondu ça, je vais un peu lui apprendre la vie”), commencer à plus réfléchir au début de ma prochaine aventure d’écriture qu’à la fin de celle-ci.

Tableau de répartition des tâches

C’est un peu quand on arrive à la fin d’un séjour chouette, qu’on sait qu’on va bientôt reprendre l’avion ou le train et que pour se consoler, on envisage déjà le prochain voyage, histoire d’avoir une perspective. C’est tout à fait ça, moi, je crois que je ne supporte pas de ne pas avoir de verbes à conjuguer au futur, je ne suis pas trop capable de prendre des vacances de projet, en quelques sortes.

Projets professionnels

Sauf qu’à me projeter, j’oublie que j’ai pas fini mon roman de Maja. J’ai toujours eu ce travers là. Je me souviens, quand j’étais jeune et que j’écrivais tout le temps, je commençais toujours un roman avant d’avoir fini celui d’avant, c’était plus fort que moi. A noter d’ailleurs que ce roman commencé avant la fin de l’autre finissait toujours à la poubelle mais j’ai un espèce d’enthousiasme d’écriture qui fait que quand j’ai une idée, je dois l’écrire maintenant. Et comme le roman de Maja n’occupe plus tellement mes pensées, je pense forcément aux autres histoires et…

groupe qui s'ébat dans l'eau

Et j’ai récidivé, j’ai commencé à réécrire Ofelia même si je sens déjà mon envie de celui-là faiblir. Ceci étant, j’ai commencé à écrire un nouveau roman mais en vérité, je vous le dis… A l’heure où vous lisez cet article, j’ai déjà écrit le mot fin sur le roman de Maja (du moins dans sa version manuscrite). Quelques pages à retaper encore et ce sera la fin pour de vrai… Ca mérite un article à part !

 

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La scène que tu n’arrives pas à écrire

Chacun sa technique d’écriture. Comme j’ai déjà dû le dire cent fois, quand je débute un roman, j’ai en gros le début, la fin et quelques scènes éparses à recoller dans le récit. Une sorte de squelette avec la tête, les pieds, la colonne vertébrale et quelques côtes de ci de là. Au fur et à mesure de l’écriture, je donne chair (et os manquants) à mon squelette sauf que tout à coup, j’arrive à une côte imaginée depuis longtemps… et j’arrive pas à la coller au puzzle. La maudite scène que tu n’arrives pas à écrire.

Panne d'écriture

Il ne s’agit pas de la différence entre ce que tu as dans la tête et ce que tu produis effectivement. Non, c’est autre chose. Cette scène, ce rebondissement, tu l’as en tête depuis le départ, tu écris ton histoire pour en arriver à ce point là et soudain, stupeur et tremblements, ça ne marche pas. C’est précisément ce qu’il m’arrive actuellement dans mon roman de Maja, à tel point que j’ai mis quelques jours à reprendre ma plume, officiellement parce que je voulais finir un incroyable polar dans le RER plutôt que d’écrire (Rage de Zygmunt Miloszewski dont je vous ai déjà parlé pour ses précédents romans Les impliqués et Un fond de vérité, c’est son 3e avec le plus en plus insupportable Teodor Szacki mais le fond du roman est excellent) mais aussi parce que les personnages tournaient en rond dans des dialogues sans fond pour expliquer un comportement… inexplicable. Merde, je suis tombée dans le travers de toute comédie romantique ou romantic litt malsaine à la Beautiful Bastard ou After : ils se haïssent tellement qu’en fait, à la fin, ils s’aiment.

Couple : de la haine à l'amour

J’ai écrit la scène une première fois, me rendant compte du moisi du truc mais je me suis dit que la réécriture allait nettoyer tout ça. Du coup, j’ai réécrit. Deux fois. Et y a un truc pas net. Et ça me saoule un peu car c’est un arc narratif important pour la fin et même moi, quand j’écris les justifications des personnages, je lève les yeux au ciel en mode “non mais arrêtez vos conneries, ça n’a pas de sens”. Tiens, d’ailleurs, y en a un qui va le sortir ça, que ça n’a pas de sens, ce sera clair, au moins. Limite, je suis à CA d’écrire “oh ben parce que l’autrice voulait intégrer cet élément modificateur dans l’histoire mais elle savait pas trop comment l’amener alors elle l’a posé là, merci, bisous”. Ce serait pas pire…

La scène que tu n’arrives pas à écrire

Et ce blocage est agaçant. J’essaie d’avancer en me disant que de toute façon, j’ai l’ultime relecture derrière qui me permettra peut-être de dénouer le noeud car je touche bientôt au but. Mais j’ai comme la sensation que j’ai construit une maison plutôt pas trop mal mais que j’ai soudain eu l’ambition de rajouter dessus une tour avec un observatoire en haut qui est en train de menacer tout l’équilibre et risque de faire s’effondrer le tout, vous voyez ?

