Ce livre que je lis… et qui ressemble trop à ce que j’écris

Ceux qui passent régulièrement par ici le savent, j’aime lire. Je ne le fais pas assez à mon goût car j’écris aussi, je dors, parfois, je travaille, surtout. Mais j’essaie de me ménager quelques instants de lecture, histoire de m’évader un peu, découvrir une histoire à la cool et parfois, je suis troublée… Ce livre, là, il ressemble trop à ce que j’écris… possiblement en mieux.

Ma pile à lire

J’ai exactement ressenti ça en lisant deux livres  La cité d’un côté et La zone du dehors de l’autre, je vous avais dit que j’en avais pas fini avec ce roman. Parce que pendant sa lecture, même si je sortais parfois du récit à cause du style, je me disais “mais… c’est quand même pas mal Augura”, ma dystopie du bonheur. Evidemment, il n’y a pas à chercher si loin pour comprendre : nous avons les mêmes influences dystopiques. 1984 notamment, parfaitement, assumé par Damasio avec un clin d’oeil limite trop appuyé en début de roman qui se passe en 2084. A ça, je rajouterais le Meilleur des mondes (même si l’influence est plus forte pour Technopolis dans mon cas). Est-ce que les dystopies se suivent et se ressemblent ? Forcément, il y a des socles communs, peu importe comment on va jouer la partition. Sauf que là, y a quand même pas mal de proximité entre mon histoire que j’écris depuis pas loin d’un an (j’écris pas vite, cf premier paragraphe) et tout à coup, tu te poses la question : est-ce que j’ai pas un peu tort de persévérer, vu que c’est déjà fait ?

Ce que j'écris

Et bien pas forcément. D’abord, comme dirait Joseph Campbell dans Le héros aux mille et un visages, toutes les histoires sont des déclinaisons d’un même mythe, le monomythe. J’ai pas lu le livre (du moins pas encore,on l’a à la maison) et je suppose qu’on peut y apporter mille et unes nuances mais dans les faits, les histoires ont toujours une structure similaire. Une romance, c’est A et B qui se rencontrent et qui s’aiment, avec ou sans péripétie. Ca peut finir bien, ça peut finir mal mais ces histoires n’ont pour but que de raconter le lien entre A et B, resserré ou distendu par la vie. Ca marche pour les amitiés, d’ailleurs (je suis en train de lire la saga prodigieuse d’Elena Ferrante, on est complètement là-dedans). Pour les thrillers, polars and co, tout amène à la résolution de l’enquête via la collecte d’indices, souvent encouragés par quelques rebondissements. Une dystopie n’a de sens qu’à partir du moment où les personnages qui la subissent prennent conscience de ce qui ne va pas et décident de réagir. Et d’ailleurs, si j’enlève la dimension “société futuriste”, finalement, il n’y a pas tant à voir : Cerclon I est sur un satellite de Saturne, Augura est sur Terre, le leader de la révolution, Catpt, est un intellectuel qui pérore beaucoup alors que dans Augura… ben ce qui est censé faire office de leader de la révolution est Iris, une femme qui n’agit que dans son intérêt propre, sans mentir à qui que ce soit sur le sujet, et refuse d’endosser un costume trop grand pour elle.

La liberté guidant le peuple de Delacroix

Et la Cité, alors ? Là, pour le coup, j’étais dégoûtée en le lisant car j’y voyais une histoire que j’avais en tête depuis bien quinze ans et que je n’ai jamais écrite parce que pas le temps. Ca me rend ouf quand on me pique mes idées sans savoir que je les ai eues. Non mais à une époque, j’envisageais de faire des vidéos sur ce blog en coupant mon bla bla par des extraits de séries ou films… un peu comme tous les gifs qu’on utilise désormais pour illustrer nos tweets ou, à l’époque, permettait de créer un blog Tumblr assez comique… Vous n’imaginez pas les soirées que j’ai passées sur Tumblr mais ça me permettait de réviser mon anglais (à peu près). Mon idée, là, je l’ai eue en 2011, j’avais téléchargé plein de séries TV pour isoler mes petites vannes, notamment les Xena (que j’avais entrepris de mater pour écrire un jour un article dessus mais au bout de 6 épisodes, j’ai laissé tomber). Et du coup, j’envisageais un roman un peu épique assez inspiré de Angel Sanctuary une nouvelle fois (j’avais écrit un roman un peu inspiré déjà, qui a dû disparaître dans les limbes informatiques mais c’était nul donc bon) mais je ne savais pas trop comment l’articuler et là, en lisant la Cité, j’ai lu ce que je n’avais jamais réussi à mettre correctement sur pied.

Angel Sanctuary

Du coup, j’ai eu une folle envie de reprendre cette histoire, celle d’Emma que j’ai envisagé un temps de nommer Iris avant de le refiler le prénom à la meuf d’Augura, là (il faut savoir que j’ai une certaine obsession pour les prénoms, je pourrais créer un roman juste pour coller un prénom… Ce que j’ai fait dans Uchronia vu que je m’étais réveillée avec le nom de l’héroïne qui se répétait en boucle dans ma tête ou créer un roman juste parce que j’avais envie de mettre le nom dans le roman. J’ai donc déjà écrit 12 pages de Taylor Rent, quand même). Mais j’ai son histoire, me resterait qu’à l’écrire. Quand j’aurai fini un de mes romans. Parce que oui, l’envie d’écrire vient souvent de la lecture d’un roman ou le visionnage d’une série…

Pretty little liars

Même celle-à, oui

Inspiration ou plagiat… Un sujet intéressant à voir une prochaine fois.

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Vite, une pause soleil : Cuba

Parfois, on est à bout. La routine métro-boulot-dodo vous ruine, vous épuise, vous n’avez plus d’énergie, plus d’envies. Je vous cache pas que depuis mon retour du Japon, c’était l’enfer au boulot. J’ai d’ailleurs commencé à écrire tout ça, ça va finir en journal d’une démissionnaire, ça. Bref, je n’en pouvais plus et avec Anaïs, on se parlait du Mexique depuis des années. Mais après moults rebondissements, c’est officiel : je pars seule à Cuba avec l’UCPA.

Centre UCPA à Guajamico, Cuba

Oui, c’est une partie du centre UCPA. Sympa, non ?

En vérité, le côté “seule” a été un manque de réflexion de notre part, à Victor et moi. Je voulais partir plonger, j’ai orienté mes recherches en ce sens. Sauf qu’une fois réservé, j’ai réalisé que ce voyage pouvait également être décliné en “découverte” (sans plongée, donc) et que Victor aurait pu venir avec moi en prenant quelques jours en anticipé. Surtout que je savais que, pour ma part, si tout se passait bien, j’allais changer de travail incessamment sous peu donc inutile de garder des vacances pour l’été, je n’en aurai sans doute pas. J’avais raison, pour la petite histoire, j’ai passé mon premier entretien pour le taf que j’ai trouvé juste avant Cuba, le deuxième peu de temps après. Ce que je n’avais pas anticipé, c’est que Victor allait, lui aussi, changer de travail. Mais c’est pas le sujet.

Un paysage à Cuba

Bien donc situation : Anaïs ne peut pas venir avec moi pour une histoire de ravalement de façade (ce n’est pas une métaphore), je dois trouver une destination avec du soleil, du repos un peu, pas trop trop cher et que je n’ai pas envie de faire avec Victor. Alors rien que ce dernier point, c’est compliqué. Il ne me reste guère que les Antilles… et Cuba. Pour ceux qui furètent un peu par ici, vous aurez noté que Victor et moi avons le coeur à gauche, comme on dit. Du coup, aller à Cuba sans lui était un non-sens… Et en même temps, j’en avais envie. J’ai déjà fait la Martinique et la Guadeloupe (pas très bien, certes), Cuba, ça me titillait l’imagination de ouf.

Vieille chevrolet à Cuba

Alors en trois clics, après avoir discuté avec Victor pour être sûre que ça ne le dérangerait pas (point : Victor ne m’ennuie jamais quand il s’agit de vacances sans lui, c’est juste moi…), c’est décidé. Pendant une semaine, je vais vivre au rythme du rhum et de la salsa, tout oublier parce que je suis partie si épuisée que je n’aurais pas eu ces vacances, je n’aurais pas tenu le coup. L’histoire ne dira pas si ça n’aurait pas été mieux mais bon…

Daiquiri

Je suis partie avec mon joli stylo gel et quelques feuilles de papier pour vous gratifier d’un nouveau carnet de voyage. Hola chicos y chicas, vamos a Cuba ! (je parle pas espagnol)

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Le délice d’un bon narrateur rigolo

C’est dimanche et vous savez ce que j’aime faire le dimanche : écrire en mettant en fond des séries un peu légères, idéalement drôles même si je suis un peu chiante en matière d’humour. Du coup, je me dis “tiens, si je vous gratifiais d’un article léger sur un truc que j’aime bien : le narrateur rigolo”.

Le narrateur rigolo

Je vais parler ici de deux séries, n’hésitez pas à m’en balancer d’autres dans le genre si vous en avez : Arrested Development et Jane the Virgin. Alors certains ne verront pas le rapport à priori, rapides présentations : à ma gauche, Arrested Development, l’histoire d’une famille riche complètement dysfonctionnelle qui se retrouve sans le sous du jour au lendemain. On a donc une galerie de freaks assez drôles et attachants et si vous ne connaissez pas cette série, vous en connaissez néanmoins quelques gifs :

Gif arrested development Gif arrested development Gif arrested development

A ma droite, Jane the virgin, série que j’aime d’amour et dont je reparlerai une autre fois, je sais pas trop quand. Jane est, comme son nom l’indique, une vierge mais elle se retrouve inséminée accidentellement avec le sperme du beau Rafael. En gros : on a le pitch classique de la telenovela avec un triangle amoureux, une pauvresse qui flirte avec un homme très riche car l’amour transcende les classes sociales… et, ce qui est merveilleux, c’est qu’ils ont rajouté en guise de paillettes au chocolat sur le tout une sorte de parodie de télénovela. Donc j’adore.

Le triangle amoureux de Jane the virgin

Le point commun entre les deux : le narrateur qui sort un peu de son rôle de narrateur, justement. Et c’est précisément ce qui rend ces séries délicieuses. On pourrait avoir affaire d’un côté à une série familiale à sketches, pas loin d’un Fête à la maison ou Notre belle famille mais en plus féroce, de l’autre une série romantique. Je pense qu’on doit pas être loin d’Ugly Betty mais je dois avouer que je n’ai vu qu’un épisode donc je vais avoir du mal à poursuivre le parallèle. Il n’y a pas une écriture identique, Arrested Development ressemble plus à une sorte de documentaire, le narrateur décrit la situation… de façon assez sarcastique. Alors que dans Jane, il brise les règles du jeu en s’adressant aux personnages (“non, ne fais pas ça”) ou démolit le quatrième mur en s’adressant à nous, je me souviens, à propos d’un plot twist “oh wouah… je ne sais pas quoi dire, je suis aussi surpris que vous” voir nous spoile un petit peu du genre “à propos de pétrin, voici Petra” (ok, j’adore la sonorité de cette phrase) ou le sublime « regardez comme ils sont mignons mais comme nous sommes dans une telenovela, je suis inquiet, ça va pas durer ». D’ailleurs juste après, vient le rebondissement.