Edifice branlant

Mais bon, je dois passer outre et poursuivre car au bout du chemin, je vois la lumière. Et oui, je ne suis plus trop loin de la fin à présent. Et les derniers mètres sont les plus durs.

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Comment je réécris souvent Starmania

Et ce malgré moi. Je vous parlais dimanche [dernier mais semaine de merde, pas eu le temps de le publier avant] de Starmania et vous avais promis de vous expliquer un peu plus l’empreinte que ça a laissé dans mon imaginaire de scribouilleuse. Donc pour la petite histoire, j’ai découvert Starmania à 13 ou 14 ans suite à un séjour au ski où les animateurs chantaient Starmania (et j’en ai raté les ¾ car je regardais Mystères dans la chambre). Ma mère avait acheté le CD (la version 94 qui venait de sortir), j’écoutais ça sans connaître l’histoire, vraiment… Puis je suis allée voir la représentation au Palais des Sports de Toulouse… et depuis, je réécris souvent Starmania.

Starmania, l'opéra rock

Vous ai-je parlé d’Ofelia ? De ci de là mais sans rentrer dans les détails. Mon histoire d’Ofelia, qui vit dans une sorte de néo Rome, c’est peu ou prou celle de Cristal et Johnny. J’avais d’ailleurs commencé ce roman (de 8,5 pages, j’ai connu des notes d’intentions plus étoffées) en l’imaginant très clairement comme une légère réinterprétation de Starmania. Et du coup, d’avoir relancé ma playlist Starmania vendredi dernier, j’ai une furieuse envie de le reprendre (mais je dois d’abord finir le roman de Maja). Sauf que quand j’ai commencé à écrire Ofelia, ça m’a donné la sensation de réécrire un truc que j’avais déjà pondu… ah oui, c’est ça Technopolis.

New York, la mégapole vue de Central Park

Pour les plus vieux lecteurs de ce blog, vous en avez lu quelques pages mais voici l’histoire pour les autres : une ville futuriste, une jeune fille riche qui se rebelle contre le système… à la nuance près qu’ici, ce n’est pas Cristal (ou Ofelia) qui est kidnappée et qui épouse la cause de ses ravisseurs mais Ethan… C’est marrant, à 20 ans, j’étais un peu dans une déconstruction féministe finalement… bien malgré moi, cependant. Mais toujours cette idée de gigantesque, de maître de la ville, de tour immense avec sommet qui tourne (de mémoire)… Mmmm. Ah et pour ceux qui suivent bien, j’avais dit que j’allais balancer Technopolis en auto-édition mais je me rends compte que je dois le re réécrire. Oui, je l’avais fait y a 10 ans (vertige) mais j’ai maturé plein de trucs donc je dois re recommencer. Puis peut-être changer deux ou trois trucs vu que j’avais envisagé ça comme une quadralogie dans ma prime jeunesse et j’en resterai là, finalement. Oui, laissez-moi imaginer que vous attendez tous ça avec impatience, ne tuez pas mes rêves.

jeune femme rêveuse et fleurs dans les cheveux

Alors pourquoi j’en reviens toujours là, même pas forcément consciemment. Question tout aussi d’actualité sur le roman de Maja, d’ailleurs. Ce qui m’interroge dans ces histoires, c’est la rébellion, la révolte ou, dans une moindre mesure, la désobéissance civile. Comment tu sors de la troupe des “moutons” pour te dire que y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond, quand est-ce que tu ouvres les yeux ? Et surtout quand est-ce que tu décides d’agir ? Des choses qui rentrent légèrement en écho avec certaines de mes interrogations, parfois. Non que je vise une quelconque illégalité (on va pas se mentir, je suis quand même une flipette, mon fait de “gloire” doit être d’avoir planqué un peu d’herbe dans un sachet de serviette hygiénique) mais ça reste à m’interroger : comment est-on à un moment poussé à agir pour tenter de changer le monde… ou du moins la société où l’on vit.