Jane the virgin : Xiomara et Rogelio

Et en fait, ça change tout. Et je me demande comment adapter ça dans mon écriture. Sur les quatre romans que j’ai actuellement en chantier (enfin, on pourrait presque dire cinq, je reprends en sous-marin mon projet d’Audrey, là, mais je veux écrire une vingtaine d’articles avant de lancer quoi que ce soit surtout que j’aimerais trouver un style d’illustration un peu sympa), j’en ai un (en fait deux du coup) écrit sous forme de journal à la première personne et ces personnes n’ont pas forcément un sens de la dérision ultime, vu qu’elles sont impliquées. Mais je trouve qu’il y a quelque chose d’intéressant ici, un sens du détail qui fait basculer une histoire banale à un bon moment de rire et je veux capturer ça… Peut-être que je devrais envisager un Audrey bis raconté par une autre personne, ça pourrait être amusant…

Jane et Rafael - Jane the virgin

En fait, il n’est pas toujours facile d’écrire un personnage dont on peut se moquer sans déraper. C’est tout le problème que j’ai avec certains personnages, surtout féminins, loseuses éternelles à la Bridget Jones, du genre à ne pas pouvoir descendre un escalier sans chuter si l’objet de leur attention est dans la pièce, qui envoie des SMS par erreur, qui transpire le “hihi, je suis maladroite, je suis une fille comme les autres” (non). Parce que vous savez qui est quand même assez maladroite ? Jane. Et vous savez qui n’est pas agaçante ? Jane.

Jane et Mateo - Jane the virgin

Va vraiment falloir qu’on reparle d’elle.  

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Créer de l’enjeu : le grand défi de l’écriture

Je vous parlais il y a quelques temps de ce livre que j’ai abandonné en cours de route avec, entre autres raisons, le manque d’enjeu. Pourtant, sur le papier, le héros devait sauver le monde, ce n’est pas rien… sauf qu’on savait très bien qu’il y arriverait et sans froisser sa chemise, s’il vous plait. Du coup, sacrifier des heures de lecture pour savoir ça, non merci.

Dormir sur son livre

C’est difficile de créer un réel enjeu dans un roman. Pour reprendre le roman horribilus dont j’ai tant parlé, l’enjeu était de savoir comment l’héroïne s’en sortirait… et encore, on était plutôt sereins vu qu’elle nous avait expliqué des le départ que c’était un faux camp de concentration. Si seulement elle avait axé son récit sur l’avenir de la France plutôt que sur son nombril… Parce que la survie d’un personnage insupportable n’est pas vraiment génial en terme de motivation pour poursuivre la lecture d’un roman… Souvent, on va faire peser le suspense non pas sur la survie du personnage, souvent admise des le départ, surtout si le récit est écrit à la première personne en mode « journal de guerre » mais souvent sur le comment. Un bon roman doit avancer les faits comme inéluctables et placer le lecteur en tension : « Ok, je sais que Jean-John va sauver le monde mais là, quand même, je vois pas comment ». Un peu comme dans les Batman des années 70 où il parvenait toujours à s’en happer du piège in totalement complique des méchants mais en moins zim bam Kaboom quoi.

Batman années 60

Il.y a aussi les polars avec l’enjeu tout trouvé : c’est qui qui a tué. Ou éventuellement comment l’inspecteur va trouver que c’est cette personne l’assassin.e à la Columbo quoi. Mais cet enjeu ne fonctionne que s’il est bien amené. Il faut maîtriser deux paramètres : donner envie au lecteur de savoir qui a tué mais aussi pourquoi. Dans « Je suis Pilgrim », par exemple,  on ne savait déjà pas qui avait été tué au bout de 400 pages alors le « par qui » et « pourquoi », ça ne m’a pas intéressée du tout. Et puis, le polar, faut savoir le manier de main de maître. Rien n’est plus insupportable qu’un roman policier où vous trouvez la solution avant la fin… ou les retournements pétés. Je parle souvent de cette astuce d’écriture de tueur sorti du chapeau « en vrai, le tueur, c’était le passant de la page 36 qui demande son chemin. Surpriiiise ». Non, ça, c’est de la triche et ça me fait instantanément détester un roman.

En fait, créer de l’enjeu est un équilibre subtil : il faut arriver à créer une certaine empathie vis-à-vis des personnages pour que leur avenir, voire leur survie nous importe. Même quand on sait que, forcement, il ou elle survivra (on tue rarement ses héros), on peut craindre pour son intégrité physique, celle de ses ami.e.s et surtout, on va s’inquiéter de son évolution. Et ça marche dans tous les romans, peu importe qu’on vois raconte une enquête sur un crime, une histoire d’amour ou une  course contre la montre… si vous ne parvenez pas à créer un enjeu, vous allez perdre vos lecteurs.

Ne pas ennuyer son lecteur en créant de l'enjeu

Et donc un point crucial pour créer de l’enjeu. C’est de parvenir à induire de l’empathie pour vos personnages. On s’en parle une prochaine fois.

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Big little lies : et si on arrêtait de se stresser avec le suspense ?