Fillette super héroïne

Mais surtout, la vraie question c’est : jusqu’où va-t-on ? Quelle est la limite ? Violence ou non-violence ? Dégradation de biens, vols, kidnappings ? Je suis toujours interrogative face au glissement vers la violence : à quel moment tu bascules. A quel moment tu considères que ta cause vaut la casse. D’ailleurs, j’avais envisagé de faire mon mémoire de maîtrise sur le FLQ (mais j’ai lâché pour cause de sources compliquées à récupérer). Le plus dur est finalement de rester sur le fil : ne pas juger, juste raconter une histoire. Parce que oui, le terrorisme, c’est mal mais quand il gagne, on appelle ça… la résistance.

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Les surprises de la réécriture

19h30, je me jette sur un siège, je dégaine mon carnet désormais jaune citron (merci Snapchat), mon stylo et c’est parti pour continuer à narrer les aventures de Maja, Luka, Svea et leurs amis à Stockholm. Couvrir les pages blanches, tisser la suite dans ma tête pendant que je marche, rentrer et recopier. En profiter pour faire un peu de réécriture, lâcher ses notes et taper une phrase… pour constater que c’est exactement ce que j’avais déjà écrit.

Carnet d'écriture

Quand j’ai décidé de me lancer dans ce processus d’écriture manuscrite pour retaper ensuite, c’était pour m’offrir une relecture immédiate et donc une éventuelle réécriture pour rendre le récit plus dynamique et les phrases plus mélodiques, plus travaillées. Parfois, je reste accrochée à mon cahier, machinalement, je retape sans y penser. Mais d’autres, je me sens pousser des ailes, je commence à taper ce qui me vient. Puis je relis… et je constate que c’est exactement ce que j’avais déjà écrit. Mince alors ! Etais-je déjà à mon optimum dès la première tentative ?

Ecriture

Il y a sans doute une question de délais. Il y a 10 ans (wow !), j’avais réécrit Technopolis que j’avais écrit en 2000, 2001 de mémoire, soit 5 ans de décalage et en effet, j’avais pas mal retapé des phrases qui me paraissaient faiblardes ou bancales. Parce que la Nina de 2005 n’était plus la Nina de 2006 : j’avais mûri, beaucoup lu entre temps et écrit à peu près quotidiennement… Oui, sur ce blog, on est très loin d’une écriture romanesque mais quand même, l’idée est là. Alors que quelle est la différence entre Nina 9 mars 2017 à 19h43 et Nina 10 mars 2017 à 06h47 ? Une nuit, certes, et nous savons tous que la nuit porte conseil mais après ? Donc forcément, je réécris la même chose… sauf qu’il se passe un étrange phénomène… J’ai parfois l’impression que ce n’est pas tout à fait moi qui ai écrit ces lignes.

Machine à écrire Shining

Ouais, c’est comme si la Nina du 09 mars 2017 lançait un cri et que la Nina du 10 mars 2017 y répondait. Je suis parfois surprise de voir ce que j’ai écrit. Pas le fond, je connais mon histoire mais la forme. Il y a une scène en particulier… Dans le roman de Maja, il y a un professeur qui est un peu un agitateur (enfin, un peu…) et qui, à un moment, fait un discours pour appeler à la désobéissance civile. Je me souviens l’avoir écrit avec frénésie, limite à m’en faire mal à la main. Quand je l’ai retapé, genre un mois plus tard (j’ai eu beaucoup de retard à un moment), j’étais limite à me lever de mon fauteuil en brandissant mon poing vers le ciel “OUI, OUI ! Mec, tu m’as conquise”. Alors que bon, c’est légèrement moi qui ai écrit ça en fait, à la base. Et sur ce passage, pardon mais je manque totalement de modestie, tellement que j’ai hésité à en faire un article ici, copié/collé (mais c’est un peu long).

Tatouage lion sur le doigt

Et je me pose une question : les mots nous appartiennent-t-ils toujours une fois sortis de nous ? Ca peut me le faire parfois, quand je relis des anciens articles oubliés en mode “tiens, j’ai écrit ça, moi ?”. Un peu comme une graine semée par le vent, une fois partie de moi, elle vit sa vie et je la retrouve parfois avec étonnement…

Réécriture

Mais surtout la réécriture, c’est aussi se rendre compte qu’on a pris la mauvaise piste… On voit ça ensemble une prochaine fois.

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La première phrase

La semaine dernière, je vous ai partagé la première phrase de mon roman sans titre, nom de code : Maja Sweden. Je vous parlerai titre une autre fois. Je la trouvais un peu plate, un peu nase à la relecture, je vous la repartage, pour le plaisir masochiste :

“Il est souvent difficile de savoir où commence réellement une histoire”

Il est souvent difficile de savoir où commence une histoire - écriture manuscrite - première phrase

Définitivement, à réécrire. Voyons voir celle d’un autre roman sans titre, nom de code “Ezialis”

“La roue passa sur un gros caillou, secouant les passagers du carrosse fonçant droit vers la capitale”

La roue passa sur un gros caillou, secouant les passagers du carrosse fonçant droit vers la capitale - écriture manuscrite

Déjà mieux, pas le temps de niaiser, on est direct dans l’action et dans un véhicule qui va vite. Une dernière pour le plaisir, voyons… Roman toujours sans titre, nom de code : “pour son sourire” (si vous cliquez, vous aurez la chanson de Jorane quasi du même nom, il y a d’ailleurs de fortes chances que cet embryon de roman ait hérité de ce titre car au moment où je nommais le fichier, j’écoutais Jorane. )

“Un garçon passa en courant à côté de moi, me faisant sursauter.”

Un garçon passa en courant à côté de moi, me faisant sursauter - écriture manuscrite

Ah tiens, on passe à la première personne du singulier. Ah, faudra que j’en parle, ça aussi, du je ou du “il/elle”. C’est fantastique, je viens d’écrire 20 lignes qui ne contiennent à peu près que du vide et des promesses. Je suis tellement faite pour la politique en fait.

Casting baron Noir canal plus Kad Merah, Anna Mouglalis, Niels aRESTRUP

J’ai bien aimé Baron Noir, au passage

Je n’ai jamais su commencer. Quand j’étais en terminale, la plupart de mes disserts de philo commençaient par “de tout temps, l’homme” pia pia pia… Jusqu’à ce que j’arrive à la fac et qu’un prof nous dise que c’était ri-di-cu-le et qu’il fallait éviter à tout prix. Ce même professeur, qui a ruiné ma culotte en disant qu’il se souviendrait longtemps de moi, m’avait filé un conseil qui me servira jusqu’à la fin de mes études : “Commencez votre dissert par une anecdote ou une citation”. Ah oui, oui, merci, Monsieur ! C’est ainsi que j’ai débuté la rédaction de mes mémoires… avant d’abandonner l’écriture de l’introduction pour le faire en dernier (conseil d’un autre professeur mais moins sexy (le prof, pas le conseil)).

cupcake topping marché de Belfast

Finalement, l’introduction, c’est comme le topping d’un cupcake : tu fignoles à mort car c’est ce qui va être mangé en premier

Parce que débuter, c’est difficile. Ca marche pour tout, hein, pas que pour l’écriture d’un roman. Pour l’écriture d’un article déjà, vous remarquerez que mes phrases d’attaque sont rarement le point fort du propos (je commence généralement par un “la semaine dernière”, “hier”, “il y a quelques temps”). Mais aussi pour des activités manuelles genre la couture ou le tricot, mes petites marottes du moment. Oui, c’est cyclique chez moi : j’attends avec impatience mon matos mais une fois que j’ai tout, je traîîîîne à commencer, je ne sais pas par quel bout prendre. Le pire, c’est quand je me prends d’une passion soudaine sans socle préexistant genre : le paper art. Ca me fait surkiffer, je vois plein de photos, je me dis “oui, je veux faire ça”. Et voilà. Par quel bout je prends le truc ? Par quoi je commence ? Parce qu’un mauvais départ, c’est la voie royale pour vite laisser tomber. Dans l’absolu, sur le paper art, c’est pas dramatique vu que je comptais pas en faire mon métier, mais sur un roman ça génère de la frustration. Parce que j’ai toutes ces histoires dans ma tête dont je ne fais rien, ces scènes tricotées au fur et à mesure de mes marches pour aller bosser (ce qui m’arrive beaucoup moins vu que je ne marche plus beaucoup, snif) qui n’attendent qu’à être couchées sur papier. Mais si le départ est mauvais, je n’arrive plus à rattraper le fil.

chat pelote noeud jeu mignon

Quand tu renonces à rattraper le fil

Du coup, reprenons les conseils du Pr “j’aurais tant aimé te montrer ma culotte” et voyons si nous pouvons les appliquer :