J’ai vu une série, j’ai besoin de vous en parler car j’ai une vraie interrogation. Lors de mon retour de Tokyo, j’ai maté les tous premiers épisodes de Big little lies, une série assez proche d’un Desperate Housewives en un peu plus HBO. Si cette série ne m’a pas bluffée plus que ça, je m’interroge : j’avais tellement deviné la fin qu’il me semble impossible qu’ils aient cherché à masquer ce qui allait se passer. Après tout, ne sacralisons-nous pas trop le suspense ?

Big Little lies

En fait, j’exagère un peu. La construction de la série m’a bien plu : dans le premier épisode, on apprend que quelqu’un est mort et c’est à travers les témoignages des uns et des autres qu’on va reconstruire l’histoire. Mais on ne sait pas qui est mort. Sur ce point là, j’avoue que je me suis un peu loupée. J’avais déterminé assez facilement qui ne mourrait pas (Jane était évidente, un personnage parlant d’elle au présent à un moment, je n’avais pas de doute non plus sur Madeline et Renata. En vrai, moi, je pensais à l’institutrice, ça aurait fait un bon rebondissement) mais j’avais pas la bonne hypothèse sur lae mort.e . Par contre, quelques minutes avant le dénouement final, là, j’avais tout, je balançais ce qui allait se passer une minute avant que ça n’arrive.  Il y avait toute l’histoire autour de Jane notamment, était-on vraiment censés être surpris par la big révélation de fin ?

Le viol de Jane dans Big little lies

Du coup, je me pose la question : quel était le vrai sujet de la série ? L’identité de la victime, certes, mais est-ce que l’histoire de Jane était un élément central du suspense ou juste un fil de la toile pour décrire cette société américaine terriblement bourgeoise et bien pensante qui se sourit par devant et se vomit dessus par derrière ? Mais du coup, était-il utile d’insérer cette histoire là si elle était bâclée ? C’est quelque chose de très symptomatique des séries je trouve : pour durer les 10 épisodes de 45-60 mn que comptent en moyenne une saison (estimation au doigt mouillé, flemme de chercher des infos), faut un peu mettre de gras autour de la colonne vertébrale, quoi… Ce qui n’est pas un mal en soit sauf que j’ai parfois l’impression que ça génère des sous intrigues pas forcément passionnantes… Il m’arrive parfois, en matant des séries, de lever les yeux au ciel quand on passe sur une sous-intrigue en mode “non mais elle m’intéresse pas cette histoire, revient à l’autre, là !” . Bon, cette stratégie de mêler des fils dorés et des fils de basse qualité nous permet cependant d’abandonner peu à peu ces épisodes “filler”, ces épisodes un peu vides et sans intérêt qui sont un peu là pour remplir la saison. C’est pas mal le cas dans The walking dead ou Game of thrones où on est sur un rythme global de “1-2 épisodes de début de saison haletant – milieu de saison chiant avec un peu de relance avant la coupure (surtout the walking dead pour le coup) et final tonitruant”. En général, quand vous regardez ce genre de séries, ça donne à peu près ça “ohlala, ça reprend ce soir, je ne raterai pas le premier épisode – OH MON DIEU C’EST ENORME(bon, pas toujours) – pfff, j’en ai marre de cette série, elle est nulle, il ne se passe rien – OH ENORME CET EPISODE DE MI SAISON, J’AIME TROP CETTE SERIE – zut, je me suis encore endormie pendant l’épisode – OH MON DIEU CE FINAL, JE VAIS PAS POUVOIR ATTENDRE 8 MOIS POUR CONNAITRE LA SUITE !”*

Jane et Madeline dans Big little lies

Ou alors… nous donner un peu de biscuit facile à digérer, ce ne serait pas un peu une façon de nous flatter l’ego et faire passer mieux certaines pilules… Ou juste pour nous faire revenir à la série, juste pour voir si nous avions raison ou non dans nos intuitions (ça a très bien marché avec moi, pour le coup).Au sujet des pilules à faire passer, nous parlerons la semaine prochaine de Dark, la série allemande made by Netflix

 

* Je m’excuse pour cet abus de majuscules

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The circle de James Ponsoldt : le futur est déjà là

L’avantage quand on prend l’avion, c’est qu’on peut se refaire un peu niveau culture ciné (je pars de très très loin). A peine me suis-je installée que je commence à fouiller dans le catalogue des films et je tombe sur The circle, film que j’avais moitié envie de voir. Moitié oui parce qu’il paraît que c’est une dystopie, moitié non parce que sur l’affiche, il avaient mis des avis issus de Twitter, laissant présager un film moisi… Mais The circle, c’est quoi ?

Affiche du film The circle avec Emma Watson et Tom Hanks

C’est juste un avatar des GAFA. Qu’est-ce que c’est que ça, le GAFA ? me demanderez-vous. C’est juste l’acronyme de Google Apple Facebook Amazon, les quatre géants de la Silicon Valley. Donc on suit la vie de Mae, fraîche jeune fille qui a une vie un peu moyenne avec un boulot de téléopératrice pas top, un père malade (sclérose en plaque, il me semble), un pote, Mercer, avec qui elle semble flirtouiller et voilà. Mais elle a aussi une super amie, Annie, qui lui décroche un entretien pour la société “Le Cercle”, elle décroche un poste d’assistance clientèle. Nous allons donc découvrir la société du Cercle à travers les yeux de Mae : le campus où ils vivent tous avec cours de yoga (ou doga parce que tu peux le pratiquer avec des chiens), les concerts avec le caméo le plus forcé de l’histoire puisqu’Annie et Mae font un tour au concert, Mae fait “waaaah, c’est Beck !”, elles y assistent trois secondes et elles repartent. Mais surtout, sur le campus du Cercle, il y a régulièrement des talks d’un des trois fondateurs, Eamon Bailey. Mmm, un mec qui parle sur scène simplement vêtu et qui parle de ses nouveautés, ça me rappelle vaguement quelqu’un… Mmmm… Bon, au départ, Mae est moyen emballée, elle se fait très gentiment sermonner car elle ne prend pas le temps de poster des news sur sa page sur l’intranet. Elle poste donc une photo d’un lustre réalisé par son pote Mercer avec des bois de rennes (mmm…) et le mec se fait aussitôt pourrir alors qu’il n’avait rien demandé à personne.