  • Une citation : alors non, direct. Le conseil est bon, ne nous méprenons pas mais vous savez qui commence ses romans ou chapitre par une citation ? Marc Lévy, Guillaume Musso, Dan Brown… Pas des gens que j’ai envie de suivre (no offense, c’est juste pas ma came). Et de façon générale, je trouve que les gens qui usent de citations dans la vie réelle genre sur leur Facebook ou Twitter sont des médiocres qui veulent se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas.
  • Une anecdote : et mais pourquoi pas en fait. Sauf que voyons… Maja, je raconte quoi comme anecdote sur elle ? Là, la phrase sert juste à enchaîner direct sur Maja et l’éveil de sa conscience politique, on s‘en fout un peu de ce qu’elle a pu faire avant, rien ne la rattache à cette histoire là. Mais le coup de l’anecdote, ça peut servir pour plus tard.

deux femmes se chuchotent un secret

Et pourquoi ça me saoule autant cette phase d’attaque ? Parce qu’avant, j’avais un vilain tic d’écriture qui lançait la première scène comme un film, littéralement : une description rapide d’un lieu, un personnage « pop » : ce sera lui ou elle le héros ou l’héroïne, certainement et quelques lignes plus tard, quelqu’un viendra lui parler pour qu’on ait le prénom de la personne. Ce qui donnait dans la version 1 d’Ezialis :

Le bois grinça, ajoutant une touche de lugubre dans l’obscurité nauséabonde. A l’odeur de sueur et de déjections se mêlaient celles, tenaces, de poisson séché et d’algues en putréfaction. L’ambiance pesante était entrecoupée de toux, de râles, quelques sanglots. Ils ne savaient pas précisément vers où ils naviguaient mais leur avenir s’annonçait sombre.”

C’est limite si vous ne voyez pas les noms des acteurs apparaître en surimpression, non ?

générique game of thrones

Le meilleur générique du monde

N’empêche… N’empêche qu’à tout relire, je me dis que c’est peut-être mieux. Et si “roman nom de code “Maja Sweden”” démarrait par “Le ciel lourd de ce matin d’automne donnait une allure lugubre à la salle de cours où on n’entendait que le professeur et les cliquetis des claviers sur lesquels les étudiants tapaient avec dextérité. Maja Lagerkvist ne se doutait pas que ce cours allait bouleverser sa vie”.

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Mmmm… C’est mieux non ?

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La discipline de l’écriture

Pour que la vie me soit plus douce et demain toujours un peu exaltant, j’aime avoir des projets. En ce moment, par exemple, je cuisine, je tricote, je couds. Un peu tous les jours, je vois le chemin se dessiner vers l’accomplissement de mon projet. Et je cherche à appliquer cette même discipline du “un peu tous les jours” à l’écriture, afin de réellement faire avancer mon aventure éditoriale. Mais est-ce vraiment une bonne idée ?

Machine à écrire, papier et crayon, ambiance rétro

J’ai une obsession du chiffre et de la to do list. En début d’année, je m’étais fixée une liste de tâches quotidiennes à effectuer pour avoir une vie très réussie : écrire un article par jour (pour les vingtenaires mais aussi pour des projets annexes genre “Nina feels good”, le truc dont je parle tout le temps mais qui n’existe toujours que dans ma tête), faire mes exercices duolingo (faut que je m’y remette, j’y ai pas touché depuis mai, je crois), monter 20 étages par jour (oublié aussi alors que je les tenais), faire mes 10 000 pas, traqués par mon fidèle bracelet Jawbones… Et écrire 1500 mots par jour sur mes romans divers et variés. Beau programme, hein ? Autant vous dire que je n’ai jamais réussi à tout faire, essentiellement parce que pas mal de mon temps est occupé par mon travail, mon mec et des fois, je dors aussi. Si j’arrive à peu près à écrire pour nourrir ce blog, côté écriture de roman, ce fut un flop retentissant.

échec reine renversée sur un damier

J’envisageais alors l’écriture comme un sport, quelque chose à pratiquer de façon régulière pour parvenir à ses fins. J’ai beau adorer le sport, il y a des jours où, sur le coup, je n’ai pas forcément très envie de me lancer. Typiquement, la piscine. J’adore l’eau, j’adore nager, je pense que ceux qui me lisent depuis quelques années s’en sont bien rendus compte. Mais la piscine est froide, quand même (surtout quand on baisse la température de 1 degré pour faire des économies d’énergie. Pour nager, une eau pas si chaude est mieux mais pour y entrer, il faut faire preuve de courage et d’abnégation, voire d’un peu de folie) et leur sèche-cheveux pourris ne sèchent rien du tout, je vais choper la crève et je n’ai pas trop le temps d’y aller finalement… Bref, j’ai un bon gros chapelet d’excuse pour ne pas y aller, pour baigner dans ma démotivation. Et pourtant, une fois que j’y suis, que je sens l’eau glisser sur mon corps en plein effort, je suis contente d’y être allée. Du coup, pour l’écriture, ça doit fonctionner pareil, non ? Une fois le starter mis, ça devrait glisser tout seul.

ecrire au quotidien, une discipline - carnet page blanche et stylo

 

Mais est-ce une si bonne idée de se forcer à écrire ? L’idée de ce rythme pas si effréné était d’avancer dans le récit, quitte à reprendre plus tard pour relever le niveau les jours où j’ai écrit avec les pieds. Ca me rappelle une anecdote d’ailleurs. Quand j’étais en 4e, la prof nous avait demandé d’écrire un petit roman, j’ai déjà dû en parler trente fois sur ce blog, je crois. Si j’avais hérité d’un magnifique 16 (et ce même si je soupçonne la prof de s’être un peu moquée de moi quand elle a dit que mes dessins avaient un style… Sans mentir, c’était franchement laid mais dans le style très naïf et enfantin), quelques passages avaient été soulignés de rouge, la prof soupirant un peu d’une pauvreté soudaine de vocabulaire. C’était notamment le cas au moment où mes personnages entrent dans une chapelle secrète ou je ne sais plus quoi (j’avais 14 ans, je ne me souviens pas de tout) et la description ressemblait à peu près à ça “pia pia était pia pia était pia pia étaient pia pia était”. Oui, il devait y avoir une promo sur le verbe être le jour où j’ai écrit ça… Ou alors, j’ai écrit ça un jour de non inspiration mais où je n’avais pas le temps de niaiser car le rendu était proche. Et point de réécriture car j’ai tout écrit à la main (en 1994, je ne devais pas encore avoir d’ordinateur à la maison… Pourtant, je devais bien avoir une vieille machine à écrire, mmmm…j’étais peut-être juste maso). Bref : plus tu te forces, plus c’est atroce.

Jeune femme énervée froisse une feuille de papier devant son ordinateur

Oui ok mais du coup, on va abandonner direct le rêve éditorial parce que… Ben parce que mon emploi du temps, il s’en fout des bonnes vibes de mon inspiration. Il y a des jours où je crève d’envie, littéralement, d’écrire… Sauf que ça tombe comme de par hasard le jour où je suis blindée de taf, que j’ai une reco à rendre impérativement et que l’excuse “pardon de ne pas avoir tenu les délais mais j’avais besoin d’écrire”, ça ne fonctionne pas. Déjà que ces jours là, t’es limite obligé d’avaler un sandwich devant ton écran au lieu d’aller à la cantine pour prouver ton abnégation, hein… Donc si je veux écrire de façon régulière, je dois choisir d’écrire en fonction de mon temps libre plutôt que de mon inspiration, histoire d’être sûre d’avancer un tout petit peu ? Oui. Et j’ai même un nouveau jeu qui va me permettre d’y arriver, je vous raconte une prochaine fois…

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Le cahier d’écrivaine

Dans mes plus jeunes années, quand je me voyais déjà écrivaine, je m’étais achetée un cahier d’écrivains dont la première qualité était d’être joli. J’y notais quelques idées, quelques nom de personnages à utiliser ci ou là parce que j’aimais bien. Mais dans les faits, ai-je vraiment besoin de ce cahier d’écrivaine ?

cahier d'écrivaine

Quand on imagine le bureau d’artiste, il doit toujours y avoir dans un coin un vieux cahier gribouillé et raturé, recueillant croquis ou mots, embryons d’une œuvre future. On a souvent cette image d’Epinal d’un écrivain noircissant les pages de son carnet au fond d’un bar ou en terrasse, judicieusement accompagné d’un petit noir ou d’un ballon de rouge, voire une bonne mousse. J’avoue que le concept me fait rêver. Curieusement, j’aime à penser que j’écrirais mieux dans un environnement propice, un café ou une bibliothèque. Alors que c’est un peu comme imaginer que sa vie serait différente si on était plus grand, mince, musclé… Rayez la mention inutile. Mais les amis, c’est un leurre.