The circle, Emma Watson

On va donc suivre Mae dans sa plongée au coeur de ce système du Cercle. Suite au harcèlement dont il est victime, Mercer va sur le campus pourrir Mae qui, énervée, va voler un kayak pour en faire en pleine nuit (oui, la qualité première de Mae n’est pas tellement son intelligence), elle est prise dans une tempête mais elle est sauvée grâce à un nouveau gadget : une caméra miniature en forme de bille placée sur une des bouées de la crique où Mae faisait son kayak. Reconnaissante, elle accepte la proposition de Bailey de devenir transparente : porter en permanence une caméra sur elle et tout partager sur ses réseaux sociaux, une pub vivante pour le Cercle quoi. Elle s’y prête de bonne grâce mais cette transparence va lui coûter cher.

Emma Watson dans the circle

Alors déjà, je suis un peu gênée par le qualificatif de “dystopie”. Je n’ai pas lu le roman mais dans le film… c’est juste un pseudo thriller, c’est juste La firme (de ce que j’en sais, j’ai pas vu le film). C’est au mieux de l’anticipation avec quelques gadgets qui n’existent pas encore tout à fait (des drones viennent régulièrement filmer les gens de façon un peu gratuite) mais sinon… Oui, le Cercle peut être vue comme une société à part entière et le déroulé du film nous fait bien plonger dans une sorte de contre-utopie mais je n’ai pas réussi à adopter cette grille de lecture. Pour moi, ce film est juste une critique des GAFA. Et c’est là son plus grand défaut.

Emma Watson devient transparente dans the circle

Je ne suis pas une grande fan des GAFA, notamment dans tout ce qui est traitement des données personnelles qui est un vrai sujet. J’ai de plus en plus de mal avec les talks qui nous bombardent d’injonctions qui peuvent se résumer à “si tu veux, tu peux, si tu ne réussi pas, c’est de ta faute !”. Je suis toujours un peu plus dubitative sur la critique classique des réseaux sociaux qui nous poussent à nous exhiber toujours plus… Les réseaux sociaux sont avant tout un outil qu’on utilise comme on le souhaite. Oui, je suis encouragée à peu près tout le temps par Facebook à poster des trucs mais je le fais assez peu. Je ne me montre pas du tout sur mon Instagram, dans la mesure où j’ai choisi de prendre la parole sous pseudo. Mais même sur mes réseaux à mon vrai nom, je m’exhibe peu. Peut-être question d’âge, je sais pas. Mais je digresse car là, le souci du film, c’est qu’il nous donne tellement un coup de coude à chaque scène en mode “Hé, T’AS VU MES SOUS ENTENDUS ?” qu’à la fin, ça te pète une côte. J’ai compris ton message, sois un peu plus subtil, putain !

Emma Watson dans the circle

Quant à l’intrigue.. Je sais pas, en fait. On en est à un niveau de “je m’en fous de ce qu’il se passe”, très élevé. Ce film m’a tenu en haleine… j’ai attendu pendant deux heures qu’il se passe quelque chose, vraiment. On te fait croire par moment qu’il y a du danger, que Mae pourrait être menacée mais tellement pas.  Y a bien un ou deux rebondissements et un plot twist de fin (nul) mais en fait… y a pas de fin. Vraiment pas. Le générique de fin tombe et t’es là en mode “oui ? C’était quoi l’histoire du coup ?” En gros, je vous résume deux heures de film :”attention, faut pas trop tout poster sur les réseaux sociaux parce que c’est méchant des fois”. Voilà. Et pour ce magnifique message de prévention de 2h, on nous a mis Emma Watson qui semble galérer dans sa carrière, Tom Hanks qui est venu cachetonner à la cool (le mec ne se donne pas une seule minute), Bill Paxton (pour son dernier rôle, du coup), John Boyega qui a sans doute voulu ne pas se cantonner à Star Wars. Bref, si vous avez deux heures à perdre… Regardez autre chose.

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La scène que tu n’arrives pas à écrire

Chacun sa technique d’écriture. Comme j’ai déjà dû le dire cent fois, quand je débute un roman, j’ai en gros le début, la fin et quelques scènes éparses à recoller dans le récit. Une sorte de squelette avec la tête, les pieds, la colonne vertébrale et quelques côtes de ci de là. Au fur et à mesure de l’écriture, je donne chair (et os manquants) à mon squelette sauf que tout à coup, j’arrive à une côte imaginée depuis longtemps… et j’arrive pas à la coller au puzzle. La maudite scène que tu n’arrives pas à écrire.