cafe-flore-paris-1900

J’ai en ma possession un joli agenda avec un hibou à lunettes dessus parce que… Pourquoi pas. J’ai élu cet agenda « cahier de l’écrivaine » car il est joli. Je le regarde droit dans les pages (blanches) et… Rien. Qu’écrire dedans ? Le nom des personnages, oui, ce ne serait pas idiot mais ensuite ? Les grandes lignes de l’intrigue, oui, mais ensuite ? Parce que le souci est là : un cahier, c’est chouette mais… Je déteste écrire à la main.

carnet d'écrivaine
Sans dire que je suis née avec un clavier entre les mains, je suis à la croisée des générations X et Y et je tapais sur des machines à écrire dès mes 8 ans. Parce que ça va plus vite et que je peux me relire. Oh j’ai certes écrit pas mal de choses à la main : un roman, exercice de français en 4ème (j’ai eu 16, je me la pète un peu) ou quelques pages de roman quand je faisais semblant de réviser mon bac dans ma chambre (la machine à écrire m’aurait grillee). Quelques bouts épars lorsque je bossais à la Poste et qu’il n’y avait pas de clients (mieux vu que de sortir un roman ou, pire, un magazine) ou quelques phrases dans les réunions m’amenant au bout de l’ennui. Mais je n’y prends pas de plaisir : ça devient vite illisible et ma main se crispe. Je vous jure, j’ai attrapé une crampe aux Philippines suite à l’écriture d’une quinzaine de cartes postales. J’ai tellement plus vite fait d’écrire au clavier, pourquoi m’emmerder ?
clavier-lumineux
Parce que la réécriture. L’avantage d’écrire à la main, outre de rentabiliser certaines réunions, c’est que je vais revenir sur mon premier jet, forcément perfectible. Ça ne veut pas dire que le second sera parfait mais sera sans doute meilleur. En plus, je me mettrai moins la pression sur la qualité vu que ça devra être tapé. Plus de fond, moins de forme. Et surtout, ne pas écrire sur un ordinateur, ça veut dire ne pas glander sur les réseaux sociaux et perdre du temps. Tu sais, ce truc là… ah oui, procrastination !

reseaux-sociaux-procrastination-humour

Mais le souci majeur de ce plan, c’est le temps. J’ai déjà du mal à trouver du temps pour taper sur un clavier alors écrire ? Oublions déjà le métro : déjà que j’écris mal, là, j’atteindrai le niveau hiéroglyphe… Dans le train peut-être…Mais pourquoi pas le soir ? Ça me coupera de l’écran encore plus tôt et je recopierai mes notes le week-end, comme quand j’étais à la fac. À tester !

Pages écrites : 8 lignes /21 pages.
Y a presque un peu de mieux !

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Résolutions version réseaux sociaux (les miennes, pas les vôtres)

Hey hey ! Ceci  n’est pas un article sur les résolutions sur les réseaux sociaux mais bonne nouvelle, je compte me pencher sur la question et un peu sérieusement. Plus tard.

veronica-mars

Donc niveau bonnes résolutions, je vous ai parlé un peu de ce que je voulais faire pour rendre ma vie (mon corps et mon appart) plus belle. Mais qu’en est-il de “Nina”, cette entité virtuelle que je porte depuis près de 10 ans ? C’est drôle de voir que sur pas mal de réseaux, c’est sous ce pseudo que j’ai avancé en premier (Twitter, Instagram, Vine dont-je-me-suis-servie-qu’une-fois). Du coup, je me dis : tiens, et que faire de l’écosystème Nina pour 2015 ? Après tout, j’audite celui de mes clients, je peux bien bosser un peu le mien.

National Radio Astronomy Observatory ALMA Antennae Image

Alors en 1 : le blog. Ce blog est un peu projet de bientôt 10 ans, le truc qui a duré le plus longtemps dans ma vie même si on peut difficilement comparer le blog à ses débuts et ce qu’il est aujourd’hui. J’ai longtemps cherché comment rentabiliser le truc eeeeet j’ai toujours pas trouvé. Car non, je refuse même l’idée de foutre de la pub dessus mais parfois, j’ai envie d’en faire un truc. Pourquoi pas quelques bouquins en autoédition de quelques séries sympas genre la chômagie, le mariage ou les sites de rencontre. Mais j’ai besoin de temps pour la réécriture et j’aime pas réécrire. Mais ça pourrait être un projet. Ca et…

Les documents de Nina

 

*TOUDOUM*

 

J’ai pas encore bien réfléchi mais quand j’étais plus jeune et que j’avais le temps, j’écrivais *gratos* pour des webzines qui nécessitaient un peu de recherche et ça me permettait de me cultiver un peu. Donc l’idée est à peu près la même : je constitue un dossier sur des sujets d’actu ou non qui m’intéressent et je les publie ici. J’hésite quant à la forme : PDF ou PPT (quand la journaliste et la marketeuse fusionnent, tadam !). Bref, j’ai envie que ce blog reprenne ce qu’il ambitionnait d’être au tout départ avant qu’on ne se mette qu’à parler de sexe : un observatoire sociologique sans prétention. Même si dit comme ça, ça fait la fille qui se sent plus péter.

 Narcissism

J’ai aussi envie de vivre plus pleinement ma vie parisienne à fond tant que j’y vis toujours en réalisant un petit guide spa/massages (ça me forcera à y aller), les ateliers que je teste ou les visites que je peux faire en accord avec ce que j’ai décidé suite à mon voyage à Lisbonne.

 paris-cite

Niveau galaxie sociale et plus spécifiquement Twitter : je vais me faire des listes “gens intelligents”, on va dire. Je suis un peu fatiguée des attention whores en tout genre qui nous expliquent à longueur de temps qu’ils n’en ont rien à foutre de nos vies et de ce que l’on dit car prendre la parole sur autre chose que leur petite personne, c’est un peu voler de leur lumière. J’en ai marre de ces demande d’attention permanentes, de ces photos “oh non faites pas attention, je suis trop moche”. Perso, quand je me trouve moche sur une photo, je la jette, je la publie pas à l’attention de l’interweb, quoi… Sans parler de l’éternel retour au lycée avec le syndrome prom Queen ou de celui qui aura la plus grosse. J’en garde un petit échantillon pour ma série mais à part les copains-copines que j’aime de tout mon coeur, les autres, je les mettrai pas dans mes listes et je respirerai mieux. Pour être tout à fait honnête, j’avais hésité à me créer un personnage totalement attention whore avec des photos de mes décolletés uniquement pour attirer le dalleux et démontrer que “séduire” sur Twitter n’a rien d’une prouesse et que c’est même limite vexant à force (je ne suis pas qu’une paire de seins, que diable) mais j’ai pas le temps de jouer alors tant pis.

 

Ca se voit pas forcément mais j'étais dans une église, là (pour un mariage)

Ca se voit pas forcément mais j’étais dans une église, là (pour un mariage)

Bon par contre, lire surtout des interventions intelligentes ne me dispensera pas de twitter des conneries car je suis un boulet fini, n’oublions pas, et j’ai besoin de chouiner sur ma énième chute et comme je n’ai pas le temps pour des expos ou autres, je continuerai à poster des Instagram de mon chat, de mon neveu de dos, de couchers de soleil sur la mer et de cocktails. Et puis je vais essayer de me la jouer beaucoup plus selfies pour agacer celles et ceux qui veulent pas qu’on parle d’autre chose que d’eux parce que j’en ai marre de ne jamais être sur aucune photo et de ne pas pouvoir changer celle de mon Facebook régulièrement. Quitte à parler de mise en scène sur les réseaux sociaux, autant jouer le jeu à fond.

 

Quelques minutes avant de perdre ma jolie écharpe bleue à Lisbonne

Quelques minutes avant de perdre ma jolie écharpe bleue à Lisbonne

Bref, près de 10 ans après sa naissance, “Nina” et les vingtenaires ne sont pas prêts de s’éteindre, ils vont juste être plus sélectifs pour moins se retenir de tacler les gens (“meuf, arrête de dire que tout le monde en veut à ton cul : si c’était si ordinaire, tu ne le partagerais pas A CHAQUE FOIS avec nous, je te promets…”)(c’était cadeau). Bien sûr, c’est toujours un peu chiant d’avancer sous le masque « Nina » qui ne me sert à rien dans ma « vraie vie » (je le mets plus sur mon CV) mais on ne sait jamais quelle porte ça peut ouvrir. Ou pas.

 

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