Panne d'écriture

Il ne s’agit pas de la différence entre ce que tu as dans la tête et ce que tu produis effectivement. Non, c’est autre chose. Cette scène, ce rebondissement, tu l’as en tête depuis le départ, tu écris ton histoire pour en arriver à ce point là et soudain, stupeur et tremblements, ça ne marche pas. C’est précisément ce qu’il m’arrive actuellement dans mon roman de Maja, à tel point que j’ai mis quelques jours à reprendre ma plume, officiellement parce que je voulais finir un incroyable polar dans le RER plutôt que d’écrire (Rage de Zygmunt Miloszewski dont je vous ai déjà parlé pour ses précédents romans Les impliqués et Un fond de vérité, c’est son 3e avec le plus en plus insupportable Teodor Szacki mais le fond du roman est excellent) mais aussi parce que les personnages tournaient en rond dans des dialogues sans fond pour expliquer un comportement… inexplicable. Merde, je suis tombée dans le travers de toute comédie romantique ou romantic litt malsaine à la Beautiful Bastard ou After : ils se haïssent tellement qu’en fait, à la fin, ils s’aiment.

Couple : de la haine à l'amour

J’ai écrit la scène une première fois, me rendant compte du moisi du truc mais je me suis dit que la réécriture allait nettoyer tout ça. Du coup, j’ai réécrit. Deux fois. Et y a un truc pas net. Et ça me saoule un peu car c’est un arc narratif important pour la fin et même moi, quand j’écris les justifications des personnages, je lève les yeux au ciel en mode “non mais arrêtez vos conneries, ça n’a pas de sens”. Tiens, d’ailleurs, y en a un qui va le sortir ça, que ça n’a pas de sens, ce sera clair, au moins. Limite, je suis à CA d’écrire “oh ben parce que l’autrice voulait intégrer cet élément modificateur dans l’histoire mais elle savait pas trop comment l’amener alors elle l’a posé là, merci, bisous”. Ce serait pas pire…

La scène que tu n’arrives pas à écrire

Et ce blocage est agaçant. J’essaie d’avancer en me disant que de toute façon, j’ai l’ultime relecture derrière qui me permettra peut-être de dénouer le noeud car je touche bientôt au but. Mais j’ai comme la sensation que j’ai construit une maison plutôt pas trop mal mais que j’ai soudain eu l’ambition de rajouter dessus une tour avec un observatoire en haut qui est en train de menacer tout l’équilibre et risque de faire s’effondrer le tout, vous voyez ?

Edifice branlant

Mais bon, je dois passer outre et poursuivre car au bout du chemin, je vois la lumière. Et oui, je ne suis plus trop loin de la fin à présent. Et les derniers mètres sont les plus durs.

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Ecrire un polar : qui sera le coupable ?

Bien le bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. Moi, ça va, mon roman de Maja continue de bien avancer : j’ai entamé la troisième partie, j’ai réussi à défaire un noeud qui me dérangeait dans ma progression et niveau retape, j’ai désormais 141 pages tapées. Ca rigole plus. Mais parfois, je me prends à rêver à mon prochain roman. Et si je décidais d’ écrire un polar ?

écrire un polar

J’aime bien lire les polars, je vous en ai présentés quelques uns ici mais c’est un genre que je trouve difficile. Par exemple pour ma part, en tant que lectrice, si je trouve le coupable avant la fin, même si le livre est bien, ça va diminuer mon enthousiasme automatiquement. C’est pour ça que je voue aux nues Les impliqués, Millenium (le 1er) ou encore les 10 petits nègres… parce que j’avais rien vu venir.

SK1 serial killer

Les dix petits nègres justement, parlons en. Jeune, j’ai lu énormément d’Agatha Christie et de Mary Higgins Clark (no judgement please, j’avais 15 ans) et le souci de cette dernière, c’est que j’ai fini par piger la recette et je devinais dès la page 30 qui était le tueur : un homme proche de l’héroïne principale et surtout celui qui n’est jamais le narrateur. J’ai longtemps cru que Christie n’avait pas de recette mais j’ai fini par trouver : la victime est souvent coupable, elle simule sa mort, une attaque ou prendra la place du mort supposé pour trompe l’enquêteur. Cf les dix petits nègres, Meurtre sur le Nil,les vacances d’Hercule Poirot…  par exemple.

Les 10 petits nègres, la série

S’arranger pour que le lecteur ne trouve pas le coupable avant la fin, c’est donc le but ultime du polar et à force d’en lire, j’ai repéré deux ou trois astuces…

Nail art écriture

Le coupable évident

Ca arrive, dans les polars, l’enquête se lance et il semble évident que c’est John le tueur. Sauf que tu lis un roman, qu’il y a trois-cents et quelques pages, dirons-nous et que tu ne peux pas écrire tout ça sur une évidence… Et bien certains y arrivent et quand vient l’heure des révélations tu es légèrement… désappointé. Mais ça peut marcher car tu cherches tellement pendant tout ce temps qui ça peut être car ça ne peut pas être celui que tout le monde accuse que tu te fais quand même bien balader.

Sang chaud pour meurtre de sang froid

Mais y a moyen de le jouer plus subtil…

Le dégueulasse

Celui-là, on ne le voit pas venir car il se rend coupable d’exactions qui dépassent notre entendement genre violer sa fille avant de la refiler au frère de cette dernière…Ca me « fascine » d’ailleurs un peu, cette voie là, faudra que j’en reparle, tiens.

Broadchurch

Le psycho

Un peu le cousin de celui du dessus : tout le ressort du roman est basé sur la folie d’une personne. C’est le cas par exemple de The gone girl ou un film ou téléfilm une fois que j’avais vu plus jeune et dont le dénouement était brillant : un inspecteur enquêtait sur une femme disparue et à la fin, on découvrait que cette femme, en fait, c’était son frère qui avait une double personnalité… En gros, personne n’avait disparu

Tout le monde ou presque

On pense naturellement au crime de l’Orient Express. J’ai lu un autre polar récemment (dont je tairai le nom pour pas spoiler, évidemment) dont la révélation était peu ou prou celle-là, tout le monde était impliqué plus ou moins sur deux crimes ayant lieu simultanément mais finalement sans rapport… et j’ai trouvé ça un peu facile comme rebondissement. Ok, je l’avais pas vu venir mais ça complexifiait tellement l’histoire que tu finis le roman genre “ouais, ok… on s’en fout en fait”.

Le crime de l'orient express

Le tueur sorti du chapeau

Celui-là, c’est celui que je déteste, Parce que c’est trop facile, on est à la limite de la paresse d’écriture. Vous avez votre paquet de suspect mais le tueur en fait, c’est le passant de la page 57, ahah, surprise ! Ca peut être bien amené, attention ! Dans Se7en, par exemple, le coupable n’apparaît in fine que lorsqu’il a terminé son oeuvre (même s’il est rapidement croisé dans un couloir à un moment) mais à aucun moment il n’y a eu de liste des suspects par exemple donc on n’était pas dans le “je te présente John, Mark et Teddy, ce sont nos trois suspects mais en fait, le tueur, c’était Jacob, le chauffeur du taxi que tu as pris à la page 36 et qui t’a dit “vous allez où ?”, incroyable, non ?”

Saga, chevalier des gémeaux, tue le grand pope

Ok, les chevaliers du Zodiaque, c’est pas un polar mais c’est un excellent exemple de ce que je veux dire

Parce que c’est là, à mon sens, toute la difficulté du polar : comment trouver le juste équilibre pour surprendre le lecteur sans faire sortir un tueur du chapeau ? Lui donner tous les éléments sans que la résolution ne soit trop évidente ? Parce qu’un polar où l’on devine avant la fin qui quoi qu’est-ce… Ca donne juste envie de l’oublier au plus vite

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Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand

Dans la vie, j’ai trois passions  : lire, écrire et boire du café. Bon et puis voyager, dormir, rire, câliner… Mais restons sur les trois premières citées. En me baladant dans les rayonnages étroits d’une librairie, j’aperçois un livre qui m’interpelle : Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand … Un livre publié par une vraie maison d’édition après avoir cartonné en auto édition. Quelle belle histoire, voyons ça de plus près.

Couverture du livre "les gens heureux lisent et boivent du café" d'Agnès Martin-Lugand

L’histoire : après avoir perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture, Diane se laisse sombrer, s’occupant à peine de sa librairie “les gens heureux lisent et boivent du café”. Un soir de spleen total, elle trouve une vieille Guinness dans le frigo qui appartenait à son mari, elle la boit et décide de partir vivre en Irlande. A côté de chez elle, un bel homme qu’elle déteste d’emblée, il le lui rend bien mais le chien du monsieur l’aime bien elle et crée un rapprochement et…

setter irlandais race de chien

Heu stop. STOP ! Pardon ? Un livre qui parle de lire et de boire du café ne parle ni de livre ni de boire du café, en fait ? C’est juste une comédie romantique lue et relue 50 fois de type “au début, ils se détestent, à la fin, ils s’aiment ?” avec des rebondissements aléatoires et une psychologie des personnages totalement foirée (en deux pages, vous passez vraiment de “ah, je le déteste le voisin” à “oh bé il me propose de partir en week-end avec lui, j’accepte !”) ? Le livre me tient deux jours (les vacances permettent de lire vite) et je le range au fond de ma valise, me sentant trahie.

Village de pêcheurs en Irlande

J’aimais cette histoire de petite écrivaine caféinomane et bibliophage qui écrivait son petit roman, un roman forcément intelligent parce qu’il y a une librairie dedans et je me retrouve avec une resucée de “Mange,prie, aime”, sans la nourriture et la prière, à peu près. Et pourtant, j’aime l’Irlande, ce qui aurait pu me rendre indulgente avec le roman mais j’avoue, les bluettes, je déteste ça surtout quand on passe aussi brutalement de la haine réciproque à une tendresse voire un amour qui sort de nulle part. L’héroïne est censée être dévastée mais je ne ressens rien pour elle, en fait, aucune empathie. Elle est juste chiante comme la plupart des héroïnes de ce type de roman et je parle pas de son nouveau prince. Et évidemment, le traditionnel coup de théâtre qui remet tout en question, le gros drama où tout aurait pu être réglé en 5 mn si les gens s’étaient parlés un minimum mais non, personne ne fait jamais ça dans ce genre d’histoire et tu as envie de tous les frapper.

Lady Gaga prestation live Monster Tour

Alors vous allez me dire que je suis dure avec ce livre et c’est sans doute vrai mais je me suis sentie trahie et arnaquée. Parce que le (super) titre du livre, c’est juste le nom de la librairie où Diane ne va in fine jamais, JAMAIS. C’est un peu comme le roman de Gilles Legardinier lu y a quelques années que ma mère m’avait acheté car elle avait trouvé la trombine du chat de la couv trop mignonne…

Couverture du livre demin j'arrête de Gilles Legardinier

Et ouais j’avoue mais ce chat n’égalera jamais mon nouveau crush félin absolu : Rosie, le chat husky (je l’ai même mise en fond d’écran de mon pc du bureau à la place de Batman qui faisait un thumb up mais je vous jure que la tête de ce chat me rend heureuse instantanément)

Rosie, le chat qui se prend pour un husky

Mais le roman était nul, tu sais dès le départ comment ça va se finir… Enfin non parce que j’ai cru qu’il allait se passer un truc mais non… J’aime pas les bluettes romantiques, sorry.

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Où je ne regarderai pas Game of Thrones (mais j’hésite)

Ce soir, à l’heure où je dormirai à poings fermés, HBO diffusera la nouvelle saison de sa série phare : Game of Thrones saison 06, c’est parti… et je me demande si je vais faire partie du lot des spectateurs… parce que… parce que plein de raisons.

game-of-thrones-saison5

1 – Parce que HBO

Je ne vais pas forcément cracher sur HBO dans sa globalité car Sex and the City à l’époque, Six feet under, the Leftovers, Veep et certainement plein d’autres séries très bien que je ne connais pas car je ne suis quand même pas une très bonne sériphage. Mais parfois, HBO, cest un peu “alors on a mis du cul et du sang parce que les gens veulent ça!”. Tellement que j’étais persuadée que la série Spartacus que nous pourrions résumer par “des gladiateurs et Lucy Lawless qui baise avec tout ce qui passe”. Du coup, dans Game of Thrones, on retrouve parfois du racolage sans qu’on comprenne bien pourquoi. Exemple dans la saison 5 avec les Aspics du désert, des personnages certes secondaires dans le livre mais là, à part une scène où l’une d’entre elles montre ses seins, elles servent à rien, un pétard mouillé. J’ai rien contre les scènes de cul ou de violence mais si je commence à me demander à quoi ça sert, ça n’est pas très bon signe. Car comme dirait un ex collègue “plus t’as de cul dans l’épisode 1, plus la série pue du cul” (je me suis permise une légère modification de la citation pour la rendre plus “ahah, c’est le cas de le dire”). Donc je suis pas rassurée sur la suite des événements

Scène de sexe dans Game of Thrones

Le sexe est bien présent dans le livre mais son exploitation diffère : dans le livre, les viols sont plus des faits de guerre qu’autre chose, dans la série, ça sert juste à rajouter un arc narratif qui ne sert à rien aux personnages (Sansa, Cersei) et le lesbianisme présent dans le livre sert finalement plus à démontrer une émancipation des femmes concernées (Cersei encore ou Daenerys) et ne sont pas juste mises là pour exciter le spectateur mâle habitué à des scènes saphiques.

Genre typiquement cette scène qui sert à rien

Genre typiquement cette scène qui sert à rien

2- Parce que le livre

J’ai donc entamé la lecture de Game of Thrones il y a 3 ans et j’ai achevé les 5 intégrales, quitte à passer à l’anglais (mais j’ai compris, le style est meilleur en anglais qu’en français) et à acheter une liseuse parce que bon, avoir un tote bag juste pour un bouquin, voilà voilà… Les deux médias présentent deux versions différentes d’une même histoire. Or autant j’ai bien accroché sur les volumes 3, 4 et 5 (le 2 fut une tannée à lire), autant je suis hyper déçue de voir que le rebondissement que je trouvais l plus dingo dans le livre n’existe même pas dans la série pour le moment et je crains qu’il n’arrive jamais. Du coup, tu ne sais pas trop si la série est un spoiler du livre (“ce personnage que tu pensais important ne le sera sans doute pas vu qu’on ne l’a même pas mis dans la série, ahah”) ou juste une autre partition sur un même thème. Mais du coup, vu que je préfère le livre à la série, est-il pertinent de regarder celle-ci et de risquer d’éventer un peu le suspense (genre je savais l’histoire des Noces pourpres avant de les lire… alors que je n’avais même pas regardé la série à ce moment là)

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3 – Mais les spoilers

Toujours les spoilers. J’ai commencé très tardivement Game of Thrones la série parce que je voulais lire les livres avant et ne pas me faire polluer l’imagination. Quand je lis, je me crée les personnages en fonction des descriptions donc forcément, quand on me parle d’Eddard Stark, environ 35 ans, et que je me retrouve soudain avec Sean Bean, ça le fait pas trop. Bref, je ne voulais pas voir les personnages pour ne pas les avoir automatiquement en tête quand je lis que machin fait ça ou bidule fait ça. Je lisais donc pépouse mon tome 2 quand le fameux épisode des Noces pourpres est sorti et tous les petits cons qui ont raconté ce qu’il se passait parce que huhu, c’est trop drôle. Donc quand je suis arrivée à la fameuse scène dans le livre, je savais très bien qui allait mourir et quelle était la traîtrise, youpi… Et en conséquence, je crains que, même si je ne regarde pas la série, ces mêmes petits cons me saoulent avec leurs spoilers et me gâchent le plaisir de lecture

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4- Mais le tome 6 sortira-t-il un jour ?

Parce qu’entre le moment où il va sortir, le moment où je vais le lire (je suis en plein Terry Goodkind sur ma liseuse et un Victoria Hislop sur papier dont il va falloir que je vous parle aussi), je devrais regarder la saison 06 bien après la fin de la série…

Par contre pour GoodKind, j'ai vu un épisode de la série L'épée de vérité et j'ai pas du tout la tentation de regarder la suite car c'était très mauvais

Par contre pour GoodKind, j’ai vu un épisode de la série L’épée de vérité et j’ai pas du tout la tentation de regarder la suite car c’était très mauvais

5- Mais y a plus the Walking dead, j’ai fini les revenants, Trepalium, le baron noir, Mister Robot et Occupied et je galère à trouver les épisodes inédits de The last man on Earth

On regarde quoi maintenant avec Victor, hein (bon, lui, il vaut pas regarder Game of Thrones ni Fear the walking dead (ce que je peux pas vraiment lui reprocher)) ni the Leftovers et il a déjà vu Black Mirror (et on n’a pas aimé du tout le premier épisode d’Utopia) ?

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Bref, on n’a pas fini de parler de Game of Thrones en ces lieux mais du coup… je la regarde cette foutue saison 06 ou pas ?

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